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au 07 Sep 08 :
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Le garçon sur la falaise
Par Slythewyn
Noël '07  -  Romance/Drame
1 chapitre - Rating : T (13ans et plus)
    Chapitre 1     9 Reviews    
Le garçon sur la falaise

Disclaimer : Le destin de Harry et Draco appartenait à leur créatrice, J.K Rowling … jusqu’à ce que je décide d’y ajouter une petite touche de drame :)

Auteur : Slythewyn

Note : Cet OS a été écrit en vue de participer au concours Noël 07 de Manyfics.

Je le dédie à Artemis qui me fait toujours tellement plaisir avec ses reviews :) Merci beaucoup, j’espère qu’il te plaira.

Le garçon sur la falaise



Je marche mains dans les poches au hasard des rues. Ma gorge me brûle, l’air que j’aspire est glacé. Je suis déjà passé ici, voilà deux heures que je tourne en rond. C’est en remarquant l’enseigne du petit café que je m’en aperçois. Les néons aveuglants clignotent sur le trottoir, éclaboussent les passants. A travers la baie vitrée, j’aperçois la main d’un petit garçon qui frotte sans cesse le verre afin d’en ôter la buée, plaquant ses yeux écarquillés contre la vitre.

 

Soudain, son regard curieux se pose sur moi et tout s’effondre. J’oublie les froides morsures du vent pour me concentrer sur les larmes qui coulent en rafales sur mes joues. Les gouttes tracent sur ma peau des sillons argentés, pluie brûlante parmi les doux flocons de neige.

 

Le blanc cassé échoue sur le bitume, je m’écroule dans les débris de mes souvenirs.

______

D’abord, c’est comme un crépitement dans l’atmosphère, un écho déchirant le silence.

C’est ta voix qui m’ensevelit dans l’univers calfeutré du bonheur. Tu me susurres quelques injures, d’un ton si doux qu’elles ne signifient rien, quelques mots durs encore, et puis tu cèdes.

Je t’aime connard. Une déclaration ravalée à l’instant où ta bouche la dévoile, de l’autocensure. Ta fierté qui s’étrangle.

 

Ensuite, un éclair brille dans la pénombre. Aveuglement.

Ce sont tes yeux qui me contemplent, me capturent, me foudroient. Tu cherches à m’emprisonner dans ton regard, me noyer au fond de ce lac insondable.

Qu’est-ce que tu vois ? Une mer qui s’embrase, un océan qui brûle.

 

La danse des corps a commencé presque par hasard, et soudain, je prends conscience de notre fusion.

C’est mon cœur qui se traîne, nos lèvres qui s’étreignent, nos peaux qui se mêlent.

Draco, est-ce que tu m’aimes ? Je te réponds par mille baisers, des aveux étouffés par ce désir fou qui s’éveille.

 

Je vais mourir si tu ne fais pas de moi l’esclave de ta passion. Puisque ils le disent, moi j’y crois, nous sommes voués au vice.

 

Quand tu me fais mal, c’est toi qui souffres. Tes yeux s’embuent, tes doigts me caressent et tes ongles me griffent. Tu aimerais que tout soit parfait, qu’il n’y ait pas la moindre égratignure. Tu t’appliques beaucoup. Je fais toujours semblant que tu es allé trop vite pourtant, que la souffrance surpasse le plaisir, excuse-moi, tu es magnifique quand tu pleures.

 

Et tes cils qui frémissent déposent sur mes joues des gouttes un peu salées.

Je suis tellement désolé … Tu te blottis contre moi, tes cheveux noirs éparpillés sur le drap blanc, ta main qui se referme sur mes hanches, jalousement. Effondre-toi encore. Je veux te relever, savourer ton sourire. Laisse-moi te mordre pour mieux t’embrasser, te blesser et pouvoir te guérir.

 

Tu t’abandonnes au réconfort de ma présence, rassuré, un moment. Demain ce seront les mêmes craintes, les mêmes reproches. Tu te protègeras en m’attaquant, me haïras jusqu’à me pousser dans mes derniers retranchements. Tu attendras que les rôles s’inversent. Alors tes insultes deviendront des murmures, ton cœur délaissera sa cadence infernale pour se calquer sur la mienne et s’y fondre. Tu oublieras.

 

C’est chaque jour pareil, tu ressens la nécessité de nous mettre en danger. La nuit la tension retombe, les excuses s’enchaînent et tu m’offres ce que tu as de plus précieux ; ton corps, ton âme.

 

J’observe ce corps qui s’ensommeille, ton expression angoissée se tranquillise, le rythme de tes battements cardiaques ralentit.

 

J’aimerais te dire comme tu me fais confiance lorsque tu dors. Tes bras qui m’enserrent m’effleurent sans m’écraser, tes paupières s’alourdissent et tes lèvres esquissent un sourire paisible.

 

Je sais qu’au réveil tu paniqueras en voyant le lit vide, tu hurleras à t’en briser la voix, tu courras à toute allure.

 

Je suis toujours au même endroit. Tu me connais depuis des années, et chaque matin tu oublis que ne t’ai pas abandonné.

 

Quand le vent se lève, à l’aube, sur l’océan, j’ai envie de sauter du haut de la falaise.

 

Tu arrives à l’instant précis où je vais me jeter dans les vagues. Tes bras m’agrippent et tu me tires en arrière, nous faisant tous les deux tomber sur les rochers. Tes sanglots s’estompent quand je prononce les mots ‘viens, on rentre’.

 

Tu t’accroches à mon cou et on tourne le dos au soleil qui foudroie l’horizon.

 

Je redoute le jour où tu ne seras pas là pour me sauver. J’ai peur qu’en m’élançant plus rien ne me rattache au sol, que mes suicides déguisés t’indiffèrent au point de me laisser mourir.

 

J’imagine les taches rouges de mon sang contre le blanc de la falaise, une flaque de douleur recouvrant le long tapis de neige. La fonte des glaces entraînera mon cadavre vers les fonds de la mer.

 

Les hivers sont terribles ici. Chaque matin, j’attends que tu viennes me chercher. L’océan m’ensorcelle. C’est une immensité bleu sombre, si calme. Elle se teinte de rose, de mauve, d’orangé quand tu arrives, que mes bras s’élèvent dans les airs, juste avant que ... /

 

Bientôt, je partirais. Où, pourquoi, comment ?

Je n’en sais rien, je cherche juste à te fuir.

 

Si je continue près de toi, les ténèbres vont m’engloutir. Je vis sans relâche, dans l’attente d’un dénouement qui ne vient pas.

 

Il faut que je force le destin. Pardonne-moi. Je suis lâche, nos ivresses me dérangent. On s’aime trop, on se fait mal. C’est étrange, j’ai la certitude que nous ne serons jamais heureux ensemble.

Je partirais.

 

Mais pour l’instant tu dors, tu rêves d’une vie plus simple, où chaque jour n’est pas l’inlassable répétition du précédent. Tu rêves d’amour tranquille, de passion sage. Tu rêves de ce qui n’existe pas.

 

Demain, tu courras me chercher au bord de la falaise, mais je n’y serais pas.

 

Je préfère te faire croire à mon courage. Tu penseras que la mer fut mon dernier refuge, et tes hurlements se perdront dans le fracas des vagues, dans les rafales du vent.

 

Petit à petit, tu oublieras.

______

Je viens sans le vouloir. Les pavés se dérobent sous mes pas, me guident jusqu’à la porte que je pousse pour m’engouffrer à l’intérieur. Le café est plein à craquer, les effluves de chocolat chaud se mêlent à la fumée des cigarettes. Sur le dossier des chaises, des manteaux tapissés de flocons et des écharpes humides. Au comptoir, le serveur habitué m’adresse un sourire triste.

 

Je me fraie un passage jusqu’à ma petite table, en face de la peinture sous verre. Après tout ce temps, elle n’a pas changé. Je ne viens qu’un jour par an, c’est la cinquantième fois ce soir.

 

Jusqu’à demain matin, je vais boire seul et m’enivrer pour oublier comme tu me manques. Le dos contre le mur, les poumons imbibés de vin chaud, et sous les yeux, le tableau poussiéreux de ce garçon aux cheveux noirs qui pleure sous la neige, au bord de l’océan.

 

FIN

Elwyn _

 
     
     
 
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