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Harry se réveilla avec un mal de dos terrible. Il avait dormi sur canapé le moins confortable de la Création. Celui de Malfoy. Il essaya de ne pas grimacer en se levant. On pouvait dire que Malfoy n’était pas l’hôte le plus accueillant du monde. Il l’avait laissé planté dans le salon, sans même lui donner une couverture et après être sorti de la salle de bain, il s’était enfermé dans sa chambre. La lumière du jour l’avait réveillé. Il n’avait même pas pensé à fermer les volets de la porte vitrée qui menait au minuscule balcon, hier soir. Il s’était endormi assez facilement étant donné que cela faisait plusieurs jours qu’il n’avait pas fermé l’œil et s’était réveillé beaucoup trop tôt à son goût. Il regarda sa montre et constata qu’en effet il était juste sept heures du matin. Ses yeux se tournèrent involontairement vers la porte de la chambre de Malfoy. La décision qu’il avait pris hier soir, à savoir : sauver leur mariage, lui semblait à présent complètement irréalisable. Malfoy le détestait et si, lui, avait cessé de renier la partie de lui qui était amoureuse du blond, ce n’est pas pour autant qu’il n’était pas paumé. Il aurait préféré et de loin, ne rien ressentir du tout. Comment au juste devait-il si prendre pour arranger les choses ? Personne ne pouvait obliger quelqu’un d’autre à l’aimer, ou alors il fallait utiliser l’imperium mais cette solution n’en était pas une. Non, plus il y réfléchissait, plus il avait envie de tout laisser tomber. Il protégerait Draco de loin, le laisserait tranquille…Il avait vécu plus de cinq ans sans le voir, il pouvait reprendre cette vie. Ce simulacre de vie, rectifia une voix dans sa tête. Il en était là de ses réflexions lorsqu’on frappa à la porte. Il sursauta légèrement. Qui pouvait venir voir Malfoy à cette heure-là ? Il attrapa sa baguette doucement et s’approcha. Les mangemorts avaient peut-être trouvé la demeure de Malfoy… Oui, bien sûr et ils frappent poliment à sa porte dans l’espoir de boire un thé avant de le tuer sauvagement ? Sa propre ironie fit sourire Harry et deux nouveaux coups furent frappés. Il perdit vite son sourire quand il se rendit compte que la porte ne possédait aucun moyen de vérifier qui se trouvait de l’autre côté. Il plaça sa baguette dans sa main gauche et entrouvrit doucement la porte de sa main droite, de manière à ce que le visiteur ne voit pas son côté gauche. Il fronça les sourcils en s’apercevant que le visiteur était une visiteuse. Elle était assez jolie, les cheveux blonds coiffés à la mode des jeunes moldues, c'est-à-dire dans un dégradé compliqué. Les lèvres maquillées de manière à ce qu’on s’attarde sur elles, les yeux d’un bleu sombre, bordés de cils noirs, maquillés eux aussi. Et sa silhouette était fine et délicate. Harry la détesta immédiatement, elle et sa mini jupe. Elle n’était même pas vulgaire, mais élégante et séduisante. Il ne put s’empêcher de penser que ce devait être le genre de Malfoy. La jeune fille le regardait, évidemment surprise de le trouver là, à la place de Draco Malfoy. Mais elle se reprit vite et lui fit un sourire sympathique. Que Harry ne le lui rendit pas. -Bonjour, dit-elle, vous devez être un ami de Draco ? Harry décida d’être un poil plus aimable quand il s’aperçut que la jeune fille commençait à être inquiète. Il ne manquerait plus que cette miss perfection se mette à crier « Au voleur » dans l’immeuble. -Oui, je suis un vieil ami, acquiesça Harry, et vous êtes ? -Je vis juste au-dessus, je m’appelle Margaux, enchantée. Elle tendit sa main aux longs doigts délicats dans sa direction et Harry la prit à contrecoeur. Est-ce que ces mains avaient déjà touché la peau de Malfoy ? -Je suis Harry Potter, se sentit-il obligé de dire, Mal-Draco a la gentillesse de m’héberger pendant quelques temps. C’était son imagination ou les yeux de la fille brillaient dès qu’on prononçait le prénom de Draco ? -Oh alors on sera sûrement amené à se revoir. J’étais venu voir si je pouvais prendre le petit-déjeuner avec lui, avant d’aller en cours. Il cuisine divinement bien, n’est-ce pas ? Harry acquiesça ayant soudainement envie de jeter un sort très douloureux à cette pimbêche qui devait déjà avoir à son actif plusieurs dizaines de petits-déjeuners en compagnie de Malfoy. Et depuis quand Malfoy savait cuisiner ? Ce type ne devait même pas connaître la différence en une poêle et une casserole. C’est à ce moment-là qu’il comprit avec horreur qu’il connaissait sûrement moins son mari que cette femme. Elle devait être sa maîtresse…il devait lui faire l’amour avec passion et tendresse… Harry crut qu’il allait être malade, d’ailleurs il blêmît visiblement et sa main se crispa sur sa baguette. -Il dort encore, réussit-il à articuler tandis qu’un voile sombre dansait devant ses yeux et que la jalousie venait de balayer sa dernière parcelle de raison. -Oh, alors je ne vais pas vous embêter plus longtemps. Passez une bonne journée ! fit la fille en souriant aimablement, ignorant qu’un sort maléfique crépitait au bout de la baguette de Harry, de l’autre côté de la porte. L’instant d’après la porte claqua au nez de la jeune fille. Draco avait la main sur le battant et le souffle court. -A quoi tu joues, Potter ?! cria-t-il presque, encore sous le choc de ce qui avait failli de passer. Mais Harry n’avait aucune intention de lui répondre, il hésitait sérieusement entre défoncer cette porte avec ses poings s’il le fallait ou se retourner et plaquer Draco contre cette même porte et…, ben, le défoncer aussi… Mais Draco s’éloignait déjà, l’effarement faisant peu à peu place à la colère. -Bordel, tu allais jeter un sort à cette fille ! s’exclama-t-il en se tenant les cheveux. La jalousie de Harry s’effaça quasiment aussi vite qu’elle était venue, il prit alors conscience de la tenue de Draco. Il portait en tout et pour tout un pantalon de pyjama rayé, bleu et gris. Il avait dû entendre leur voix, alors il avait sorti la tête discrètement de sa chambre pour constater que Harry allait commettre un crime, il s’était précipité sur la porte directement et maintenant il était là, en face de Harry, profondément agacé et quasiment nu. -Je…ne sais pas ce qu’il m’a pris, murmura Harry les yeux rivés sur le corps pâle. -Quand je pense que si je n’étais pas intervenu, tu aurais…Tu n’as même pas l’air de réaliser, bon sang ! Harry plissa les yeux. Malfoy semblait bien inquiet pour cette fille. -Calme-toi, il ne s’est rien passé, et je n’allais pas l’attaquer, mentit Harry, c’était juste au cas où il s’agissait d’un mangemort. Au moindre comportement suspect j’aurais été prêt. -Ce n’était pas un mangemort, c’était ma voisine ! fit Draco glacial. Une moldue ! -C’est ce qu’elle a dit en effet, mais elle aurait très bien pu mentir…J’ai simplement été prudent. Il faut bien que l’un d’entre nous le soit. N’en parlons plus, elle est entière et doit à l’heure qui l’est simplement me prendre pour le type le plus impoli au monde. Mais Draco ne semblait pas goûter la tentative de plaisanterie de Harry et lorsqu’il parla sa voix était chargée de menaces. -Je te préviens Potter, si jamais, à cause de ta stupidité, je devrais renoncer à ma vie ici, je te ferais payer le prix au centuple et ta vie à toi deviendra un enfer. C’est clair ? -Tu es effrayant Malfoy, répondit Harry ironiquement. Mais ne t’en fais pas, ta vie qu’elle soit ici ou ailleurs m’importe peu. -Evidemment, siffla Draco froidement avant de retourner dans sa chambre. Harry le regarda partir se rendant alors compte que sa petite entrevue avec la voisine de Malfoy avait eu au moins un avantage. Il était plus motivé que jamais et sauver son mariage était de nouveau à l’ordre du jour. O°O°O°O°O°O°O°O Harry n’osait pas se rendre chez lui pour prendre des affaires. Il avait peur que Malfoy en profite pour fuir, aussi avait-il appelé chez Hermione et Ron. Son meilleur ami devait passer en milieu d’après-midi avec tout ce qui lui manquait. Il n’allait plus tarder à présent et Malfoy qui avait passé la journée à l’éviter avait à peine haussé un sourcil mécontent quand Harry lui avait dit que Ron venait. L’ancien gryffondor devait bien reconnaître que pour l’instant le blond faisait un réel effort pour ne pas s’énerver contre lui. Il avait même préparé à manger à midi et Harry s’était aperçu plus tard, en allant dans la cuisine, que Malfoy avait laissé une part considérable de ce qu’il avait fait. Cela sentait bon et Harry, qui commençait sérieusement à avoir faim, avait mangé sans poser de question, en espérant que Malfoy ne le tue pas. Peut-être que s’il restait une part, c’était parce que le blond la gardait pour ce soir...Quoiqu’il en soit il devait avouer que la voisine avait raison, Malfoy cuisinait bien…il aurait préféré qu’elle ait menti, cela aurait voulut dire qu’elle n’avait jamais goûté la cuisine de son mari. Draco, à part donc son séjour dans la cuisine, avait passé la journée dans sa chambre. Harry s’était abruti devant la télé, s’ennuyant à mourir et attendant impatiemment la venue de Ron. Il était 16 heures passées quand on frappa à la porte. Draco sortit de sa chambre, en marmonnant que c’était à lui d’ouvrir sa propre porte. Il avait un peu peur que l’épisode du matin même se reproduise et ne voulait surtout pas prendre de risque, mais il préfèrerait avaler sa langue plutôt que d’avouer ça à Potter. Il ouvrit donc avec une bonne humeur inexistante sur Ronald Weasley qui portait une valise dans chaque main. Mais le visage de Draco s’éclaira quand il aperçut derrière le rouquin, Hermione Granger. -Salut Malfoy ! s’exclama Ron. J’espère que ça va mieux que la dernière fois, Harry s’est bien occupé de toi au moins ? -Bonjour Draco, fit la jeune femme en souriant joyeusement. On peut rentrer ou tu nous laisses sur le palier ? Draco refusa d’analyser la phrase de ce stupide rouquin et s’effaça pour laisser entrer le couple. Il eut un léger mouvement de surprise en voyant une petite fille rousse, accrochée timidement à la main de Granger. -Je te présente Melody, fit fièrement Hermione. -Elle te ressemble, articula Draco sans quitter l’enfant des yeux. Hermione eut l’air vraiment contente qu’il dise ça. Etant donné que sa fille était rousse avec des tâches de rousseur, tout le monde disait qu’elle ressemblait à son père mais elle avait le même visage fin de sa mère et déjà un regard un peu plus sage que celui des enfants de son âge. La fillette se jeta dans les bras de son parrain dès qu’elle l’aperçut et Draco fut un instant troublé par le sourire enchanté de l’ancien gryffondor. -Hermione voulait absolument te voir, Malfoy, se justifia Ron, alors j’ai amené toute la petite famille…j’espère que… -C’est bon, coupa Draco, tu as bien fait. Je suis heureux de te revoir Hermione, même si tu as, semble-t-il, décidé de poursuivre la descendance des belettes. -Et encore, un autre est en route ! sourit Hermione en caressant tendrement son ventre. Malfoy semblait vraiment content de revoir Hermione, enfin c’était l’impression que Harry avait. Il avait dû vraiment se sentir seul toutes ces années, sans plus rien pour le rattacher à son passé. Hermione et Draco ne tardèrent pas à s’installer à la cuisine autour d’un thé et de petits gâteaux à parler de tout et de rien. En réalité, c’était surtout Hermione qui parlait, Draco ne serait sûrement jamais un grand bavard. Il écoutait poliment en souriant de temps en temps. Harry remarqua que même s’il ne poussait pas des exclamations de joie, il n’avait plus du tout l’air froid qu’il avait en sa compagnie. Il était d’une beauté sereine qui donnait envie de se blottir dans ses bras et de ne plus y bouger. Harry poussa un léger soupire triste n’écoutant déjà plus sa filleule qui lui parlait d’escargot. Il faut dire que ce sujet n’était pas celui qu’il préférait. -Maman m’a dit que Draco était ton mari, c’est vrai ? demanda Melody en regardant elle aussi Malfoy. Harry revint sur terre et jeta un bref coup d’œil à Ron qui haussa les épaules, l’air de dire qu’il devait se débrouiller. -C’est vrai, approuva Harry doucement. La fillette eut alors tout à coup les larmes aux yeux et se mit à pleurer, attirant l’attention des deux personnes dans la cuisine. -Que se passe-t-il ? demanda Hermione, alarmée. Melody était déjà dans les bras de Ron et se faisait bercer par son papa. -Je n’en sais rien, elle s’est subitement mise à pleurer, dit Harry. -Allons mon cœur, murmurait Ron, qu’est-ce qu’il se passe ? Tu ne veux pas le dire à papa ? La fillette hoqueta un peu et se blottit un peu plus contre son père. -Je voulais épouser parrain quand je serais grande, renifla finalement Melody au bout d’un moment, mais il est déjà amoureux de Draco… -Je vois, sourit Ron, faisant semblant de ne pas voir que Draco et Harry s’étaient subitement tendus, ne t’inquiète pas mon poussin. Harry ne te méritait pas de toute façon, si tu veux mon avis. Il est trop vieux pour toi et pas assez beau, ni assez intelligent… -Sympa, grogna Harry faisant rire Melody. -Regarde-le, reprit Ron en la tournant vers son meilleur ami, il se fait déjà un tour de rein quand il te porte maintenant alors imagine quand tu auras vingt ans. Non, il n’a pas la carrure pour ça, ce petit vieux. Et puis il s’habille comme un ringard, rajouta Ron en baissant la voix. Cette fois, Melody pouffa en approuvant son père, Hermione aussi souriait et Harry crut voir un micro sourire orner les lèvres de Malfoy. -Et ton père ne s’est pas vu ! répliqua Harry, acerbe. -Mon papa, c’est le plus beau ! s’écria Melody, outrée. Harry leva les mains en signe de défaite, souriant à son tour. La petite fille jeta un coup d’œil mi-inquiet mi-timide à Malfoy qui se sentit obligé de lui faire un sourire rassurant. -Draco aussi, c’est le plus beau, souffla-t-elle, quand il sourit. N’est-ce pas, parrain ? L’ancien gryffondor vit nettement Malfoy pâlir et s’empressa de changer de sujet de discussion. Ron lui jeta un regard sévère qui voulait dire qu’il aurait dû sauter sur l’occasion pour complimenter Draco mais Harry ne se sentait vraiment pas prêt d’essuyer les sarcasmes qui ne manqueraient pas de suivre. Lorsque la famille Weasley partit deux heures plus tard, Malfoy retourna dans sa chambre sans même lui jeter un regard. °O°O°O°O°O°O°O°O°O° Draco avait su, dès le début que sa cohabitation avec Potter allait forcement mal se passer mais il n’aurait pas cru qu’il perdrait sa sacro-sainte maîtrise de lui dès le premier jour. C’était pourtant ce qui était en train d’arriver. Seul, allongé dans son grand lit, des larmes de rage aux yeux, Draco avait glissé sa main dans son pantalon. Il y avait d’abord eu ce matin, quand il avait vraiment cru que Potter allait s’attaquer à sa voisine. Margaux était une étudiante sympathique, un peu amoureuse de lui, Draco n’était pas aveugle au point de ne pas s’en rendre compte. Mais elle était charmante et elle le complimentait sur sa cuisine. Au début de sa vie de moldu Draco ne savait même pas se faire cuir un œuf aussi était-il particulièrement fier quand il réussissait un plat. Cela avait été la même chose quand il avait compris le fonctionnement de la laverie automatique en bas, ou encore celui du four ou de la machine à café. Il n’avait jamais osé demander aux moldus de l’aide donc ses débuts avaient été très laborieux mais il était arrivé tout seul, même s’il avait fait exploser, une télévision, un grille-pain, deux téléphones portables avant d’en arriver là. Donc Margaux était, certes une voisine parfois un peu saoulante mais de là à la prendre pour un mangemort et à vouloir la tuer… Potter était décidemment un idiot. Draco se mordit les lèvres lorsque sa main s’enroula autour de son sexe vibrant. Avoir Potter chez lui n’avait rien de facile. Pourtant l’ancien gryffondor avait été plutôt discret et lui-même avait passé la majeure partie de la journée enfermé dans sa chambre. Mais Draco savait que Potter était chez lui. Ça tournait dans sa tête, le mettant successivement dans un état de joie intense et d’abattement profond. Il avait décidé de faire comme si l’ancien survivant n’existait pas et en même temps il lui avait préparé à manger. Il ne voulait faire aucun effort pour montrer à Potter qu’il avait changé mais il avait des sueurs froides dès qu’il l’imaginait en train de partir de chez lui. Il croyait vraiment qu’il allait devenir fou à force de tourner tout ça dans tous les sens. Toute cette situation était vraiment difficile. Il y avait ce qu’il pensait qui était en parfait désaccord avec ce qu’il ressentait. Sa magie ne cessait de bouillir en lui comme une cocotte minute sur le point d’exploser et Draco avait vraiment très peur de ne pas réussir à la contrôler. Il sentait qu’il pourrait très bien se jeter sur Potter à ce moment-là…Peut-être même serait-il incontrôlable au point de violer son mari ? Draco était effrayé par ça, plus que par tout le reste. Il ne voulait pas faire de mal à Potter, malgré le fait qu’il s’échinait à penser qu’il le détestait, il n’était pas un monstre, il n’était pas un violeur. Mais s’il perdait le contrôle… Il avait la nausée rien que d’y penser… Les amis de Potter étaient ensuite arrivés, faisant retomber la pression. Melody était une fillette pas trop mal pour une Weasley, amoureuse de Potter bien sûr, comme toutes les sorcières en ce bas monde et un peu pleurnicharde aussi –quelle idée d’être triste parce que Potter n’était pas libre- mais Draco supposait que c’était de son âge. Et il ne l’aurait avoué pour rien au monde mais il avait eu un pincement de jalousie en voyant la vie du miséreux. A lui seul, Weasley semblait aussi heureux, que les cent derniers gagnants du loto réunis. Il rayonnait tellement de joie que c’en était indécent. Si un jour on lui avait dit qu’il éprouverait de la jalousie envers Weasley, Draco aurait éclaté de rire. Mais s’il regardait la vérité en face, il avait quoi lui ? Une vie moldue, se retournant sans cesse pour voir si un mangemort n’était pas en train de le suivre. Il y avait des mois où il avait du mal à joindre les deux bouts, il faisait des courses de motos clandestines pour vivre et cette situation était vraiment bancale. De plus, il pouvait affirmer avec certitude que s’il lui arrivait un accident, personne ne viendrait le pleurer. Le seul membre de sa famille encore en vie était en prison et Draco ne pouvait pas le voir, puisqu’il se terrait lui-même de son coté. Il était marié, certes, mais à un type qui le détestait et qui devait rêver de l’étrangler de ses propres mains. Et pire, depuis que le type en question était réapparu dans sa vie, il sentait que sa magie essayait de prendre les voiles et de laisser exploser sa joie. Il imaginait sans mal ce qu’il se passerait. Il y aurait sûrement des tas de cœurs d’un affreux rose virevoltants partout qui exploseraient finalement en millier de paillette, un peu partout dans le quartier. Il se retrouverait lui-même tout nu avec une rose entre les dentsdevant un Potter totalement abasourdi ou alors mort de rire. Mais le rire de Potter s’arrêterait vite quand la pièce dans laquelle ils seraient, se changerait en chambre avec un immense lit et là, la peur apparaîtrait dans ses yeux. Mais il sera trop tard…Draco lui ferait du mal… Il n’avait bien entendu aucune certitude que cela se passe comme ça mais il ne voulait prendre aucun risque. Il émit un rire nerveux qui se transforma en gémissement alors que les mouvements de sa main de faisaient plus rapides. A qui espérait-il faire croire qu’il réussirait à garder le contrôle ? Cela ne faisait qu’un jour et déjà il se masturbait comme un possédé juste en sachant que Potter était sans doute endormi de l’autre côté de la cloison. Déjà, il imaginait le cul de Potter à la place de sa main et il mordait son autre main pour ne pas gémir le prénom maudit qui commençait pas Ha et finissait par Ry. Il pleurait aussi, à sa plus grande honte mais ça faisait mal autant que ça faisait du bien. Car il n’y avait pas de Harry dans sa chambre, il n’y avait que sa main, franchement incapable de remplacer ce putain de balafré mais qui essayait tout de même… Il ne voulait pas ça mais il jouit quand même, quelques minutes plus tard, le cœur battant vite et les yeux fermés. Potter devait partir…il le sentait. Il devait partir avant qu’il ne soit trop tard. O°O°O°O°O°O°O Le lendemain, le visage de Malfoy était tellement neutre et froid que Harry ne pouvait certainement pas imaginer ce qu’il avait fait dans sa chambre en pensant à lui. Le blond semblait encore le haïr un peu plus aujourd’hui. Pourtant, Harry pensait qu’il avait déjà atteint son maximum, à croire que quand il s’agissait de le détester, Malfoy faisait preuve d’une surprenante fougue et allait jusqu’au bout des limites humaines. Apparemment aussi, le cloisonnement de l’ancien serpentard dans sa chambre ne semblait plus d’actualité. Il était parti courir, plantant Harry comme un crétin chez lui. Le survivant avait un peu rangé le salon, enfin, il avait rangé ses affaires quoi. Malfoy n’avait fait aucune remarque mais le regard hargneux qu’il avait posé sur les vêtements de Harry qui avaient le malheur de traîner par terre était plus éloquent qu’une demi-douzaine de critiques. Il aurait voulu profiter de l’absence de Malfoy pour appeler Ron et lui demander des conseils, après tout le rouquin avait réussi son mariage, lui ! Peut-être que le fait que son épouse soit consentante au moment de l’union y était pour quelque chose…mais malgré tout, Harry espérait que son ami ait quelques tuyaux à lui donner. Il n’eut pourtant pas l’occasion de décrocher le téléphone car on frappa à la porte. Il fronça les sourcils, pensant directement à la pimbêche de la veille. Elle n’allait pas quand même tenter de s’incruster tous les jours !? Il attrapa quand même sa baguette au cas où ce serait quelqu’un d’encore plus indésirable. Quoiqu’à la réflexion, il préférait encore voir des mangemorts que cette sangsue. Il ouvrit la porte prudemment mais fut tout de suite soulagé, il n’y avait ni mangemort, ni greluche. Snape et Lupin se tenaient devant le palier, chacun se tenait à une distance respectable de l’autre et semblait faire comme si l’autre n’existait pas. -Que faites vous là ? demanda Harry en s’effaçant pour les laisser entrer. -Je vois que ce n’est pas la politesse qui vous étouffe Potter, râla Snape. Je viens prendre des nouvelles de Draco. -Bonjour Harry, fit Remus avec un petit sourire gêné, je venais voir comment vous alliez, Draco et toi. J’ai croisé Snape devant l’immeuble. Harry pouvait facilement imaginer à quel point cette situation devait mettre les deux hommes mal à l’aise. Le destin avait décidément un sens de l’humour tout à fait relatif. -Draco est allé courir, leur apprit Harry, mais que diriez-vous de prendre une tasse de thé en l’attendant. En vérité, si Harry était content de voir Remus, il aurait préféré que Snape ne soit pas de la partie mais il pensa à juste titre que Draco serait heureux de lui parler alors il fit un effort pour l’accueillir convenablement. -Vous faites une parfaite maîtresse de maison, railla Snape. -Et vous, vous faites chier, répondit Harry qui décida de laisser tomber l’accueil aimable. Snape eut alors un sourire cruel et Harry fut sûr que l’ancien maître de potion devait prendre son pied simplement en sachant qu’il arrivait toujours à emmerder Harry Potter. Remus eut un soupire d’exaspération et alla lui-même dans la cuisine faire chauffer l’eau, les autres le suivirent en se lançant des regards noirs. -Alors comment ça se passe Harry ? demanda enfin Remus tandis que Harry sortait des tasses et différents sachets de thé. -Bien, bien, marmonna le survivant, ne voulant surtout pas parler de ses problèmes devant Snape. -En tous cas, vous ne vous êtes pas entretués, commenta Snape, c’est déjà ça. En venant ici, je m’attendais à trouver votre cadavre, Potter. Malfoy a décidemment une maîtrise de lui surhumaine. Moi à sa place, je n’aurais pas tenu deux minutes et… -Ça va, coupa Remus d’une voix sèche, on se moque de ce que tu aurais fait à la place de Draco. Laisse-le un peu tranquille ! -J’entretenais simplement la conversation Lupin, siffla Snape. Et je pense que Potter est capable de se défendre tout seul. Harry grimaça sentant déjà que Snape allait enchaîner sur sa soi-disant célébrité et encore une fois il ne se trompa pas. -Alors Potter, savez-vous que vos fans se languissent de vous. Cela va faire trois jours que vous ne faites pas la une des journaux, c’est votre record, je crois… -Je ne savais pas que vous suiviez mes péripéties à travers les magazines, professeur. Il faut croire que je vous obsède…fit Harry en souriant méchamment. -J’aimerais ne pas voir votre tête dès que j’ouvre un journal, mais hélas cela semble impossible. La seule chose qui m’obsède chez vous Potter, c’est que je me demande comment vous arrivez à faire en sorte que la population ne voit pas l’affreux petit imposteur que vous êtes ! -Que voulez vous dire ? demanda Harry hargneusement pensant déjà que Snape parlait de Voldemort. J’ai toujours dit que je n’étais pas seul à avoir gagné la guerre et… -Je ne parle pas de ça, coupa Snape, avec un sourire mauvais. Je parle de votre situation matrimoniale…Comment s’appelait votre dernière petite amie, déjà ? Une chanteuse, je crois ? Rhaaa, son nom m’échappe complètement, Liana ? Non ça, c’était celle d’avant…Sabine ? Non plus…ça, c’était la fille du ministre. Mary ? -Morgane, coupa une voix glaciale. Elle s’appelle Morgane. N’est-ce pas, Potter ? Personne n’avait entendu Draco rentrer qui lui apparemment avait bien suivi leur conversation. Il se tenait dans l’embrasure de la porte de la cuisine et toisait Harry froidement, les yeux brûlants d’une haine féroce. Il attendait une réponse et un silence pesant s’était installé dans la cuisine. -Et bien Potter, tu es bien silencieux ? cracha presque Draco. C’était Morgane la dernière en date ou je suis en retard dans mes statistiques ? -Draco…commença Harry, assez gêné. -Tu sais, tu n’as pas à te sentir mal à l’aise. Il était prévu depuis le début que chacun fasse sa vie de son côté. Parfois même, je m’amusais à compter combien de fois tu m’as fait cocu… Draco eut un rire qui n’avait rien de joyeux. Harry était mortifié. Il se souvint que Snape lui avait dit qu’il envoyait des journaux sorciers à Malfoy…donc l’ancien serpentard devait penser qu’il avait eu une multitude de conquêtes. C’était vrai que Harry avait eu des aventures, c’était vrai aussi qu’au début il voulait obtenir le plus de sexe possible pour oublier ses nuits avec Draco. Alors oui, il avait eu des maîtresses et même deux amants mais il s’était peu à peu calmé et à présent les trois quart des aventures que les journaux à scandale lui prêtaient n’étaient que des foutaises. Remus et Snape étaient incroyablement gênés. Ils se trouvaient au milieu de ce qui semblait être une scène de ménage et tous deux auraient donner n’importe quoi pour se trouver autre part à présent. Surtout que Malfoy semblait vraiment mauvais ce matin -Au cas où tu te le demanderais Potter, poursuivit impitoyablement le blond, même si je n’ai pas mes aventures sexuelles étalées dans les journaux, je peux te dire que… -Tais-toi ! -Pardon ? Harry s’était levé aussi pâle qu’un mort refusant d’entendre ne serait-ce qu’un mot de plus sur la vie sexuelle de Malfoy. L’ancien serpentard le dévisageait avec un mélange d’étonnement et de colère, puis finalement il poussa un soupire agacé et se força à sourire aux deux autres hommes. -Potter a raison, ce n’est vraiment pas le moment de parler de ça. Je n’ai même pas pris le temps de vous saluer. Comment allez-vous ? Draco souriait aimablement à Snape et à Lupin à présent qui se dépêchèrent de se jeter sur ce nouveau sujet de conversation. Le comportement de Malfoy avait changé du tout au tout en trois secondes, ce qui était vraiment impressionnant. Il fit la conversation à Snape et à Lupin comme si les deux hommes étaient attendus alors qu’ils étaient venus à l’improviste, il ne tourna plus le regard une seule fois vers Harry qui avait toujours l’impression qu’un train venait de lui passer dessus. Il ne savait pas comment la conversation précédente avait pu avoir lieu. Comment était-il sensé sauver son mariage ? Malfoy venait clairement de lui dire qu’il pouvait s’envoyer la terre entière, il n’en avait rien à faire. Plus Harry y pensait et plus il comprenait que ce Malfoy plus vieux n’avait rien à voir avec celui qu’il avait connu. Avant, Malfoy semblait ne pas pouvoir le voir en peinture et pourtant il était indéniable qu’une partie du blond était attiré par lui, sinon ils n’auraient jamais couché ensemble. A présent, Harry avait l’impression qu’il était le seul à être touché par la magie du lien. Le seul à éprouver quelque chose de positif. Lorsque la porte se referma sur Severus et Remus, Draco se tourna enfin vers lui avec un sourire froid. -Potter, commença-t-il d’un ton doucereux, puis-je savoir pourquoi mon quartier grouille d’Aurors ? Harry se mordit les lèvres. Hier, il avait demandé au Ministre une protection autour de l’habitat de Draco, il n’en avait pas parlé au blond pensant que ça le fâcherait et il avait espéré que les Aurors soient discrets…apparemment il s’était trompé. -C’est moi qui ait fait la demande, avoua Harry. -Formidable ! cingla Draco. Je courais tranquillement et j’en ai croisé au moins trois ! Enfin j’ai supposé que c’était des Aurors, le premier se baladait en pyjama, le deuxième comme un cycliste mais sans vélo, et le troisième avait un sac à main qui jurait totalement avec sa tenue d’homme d’affaire. C’est ridicule ! -Ils ont encore du mal avec le camouflage, constata simplement Harry en haussant les épaules. Il n’y était pour rien après tout si les Aurors n’étaient pas parfaitement au point. Ce n’était pas son boulot et puis ce n’était pas bien grave tant qu’ils surveillaient les environs. -Et les gens dans l’immeuble me regardent bizarrement ! Hier, Weasley et aujourd’hui Snape, se sont ramenés en robe. Je n’ose imaginer ce qu’ils doivent penser. -Que tu as des amis qui aiment se travestir ? dit Harry dans une tentative d’humour. Draco se contenta de lui jeter un regard noir. -Je veux voir mon père, Potter. Le plus vite possible. Harry acquiesca doucement. -J’ai aussi demandé ça au ministre hier. On aura l’autorisation d’y aller d’ici une semaine. -On ? demanda Draco en plissant les yeux. -Je viens avec toi et ce n’est pas discutable, répondit Harry d’un ton un peu plus sec qu’il ne l’aurait voulu. Mais il avait peur que le blond tente de le persuader de le laisser y aller seul. Cependant, encore une fois, Malfoy sembla contenir sa colère et s’en alla dans la cuisine s’occuper pour ne plus penser à l’envie qu’il avait de secouer Potter comme un prunier jusqu’à ce qu’il arrête de semer le trouble dans sa vie. O°O°O°O°O°O La cohabitation entre Harry et Draco n’avait rien d’une réussite, c’était le bilan qu’on pouvait faire une semaine plus tard. Harry essayait tant bien que mal de se montrer aimable, enfin disons plutôt qu’il essayait de se faire le plus petit possible pour ne pas énerver Malfoy encore plus. Il avait tenté plusieurs fois d’avoir avec le blond des discussions civilisées mais ce dernier réagissait comme une bête traquée, refusant de baisser sa garde ne serait-ce qu’une minute. Il faut dire que le comportement, anormalement agréable de Potter, était pour Draco une constante source d’inquiétude. Il aurait préféré encore passer son temps à s’engueuler avec lui, là il aurait été sur un terrain connu. Mais non, Potter lui demandait dès le matin s’il avait bien dormi avec cet espèce de sourire intimidé vraiment, vraiment troublant. Draco bien sûr ne répondait pas et ne lui retournait encore moins la politesse, pensant que Potter se foutait de lui, que la nuit dernière il avait dû gémir son prénom un peu trop fort et que le balafré avait compris qu’il se masturbait en pensant à lui…et tous les matins il lui demandait s’il avait bien dormi avec son air innocent. Draco se voyait très mal lui répondre : J’ai dormi comme une masse, après m’être branlé comme un possédé parce qu’hier soir quand tu m’as souhaité une bonne nuit, tu étais torse nu. Parce qu’il y avait ça aussi ! Potter était certes discret la plus part du temps –en réalité il agissait le plus souvent comme s’il marchait sur une corde raide et tremblait à l’idée de faire le moindre faux pas- mais Draco avait comptabilisé qu’en une semaine, il avait vu l’ancien gryffondor, trois fois torse nu, deux fois en caleçon et une fois sortant de la douche avec simplement une serviette autour de la taille et beaucoup de goutte d’eau sur tout le reste du corps. Ces brefs aperçus du corps plus ou moins dénudé de Potter, Draco s’en serait bien passé, ils alimentaient encore son imagination déjà trop débridée. Le pire dans tout cela, c’était sûrement le fait que Potter était le seul à lui faire autant d’effet. A croire que ses hormones avaient mis une option sur le survivant. Draco avait hâte que tout soit terminé. Et même s’il ne l’avouerait jamais à Potter, il espérait pouvoir reprendre une vie de sorcier. Même s’il ne considérait plus les moldus comme des êtres inférieurs, ce monde n’était tout simplement pas le sien. La magie au quotidien lui manquait. Devoir se cacher lui pesait. Il voulait avoir un avenir un peu plus reluisant que celui qui semblait l’attendre. Faire des courses de moto, ça n’allait durer qu’un moment, un jour ou l’autre il se planterait ou il ne serait plus assez fort. Draco trafiquait beaucoup sa moto, magiquement parlant, ce qui lui donnait un sérieux avantage face aux compétiteurs moldus mais il ne considérait pas ça comme de l’anti-jeu puisque tout le monde dans ce genre de courses trafiquait son engin ou même carrément la piste. Tous les coups étaient permis et de toute façon, Draco avait repéré qu’il n’était pas le seul sorcier à s’abonner à ce genre de passe-temps. Il y avait notamment un groupe de trois jeunes, ils ne devaient même pas avoir la vingtaine. Ils étaient amis, d’après ce que Draco avait compris et ils avaient aussi repéré que Draco était l’un des leur mais l’ancien serpentard ne pensait pas qu’ils l’aient reconnu. Il ne pensait pas non plus que ce soit eux qui l’aient vendu aux mangemorts, pour la simple et bonne raison que le soir de son kidnapping, les mangemorts s’étaient d’abord attaqués au blond de la bande, sûrement pensaient-ils de loin qu’ils s’agissaient de lui. Pour tout dire, Draco aimait assez qu’il y ait d’autre sorcier dans la course, il y avait même eu une course où il était quasiment sûr que la moitié des participants en étaient. D’après lui, ce genre de course devait commencer à avoir un sérieux public au sein des jeunes sorciers casse-cou et d’ici peu des courses uniquement sorcières auraient lieu et Draco espérait bien en faire partie. S’il arrivait à reprendre une vie normale, il n’aurait alors plus aucune raison de se cacher et donc plus de raison d’avoir peur d’être reconnu et il pourrait côtoyer ses semblables sereinement. Enfin pour l’instant, tout cela était encore du domaine du rêve. La réalité était qu’il allait devoir trouver de l’argent. Il n’avait pas pu concourir la dernière fois et avoir en plus Potter à sa charge commençait à devenir problématique. Il savait qu’il lui aurait suffi de demander de l’argent au balafré mais il ne voulait pas qu’il comprenne à quel point tous les mois il avait peur de ne pas réussir à payer son loyer et surtout il ne voulait rien lui devoir. Il voulait toujours paraître à ses yeux, comme le garçon richissime aux vêtements hors de prix. A présent, il avait des habits moldus simples mais néanmoins sympas. Ce n’était pas parce qu’il faisait attention à ce qu’il achetait qu’il manquait de goût. Un Malfoy avait et aurait toujours du goût et de la classe, c’était génétique. Par contre, il n’avait que ses vieilles affaires de sorciers avec lesquels il était parti il y a cinq ans. Cela tenait à peine dans un sac et en plus d’être vieux et démodé, Draco était sûr qu’elles ne lui allaient plus. Il était un peu plus grand et un peu plus musclé aussi qu’à ses dix-sept ans. En vérité, il ne les avait pas réessayé depuis de peur de s’apercevoir qu’elles lui allaient encore parfaitement et qu’il ne s’était pas tant étoffé que ça. Draco avait donc décidé d’assister à une course qui devait avoir lieu la nuit dans une zone industrielle de Londres, le soir même de son rendez-vous à la prison. Il n’avait pas encore mis Potter au courant, ayant l’étrange pressentiment que cela n’allait pas lui plaire et Draco n’était pas encore prêt à avoir cette discussion. Il espérait aussi que Potter soit parti de chez lui d’ici là. Dans le cas contraire, il lui dirait au dernier moment et en attendant Draco passait la plus part de ses après midi à bricoler sa moto. Les deux premiers jours, Potter était resté avec lui tout le temps, le questionnant quelque fois mais n’obtenant aucune réponse. Le troisième jour, il semblait s’être lassé et était allé rendre visite à ses amis. Le blond faisait le ménage, préparait les repas, en fait il ne déléguait rien à Potter, s’obstinant à vivre comme s’il était tout seul, tout en faisant des repas pour deux personnes…Il érigeait comme toujours des barrières autour de lui qui étaient complètement insurmontables, même pour Harry Potter. Quand le jour de la visite arriva, Draco trouvait que finalement, il ne s’en n’était pas trop mal sorti. Potter avait même cessé de lui parler puisque de toutes façons il ne lui répondait pas. Avec un peu de chance, il partirait d’ici peu. Pour la course de ce soir, il n’avait rien eu besoin de dire ou d’inventer, Potter devait dîner avec ses amis, Draco était invité aussi mais il avait refusé l’invitation juste en snobant une fois de plus Potter qui lui proposait la chose d’une voix pourtant douce. L’ancien serpentard était de toute façon encore moins d’humeur que les autres jours. La perspective de voir son père le mettait à la fois dans un état de joie incroyable et d’anxiété intense. Il se sentait comme lorsqu’il était petit et qu’il passait toute la nuit de Noël incapable de fermer l’œil se demandant s’il avait été assez sage pour avoir des cadeaux et souhaitant plus que tout que la nuit fasse place au matin. C’était exactement ce que Draco ressentait mais en plus fort. Il ne trépignait pas sur place mais se passait une main nerveuse dans ses cheveux très fréquemment, inconscient que Potter suivait chacun de ses gestes. Il jetait aussi des coups d’oeils frénétiques à l’horloge et puis l’instant d’après son visage se fermait et il avait peur d’y aller. Qu’est-ce que son père allait penser de lui ? Vivant comme un moldu…Marié à Potter…Il était malade rien qu’à l’idée de devoir lui avouer ça. Il aurait pu encore lui cacher, mais bon, son père était loin d’être idiot et s’il revenait le voir avec Potter (encore) plutôt qu’avec sa « femme », il allait comprendre qu’il n’y a pas de femme mais un mari (et il allait sûrement avoir une crise cardiaque en réalisant qui était son mari). Il avait peur aussi de voir ce qu’était devenu son père. Il n’était pas sûr de le supporter s’il le voyait faible ou à moitié fou. Comment était-il sensé réagir si c’était le cas ? Comment est-ce qu’un bon fils réagirait ? Déjà pour le bon fils, je repasserais, pensait-il ironiquement. Le dernier des Malfoy marié à Potter et qui se terre chez les moldus…C’est sûr, il va être fier de moi ! Harry comprenait ce que Malfoy pouvait ressentir et le voir aussi nerveux le rendait plus humain et pour tout dire, soulageait un peu Harry. Il avait l’impression que ce Malfoy-là, il pouvait s’en approcher et qui sait peut être même l’aider. Il avait envie de le prendre dans ses bras et de lui murmurer que tout allait bien se passer. Il l’aurait fait si seulement il n’était pas persuadé que le blond allait lui en mettre une. De plus, lui aussi avait un peu peur de revoir Lucius Malfoy. Il allait forcément dire à son fils qu’il était au courant pour leur mariage depuis le début et il lui dirait aussi que Harry le savait déjà. Et Malfoy allait lui faire payer cette cachotterie. Harry n’osait plus essayer d’apprivoiser le blond. Il s’était montré gentil, patient sans aucun effet. C’était peine perdue. Et pire que tout, la magie en lui semblait anormalement nerveuse. Il sentait quelque part en lui qu’elle voulait plus. Harry aussi voulait plus, il ne savait pas si c’était à cause du lien ou pas mais il avait décidé d’être en phase avec ce qu’il ressentait et de ne plus se voiler la face. Pourtant, se jeter sur le blond comme il rêvait de le faire, n’était vraiment pas la chose à faire. Il devait avant faire en sorte que Malfoy cesse de faire comme s’il n’existait pas. Enfin, les seules fois où il semblait le voir s’était pour lui jeter sa haine à la figure, peut-être que l’indifférence était mieux finalement. Une autre chose inquiétait Harry, en plus de tout cela. Il était quasiment sûr que le ministre avait fait part à la presse de sa visite avec Malfoy en prison. Harry connaissait maintenant assez la politique pour savoir que c’était les journalistes qui menaient le monde. Et si les journalistes voulaient fouiller dans sa vie comme des chiens affamés fouilleraient un vide-ordure, le ministre leur donnerait des informations pour qu’ils le retrouvent et si ce n’était pas lui, ce serait un de ses employés. Aussi Harry fut-il étonné de ne voir aucun journaliste lorsqu’ils arrivèrent finalement devant la prison. Il s’était fait des idées pour rien. Draco et lui n’allaient pas être embêtés. Malfoy était tendu mais son visage gardait cette impassibilité presque effrayante. Le gardien le regarda d’un air mauvais mais se retourna vers Harry avec un grand sourire. Il semblait soulagé de voir qu’il était là pour accompagner ce fils de mangemort. La prison transpirait toujours autant l’ambiance sombre et froide qui était déjà de mise la dernière fois. Harry et le gardien, qui s’appelait Lionel, discutaient le long du trajet de choses anodine, comme de la femme de Lionel, de ses deux enfants, de son prêt immobilier, de sa hanche douloureuse…Bref, Harry s’ennuyait déjà mais se montrait d’une politesse exemplaire. Draco de son côté essayait de ne pas rire en voyant Potter avec sa nouvelle groupie mais en réalité entendre la voix du balafré raisonner entre ses murs inquiétants, le rassurait étrangement. A cet instant, il aurait voulu lui prendre la main et marcher à ses cotés mais ce n’était vraiment pas le moment de perdre pied. Ils arrivèrent enfin devant une salle mais cette fois Lucius n’y était pas encore, ils étaient les premiers. Draco s’assit immédiatement, l’air parfaitement à l’aise, mais son regard nerveux le trahissait. Harry était plus à l’écart, adossé au mur. Il ne voulait pas vraiment « s’incruster » dans ses retrouvailles. Il sursauta un peu lorsque la porte s’ouvrit. Lucius Malfoy, menotté, était accompagné de deux gardiens et se tenait dans l’embrasure de la porte. Apparemment il ne s’attendait pas à voir son fils car son attitude froide et distante fondit immédiatement lorsqu’il le reconnu et ses mains se mirent à trembler. Draco s’était levé et un silence étouffant était tombé dans la petite salle. Les deux Malfoy se fixaient sans un mot, incapables tous les deux de dire quoique ce soit, clairement encore sous le coup de l’émotion. Harry se sentait de trop devant une telle scène. Même les gardiens, qui pourtant avaient déjà dû voir des scènes semblables, se regardaient d’un air gêné. Enfin l’un deux poussa un peu Malfoy père et annonça qu’ils avaient une heure avant de fermer la porte derrière lui. Il y avait encore un garde avec eux, les deux autres attendaient derrière la porte, attentif au moindre bruit suspect. Lucius Malfoy avait maigri depuis la dernière fois que Harry l’avait vu. Il semblait plus fatigué aussi mais son regard était toujours aussi perçant et sa tête toujours aussi droite sur ses épaules. Toute son attitude criait qu’il était un noble et pas n’importe lequel. C’était peut-être dans le sang, songea Harry en voyant que Draco avait aussi ce maintien élégant en toutes occasions. Il était sûr que même quand il pissait, Draco gardait les épaules droites et le menton légèrement levé. Cette pensée lui arracha un sourire. Draco fut le premier à faire un pas, peut-être parce qu’il savait que son père n’oserait pas le faire. Mais l’étreinte qui suivit ensuite contenait la même forte émotion des deux côtés. Harry crut même voir les yeux de Lucius devenir légèrement humides, en tous cas, ses propres yeux à lui n’étaient plus très secs. -Draco, tu es venu, ne cessait de répéter Lucius. Draco se contentait d’hocher la tête, semblant encore pour le moment incapable de parler. Et finalement les deux Malfoy s’écartèrent, l’air gêné et chacun s’assirent sur une chaise sans se quitter des yeux. -Je…je suis désolé d’avoir mis tant de temps, commença Draco, mais je ne pouvais pas, je… -Ce n’est pas grave, coupa Lucius avec un étrange sourire et même Draco eut l’air surpris, l’essentiel c’est que tu sois là maintenant. Bien plus tard, Harry se dirait en y repensant que ce sourire était celui d’un homme qui savait qu’il allait bientôt mourir mais qui restait serein car son dernier vœu venait de se réaliser. Mais pour l’instant il pensait juste que Lucius était beaucoup aimable que dans ses souvenirs. Mais la prison changeait tout le monde, n’est-ce pas ? -Potter est là aussi, constata le prisonnier en posant les yeux sur lui. Il me semble que tout tournera toujours autour de ce garçon. Draco sentit que c’était le moment de dire à son père que Potter était son mari mais il ne réussit qu’à un soupir résigné. -Vous avez l’air de bien aller, constata platement Harry qui ne savait vraiment pas quoi dire d’autre. Il s’attira un regard noir de Draco et un rictus ironique de son père. -Bien sûr Potter, la vie en prison est tellement excitante ! Venez donc y passer une semaine, vous verrez à quel point on y est bien ! cingla Lucius. Harry marmonna alors quelque chose d’assez impoli qu’heureusement aucun des deux blonds n’entendit. -Mais assez parlé de moi, poursuivit Malfoy-père, comment vas-tu Draco ? -Pas trop mal, mentit le blond. Il n’avait aucune envie d’inquiéter son père avec ses problèmes. -C’est étrange, fit Lucius, songeur. Tu arrives à mentir comme tu respires à n’importe qui d’autre mais avec moi tu vas toujours droit dans le mur. Il faut mieux t’entraîner mon garçon. Draco eut un sourire résigné alors que Harry trouvait que c’était vraiment le style de Malfoy de conseiller à son fils de mieux mentir. La famille la plus bizarre au monde, pensa-t-il en soupirant. -Peut-être que mon gendre pourra me dire ce qu’il se passe, puisque mon fils ne le veut pas ? Il y eut un grand silence. Lucius le regardait l’air d’attendre, le garde aussi mais avec des grands yeux étonnés et Draco allait de son père à lui en fronçant les sourcils. Harry ne savait plus où se mettre et n’osait pas croiser le regard de son mari. -Quoi Draco ?! s’exclama Lucius réellement étonné. Tu ne savais pas que j’étais au courant de ton mariage avec Potter ? Il faut dire qu’il y a cinq ans de cela, il était beaucoup moins discret que maintenant. Il ne cachait pas son alliance, à l’époque… Le gardien regarda alors fixement la chevalière de Harry qui instinctivement mit les mains dans ses poches. -Bien sûr qu’il la cache, fit Draco d’une voix froide. Il a honte de ce mariage. Cela fait cinq ans qu’il camouffle ça aux yeux du monde. -Vous me décevez beaucoup Potter, fit Lucius aussi froidement que son fils. Avoir honte d’être marié à un Malfoy ! J’aurais décidemment tout entendu dans ma vie ! -Je…commença Harry cherchant à s’expliquer mais il s’arrêta vite, voyant le regard blessé de Draco. C’est vrai qu’il ne voulait pas qu’on sache qu’il était marié, mais c’était dans leur accord. Comment était-il sensé oublier Malfoy si dès qu’il posait les yeux sur sa main, il voyait la marque de son appartenance à cet homme ? Et Draco ? Est-ce qu’il était allé raconter qu’il était marié à ses copains et copines moldus ? Sûrement pas ! Il n’avait simplement pas eu à cacher son alliance parce que pour les Moldus ce n’était qu’un tatouage, aucun d’eux ne se doutaient qu’il s’agissait de la marque d’un mariage sorcier. C’était injuste de lui en vouloir pour ça ! C’était injuste et pourtant… Pourtant, il avait envie de jeter sa chevalière, là tout de suite, de demander pardon à Draco d’être si con…de lui dire qu’il n’avait pas honte de lui et qu’il l’aim… -Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à cacher ça, siffla-t-il finalement, vous ne savez rien de ce qu’il s’est passé durant toutes ces années. J’ai peut-être camouflé ma bague mais ça fait une semaine que je m’inquiète pour votre fils. Il est en danger à cause d’anciens amis à vous et je ne vais pas le laisser tomber sous prétexte que ce mariage était arrangé. J’ai un devoir envers lui ! La colère de Lucius Malfoy sembla retomber instantanément à ces mots alors que celle de Draco redoubla au contraire. -Potter, cracha Draco, sale petit… -Silence Draco, coupa Lucius, expliquez-moi Potter ce qu’il se passe exactement. Alors sous le regard noir de son mari, Harry lui expliqua tout. La vie de Draco parmi les moldus pour se cacher des mangemorts restants qui avaient décidé de se venger sur lui, l’énergie qu’il lui avait prise et qui avait poussé Harry à le retrouver et son attention de sortir Draco de là. Il y eut un grand silence, durant lequel Lucius réfléchissait à toute allure. Harry jeta un coup d’œil à Draco qui le regardait de ses yeux gris et froids, comme s’il imaginait déjà toutes les tortures qu’il comptait lui faire subir. -Je ne sais pas assez de chose pour vous aider, marmonna enfin Lucius, ça fait longtemps que je ne sais plus rien. Par contre, tout le monde sait ici, que Blaise Zabini est devenu informateur. C’était ton ami, je crois… Draco hocha la tête, trop étonné par cette révélation. -Il acceptera peut-être de t’aider et si c’est le cas, tout cela ira sûrement plus vite que si ce sont ces imbéciles d’Aurors qui mènent l’enquête. Ils ne seraient même pas capables de trouver une tête rousse dans ce qui sert de maison à Arthur Weasley. Et pourtant Salazar sait que ça grouille de rouquins là bas ! Draco émit un ricanement mauvais et Harry eut l’impression de se retrouver dix ans en arrière et étrangement cela le fit sourire. Malfoy était vraiment un sale con arrogant à cette époque. Harry ne savait pas que Zabini était informateur. Par contre il avait déjà entendu parler de ce métier. C’était vraiment un métier dangereux, la plupart des gens qui l’exerçaient ne vivaient pas très vieux. Cela consistait à amasser le plus de renseignements, de préférence sombres et dangereux et de les révéler contre d’autres secrets, si possible encore plus sombres et plus dangereux. Donc les informateurs n’avaient pas beaucoup d’amis. Les hommes politiques surtout ne les aimaient pas mais les très bons informateurs ne se faisaient pas tuer parce qu’ils leurs étaient plus utiles vivants que morts et par exemple leur divulguer les points faibles de leurs ennemis etc. etc. En fait, si on y réfléchissait bien, le métier d’informateur était totalement à l’opposé du métier de langue de plomb. Harry ignorait si Zabini était un bon informateur ou pas mais il supposait que oui si le père de Draco y faisait référence. -Il a une boîte de nuit moldue, continua Lucius en grimaçant sur le mot « moldue », à Londres, mais je ne sais plus le nom… « Fires of Hell », oui c’est ça ! Un nom charmant n’est-ce pas ? -Les Flammes de l’Enfer, souffla Draco, j’irais lui parler. Merci père. -Ne me remercie pas, je suis simplement navré de ne pas pouvoir aider mon fils un peu mieux. Il ne me reste plus qu’à demander à Potter de prendre soin de toi. C’est le rôle d’un mari après tout. Draco se mit à rougir et Harry fut extrêmement gêné, il supposa que cette situation devait beaucoup amuser Lucius Malfoy. Le reste de l’heure se passa sans autres incidents. Le père et le fils parlèrent de choses banales sans plus inclure Harry dans leur discussion. Ce n’est qu’à la fin, au moment de partir que Lucius le regarda droit dans les yeux en lui disant de ne pas faire souffrir Draco. Harry promit en balbutiant misérablement tandis que Draco se disait que la prison avait dû rendre son père quand même un peu cinglé. Le trajet de retour fut donc extrêmement silencieux, les deux jeunes hommes étaient perdus dans leurs pensées respectives. Harry salua vaguement le gardien en passant la porte avec Draco et ils furent immédiatement éblouis par une multitude de flash. L’ancien gryffondor se crispa immédiatement, des dizaines de journaliste étaient devant eux, les mitraillant sans aucune pudeur et déjà les questions fusaient. -Harry ! Êtes-vous vraiment marié à Draco Malfoy ? demanda une voix de femme hystérique. -Oh mon dieu ! disait une autre voix sur la gauche. Regardez Malfoy a bien une alliance magique ! Les flashs crépitèrent de plus belle. Draco était sous le choc, complètement livide. -Mais Harry a une chevalière ! Est-ce qu’il cache son alliance ? -Il a toujours eu sa chevalière alors depuis combien de temps cache-t-il… Harry sentit plus qu’il ne vit Draco se faire bousculer par un journaliste qui voulait absolument voir son alliance en gros plan et cela cassa quelque chose en Harry. Il se moquait des journalistes, il se moquait de Lucius, Zabini, Lionel et sa famille. Il se moquait de Margaux, Morgane et des autres. Il se moquait des mangemorts, de Voldemort, des moldus, des sorciers, de Ron, de Hermione, des Weasley, de Sirius, Snape, Remus, ses parents… Il se moquait de tout le monde. Plus rien n’avait d’importance à cet instant. Plus rien sauf…lui. Alors il le prit dans ses bras sous le crépitement des flashs, et transplana le serrant fort contre lui. Il le garda peut-être une minute dans ses bras, sentant son cœur battre contre le sien. Plus rien ne comptait que cette étreinte. Plus rien ne comptait sauf cette impression d’être enfin à sa place. Il pouvait mourir maintenant mais il garderait Draco contre lui. C’était trop d’amour pour lui tout seul. Ce n’était pas humainement possible de se sentir aussi bien juste en serrant quelqu’un contre soi et pourtant c’était ce qu’il ressentait. Il l’aimait, il l’aimait, il l’aimait, il l’aimait. Il le garda à peine une minute dans ses bras, puis Draco s’écarta et les yeux pleins de haine lui envoya un coup de poing dans l’estomac. Alors plié en deux, la respiration bloquée et la douleur venant comme une grande lame de fond puissante, Harry s’autorisa à pleurer. A suivre… Ce chapitre a été finalement vite écris mais j’ai peur d’avoir oublié des trucs. J’espère que vous ne vous êtes pas ennuyé, il fallait encore mettre en place toute la situation alors vous avez dû trouver des passages un peu longs, si c’est le cas, j’en suis désolée, sinon et bien tant mieuxA bientôt, Artoung (Sauvez les portes, défoncez Draco) (désolée mais c’est pour être en phase avec le chapitre :p Et Fanny sait qu’être une porte n’est pas de tout repos dans les fics HPDM !) |