|
Bonjour à tous!
Ca faisait longtemps hein :p
Bon trève de blabla, voici le chapitre 16 de cette histoire, et mieux vaut n'en rien dire parce que je n'en suis pas complètement satisfaite (mais le serai-je jamais?).
Un AVERTISSEMENT sur ce chapitre : vous allez comprendre très rapidement que le rating se justifie, et même si les mots ne sont pas crus, la scène sera explicite, alors que ceux qui n’apprécient pas les lemons zappent ou sautent le passage. Merci d’avance.
Voilà pour la note de l’auteur, rien de spécial à dire sauf que le titre du chapitre ainsi que les citations de début et de fin ont été honteusement empruntés au groupe Metallica (et même que James il roxx *ç*).
Bonne lecture donc…
oOo
À ta Merci – chapitre 16
The unnamed feeling
It comes alive And I die a little more It comes alive Each moment here I die a little more
(POV Harry)
12, Square Grimmaurd, Londres – 22 Octobre 1998 :
– Va-t-en, dis-je.
Et ma voix ne m’a jamais semblé plus froide, elle parvient même à me faire frissonner moi même.
Malfoy a l’air complètement choqué.
Mon esprit enregistre l’information et me régurgite une réflexion méchante comme par habitude : pour une fois qu’il ferme sa gueule, ça fait un peu bizarre.
– Tu as des problèmes d’audition, Malfoy ? je demande méchamment. Peut-être qu’à force de se frotter sur les gens comme un chien en chaleur c’est ce qui arrive.
Il pâlit visiblement, j’avoue c’était bas de dire ça, mais je veux qu’il parte…
J’ai besoin qu’il s’en aille…
Tout de suite.
– Tu es encore plus pathétique que ce que je pensais, répond-t-il sans même esquisser un pas vers la sortie. Si j’ai bonne mémoire, tu en redemandais.
Je voudrais avoir la force d’effacer ce sourire écœurant de son visage d’aristo, mais je ne l’ai pas, je n’ai jamais frappé un homme déjà physiquement abimé, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer.
Je m’approche de lui sans savoir ce que je vais faire exactement.
Comme si je savais le reste du temps.
Comme si j’avais su hier soir lorsqu’il m’a fait… putain j’arrive même pas à le dire tellement c’est…
Et j’ai aimé.
Bon sang je suis en train de tomber bien bas.
Dire que je voulais en parler avec lui avant de voir cette crevure de Iannis poser ses immondes lèvres – son aspirateur à queues, plutôt – sur la bouche de Malfoy. Je voulais savoir exactement ce qu’on faisait tous les deux, mais à présent je veux juste qu’il s’en aille.
C’est une drôle de colère, un peu inhabituelle.
Pas le genre de rage qui me fait perdre le contrôle, non, ce serait plutôt une saine envie de foutre quiconque à la porte et de me rouler en boule dans mon lit pour ignorer la réalité pendant quelques jours.
– Barre toi, Malfoy, je dis doucement.
Qu’il s’en aille…
– Non, fait-il en haussant son sourcil.
Qu’il parte…
J’arrive à sa hauteur, sans savoir vraiment quoi faire, j’ai juste envie de lui faire mal…
Je veux que lui aussi ressente cette sensation d’avoir été frappé dans l’estomac par un cognard furieux.
– En plus d’être con, tu es suicidaire ?
Ce type est déprimant, il ne bouge pas un cil devant moi. Pourtant il devrait déjà être parti, je n’ai pas vraiment l’intention d’être doux et tendre après ce que je viens de voir.
Je lui avais dit pourtant de ne pas nouer de relation avec Iannis…
Mais un Malfoy fait ce qu’il veut, n’est-ce pas, car on ne dicte pas de règles à un Malfoy et un Malfoy est son propre maître. Oui, alors autant pisser dans un violon, je n’ai plus rien à dire à Sa Majesté Trou du Cul Malfoy.
Un soupir agacé s’échappe de ces lèvres que malgré moi je fixe comme si elles avaient le pouvoir de me libérer de cette pression qui m’étreint, pourtant je n’attends aucune explication.
Je ne veux aucune explication.
– Si tu n’autorisais pas n’importe qui à entrer ici, je ne serais pas tombé sur ton petit copain gothique, Potter, cingle-t-il en me fusillant de son regard gris.
– Très bien, Malfoy. Fais ce que tu veux mais je ne veux plus te voir, dis-je en lui rendant son regard.
Je tourne les talons et remonte dans ma chambre que je n’aurais pas dû quitter.
Le lit est défait, comme si une tempête avait soufflé sur les draps mais le parfum subtil de la sueur mêlée à celle, âcre, du plaisir agresse mes narines.
Je m’appuie contre le mur, il ne faut pas que j’y pense…
Trop de choses se sont passées ces derniers temps, et trop de choses qui tournent autour de Malfoy.
Je suis conscient de me comporter en parfait connard avec lui, comme un mec qui ne sait pas ce qu’il veut mais qui prend tout ce que l’autre a à donner. Je sais aussi que je devrais m’éloigner de lui autant pour son bien que pour ma propre santé mentale…
Mais alors pourquoi je n’y arrive pas ?
Pourquoi je perds le combat dès qu’il pose ses yeux sur moi ?
Pourquoi, bordel ?
Je sursaute quand la porte s’ouvre et va claquer contre le mur.
– Tu m’emmerdes Potter.
Malfoy encore… toujours, devrais-je dire.
Il est entré en boitillant sa canne à la main, comme s’il mourrait d’envie de s’en servir pour me frapper.
Ce serait tellement plus simple s’il n’y avait pas cette drôle de lueur dans son regard.
Tellement plus facile si je n’avais pas envie qu’elle y reste.
Mais c’est impossible…
Il s’approche lentement de moi, comme s’il avait le droit d’être en colère.
– J’en ai assez, dit-il lorsqu’il n’est plus qu’à quelques pas. – Assez ? – Tu m’as très bien compris. Nous savons tous les deux ce qui va se passer : tu me hurle de me tirer, je le fais, et dans deux jours tu seras devant ma porte à gémir et demander pardon… alors oui, j’en ai assez que tu souffles le chaud et le froid.
Il s’approche jusqu’à pouvoir me toucher sans toutefois le faire…
– Je n’en peux plus d’avoir froid et de savoir que l’instant d’après tu vas me brûler… souffle-t-il.
J’ai du mal à respirer soudain.
Il est trop près…
Éloigne toi de moi… pars avant que tout ça ne dégénère…
Je me rends bien compte que des choses se passent en moi, pas uniquement au niveau des réactions de mon corps – anarchiques, mais ont-elle été un jour normales ? – et mon esprit me hurle d’arrêter ça tout de suite, d’éloigner Malfoy avant que nous allions vraiment trop loin.
Car prendre du plaisir à des attouchements est une chose… mais faire ce que me souffle mon corps à cet instant serait inconvenant… anormal.
– Pourquoi es-tu toujours là ? je demande, plus par besoin d’entendre ma propre voix que par nécessité d’entendre la réponse.
Une réponse qui me tuera, quelle qu’elle soit…
Une réponse qui résonne pourtant dans mes oreilles alors que le souffle de Malfoy se perd dans mon cou.
– Parce que je t’aime.
Non…
Parce que je t’aime.
C’est impossible…
Parce que je t’aime.
Il ne peut pas…
Parce que je t’aime.
J’ai mal soudain… J’ai mal à l’endroit où ses lèvres brûlent ma peau, là où ses mains dénudent mon corps, mal à ce cœur qui bat trop vite et à ces yeux qui malgré tout restent ouverts sur les siens…
Ces fenêtres sur son âme qui me hurlent à nouveau ce qu’il a chuchoté…
Parce que je t’aime.
Mes oreilles enregistre douloureusement les sons qu’il produit, ces gémissements rauques rythmés par la percussion de ses hanches contre les miennes.
J’ai mal d’avoir envie de lui… mal d’avoir envie de croire à la promesse de son corps contre le mien.
Parce que je t’aime.
Il m’entraîne vers le lit défait et mes mains souffrent de sentir sa peau qu’elles dénudent, qu’elles blessent en caressant trop fort comme pour dire à Malfoy que moi, je ne peux pas l’aimer.
Il ne comprend pas, me murmure ces choses qui me font frémir.
Parce que je t’aime.
Mon esprit ne se rebelle pas cependant, vaincu par les mains et le corps pâles de Draco, terrassé par ses lèvres expertes qui s’égarent partout sur moi.
En moi…
Et je n’ai plus mal lorsque ses doigts poussent à l’intérieur, parce que c’est sa bouche sur la mienne qui me tourmente, sa langue qui torture la mienne, son goût et son parfum d’homme qui saturent mes sens.
Je veux qu’il arrête. Je ne veux plus souffrir… Je tremble à chaque fois que sa voix me poignarde de tendresse et d’amour. Il va me tuer.
Il va me tuer !
Le poison de ses mots ensorcèle les battements de mon cœur, à présent trop rapides pour que je ne me sente pas mourir.
Parce que je t’aime.
Le venin de son désir m’a contaminé et je me sens déjà glisser vers le plaisir, enserré dans l’étau de ses doigts autour de mon sexe qui n’a jamais été aussi dur.
Je suis faible… Oh, si faible sous ses mains, sous son corps.
Mes bras voudraient le repousser mais ils sont contaminés eux aussi et ils l’attirent plus près.
Trop près…
Et tout bascule.
Parce que je t’aime
Mes yeux s’ouvrent grand sur la réalité alors que Malfoy entre en moi en gémissant… Nous venons de basculer…
Il me dit qu’il m’aime, encore et encore et ça me blesse plus que son sexe qui me fouille.
Plus que la douleur de réaliser combien je me sens complet à présent, juste là avec ma main dans ses longs cheveux blonds et sa chaleur presque intolérable à l’intérieur.
Et sa bouche prend d’assaut la mienne tandis que ses coups de reins envoient des frissons de volupté dans tous mes nerfs et que ma gorge saigne presque des gémissements qu’elle émet.
Parce que je t’aime.
Je me sens mourir…
C’est stupide mais je n’ai jamais imaginé jusqu’à aujourd’hui que la mort puisse être si douce.
Jouissive même…
Je me sens exploser, partir… Je crois bien que je crie aussi mais je ne sens déjà plus rien.
Je ne vois plus que du gris.
Je n’entends plus rien.
Parce que je t’aime.
Draco Malfoy vient d’avoir ma peau et le plus étrange, c’est que je ne lui en veux même pas.
oOoOo
Regent’s Park, Londres – 23 Octobre 1998 :
Je m’excuse vaguement auprès de la vieille dame que je viens de bousculer sans même la regarder, de toute façon je me fiche de savoir si je lui ai fait mal, et elle se fout certainement de savoir si je suis désolé ou pas, elle est déjà en train de se plaindre à l’autre vieille dame à côté d’elle du manque de politesse des jeunes d’aujourd’hui…
On lui dira…
Je m’assieds sur un banc, plus pour avoir l’air de faire quelque chose que par désir de me reposer.
Involontairement, je grimace dès que mon postérieur touche la surface solide.
J’ai failli oublier…
Putain… qu’est-ce que j’ai fait ?
Une vague nausée me serre l’estomac quand je repense à hier, à ce qui s’est passé avec Malfoy.
Mon Dieu… Je l’ai laissé me sodomiser comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, et le pire sans doute c’est que j’en ai joui autant que lui.
Je me dégoûte.
Il m’a sali avec son amour, comme si ça pouvait justifier ce qu’il me faisait.
Et moi, je ne l’ai même pas repoussé…
J’en ai même redemandé !
Depuis ce matin je n’arrête pas de me poser des questions, de retourner la scène encore et encore dans ma tête pour comprendre où j’ai foiré, sans y arriver.
Je me suis même demandé si je n’avais pas voulu ça autant que lui mais c’est impossible.
Je n’ai jamais voulu de son amour.
Ses bras autour de moi, ses baisers, ça allait. C’était bien, presque idéal compte tenu du fait que nous soyons des hommes, parce que j’en avais besoin à ce moment là.
Mais… ça !
Je sais bien que j’y ai déjà pensé, je suis même allé demander des trucs à Charlie sur l’homosexualité mais c’était juste parce que je me posais des questions sur ce qui pouvait pousser un homme à coucher avec un autre homme…
Merde, je suis complètement paumé.
J’ai essayé de rejeter la faute sur Iannis, parce que ça aurait été plus simple s’il avait accepté de me baiser comme je le lui avas demandé, mais je n’ai pas pu rester fixé sur lui, parce que finalement c’est ma faute.
J’ai laissé les choses aller trop loin entre Malfoy et moi.
Maintenant il croit qu’il m’aime et je suis certain que la prochaine fois que je le verrai il voudra recommencer à me toucher… et aussi à…
Seigneur, je suis trop con.
Je ne lui ai même pas adressé la parole quand il est parti hier soir, je ne l’ai même pas regardé.
Il a bien essayé de voir comment j’allais mais j’ai tourné la tête de l’autre côté.
Au bout d’une demi heure il a lâché l’affaire et il est parti.
J’aurais au moins dû lui dire que ça n’arriverait plus.
Un soupir de lassitude m’échappe et je m’appuie un peu plus contre le dossier du banc, tentant de détourner mon esprit de cette plénitude malvenue que j’ai ressenti quand il était à l’intérieur de moi.
– Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire, dit une voix féminine près de moi.
Je sursaute et tourne la tête, mes yeux rencontrent un regard noir rieur.
Il appartient à une jeune femme que je ne connais pas.
– Pardon ? je demande, un peu surpris.
Un éclat de rire joyeux me répond.
– Vous aviez l’air de porter le poids du monde sur vos épaules, j’ai juste voulu vous faire penser à autre chose et on dirait que j’ai réussi.
Un peu abasourdi, je hoche la tête, ce qui a l’air de lui convenir.
– Plus sérieusement, reprend-t-elle en cessant de rire, je me suis dit qu’il était dommage de voir un aussi beau garçon si triste.
Je rougis un peu sous le compliment, et je dois me dire que cette fille est un peu bizarre. Il ne me viendrait jamais à l’idée d’aborder les gens comme ça et de leur dire qu’ils sont beaux.
– Vous devriez vous faire examiner les yeux, je réponds un peu plus sèchement que je ne le voudrais.
Elle garde son sourire joyeux et s’approche un peu de moi comme pour le dire quelque chose à l’oreille.
– Votre modestie vous honore, ça n’empêche que vous êtes mignon, encore plus maintenant que votre air triste s’est envolé.
Je sens mes lèvres s’étirer en un petit sourire, le plus sincère qui m’ait été donné d’avoir depuis des mois. C’est vrai, je me sens un peu moins mal depuis quelques minutes…
Je la regarde plus attentivement. Cette fille un peu bizarre est très jolie, dans le genre oriental au regard de braise, son visage fin est éclairé par un grand sourire ainsi que des yeux noirs brillants d’intelligence et pétillants d’humour. Elle est assez petite, même assise le haut de sa tête atteint à peine mon menton.
Ce n’est que quand je regarde plus bas que je remarque son ventre arrondi par la grossesse.
Je dois avoir l’air surpris parce qu’elle se remet à rire tout en tapotant son abdomen.
– Ce n’est pas parce que je me reproduis que je n’ai pas le droit de complimenter les beaux gosses vous savez, dit-elle en accompagnant ses paroles d’un haussement de sourcils suggestif.
Cette fois je ne peux m’empêcher de rire, d’un drôle de rire un peu rouillé sans doute parce que ça fait longtemps qu’il n’a pas servi.
Et comme si elle n’attendait que cette réaction, la jeune femme me tend la main :
– Je m’appelle Hanane.
Une petite main fine que je considère un instant comme si elle représentait un risque mais que je serre finalement.
– Harry, je réponds simplement.
– C’est un plaisir de vous connaître, Harry, dit-elle en se levant. Je passe par ici chaque soir en rentrant chez moi, peut-être aurons nous l’occasion de nous croiser à nouveau.
– Peut-être, oui…
Elle s’éloigne d’un pas tranquille, toujours en souriant. Je reste un instant pensif à regarder sa petite silhouette disparaître au milieu de la foule.
Cette rencontre un peu incongrue a étrangement allégé le poids qui comprimait ma poitrine, sans doute parce qu’une conversation banale avec quelqu’un de simple est une chose à laquelle je ne suis plus habitué. Cette femme est une moldue, elle ne me connaît pas, elle ne sait rien du passé que je traine derrière moi comme un boulet et pendant cinq minutes, je me suis senti… normal.
Pendant un instant je n’ai été que Harry, un garçon parmi tant d’autres.
Peut être que je reviendrai me promener dans les parages un de ces soirs.
Et alors que je me lève, je réalise que j’ai encore le sourire.
oOoOo
Le Terrier – 30 Octobre 1998 :
– Allons Harry, mange encore une part de tarte ! s’exclame Molly alors que je repousse mon assiette pour la troisième fois. – Voyons, maman, laisse le un peu tranquille, il a doublé de volume depuis le début du repas, plaisante Charlie.
Molly s’éloigne en grommelant quelque chose que j’ai du mal à comprendre mais il me semble que ça a à voir avec la jeunesse et le souci de s’alimenter correctement, comme d’habitude.
Mon sauveur improvisé se met à rire.
– Elle sera toujours comme ça, si tu savais le nombre de fois où j’ai dû avaler la moitié d’une tarte pour lui faire plaisir… – C’est ta mère, je réponds sans pouvoir m’empêcher de penser qu’il a de la chance. Charlie hausse les épaules. – C’est un peu la tienne aussi, depuis qu’elle t’a adopté, mais fais attention, continue-t-il en baissant la voix. Il me semble l’avoir entendu dire quelque chose à propos de tes cheveux.
Puis il part d’un grand rire devant ma mine apparemment déconfite. Tout le monde sait que sa mère aime couper les cheveux mais depuis que Bill n’est plus, personne n’ose lui faire de réflexions à ce sujet.
C’est alors que je vois Ron arriver, l’air un peu fatigué et maussade. Ca fait longtemps que je ne l’ai pas vu comme ça. Depuis la dernière bataille il a vraiment changé, ce qui fait que je l’ai rarement vu sans son éternel – et énervant, je dois bien l’avouer – sourire.
Hermione, qui a passé la soirée à regarder successivement l’heure et la porte, lui saute littéralement dessus. On dirait qu’elle a eu peur qu’il ne revienne pas.
Ron s’assied devant l’assiette que Molly vient de déposer sur la table à son intention.
– Sale journée, on dirait, fait Charlie en faisant tourner sa petite cuiller dans sa tasse de café. – Tu l’as dit, grogne mon meilleur ami entre deux bouchées. On a eu des cas pénibles et plusieurs patients du service de soins intensifs, certains ont failli y passer. – Ceux de l’aile expérimentale ? je demande, soudain nauséeux. Il hoche la tête. – Je n’ai pas l’autorisation d’y aller en dehors des heures des visites et des repas, mais j’ai vu pas mal de mouvements là bas depuis quelques jours, à mon avis ils ont effectué des tests sauvages sur les comateux.
Plus personne ne parle, chacun sait de toute façon que ce qui se passe à Sainte Mangouste est hors de notre portée. Hors de la portée de quiconque n’est pas bien placé au Ministère en réalité.
– Mais si je suis revenu plus tard en fait, c’est parce que j’ai reçu un hibou de Poppy, elle me demandait d’aller voir Malfoy.
Je sursaute légèrement à l’énoncé du nom, puis je sens mes poings se serrer à la pensée de la personne qui le porte. Ca fait une semaine que je n’ai pas de nouvelle de Sa Majesté, et malgré mon désir de ne plus le voir s’approcher à moins de cinquante mètres de moi, je dois admettre que je suis plus que déstabilisé par son silence. Il s’est tiré comme un lâche, et maintenant il se planque comme le sale con qu’il est.
– Il a des ennuis ? demande Ginny, l’air inquiète. – Malfoy a toujours des ennuis, répond Ron après avoir reposé sa fourchette. Il ne se porte pas comme un charme en temps normal déjà, mais cette fois ci il s’est complètement bloqué le dos. – Bloqué comment ? interroge Charlie, visiblement intrigué. – Comment, je n’en sais rien même si je le lui ai demandé… J’ai d’ailleurs appris quelques expressions fleuries qui m’étaient inconnues, il a de l’imagination le blondinet. Mais pour son dos ça commence à devenir inquiétant, il est incapable de se lever depuis plusieurs jours selon Poppy.
Je serre un peu plus les poings, la fenêtre de la cuisine claque contre le mur.
Ron me regarde bizarrement, comme si je devais dire quelque chose…
– Il a mérité tout ce qui lui arrive, je crache avant de me lever et de sortir sous le regard médusé de la famille Weasley.
La nuit et fraiche mais je ne frissonne même pas quand je sors sans prendre de veste.
– Harry !
Ron m’a suivi… Ca faisait longtemps, et quand je dis ça ce n’est même pas ironique, mon meilleur ami s’est éloigné de moi. J’ai bien essayé de me demander pourquoi, mais je me suis rapidement rendu compte que mon comportement était à l’origine de ma solitude, j’ai fait le vide autour de moi depuis la dernière bataille… depuis que j’ai pris le mal en moi.
Je continue à marcher lentement, Ron à côté de moi.
– Je suis désolé, dit-il sur un ton un peu grave qu’il n’a pas eu depuis longtemps. – De quoi ? J’avoue, je suis surpris. – Je dois t’informer que je vais devoir te mettre mon poing dans la gueule si tu continues à réagir comme ça. Je m’arrête de marcher pour le regarder.
Ronald Weasley – héros de guerre, futur médicomage et plein d’autres choses en devenir – me fixe d’un air impassible qui me fait sourire. Il y a quelques années, il n’aurait jamais pu me parler de cette façon sans se dandiner de malaise, je me rends compte qu’il a vraiment mûri, ce n’est plus seulement une histoire d’héroïsme occasionnel, c’est une évolution dont la finalité s’offre à mon regard : mon meilleur ami est devenu un homme.
– Ah bon ? je demande. – Oui. Je crois que tu as des ennuis, mais tu dois comprendre que personne n’y peut rien si tu n’en parles pas. (il soupire) J’ai attendu un moment en me disant que tu me faisais assez confiance pour tout me dire, mais là tu dépasses les bornes.
Je baisse la tête, soudain honteux.
– Dis moi ce qui ne va pas, souffle-t-il. – Je… Ma voix se brise, plus un mot ne veut sortir de ma gorge.
Comment exprimer tout et rien à la fois ? Comment dire à Ron que je n’arrive pas à faire face à tout ? Comment lui dire qu’il me manque… que l’époque où la seule chose que nous avions à craindre était la guerre me manque ?
… que ça me déplait d’être un homme, et non plus un adolescent.
Mais il semble comprendre sans que je parle, et pose sa main sur mon épaule.
– Tu n’es pas obligé de continuer seul, Harry, cesse de faire le vide autour de toi et ouvre les yeux, tu verras que je suis là pour te soutenir…
Je hoche la tête lentement tandis que ses mots font leur chemin dans mon esprit.
– Merci, je murmure.
La pression de la main de Ron se fait plus forte juste un instant.
oOoOo
Regent’s Park, Londres – 31 Octobre 1998 :
Ca doit faire une semaine que je viens quasiment tous les jours ici, je m’assieds sur le même banc et regarde les mêmes gens qui passent, toujours aux mêmes heures.
La plupart du temps, la jeune femme que j’ai rencontré vient me tenir compagnie, parfois elle parle de son travail – enfin, de tous les métiers qu’elle a pu exercer dans sa vie ! – dans un cabinet d’architectes d’intérieur, d’autres fois elle me raconte ce qu’elle envisage pour son enfant – « déjà presque six mois de grossesse, tu te rends compte ?! » – mais le plus souvent nous ne parlons pas, j’ai juste l’impression d’être avec quelqu’un qui ne tient pas à tout savoir sur ma vie et je crois qu’elle est consciente de ce plaisir simple que j’éprouve à rester assis à côté d’elle sans jamais rien lui dévoiler sur moi.
Je profite généralement de ces instants de calme pour réfléchir à pas mal de choses, comme par exemple à ma conversation avec Ron, hier soir.
J’ai toujours eu plus ou moins conscience de m’éloigner des gens qui comptaient pour moi, d’abord par désir de les protéger, puis par besoin de me protéger moi. C’est de l’égoïsme au fond, de se dire qu’on est le seul à souffrir d’une situation alors que les gens autour ont mal parce qu’on a mal. L’amitié va jusque là pour Ron, et je regrette à présent d’avoir oublié ça en cours de route.
Nous avons parlé hier… enfin, j’ai parlé. Je n’avais jamais pu lui dire ce qui s’était exactement passé au cours de la bataille finale entre Voldemort et moi, et quand je le lui ai finalement expliqué – difficilement, comme tout ce dont on accouche – il m’a encore une fois soutenu. Il m’aidera à trouver un moyen pour venir à bout de ce trop plein de magie que j’ai en moi, a-t-il dit. Je lui fais confiance pour chercher, même si je sais qu’il ne trouvera sans doute rien, car Iannis m’a déjà expliqué que ce sortilège devient permanent lorsque la personne dont la magie est libérée meurt avant la fin de l’incantation… ce qui est arrivé.
Ensuite, Ron a voulu que nous parlions de Malfoy, ce qui n’a pas été très facile pour moi… Pour tout avouer, je n’ai rien pu dire au sujet de cette étrange relation que nous avons noué, mon ami sait seulement que nous sommes assez proche et ça suffit à me rendre mal à l’aise.
Mais plus j’y réfléchis, moins je comprends ce qui se passe entre lui et moi. J’ai ces sentiments tellement mitigés à son sujet que ça me donne juste envie de partir loin de lui et de l’oublier tout en sachant que ce sera impossible, que quelque chose me mettra toujours en sa présence et que jamais je ne pourrai m’en sortir… Et d’un autre côté, j’ai envie de le connaître, de soulager ses souffrances, de le prendre dans mes bras.
J’en ai la gorge nouée quand je repense à l’état dans lequel il était quand je l’ai sorti des cachots de Voldemort. Il respirait à peine, il était si pâle qu’on aurait pu le croire mort… Je crois que si Kingsley n’avait pas été là, j’aurais complètement disjoncté.
Oui… et c’est ça qui me fait peur.
Tout ce qui touche Draco Malfoy me touche beaucoup trop pour que ce soit normal.
– Tu as à nouveau l’air de porter le monde sur tes épaules, me dit Hanane en souriant doucement. – Je crois bien que c’est le cas, quelque part, je réponds sombrement. Elle hausse les épaules. – Rien n’a jamais dépendu d’une seule personne, tu sais. Je crois que si tu n’as plus le goût de vivre pour le monde, laisse le continuer sans toi et suis un autre chemin. – Je voudrais bien, mais c’est impossible. – Rien ne l’est, Harry, et j’espère que l’évidence s’imposera à toi rapidement.
Nous n’avons jamais parlé de quoi que ce soit me concernant, elle ne sait rien de mon monde ni de ma prétendue célébrité – j’ai vérifié au Ministère, bien entendu – c’est juste une jeune moldue curieuse et pleine de vie qui passe quelques instants avec moi. Cependant une petite voix me dit que peut-être elle n’a pas tort.
– J’ai fait du mal à beaucoup de personnes, je finis par dire. – Tout le monde fait du mal à tout le monde, nous ne serions pas des êtres humains si nous n’avions pas cette capacité à blesser nos semblables. Ton problème, c’est que tu minimises ta souffrance par rapport à celle des autres… Qui t’a fait du mal, à toi ?
Je ne réponds pas, sans doute parce que si je le faisais honnêtement je ne pourrais pas retenir les larmes amères que je sens monter.
Un homme ne devrait pas pleurer sur lui même.
N’est-ce pas ?
La petite main de Hanane vient se loger dans la mienne, comme pour me dire « tu n’as pas à répondre, je comprends », et une larme roule sur ma joue.
Juste une, pour tout le mal qu’on a pu me faire depuis que je suis venu au monde.
oOoOo
Appartement de Draco Malfoy, Bayswater Road, Londres – 1er Novembre 1998 :
Je crois que je n’ai jamais eu aussi peu envie de frapper à une porte…
Bon, remettons les choses à leur place : je suis venu ici pour voir Malfoy, parce que je sais qu’il est alité depuis plus d’une semaine et que – étant donné notre… relation – je me dois de prendre de ses nouvelles.
Bien !
D’ailleurs il ne pourra pas me sauter dessus, vu qu’il a très mal au dos.
Très bien !
J’essaie d’ignorer la petite voix qui soupire que c’est bien dommage, parce que quelque part ce qu’il m’a fait était vraiment bon, parce que ça n’était pas bon, il ne m’a pas demandé mon avis et m’a baisé comme si j’étais la dernière des filles de joie.
Tiens, d’ailleurs cette petite visite me donnera l’occasion de m’expliquer avec lui sur ce sujet !
Je regarde ma montre et m’aperçois que ça fait déjà dix minutes que je suis planté devant sa porte… Je me fais honte, j’ai perdu mon courage de Gryffondor…
Mais qu’à cela ne tienne, je lève le bras, prends une grande inspiration et tape à la porte.
À peine ai-je cogné le battant qu’il s’ouvre devant l’elfe de maison le plus minuscule qui m’ait été donné de voir.
– Bienvenue chez Draco Malfoy, Monsieur. Que désire Monsieur ? couine-t-il en s’inclinant. – Je… dois parler à Malfoy, dis-je.
L’elfe me fais signe d’entrer et referme la porte derrière moi.
– Baby va voir si Maître Draco peut vous recevoir.
Je m’étais préparé à devoir affronter directement Malfoy, mais à l’évidence le paramètre « je suis un bourge » m’a échappé, je dois donc attendre encore et surtout lutter contre l’envie irrépressible de prendre mes jambes à mon cou. Les raisons que je me suis récitées tout à l’heure ne me semblent plus justifier aussi bien ma visite…
Quelques minutes passent avant que l’elfe ne revienne, je note qu’il n’a pas l’air ravi… – Maître Draco accepte de vous recevoir, mais il faudra faire très attention à ne pas le fatiguer, Monsieur, Maître Draco est souffrant. La créature a terminé sa phrase à mi voix tout en prenant soin de se tordre les oreilles en une auto punition qui me confirme qu’elle vient de me dire quelque chose que Malfoy ne voulait pas que je saches.
J’essaie de sourire en la remerciant et me dirige dans la seule direction possible depuis l’entrée : un couloir dont la seule porte ouverte est le salon. La vision qui m’attend dans cette pièce m’ôte le peu de souffle qui me restait mieux que ne l’aurait fait un coup de poing dans l’estomac…
Il semble que la disposition originale des meubles ait été modifiée pour que le maitre des lieux puisse s’y reposer – il aurait été plus simple de garder la chambre, mais apparemment Sa Majesté aime les changements de décor – ainsi les canapés ont été repoussés contre les murs et trois poufs ont été accolés les uns aux autres pour formée une sorte de lit sur lequel Malfoy repose, étendu sur le ventre…
Et seulement vêtu d’une espèce de bermuda large.
Tout en m’exhortant à ne pas regarder, je ne peux m’empêcher de détailler ce qu’il expose. Je crois qu’on pourrait qualifier ce corps amaigri de beauté triste, parce que même alors qu’on voit ses os saillir sous sa peau pâle et qu’on a l’impression que son vêtement pourrait glisser au moindre mouvement, on ne peut pas s’empêcher de s’arrêter un instant et de rendre grâce à la nature qui a su donner vie à un être aussi beau…
Je suis sûr que je m’en voudrai d’avoir même pensé ça, mais c’est vrai, je suis touché… Il n’y a pas d’autres mots.
Et Malfoy est réellement d’une beauté à couper le souffle à cet instant précis… ses cheveux lâchés s’étalent dans son dos, presque aussi pâles que sa peau… Son visage fin tourné vers moi accentue encore cette impression de fragilité tant il a l’air fatigué.
Ce n’est que lorsque j’arrive au niveau de ses yeux que je peux sortir de ma contemplation muette.
Il fait assez sombre dans la pièce mais je peux tout de même lire une certaine tristesse dans ce regard gris, une tristesse qui me donne presque envie d’aller le réconforter.
– Je suis venu voir comment tu allais, dis-je plus pour briser ce silence étrange que pour autre chose. – Je me porte comme un charme, répond-t-il d’une voix un peu rauque.
Le silence retombe, à peine troublé par les allers et venues de l’elfe de maison qui sert le thé avant de s’enfuir vers la cuisine.
– Assieds-toi, je t’en prie. Je prends place dans le canapé qui fait face à son lit improvisé.
– Je suis navré pour ma tenue, dit-il l’air un peu gêné. Pomfresh m’a appliqué un baume curatif et je dois laisser respirer ma peau un moment. Je hoche la tête, incapable de détourner mon regard de lui. – Je comprends. Ca ne va pas mieux ? je demande, car il ne faut pas oublier qu’au départ je suis venu pour ça. – Si, ça va même beaucoup mieux. J’arrive à me lever seul et à faire quelque pas.
Nouveau hochement de tête, cette conversation est totalement bancale, parce que nous avons des choses à nous dire et ce sujet santé est totalement banal.
Le silence s’installe à nouveau, chargé de non-dits et de paroles retenues puis finalement Malfoy craque le premier.
– Je suis désolé, souffle-t-il. Je n’aurais jamais dû te sauter dessus de cette façon, je m’en veux. Le poids que j’avais sur la poitrine semble s’alléger, comme s’il n’attendait que des excuses... Comme si mon esprit n’attendait que la confirmation de la culpabilité de Malfoy pour se sentir libre.
Car tout a toujours été sa faute…
– Ne fais plus ça, je murmure. – Je te promets que ça n’arrivera plus, je… – Non ! je le coupe. Je ne parlais pas de ça. – Pardon ? – Je parlais du fait que tu m’aies ignoré pendant tout ce temps. Je me fiche que tu sois désolé de m’avoir baisé, moi je le suis que tu n’aies même pas eu le tact de me dire que tu étais mal… que tu n’aies même pas pensé à envoyer un hibou.
Je baisse la tête. Mon dieu, pourquoi ai-je dit ça ? J’aurais dû être satisfait qu’il me dise qu’il ne reposerait plus ses mains sur moi… mais étrangement quelque chose en moi s’est rebellé contre cette idée.
Un gémissement étouffé me parvient et je me redresse pour voir Malfoy grimacer de douleur, aussitôt je m’approche de lui et pose ma main au milieu de son dos, comme si ça pouvait le soulager. – Ne bouge pas. – Tu en as de bonnes, Potter… Tu me sors ce genre de chose et tu t’attends à ce que je reste stoïque ?
Il a un rire un peu tremblant, mais je sens ses muscles se détendre sous ma paume. Il a la peau douce, ce con…
– Si je ne t’ai rien dit, c’est parce que je ne savais pas quoi te dire… commence-t-il en frissonnant alors que ma main bouge doucement sur son épiderme. Je ne pouvais pas t’envoyer un hibou comme s’il ne s’était rien passé de spécial. – Tu aurais pu au moins essayer. – Potter… on a eu une expérience sexuelle ensemble, et vu ta réaction après, je me suis senti tellement minable que je n’ai pas su quoi faire. Ma main remonte vers sa nuque. Ses cheveux aussi sont doux… on dirait de la soie. – Je sais, je me souviens parfaitement de ce qui s’est passé, Malfoy. Je crois que je ne savais pas non plus quoi faire après… Il se tourne lentement pour se mettre sur le dos, cette fois ça n’a pas l’air de le faire souffrir.
Ses yeux d’un gris magnétique accrochent mon regard. Il va dire une connerie, je le sens…
– Je m’en veux vraiment. – Je sais, dis-je. – Et je m’en veux encore plus parce que je n’ai qu’une seule envie : recommencer.
Je ferme les yeux, pour m’empêcher de dire moi aussi des conneries…
Comment fait-il pour me faire cet effet là ?
Chaque fois que je suis loin de lui, je ne pense qu’à lui.
Et dès que je suis près de lui…
– Harry, je… reprend-t-il, et sa voix n’est plus qu’un souffle. Mais je le coupe, je ne veux pas en entendre plus… – Tais toi.
N’en dis pas plus…
Je me penche et dépose mes lèvres sur les siennes, presque surpris de réaliser à quel point ça m’a manqué.
Non… ne dis pas que…
Ses bras s’enroulent autour de moi pour m’attirer plus près.
… tu m’aimes.
Et tandis que je l’aide à me dévêtir, je ne pense plus à rien…
Je pourrais y croire…
Sauf que Draco Malfoy est définitivement ma perte.
I'm frantic in your soothing arms I cannot sleep in this down-filled world I've found safety in this loneliness But I cannot stand it anymore
À suivre…
oOo Voilou!
Je vais essayer de me presser pour la suite mais je ne garanti rien :p Merci d'avoir lu jusqu'ici. A très vite Baddy |