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au 07 Oct 08 :
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Le filtre d'amour
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
One Shot - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 1     1 Review     Illustration    

Auteur : Artoung

Genre : OS, Romance

Paring : HP/DM

Rating : M

Avertissement : Ce OS traite d’une histoire homosexuelle et certains passages sont explicites donc ceux que cela dérange devraient quitter cette page.

Le filtre d’amour

A première vue, cette journée aurait dû se dérouler comme toutes les autres. Elle avait d’ailleurs commencée de la plus prévisible des manières. En effet, c’est un fait à Poudlard, les serpentards et les gryffondors ne peuvent pas se voir.

Tout le monde sait cela et tout le monde sait aussi que Harry Potter, gryffondor de première classe, beau, sympathique, gentil, altruiste, vainqueur de celui-dont-on-peut-maintenant-prononcer-le-nom, aujourd’hui en septième et dernière année de Poudlard avait pour ennemi juré le préfet en chef des serpentards, le séduisant, l’arrogant, l’ambitieux, le richissime et le sarcastique Draco Malfoy.

Ils se détestaient depuis maintenant de nombreuses années. Draco Malfoy avait été une épine douloureuse et quotidienne dans la vie de Harry. Il ne cessait de vouloir le surpasser et il enrageait de ne pas y arriver.

Pas que Potter soit plus fort que lui en tout, non, loin de là, à part en défense contre les forces du mal, Draco le surpassait dans toutes les matières. Mais il n’y avait pas que les cours, au quidditch, il n’avait jamais réussit à attraper le vif d’or avant lui. et puis la puissance magique de Potter était vraiment fantastique, Draco pouvait la sentir le picoter dans tout le corps dès que Potter s’énervait un peu trop contre lui et il y avait cette douce chaleur aussi.

Il devait avouer qu’à sa plus grande honte, il était grisé par cette magie qui semblait n’apparaître que pour lui. Personne d’autre ne ressentait les picotements et Draco faisait son possible pour les sentir le plus souvent possible. Il passait donc le plus clair de son temps à provoquer le gryffondor.

Il aimait le voir sortir de ses gongs, il aimait être celui qui le faisait réagir. Et puis, il fallait bien avouer que Potter était mignon lorsqu’il était en colère. Ses yeux verts brillaient d’un éclat inconnu, ses joues se coloraient de rouge et sa voix tremblait de hargne.

Donc ce matin, comme tous les matins, Draco Malfoy s’arrangea pour croiser Harry Potter. Il dissimula un sourire, Potter était comme à son habitude pas vraiment réveillé. Ce n’était pas quelqu’un du matin.

Son regard était un peu dans le vague et il traînait des pieds, papotant d’une voix ensommeillée avec ses deux meilleures amis, la belette et la sang de bourbe.

Draco fronça les sourcils, la sœur de la belette les accompagnaient aujourd’hui. Il jeta un rapide coup d’œil à son meilleur ami, Blaise Zabini, qui se contenta de rester impassible bien que ses yeux ne quittaient plus le corps de la rouquine.

Encore un truc d’anormal pour Draco. Son meilleur ami était amoureux de cette belette féminine. Il ne comprenait pas ce qu’il lui trouvait, elle était certes mignonne mais bon cela restait une gryffondor et une belette qui plus est. Enfin, ne dit-on pas que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ? Donc Draco, s’était contenté d’accepter cet état de fait, puisqu’il semblerait que Blaise soit vraiment accro. Cela faisait définitivement parti pour lui des grands mystères de la vie.

Potter leva enfin les yeux dans sa direction alors qu’ils n’étaient plus qu’à quelques pas l’un de l’autre et Draco mit en place son sourire mauvais numéro3, celui qui voulaient dire : « Je vais faire de ta journée un enfer ! ». Mais cela n’avait pas l’air de déstabiliser le gryffondor, de toute façon ce type semblait insensible à ses sourires mauvais. Seuls ses remarques blessantes avaient le pouvoir de le mettre hors de lui.

Donc comme tous les matins où Draco parvenait à croiser Potter, les insultes pleuvaient et les gryffondors n’étaient pas en reste. Au bout de quelques minutes, Draco avait réussi, Potter avait perdu le contrôle, il le maintenait contre le mur, une main autour de son cou et l’autre sur sa baguette et sa magie voltigeait jusqu’à Draco et Draco était content.

-Putain ! Mais c’est quoi ton problème Malfoy ? cria le survivant.

Oh, oui ! Il avait l’air vraiment énervé ! Draco sentait son souffle sur ses lèvres et la douce chaleur se propagea. C’est si bon la haine !

-C’est toi mon problème ! dit-il d’une voix mauvaise, ne lâchant pas de ses yeux , ceux si verts et si lumineux de son ennemi.

Non, après vérification, les yeux de Potter n’avaient rien de lumineux, en ce moment même, ils s’assombrissaient même de manière inquiétante. Ils étaient verts foncés maintenant et Draco en fut troublé. Lorsque les yeux de Potter devenaient de cette couleur, il en était à chaque fois troublé, et il était incapable de parler pendant quelques minutes.

La chaleur augmentait et une douce pression commençait à apparaître en son bas ventre. Draco savait qu’à ce moment là, cela devenait dangereux. Alors comme à chaque fois, il se dégagea de la poigne de Potter qui était lui aussi silencieux.

C’était un des inconvénients à ses disputes avec Potter. Il arrivait juste avec ses yeux à le faire « réagir ». Et tant que Draco n’aurait pas trouvé de solution à ce gros problème, il était obligé d’arrêter la dispute et de s’éloigner.

C’est ce qu’il fit, prétextant, qu’il avait mieux à faire que d’être en compagnie d’un putain de balafré binoclard. Ses amis le suivirent et ils entrèrent dans la grande salle pour déjeuner. Blaise avait la mine assez sombre.

-Qu’est-ce qu’il t’arrive ? lui demanda Pansy.

Draco regarda plus attentivement son meilleur ami, c’est vrai qu’il avait l’air assez triste. Blaise ne pouvait détacher ses yeux du groupe de gryffondor qui venaient d’entrer son tour et en particulier de Ginny Weasley.

-Elle a dit que j’étais vulgaire, soupira son ami.

-Elle n’a pas tout à fait tort, remarqua Grégory d’un ton docte.

-On t’a pas sonné, face de fion, marmonna Blaise en plongeant sa cuillère dans ses céréales.

-Qu’est ce que je disais ! Rajouta Grégory, Tsss, Tsss, mon jeune ami, ce n’est pas ainsi qu’on s’adresse à ses camarades de classe.

Blaise lui fit un faux sourire. Il ne valait mieux pas insulter Gregory. Ce n’était peut être pas un intellectuel mais il savait se servir de ses mains et il avait horreur qu’on lui manque de respect. Même Draco ne le traitait plus comme avant, ni lui, ni Vincent. Ils étaient amis à présent.

Draco surveillait du coin de l’œil le survivant qui venait de s’assoir. Leurs regards se croisèrent une fraction de seconde, puis Draco se tourna vers Théodore Nott pour lui parler de leur prochain entraînement de quidditch alors que Potter écoutait une nouvelle blague de Seamus Finnigan.

Potter porta à ses lèvres son verre de jus de citrouille et le but entièrement. Ce fut à ce moment là, que les choses changèrent. A partir de cet instant, cette journée qui semblait jusqu’alors tellement habituelle, changea de tout au tout et plongea Draco dans un cauchemar sans fin. Potter reposa son verre, quelqu’un l’interpella, un gryffondor de sixième année, un certain Colin Crivey qui voulait encore le prendre en photo et il leva la tête vers la voix à qui venait de l’appeler.

Draco était encore entrain de parler quidditch, lorsqu’un silence inquiétant lui fit tourner la tête vers les gryffondors.

Ce qu’il vit lui glaça le sang.

Toutes les tables s’étaient tournés à l’instar de Draco vers celle des gryffondors. Pour la première fois depuis sept ans, Draco voyait la table des rouges et ors silencieuse et stupéfaite, mais ce n’est pas cela qui glaça le sang au prince des serpentards. En face de lui Harry Potter avait enfoui profondément sa langue dans la bouche du fameux Colin Crivey.

Tous les élèves regardaient la scène avec effarement.

Draco avait mal au cœur, il avait l’impression que quelqu’un s’amusait à le frapper violemment à l’intérieur de son estomac. Il avait la nausée et Potter continuait d’embrasser l’autre crétin de gryffondor.

Il ne vit pas le regard inquiet de ses amis posé sur lui. Il n’entendit pas Théodore Nott marmonner des insultes en foudroyant du regard le nouveau couple. Il voyait juste Potter mettre une main sur la nuque du petit morpion. Il entendait juste le petit morpion gémir. Et il avait juste si mal.

Ce n’était pas normal. Puis après ce qu’il lui sembla une éternité, Potter relâcha enfin la bouche du morveux dégénéré. Draco ne pensait pas qu’il était possible qu’il soit encore plus mal mais c’était avant d’entendre les trois mots sortir de la bouche de Potter. Draco pâlit visiblement lorsque Potter les prononça, le regard brillant posé sur ce connard de Crivey.

-Je t’aime.

Et le monde de Draco s’effondra.

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Draco Malfoy était de mauvaise humeur en ce premier mardi d’octobre. Aussi toute la table des serpentards se tenait à carreaux. Cela allait faire plus d’une semaine qu’il était dans cet état et ses camarades de maison avaient eu vite fait de comprendre que la meilleure des solutions , pour éviter de servir de défouloir à leur préfet en chef, était de se faire tout petit. Les serpentards prenaient donc leurs petits déjeuners dans le calme le plus complet. On aurait presque pu entendre les mouches voler, s’il n’y avait le boucan que faisait les gryffondors.

Draco serrait les mâchoires en marmonnant des insanités dans sa barbe tout en foudroyant du regard Harry Potter.

-Holà mon ami, quelle est donc la chose qui vous cause tant de tracas?

Draco détourna son regard assassin de Potter pour le poser sur son meilleur ami Blaise Zabini. Mais Blaise ne sembla pas le moins du monde impressionné. Il soutint le regard meurtrier en souriant, ce qui énerva encore plus Draco. Depuis que la dernière des belettes lui avait dit qu’elle le trouvait vulgaire, Blaise s’amusait à parler de cette façon totalement ridicule et en plus il vouvoyait tout le monde !

-Contez moi donc vos problèmes et je ferai mon possible pour vous en débarrasser, continua Blaise d’une voix suave.

Draco s’obligea à respirer calmement et ne répondit rien, son regard dégoûté se posant de nouveau à la table des gryffondors.

-Blaise a raison Draco, bougonna Grégory, on peut peut-être t’aider tu sais !

Draco se contenta de serrer encore plus les dents, en face de lui, Potter venait de sourire timidement, les yeux brillants de joie à Colin Crivey.

-Moi, je sais ce qui ne va pas….

Les yeux de la plus part des serpentards se tournèrent vers Vincent Crabbe qui avalait consciencieusement une part de gâteau au chocolat. Seul Draco Malfoy continuait à fixer hargneusement son ennemi de toujours.

-C’est à cause de Potter !

Tous les serpentards soupirèrent déçu, il s’attendait à ce que Vincent leur apprennent un truc nouveau, mais bon, c’était quand même Vincent, il ne fallait pas l’oublier. Ce dernier semblait juste de venir de rendre compte que tout était de la faute de Potter. Tout le monde savait cela, enfin, il s’agissait de Vincent !

Depuis que Potter était amoureux de Crivey, il n’était plus le même. Potter semblait bêtement heureux et stupidement gentil. Même avec les serpentards, même avec Draco. Ce dernier avait beau l’insulter, le mépriser, Potter le regardait en souriant bêtement comme si plus rien ne l’atteignait. Mais là, cette situation durait depuis plus d’une semaine et Draco Malfoy commençait sérieusement à perdre patience.

On avait appris dès le premier jour que quelqu’un avait mis un filtre d’amour dans le jus de citrouille de Potter ! Ce qui avait quand même rassuré Draco, c’était que toute cette histoire n’était pas vraiment réelle. Potter se comportait comme une larve depuis une semaine seulement parce qu’il faisait l’objet d’un empoisonnement ! Et encore le mot était faible ! Et comme cette situation scandaleuse ne pouvait plus durer, il s’était décidé à agir.

Tout ceci était donc l’effet d’un filtre. Crivey avait eu l’air déçu. Il croyait quoi ce microbe ? Que Potter allait réellement tomber amoureux de lui ? Draco s’était proposé pour aider Rogue à confectionner un antidote ! Cela allait faire une semaine qu’il passait son temps libre dans le laboratoire de Rogue.

Ils avaient créés une bonne dizaine d’ antidotes. Potter avait bu chacun d’eux pas vraiment en confiance, après tout, ils étaient préparés par les deux personnes qui étaient sensés le détester le plus au monde. Mais aucun n’avaient fait de l’effet, il était toujours éperdument amoureux de Crivey.

Mais le pire c’était que ce crétin de balafré avait tout bu du filtre d’amour ! Cet assoiffé n’en avait pas laissé une goutte ! Du coup, Draco et Rogue travaillait dans le noir, ils n’avaient aucune piste !

Draco avait donc décidé de passer aux choses sérieuses. Il avait une liste de suspect et il comptait bien tous les interroger pour découvrir l’auteur de cette mauvaise blague et donc le filtre utilisé et donc l’antidote ! Il allait faire payer au petit plaisantin sa blague idiote ! Et bientôt Potter retrouverait sa hargne envers lui !

Cette semaine sans la moindre étincelle de magie venant de Potter, sans le moindre picotement délicieux, sans voir ses yeux verts s’assombrirent, allait définitivement le rendre fou.

Dumbledore avait accédé à sa requête, il trouvait que c’était une bonne idée ! Il lui avait fourni la salle sur demande pour toute la durée des interrogatoires et il avait obligé chacun des suspects à se présenter au rendez-vous. Par contre, il avait refusé que Draco torture les suspects. Comme quoi, on ne pouvait pas tout avoir !

Une fois son petit déjeuner fini, Draco se leva et fit signe à Pansy et Blaise de le suivre.

Pansy était sensée retranscrire chaque interrogatoire et Blaise vérifier que le suspect ne mentait pas, en regardant attentivement chaque signe de nervosité pendant que Draco les interrogerait. Dumbledore avait aussi interdit l’usage de la potion de vérité ! Ils devaient mener l’enquête d’eux même, utiliser leur intelligence, leur ruse et leur esprit aiguisé !

La salle sur demande était tout bonnement parfaite ! Il y avait dans un coin, une petite table avec une chaise sommaire où le suspect allait s’assoire tandis qu’une lampe de très forte intensité enverrait sa lumière dans les yeux de la « victime », tout le reste de la salle étant plongé dans le noir.

Draco attendait depuis 10 minutes lorsque le premier suspect entra en hésitant. Draco essaya de camoufler son sourire mauvais. Alors que le crétin s’asseyait en tremblant.

-Bien, Colin Crivey, tu sais pourquoi tu es là, n’est ce pas ? Dit Draco d’une voix suave.

Le jeune homme essayait de ne pas trembler.

-Dumbledore vous a interdit d’user de violence, glapit directement le jeune effronté.

Draco soupira. Il n’était pas du tout du style à frapper les gens ! Il préférait laisser ce travail à Vincent ou Grégory, ils faisaient cela siiii bien !

Il décida de commencer à poser ses questions.

-Colin Crivey ! Je sais que vous êtes le coupable !

Le gryffondor sursauta. Ok, ce n’était pas vraiment une question, mais il fallait bien commencer par quelque chose.

-Bien sûr que non ! s’exclama-t-il. Je suis moi aussi une victime dans cette histoire !

Draco serra les dents. Comme si ce stupide gryffondor était à plaindre ! Il ne l’avait pas vraiment vu se débattre pendant que Potter visitait ses amygdales avec sa langue. La seule victime de toute cette affaire, c’était lui, Draco Malfoy, qui n’avait pas eu sa dose de picotement depuis plus d’une semaine !

-Ne fais pas ton malin avec moi Crivey ! Je sais tout sur toi ! La voix devenait menaçante maintenant.

Colin, commença à s’inquiéter, Malfoy n’avait pas l’air d’être de bonne humeur depuis quelque temps. Il espérait de tout cœur, qu’il obéisse un minimum à Dumbledore. Malfoy le fixait de ses yeux si froids et Colin se mit à déglutir.

-Je sais, que tu nourris des sentiments envers Potter ! Ne le nie pas ! Je t’observe depuis six ans maintenant !Toujours à t’agripper à lui ! Toujours à le prendre en photo ! Tu en as eu marre de son indifférence. Tu as voulu beaucoup plus que sa sympathie ! Tu le voulais dans ton lit ! Et le seul moyen que tu ais trouvé, c’est ce sordide filtre d’amour ! AVOUE !

Colin, venait de se recroqueviller sur lui-même, en répétant inlassablement, que non, il n’était pas amoureux de Harry, et que non, ce n’était pas lui, qu’il était innocent et que Malfoy n’avait pas le droit de le frapper.

-Mais je ne t’ai pas frappé ! s’exclama Draco.

-Tu en as envie !

-Peut être mais je ne l’ai pas fait !

-Je suis innocent !

Draco se tourna brièvement vers Blaise. Ce crétin de gryffondor ne dira rien à moins de le frapper où de lui lancer un sort, or, ils ne pouvaient pas user de ces méthodes. La vie était vraiment injuste parfois.

Il s’approcha du jeune homme blond et le regarda dans les yeux.

-Je sais que c’est toi, murmura-t-il, mais je te laisse encore pendant quelques heures profiter de l’usage de ton corps. Ne t’avise pas de toucher à Potty sinon….

-Je sais, je sais, sinon, tu vas m’arracher les membres un à un et me les faire bouffer ! Honnêtement Malfoy, ça fait une semaine que tu me répètes cela ! Il ne m’a embrassé qu’une fois ! Et c’est un pur hasard si c’est moi qu’il a regardé en premier. Je ne suis pas le style de personne à profiter des autres ! Je sais bien qu’il ne m’aime pas vraiment.

Draco n’aimait pas qu’on lui répète cet épisode. Il en faisait des cauchemars, Potter et Crivey en train de s’embrasser. Berk ! Il congédia en maugréant le gryffondor, qui fut plutôt soulagé d’être libéré, avant de se tourner vers Blaise.

-Alors ? Demanda-t-il.

-Il me semble qu’il ne ment pas ! C’est un gryffondor, ça ne ment pas ces gens là !

Deux minutes plus tard la porte s’ouvrait de nouveau.

-Tu t’es cru dans un film policier Malfoy !

Hermione Granger s’installa sur la chaise clairement amusée par toute cette mise en scène.

-C’est moi qui pose les questions la sang de bourbe ! répliqua Draco pas du tout amusé lui.

Et puis c’était quoi un « fylmpaulicié » ? Granger se leva visiblement énervée, elle ne souriait plus du tout.

-Je me tire d’ici, si tu n’es pas plus poli Malfoy !

Draco se contenta de soupirer. Décidemment, ce n’était pas vraiment marrant ces interrogatoires. Pas le droit de frapper, de jeter des sorts et même d’insulter maintenant ! Où allait le monde ?

-Granger, je sais que tu es coupable ! s’exclama Draco en la pointant du doigt.

C’était sa technique d’interrogatoire. Faire croire au suspect qu’on savait qu’il était coupable. De toute façon, personne n’était totalement innocent ! A part Potter peut être, ce type était vraiment gentil, sauf avec lui, Rogue, les mangemorts et feu Voldemort, mais sinon, il était gentil avec tout le monde. Hermione eut un sourire, se rassit et se cala un peu plus confortablement sur sa chaise. Toute cette situation l’amusait beaucoup.

-Et comment en es-tu arrivé à cette conclusion ? Je suis pressée de savoir ce que ton petit cerveau a bien pu imaginer.

Draco eut un sourire froid. Elle se croyait maligne cette sang de bourbe ! Elle ne l’était pas. Il était le meilleur et il allait le prouver.

-Tu es, Granger, une des seule septième année capable de confectionner un filtre d’amour dont ni moi, ni Rogue ne trouvons l’antidote. Tu as les capacités de faire cette potion.

-Reste à savoir pourquoi, j’aurais perdu mon temps à ces idioties !

-La réponse est simple, tu voulais le bonheur de ton meilleur ami, il était si seul, depuis si longtemps. Et comme n’importe quelle petite sotte qui se respecte, tu pensais que s’il était amoureux, il serait enfin heureux ! Tu lui as fait boire ce filtre et tu connais la suite…

Hermione émit un rire clair. Elle semblait s’amuser beaucoup.

-Tu es ridicule Malfoy, Harry était déjà amoureux, si j’avais fait ce filtre, je l’aurais plutôt fait boire à celui pour qui il se désespère depuis deux ans déjà !

Draco avait l’impression qu’un bloc de glace venait de s’infiltrer dans son sang. Potter était déjà amoureux de quelqu’un et amoureux « naturellement » qui plus est. Il ne comprenait pas pourquoi il était si triste.

-Sors, dit-il d’une voix morne à Granger, et dis aux autres que les interrogatoires sont annulés.

Granger se leva. Elle était inquiète par l’air si triste de Malfoy. Lui qui semblait toujours si détaché, était pour une fois visiblement abattu.

-Pourquoi tiens-tu tellement à ce que Harry redevienne comme avant ?

Elle avait osé poser LA question que toute l’école se posait.

-Sors, répéta simplement le serpentard.

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-Cela va faire trois jours qu’il est dans cet état, s’exclama Théo, c’est encore pire qu’avant et je ne croyais pas cela possible. Il ne parle que par monosyllabe, il ne semble plus avoir la moindre joie. Avant, insulter les poufssoufles et provoquer les gryffondors suffisait à faire son bonheur. Mais aujourd’hui il n’insulte ni ne provoque plus personne. Il reste si morne. Ce n’est plus le même Draco. Les seules fois où il veut bien nous parler c’est pour nous dire de dégager. Il va mal les gars…

-C’est depuis que Granger lui a appris que Potter était vraiment amoureux de quelqu’un, approuva Blaise, ça lui a fichu un coup.

-Elle ne pouvait pas se la fermer cette grognasse, maugréa Pansy, ça se voit que ce n’est pas elle qui se coltine l’humeur de Draco à longueur de journée.

Pansy s’énervait toute seule alors que Théo et Blaise semblaient réfléchir de leur côté. Ils étaient sensés être des serpentards, or, le choipeau avait été très clair là-dessus, les serpentards sont rusés et sont prêts à tout pour arriver à leur fin. Donc logiquement, ils devraient pouvoir trouver une solution.

-Granger est maligne, dit Vincent posément. Pourquoi a-t-elle laissé échapper une telle information ? Je ne crois pas qu’elle soit du genre à parler à tort et à travers. Elle a dû calculer son coup…

Théo se pinça, non, il ne rêvait pas. Pansy regardait Vincent avec des yeux ronds et Blaise avait sa mâchoire qui pendouillait lamentablement. Grégory, quand à lui, fronçait les sourcils, il ne semblait pas particulièrement étonné, il semblait juste réfléchir.

-Tu as raison, dit-il à son tour, elle voulait que Draco soit au courant. Maintenant reste à savoir pourquoi ! Je pense pour ma part que c’est parce que Potter était amoureux de Draco.

-Pardon ? S’exclamèrent d’une même voix trois des serpentards.

-C’est évident, renchérit Vincent, cela se voyait déjà beaucoup ! Il était tout rouge et tout gêné dès qu’il se trouvait trop prêt de Draco. Maintenant reste à savoir qui a créé cette potion, ou plutôt si on peut en réduire les effets !

-Heu…les gars ? tenta Théo de plus en plus abasourdi.

-Oui, poursuivit Grégory, on peut penser que l’amour « véritable » est plus fort que cette potion. Si on raisonne simplement, cette potion, comme toutes les potions, est une sorte « d’imperium », or, nous savons tous que Potter peut y résister !

-Donc si on le laisse souvent en compagnie de Draco, son vrai amour peut prendre le pas sur le faux !

Grégory et Vincent se sourirent puis se tournèrent d’un même mouvement vers leurs trois camarades étrangement silencieux.

-Pourquoi Pansy s’est-elle évanouie ? Demanda Vincent étonné.

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Le plan était simple. Ce fut Blaise qui le créa. Il était de notoriété publique que Potter avait du mal à se retenir pour ne pas se jeter sur Crivey dès qu’il le voyait. C’était cela qui mettait d’ailleurs Draco dans une rage noire et puis les yeux de merlan frit qu’il lui faisait, et cette façon de lui sourire et les petits mots d’amour qu’il lui disait et….Enfin, beaucoup de chose mettait Draco dans une rage noire. Le plan des serpentards était donc simple. Ils voulaient que Potter et Draco passent plus de temps ensemble et cette histoire de filtre d’amour allait leur fournir l’alibi idéal.

Il existait des sortes de « chaînes » aux filtres d’amour. Ces « chaînes » étaient le plus souvent sous forme de potion. L’amoureux transis, incapable de se contrôler pouvait boire cette potion et avoir un « confident ». Lorsque l’amoureux se confiait sur sa situation au confident, chacune de ses « pulsions » dites à haute voix se vaporisait.

Par exemple, l’amoureux avait une folle envie d’embrasser sa cible, il suffisait qu’il le dise à son confident pour que cette envie ne soit plus qu’un souvenir. Le confident ne pouvait être qu’une seule personne et les serpentards avaient décidé que le confident de Potter serait Draco.

Ainsi, dès qu’il serait incapable de se contrôler ce qui devait arriver très souvent d’après la puissance de la potion (cela faisait dix jours et Potter était toujours autant amoureux !), il allait devoir parler à Draco. Donc les deux jeunes hommes seraient obligés de se voir souvent et Potter allait forcément guérir !

Ils devaient d’abord en parler à Dumbledore, seul lui pouvait obliger Potter à boire cette potion et Draco à devenir son confident.

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-Cette idée est excellente mes enfants ! Je me demande pourquoi je ne l’ai pas eu moi-même ! Je vais demander à Rogue de nous préparer tout cela !

Blaise et Pansy se contentèrent de sourire angéliquement. Théo faisait son possible pour ne pas lancer une remarque acerbe au vieil homme, tandis que Vincent et Grégory n’écoutaient pas du tout la conversation. Trop occupés à avaler le plus possible de bonbon aux citrons sous le regard mauvais de Fumsek.

-Le problème professeur, reprit Blaise, c’est que connaissant Potter et Draco, vous vous doutez bien qu’ils ne vont pas accepter. Et cela serait vraiment dommage…pour l’entente entre les maisons et tout ça…S’ils se parlent souvent ils vont apprendre à se connaître. C’est une occasion à ne pas rater…pour l’entente entre les maisons…

-Oui, approuva Pansy, ce serait un comble de laisser passer cette chance. L’entente entre les maisons…Et donc vous seul pouvez les obliger. L’entente entre les maisons est en jeu. Vous savez que nous avons cette idée à cœur : L’entente entre les maisons !

Pansy et Blaise avaient basé ,comme vous pouvez le constater, leur argumentation sur l’entente entre les maisons.

Les yeux de Dumbledore pétillèrent.

-Vous avez raison ! L’entente entre les maisons est primordiale ! En effet, cette situation n’a que trop duré et…

Pitié ! pensa Blaise en hochant la tête à chaque phrase de Dumbledore d’un air approbateur, C’est repartit pour un tour ! Qu’ais-je fais pour mériter cela ?

-Et ,continua Dumbledore, les disputes incessantes entre les gryffondors et les serpentards ne sont plus de mises. Pour être une grande école, il faut être une école unie ! Je vous le dis chers élèves, je…

Mais faites le taire ! pensa Pansy en regardant le directeur avec une fausse admiration. Je crois que je vais être malade !

-…je vous le redis, je suis certain, poursuivit le vieil homme en brandissant un poing rageur, que si nous mettons tous de la bonne volonté, tout peut s’arranger ! Je rêve, du jour où tout ne sera que paix et amour à Poudlard et en vous voyant devant moi aujourd’hui, j’ai confiance et je me dis que….

Que tu ferais bien de te la fermer le vieux ! J’ai une putain de migraine maintenant!, pensa Théo en se forçant à sourire.

-…des temps nouveaux sont proches et que nous pouvons changer les choses. Et si pour cela, je dois obliger deux réfractaires à passer du temps ensemble, je le ferais. Car voyez-vous, j’ai à cœur les intérêts de cette école. Et Poudlard sans ses affrontements deviendra un lieu saint où tout le monde…

Sont vachement bons ces bonbons au citron, il se refuse rien le vieux ! pensa Grégory en enfourchant trois nouveaux bonbons dans sa bouche.

-…pourra y circuler sans crainte de se retrouver au milieu d’un énième affrontement entre serpentards et gryffondors. Je vais donc convoquer vos camarades. Car je n’oublie pas que ce sont eux deux les principaux rebelles à cette paix. Toujours à se battre, à s’insulter, ça en devient lassant donc…

Je reviendrai ici, la bouffe est pas mal, pensa Vincent, en avalant le dernier bonbon sous les yeux révulsés de Fumsek.

-…soyez certains, jeunes gens, que dès ce soir Draco deviendra le confident de Potter ! Pour l’entente entre les maisons !Vous pouvez disposer maintenant.

Les serpentards se levèrent visiblement soulagés pour trois d’entre eux et visiblement repus pour les deux autres.

Ils m’ont pris tous mes bonbons aux citrons ! pleura Fumseck en les regardant partir. Son regard se fit soudainement plus dur et si les oiseaux pouvaient sourire sadiquement alors Fumseck l’aurait fait. Je me vengerais ! Fut sa pensée alors que le dernier des serpentards refermait la porte derrière lui.

Et comme Dumbledore l’avait promis, le soir même Malfoy devint le confident forcé de Potter.

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Draco était de mauvaise humeur. De très mauvaise humeur. La veille Dumbledore l’avait obligé à devenir le confident de Potter ! Son CONFIDENT !

Il avait sortit comme excuse bidon qu’il l’avait choisi lui, pour favoriser l’entente entre les maisons. Draco n’avait jamais entendu un truc aussi débile. Il avait vu, sans pouvoir rien faire, Potter boire cette potion, en prononçant les quelques mots qui allaient sceller son destin : « Moi, Harry Potter, je fais de mon confident Draco Malfoy. »

Ce qui le consolait légèrement c’est que Potter n’avait pas l’air plus enchanté que lui par cette situation et Draco le comprenait aisément. Il allait être obligé de raconter tous ses fantasmes avec le morpion à son pire ennemi.

En d’autres circonstances, connaître quelques secrets de Potter aurait été jouissif pour Draco. Il aurait pu s’en servir contre lui. Mais là, c’était loin d’être drôle, il en était malade rien qu’en sachant que Potter allait lui parler du microbe et de ce qu’il aimerait lui faire. Ce qui le poussait à attendre Potter dans cette salle de classe vide, ce n’était pas vraiment le vieux fou, ça il s’en fichait un peu, c’était la partie rationnelle de sa personne qui lui disait, que chaque pensée intime que lui dirait Potter, serait une tentation en moins pour lui.

Allez savoir pourquoi, il voulait que Potter arrête de fantasmer sur l’autre crétin. Peut être qu’ainsi Potter redeviendrait comme avant et peut être que les picotements allaient être de retour.

Draco regarda l’heure, Potter n’allait plus tarder maintenant. Ils s’étaient décidés pour se voir une demi heure par jour, seul à seul. Une demi-heure durant laquelle Potter parlerait et lui écouterait. Bien sûr en cas extrême, Potter pourrait le trouver à n’importe quelle heure de la journée mais Draco espérait sincèrement que le filtre d’amour ne fut pas aussi puissant. Il espérait vraiment que Potter ne soit pas amoureux au point de ne plus pouvoir se contrôler.

Il sursauta légèrement lorsque Potter entra mais se reprit vite. Le gryffondor le salua timidement et Draco grinça des dents. Il avait horreur de ce Potter là ! Ce Potter semblait ne plus le considérer comme son rival de toujours mais comme un élève quelconque. Depuis qu’il était amoureux, il ne se consacrait plus à leurs disputes. Il ne semblait penser et vivre que pour l’autre.

Cette indifférence le rendait fou. Au moins avant, même s’il était amoureux de quelqu’un, il était toujours son ennemi attitré et il était toujours là pour s’opposer à lui, et pour lui fournir la douce chaleur et les picotements…Cela faisait tellement longtemps qu’il n’y avait plus rien.

Ils restèrent un bon quart d’heure sans rien dire, assez loin l’un de l’autre dans la salle de cours vide. Draco regardait le cadran de l’horloge en comptant les secondes alors que Potter regardait ses chaussures en se demandant vraisemblablement pas quoi commencer.

-Heu…Je peux parler ? Demanda-t-il enfin timidement au bout de ce long quart d’heure.

-C’est ce que tu fais, soupira Draco d’un ton las, s’efforçant de ne pas poser son regard sur le gryffondor.

-Ce n’est pas facile pour moi de raconter ces choses là. Et surtout de les raconter à toi…

Et ce n’est pas facile pour moi de les écouter.

-Pourtant il le faut ! Repris Potter avec détermination. J’ai conscience que cet amour n’est pas réel, je donnerais n’importe quoi pour guérir mais pour l’instant aucun des antidotes ne marche. Il n’y a que cette idée de confidence qui me permette de me dire que tout n’est pas perdu…

Draco se taisait, étonné que finalement Potter parle aussi facilement à son ennemi. Il pensa que cela était du à l’effet de la potion.

-Si tu savais les images qui me hantent parfois…chuchota Potter, j’en ai honte.

Cette fois Draco se retourna vers le balafré, ce dernier était tout rouge et regardait toujours ses chaussures extrêmement gêné. Draco se troubla sans savoir pourquoi devant cette vision. Il secoua la tête et se racla la gorge, il n’était pas vraiment sûr d’avoir une voix normale sans cela.

-Je t’écoute.

Potter lui lança un bref regard avant de regarder de nouveau ses chaussures.

-Aujourd’hui, reprit-il d’une voix quasiment inaudible, j’ai eu envie de l’embrasser.

Le serpentard essaya de ne pas sentir son cœur se serrer alors que la voix basse et rauque de Potter s’élevait de nouveau.

-« C’était au petit déjeuner, il était entrain de manger une pomme. Sa bouche croquait dedans. Je pouvais voir ses dents blanches mordre le fruit. Ses lèvres rouges devaient avoir le goût de la pomme et je n’avais qu’une envie, m’en rendre compte par moi-même. J’ai vraiment cru que j’allais le faire, lorsque j’ai vu sa langue lécher sensuellement un coin de sa bouche.

-...

-Oh, oui ! »poursuivit Potter « Ses lèvres semblaient m’appeler. Et j’aurais tant voulu les goûter ! Je l’aurais embrassé doucement, lentement pour ne pas l’effrayer, pour connaître la douceur et la texture de ses lèvres et puis sa bouche ravissante se serait légèrement ouverte. J’aurais glissé ma langue dans l’ouverture pour le goûter encore plus et le goût de la pomme se serait fait un peu plus fort. Mais il y aurait aussi un autre goût, un goût d’interdit, un goût de paradis, un goût divin… le sien. Et quand il aurait enroulé sa langue autour de la mienne, j’aurais gémit et prié tous les dieux existants pour qu’il ne s’aperçoive pas des frissons de voluptés qui viendraient d’envahir mon corps, pour qu’il ne sache pas à quel point un seul de ses baisersa le pouvoir me rendre faible…Je n’ai jamais aimé être faible mais pour lui je le deviendrais… »

Potter s’arrêta enfin. Draco avait fermé les yeux et essayait de ne rien entendre mais c’était impossible. La voix de Potter avait pénétré son esprit, il n’avait pas pu ne pas l’écouter. Et il avait mal, il se répétait inlassablement que si Potter pensait cela, c’était juste à cause du filtre d’amour mais il avait mal quand même.

Il se demandait aussi si Potter avait les mêmes envies avant, envers son vrai amoureux. Il pensa que oui et il eut encore plus mal. Cette histoire de confident était décidemment une mauvaise idée.

Le lendemain matin au petit déjeuner Potter mangea une pomme. Et Draco ne quitta pas ses lèvres des yeux. Il avait une envie incongrue, une envie indécente qui le prenait aux tripes. Il avait envie d’embrasser Potter, de capturer sa bouche si tentante, de la mordre, la lécher, la suçoter...

Il déglutit et au prix d’un effort surhumain détourna le regard. Il avait envie d’embrasser Potter et il comprit avec stupeur que ce n’était pas la première fois. Depuis quand ? Depuis quand connaissait-il déjà par cœur le dessin de ses lèvres ? Depuis quand était-il capable, en fermant les yeux, de les voir parfaitement comme s’il était devant lui ?

Draco se posa beaucoup de question ce jour-là, il aurait voulu ne pas voir Potter le soir même. Mais le gryffondor vint, comme le soir d’avant.

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-Ok, Potter, on n’a pas toute la nuit. Cela me prend déjà la tête de devoir t’écouter, alors qu’on en finisse au plus vite !

Potter semblait encore plus gêné que la vieille et une partie de Draco se disait que ce n’était pas bon du tout. Il ne pouvait s’empêcher de le détailler. Il ne portait pas sa robe de sorcier, juste un jean bleu foncé et un T-shirt noir. Draco s’était senti offusqué par cette tenu. Lui il était venu habillé décemment ! Chemise blanche, pantalon à pince, cravate des serpentards…Bref, lui ne portait un putain de T-shirt qui épousait les formes de son torse.

-C’est que, cette fois-ci, mes envies n’avaient rien de « sage ». Je ne sais pas si je vais pouvoir en parler.

Et en plus ce crétin de gryffondor rougissait ! Il fallait qu’il arrête tout de suite de passer une main maladroite dans ses cheveux noirs et pas coiffés. Draco ferma les yeux un bref instant avant de les ouvrir à nouveau. Il était un Malfoy et Potter ne le troublait pas du tout ! Il s’en fichait de ses fantasmes pourris, il allait les écouter avec indifférence et dans 25 minutes tout sera fini !

Il se permit un rire mauvais et arrogant pour attirer l’attention de Potter sur lui.

-Tu crois quoi le balafré ? Tu penses que tu vas me « choquer » ? Tu es vraiment un Saint Potty ! Moi, je n’en suis pas un…sache d’avance que tout ce que tu me raconteras, je l’aurais déjà fait et sûrement plus d’une fois !

Cette phrase ne sembla pas plaire au gryffondor. Enfin Draco, ne pouvait pas vraiment en être sûr, Potter était d’une telle indifférence ! Cependant, il lui avait semblait voir une lueur mauvaise passer dans ses yeux verts. Quoiqu’il en soit, cela fut suffisant pour pousser Potter à parler.

-D’accord, commença-t-il d’une voix rauque, j’ai eu envie de l’embrasser…

Draco leva un sourcil moqueur. Oulàlà, il était choqué à mort !

-Potter, se moqua-t-il, ce n’est pas très différent d’hier.

Mais Potter planta alors ses yeux verts dans les siens et Draco se sentit transpercé, fouillé, il ne pouvait pas détourner les yeux de ce regard.

-Ce n’est ses lèvres que je voulais embrasser…

Le serpentard pâlit visiblement, son regard toujours dans celui de Potter. Il crut voir un sourire moqueur étirer les lèvres du gryffondor mais cela fut si rapide qu’il pensa avoir rêvé.

La voix rauque de Potter s’éleva à nouveau et le trouble de Draco au fil de ses mots ne fit que s’accroître.

-Aujourd’hui, je le regardais du haut d’une fenêtre, il était dehors avec ses amis. Je pouvais le détailler de tout mon saoul. Puis à un moment donné il s’est mis à l’écart, dans un coin sombre. Je pouvais à peine le voir de mon perchoir et personne d’autre ne le voyait. Je me suis imaginé descendre dehors et aller vers lui. Je l’imaginais aisément, adossé au mur, semblant réfléchir. Le bruit de mes pas aurait attiré son attention. Il m’aurait demandé de dégager mais je serais resté…Je me serais approché de lui…J’ai tellement envie de lui. Il serait resté stoïque mais je sais qu’intérieurement il serait plus que confus. Je ne l’aurais pas embrassé, j’aurais posé ma main sur son entrejambe et j’aurais sourit car il serait déjà dur. Pour moi. Il bégayera des choses incompréhensibles alors que j’ouvrirais sa braguette. Je baisserais son pantalon et son caleçon et sans le quitter des yeux je me mettrais à genoux…

MonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieuMonDieu…fut la seule pensée de Draco.

Cela n’allait pas du tout ! Il fallait que Potter se taise ! Il ne le quittait pas des yeux et chacun de ses mots prononcés par cette voix grave et basse faisait pulser son sexe. Il était entrain de bander ! Il fut heureux d’avoir sortit sa chemise de son pantalon avant de venir, cela cachait un peu sa situation.

Il écoutait Potter, horrifié de se sentir réagir. Et Potter ne se taisait pas. Il racontait de quelle façon, il prendrait dans sa bouche le sexe dur de Crivey. Ce qu’il ferait de sa langue, de ses mains, de ses dents et de ses lèvres. La manière dont il ferait courir sa langue sur toute la longueur avant de sucer doucement une de ses bourses. Il racontait les cris et les gémissements de l’autre garçon. Sa façon de s’agripper à ses cheveux, de prononcer son prénom.

Il racontait tout et Draco n’en pouvait plus. Des images l’assaillaient. Des images dans lesquelles il était contre un mur, le pantalon baissé et les yeux posés sur ce garçon aux cheveux fous à genoux devant lui et dont la bouche glisserait sur son membre pâle encore et encore. Il voyait les yeux verts emplis de malice se moquer de ses cris alors que la bouche s’attarderait sur son gland le faisant se cambrer, le faisant supplier. Il se voyait entrain de jouir dans la bouche de Potter après que celui-ci se soit enfin décidé à le sucer entièrement.

La voix de Potter s’arrêta à ce moment là. Il avait les yeux brillants et les joues rouges. Sa respiration était un peu saccadée et Draco se rendit compte que la sienne aussi. Il était toujours aussi excité et extrêmement gêné. Il avait envie de Potter et il le voulait maintenant. Il voulait lui crier que Crivey ne le méritait pas, ni l’autre amoureux inconnu. Mais il se tut et Potter se leva sans un mot de plus et sortit de la salle, le laissant seul.

Merlin ! Il avait envie de Potter ! Il était foutu !

Le soir même, dans son lit, Draco se caressa en pensant à son ennemi si sexy. Lorsqu’il jouit il prononça son prénom. Et il n’en eu aucune honte. Cette nuit là, il sut qu’il voulait Harry Potter et qu’il ne l’aurait jamais, alors il avait bien le droit de rêver.

A partir de ce jour, les demi-heures quotidiennes en compagnie du gryffondor devinrent à la fois un enfer et une drogue pour le préfet en chef des serpentards. Il se consumait de désir pour le rouge et or, l’écouter raconter des fantasmes, où il n’avait aucune place, le blessait chaque jour un peu plus. Et pourtant, il ne se lassait pas du son de sa voix, de ses yeux brillants, de toute sa personne et il le voulait chaque jour un peu plus.

Les fantasmes de Potter étaient de plus en plus osés et Draco en était réduit à les reproduire la nuit, dans ses rêves. Il n’y avait pas que cela et c’est ce qui effrayait le serpentard. Durant le temps qu’il passait ensemble, Potter ne faisait pas que raconter ses fantasmes, il lui parlait des cours, de quidditch, de ses amis, de ce qu’il allait faire plus tard.

Et Draco écoutait, buvait ses paroles. Ce n’étaient pas des paroles excitantes et pourtant il ressentait une drôle de chaleur en sa compagnie et c’est ce qui faisait peur à Draco. Cela faisait longtemps qu’il ressentait cette étrange chaleur lorsqu’il voyait Potter mais il commençait juste à lui donner un nom et cela l’effrayait complètement.

Pourtant Potter gardait toujours une sorte de distance, les picotements n’étaient toujours pas revenus et Draco se demandait vraiment s’il allait un jour les ressentir de nouveau.

Deux semaines après leur premier rendez-vous, Potter lui posa une question. D’habitude il ne l’interrogeait jamais, il se contentait de parler et cela convenait parfaitement au serpentard. Mais ce soir là, Harry avait décidé d’outrepasser leurs règles implicites et il posa sa question.

-Malfoy, pourquoi fais-tu tout cela ? Je suis ton ennemi et tu restes là à m’écouter depuis deux semaines. Excuse ma curiosité. Tu fais peut être cela pour t’en servir contre moi, c’est ce que je pensais au début mais tu n’as encore rien tenté.

Avant même que Draco puisse la retenir, sa réponse fusa.

-Je veux que tu redeviennes comme avant.

-Pourquoi ? Demanda Potter en ne le lâchant pas des yeux.

Draco eut un sourire sans joie. Pourquoi ne lui dirait-il pas la vérité après tout ?

-Parce que les picotements me manquent…

Potter le regarda avec étonnement, se demandant visiblement de quoi il parlait.

-Tu sais bien ! reprit le serpentard avec agacement. Lorsque tu t’énerves, tu perds le contrôle de ta magie et tu m’envoies des espèces de picotement…

Harry le regarda encore plus surpris.

-Tu parles des étincelles ? Demanda-t-il. Tu les sens toi aussi ?

Cette fois ce fut autour de Draco de paraître étonné. Que voulait dire Potter par « toi aussi » ?

-A chaque fois que tu t’énerves, reprit le gryffondor, je sentais des sortes de « picotements » comme tu le dis, mais moi j’appelais ça les « étincelles ». J’étais persuadé que cela venait de toi, mais tu ressens la même chose.

Potter et lui se regardaient étonné. Puis Potter eut un petit sourire qui fascina Draco. Il était beau lorsqu’il souriait. Et Draco avait une étrange envie de pleurer. Ce fut à cet instant, à cette seconde précise qu’il sut.

Le petit sourire de Potter flottait encore dans sa mémoire bien plus tard dans la nuit. Il n’arrivait pas à trouver le sommeil. Comment le pourrait-il maintenant qu’il savait ? C’est étrange, il suffit parfois d’un geste, d’une parole, d’une action quelconque pour qu’on comprenne l’évidence. A lui, il lui avait fallut un sourire…

Un sourire de Harry…

Pour qu’il comprenne qu’il en était amoureux.

Cette nuit là, Draco Malfoy eut envie de pleurer et de rire. Pleurer sur un amour impossible et rire de lui-même. Il était amoureux de l’inaccessible Harry Potter et il se morfondait comme un poufsouffle. Le problème c’était qu’il n’avait rien d’un poufsoufle. Il était un serpentard, un Malfoy et il voulait le cœur de Potter.

-Ce que je veux, je l’obtiens, c’est cela être un Malfoy , Draco.

-Même lorsqu’il s’agit d’amour, papa ?

-Surtout lorsqu’il s’agit d’amour ! En amour comme à la guerre, tous les coups sont permis mon fils. Tu le verras par toi-même si un jour tu tombes amoureux.

-Je ne serais jamais amoureux papa ! L’amour est une faiblesse, c’est maman qui me l’a dit et je veux être fort comme toi. Je ne tomberais jamais amoureux !

-L’amour est une chose étrange mais je crois que c’est une chose intéressante. L’amour peut rendre faible le plus fort des hommes, fou le plus sensé d’entre eux et malade le plus solide…mais il peut au contraire rendre courageux le dernier des lâches, heureux l’homme le plus triste du monde et puissant celui qui n’a aucun pouvoir. L’amour est une aventure Draco, reste à savoir si tu as l’âme d’un aventurier…

-C’est une aventure trop dangereuse pour moi. Je ne veux pas tomber amoureux.

-Cela ne marche pas comme cela, ce serait trop facile ! Tu sais mon fils, l’amour est un traître. Il ne te demande pas la permission d’entrer, il vient voilà tout et lorsque tu t’en rends compte il est trop tard, ton cœur est déjà rempli de l’autre personne…Mais il se fait tard maintenant ! Les petits garçons de cinq ans, doivent dormir depuis longtemps à cette heure là. Bonne nuit, Draco, fais de beaux rêves.

-Bonne nuit papa…

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Le lendemain Potter vint voir Draco, juste après un cours. Il l’entraîna dans une salle de classe vide. Il avait vraiment l’air pressé.

-Tu peux me lâcher maintenant ! Grogna Draco en détachant brusquement la main du gryffondor sur sa manche.

-Je suis désolé…excuse moi, je…je me rends compte que c’était une mauvaise idée…je…on se voit ce soir…

Le gryffondor atteignait la porte lorsque Draco le rattrapa, prenant bien garde à ne pas le toucher.

-Par pitié Potter ! dit-il excédé. Maintenant que tu m’as traîné jusqu’ici ai au moins l’obligeance de me dire ce que tu me voulais !

Potter eut la bonne idée de paraître gêné. Il était adorable ainsi. Draco secoua la tête et se concentra sur les paroles du gryffondor.

-C’est que…on avait dit au début, que je pouvais venir te voir à n’importe quelle heure du jour si jamais j’avais vraiment une envie incontrôlable.

-Et c’est le cas ? demanda le serpentard essayant de ne pas montrer sa tristesse.

-Oui, confirma le gryffondor. J’ai une folle envie de lui faire l’amour.

-ha…d’accord…je…d’accord…

-ça ne va pas Malfoy ? Tu ne veux pas que je t’en parle ? Je comprendrais tu sais, mais dans le cas contraire, je risquerais de lui sauter dessus.

-Pauvre petit Crivey ! Vas-y Potter accouche !

Potter eut un sourire et le cœur de Draco se mit à battre à tout rompre. Il s’assit sur une chaise. Il s’asseyait toujours pour que Potter ne puisse pas voir son état d’excitation. Potter aussi s’asseyait et il le regardait toujours avec ses magnifiques et troublants yeux verts.

-Lorsqu’on était en potion, comme toujours je pensais à lui, commença Potter.

-Tu penses toujours à lui en potion ! s’exclama Draco surpris.

Potter eut à nouveau un sourire mais celui-ci était plutôt comme un petit sourire indulgent.

-Je pense constamment à lui, rectifia-t-il, mais…c’est vrai qu’en potion, c’est vraiment l’endroit idéal.

Draco décida qu’il ne voulait pas savoir pourquoi et demanda à Potter de poursuivre.

-Bref, c’était vraiment excitant, je nous ai imaginé dans cette salle mais vide de tous élèves et de Rogue. Nous étions tous les deux en punition et Rogue nous avait laissé deux heures pour nettoyer les chaudrons. Il était entrain de frotter son premier et dernier chaudron. Il était dos à moi. Je me suis approché et j’ai glissé mes bras autour de lui. Il a juste sursauté un peu mais il n’a pas enlevé mes bras. J’ai commencé à embrasser son cou et il a posé sa tête sur mon épaule en soupirant. C’est à ce moment là que tout contre son oreille je lui ai chuchoté que je voulais qu’il me fasse l’amour. Il n’a rien dit, alors lentement, une de mes mains s’est posée sur la fermeture de son pantalon alors que l’autre se glissait sous sa chemise. Sa peau est douce et chaude et son ventre frisonne sous mes doigts. Mon autre main défait les boutons de son pantalon et sa respiration s’accélère. Ma bouche retourne sur son cou, il penche la tête sur le côté pour me laisser plus de place et je souris contre sa peau alors que ma main se glisse dans son caleçon, lui arrachant un gémissement…

Draco commençait à avoir chaud. Il se demandait comment Potter faisait pour ne pas voir son trouble. S’il savait il cesserait de se confier à lui, s’il savait que Draco s’imaginait à chaque fois à la place de Crivey, Potter le détesterait.

Il te déteste déjà de toute façon, soupira-t-il intérieurement.

Mais Draco écouta jusqu’au bout Potter lui raconter comment il imaginait Crivey lui faire l’amour. Il écouta et se retrouva en érection alors que Potter décrivait comment il se retrouvait plaqué contre le mur, sa bouche ravagée par celle de l’autre garçon. De quelle façon, ils se déshabillaient à la hâte. L’autre avait toujours son pantalon et son caleçon en bas de ses jambes lorsque Potter l’imagina entrain de s’enfoncer furieusement en lui.

Et Draco avait mal aussi, il y avait tant d’amour dans chacun des fantasmes de Potter et même s’il savait que tout était dû à un filtre, il ne pouvait s’empêcher d’avoir mal. Et Potter racontait comment l’autre allait et venait en lui en lui murmurant des mots d’amour. Et comment Potter s’accrochait à ses épaules blanches, le griffant, en pleurant presque tant le plaisir était intense alors que les coups de reins se faisaient plus rapides, plus puissants.

Draco écouta jusqu’à ce que Potter ai finit. Il était excité et il était triste. Il s’obligea à rester de marbre lorsque le gryffondor le remercia une fois de plus alors qu’il n’avait qu’une envie, lui faire l’amour encore et encore jusqu’à ce qu’il oublie jusqu’au nom de Crivey, et aussi celui de l’inconnu…jusqu’à ce que la seule chose dont il puisse se souvenir ça soit de son prénom à lui, Draco Malfoy…jusqu’à ce qu’il l’aime à son tour.

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Toutes ces confidences durèrent au moins trois semaines avant que Draco ne découvre le pot au rose.

Il était entrain de faire sa ronde de préfet lorsqu’il entendit des voix très affaiblies derrière la cloison d’un mur. Il chercha vainement la porte d’entrée pour pouvoir punir ceux qui ne respectaient pas le couvre feu mais il n’en trouva aucune. En désespoir de cause, il sortit de sa poche une des inventions des jumeaux Weasley. Les oreilles à rallonge qui permettaient d’entendre à travers les murs. Il pourrait avec un peu de chance reconnaître des voix et punir quand même les élèves.

Fort de cette idée, il plaça une des oreilles et sursauta un peu en entendant très distinctement les voix. Elles étaient trois et Draco sut directement à qui elles appartenaient. Il eut un sourire mauvais, il allait pouvoir enlever des points à gryffondor et surtout à ces gryffondors ! Et même s’il était amoureux de l’un d’eux, c’était toujours un serpentard et la coupe des maisons serait à eux cette année !

Il cessa de sourire et fronça les sourcils lorsqu’il entendit son nom. Ainsi Potter parlait de lui à ses amis. Voilà qui était intéressant…

-Alors comment cela se passe avec Malfoy ? demanda la voix de la belette.

-Bien, répondit Potter, il ne se doute de rien.

-Harry ! s’exclama Hermione d’une voix excédée. Cette histoire n’a que trop durée, c’était sensé être juste l’histoire d’une semaine ou deux. Il faut que tu avoues la vérité. Plus tu mettras du temps et plus ça sera dur.

-Mais Mione, soupira Harry, tout se passe si bien, si j’avoue que ce n’était qu’un canular…il va me détester…

-Surtout que c’est ton idée le coup du filtre d’amour ! renchérit Ron. Heureusement que Colin a accepté de jouer la comédie. Je me souviendrai toujours de la tête de Malfoy quand tu l’as embrassé. Quand je pense que Rogue et lui ont cherché un antidote pour un truc que tu n’avais jamais bu !

Harry se permit un petit rire alors que de l’autre côté de la porte Draco blêmissait.

-J’ai quand même eu peur que leurs mixtures aient des effets secondaires, j’ai plusieurs fois faillit leur dire que tout cela n’était qu’une mauvaise farce.

Depuis le début…

-Je crois que le mieux, reprit Granger, ce fut ses interrogatoires. Colin et moi on a bien rigolé…et ne boude pas Ron, ce n’est pas de ma faute s’il a arrêté le truc avant de t’interroger !

Depuis le début il lui avait mentit…

-Il n’est quand même pas très malin, de ne pas avoir compris la supercherie, surtout si tu lui racontes tes fantasmes.

Il avait mal

-J’ai beau donner des détails, il ne voit rien, soupira le gryffondor.

Si mal…

Draco relâcha l’oreille à rallonge, tout bourdonnait dans sa tête. Potter avait joué avec lui. Il lui avait mentit…Depuis le début, tout n’était qu’une horrible farce. Son prétendu amour envers Crivey, ses prétendus fantasmes, sa prétendue indifférence teintée de gentillesse. Draco avança dans les couloirs sombres du château, il avait juste envie de s’éloigner de ce mur où la voix de Potter raisonnait. Il avait aussi envie de pleurer. Finalement sa mère avait raison, aimer était une faiblesse…

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Le lendemain, l’humeur du préfet en chef des serpentards inquiétait vraiment ses amis. Cela avait pourtant semblé un peu s’arranger, depuis qu’il parlait avec Potter, Draco semblait plus serein mais aujourd’hui il était sombre et mauvais. Il était blessant même envers eux, il devait vraiment être triste pour faire cela. le côtoyant tous les jours, Pansy, Blaise, Vincent, Grégory et Théo avaient vite compris que le seul moyen de défense efficace que connaissait Draco s’était de mettre la personne en face de lui encore plus mal que lui-même l’était.

La rumeur s’était vite propagée à l’école. On n’avait jamais vu Draco Malfoy dans cet état sauf la fois où son père avait été envoyé en prison et tous les élèves s’en souvenaient encore. Il ne cherchait qu’à faire du mal et tout cela pour endiguer sa peine. Draco Malfoy comme tout le monde avait un côté sombre et ce jour là il l’avait montré. Aujourd’hui aussi.

Donc étrangement Draco ne croisait personne sur sa route. Cela assombrissait son humeur encore plus. Et l’heure du rendez-vous avec Potter approchait. L’heure était passée même mais Draco s’en moquait éperdument, pour une fois il serait en retard.

Il n’avait pas pris la peine de s’habiller dans les détails. Sa cravate était desserrée, ses manches de chemises relevées sur ses avant bras et il avançait les mains dans les poches. Il se trouvait un air négligé mais il s’en fichait. Quiconque le voyait se disait plutôt qu’il avait l’air diablement sexy.

C’est exactement ce que pensa Harry en le voyant entrer. Il ouvrit la bouche de surprise avant de la refermer. Ses yeux parcouraient avec envie le corps svelte devant lui. Il s’était inquiété en ne me voyant pas venir et maintenant il se disait que l’attente valait le coup si c’était pour voir Draco Malfoy dans cette tenue. Il déglutit rapidement lorsque les yeux couleur orage se posèrent sur lui. Il y avait une tempête dans ce regard et Harry se demandait s’il était vraiment prêt à l’affronter.

Draco comme à son habitude s’assis mais cette fois-ci, il retourna la chaise et s’y plaça à califourchon pour pouvoir poser ses bras sur le dossier. Le silence s’éternisait, Harry s’était assis à son tour. Il sentait que quelque chose n’allait pas. Ce n’était pas comme d’habitude. Les autres jours, il était tellement bien qu’il n’avait même plus peur de raconter ses fantasmes au serpentard. Il mettait ses yeux dans les siens et lui racontait sans tabous ce qu’il rêvait qu’il lui fasse.

Et juste en y repensant, en le disant à haute voix et en regardant l’objet de ses fantasmes, Harry se sentait réagir. Il se demandait vraiment si un jour il n’allait pas lui sauter dessus. C’était toujours pour cela qu’il partait rapidement une fois son histoire finie. Il avait peur de ne pas arriver à se contenir et de faire subir les derniers outrages à Draco Malfoy.

Hermione avait raison, il faudrait bien qu’il lui dise la vérité un jour. Il se rappela du début de toute cette histoire. Il était encore entrain de se lamenter car il était tombé amoureux du séduisant Draco Malfoy. Cela faisait plusieurs mois maintenant que cet amour impossible lui gâchait la vie. Il était tellement sûr que Draco le détestait et qu’il allait finir sa vie seul et aigri qu’il avait mis plusieurs semaines à accepter l’idée de ses amis. Hermione et Ron trouvaient la passion que mettait Malfoy à le défier jour après jour assez suspecte.

Ils avaient alors émis l’idée saugrenue que c’était parce que lui aussi était amoureux. A force de dispute, discussion, argumentation, Harry avait bien voulu donner une chance à cette hypothèse aberrante. Hermione avait donc eut l’idée de prouver par A+B l’amour de Draco à Harry. Elle allait faire en sorte que Harry rende jaloux Draco. Ils avaient eu besoin de Crivey pour cela, il s’était prêté au jeu avec une joie enfantine. Comme tout gryffondor qui se respecte, se jouer de Draco Malfoy lorsqu’on en avait l’occasion, était vraiment jubilatoire.

Hermione avait inventé l’histoire du filtre d’amour et toute l’école y avait cru. Harry avait été surpris par l’ardeur que mettait Draco à chercher un antidote, par les regards meurtriers qu’il lançait à Crivey. Harry avait alors doucement commencé à croire que ses amis étaient peut être dans le vrai. Peut être que Draco Malfoy l’aimait. Les miracles existaient alors après tout ?

Puis il y avait eu les interrogatoires et à ce moment là l’humeur de Draco changea. Harry en était un peu inquiet et le jour même où il devait avouer que finalement il n’aimait plus Colin, Dumbledore l’avait convoqué pour cette histoire de confidence…

Il n’avait pas hésité une seconde, même s’il avait fait croire que cela le répugnait. Tout ce qu’il savait c’est qu’une demi-heure par jour, il aurait Draco Malfoy pour lui tout seul.

Le problème c’était qu’il n’avait vraiment aucun fantasme à raconter entre lui et Colin et il était bien embêté. Il avait cherché toute la journée des histoires plus ou moins torrides à raconter mais cela n’avait vraiment pas l’air réel. Il avait demandé en désespoir de cause à Ron.

-Pourquoi ne racontes-tu pas les fantasmes que tu fais sur lui ? demanda son meilleur ami comme si cela allait de soi.

Harry avait protesté en disant qu’il n’oserait jamais et que Draco allait sûrement s’apercevoir qu’il parlait de lui, car il n’avait rien à voir avec Colin et qu’il allait le prendre pour un grand malade. Mais Ron avait réussi à le persuader de le faire.

-En plus, avait-il dit avec un clin d’oeil, comme cela tu ne seras pas à court d’inspiration.

Il n’avait pas tout à fait tort, il avait des milliers de fantasmes sur Draco. Harry avait donc osé raconter à Draco toute sorte de chose en espérant secrètement le faire réagir. Mais, aucune émotion ne se voyait sur son visage.

Seuls ses yeux s’assombrissaient parfois et prenaient ce drôle d’aspect métallique, à ce moment là, Harry avait vraiment du mal à poursuivre son histoire, et devait se retenir pour ne pas se jeter sur lui. Mais comme à part la lueur sombre dans son regard, il n’avait aucune réaction, Harry avait perdu le bref espoir qui l’animait. Il avait alors demandé à Draco pourquoi il acceptait de faire tout cela et Draco lui avait parlé de l’étincelle.

Il avait été heureux ce soir là, et il se disait qu’il avait sûrement baissé les bras un peu vite. Ce fut ce soir là, qu’il avait décidé que Draco Malfoy allait être à lui…

Mais quelque chose semblait avoir changé depuis peu. L’atmosphère pesante le mettait mal à l’aise. il pensa que s’il racontait ce qu’il avait eu envie de lui faire aujourd’hui lorsqu’il l’avait vu sortir du vestiaire de Quidditch les cheveux encore trempés, montrant clairement qu’il n’y avait pas si longtemps de cela il était nu sous la douche…

Oh, comme il avait eu envie de lui à ce moment là ! Il l’aurait bien attrapé par les épaules pour l’emmener de nouveau dans les douches…

Oui, Harry allait lui raconter cela.

Il plongea comme d’habitude ses yeux dans ceux de Draco. La tempête faisait encore rage et cela le déstabilisa un peu.

Il allait ouvrir la bouche lorsque le serpentard le prit de court.

-Quel est le programme aujourd’hui ? questionna-t-il avec mépris. Une fellation ? Une pénétration ? Une séance de branlette ?

Le gryffondor le regardait maintenant avec stupeur. Il y avait tant de mépris dans sa voix.

-Alors Potter ? Reprit le serpentard. Tu as rêvé de te faire baiser comment aujourd’hui ? Laisse loi deviner ! De toute façon ce n’est pas bien compliqué du moment que tu écartes les cuisses…

Harry allait être malade. Il avait considérablement blêmit. Il ferma les yeux lorsque le serpentard ricana.

-Ne ferme pas les yeux Potty ! J’aime ta façon de me regarder en face, avec tant de « franchise » lorsque tu racontes tes fantasmes abjects.

Il…il trouvait ses fantasmes abjects ? Il le regardait avec tant de dédain, tant de dégoût. Il le détestait et la tempête dans ses yeux gris venait de se déchaîner.

-Je...ne comprends pas…, tenta-t-il.

-Cela ce n’est pas nouveau, coupa le serpentard, allons Potty, j’attends, raconte moi donc ton nouveau fantasme !

Harry avait une étrange envie de pleurer alors que Draco attendait visiblement qu’il raconte son histoire. Il respira un grand coup. Il allait lui raconter si c’était ce qu’il voulait mais il ne raconterait pas son envie dans les vestiaires…l’histoire de ce soir allait être spéciale.

-Je l’ai vu arriver dans une salle de classe vide où je me trouvais et quelque chose n’allait pas, je l’ai tout de suite sentit…

-Oh, laisse moi deviner ! Il était devenu impuissant à cause d’un « filtre » et tu vas lui prouver que tu peux remettre tout cela en route ?

-Non, ce n’est pas cela, reprit le gryffondor sans ciller, je ne sais pas pourquoi il était comme cela mais il était beau, il n’en avait pas conscience ce soir là alors que je tremblais sous son magnétisme. Il n’a jamais eu conscience de ce genre de chose…

-Tiens donc, souffla Draco en étouffant un bâillement, tu m’en diras tant !

-Il…il était blessé je crois, quelque chose ou quelqu’un avait du le blesser parce qu’il était méchant. Il fait toujours cela lorsqu’il est blessé et triste. C’est son moyen de garder la tête haute même si ce n’est pas un bon moyen.

-Oh Potter ! Un truc maso maintenant ? Dis moi Crivey va t’attacher et te fouetter parce qu’il est « méchant » et tu crieras alors que du sang s’écoulera de ton anus !

-Il est insultant aussi, reprit Harry utilisant consciemment le temps au présent de l’indicatif, et chacun de ses mots me fait mal. J’ai envie de lui dire d’arrêter et de le prendre dans mes bras avant que toute cette histoire n’aille trop loin mais quelque chose m’empêche de le faire.

Draco venait de se calmer à ces mots. La lèvre inférieure de Potter tremblait. Il avait réussit à lui faire mal, à le faire souffrir à son tour mais étrangement cela ne le soulagea pas. Il était même encore plus triste.

-Quoi ? Qu’est ce qui t’en empêche ?demanda-t-il d’un ton qu’il voulait moqueur mais qui était étrangement las.

-J’ai peur, chuchota le gryffondor.

Il y eu un grand silence alors que Draco digérait la nouvelle. Le grand Harry Potter, vainqueur de Voldemort avait peur ? Mais peur de quoi ?

-J’ai peur, reprit-il d’une voix basse, j’ai peur qu’il se moque de moi et qu’il me rejette. J’ai peur d’avoir mal parce que je l’aime comme un fou et depuis tellement longtemps. Il est devenu mon monde et il n’en a même pas conscience.

-Potter…chuchota Draco en ouvrant un peu plus les yeux de stupeur alors qu’il voyait des larmes couler sur les joues de celui qu’il aimait.

-Je l’aime, répéta le gryffondor, il est mon fantasme à moi, il est mon idéal même s’il a beaucoup de défauts, je m’en moque, j’en ai aussi…

-S’il te plait, arrête de pleurer…murmura Draco de plus en plus mal à l’aise.

-Il m’a parlé de picotement, reprit le gryffondor en baissant les yeux, il m’a dit que cela lui manquait. Cela me manque à moi aussi. Je veux faire des étincelles avec lui…

-Mais qu’est ce que tu racontes Potter ! Cria presque Draco. C’est moi qui t’ai parlé de picotement !

Harry leva ses yeux brillants de larmes sur lui et lui sourit doucement.

-Oui, c’est toi, souffla-t-il. Ça a toujours été toi.

Draco se leva brusquement et recula encore plus loin du gryffondor. Il n’avait pas le droit de lui dire cela. Il n’avait pas le droit de lui mentir une nouvelle fois.

-NE MENS PAS !Cria-t-il. TU NE M’AIMES PAS !

Mais Harry se leva à son tour et s’approcha de lui. Il tremblait de tout son corps et Potter s’approchait encore. Il était incapable de faire le moindre geste lorsque doucement le gryffondor se pencha et posa ses lèvres sur les siennes. C’est alors qu’il les sentit, les petits picotements, dans la colonne vertébrale, au creux des rein, sur la nuque, dans les genoux, dans le ventre, partout…Il était si bien…

Le baiser était doux, comme si Potter voulait apprendre par cœur la texture de ses lèvres et au bout de quelques secondes Draco rendit les armes et entrouvrit légèrement sa bouche. Il sentit une langue chaude se glisser à l’intérieur de sa bouche, toujours avec une langueur affolante et il enroula la sienne autour, pour le goûter encore plus.

Et alors que leur langues jouaient ensemble il le sentit frissonner et il sourit contre sa bouche se demandant si Harry priait un dieu quelconque pour qu’il ne s’en aperçoive pas. Si c’était le cas, cela aurait été dommage qu’il soit exaucé, Draco adorait le sentir frissonner contre lui.

Il passa une main dans ses cheveux et appuya un peu plus le baiser, il gémit lorsqu’une des mains de Potter glissa sur ses fesses, pour le rapprocher encore. Ce fut à cette seconde, à cet instant précis qu’il sut.

Parfois il suffit d’un geste , d’un mot, ou d’une action quelconque pour savoir que l’on est aimé en retour.

A Draco il lui avait fallut d’un baiser…

Un baiser de Harry…

Et alors qu’il murmurait à son tour à Harry qu’il l’aimait, il se dit que finalement son père avait raison. L’amour est une aventure. Une aventure fabuleuse.

Qu’il ne voulait vivre qu’avec Harry Potter…le-garçon-avec-qui-il-fait-des-étincelles.

Fin

Et voilà, j’espère que ce OS vous a plu, certain d’entre vous le connaissait sûrement étant donné qu’il était dans le fanzine numéro 3 du Troisième Oeil.

A bientôt

Artoung

 
     
     
 
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