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Disclaming : Les personnages de cette histoire sont à JKR Rating : M Paring : HP/DM Genre : Songfic/OS Romance. Avertissement : Il s’agit d’une histoire homosexuelle classée M donc attention les gens ! Note : La chanson est de Cali et j’adore ce chanteur comme cette chanson (Le titre : C’est toujours le matin) et d’après moi je l’abîme vraiment en l’entrecoupant de mon texte pourri mais ZooMalfoy voulait une songfic et cette chanson m’inspire vraiment alors...(Les paroles sont en italiques). Merci à Baddy pour sa correction Dédicace : Ce OS est un cadeau pour la grande et talentueuse Zoomalfoy. Joyeux anniversaire en retard miss et plein de bisous. C’est toujours le matin C'est toujours le matin toujours Tu me reviens le sourire invincible J’ai horreur du matin. S’il y a bien une partie de la journée que je déteste, c’est le matin. Le soleil se lève à peine, il n’est pas même pas encore six heures et depuis deux mois à présent, toujours à la même heure à dix minutes près j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. C'est toujours le matin toujours Comme un coup de poing Ton sourire est terrible Je déteste ce moment de la journée. Je te déteste tellement. Je fais semblant d’être réveillé depuis peu alors que je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis en pyjama devant mon bol de café noir, et j’aimerais me noyer dedans. Moi je suis enroulé sur moi même J'ai mal au bide Enroulé comme un tube de dentifrice vide Je ne regarde pas la porte d’entrée, pas encore… alors que je t’ai attendu toute la nuit. Je ne veux pas voir ton sourire satisfait flotter sur tes lèvres. Pas encore. Je t’en supplie… Oui je t'ai attendu toute la nuit Comme un chien stupide Oui je t'ai attendu, attendu… Hé ! Cela fait quoi maintenant ? Bientôt neuf mois que nous vivons ensemble… Au début j’ai bien cru devenir fou, après avoir dû te supporter durant toute notre scolarité à Poudlard, je me retrouvais dans la même université que toi. Et pire encore : dans la même chambre universitaire. Nous sommes deux par appartement, et comme "Malfoy" et "Potter" se suivent dans l’ordre alphabétique, je me suis retrouvé avec toi. Et d’après l’administration de ce putain de campus on ne peut rien contre l’ordre alphabétique ! Le seul point positif, c’est que cette situation avait l’air de te déplaire au moins autant qu’à moi. Je pensais déjà que vivre avec toi serait un enfer. Je ne m'étais pas trompé. Je me souviens de cette première soirée passée à nous regarder avec une haine vibrante. Je me souviens aussi de toutes les insultes qu’on s’est envoyées. Je me souviens bien sûr des coups qui ont suivi, et c’est la joue gonflée et le cœur calmé que je suis allé me coucher. C’était le premier soir. D’aussi loin que je me souviennes, la haine que j’éprouvais pour toi avait toujours été présente. C’était comme un acquit, quelque chose dans ma vie qui a été, qui est et qui sera. C’était une haine rassurante quelque part, une certitude, un pilier de mon ahurissante existence. Cette situation me convenait et semblait te convenir à toi aussi. Je t’ai vu pendant deux mois comme tu t’es donné la peine de toujours m'apparaître. Un fils à papa hautain et méprisant. Même si « papa » était mort. Même si tu t’étais battu de notre côté. Même si toute cette haine ne servait plus à rien. A moi elle me servait toujours et je donnerais n’importe quoi à présent pour revenir à cette époque. Nous ne nous battions presque plus parce que ce n’était plus de notre âge. A dix neuf ans on ne se bat pas avec ses camarades de classe. Mais parfois c’était trop dur de résister. Nous sommes en présence l’un de l’autre quasiment tout le temps. En cours, chez « nous », et même aux repas de midi parce que mes amis sont amis avec tes amis et tout le monde déjeune ensemble. Hermione fait du droit comme nous. Ron et Zabini sont à l’école des Aurors. Parkinson fait des études supérieures de Sortilège. Crabbe, Seamus et Dean sont en Sciences Politiques Sorcière. Et tout ce beau monde se retrouve chaque midi. Gregory Goyle et Millicent Bullstrode sont morts durant la guerre. Crabbe laisse toujours une place vide à côté de lui, il dit que c’est pour Gregory mais moi je trouve juste ça bizarre et stupide. Pourtant personne ne s’assoit jamais à cet endroit. Une fois un élève a essayé et tu lui as lancé un sort qui l’a envoyé valser à l’autre bout du réfectoire. Je crois que c’est à cet instant précis que je t’ai regardé différemment pour la première fois. Pourquoi as-tu fait un truc pareil ? C’était idiot. Goyle était mort et n’irait plus jamais s’asseoir nulle part. Il fallait bien que Crabbe le comprenne. J’étais le seul à trouver ça stupide apparemment. Hermione t’a souri et Ron t’a regardé avec approbation. Certaines fois donc, notre haine semblait trop dure à contenir et les insultes devenaient insuffisantes. On s’arrangeait toujours pour se battre dans l’appartement, à l’abri des regards. On savait bien que les autres nous feraient la morale pour ça. Mais moi, j’en avait trop envie. Toi, c’était peut être moins le cas. Tu as toujours été tellement impassible. Pourtant quand tu voyais que je voulais démolir tes traits parfaits, tu ne battais jamais en retraite. Tu repliais tes doigts, les changeant en poings. Tu esquivais mes coups et en donnais avec une telle rage que je me disais que finalement, tu avais peut être souhaité cet affrontement autant que moi. Et j’aimais ça. J’aimais vraiment ça. Quand tu te bats, ton regard devient un peu fou. Tes yeux gris prennent un aspect métallique complètement stupéfiant. Ton souffle est saccadé. Ton corps dur bouscule, percute, heurte, cogne le mien. Tu me touches. Tu me touches ! Je sais à présent que c’est ce que je cherchais à chaque fois que je voulais me battre. Je cherchais juste ton contact. A l’époque je l’ignorais et tout était tellement mieux. "Bienheureux sont les ignorants"… C'est ce qu'on dit et j'approuve ce concept. Et il y a eu un soir… Près de trois mois après le début de notre "cohabitation", je suis rentré à l’appartement un peu tard parce que j’étais plongé dans une recherche à la bibliothèque universitaire. C’était bientôt Noël, cela n’a pas vraiment d’importance à présent mais je me souviens qu’au rez-de-chaussée le concierge avait déjà installé un sapin. Je suis entré, pensant te voir affalé sur le canapé, lisant un bouquin quelconque qui n'avait rien à voir avec les cours. Parce que tu es plus doué que moi, c’est vrai. Tu as toujours de meilleures notes et tu bosses deux fois moins. Salopard. Je suis entré donc et au début je n’ai pas tout de suite compris ce que mes yeux voyaient. Peut-être parce que l’homosexualité était quelque chose de loin, très loin dans mon esprit. Peut-être aussi parce que pour moi tu ne pouvais tout simplement pas être homosexuel. Donc je suis resté trois secondes, debout, immobile sur le pas de la porte, en train d’essayer de comprendre ce qu’il se passait. Tu étais en effet affalé sur le canapé mais il y avait quelqu’un sur toi. Un homme qui bougeait d’avant en arrière avec plus de passion que je n’en n’avais jamais mis pour baiser une fille. Tu avais les yeux fermés. La bouche ouverte où sortaient d’indécents gémissements rauques. Ton dos était cambré à l’extrême. Tes mains s’agrippaient aux cheveux noirs et en bataille de ton partenaire. Tes doigts de pieds aussi étaient tout crispés sur le canapé et entre deux vas et viens, j’ai aperçu ton sexe dressé et rougeoyant contre ton ventre tendu et en sueur. C’est à ce moment là que j’ai refermé la porte. Mon cœur battait vite et fort et c’était douloureux. J’ai descendu les escaliers en courant, je ne comprenais pas pourquoi j’avais une érection et pourquoi j’étais en train de pleurer. Les jours qui ont suivi, je t’ai évité. J’ai couché avec une fille différente les cinq jours suivant ma découverte. Mais je revoyais toujours ton visage tordu sous le plaisir. Si bien qu’il me devint impossible de les toucher sans penser à ça, sinon je n’étais plus capable d’avoir une érection. C'était toi qui me faisais bander. Je t’aurais tué pour avoir mis cette abomination en moi. Je n’étais pas homosexuel. J’avais cette certitude quelque part en moi comme j’avais celle qui disait que je te détestais. Je l’aurais su bien avant si j'avais été homo. Les types qui découvrent ça très tard, voire même après des années de mariage, ça ne se voit que dans des films. C’était ce que je croyais. Je n’avais rien contre l’homosexualité, je pensais que tant que tout le monde était bien dans sa peau c’était ce qui comptait. J’avais changé d’avis depuis. J'étais devenu méprisant et insultant dès que quelqu’un parlait de ce sujet et que tu étais dans les parages. Je voulais tellement te faire mal. Mais tu restais d’une impassibilité exécrable. Ne prenant jamais TON parti. Comme si tout cela ne te regardait pas. Comme si tu n’étais pas homo. Comme si tu ne t’étais pas fait baiser par un mec sur NOTRE canapé. Mais merde, moi j’ai envie de chialer dès que je le vois ce canapé ! Un après-midi, n’en pouvant plus, je t’ai traité de tapette. L’espace d’une seconde tes yeux se sont agrandis de stupeur mais tu t’es vite repris et un sourire cruel est venu étirer tes lèvres. – Potter… C’est donc pour ça que tu te comportes comme un crétin depuis quelques semaines ? Parce que tu m’as surpris avec Johnson ? Je connaissais Johnson et ce n’était pas le type que j’avais vu avec Draco. Décontenancé et refusant de comprendre ce que cela impliquait, j’ai secoué la tête négativement. Ton sourire c’est élargi, j’en suis sûr. – Non ? as-tu dit faussement étonné. Alors ça doit être avec Marc ou Stephen… J’ai sentit le sang quitter mon visage. – Tu es une pute… ai-je soufflé sous le choc. Ton sourire s’est envolé, tu m’as attrapé par le col. Effrayé, j’ai essayé de te faire lâcher ma veste. Je ne voulais pas que tu me touches… – Tu te trompes de personne, as-tu sifflé dangereusement. La pute c’est toi Potter ! C’est toi qui collectionnes les coups d’une nuit. Cesse de te tortiller ! Et ne me regarde pas comme si j’allais te sauter dessus. Ce n’est pas parce que je suis gay que je n’ai pas un minimum de goût. Crétin d’homophobe ! Ta colère – aussi forte fût-elle – ne pouvait même plus me sauver. Car je te désirais, alors même que tu me traitais d’homophobe, je te désirais. J’avais tellement peur de ce que tu faisais ressentir à mon corps que j’en tremblais. Je te suppliais presque de me lâcher mais tu as continué impitoyablement à me maintenir contre le mur, le souffle aussi court que le mien. Ton visage était si proche qu’il aurait suffit que je m’avance un peu pour le toucher. Si je n’avais pas était si effrayé, si je n'avais pas pensé que je te détestais, si je n'avais pas su que tu me détestais, je suis sûr qu’à ce moment là je t’aurais embrassé. La nuit qui a suivi, pour la première fois, je me suis branlé en pensant à toi. J’en fus tellement choqué que je suis resté toute la journée enfermé dans ma chambre, enroulé dans mes couvertures, sanglotant comme un enfant quand je ne dormais pas. Ce n’est que quand tu as frappé discrètement à ma porte en fin d’après midi que le ridicule de mon comportement m’a fait l’effet d’une claque. D’accord je mettais peut être masturbé en pensant à toi mais c’était une simple erreur. Peut-être même que tu m’avais jeté un sort. Je suis sorti de mon lit sans m’habiller, j’étais encore en pyjama et j’ai ouvert la porte brusquement te foudroyant déjà du regard. Tes yeux gris et froids ont un instant fait redoubler ma colère. Comment pouvais-tu être si distant alors que moi je me trouvais dans une confusion effroyable ? Ton flegme naturel me faisait plus mal que ta colère et c’est d’une voix impassible que tu m’as dit que les professeurs voulaient que tu me fasses rattraper les cours. – Va en enfer avec tes cours, ai-je sifflé, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi ! Ton sourire méprisant est venu mais je m’y attendais. Tu t’es approché de moi et j’ai reculé d’un pas. – Qu’est-ce qu’il se passe Potty ? as-tu susurré. Tu as peur que je te contamines ? Tu as dit ce dernier mot d’un air dégoûté et j’aurais eu honte de moi si cela n'avait pas été exactement ce à quoi je pensais. Je n’avais pas de place pour la honte, elle viendrait plus tard. Parce que c’était vrai, j’avais peur que tu me contamines. Non, en fait, c’était déjà fait, depuis que je t’avais vu sur ce canapé avec ce…ce type. Mais je voulais que personne ne sache. Je voulais oublier aussi que j’étais peut être comme toi, vu la façon dont mon corps réagissait. J’aimerais retourner à cette époque aussi, c’était il y a seulement quelques mois, je savais que je te désirais et même si j’en étais presque malade c’était mieux que maintenant. Car je ne savais pas encore que je t’aimais. Bienheureux sont les ignorants… – Dégage ! ai-je répondu et mes jambes ont buté contre le lit. Je me suis assis pour ne pas tomber et toi tu t’es encore approché. Tes yeux glacés m’apparaissaient comme deux nuages orageux. J’ai toujours été impressionné par ton regard et ce bien avant toute cette histoire. Je ne saurais même pas dire la couleur des yeux de Seamus et pourtant je l’ai côtoyé pendant sept ans. Je sais qu’ils sont clairs mais sont-ils bleus, verts, gris ? Je n’en sais rien. Et toi, je me rappelle encore de ton regard et de ces nuages glacés qui me toisaient... Gris. Gris. Gris. Gris. Ils étaient si proches, je ne les avais jamais regardés d’aussi près. Il y a plusieurs sorte de gris, du gris clair entouré d’un gris plus foncé, le tout pailleté d’un gris argenté. Je crois que ce sont les yeux les plus incroyables que j'aie jamais contemplés. – Les gens comme toi me débectent ! as-tu dis en te penchant pour arriver à ma hauteur. Et bien quoi Potter, tu ne trembles plus ? La pédale est tellement près de toi pourtant… J’ai frémi un peu parce que ton souffle s’est perdu sur mes lèvres. C’était un souffle chaud et doux, j’avais envie d’ouvrir la bouche pour l’aspirer. – Je suis sûr que tu peux faire mieux que ça, as-tu sifflé te méprenant sur mon frémissement. Et tu as attrapé ma nuque pour m’attirer à toi. J’ai écarquillé les yeux quand j’ai senti ta bouche dure contre la mienne. J’ai ouvert les lèvres sous le coup de la surprise et tu y as immédiatement fait pénétrer ta langue. Je me suis laissé faire, sous le choc. Comme si je n’étais plus dans mon corps. Comme si je regardais la scène d’en haut, de l’extérieur. Et je voyais un garçon blond en train de dominer un garçon brun. Tu voulais me montrer que c’était toi l’homme dans ce baiser. C’était juste une démonstration de force et pourtant quand je suis redescendu dans mon corps, j’ai frissonné. Aucune fille ne m’avait jamais embrassé comme ça et leurs baisers m’ont semblé fades alors. Tu goûtais plus fort, tu goûtais le mâle, la force, la passion, la puissance...l’interdit. Ta langue fouillait ma bouche. Violait ma bouche. Nos dents s’entrechoquaient. Tes lèvres pinçaient ou suçaient les miennes dans un bruit à la fois obscène et grisant. Mais à part ta main qui maintenait ma nuque, le reste de ton corps était à l’écart et le mien se tendait vers toi comme un pathétique animal en quête de caresses. Quand tu t’es reculé, j’ai fermé les yeux. Ma salive ou peut-être la tienne avait coulé de ma bouche sur mon menton, juste un peu mais je me suis senti honteux de montrer un tel signe déchéance. Tu as eu un drôle de regard qui m’a empêché de faire le moindre geste et ça a été avec un étonnement presque impatient que j’ai regardé ta langue passer sur tes lèvres. L’instant d’après je la sentais sur mon menton, lapant la salive qui s’y trouvait dans un effleurement et remontant jusqu’au bord de ma lèvre inférieure. J’en aurais bavé encore si mon esprit n'avait pas été à ce point déconnecté. Je me suis seulement demandé si je pouvais jouir sur-le-champ. A cet instant il aurait sûrement suffi que tu me m’ordonnes de jouir et je l’aurais fait. Peut-être même que si tu avais dit « on a étudié le droit du salarié aujourd’hui » j’aurais joui aussi. Il aurait suffi que j’entendes ta voix. Je n’avais jamais été aussi dur, et tu n’avais fait que m’embrasser. Mais tu n’as rien dit et tu es parti me laissant prostré sur le lit. Quand la porte s’est refermée, j’ai glissé ma main dans mon pantalon de pyjama… Merlin, ce n’était qu’un baiser ! Tu ne m’as plus touché après ça. Je suppose que tu t’es dit que j’avais eu une leçon suffisante. Et moi, j’ai compris, pas tout de suite mais petit à petit j’ai enfin compris que je t’aimais. Parce que tu prends un malin plaisir à me raconter tes histoires de culs en pensant que ça me choque et que je suis vraiment homophobe. Mais si j’ai l’air malade c’est juste parce que je t’aime et tu me tues un peu plus à chaque histoire. J’y croyais pourtant à ma haine. Je pensais vraiment qu’elle était réelle et puissante mais ce n’était qu’une façade. Une putain de façade qui s’est effritée sous mon regard impuissant. Je voudrais retourner à cette époque où je croyais te haïr. Je n’étais pas heureux mais je n’avais pas mal. Il y a eu beaucoup de garçon, enfin pour moi c’était beaucoup, mais il a dû y en avoir sept différents en cinq mois. Tous des cons, même si je n’en ai pas vu un seul passer le pas de la porte. Tous sauf un. Le septième. Le sept porte malheur, je le sais maintenant. Cela fait deux mois qu’il est entré dans ta vie. Enzo Lewis. Je l’ai vu lui, une fois ou deux. Je l’ai vu et j’ai tout de suite compris ce que tu pouvais lui trouver. Il a une sorte de tranquillité aimable qui ne le quitte jamais. Les cheveux noirs, décoiffés avec science, des yeux marrons derrière des lunettes rectangulaires qui lui donnent l’air sexy et nonchalant. Toujours bien habillé, toujours poli, toujours souriant. J’ai toujours envie de le tuer. Lui, ça fait deux mois que tu n’as que son nom à la bouche. Deux mois, deux mois, deux mois que Enzo-a-dit-ça, que Enzo-a-fait-ça, que Enzo-pense-ça, que Enzo-te-touche-comme-ça…Je suis si mal… Je sais, oui, je sais que tu l’aimes. Je l’ai compris la première fois que les deux syllabes de son prénom ont glissé de ta bouche. En-zo Comme si tu dégustais son nom en même temps que tu le prononçais. En-zo Moi je ne déguste jamais ce nom, je le crache, je le vomis, je le déchire. Tout comme je voudrais lacérer son propriétaire. Et tu me racontes vos nuits avec une cruauté sans borne. Et je serre les dents en silence. N’es-tu pas fatigué de me dire tout cela ? Ne vois-tu pas que j’ai mal ? Que je t’aime ? Ne le comprends-tu pas ? Ne comprends-tu pas pourquoi je suis toujours déjà levé quand tu rentres alors que le jour pointe à peine ? Ne vois-tu pas que mes yeux ne regardent que toi ? N’entends-tu pas mon cœur s’accélérer quand tu souris ? Ne sens-tu pas mes mains qui parcourent ton corps en sueur au milieu de mes rêves ? Et tous les matins c’est la même chose. Je hais le matin. Je hais ce matin où tu me regardes avec ce sourire satisfait. Celui qu’ont les gens qui viennent de prendre leur pied. Tu as pris ton pied cette nuit Draco… Et tu me souris en passant une main dans tes cheveux encore décoiffés. Ne souris pas ne souris pas Ne me dis pas cette fois Qu'il t'a aimé comme trois Tu as les mêmes vêtements qu'hier, bien sûr. Bien sûr je fais attention à ces détails. Chemise blanche….un peu chiffonnée. Je l’imagine roulée en boule dans un coin de sa chambre. Ton pantalon noir taille basse qui dévoile tes hanches et ton boxer. Qui me donne envie de poser mes mains sur ta peau nue. – Déjà debout Potter ? dis-tu en refermant la porte d’un coup de bassin. – Pas encore couché Malfoy ? je réplique d’une voix neutre. Ton sourire satisfait s’agrandit encore. – Je me suis couché mais je n’ai pas dormi, réponds-tu amusé. – Je m’en moque, dis-je espérant que cette fois tu partiras directement dans ta chambre sans plus rien dire. Epargne moi épargne moi Ne me tue pas cette fois Ne me dis pas qu'il t'a fait tout ça Mais bien sûr, tu ne t’en vas pas. Tu te sers un café en me dévisageant tranquillement – Tu devrais te recoucher Potter, tu as de sales cernes sous les yeux… Un rire nerveux m’échappe et je me lève, je n'en peux plus de te voir si proche de moi. – Peut-être que j’ai moi aussi eu une nuit agitée, je réponds brusquement. Ton regard se glace mais tu souris en même temps. – Ca m’étonnerait Potter, je doute que quiconque puisse éprouver autant de plaisir que j’en ai eu cette nuit. Je t’assure à un moment j’ai bien cru que j’allais mourir…Enzo a fait ce truc incroyable avec sa bouche sur mon sexe et… – Arrête ! Ton sourire s’agrandit et tu continues sur ta lancée. Je voudrais mourir. – J’en avais les jambes qui tremblaient, tellement c’était puissant. Il suffit qu’il me touche pour que je fonde. Et il a une manière de me faire l’amour…rien que d’y penser j’ai encore chaud… – TA GUEULE ! je crie. JE ME FOUS DE CE QUE TU FAIS DE TON CUL ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS T ENTENDRE ! DEGAGE ! DEGAGE !!! Mon cri raisonne encore, mon souffle est court, j’ai envie de vomir. Et toi, toi tu ne sais pas…Non, tu ne sais pas… Je t’aime tellement… Et mes yeux qui t'ont aimé toujours Viennent encore demander Quelques miettes de tendresse Tu me regardes, surpris et un peu décontenancé. J’ai envie de chialer. J’ai envie de toi. Mais même sans lui, même sans Enzo, c’est impossible. Je ne suis pas fou. Je sais…Je sais que tu me hais. – Tu es toujours aussi homophobe. Tu veux que je dégage, murmures-tu d’une voix sombre, alors saches que je vais t’exaucer. Tu te lèves et t’approches de moi. J’ai peur de ce que j’ai envie de faire. De te faire. Je reste immobile. Même si je sais que tu viens de te faire sauter, moi je te veux. Je te veux pour moi. Laisse-moi tuer Enzo. Laisse-moi te prendre. Laisse-moi… Mêmes si tes habits puent l'amour Même si ton corps est tapissé De toutes ses caresses – Je vais partir, reprends-tu, je suis justement venu faire mes valises. Non, ne me laisse pas ! Ne pars pas. Reste. Reste… – Ne dis pas de connerie Malfoy tu n’as nulle part où aller… Reste… Tes yeux ne quittent pas les miens. Je ne veux plus que tu parles. Je sens que tu vas m’achever. Ne dis plus rien et reste. Je t’en prie…Ne dis plus rien… – Enzo m’a demandé de vivre avec lui hier soir et j’ai accepté, dis-tu d’une voix calme. On s’aime et on va vivre ensemble. Je reste figé alors que tu me dépasses. C’est impossible. Tu ne peux pas l’aimer à ce point ! Tu ne peux pas me quitter ! Je secoue la tête, j’ai l’impression d’être sonné. Je bouge enfin et quitte la cuisine. Je dois te parler. Je te suis jusqu'à la salle de bains Tu ne me regardes pas Ton coeur brûle désormais entre ses mains Le mien vole en éclats Je te regarde ranger tes affaires qui traînent dans notre salle de bain commune. Tes shampoings, toujours les mêmes, ton gel que tu mets de moins en moins, ta brosse à dent, tes peignes, tes serviettes, ton peignoir. Ton parfum… J’ai acheté le même que j’ai caché dans la commode de ma chambre et de temps en temps je le renifle mais il n’a jamais la même odeur que quand il est sur toi. Tu n’as même pas fini de ranger que je trouve déjà la pièce vide. Je me plaignais souvent que tu prenais beaucoup de place mais je ne savais pas encore à quel point c’était vrai. – Vous ne vous connaissez que depuis deux mois et vous voulez vivre ensemble ? je demande d’une voix presque normale. – Que veux-tu Potter, l’amour n’attend pas ! répliques-tu en me dévisageant un instant à travers le miroir. Et ça sera toujours mieux que de vivre avec toi ! – C’est si dur de vivre avec moi ? – Putain oui ! siffles-tu. Tu n’imagines pas à quel point ! Cette situation me fout trop les boules ! – Alors tu t’en vas…comme ça… – C’est ce que tu veux non ? Faut que je me dépêche, Enzo attend dans sa voiture en bas. Il adore ce truc moldu, grimaces-tu. Je sais qu’il aime les voitures. J’entends le moteur en bas de la rue à chaque fois qu’il te ramène. Je sais tout de lui. Parce qu’il est devenu ton monde. C'est toujours pas très loin qu'il éteint le moteur Qu'il étreint tes lèvres et qu'il s'installe dans ton corps Tu te dépêches de faire ta valise. Tu sembles tellement pressé de t’éloigner de moi que tu utilises la magie. Tes affaires volent des armoires et vont se plier dans tes sacs et moi je regarde ça stupidement, déjà terrassé. Que puis-je faire d’autre après tout ? T’avouer mon amour ? Ce serait risible et je n’ai pas le cœur à rire. J’imagine ta tête si je te sortais ça….j’imagine ton regard étonné et puis agacé parce que tu penserais que c’est une plaisanterie et enfin quand tu aurais compris que c’est vrai, tu aurais cette sorte d’air supérieur pour mieux cacher ton dégoût et tu partirais quand même. Les minutes passent et glissent et je n’arrive pas à les retenir. Tu vas et viens, essayant de ne rien oublier, ne me regardant pas. Ne me regardant plus. Je ne sais pas ce qu’il en est de tes affaires mais moi tu m’oublies déjà. Je voudrais crier, pleurer, te retenir…mais les scènes de ménage c’est fait pour les couples. Je ne suis que ton colocataire forcé. Je n’ai aucun droit sur toi. Je n’ai même pas le droit de penser à te retenir. C’est peut-être mieux comme ça. Je t’oublierai. Je t’oublierai Malfoy. Va vivre avec qui tu veux tant que c’est loin de moi ! Je t’oublierai… Depuis que j’ai onze ans tu fais parti de ma vie… Salaud ! Comment veux-tu que je t’oublies ?! Reste. Je t’en prie. Je serai gentil. Je ne t’insulterai plus. Je ferai le ménage quand ce sera ton tour. Je te laisserai même inviter tes amants ici. Je leur ferai à manger. Je ne les tuerai pas quand ils seront endormis sur ton corps. Je ne les tuerai pas. Et je ne pleurerai pas devant toi. J’attendrai que tu sois endormi pour ne pas que le bruit te gêne. Je ne t’embêterai pas. Mais reste…Reste avec moi. – Je crois que j’ai tout…dis-tu en regardant la pièce vide, ignorant mes pensées pitoyables et je ferme un instant les yeux. Tu attrapes ton sac et sors de ta chambre. Je te suis encore maladroitement. J’ai tant de choses à te dire mais je sais déjà que je n’y arriverai pas. Tout sonne déjà faux. Une fois dans le salon, tu te retournes une dernière fois vers moi. – Au fait, annonces-tu froidement, je voulais m’excuser pour le baiser…C’était une erreur. Je voulais juste que cette histoire soit claire avant de partir. Tu me regardes comme si tu attendais quelque chose de moi. Mais je suis déjà vide. Ta phrase ne me touche même plus. Je suis même étonné que tu te souviennes encore de ce baiser. – Tu peux partir tranquille Malfoy, je parviens à murmurer, bonne chance avec…machin. – Il s’appelle Enzo ! Combien de fois vais-je devoir te le dire ? Je hausse les épaules. Si tu savais comme son nom m’écorche les lèvres, plutôt crever que de l’employer avec le tien dans une même phrase. Je te mange des yeux une dernière fois. C'est toujours le matin toujours à la même heure Je m'habille de ténèbres Tu éclabousses de bonheur Tu te détournes et ouvre la porte. Quelque chose hurle en moi, te hurle de te retourner, de me regarder, de regarder combien je t'aime. Je t'aime plus que lui... La porte se referme et je reste planté devant un instant et puis comme un zombi je me dirige vers la cuisine. Je ne sais même pas ce que je vais y faire, je suis trop occupé à ressentir ton absence. Oh, tu devais vraiment avoir envie de partir pour que tout se soit passé si rapidement! J'ai l'impression qu'une tornade vient de s'abattre chez nous, laissant l'appartement vide de toi et mon cœur vide de tout. Et en passant devant ce canapé que je hais, je le vois, ton pull. La seule de tes affaires qui a échappé à ta rafle acharnée. Un pull noir qui n'attend que toi. Qui se sent seul sur ce canapé, comme un con, les bras ballants, le regarde vide. Qui a envie de chialer même s'il n'en a aucun droit. Alors je l'attrape et le serre contre moi et je pleure à sa place. Je sanglote mon amour pour toi comme un enfant abandonné, comme un homme déchiré et ma voix malgré moi murmure ton prénom tant honni et tant aimé. Je sursaute quand j'entends la porte se rouvrir. Tu es revenu et ton regard s'agrandit de stupeur. Ton pull que je serre à en mourir, mes yeux rougis par les larmes, mon air idiot, tout cela a de quoi surprendre. Et tu sais maintenant, tu sais que je t'aime... Tu restes pétrifié sur le pas de la porte. – Je suis venu récupérer mon pull, dis-tu enfin d’une voix étrange. Je secoue la tête. Je ne veux pas te le rendre. Pourquoi a-t-il fallu que tu reviennes ? Pourquoi faut-il que tu me voies dans cet état ? Je t’entends approcher et je serre un peu plus ton pull entre mes mains. Laisse-le moi…Laisse-moi… – Je ne te comprends pas Potter, souffles-tu enfin, tu me détestes n’est ce pas ? – Bien sûr, je réponds en baissant les yeux. Tire-toi maintenant ! Je n’y arrive pas…Je ne peux pas te dire la vérité…Pas quand tu t’apprêtes à déménager chez un autre. Tu t’accroupis devant moi et je lève les yeux vers toi. Un sourire esquisse mes lèvres malgré moi car tu t’inquiètes, je le vois… Tes yeux s’agrandissent de stupeur et quand tu te remets à parler ta voix est un peu rauque. – Ne me fais pas ça maintenant Potter…Pas quand j’ai enfin réussi à tirer un trait sur toi…Ce n’est vraiment pas juste… – Que…. ? – Tu me détestes n’est-ce pas ? redemandes-tu, et cette fois tes yeux ne quittent pas les miens. – Bien sûr, je répète dans un souffle. Tu secoues la tête. Te demandant si tu dois croire ma bouche ou mes yeux. Y’en a une qui dit qu’elle ne t’aime pas et les autres te dévorent sans ambiguïté. Puis tu sembles enfin avoir choisi. – Bien, je te hais aussi, dis-tu d’une voix glaciale. Et tes yeux me disent le contraire. Je crois que mon cœur va exploser. Tu te relèves en passant une main nerveuse dans tes cheveux. – Je vais parler à Enzo et je reviens…faut qu’on mette certaines choses au clair Potter… Tu t’en vas et je souris. Ce n’était pas si dur finalement de te dire ce que je ressens et tu m’aimes aussi…Tu viens de me le dire avec les yeux…et je me promets qu’un jour tu me le diras avec ta voix. Je ferais tout ce qu’il faut pour. Quand tu reviens une bonne demi heure plus tard, tu as rapporté tes valises avec toi et je nous ai préparé du café. – Tiens, tu as lâché mon pull ! fais-tu railleur. – Il sentait trop mauvais, je réponds en haussant les épaules, mais bon fallait s’y attendre c’est ton pull après tout… Tu grimaces sous l’insulte et bois ton café en ne me quittant pas des yeux. – Ton café est toujours aussi imbuvable Potter ! – C’est ta langue de pute qui ne sait pas reconnaître les bonnes choses… – Tu m’en diras tant ! Je crois plutôt que ton maigre cerveau n’a pas su respecter les doses…un véritable jus de chaussette… – Arrête de le boire alors… Tes yeux sourient depuis le début et moi je suis bêtement heureux. Vas-y insulte moi, mon amour ! Parce que nous sommes comme ça. Incapable encore de nous dire des choses belles, ça ne veut pas dire que ce n’en est pas moins intense. C’est juste nous et ça me plait. Comme la façon dont tu t’approches de moi et te glisses sur mes genoux. – J’arrête, fais-tu en soufflant dans mon cou, veux pas mourir empoisonné… – Tu es lourd là ! je grogne en bougeant mes jambes mal à l’aise. – Calme-toi, murmures-tu, plus tu gigotes et plus tu seras dur… Je rougis, me sentant idiot que tu te sois aperçu de mon état. – Tu sais, murmures-tu encore contre mon oreille, je n’ai pas eu tant d’aventures que ça. Je cherchais juste à attirer ton attention et à te donner envie de moi. Je me tends de stupeur. Tu es vraiment un salopard. – Je te hais, je chuchote en te serrant un peu plus contre moi. – Moi aussi. Tu m’embrasses enfin. Finalement les matins, ce n’est pas si mal, surtout quand je t’ai dans mes bras. Et tu as le goût du bon café…ce qui ne gâche rien… Allez, allez…montre-moi à quel point tu me détestes… Allez… Fin Hum voilà après avoir longtemps hésité à poster ce OS, je le fais quand même A très bientôt Artoung |