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au 07 Jan 09 :
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contenant 3718 chapitres
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Jusqu'à
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
19 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 11     Les chapitres     21 Reviews    
Jusqu'à toi

Remerciements : A Quiproquo ma bêtalectrice et à Baddy qui doit presque toujours supporter mes chapitres en-avant-première-même-pas-corrigés. Merci les filles.

Chapitre 10 : Jusqu’à toi

Plus de cinq ans s’étaient écoulés depuis que Harry Potter avait vaincu Voldemort.

Le monde sorcier vivait en paix, la période de deuil s’était depuis longtemps terminée et si personne ne pouvait oublier les morts, la vie avait repris le dessus. On finissait de reconstruire ce qui avait été détruit, on avait jugé tous les mangemorts. Le monde sorcier cicatrisait rapidement ce qui n’était pas un mal tant que personne n’oubliait ce qu’il s’était passé.

Harry Potter n’avait rien oublié lui. Il n’oublierait jamais. A vingt-trois ans, il ne ressemblait à aucun des garçons de son âge. Il ne faisait pas la fête le samedi soir, ne suivait pas d’études, ne travaillait pas et pourtant il était riche, aimé, adulé.

C’était un homme public. Un héros. Le héros. LEUR héros. Même s’il s’évertuait toujours à dire qu’ils avaient été plus d’un à gagner cette guerre.

Harry avait changé en cinq ans. Il avait grandi de dix bons centimètres atteignant le mètre quatre-vingt et semblait avoir enfin terminé sa croissance même si il restait toujours plus petit que Ron Weasley. Sa cicatrice était devenue pâle, comme n’importe quelle cicatrice et il fallait vraiment s’approcher pour la distinguer. Tout en grandissant, il avait gagné en muscle et il faisait du sport régulièrement, ce qui lui donnait une silhouette harmonieuse et très agréable à regarder. Ses cheveux impeccables étaient coupés court. Plus un seul épi n’avait le loisir de pousser sur sa tête, ce qui ne cessait d’attrister Hermione Granger qui le préférait avec sa coupe de cheveux improbable mais tellement séduisante. Ses lunettes aussi avaient changé. De rondes, elles étaient devenues rectangulaires, transformant l’adolescent qui avait grandi trop vite en jeune homme sexy et intimidant. Et derrière les verres, les yeux incroyablement verts semblaient toiser le monde avec une indifférence polie.

Il était devenu ce qu’il avait toujours détesté : quelqu’un à l’allure irréprochable et élégante. Un de ces trop nombreux « gentleman » en costard, en apparence sûr de lui mais qui donnerait n’importe quoi pour se retrouver chez lui avec ses pantoufles, son trop grand T-shirt, ses lunettes rondes et ses cheveux en bataille.

La plupart des gens qui avait rencontré Harry disaient que c’était un homme souriant mais discret. Certain disaient même qu’il était froid, pas dans son attitude, non, mais son regard semblait glacé et vide.

Ces gens-là n’avaient pas tort mais depuis plus de vingt-quatre heures quelque chose avait changé dans le regard de Harry.

O°O°O°O°O

-Vous n’avez aucune idée où il peut être ? questionna Harry d’un ton pressant.

Mc Gonagall eut un air navrée. Elle sortit du tiroir de son bureau une liasse de lettres et les regarda tristement.

-Je suis désolée Harry, dit-elle. Severus m’envoie une lettre chaque année pour mon anniversaire mais je ne sais pas où il se trouve. J’ai bien essayé de jeter un sort de localisation dessus mais à chaque fois, elles étaient protégées. J’espère qu’un jour il se sentira prêt pour réapparaître aux yeux de tous…

Harry acquiesça vaguement. Il se moquait complètement de Snape. Les deux hommes ne s’étaient jamais aimés mais si quelqu’un pouvait le mener à Malfoy c’était sûrement lui.

Hélas, trouver l’ancien maître de potion s’avérait aussi difficile que trouver Draco Malfoy.

-Ce n’est pas grave, mentit Harry. Je ne vais pas vous embêter plus longtemps.

-Tu sais bien que tu ne m’embêtes jamais, lui sourit Minerva.

-Oui mais je suis sûr que vous avez plein d’élève à sermonner. Je ne voudrais vraiment pas empêcher la directrice de faire son travail.

Mc Gonagall eut un sourire amusé. Comme si le travail de directeur consistait uniquement à sermonner…cela serait tellement moins éprouvant.

Après un bref salut, son ancien élève s’apprêta à sortir. Puis il eut une seconde d’hésitation sur le pas de la porte et Minerva fonça les sourcils.

-Vous avez des nouvelles de Draco Malfoy ? demanda alors le jeune homme dans un murmure sans même se retourner.

La directrice de Poudlard sentit son cœur se serrer en le voyant dans cet état. L’histoire de ces deux garçons lui donnait un sentiment d’échec et d’impuissance. Elle n’avait jamais vu une telle haine mélangée à tant d’amour.

C’est un amour atroce, avait-elle pensé au moment de leur mariage. Il les détruira ou il les sauvera…mais ce qui est sûr c’est qu’il les changera.

-Non, je ne l’ai pas revu depuis…

Minerva laissa sa phrase en suspens. Harry Potter était parti. Comme tous les proches de l’ancien gryffondor, elle avait vu la flamme dans ses yeux s’éteindre et elle savait que Draco Malfoy en était la cause.

Quel amour atroce…

Il les détruira…

°O°O°O°O°

-Alors ? demanda le rouquin qui attendait dans le couloir.

-Elle ne sait pas où il est, fut la réponse laconique de Harry.

Ron Weasley eut l’air un instant gêné, ce qui échappa complètement à son meilleur ami qui semblait perdu dans ses pensées.

-On pourrait demander à Remus ? proposa-t-il enfin d’une voix qui se voulait indifférente.

-Je ne vois pas pourquoi Remus en saurait plus que Mc Gonagall sur l’endroit où se trouve Snape. Non, il faut chercher ailleurs.

Ronald poussa un soupire anxieux. Il semblerait qu’il était temps qu’il ait LA discussion à propos de Remus et Snape avec Harry.

-Ecoute Harry, commença-t-il, je pense que Remus peut nous aider sur ce coup-là…

-Ils se détestaient Ron, expliqua Harry patiemment. Pourquoi veux-tu qu’il ait l’adresse de Snape ?

Ronald Weasley réfléchit à la meilleure façon d’apprendre ça à son meilleur ami.

Lui aussi avait changé en cinq ans. L’adolescent maladroit avait fait place à un jeune homme qui savait ce qu’il voulait. Ses cheveux roux avaient poussé et il les attachait à l’aide d’un catogan. Il ressemblait beaucoup à son frère Bill et était même plus séduisant que ce dernier même s’il l’ignorait. Il avait un métier qu’il aimait, une femme et une fille qu’il adorait et bientôt un second enfant. Il avait bientôt vingt-quatre ans et n’avait jamais été aussi heureux de sa vie. Il n’y avait qu’une seule ombre au tableau idyllique de sa vie : Harry Potter, son meilleur ami était malheureux.

Et Ron était bien décidé à avoir une vie parfaite et si pour cela il devait aller chercher Malfoy à l’autre bout du monde, par la peau du cul, il irait.

-Je ne suis pas le mieux placé pour te dire ça, mais Remus et Snape ont été amants.

Harry, qui avait poursuivi sa marche, s’était arrêté brusquement. Il se retourna vers Ron, le regardant comme s’il était devenu fou.

-Ne dis pas n’importe quoi ! Snape et Remus ? Amants ? Ils se haïssaient et de plus Remus est hétéro et Snape asexué, dieu merci !

Ron résista à l’envie de lui dire que Malfoy et lui se détestaient aussi et qu’ils semblaient être, au premier abord, hétérosexuels mais ça ne les avait pas empêché d’être amants pendant un certain temps mais ramener cette histoire sur le tapis n’était définitivement pas une bonne idée.

-Ils sont tous les deux gays, Harry, expliqua-t-il patiemment comme s’il s’adressait à un petit enfant. Je te l’accorde qu’ils sont restés assez discrets même si Snape faisait tout pour mettre Remus mal à l’aise. Tu ne te souviens pas de la discussion qui a eu lieu à propos du mariage sorcier ? Snape a sous-entendu que Remus était homo. Sur le coup, je n’y avais pas fait attention mais Hermione avait tout de suite compris, tu la connais. Et un soir, un peu avant que Malfoy soit allé chercher le dernier Horcruxe, j’ai entendu des gémissements provenant de la buanderie. Ils étaient dedans, l’un contre l’autre à…enfin tu vois, je suis vite parti mais je suis sûr que Snape et Remus n’étaient pas en train de se battre…

Harry eut l’impression de recevoir un coup de massue. Pourquoi Ron ne lui avait-il pas raconté ça avant ?

-Tu avais tes propres problèmes, soupira Ron comme s’il lisait dans ses pensées, ce qui devait être le cas, après tant d’années à se côtoyer, ils leur arrivaient d’anticiper les faits et gestes de l’autre. Et puis, rajouta le rouquin, j’ai horreur de jaser sur les histoires de coucherie, cela ne nous regardait pas.(1)

-Remus est amoureux de Snape…, grimaça Harry encore sous le choc.

-Je ne sais pas. Je crois que c’est plus compliqué que ça. Mais il sait peut-être où se trouve Snape.

Harry hocha la tête. Remus devait être chez lui à en ce moment.

Depuis que Draco avait prit son énergie, Harry avait le pressentiment que chaque minute était vitale. Il enrageait intérieurement de ne plus sentir quelque chose venant du blond. Il ne savait pas si c’était bon ou mauvais signe. Il se rassurait en se disant que si Malfoy était mort, il le sentirait mais en fait il n’en savait rien. Il ne savait rien depuis le début à propos de ce lien magique. On l’avait fourré dans cette histoire avec un minimum d’information. Il doutait même que les autres comprennent le fonctionnement de cette magie. On dit qu’elle est différente pour chaque personne. Que chaque lien est unique, alors Malfoy était peut-être mort à l’heure qu’il était et il n’en savait rien. Egoïstement, Harry aurait préféré que Malfoy souffre encore au point de devoir faire appel à son énergie, au moins pour savoir s’il était en vie ou pas. Il savait déjà que son esprit se briserait s’il devait trouver un corps sans vie.

Il avait tenu cinq ans en imaginant son mari heureux et en bonne santé. Le savoir quelque part ailleurs, penser qu’il pourrait le croiser un jour ou l’autre, l’imaginer vieillir sans lui, suffisait à Harry. Mais comment pourrait-il continuer s’il avait la certitude que Malfoy était mort ?

Remus Lupin aurait pu lui donner la réponse à cette épineuse question puisqu’il vivait depuis plus de sept ans à présent, le scénario le plus dramatique qui envahissait l’imagination de Harry.

Mourir d’amour était terriblement démodé mais Remus n’avait jamais suivi la mode, donc s’il n’avait pas rejoint Sirius, c’était pour une autre raison. Tout simplement parce qu’au fond de lui, Remus savait que Sirius n’aurait pas voulu ça et puis il était le dernier des maraudeurs. Ce mot ne semblait signifier plus rien aujourd’hui sauf pour Remus. Pour lui, c’était la signification d’une folle jeunesse, insouciante, riante, le temps des premières amours, d’une amitié plus forte que tout, des secrets parfois petits et idiots parfois grands et sombres. Le temps où ils étaient tous vivants : Peter avec son étrange douceur qui ne les avait pas encore trahis, James avec ses idées farfelues et son air d’éternel enfant et Sirius qui possédait déjà son charme envoûtant, son sourire mystérieux et qui était convaincu plus que tout que sa vie allait être une réussite. Et lui, éternel rêveur, se sentant plus observateur qu’acteur comme si depuis le début il était celui qui était destiné à se souvenir.

Depuis la fin de la guerre, en plus de son travail de professeur à Poudlard, Remus écrivait un livre. Il était destiné à Harry, il racontait l’histoire de quatre garçons qui se nommaient eux-mêmes les maraudeurs. Remus retranscrivait ses années à Poudlard et une fois la septième année finie, il donnerait le livre à Harry. Il n’était pas sûr d’être très objectif en écrivant mais il s’amusait bien en décrivant leurs blagues, les tentatives de James pour séduire Lily, les transformations en animagus et son amour pour Sirius.

Il était peut-être temps, en effet, que Remus brise le silence et si Harry n’était pas son fils, il avait la même valeur à ses yeux. Peut-être qu’il comprendrait que chaque instant est unique…et que tout peut s’effondrer d’un moment à l’autre, enfin, ça il devait déjà le savoir... Ce garçon n’avait vraiment pas eu une vie facile.

Remus relut la phrase qu’il avait marquée quelque instant plus tôt sur livre. Une plume à papote écrivait au fur et à mesure de sa dictée, noircissant toujours un peu plus les pages blanches. Remus espérait finir le livre pour Noël, dans moins de deux mois.

Il referma le livre et alla le ranger dans un tiroir de son bureau en bois d’un marron chaud. Il vivait dans une minuscule maison douillette, avec une salle de bain, une chambre et une pièce un peu plus grande qui servait de salon avec un petit coin cuisine. Le feu crépitait dans la cheminée et Remus se préparait un thé lorsqu’on frappa à sa porte.

Harry et Ron étaient sur le pas de la porte et si Ron avait un léger sourire, le visage de Harry était complètement fermé. Remus s’effaça et les laissa entrer.

O°O°O°O°O°O°O

-Je suis désolé Harry, je n’ai pas revu Snape depuis la dernière bataille.

Harry regarda Remus, semblant fouiller dans ses pensées. Est-ce que le loup garou lui mentait ? Essayait-il de protéger l’anonymat de son amant ?

-Je sais quel le lien t’unit à lui, tenta Harry froidement. Il est ton amant !

Dans un coin de la pièce, Ron se prit la tête entre les mains, l’air désespéré. Remus écarquillait les yeux à présent et Harry se demanda s’il avait vraiment bien fait d’y aller franco.

-Harry, commença Remus d’une voix apaisante, je ne sais pas qui t’a dit ça…Cependant, Severus a en effet été mon amant mais je ne l’ai plus vu depuis la dernière bataille.

-Tu ne démens pas ? s’étonna Harry. Alors c’est vrai…

Le jeune homme aurait préféré que Remus lui mente et lui dise que jamais il n’aurait pu toucher Snape.

-Je ne suis pas très fier de ça, avoua le loup garou. Snape, je ne l’ai jamais aimé et pourtant je sais à présent que sans lui je n’aurais pas eu la force de continuer…

-Continuer quoi ? demanda Harry.

Mais Remus ne répondit pas, Harry allait l’apprendre bien assez tôt en lisant son livre.

-Je ne l’ai pas revu, reprit Remus, mais je crois avoir un moyen de le joindre.

Le loup garou, attrapa un morceau de parchemin et griffonna rapidement quelques mots avant de donner la missive à son hibou en lui ordonnant de se rendre au studio d’Annonce Sorcière En Tout Genre, un célèbre journal qui passait des annonces.

-C’est comme ça qu’on prenait contact durant la guerre en cas d’urgence, on avait une sorte de code. Je laissais une annonce dans le journal, d’apparence anodine mais comprenant en fait un lieu et une date pour un rendez-vous et il venait. J’espère juste qu’il est toujours abonné au journal…et si oui, qu’il regarde toujours la rubrique « amour », c’est ici que je laissais le message.

-Ingénieux, sourit Ron, et tu lui as mis quoi cette fois.

Remus eut un léger rougissement avant de répondre.

-Gros louloup aimerait revoir belle inconnue en robe noire, le plus tôt possible, à l’endroit de leur dernière rencontre.

Ron éclata de rire et même Harry se dérida enfin. Le nom de code de Snape était Belle Inconnue en robe noire, c’était tout simplement hilarant.

-Ce n’est pas drôle, soupira Remus en levant les yeux au ciel. Je lui ai donné rendez-vous au manoir de l’ancêtre de Minerva, car il ne sait pas où j’habite. On va passer la nuit là-bas et attendre. Le journal sera publié demain à la première heure.

Harry fronça un peu les sourcils : il aurait préféré que ça aille plus vite mais ils avaient déjà une chance de retrouver Snape, c’était plus qu’il n’avait espéré.

-Allez mon gros louloup, fit-il railleur, allons-y !

Arrivé là-bas, ils soupèrent légèrement avant d’aller se coucher. Chacun avait repris son ancienne chambre sans se concerter. Harry se sentait étrange depuis qu’il avait mis le pied dans le parc. Rien n’avait changé en cinq ans. Il s’attendait presque à voir une Hermione plus jeune les accueillir, le sourire aux lèvres et au fond de la pièce, assis au coin du feu, Draco leur jetterait un regard méprisant avant de reprendre la lecture d’un des livres qu’il aurait pris dans la bibliothèque.

Mais ni Hermione, ni Draco ne les attendaient. La maison était vide et quand il entra dans la pièce qui avait été sa chambre les souvenirs se firent encore plus précis.

Il s’assit en tremblant sur le lit, revoyant Draco entrer dans sa chambre silencieusement et commencer à se déshabiller tout en le fixant de son regard brûlant.

Harry ferma les yeux, refusant de penser à lui. C’était une mauvaise idée de revenir ici…de dormir ici…Pourtant il fut incapable de bouger. Il était fatigué, il voulait juste dormir et ne plus penser à rien, surtout pas au fait qu’il s’était cru amoureux de lui après leur dernier baiser. C’était il y a plus de cinq ans, et juste avant la bataille finale. Il était trop jeune et trop perturbé à ce moment pour avoir les idées claires.

Alors pourquoi pars-tu à sa recherche ? se demanda-t-il nerveusement. Pourquoi est-il si important pour toi après cinq ans d’absence ? Pourquoi penses-tu sans cesse à lui ?

Il ne répondit pas à ces questions et finit par s’endormir dans ce lit où Draco lui avait fait l’amour.

O°O°O°O°O°O°O

La porte s’ouvrit silencieusement mais Harry sut qui venait d’entrer. Il ne se retourna pas, ayant peur de le faire fuir. Comment était-il arrivé là? Il l’entendit se déshabiller et malgré lui, sa respiration s’accéléra.

Il fixa le mur avec une intensité nouvelle tandis que son lit grinçait sous le poids du nouvel arrivant.

-Alors Potter, murmura une voix railleuse à côté de lui, tu me cherchais, il parait ? Je suis là maintenant, et tu ne te retournes même pas pour me voir…

-Comment as-tu fais pour être ici ? demanda Harry toujours sans se retourner.

-Snape me l’a dit…Vous dormiez tous quand je suis entré…

-Et tu as pensé que venir dans mon lit serait une bonne idée, après cinq ans sans se voir.

Harry se retourna enfin, ses yeux lançant des éclairs. Draco était nu, magnifique et il était là. Pourtant, au fond de son cœur, l’ancien gryffondor savait que quelque chose clochait. Il n’eut pas le temps d’y réfléchir parce que Draco le regardait avec désir.

-Tu es toujours aussi beau, lui souffla Draco, tu m’as tellement manqué…

Harry crut que son cœur allait s’arrêter de battre, il y avait aussi tellement de tendresse dans ce regard.

-Pou-pourquoi as-tu utilisé le lien ? bégaya Harry. Tu as eu des problèmes ?

-J’ai été attaqué dans la rue par deux voyous mais ce n’était rien…Pourquoi ? Tu étais inquiet ? demanda Draco avec un sourire dans la voix.

-Non ! mentit Harry. Je me moque de ce qu’il peut t’arriver.

Le sourire de Draco sembla s’agrandir et il s’approcha doucement de lui. Sa hanche frôla celle de Harry qui frissonna.

-Ce n’est pas grave, souffla le serpentard. Moi, je suis content de voir que tu vas bien…Tu m’as manqué, répéta-t-il.

-Arrête de dire ça, souffla Harry troublé, tu me détestes, je le sais…

-Ah oui ? Alors pourquoi suis-je nu dans ton lit avec la folle envie de te faire l’amour ?

-A cause du lien, tenta Harry sentant une chaleur traîtresse se glisser au creux de ses reins après les mots du blond.

-Je me moque du lien, Potter, murmura Draco. Maintenant tais-toi et laisse-moi t’embrasser. J’en rêve depuis cinq ans.

Harry le regarda s’approcher encore, le cœur battant à tout rompre. Le visage de Draco planait au dessus du sien. Il le laissa l’embrasser, le corps en feu. C’était si bon…

Les mains du serpentard se posèrent sur son corps en même temps qu’il approfondissait le baiser. Harry gémit dans sa bouche et l’attrapa par la nuque lorsqu’il commença à le caresser. Il était si doux et si excitant à la fois…Il lui avait tellement manqué…

-Draco, souffla-t-il tandis que le blond enfonçait un doigt dans son anus.

-J’ai tellement envie de toi, répondit Draco d’une voix rauque.

-Viens, supplia presque Harry. Viens…

Il sentit Draco le préparer encore et le toucher et l’embrasser, puis doucement ses jambes furent écartées un peu plus.

-Regarde-moi, murmura Draco en caressant son front en sueur.

Harry leva les yeux vers lui et Draco le regardait avec tant d’amour qu’il trembla encore. Puis il poussa un cri muet en sentant le sexe dur de son mari s’enfoncer en lui tout doucement.

-Je t’aime, avoua-t-il des larmes de joie au fond des yeux.

Draco qui avait baissé la tête sous le plaisir la releva immédiatement et Harry sentit son cœur se glacer d’horreur.

Le visage de Draco était plein de sang et il pleurait de douleur.

-Tu m’aimes ? criait-il. TU M’AIMES ? ALORS POURQUOI LES LAISSES-TU ME FAIRE ÇA ?

Harry cria aussi. Draco s’était écroulé sur lui et il y avait du sang partout, sur les draps, sur Draco, sur lui.

Draco hurla de douleur avant de se remettre à pleurer de plus belle.

-J’ai si mal, sanglota-t-il. J’ai si mal…Je veux mourir…Tue-moi Harry, s’il te plait, tue-moi…Ne les laisse plus me toucher…Je t’en supplie…Achève-moi…

Draco lui tendait un couteau à présent, le suppliant de le tuer.

Ce fut à ce instant que Harry se réveilla en criant, le cœur battant douloureusement.

°O°O°O°O°O°O°

Lorsque Snape arriva en milieu d’après midi, Harry avait subit une autre perte d’énergie le matin, démontrant ainsi que Draco avait toujours des problèmes. L’ancien gryffondor n’avait plus fermé l’œil de la nuit et était allé s’affaler dans un fauteuil du salon, incapable de rester une minute de plus dans la chambre.

L’ancien professeur de potion n’avait pas changé. Il portait toujours sa robe noire, ses cheveux avaient toujours cet aspect douteux et il semblait aussi « joyeux » que jadis.

Il ne parut pas étonné de les voir Ron et lui avec Remus et les gratifia d’un de ses fameux rictus méprisant. Harry lui expliqua rapidement ce qu’il se passait.

-Je sais où il vit, dit Snape. Je l’ai rencontré juste après la bataille. Il voulait vivre chez les moldus. Voyez-vous Potter, c’est moi qui lui ai conseillé de faire ça. Les mangemorts ne sont pas tous morts et ceux qui reste ont disparu. Pourtant, juste avant la bataille, Voldemort a découvert, je ne sais comment, qui était votre époux. Il s’est promis de vous tuer et de tuer ensuite Draco mais heureusement il est mort avant. Pourtant, imaginez, le dépit du reste de ses fidèles. Vous êtes intouchable, ils ont compris à quel point vous étiez fort mais Draco est un traître à leurs yeux et j’imagine que leur haine s’est dirigée contre lui. Bellatrix a sous-entendu qu’il allait payer avant de disparaître.

-Bellatrix est morte, coupa Harry.

-Personne n’a retrouvé son corps, répondit simplement Snape.

-Mais si Draco courrait un danger pourquoi… ?

-Voyons Potter ! Vous le détestiez ! Il valait mieux qu’il se cache comme je me suis moi-même caché. Je lui ai donc parlé, je lui ai donné toutes mes économies que j’avais échangées en monnaie moldue et il est parti. Je lui avais laissé mon adresse en cas de besoin. Il ne m’a pas contacté pendant un an et puis un jour j’ai reçu un hibou. Il me donnait rendez-vous dans un café moldu à Londres. Il avait l’air en bonne santé. Il m’a dit qu’il s’était trouvé un appartement, et qu’il avait trouvé de quoi gagner sa vie. Il m’a remis de l’argent. « C’est à peu près un tiers de ce que je vous dois, m’a-t-il dit, je vous rembourserai le reste quand je l’aurai ». Je lui ai répondu que ce n’était pas la peine mais il m’a dit qu’il tenait à rembourser ses dettes. Alors j’ai pris l’argent parce que sinon ça aurait blessé sa fierté et un Malfoy est incroyablement fier. Il m’a aussi donné son adresse en me demandant si ça me dérangerait de lui envoyer la gazette du sorcier et d’autres magazines sorciers parce que son monde -comme il l’appelait- lui manquait et il n’osait pas envoyer son adresse directement. Il disait qu’il n’avait confiance qu’en moi. J’ai donc pris un abonnement à quidditch-mag, un autre à la gazette du sorcier et même un à sorcière hebdo et dès que je les recevais, je lui envoyais par courrier postal.

Snape s’arrêta un instant et son regard glissa sur Remus malgré lui.

-Et vous ne l’avez plus revu depuis? demanda Ron coupant court à ses songes.

-Je le vois, une fois par an, à peu près. Il passe toujours la journée avec moi pour mon anniversaire. Je ne savais même pas qu’il connaissait la date. Depuis, il m’a tout remboursé et il m’a dit aussi qu’il avait déjà dû semer des mangemorts mais il pensait qu’ils ne savaient pas où il habitait.

-Alors comment se fait-il qu’il ait déjà eu affaire à eux ? questionna Harry.

-Draco fait des courses de moto. Des courses non officielles parce que trop dangereuses. Mais il y a toujours beaucoup d’argent en jeu dans ces courses à cause des paris, d’après ce que j’ai compris. C’est comme ça que Draco gagne sa vie. Il n’est pas rare que des participants y laissent leur vie.

-Alors les mangemorts sont au courant qu’il participe à ses courses particulières, mais comment ? demanda Remus.

-Ça je l’ignore, avoua Snape, Draco lui-même l’ignore. Je pense qu’il n’a simplement pas eu de chance et un jour un sorcier peu recommandable a dû le reconnaître lors d’une épreuve. Dans ce genre de réunions, il y a peu de gens recommandables et Draco n’est pas le seul sorcier qui y traîne. Tous les coups sont permis, d’après ce qu’il m’a expliqué, il n’y a aucune règle.

-Pourquoi fait-il ça ? souffla Harry. C’est dangereux…

-Peut-être parce qu’il n’a plus rien à perdre, lança Snape en haussant les épaules.

-Sais-tu où a eu lieu la dernière de ses courses ? demanda Remus.

-Aucune idée, mais on en saura peut être plus en allant chez lui.

O°O°O°O°O°O°O

Draco vivait dans un immeuble moldu dans la périphérie de Londres. A première vue, la façade était peu reluisante et le quartier était de toute évidence un quartier pauvre. Des enfants jouaient dans les marches de l’escalier mais ils s’arrêtèrent et les regardèrent passer avec de grands yeux ronds. Harry entendit l’un deux s’esclaffer qu’ils étaient habillés comme des filles et il vit nettement Ron rougir. Draco habitait au troisième étage et ils forcèrent sa porte avec un Alohomora. L’appartement était petit mais propre et finalement assez agréable. On entrait directement sur ce qui semblait être le salon. Un canapé y trônait avec une table basse et ronde juste devant, une télé sur un meuble logeait un peu plus loin. Il y avait aussi une petite bibliothèque avec une chaîne Hi fi sur la gauche. Le tout donnait une atmosphère chaleureuse.

Une veste traînait sur le canapé et plusieurs livres étaient sur la petite table. Harry sentait son mauvais rêve de la nuit se dissiper à cette simple vue. Il trouverait Draco et il le ramènerait chez lui.

-Je crois que j’ai trouvé ! lui parvint la voix de Remus dans la pièce d’à côté.

Il revint avec une feuille.

-C’était aimanté sur la porte de son réfrigérateur. Apparemment il y avait une course il y a cinq jours à Diss, c’est une petite ville à l’est.

Harry regarda la feuille bleue qui montrait la photo d’une moto et son pilote en plein saut avec en gros en bas, le lieu, la date et l’heure de la course.

Cinq jours déjà…

Harry déglutit, une demi-heure plus tard après avoir revêtu des habits moldus, lui et Ron transplanaient pour Diss.

La ville était petite en effet et la nuit commençait à tomber lorsqu’ils arrivèrent. Le lieu de la course était à présent désert, bien entendu. C’était à terrain vague qui menait à une forêt immense.

-On va faire la tournée des bars, proposa Ron. Ce sont les jeunes qui participent à ce genre de truc, avec un peu de chance on tombera sur l’un d’eux.

Harry acquiesça, malheureusement la chance n’était pas avec eux. Il était à peine dix-neuf heures et les « fêtards » ne sortiraient pas avant un bon moment. Parmi les personnes qu’ils interrogèrent, certains avaient entendu parler de la course mais personne n’y était allé. Les plus vieux en parlaient avec un certain mépris. Ce genre d’activité était interdit par la loi et personne n’aimait le fait qu’une d’entre elle avait été organisée dans leur ville. Heureusement cette fois-ci la course n’avait fait aucun mort. Par contre, il y avait eu trois blessés.

Plus tard dans la soirée, ils tombèrent enfin sur un jeune qui avait l’air un peu plus au courant. Il avait assisté à la course en tant que spectateur. Il n’avait jamais entendu parlé de « Draco Malfoy » mais selon lui un des concourants lui ressemblait physiquement. On l’appelait « l’Eclair Noir » car il était toujours vêtu de noir et sa moto –une superbe bécane- était de la même couleur. Le jeune, qui s’appelait Michaël avait parié sur lui mais « l’Eclair Noir » n’avait pas assisté à la course.

Ron jeta un rapide coup d’œil à Harry. Ils pensaient tout les deux qu’il s’agissait de Draco.

-Sa moto est toujours dans le garage du vieux Nick, rajouta Michaël. Personne n’y a touché même si un bon nombre de gosses restent plantés à l’admirer en rentrant de l’école.

Harry hocha la tête. Cela voulait dire que Draco était toujours ici ou alors les mangemorts l’avaient emmené n’importe où.

-Y a-t-il d’autres étrangers en ville ? demanda Ron.

-Ouais, des gars bizarres qui se trimballent en robe noire…On dirait les membres d’une secte…Ils viennent de temps en temps acheter de quoi bouffer dans l’épicerie du vieux Dan mais je ne sais pas où ils crèchent. Mario, un de mes potes m’a dit qu’il en avait vu disparaître comme par magie du côté Ouest de la ville, là où il y a les plus vieilles baraques. Mais Mario a souvent un coup de trop dans le nez, passée une certaine heure…

Harry et Ron ne l’écoutaient déjà plus. Ainsi les mangemorts étaient encore en ville. Ils ne devaient pas penser une seule seconde que quelqu’un viendrait chercher Draco qui semblait n’avoir plus aucun contact avec le monde des sorciers.

Les deux anciens gryffondors se dirigèrent vers la partie Ouest de la ville, bien décidés, s’il le fallait à fouiller chaque maison de cette ville.

Les maisons étaient plus veilles de ce côté-là. Il était déjà très tard peut-être deux ou trois heures du matin. Ce fut à ce moment que trois mangemorts transplanèrent à une dizaine de mètres devant eux, Harry et Ron eurent juste le temps de se planquer derrière un buisson.

-Dépêchons, nous sommes en retard ! dit l’un d’eux d’une voix sèche.

-On les suit, souffla Harry.

Ron acquiesça. Leur filature ne dura pourtant pas bien longtemps. Au bout de quelques mètres les mangemorts disparurent de nouveau à l’aide semble-t-il d’un portoloin.

-Merde ! jura Harry en serrant les dents.

-Ils ne doivent pas être loin, murmura Ron. Séparons-nous, si on voit quelque chose de suspect, on lance une lumière rouge…

-Question discrétion on repassera, grogna Harry.

-Tu as une meilleure idée ? répliqua le rouquin.

Et comme Harry n’avait pas de meilleure idée, ils se séparèrent, prenant chacun une rue parallèle.

O°O°O°O°O°O°O

Draco venait d’assommer son gardien avec la chaise sur laquelle il était sensé être attaché. Le seul mobilier de sa charmante cellule. Il avait tellement tiré sur ses liens lors d’un des nombreux doloris qu’il avait reçu hier que les cordes avaient légèrement craqué. Sur le coup, il avait cru que c’était les os de ses poignets qui avaient fait ce bruit. Il avait passé la nuit à tenter de défaire ses liens. Cela avait été la pire nuit de toute sa vie, plus que les tortures parce qu’avec les tortures, il était heureux quand il perdait connaissance, il appelait l’inconscience de tous ses vœux. Mais pas cette nuit-là, cette nuit-là, il devait rester réveiller. Et les secondes à tirer sur ses liens lui semblaient des heures. Une éternité sans fin à lutter contre l’inconscience, à se dire que c’était inutile, que ça faisait mal. Mais il semblerait qu’il ait comme tout le monde un instinct de survie finalement assez développé et à un moment, ses mains poisseuses de son propre sang avaient glissée hors des liens.

Ensuite le gardien était venu, pour la séance de doloris nocturne mais Draco avec la force du désespoir l’avait assommé avec la chaise avant de prendre sa baguette. Il s’était enfui, étonné d’avoir encore assez de force pour avancer. Depuis combien de temps était-il prisonnier ? Quatre jours ? Cinq ? Six ? Il avait mal mais il courait…Il courait comme si sa vie en dépendait. Peut-être parce que ma vie en dépend, justement, avait-t-il pensé ironiquement. Puis il avait croisé un homme, un mangemort et pour la première fois de sa vie, il avait tué. L’adava kedavra avait glissé sur ses lèvres avec une simplicité déconcertante, il avait regardé la lumière verte frapper l’homme comme s’il était un spectateur qui voyait la scène de très loin. Il avait continué à courir, puis s’était arrêté pour vomir quand il avait réalisé soudainement que c’était bien lui qui venait d’assassiner quelqu’un.

Il s’était essuyé la bouche sur la manche de sa mince chemise. Il avait froid, il tremblait. Il devait se ressaisir et partir d’ici. Retrouver sa moto et rentrer chez lui…La vision de son petit appartement le réchauffa un instant mais le froid reprit rapidement le dessus. Il réussit à sortir de la maison sans rencontrer aucun autre obstacle, ce n’est que lorsqu’il franchit le pas de la porte qu’il entendit des cris. Apparemment, on venait de découvrir sa fuite. Il fallait qu’il s’éloigne rapidement. Il croisa un mangemort dans le jardin sombre et cette fois le sort mortel resta coincé dans sa gorge, à la place il lui jeta un sort d’endormissement. Il n’arriva pas à esquiver le cruccio que l’autre avait lancé au même moment mais il se releva presque immédiatement. La peur donnait des ailes et à ce moment-là Draco était mort de peur.

Il sortit du jardin en boitillant, traversa plusieurs rues, seulement éclairées par des réverbères. Il ne savait pas où il était, il savait juste qu’il devait s’éloigner le plus possible. C’est alors qu’il entendit du bruit sur sa gauche, au milieu d’une rue déserte. Il s’arrêta le cœur battant à tout rompre et pointa sa baguette en direction du bruit. Il ne voyait qu’une ombre mais l’ombre avait aussi une baguette.

-Lâche ta baguette ! ordonna Draco d’une voix rauque d’avoir trop crié.

O°O°O°O°O°O

Il semblait à Harry que le temps s’était arrêté lorsqu’il reconnut la voix de la personne en face de lui. Le timbre était un peu rauque mais c’était sa voix.

Il eut un tremblement et lâcha sa baguette. L’autre eut un mouvement de surprise et avança, la baguette toujours pointée dans sa direction avant de se retrouver éclairé par la lumière du réverbère.

Harry le voyait à présent et il crut qu’il allait se mettre à pleurer.

C’était étrange, après temps de temps à l’imaginer, après son rêve morbide où il le voyait en train de mourir, le voir vivant, en face de lui, lui donnait envie de pleurer.

Il n’était même plus capable de parler, étreint par une émotion trop grande. Draco ne l’avait toujours pas reconnu, car il était toujours dans l’ombre. Harry ne pensa même pas que le blond pouvait le prendre pour un mangemort et le tuer. Il ne pensa même pas à parler. Il le regardait simplement, incapable de faire autre chose.

Il le dévorait des yeux en réalité. Cinq ans sans le voir…Cinq ans

Il le trouvait encore plus beau que dans ses souvenirs. L’adolescent pourtant magnifique avait fait place à un homme époustouflant. Pourtant Draco Malfoy n’était clairement pas au mieux de sa forme. Les cheveux d’une propreté douteuse, une barbe de quelques jours, une mince chemise déchirée et tachée de sang et de terre sur son dos et un jean, sale lui aussi, complétait sa tenue avec -chose totalement improbable pour Harry- une paire de basket. En voyant ses chaussures Harry douta un instant que ce fut vraiment Malfoy. Peut-être, juste un type qui lui ressemblait beaucoup alors son regard s’attarda sur son visage et sa raison dû se plier à ce que son cœur avait déjà compris.

Le regard gris était glacé et pourtant un peu hésitant, c’était peut-être pour cela que Malfoy ne l’avait pas encore tué. Un mince filet de sang séché semblait avoir coulé de son front, une partie de ses cheveux blonds était teintée de rouge. Sa bouche n’était qu’un trait amer et malgré tout cela il se dégageait de lui une beauté époustouflante. Il ressemblait à cet instant à un démon sorti d’une bataille céleste.

Les baskets gâchent tout de même un peu l’effet, pensa-t-il bêtement.

Il était totalement incapable d’aligner deux pensées cohérentes, la seule qui lui venait, envahissant son cerveau, c’était qu’il devait prendre Draco dans ses bras.

De son côté, Draco se demandait pourquoi il n’avait pas encore tué l’homme dans l’ombre. Quelque chose l’en empêchait et ce n’était sûrement pas le fait que l’autre ait lâché sa baguette. Il sentait le regard de l’homme sur lui et cela le troublait physiquement et mentalement. Il venait tout juste de s’enfuir, il était blessé, fatigué, apeuré et savait que les mangemorts étaient à sa poursuite et pourtant il était incapable de faire un geste pour briser la magie du moment.

Qui était ce type ?

Un mangemort ?

Un simple passant ? Non, pas avec une baguette.

Alors qui ?

-Qui es-tu ? demanda-t-il enfin.

Alors l’homme sembla lui aussi sortir de sa transe et avança de quelque pas, de manière à être dans la lumière. Et Draco sentit son cœur s’emballer de telle manière qu’il pensa qu’il allait claquer sur place. Deux choix s’offraient à lui.

Soit cet homme était n’importe qui et Draco était victime d’un mirage.

Soit Harry Potter était bel et bien devant lui.

-Il faut que nous partions, dit la voix sèche de Harry, tu es blessé et j’ai déjà croisé trois mangemorts.

Au même moment, quelqu’un accourut vers eux et Draco qui avait pointé sa baguette dans cette direction, reconnut trois secondes plus tard, Ron Weasley.

Le rouquin était essoufflé et soulagé de les avoir trouvés.

-Malfoy ! commença-t-il d’un ton enjoué. On peut dire que tu nous as donné du mal. Ravi de te voir entier, vieux !

Draco plissa les yeux. Depuis quand Weasley l’appelait-il vieux ? Mais cette arrivée intempestive eu au moins le mérite de lui faire reprendre ses esprits. Potter était donc réellement ici, à quelques pas de lui, aussi silencieux qu’une tombe. Apparemment, le seul à peu près content de le voir vivant, c’était son ami le rouquin. De drôles de lumières sombres dansèrent un instant devant son regard en même temps qu’un voile de douleur s’abattait sur lui. Il semblerait qu’une fois les effets de l’adrénaline et de la peur envolés, la douleur se rappelait à son bon souvenir.

-Ne soit pas aussi familier Weasley ! siffla-il tout de même d’une voix qui n’avait, hélas, pas tout le mépris qu’il aurait voulu y mettre.

-Au moins, on est sûr que c’est lui ! reprit le rouquin, en soupirant. Allez les gars, on se bouge et on transplane loin de ce merdier !

Harry acquiesça et Draco ferma un instant les yeux sous la douleur.

-Je pars de mon côté, dit il enfin en fixant les yeux verts qui avaient tant de fois hanté ses rêves.

-Pas question ! lança la voix tranchante de Potter. Tu ne vas pas essayer de te débrouiller tout seul tout ça parce qu’à cause de ton mépris et de ton arrogance, tu pense en être capable ! Je n’ai pas fait tout ce chemin pour ça ! Tu ne t’en sortiras pas sans nous.

Draco écarquilla les yeux avant d’émettre un ricanement mauvais. C’est qu’en plus Potter avait l’air sérieux !

-Regarde-moi bien, le balafré ! dit-il de son habituelle voix traînante et plein de morgue. Je ne suis pas une victime innocente que le grand héros Harry Potter doit sauver. Je me suis sorti de là, tout seul, sans ton aide. Tu viens après la bataille, comme une fleur, et tu veux quoi ? Que je me fonde en remerciement et que je te tombe dans les bras ? Il n’y a même pas deux minutes, c’était toi, le héros du monde sorcier, qui était à ma merci. Ouvre les yeux, bon sang ! Je n’ai pas besoin de toi ! Maintenant je me tire, seul, comme un grand et j’espère ne plus te revoir !

Les tâches sombres devant ses yeux étaient de plus en plus nombreuses. Il vit Potter serrer les poings et ouvrir la bouche mais il n’entendit rien sauf l’étrange bourdonnement qui résonnait à ses oreilles.

La seconde d’après il perdit connaissance, sans pouvoir entendre Harry qui hurlait son prénom d’une voix affolée.

A suivre…

(1)Je n’ai pas l’habitude d’annoter mes chapitres mais en me relisant, cette phrase m’a fait rire. L’image des Inconnus avec leur sketch sur les présentateurs sportifs m’est venue et il n’a fallu qu’un pas pour imaginer Harry et Ron commentant les relations sexuelles de Remus en ponctuant presque toutes leurs phrases d’un « cela ne nous regarde pas ».

« -Il paraîtrait mon cher Harry, qu’il préfère la position de la levrette, enfin c’est ce qu’on dit dans les milieux qu’il fréquente, mais cela ne nous regarde pas.

-Evidemment mon cher Ron, ce n’est sûrement pas à nous de divulguer le fait qu’il se masturberait plus que de raison, cela ne nous regarde pas.

-Tout à fait Harry ! »

 

Bon je viens de comprendre pourquoi je n’annotais jamais mes chapitres…parce que mes notes sont définitivement trop longues et elles ne servent à rien. Tout ça pour dire que inconsciemment les Inconnus se retrouvent dans cette fic (les pauvres).

Bref voilà, les retrouvailles de Draco et Harry qui sont loin d’être idylliques mais je pense qu’ils sont encore incapables de ne pas s’envoyer d’insultes à la figure, ils font ça depuis qu’ils ont onze ans et les vieilles habitudes ont la vie dure mais ils sont plus matures et une fois l’effet de surprise passé ils vont peut être arrivé à trouver un terrain d’entente (si j’ai envie d’abord !).

J’espère que ça vous a plu.

A bientôt

Artoung (Sauvez Harry, laissez Draco tranquille !) (oui pour une fois je me mets de son côté mais c’est momentané, ne vous en faites pas)

 
 
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