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En attendant la fin (POV Draco) Lorsque j'étais encore un enfant, je souhaitais plus que tout ne jamais mourir, la Mort me faisait une peur bleue, elle m'effrayait. Surtout parce que je savais qu'un jour ou l'autre elle m'arracherait ceux qui étaient chers à mon coeur... Mais qu'est-ce que la Mort, sinon la fin de toute chose, de la vie... A moi qu ne crois pas en Dieu, vous ne me ferez jamais gober qu'elle n'est qu'une étape vers l'éternité... Et par pitié, ne me dites pas que la réincarnation existe, car si c'est le cas, je renaîtra probablement sous une forme immonde, un Scroutt peut être bien... Le fait est que j'ai toujours souhaité pouvoir vivre éternellement... Que ma vie ne prenne jamais fin... A présent je donnerai tout pour que cette vie me quitte sur le champ. Que tout parte. Que cette douleur s'en aille. Car voilà tout ce que je suis à présent: douleur, peur, haine et froid. Comment suis-je arrivé dans ce cachot minable? C'est la question à deux noises les amis! Mais tout simplement parce que je suis un pauvre con, et que j'ai fait confiance aux mauvaises personnes. Tout part de la fin de ma sixième année à Poudlard, avec cette tentative de meurtre ratée sur Dumbledore et Rogue qui m'a sauvé la mise, y compris auprès du Maître. Sacré Severus, moi qui l'avait pris pour un poltron, j'ai été très surpris qu'il me couvre. Bon, je pense aussi que ma mère y était pour beaucoup, elle a les arguments il faut dire... Mais passons... Suite à ce désastre, je suis officiellement devenu un Mangemort et j'ai reçu une belle marque toute neuve sur mon avant bras gauche, magnifique! Je me suis vu assigné le rôle de stratège en collaboration avec Severus, nous devions mettre en place les détails des attaques et décider qui il fallait envoyer à la mort... Mais au fond de moi le doute subsistait... Je n'avais accepté de me mettre au service du Seigneur des Ténèbres que pour protéger mes parents d'une éventuelle revanche, mon cher père avait comme d'habitude abattu les mauvaises cartes au mauvais moment, comme il l'a fait toute sa vie d'ailleurs. Je peux même dire que sans ma mère le Manoir Malfoy ne serait plus qu'une ruine à l'heure qu'il est et nous serions encore plus pauvres que les Weasley. Plus le temps passait, plus j'avais envie de faire quelque chose pour me sortir de ce rôle qui m'avait été imposé, de me battre dans le camp que j'estimais être le plus juste... Et un jour, j'ai pris ma plume et j'ai envoyé un hibou à la personne la plus à même de comprendre mon désir de faire quelque chose de bien, ou plutôt, quelque chose de moins dégueulasse que d'habitude... Elle aurait pu ne pas me croire, elle aurait pu jeter cette lettre et les informations que j'y avais incluses pour prouver ma bonne foi... Mais elle ne l'a pas fait, et elle a choisi de me faire confiance, à moi qui l'avais toujours descendue plus bas que terre... Vous voyez de qui je parle? Bingo! Granger! Elle est plutôt sympa comme fille si on ne fait pas trop attention au fait qu'elle soit Moldue à l'origine. Moui, bon, je sais, j'exagère, je ne pouvais pas la sentir quand on était à Poudlard ensemble. Mais nous ne sommes plus à Poudlard... D'ailleurs Poudlard a fermé ses portes après la mort de Dumbledore et ne les rouvrira qu'après la guerre. Ils sont optimistes là quand même, qui leur dit que cette guerre finira un jour, hein? En tout cas je ne serai certainement plus là pour voir ça, et je suis très content. Enfin, façon de dire, parce que là je serais incapable de dire de quelle humeur je suis... Ces nouveaux poisons sont drôlement efficaces dites donc... Ah oui, c'est vrai, je parlais de mes débuts d'espion... A vrai dire je n'ai pas fait long feu dans le rôle d'agent double, je crois que j'ai duré environ six mois. Bien sûr je ne pouvais pas donner tous les plans, Rogue aurait trouvé ça très suspect, mais je faisais un maximum pour trouver ce qui m'était demandé, comme une cachette pour un objet que le Maître gardait secrète, ou les lieux de rencontres des Mangemorts... Je pense que ce qui m'a trahi c'est le fait que je veuille transmettre les renseignements en main propre, je n'ai jamais eu confiance dans les hiboux postaux. J'avais pourtant un plan bien huilé... Je me suis fait avoir, comme toujours. Sans doute ai-je été trop confiant, trop Malfoy pour me douter que le Maître ne me faisait pas totalement confiance. Je croyais qu'il m'aimait bien, je crois que je me suis planté. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis enfermé ici, j'ai arrêté de compter les jours depuis le moment où l'on m’a attaché au mur pour me faire avaler un poison expérimental. Si je devais évaluer je dirais des années, mais je me trompe sans doute, le temps passe bien plus lentement que ça lorsque l'on souffre. Et dans mes périodes sans douleur, qui sont assez rares, je ne peux que penser à la façon dont je me suis trahi... Bêtement... Un rendez vous, un parchemin déposé dans un magasin anonyme et le tour était joué d'habitude, mais ce jour là il a fallu que je perde ma méfiance légendaire. Comment? Vous allez rire... Je marchais l'air de rien sur le chemin de traverse, l'oeil vif et l'oreille traînante lorsque j'ai vu une personne que je n'avais plus vue depuis des lustres... Je le pensais bien à l’abri dans une maison gardée par toute une troupe d'Aurors, mais Il était là, bien tranquillement en train de faire ses courses. Il était seul, fait exceptionnel en soi. Vous avez deviné? Potter, le seul, l'unique... Je ne suis pas un homme a regarder particulièrement les autres hommes, je suis hétéro pur et dur, d'ailleurs ce serait tellement dommage de na pas me reproduire... Mais Potter... Sur le coup je l'ai trouvé beau, simplement et bêtement beau... Il était là, juste à quelques pas de moi, son regard grave perdu dans la contemplation de ce qu'avait été le magasin de Florian Fortarôme, et moi je suis resté figé. Il avait tellement changé en quelques mois, c'était hallucinant, il était devenu un homme, un vrai... Et un bel homme en plus. Je ne sais pas combien de temps je l'ai observé, je sais juste que je suis resté là, sans le quitter du regard. Et lui ne me voyait même pas... Quoi que même s'il m'avait vu, il ne m'aurait pas reconnu, j'étais méconnaissable. Je n'avais pas changé d'apparence, la mienne me plait beaucoup, et je refuse toute utilisation de polynectar ou autres dérivatifs. J'étais juste recouvert de la tête aux pieds par une cape. Le fait est que, perdu dans ma contemplation du héro, j'ai perdu mes repères. J'ai oublié mon rendez vous, l'heure, le lieu, la personne, tout... Et plus important encore je ne me suis pas aperçu que j'étais suivi... Un comble! En plus par une personne très peu discrète: Pettigrew, le larbin du Seigneur des Ténèbres... Cet enfoiré a profité de ma distraction pour prendre le parchemin que j'allais déposer et le donner au Maître. Avant que j’aie eu le temps de dire "ouf", j'étais dans ce cachot minable. Mais au fond, ne suis-je pas minable? M'extasier devant ce héro de pacotilles, quelle aberration... Quand je pense à la haine que je lui vouais, j'ai honte de m'être abaissé à l'admirer ne serait-ce que pendant quelques secondes... D'autant plus que je n'aime pas les hommes... Enfin... Pas dans ce sens là. Je sais, je me répète, mais que voulez-vous, c'est cela où me morfondre... La situation présente est assez critique je dirais... Car si je me fie à ce que m'a dit le "Maître", il ne me reste que quelques jours à vivre. Enfin, quand je dis "vivre", c'est un bien grand mot... Pourquoi? Oh, c'est tout simple... Après avoir exprimé sa déception, mon cher Maître a décidé que je ferais un parfait cobaye pour les expériences de ses scientifiques. Ces types fabriquent des poisons et moi je les teste... J'ai eu toutes sortes de merdes versées plus ou moins de force dans ma gorge, par exemple un poison aveuglant. Ils m'ont donné un antidote mais j'ai quand même du mal à voir par moments, pas que mes yeux servent à quelque chose, mais je préfère surveiller ces salauds, des fois qu'ils aient des envies à soulager... Car c'est monnaie courante ici... Les cachots ne sont pas insonorisés, alors j'entends très bien ce qui se passe. Les Mangemorts ont le droit et le devoir de torturer à leur guise les prisonniers, et la plupart du temps ils abusent des sorts sur certains dont la tête ne leur revient pas et abusent des autres tout court. Il y a quelques jours, Pansy est venue me voir... Elle ne m'abandonne pas, c'est une amie vraiment super. Je ne sais pas comment elle a fait pour entrer, mais elle est venue et m'a parlé un peu. D'après ses dires, il y a eu une attaque à Pré au Lard et l'Ordre du Phoenix est intervenu, les pertes de notre côté ont été sévères mais les rescapés ont ramené une prisonnière... Ginny Weasley en personne, qui l'eut cru? J'ai toujours pensé que cette fille était une cruche, il n'y a qu'à voir ce poème qu'elle avait écrit pour Potter, une vraie daube, mais qu'est-ce que j'ai pu me marrer... Quoi que finalement elle l'a eu son Survivant... Si mes souvenirs sont bons, ils étaient très amoureux ces deux là... Je pense que si elle est là ce n'est pas pour rien, peut-être une tactique pour provoquer une mission de sauvetage, un piège... Mais même si je n'ai jamais aimé cette nana, même si elle est conne et pauvre et que, cerise sur le gâteau, elle s'envoie le sauveur... Je ne ris plus d'elle... Pas après avoir entendu ses cris... Pas après ces supplications désespérées qui me sont parvenues... Pas après ce qui vient de lui arriver... Elle, ils n'ont même pas essayé de la faire parler, ils se sont simplement défoulés, et pas qu'un peu, à en juger par le raffut qu'ils faisaient. Ca ne fait pas très longtemps qu'elle est là, mais je peux vous dire que je préfère ce qu'ils me font plutôt que ce qu'elle subit... C'est aussi pour cela que je pense encore et encore à ce qui s'est passé... Pour ne pas sombrer dans la torpeur qui me gagne... Pour ne pas leur livrer mon corps inconscient... J'ai peur de ce qu'ils me feraient... Oh, j'ai bien vu leurs regards sur moi, et je peux vous dire que pour eux, homme ou femme, cela n'a pas d'importance, ils ne voient qu'un trou... C'est crû mais c'est vrai... Plutôt mourir que de vivre cette salissure. Je crois que depuis que je suis ici, je n'ai pas dormi, pas même une seconde. Je suis épuisé à force mais je me réconforte en me disant que je n'en ai plus pour très longtemps. Et peut-être alors que la douleur cessera... Il ne se passe pas une seconde sans que mon corps ne ma fasse mal. Ce n'est pas comme une jambe brisée ou une plaie, non... C'est bien pire. La dernière création en date des petits larbins du Seigneur des Ténèbres est un poison à action lente... Très lente même... Ils m'ont fait boire ça il y a quelques jours et je n'en ressens pas encore pleinement les effets. Je dirai que ça s'apparente à un doloris qui monte peu à peu en intensité, qui eut cru qu'un jour on pourrait mettre de tels sorts en bouteille? Les larbins viennent me voir tous les jours pour contrôler les effets de leur cocktail. Pour le moment ils ont l'air relativement satisfaits, il parait qu'au bout d'un temps la douleur est tellement intenable qu'on peut tomber dans le coma. Un coma très profond d'après eux, qui sera suivi par la mort à plus ou moins long terme. Ils semblent attendre avec impatience que je m'endorme, je vois sur leurs visages de sales cons leur déception lorsqu'ils voient que je suis encore conscient. Après tout, j'ai beau être un prisonnier de guerre, un porté disparu, je n'en suis pas moins un Malfoy, et je ne suis au service de personne... Je mourrai lorsque j'en aurai envie, pas avant! Alors je tente de me distraire de la douleur par tous les moyens possibles... Heureusement que j'ai de bonnes oreilles, c'est impressionnant le nombre d'informations que j'ai pu apprendre ainsi... Par exemple je sais que les offensives du Maître ne portent pas très souvent leurs fruits, il semblerait qu'il y ait un autre espion parmi les Mangemorts, je me demande bien qui cela peut être... D'ailleurs, si je devais supposer, je pense que mes soupçons se porteraient sur ce bon vieux Rogue... Ce type a un self control fabuleux, je n'ai jamais réussi à lire quoi que ce soit sur son visage ni dans sa posture. Et pourtant je suis très observateur... D'après d'autres bruits il paraît que lors d'une attaque Potter a été blessé, je ne sais pas si c'était grave par contre, j'espère que non, parce que dans ce cas là il serait dans l'incapacité de descendre le Maître. Pas que je compte sur ce crétin pour me libérer mais j'aimerais bien qu'il fasse quelque chose pour la belette... La pauvre passe de bien mauvais moments. Pas que j'aies une once de sympathie à l'égard de cette pauvre fille mais je trouve un peu déprimant de l'entendre chialer à longueur de temps. Parce qu'en plus elle occupe le cachot voisin du mien. D'ailleurs je commence à en avoir plein le... Bon... Calme... Je devrais peut-être lui parler, au moins pour qu'elle arrête de pleurer, elle va de déshydrater très vite à ce rythme, et croyez en mon expérience, elle risque de souffrir plus encore si elle s'affaiblit trop. "- Hey, Weasley!" j'appelle. Ma voix est rauque, je n'ai pas parlé depuis un certain temps... Je n'ai même pas crié lorsque le Seigneur des Ténèbres m'a infligé un doloris. Les sanglots cessent. C'est déjà ça... Une voix tremblante s'élève, elle vient de derrière le mur auquel je suis enchaîné. "- Qui... Qui êtes-vous?" demande-t-elle. Normal qu'elle n'ai pas reconnu ma voix, vu la loque humaine que je suis devenue. Je pense même que si elle m'avait sous les yeux, elle ne saurait pas qui je suis. "- Allons, allons, la belette, on oublie ses vieux ennemis?" La fatigue entame un le mon mordant, mais je pense que ça devrait lui suffire. "- Malfoy? C'est toi?" Elle a l'air étonné... Quoi que mon statut d'espion était un secret, j'y tenais, même Potter n'était pas au courant, enfin, d'après Granger, mais j'ai confiance en sa promesse, je pense qu'elle n'a pas craché le morceau. "- Le seul et unique." je lui réponds. "- Mais qu'est-ce que tu fais là?" D'accord... Elle n'ouvre pas ses oreilles, pour une combattante, c'est moyen comme comportement... Bon, là on ne peut pas vraiment lui en vouloir, ça doit sérieusement émousser les réflexes les viols à répétition... "- J'attends que quelqu'un daigne enfin abréger mes souffrances, et toi?" Ah, ironie, quand tu nous tiens... "- Abréger tes souffrances?" Elle est curieuse, pas de bol, moi qui pensais qu'elle sauterait sur l'occasion pour se plaindre... "- Je crois que la vie de rat de laboratoire n'est pas pour moi... Je suis le testeur officiel des poisons du Seigneur des Ténèbres." De toutes façons, à qui irait-elle parler de ça, hein? "- Oh... " "- On va pas en faire un fromage. Dis moi plutôt ce qui t'amène dans cet endroit si charmant?" Et puis je ne vais pas tout lui déballer sous prétexte que nous sommes voisins. En plus, la douleur commence à s'intensifier, mes jambes se paralysent lentement, je le sens... "- J'ai été capturée après une attaque..." commence-t-elle. Elle soupire, comme si tout lui revenait en mémoire. "Je suis... J'étais chargée d'administrer les premiers soins aux blessés. Ce jour là il y a eu beaucoup de morts, je me souviens... Et puis j'ai vu cette femme qui avait l'air d'être en mauvais état, alors je suis allée la soigner, mais c'était une embuscade et dès que je l'ai touchée elle m'a mis un objet dans la main et j'ai atterri ici et... Enfin, tu sais ce qu'ils me font." Sa voix s'est brisée sur la fin, et inexplicablement ça me rend triste... Moi qui ai souvent été traité de salaud par les femmes, je trouve que j'ai au contraire été d'une douceur et d'une prévenance exceptionnelle avec elles par rapport à ceux qui sontdans les rangs des Mangemorts. "- Oui, je sais..." je réponds. Je pensais que je n'aurais jamais à dire cela, mais Weasley et moi sommes dans la même galère. oOo Ca fait plusieurs jours que j'ai établi le contact avec Ginny... Je l'appelle par son prénom parce qu'elle me l'a demandé, je crois que d'entendre une voix connue, même si c'est la mienne, lui fait du bien... Ses tortionnaires sont revenus plusieurs fois, ils sont horribles avec elle, d'après ce qu'elle me dit. Je veux bien la croire, je les ai déjà vu faire et ce jour là j'ai vomi jusqu'au sang... Ginny est une fille bien, je crois, elle est pauvre, d'accord, mais dans ce cachot, je le suis aussi... La plupart du temps, c'est elle qui parle, elle me raconte sa vie, sa famille, ses amis... Etrange comme elle aime son père, je ne crois pas pouvoir avoir ne serait-ce que du respect pour le mien, et encore moins après ce que ses actions m'ont poussé à faire... C'est à cause de lui que je suis là, s'il n’avait jamais ciré les pompes de ce mégalomane meurtrier, je mènerais une vie tranquille en ce moment même... Elle me parle souvent de ses frères aussi, je ne pensais pas que ça puisse être aussi bien d'avoir des frères... Je suis resté seul toute mon enfance avec ma mère pour seul repère. Il paraît que Bill Weasley a été agressé par Greyback, je le plains, ce type est un malade. La seule personne dont elle ne parle pas c'est Potter, notre petit héro... Je commence à me demander s'ils sont toujours ensemble ces deux-là... C'est vrai, quoi... Ce qui m'a toujours intrigué chez Potter c'est son attitude étrange... Soit il était le parfait petit Gryffondor qui volait au secours de la veuve et de l'orphelin, soit il était presque aussi vicieux que moi, et là je me surprenais à admirer son culot... Surtout face à Rogue, qui même s'il était mon professeur préféré et l'un des "amis" de mon père, restait un personnage terrifiant. En sixième année, je n'ai pas eu le temps ni l'envie de lui pourrir la vie, j'avais cette mission atroce à remplir, mais ô surprise c'est lui qui m'a collé au train toute l'année... La raclée que je lui avais collée ne lui avait pas suffi, je me suis demandé s'il était maso... Je crois même qu'il a passé plus de temps à me surveiller qu'avec Ginny... Je me demande pourquoi, alors que je vais mourir dans cette merde, je pense encore à ce crétin. Non mais sans blague, au lieu de me remémorer les choses agréables que j'ai vécues comme les filles avec lesquelles je suis sorti ou encore les fous rires que j'ai pu avoir avec mes amis, je pense à un type que j'ai toujours détesté. La première fois que je l'ai vu, je n'ai pas vraiment eu de sentiment particulier à son égard, je me suis juste dit qu'il avait l'air un peu paumé et qu'il avait des yeux magnifiques. Plus tard, j'ai su qui il était et je me suis dit qu'être son amis serait une bonne chose, mais là il a préféré ce pauvre de Weasley. Déjà que je ne le portais pas dans mon coeur ce rouquin, là je l'ai haï... Je ne sais même pas pourquoi mais c'est ainsi... Et puis il y a eu cette envie irrépressible de faire de la vie du petit héro un enfer permanent, je pense que j'ai réussi par moments... Je me demande ce qui se serait passé s'il avait accepté d'être mon ami. On se pose de drôles de questions lorsque l'on sent la mort arriver, hein? Je crois que je devrais plutôt cuisiner Ginny, ça me détendra, l'autre fois elle m'a presque fait rire. "- Hey, Ginny!" "- Moui?" Sa voix est de plus en plus faible... Ca me rend un triste de penser que peut-être elle ne vivra pas assez longtemps pour revoir la lumière du jour. "- Il y a un truc que je voulais te demander." "- Vas-y." "- Tu sors toujours avec Potter?" je demande enfin. Silence... Un soupir... "- Je ne m'y attendais pas à celle-là." commence-t-elle. "Pourquoi tu demandes ça? Tu veux m'inviter à dîner?" Je souris. "- Qui sait?" "- Eh bien saches que je suis libre comme l'air. Harry m'a plaquée après les funérailles de Dumbledore. Il disait qu'il devait être seul pour accomplir sa mission, je l'ai laissé partir parce que je savais qu'il le ferait avec ou sans mon accord. Depuis je le vois très peu, il est assez renfermé comme garçon depuis qu'il a commencé sa croisade." Je ne sais pas pourquoi, mais mon rythme cardiaque s'est accéléré soudain... Sans doute un effet du poison. "- Pourtant c'était le grand amour entre vous, non?" je demande. "- Pour lui je ne sais pas, mais moi je l'aime depuis que j'ai onze ans. Il est... Je ne saurais pas te décrire sa façon d'être... C'est Harry, il est courageux, gentil, fort, mais aussi têtu, impulsif et tête brûlée. Il m'a souvent exaspérée, et il y a eu des moments où je me suis demandé si je devais l'embrasser ou le frapper. C’est ce qui le rend attachant au fond." Je ne l'aurais pas dit comme ça, mais bon... "- C'est un sacré chieur si tu veux mon avis." je rétorque. Ca la fait rire... J'aime bien son rire, on dirait une musique étrange et belle qui résonne entre les murs de pierre. "- J'étais sûre que tu allais dire ça." "- Ah bon?" Serait-elle voyante? Parce que si oui, je lui demanderai bien une consultation, peut-être qu'elle pourrait me dire quand je vais enfin cesser d'avoir mal. Ca devient lentement mais sûrement insoutenable, pas un seul instant ne passe sans que mes muscles ne se tétanisent, je ne savais pas que mon dos en comportait autant... "- Bien sûr, tu n'as jamais perdu une seule occasion de rendre sa vie infernale. Je t'en ai voulu pendant des mois... Tu accaparais son attention, même sans rien faire d'autre qu'avoir l’air innocent, il te guettait au détour des couloirs, sur sa carte, il..." "- ... a quand même essayé de me tuer." je la coupe. Non mais qu'est-ce qu'elle insinue? Que c'est ma faute si son golden boy l'a larguée comme une vieille chaussette? Ce petit con a essayé de me découper en morceaux, il m'a lancé un sort expérimental et j'ai failli me vider de mon sang! "- Il n'a pas fait exprès tu sais... Il s'en est voulu à un point que tu n'imagines pas. Je crois qu'au fond vous auriez pu être de bons amis tous les deux." Heureusement que j'ai l'ouïe fine, j'ai failli ne pas entendre la fin de sa phrase... Potter et moi, des amis... Il a rejeté mon offre une fois, je n'ai jamais retendu la main vers lui, ai-je eu tord? Je me demande maintenant comment les choses se seraient passées si j'avais vraiment voulu être son ami, si j'avais accepté la belette et Granger... Peut-être que je ne me serais jamais retrouvé devant ce choix crucial afin de sauver ma famille... Peut-être qu'aujourd'hui je serais à ses côtés à établir des plans afin de tuer le Seigneur des Ténèbres... Et peut-être qu'à ses côtés j'aurais enfin le courage de prononcer le nom de celui qui est mon Maître... Ce ne sont que des "peut-être" mais le rêve est beau... Croyez-vous que si je le souhaite assez fort je pourrai changer de vie? Quand j'étais petit, je le croyais, j'ai très souvent souhaité que mon papa change et devienne un homme attentif qui jouerait avec moi dans le jardin, qui me laisserait me blottir contre lui le soir, qui viendrait me raconter une histoire dans mon lit... Mais il n'est jamais venu, et mes souhaits pourtant si forts dans lesquels j'avais mis tout mon coeur d'enfant ne se sont jamais réalisés... Alors je n'y crois plus... La seule chose que je crois en cet instant c'est que pour moi c'est bientôt la fin. Et j'en suis presque heureux, car cette fin je l'attends, je la souhaite, je la veux! Il n'y a qu'une seule chose que je voudrais en dehors de la mort. Je voudrais que Ginny s'en sorte, et qu'elle dise à ses amis où est le Maître, pour que Potter vienne le finir, pour qu'il sauve ceux qui peuvent encore l'être. C'est con à dire, mais au fond je crois en lui, j'ai toujours cru qu'il ferait quelque chose de vraiment bien. De là où je suis je ne peux plus faire grand chose mais je peux toujours tenter... J'ai d'ailleurs une idée. D'après la lumière qui filtre du dehors, je sais que les larbins (traduisez: scientifiques) ne vont pas tarder à venir me chercher, ils vont encore une fois entrer en espérant me trouver inconscient. Mais cette fois ils vont être contents, je le serai... Enfin presque... oOo Des pas se font entendre dans le couloir, je sais que c'est eux, ils sont trois, toujours... Les deux larbins et la larve (Pettigrew). La porte de ma cellule s'ouvre en grinçant, je suis étendu au sol, l'air totalement et profondément endormi. Je sis un excellent acteur, comment croyez vous que j'aies réussi à faire déguerpir toutes mes conquêtes? Je faisais semblant de dormir et elles s'en allaient en pestant contre les mecs qui ne les câlinaient pas après l'amour... Mais pourtant moi je ne leur faisais pas l'amour, je les baisais. Ah les femmes... Je les entends qui parlent, les deux larbins ont l'air très fiers d'eux, ils disent que ça marche encore mieux que prévu et que l'opération pourra bientôt commencer, c'est fou comme les gens parlent en confiance lorsqu'ils croient que vous ne pouvez pas les entendre... Pour finir, ils sortent en demandant à la larve de me transporter jusqu'à leur laboratoire... C'est le moment d'agir, même si mes jambes ne fonctionnent plus normalement et que mon dos ne me permet pas de me tenir droit, je me relève très vite, Pettigrew a l'air effrayé... Normal, ce type n'agit que dans le dos des gens. Je lui arrache sa baguette et la pointe sur lui. Il ouvre déjà la bouche pour crier. Il n'en a pas le temps, simplement deux mots sortent de ma bouche et il tombe au sol, sans vie... Je le contemple un instant. Ma mère m'a déjà parlé de lui, il est celui qui a conduit le Seigneur des Ténèbres jusqu'aux Potter, celui qui a trahi ses amis pour un peu de pouvoir... Je le hais pour ce qu'il a fait, pas à Potter, mais à ceux qui lui avaient offert confiance et amitié. Moi, je n'ai jamais laissé personne me trahir... Mais dans un sens c'est normal, je n’avais pas d'amis... Je me retiens de cracher sur le cadavre de ce sale traître et je sors de ma cellule, celle de Ginny est la porte juste à côté, à droite. Je l'ouvre d'une formule et j'entre. Elle ne me reconnaît pas, elle croit sans doute que les Mangemorts qui "s'occupent" d'elle sont de retour. "- Ginny, c'est moi" je dis. Elle rouvre les yeux et me fixe, l'air incrédule... Mon expression doit être la même que le sienne... Mais que lui ont-ils fait? Elle n'est pas attachée, pas besoin de toutes façons, ses vêtements sont en lambeaux et de longues estafilades courent sur ses jambes et ses bras. Ses cheveux sont sales et emmêles, son visage est couvert d'un mélange de poussière et de sang, les seuls endroits où l'on peut voir la couleur de sa peau sont les sillons creusés par ses larmes. "- Draco? Mais..." "- Chut, on n'a pas le temps de parler. Tu dois partir et dire où nous sommes." "- Mais je n'en sais rien... Je suis arrivée par portoloin." dit-elle en commençant à s’affoler. Je peste dans ma barbe avant de me souvenir qu'il est possible de détecter le lieu de départ d'un portoloin et ce dans tous les cas. Je le lui explique. Elle a l'air soulagée et me regarde enlever la chaîne que je porte autour du cou. C'est la seule chose de valeur que l'on m'ait laissée, et j'en suis heureux, c'est un cadeau de ma mère: une longue chaîne en or blanc et un médaillon ovale gravé d'une fée. Elle me disait souvent que la fée veillait sur moi, et ça j'y crois encore, mais juste un peu... Il ne me reste que très peu de forces et le fait d'utiliser la magie m'affaiblit, je sais très bien que le sort que je vais lancer est puissant, je risque donc d'y laisser mes derniers lambeaux d'énergie... Tant pis, je considère que Ginny mérite plus que moi de sortir de ce trou. J'ôte aussi ma robe de sorcier, elle est abîmée mais il vaut mieux pour Ginny qu'elle porte ça, cela aura au moins le mérite de préserver sa dignité, ou ce qu'il en reste. Elle passe rapidement le vêtement que je lui ai donné, moi je ne porte plus qu'une fine chemise blanche et un pantalon noir déchiré. Je pointe ensuite la baguette que j'ai volée à Pettigrew et je murmure: "-Portus." La chaîne luit pendant un bref instant avant de reprendre sa couleur d'origine. J'ai réglé le portoloin pour qu'il l'emmène au chaudron baveur, elle aura ainsi la possibilité de disparaître du côté Moldu si elle le souhaite. Ma tête commence à tourner... "- Tiens." dis-je en lui tendant la chaîne. "Elle te conduira en sécurité, retrouve Potter et tes amis de l'Ordre, raconte leur ce que tu as vu et entendu. Bonne chance." Elle fronce les sourcils. "- Mais... Et toi?" demande-t-elle. Elle croyait peut-être que j'allais m'en sortir... Moi je savais que non, je le lui dis. "- Et si je ne veux pas partir sans toi?" Son regard est décidé, cette conne ne veut pas laisser une tâche comme moi finir ici... C'est vraiment une Gryffondor, tiens! Mais elle ne connaît pas la force de ma volonté... Sans crier gare j'attrape son poignet et met la chaîne dans sa main. La dernière chose que je vois d'elle est son regard à la fois triste et surpris. Je suis triste aussi, mais peut-être pas pour les mêmes raisons... Je sais qu'elle va vivre et j'aurais bien aimé la voir vivre ailleurs que dans ce tombeau. On n'a pas toujours ce que l'on veut. Même moi... Surtout moi, en fait. J'ai eu tout le confort matériel dont on peut rêver, j'ai voyagé, eu des cadeaux fabuleux, des vêtements hors de prix... J'ai eu tout ce que je demandais... Sauf que ce que je voulais vraiment moi, c'était de l'amour, un enfant privé d'amour grandira mais il sera toujours incomplet... Je suis incomplet, j'ai recherché toute mon enfance cette flamme de fierté dans les yeux de mon père et je n'y ai trouvé que froideur et hauteur... Il ne m'a donné qu'un nom et de l'argent. Il ne m'a donné qu'un physique mais pas de personnalité... Et aujourd'hui, alors que je vais mourir, ce n'est même plus à cet homme que je pense... Tandis que ma vue devient floue et que mes muscles se tétanisent, je me demande encore une fois... Que se serait-il passé si j'avais été ami avec Potter? oOo Une douce chaleur règne autour de moi... Je me sens bien, si bien... C'est donc cela être mort? Si j'avais su, je n'en aurais pas fait toute une histoire. Mes yeux sont fermés, je sens la caresse d'un drap de soie contre ma peau nue et un corps chaud est blotti contre mon dos... Hum, je dois être au Paradis... Je ne me souviens de rien après être tombé inconscient dans la cellule de Ginny. Le noir total. Ce n'est finalement pas si grave je crois, vu que je suis dans un endroit chaud, agréable et qu'une main commence à caresser lascivement mon ventre. C'est une grande main... Une main chaude et douce... Une main qui me fait déjà frissonner alors que je ne connais pas encore sa propriétaire. J'aime beaucoup ce que me fait cette main, elle descend plus bas sur mon ventre, mon désir est éveillé, ce qui est normal, les attentions de la femme mystère sont si gentilles. Elle continue à me caresser tandis qu'une bouche brûlante se pose sur ma nuque, je gémis... Si j'avais su que j'arriverais là je crois que j'aurais accepté l'idée de mourir beaucoup mieux... La bouche se déplace jusqu'à mon oreille, je n'ouvre toujours pas les yeux, c'est si doux. Un souffle chaud balaye ma joue. "- Bonjour..." me murmure une voix rauque. Là, j'ouvre les yeux... Quelque chose ne va pas, mais alors pas du tout! Parce que ce n'est pas une voix de femme qui vient de me souhaiter le bonjour, mais bien une voix masculine... Je ne bouge pas mais mon corps de tend malgré moi, le corps qui était blotti contre moi se colle un peu plus, et là j'ai la confirmation... Je suis au pieu avec un mec! Un mec qui est en train de me caresser, de me léchouiller l'épaule et qui colle son sexe dur contre mes fesses. L'horreur absolue! Sans me préoccuper de ma nudité je rejette le drap et m'extirpe du lit aussi vite que je le peux. Et quand enfin je me retrouve face au lit dans lequel je viens de m'éveiller, mon coeur manque un battement. Je ne peux que me poser trois questions... Numéro un: que s'est-il passé pour que j'atterrisse ici? Numéro deux: Pourquoi suis-je dans un lit avec un mec? Et enfin, le pompon... Pourquoi le mec en question a-t-il des yeux verts, une touffe de cheveux en batailles et un sourire gourmand en me regardant? Pourquoi Harry Potter? Ca y est j'ai trouvé! Ce n'est pas au Paradis que j'ai été envoyé, mais bien en Enfer... MON Enfer personnel, Potter le Saint est mon bourreau... A suivre… |