manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Questions
Concours Résultats
ManyChat ManyBash
Plume&Crayon ManyBlog
Goodies Nous aider
  Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Dessins-Animés Films
Jeux Livres
Musiques Originales
Pèle-Mèle Séries
~ Concours ~ ~Défis~
  ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Angoisse
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspence Tragédie
 
     

     
 
au 08 Jan 09 :
1119 comptes dont 390 auteurs
pour 1452 fics écrites
contenant 3720 chapitres
qui ont générés 7533 reviews
 
     

     
 
Jusqu'à
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
19 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 14     Les chapitres     21 Reviews    
Jusqu'à en être brisé

Remerciement : A ma Quiproquo que j’aime et qui se tape les chapitres à corriger et à ma Baddy que j’aime et qui se tape mes chapitres même pas encore corrigés.

Chapitre 13 : Jusqu’à en être brisé.

Draco regarda Harry plié en deux avec un mélange de peur et de colère.

Qu’est-ce qu’il lui avait pris ? Pourquoi l’avait-il enlacé de cette façon ? Et devant les journalistes en plus de tout le reste ! A coup sûr demain, ils seraient sur toutes les couvertures. Comme s’il avait besoin de ça.

Le coup de poing avait été sur le moment la seule solution pour que Potter le lâche et le lâche vite. Il ne regrettait rien du tout, même si voir des larmes silencieuses glisser sur les joues de Potter était un spectacle dont il se serait bien passé.

Finalement Potter se releva, essuyant rageusement ses joues avec la manche de son pull.

-Ça faisait longtemps que tu ne m’avais pas frappé, annonça-t-il d’une voix rauque, je devrais te casser la gueule pour ce que tu viens de faire.

-Qu’est-ce que tu attends, alors ? cria presque Draco. Avant, tu m’aurais déjà cogné ! Qu’est-ce qui a changé chez toi, Potter ? J’en ai marre ! Tu te comportes depuis quelques jours comme si nous étions amis ! Mais je ne suis pas ton ami ! Je ne le serais jamais ! Je te hais ! Tu comprends ça? JE TE HAIS !

Harry était blême mais restait silencieux. Il s’assit sur le canapé sous le regard complètement stupéfait de Malfoy.

-REPONDS-MOI ! cria-t-il en se mettant à le secouer. REPONDS-MOI ! DIS-MOI QUE TU ME HAIS AUSSI ! DIS-LE POTTER !

-Lâche-moi, répondit simplement l’ancien gryffondor dans un murmure sombre.

Les mains de Draco tremblaient à présent. Il voulait que Potter lui crache sa haine mais il n’y avait rien d’autre qu’une tristesse infinie qui se lisait sur ses traits.

-Vas te faire foutre ! siffla-t-il finalement en le relâchant.

Il se redressa, attrapa son manteau et sortit en claquant la porte.

Harry soupira et tenta de calmer ses nerfs à fleur de peau. Il s’en voulait à présent d’avoir pleurer devant le blond et il aurait dû le frapper et l’insulter à son tour mais il en avait été incapable. Pendant plus d’une semaine il avait tenté d’être le plus aimable possible mais là, il sentait sa volonté s’effilocher.

Il était peut-être amoureux mais il était loin d’être con. Il ne devait pas laisser Malfoy lui faire du mal. Il décida de partir lui aussi, l’après midi était bien avancé et d’ici trois heures il devait dîner avec Ron et Hermione mais il n’avait pas envie de rester à ruminer dans cet appartement qui n’était pas le sien.

O°O°O°O°O°O°O°O

Lorsque Draco revint chez lui, plus de deux heures plus tard, il fut soulagé de voir que Potter était parti. Il avait dû sortir prendre l’air. De lourds nuages s’amoncelaient dans le ciel, il allait sûrement pleuvoir durant la course, ce qui rajoutait encore du danger.

Draco avait donc décidé de faire la course, en espérant gagner, mais quelque soit le résultat, il se rendrait à la boîte de nuit de Blaise ensuite. Il espérait que son ancien camarade de classe soit présent ce soir, au pire, il demanderait à un de ses employés quand où Zabini vivait ou quand est-ce qu’il se pointait d’habitude dans sa boîte…

La nuit allait être longue et Potter ne serait pas dans ses pattes puisqu’il se trouverait chez ses amis et même si Draco rentrait après lui, le balafré n’aurait strictement aucun moyen de savoir où il serait.

Tout allait bien se passer et avec un peu de chance, au petit matin, il aurait le nom des mangemorts nostalgiques, dans l’après midi ils seraient arrêtés par les Aurors et le soir même Potter serait retourné à sa vie et lui serait libre de faire la sienne.

Draco ne pouvait pas se plus tromper dans ses prévisions.

En effet, il était en train de chercher son casque une demi-heure plus tard lorsque Potter rentra. Il avait semble-t-il fait des achats –et pas de bouffe, bien entendu, pensa Draco, amer- et le regardait en fronçant les sourcils.

-Où vas-tu ? demanda-t-il en avisant sa tenue.

Draco ne prit pas la peine de répondre. Il attrapa ses clés et s’apprêta à partir sans même accorder un regard à Potter. Mais l’ancien gryffondor l’attrapa par l’épaule, l’obligeant à se retourner.

-Je t’ai posé une question, annonça-t-il froidement.

-Je sais, mais je n’ai aucune envie de te répondre. Lâche-moi Potter ou je vais encore être obligé de te frapper.

-Cette fois je ne me laisserais pas faire. Je suis plus fort que toi Malfoy alors si tu veux te battre allons-y mais tu répondras de toute façon à ma question.

Draco sembla peser le pour et le contre. La perspective de se battre avec Potter avait quelque chose de rassurant, un peu comme si cette proposition rendait à tout ce qui lui arrivait depuis plus d’une semaine un semblant de réalité. Draco avait l’impression de se retrouver en face de l’ancien Potter, celui qui lui faisait moins peur et qu’il connaissait. Il était soulagé de revoir cette lueur mauvaise dans les yeux verts.

Oui, il avait presque envie de se battre avec lui. A la moldue. Avec ses poings rencontrant la peau caramel, rouler sur lui, sous lui, et frapper encore et encore, jusqu’à le faire gémir et se tordre.

Mais deux choses l’empêchaient d’accepter cette proposition.

Tout d’abord, il n’avait pas le temps de se battre et il avait une course à faire. S’il n’était pas en état de conduire, ça ne servait à rien. De plus, aucune boîte n’accepterait un mec complètement amoché entre ses murs. Se battre avec Potter ruinerait donc complètement sa soirée.

La seconde chose qui l’empêchait de se jeter sur Potter et de lui en mettre une, c’était que Potter avait raison. Même si Draco se l’avouait à contrecœur, l’ancien gryffondor était plus baraqué que lui, pas beaucoup plus mais en combat au corps à corps cela suffirait pour faire la différence. De plus, Potter avait été entraîné à se battre, il était plus rapide et plus technique que lui. Autrement dit, il n’avait aucune chance contre lui de cette façon.

Lui foutre des coups de poing par surprise, c’était sa technique personnelle à lui –elle marchait bien d’ailleurs- mais si Potter attendait son attaque, c’était perdu d’avance. Il n’y avait vraiment que de stupides gryffondors pour vouloir se battre avec un semblant de loyauté.

Frapper par derrière ou par surprise était nettement plus efficace mais totalement irréalisable dans le cas présent.

-J’ai autre chose à faire que te frapper, siffla alors Draco, même si ça ne me déplairait pas, on ne fait pas tout ce qu’on veut dans la vie, malheureusement.

-Bien, dans ce cas où vas-tu ?

Draco haussa les épaules, il pouvait bien lui dire après tout. Potter n’allait l’empêcher de faire la course, n’est-ce pas ?

-Une course de moto est organisée dans la zone industrielle sud-ouest de la ville.

-Et tu comptes y participer ?

-Bien entendu.

-Hors de question.

Les deux jeunes hommes se faisaient face, tout les deux animés par une égale envie d’avoir le dernier mot.

-Ne sois pas stupide Potter ! lâcha finalement Draco. J’ai besoin de gagner cette course. J’irai et je ne te demande pas ton avis.

-C’est dangereux, répliqua Harry en fronçant les sourcils, je ne comprends pas pourquoi…

-Ne t’en fais pas, quoi qu’il se passe je ne te volerais pas ta « précieuse » énergie, coupa Draco.

Harry avait envie de lui dire qu’il se moquait complètement de ça mais ce n’était vraiment pas le moment d’en parler. Il fallait qu’il persuade Malfoy de ne pas aller faire ce truc stupide.

-Je ne te fais pas confiance, dit Harry. Et puis les mangemorts savent que c’est ta passion, ils y seront peut être. C’est ridicule de prendre de tels risques.

-Arrête avec ça, c’est beaucoup moins dangereux que le Quidditch.

-Absolument pas. Il n’y a aucune règle dans ce que tu fais et il y a des accidents tout le temps !

-Bien sûr que si. Tu vas beaucoup plus vite sur un balai que sur une moto. Si tu tombes, tu tombes d’une hauteur phénoménale et à pleine vitesse. Il y a les cognards, le vent, les autres joueurs pas toujours fair-play. Crois-moi le Quidditch est plus dangereux.

Harry sentait qu’il perdait du terrain. Malfoy avait déjà ce sourire agaçant qu’il n’avait que quand il était sûr de réussir son coup.

-De toute façon, même si c’était plus dangereux, j’irais Potter. Alors laisse-moi passer…

-Non.

Le sourire de Draco s’effaça. Tout cela commençait vraiment à l’énerver. Potter semblait croire qu’il avait un droit de regard sur sa vie alors que le seul droit qu’il avait, c’était celui de la fermer.

-Je crois que tu ne comprends pas. Si je veux pouvoir payer mon loyer ce mois-ci, j’ai besoin de gagner cette course.

-Qu’est-ce que tu racontes ? s’exclama Harry, surpris. Je te le paye moi ton loyer, si tu as besoin d’argent je…

-Ne dis surtout pas un mot de plus Potter ! Je n’ai pas besoin d’une pension, bordel, tu m’as pris pour qui ?!

Harry recula un peu devant l’accès de rage soudain du serpentard. Apparemment c’était un sujet qu’il ne fallait pas aborder.

-Je n’ai jamais dit ça, tenta-t-il doucement.

-Très bien, alors laisse-moi tranquille et faire cette course.

L’ancien gryffondor n’avait vraiment pas envie de le laisser y aller mais il savait qu’il n’avait aucun moyen de l’en empêcher, sauf s’il le séquestrait, mais Malfoy allait lui en vouloir toute sa vie s’il faisait.

-D’accord, consentit-il dans un soupir, mais je viens avec toi.

-Pardon ? Tu prends tes rêves pour…

-Ecoute, évitons de perdre du temps. Si tu refuses, je te jetterai un sort de localisation et je viendrai quand même. Je ne suis pas sûr que des moldus apprécieront de me voir transplaner devant eux.

Draco jura entre ses dents, partit dans sa chambre et revint une minute plus tard avec un autre casque, tout noir lui aussi mais il avait l’air plus vieux.
Il lui fourra le casque entre les mains et ils descendirent tous les deux, sans prononcer un mot.

O°O°O°O°O°O

Harry était étonné qu’il y ait autant de monde. Malfoy l’avait laissé au milieu des organisateurs et était déjà parti se placer au départ de la course.
La pluie commençait doucement à tomber et Harry écoutait discrètement le public parler des compétiteurs. Apparemment l’Eclair Noir était favori.

Des billets changeaient de main et la bière coulait à flots. A quelques mètres de lui, une jeune fille suppliait un type de ne pas concourir. Harry détourna les yeux.

Quand tout cela sera fini, il rembourserait Draco au moins pour son séjour et il l’aiderait à payer le loyer. Après tout, Malfoy ne pourrait qu’accepter, il vivait aussi là-bas à présent, alors c’était normal. Il se maudit une nouvelle fois de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Il était tellement préoccupé par ses problèmes qu’il n’avait pas réfléchi à la situation financière du blond.

Il était encore en train de se fustiger mentalement quand trois garçons s’approchèrent de lui.

Ils devaient avoir dix-huit ans à peine, il y avait deux bruns et un blond. Seul le blond souriait.

-Harry Potter ! s’exclama le blond en lui agrippant la main chaleureusement. Je suis ravi de te rencontrer.

-Ah…heu…merci, ne put que répondre Harry, troublé que quelqu’un le connaisse.

-Je m’appelle Anthony et ces deux-là ce sont Jonathan et Lionel. On est sorcier, nous aussi.

Les deux garçons bruns restaient en retrait. Celui qui s’appelait Lionel avait les cheveux longs attaché en queue de cheval et l’air boudeur. L’autre avait la même attitude froide et distante qu’il avait vu tant de fois chez Malfoy.

-Je vois, répondit Harry, un peu soulagé qu’il y ait d’autres sorciers ici. Vous êtes Américains, c’est ça ?

-Oh, mon accent a encore frappé, rit Anthony. En effet, on étudie à Salem mais en ce moment c’est les vacances alors on visite un peu le monde.

-Et vous faites souvent des courses lors de vos visites, je suppose ? sourit Harry qui n’était pas dupe.

-Peut-on savoir ce que fait Harry Potter ici, fit la voix froide de celui qui s’appelait Lionel. Tu es ami avec Malfoy ? On t’a vu venir avec lui. Tu vas participer aussi ?

-Excuse-le, il a l’air hargneux comme ça mais c’est parce qu’il en a marre de perdre contre Malfoy, dit Anthony en ébouriffant les cheveux de son ami qui lui envoya un regard noir.

-Il est si fort que ça ? demanda alors Harry que les trois garçons commençaient à amuser.

-Bien sûr, il est excellent ! confirma le blond. Je suis content de voir qu’il va bien. J’ai cru comprendre qu’il avait des problèmes avec les mangemorts. Je le sais car ils m’ont pris pour lui et m’ont assommé. C’est d’ailleurs la seule fois où Jonathan a gagné la course, en général il est deuxième et Lionel et moi on se bat pour la troisième place.

Lionel se mit alors à se disputer avec Anthony grognant qu’il ne risquait pas de se battre pour la troisième place avec un minable comme lui, qu’ils n’étaient vraiment pas au même niveau.

Ils discutèrent encore un moment, le blond semblait avoir l’art de mettre les gens à l’aise et son ami grincheux semblait l’apprécier même s’il faisait tout pour montrer le contraire.

-Ma moto est rouge ! lui dit Anthony. Tu me regarderas n’est-ce pas ?

-Bien sûr, sourit Harry.

-Arrête de te faire mousser, gronda Lionel en l’attrapant par le col, et ramène-toi, on va louper le départ sinon…et ma moto est verte ! lança-t-il à l’attention de Harry tout en entraînant son camarade vers le départ.

L’ancien gryffondor rigola doucement mais son rire se bloqua dans la gorge en voyant que le dernier garçon était toujours là et qu’il le regardait froidement.

-Je me fiche des liens qui te lient à Malfoy, dit-il enfin glacial. Je ferai tout pour le battre et je me moque si après ça, il te prend l’envie de te venger.

-Que veux-tu dire ? demanda Harry en fronçant les sourcils.

-Je veux dire que ce sport n’est pas pour les fillettes. Il sait comme nous tous qu’on risque notre vie à chaque fois et c’est même cela qu’on recherche. Il peut être pote avec le plus grand mage du monde mais ça ne m’impressionne pas.

-Quelle est la couleur de ta moto ? demanda Harry brusquement.

Peut-être que si il jetait un sort sur la machine, il…

L’autre se contenta de sourire froidement.

-Sa couleur est celle de la moto qui franchira en premier la ligne d’arrivée. Salut Potter !

-Attends, commença Harry en proie à une peur soudaine, en lui courant après, que comptes-tu faire ? Ne lui fait pas de mal ou je…

-A quoi tu joues, Potter ! dit une voix furieuse sur sa droite.

Malfoy était revenu et il semblait vraiment en colère.

-Malfoy, n’y va pas ! s’exclama Harry. Ce gamin veut…

-Lâche-le, siffla Draco. Tu me fais honte !

-Mais tu ne comprends pas ! insista Harry, blessé.

-Je comprends très bien au contraire. Maintenant tu vas te calmer et lâcher ce type !

Harry regarda Jonathan puis Draco puis les gens autour d’eux qui semblaient tout à coup beaucoup s’intéresser à eux, et lâcha le bras du sorcier à contrecœur.

Jonathan lui envoya un sourire froid et s’en alla en direction de ses amis.

-Regarde-moi Potter !ordonna Draco et Harry tourna alors sa tête vers lui.

Pourquoi est-il aussi inquiet, bon sang ! se demanda Draco en cherchant un indice dans les yeux verts.

Il avait envie de se dire que c’était sûrement parce que Potter avait peur qu’il utilise le lien mais il savait au fond de lui que c’était autre chose.

-Ne t’inquiète pas, se sentit-il obligé de dire. Tout se passera bien. J’ai fait ça des dizaines de fois.

Harry hocha la tête machinalement, se demandant pourquoi Malfoy faisait soudainement preuve de quelque chose qui se rapprochait beaucoup de la gentillesse.

-Sois prudent, murmura-t-il mais le blond était déjà parti.

En fait de la course, Harry ne vit pas grand-chose. Il vit le départ bien entendu mais ensuite il fallait attendre qu’ils reviennent. D’après ce qu’il avait compris, le circuit improvisé formait une sorte de boucle.

Un premier participant arriva près de 10 minutes après, en poussant sa moto. Il jurait après un autre motard qui l’avait fait tomber.

Heureusement pour Harry sa voisine, qui semblait être une passionnée, avait des amis à elle qui étaient postés un peu partout sur le circuit et qui l’appelait sur son téléphone portable pour lui dire où ça en était. Draco était dans le peloton de tête.

-Merde le type blond est tombé ! siffla-t-elle à un moment et Harry crut que son cœur allait s’arrêter de battre.

-Le type blond ? demanda-t-il d’une voix blanche.

-Pas le vôtre, répondit-elle –comment savait elle que Draco était le sien ?- Mais un petit jeune qui traîne toujours avec deux bruns.

-Anthony, souffla Harry.

-Ouais c’est ça, mais ce gamin s’en sort toujours sans casse. Il a une chance de cocu !

La course se termina enfin, Harry ne s’aperçut même pas que c’était Draco qui avait passé le premier la ligne d’arrivée. Il avait fallu que sa voisine se mette à lui hurler dessus des félicitations. Apparemment elle avait misé sur lui.

Il ne croisa pas non plus les trois sorciers mais Anthony le salua de loin en souriant et en boitillant légèrement. Lionel l’aidait à marcher.

Il les envia un peu.

-Arrête de rêver Potter.

Harry sursauta et se tourna vers Draco. Ce dernier avait un sourire satisfait et rangeait une liasse de billet dans son blouson.

-Félicitations, dit Harry doucement.

-Je gagne toujours, répliqua Draco incroyablement présomptueux. Et maintenant Potter, que dirais-tu d’aller en boîte ?

O°O°O°O°O°O

Lorsqu’ils arrivèrent devant la boîte de nuit, il était déjà deux heures du matin.
En fait de l’extérieur, rien ne faisait penser qu’on se trouvait devant une boite. Ils étaient dans une étroite ruelle, en face d’une porte toute simple et noire. Deux colosses se tenaient devant l’entrée, habillés en costard et l’air peu aimable. Ils firent penser à Harry à des gardes du corps mais ce devait être des videurs.

Draco les regarda en grimaçant, il avait l’étrange pressentiment que ces deux armoires à glace n’allaient pas les laisser passer si facilement. Potter, lui, avait l’air très confiant, il les salua poliment et s’apprêta à rentrer.

L’homme de droite s’interposa alors, ses yeux noirs semblaient le déconseiller de tenter sa chance.

-Heu…peut-on entrer s’il vous plait ? demanda Harry, poliment.

-Il faut être membre pour entrer, annonça l’homme qui bloquait l’entrée à Harry. Vous avez une carte de membre ?

-Mais c’est une boîte de nuit ici, non ? Depuis quand faut-il avoir une carte de membre pour entrer en boîte de nuit ?

-Les Flammes De L’Enfer , est une boîte de nuit réservée aux membres, expliqua patiemment l’homme. Maintenant si vous n’avez pas de carte, je vous conseille de partir.

Draco émit un rictus méprisant, il fouilla dans sa poche la liasse de billet qu’il venait d’amasser et s’approcha du gardien qui n’avait pas encore dit un mot.

Il lui glissa les billets dans la main, se disant déjà mentalement qu’il se ferait rembourser par Potter sur ce coup-là, car l’autre abruti ne savait pas du tout comment si prendre.

-Laissez-moi entrer, dit-il aimablement, je vous promets que je me ferai très discret.

De toute évidence, la boîte de Blaise était une boîte pour la jet-set. Malheureusement l’homme à qui il avait donné les billets, ne semblait pas être sensible à la corruption. Il regarda les billets, chèrement acquis par Draco et les jeta tout simplement par terre, sur le sol trempé avant de les écraser de son talon.

-Hé ! s’écria Harry en se précipitant sur l’argent. C’était toutes ses économies !

Draco eut envie de piétiner Potter mais s’obligea à respirer calmement. Il aurait bien pris une cigarette, là tout de suite et un bon verre de tequila. Il n’avait jamais eu autant envie de se remettre à fumer que depuis que Potter était revenu dans sa vie.

-Bon Potter, relève toi et jette leur un sort, qu’on en finisse !

Harry qui avait récupéré tout l’argent de Draco, se redressa en plissant les yeux.

-Qu’on en finisse, répéta-t-il, tu ne veux tout de même pas…

-Bien sûr que non, soupira Draco, c’était une façon de parler. Les endormir suffira amplement.

Harry sortit sa baguette à contrecœur. Il trouvait ça terriblement injuste de s’en servir contre des moldus qui en réalité ne faisaient que leur travail.

Mais à sa grande surprise les deux hommes sortirent aussi une baguette avec un sourire mauvais.

-Vous êtes sorciers ! s’exclama Harry.

-En effet, monsieur Potter, admit celui qui était toujours devant lui.

-Vous me connaissez ?

-Qui ne vous connaît pas ? répliqua l’homme. Mais malgré tout le respect que j’ai pour vous, ni vous, ni Monsieur Malfoy ne passerez, ou alors il faudra nous tuer avant.

-Et si vous disiez à Blaise Zabini qu’on souhaite le voir ? proposa Draco à qui ça ne plaisait pas du tout qu’on le reconnaisse aussi. S’il accepte de nous voir, on évite un affrontement idiot et cela nous évitera à tous de sortir blessé. Enfin je dis ça pour vous, ce n’est pas moi qui devrais affronter le Sauveur...

-Je pourrais lui demander en effet, fit l’homme, mais en échange, s’il refuse vous devez me donner votre parole que vous partirez tranquillement sans insister.

-Ça me semble honnête, sourit Draco qui savait déjà qu’il insisterait.

Musclor pouvait se mettre sa parole là où le soleil ne brillait jamais.

-Je promets, dit Harry en levant solennellement sa baguette et en y jetant le sort de promesse dessus.

Draco eut envie de se taper la tête contre le mur devant tant de bêtise. Potter venait de faire une promesse de sorcier ! Si Blaise refusait de les recevoir, il devrait se battre seul contre les deux tas de muscles. Autant dire qu’il n’en ressortirait sûrement pas vivant.

Le gardien partit donc et la musique arriva à leurs oreilles, juste le temps qu’il ouvre et referme la porte, les laissant seul avec le second gardien, celui qui n’avait pas dit un seul mot depuis le début et qui avait piétiné l’argent de Draco.

-Alors, commença Harry pour éviter un silence pesant, ça fait longtemps que vous êtes dans la sécurité ? Ce n’est pas trop éprouvant ?

L’homme le regarda mais ne répondit pas, ce qui amusa beaucoup Draco. Il adorait assister aux grands moments de solitude de Potter.

-Vous savez, vous pourriez tout de même répondre, poursuivit Harry pour le plus grand plaisir de l’ancien serpentard. Je tente d’être poli, la moindre des choses c’est que vous en fassiez autant. Et Malfoy arrête de rire ! Il n’y a rien d’amusant ici !

Mais Draco ne pouvait pas s’en empêcher, Potter était vraiment drôle et le gardien ne disait toujours pas un mot. Il sentit le stress de cette dernière semaine s’envoler avec son rire et cela faisait du bien.

Harry regardait le serpentard du coin de l’œil, tout en poursuivant son dialogue inutile –enfin son monologue plutôt- avec le videur. Il aimait le rire de Malfoy et même s’il faisait comme si cela l’énervait, c’était tout le contraire. Il faisait exprès d’encourager ce rire et tant pis s’il avait l’air totalement ridicule.

Après tout ne disait-on pas « femme qui rit à moitié dans ton lit » ? Avec un peu de chance, cela devait être valable pour les hommes aussi.

Finalement Draco se calma et Harry arrêta de parler. Un léger sourire ne quittait pas les lèvres du blond, ce qui donna à Harry une envie folle de l’embrasser.

Le gardien revint assez rapidement l’air toujours aussi neutre.

-Monsieur Zabini accepte de vous recevoir, annonça-t-il. Son bureau est à l’étage, annoncez vous aux gardiens et tout ira bien.

-Merci, dit Harry chaleureusement. Quant à toi, dit-il en se tournant vers le vigil muet, j’espère qu’on sera amené à se revoir pour pouvoir terminer notre si intéressante conversation.

A sa grande surprise, le vigil hocha la tête en signe d’accord mais Draco le poussa à l’intérieur avant qu’il puisse réagir. Pourtant au dernier moment, l’autre gardien les rattrapa.

-Qu’est-ce qu’il y a encore ? s’énerva Draco.

Harry soupira, il avait fallu d’un quart de seconde pour que Malfoy redevienne de mauvaise humeur. C’était bien la peine qu’il se donne autant de mal.

-Vous devez payer l’entrée…

-C’est une plaisanterie ? siffla Draco en se promettant qu’il allait réduire Zabini en charpie.

Il imaginait aisément son ancien camarade de classe demander aux gardes de les faire payer.

-Le patron ne voit pas pourquoi vous seriez les seuls ici à venir sans payer.

-T’énerve pas Malfoy, fit Harry en tendant un billet, ce n’est pas ça qui va te mettre sur la paille. Je te rembourserai si tu veux.

-Ne sois pas stupide, Potter ! Je me moque de ça, c’est pour le principe que je suis irrité. Quand je pense que j’ai passé six ans de ma vie avec ce type dans le même dortoir et maintenant il me fait payer l’entrée de sa boîte !

-C’est un serpentard, commenta Harry comme si cela expliquait tout.

-Oui et il doit bien se marrer ce con, grogna Draco et il entra dans la boîte.

La musique qui jouait à ce moment-là était un des derniers tubes technos à la mode, c’était la première chose que Draco analysa.

Il décida de ne plus faire attention à Potter. Après tout il n’avait qu’à se débrouiller tout seul, l’homme qui murmurait à l’oreille des vigils.

La boîte de nuit semblait bien marcher si on en croyait le monde qu’il y avait et on n’était que mercredi soir.

Puis il se trouva stupide de penser comme ça. A l’évidence la clientèle de Zabini était de celle qui fait la fête tout le temps. Gosses de riche ou stars, ils s’étaient tous donnés rendez-vous ici. Draco reconnu deux actrices, un joueur de football et le dernier rappeur à la mode et il n’avait même pas fait dix mètres.

La lumière rouge qui éclairait la boîte fit place à un stroboscope et les rapides flash noir et blanc l'empêchèrent alors de distinguer qui que ce soit

Mais il remarqua les grandes cages pendues au plafond où des filles peu vêtues dansaient langoureusement. Il y en avait même deux ou trois qui avaient, semble-t-il, accepté un client qui se retrouvait donc pour son plus grand bonheur enfermé dans la cage avec la danseuse. L’un des couples semblait même tout bonnement en train de copuler et Draco détourna les yeux, se demandant pourquoi il pensait en cet instant à lui dans une cage avec Potter.

Sur sa droite, un groupe bruyant assis sur des fauteuils encourageait l’un des leurs à sniffer ce qui semblait être un rail de coke.

Sexe, drogue…il comprenait un peu mieux pourquoi l’entrée était si bien filtrée. Les vigils magiciens ne devaient avoir aucun mal à repousser des policiers un peu trop curieux. Peut-être qu’avec des Aurors cela aurait été une autre paire de manche mais ça étonnait beaucoup Draco que ceux-ci s’intéressent aux activités moldues de l’un des leurs. Blaise avait toujours eut l’art de profiter de la faiblesse de chacun. Il n’était pas étonné qu’il soit devenu gérant d’un lieu tel que celui-ci.

Une jeune fille complètement bourrée le bouscula avant de le prendre dans ses bras et de se mettre à glousser d’une manière presque hystérique. Il n’y avait rien de pire que des moldus camés et/ou saouls. A croire que cette jeunesse ne savait pas s’amuser autrement qu’en se détruisant à petit feu. Draco la repoussa vivement et la fille tomba dans les bras d’un autre garçon et se remit à glousser avant de l’embrasser comme si sa vie en dépendait.
Il l’avait échappée belle ! C’était quoi cet endroit où les gens roulaient des pelles à tout le monde ?

Un frisson glacé s’empara de lui et il se retourna, cherchant Potter des yeux. Il ne le trouva pas de suite et puis il lui sembla entendre un cri mais tout le monde criait plus ou moins ici. Il leva pourtant la tête vers l’origine du bruit.

Potter était en prise avec quatre garçons et deux filles qui semblaient s’être mis en tête de l’enfermer dans une cage avec une jolie rouquine vêtue de cuir et possédant un fouet qui semblait n’attendre que ça.

L’ancien gryffondor semblait complètement perdu. Il n’oserait jamais utiliser la magie ici et Draco le comprit rapidement. Potter se contentait donc de se débattre, refusant d’entrer dans la cage, ce que les autres avait l’air de trouver hilarant.

Pour Draco ce n’était pas du tout hilarant. Il était hors de question que Potter se retrouve enfermé avec une fille possédant un fouet, en fait il était hors de question que Potter se retrouve enfermé avec quelqu’un tout court.

Excédé, il jeta un sort de confusion au groupe. Trois secondes plus tard, Potter se retrouvait à l’extérieur de la cage, les six autres étaient enfermés dedans avec la femme en cuir et aucun d’entre eux ne parvenaient à bouger, ils n’en avaient pas la place et déjà ils criaient tous pour être libérés.

Draco attrapa Harry par le poignet, le jeune homme semblait être encore confus et ne le lâcha plus.

Ils avancèrent ainsi à travers la foule et Draco trouva enfin l’escalier qui menait à l’étage.

Cette fois c’était sûr, il allait tuer Blaise. Il aurait très bien pu ne pas faire attention à Potter et il l’aurait retrouvé en sortant de son entretien avec Zabini, toujours dans sa cage en train de jouer à l’esclave obéissant avec nymphomane sortie tout droit de l’enfer.

Décidemment cette boîte portait bien son nom.

Il ne lâcha la main de Potter qu’à contrecœur mais ils étaient arrivés devant l’unique porte de l’étage. Deux hommes gardaient l’entrée, ils étaient aussi impressionnant que ceux d’en bas et Draco se demanda si Blaise en faisait un élevage.

-Je suis Draco Malfoy et voici Harry Potter, dit Draco en désignant le jeune homme brun sur qui l’effet du sort commençait à s’estomper.

-Oui, c’est mon mari, annonça Harry avec un sourire ravi.

Finalement le sort faisait encore son effet, grimaça Draco secouant la main, que Potter avait reprise, pour qu’il la lâche.

-On a rendez-vous avec Blaise Zabini, reprit Draco, froidement.

-C’est la vérité, approuva Harry en hochant la tête énergiquement. On est marié et même qu’on a fait l’amour…pleiiiiiiin de fois.

L’un des gardes haussa un sourcil et Potter se mit à se tenir la tête en gémissant.

-Alors on peut entrer ou on doit dormir ici ? demanda Draco que l’attitude du gryffondor inquiétait de plus en plus.

-Ce monsieur ne semble pas dans son état normal. Je ne sais pas si je peux le faire entrer, c’est Harry Potter après tout, il peut être dangereux.

-C’est bon, souffla alors Harry, la tête douloureuse, ça va mieux.

Il jeta un regard noir à Malfoy que ce dernier fit semblant de ne pas voir.

Apparemment Potter avait repris ses esprits.

Le gardien se décida enfin à les laisser entrer. Le bureau de Zabini était dans les tons rouge sombre. C’était assez impressionnant, admit Draco, cette salle avait un aspect à la fois soyeux et ténébreux. Il n’aurait pas imaginé l’antre du diable autrement si ce dernier avait existé.

Blaise était dans un coin de la pièce, entièrement vêtu de noir, regardant l’extérieur à travers sa grande fenêtre. Il se retourna cependant, leur adressant un sourire aimable.

Il n’avait pas changé. Ses traits étaient toujours aussi fins, son regard en amande lui donnait un côté chaleureux qui n’existait pas en réalité chez lui. Il avait décidemment hérité de la beauté de sa mère. Il s’approcha d’eux d’un pas félin complètement naturel et donc complètement agaçant pour Draco.

-Draco, Harry ! s’exclama-t-il en les prenant chaleureusement dans ses bras l’un après l’autre. Cela fait si longtemps !

Harry était abasourdi. Il n’avait jamais réellement fait attention à Zabini au cours de sa scolarité mais à présent il se demandait bien pourquoi. Ce type avait une beauté à la fois sauvage et totalement maîtrisée. Au cours de sa vie, Harry n’avait trouvé que Draco comme seul garçon véritablement attirant, mais ce soir il dut réviser son jugement. Blaise était en contraste parfait avec Malfoy. Sa peau noire faisait encore plus ressortir la peau pâle du blond lorsqu’il le serra dans ses bras.

Il fut étonné que Zabini l’enlace à son tour et se crispa un peu. Ils n’avaient jamais été amis, c’était même plutôt le contraire et Zabini réagissait comme s’il venait de retrouver un frère.

-Comment allez-vous ? s’enquit le jeune homme en dévoilant une rangée de dents blanches parfaites.

-En ce moment pas très bien, admit Draco, c’est pour cela qu’on vient te voir.

-Et moi qui croyais que c’était parce que je te manquais trop ! s’exclama Zabini. Que puis-je faire pour toi mon ami ? Oh, attendez ! Asseyez-vous et discutons de tout cela autour d’un verre, voulez vous ?

Harry acquiesça et bientôt ils se retrouvèrent tout les trois assis avec un verre de champagne à la main –pour fêter leurs retrouvailles avait dit Blaise-. Puis Blaise attrapa une petite corbeille de bonbons qui se trouvait sur son bureau et en proposa un à Harry.

-Ce sont des caramels, dit-il, prends-en un !

-Je ne crois pas non, annonça Draco en prenant la corbeille des mains de Potter.

-Mais…commença Harry, il s’arrêta en voyant le regard noir que Draco jetait à son ami.

-Relax Dray, s’exclama Blaise, c’était pour rire ! Je n’oserais jamais abîmer ton précieux petit Potter !

Harry regarda alors les bonbons d’un autre œil, se demandant de quoi il s’agissait vraiment et pourquoi Malfoy l’avait protégé. Puis il regarda Zabini et fronça les sourcils. En fait l’apparente amabilité dont il faisait preuve n’était qu’une façade. Son sourire n’atteignait jamais son regard, bien au contraire, ses yeux noirs et froids semblaient scruter et attendre le moindre faux pas de leur part. Enfin, c’était surtout Draco qu’il regardait. Il ne devait pas considérer Harry comme une menace.

Malfoy c’était autre chose. Il avait été son chef pendant six ans, il le connaissait. Il savait que Malfoy avait toujours été le plus rusé mais aujourd’hui il venait presque la queue entre les jambes demander son aide. C’en était grisant. Le côté calculateur de Blaise était à l’affût mais secrètement il était heureux de revoir le blond. Ils avaient vraiment été amis, enfin à la façon un peu maladroite que les serpentards ont d’être amis mais cela restait de l’amitié. Il était certain que Draco ressentait la même chose, ce mélange de méfiance et de joie malgré tout.

-Alors que veux-tu ? demanda Blaise une nouvelle fois.

-Mon père m’a dit que tu étais informateur…, commença Draco.

-Ah ce cher Lucius ! s’exclama Blaise. Comment se porte-il ?

-Bien, répondit Draco.

-Ah bon ? lança Blaise innocemment. Je suis en effet informateur, c’est un métier difficile mais vraiment intéressant et je suppose donc que tu cherches des renseignements.

Blaise noyait ses invités dans un flot de paroles mais Harry pensait encore au « ah bon ? » que le jeune homme avait lancé concernant la santé de Lucius et si Draco y avait fait attention, il n’en laissa rien paraître.

-Je suis sûr que tu viens pour savoir qui sont les mangemorts qui te recherchent.

-Comment sais-tu cela ? demanda Draco, étonné.

-C’est mon métier de tout savoir, rappela Blaise patiemment. Et j’ai préparé une liste de noms à ton attention dès que j’ai su que tu étais allé voir ton père.

-Mais je ne l’ai vu que cet après-midi et personne n’était au courant !

-Il y avait tout de même beaucoup de journalistes qui vous attendaient. Je trouve que ça fait pas mal de monde au courant moi, répliqua Blaise en buvant une gorgée de champagne.

Draco lança alors un regard noir à Potter qui le lui rendit.

-Bien, reprit Blaise en sortant une enveloppe de sa poche, je veux bien te donner les noms de ces gens en souvenir de notre amitié et des filles que nous avons partagées lors de torrides soirées sexuelles.

-Nous n’avons jamais partagé de filles et il n’y a jamais eu de torrides soirées sexuelles, grogna Draco tandis que Potter avalait de travers le champagne qu’il s’était finalement décidé à boire après avoir vu Zabini boire le sien.

-Oh, tu es sûr ? questionna Blaise qui s’amusait beaucoup.

-A quoi joues-tu, au juste ? répliqua Draco qui commençait à être agacé par l’attitude de son ancien ami.

-Décidément, tu n’as plus aucun humour, répondit Blaise en poussant un soupir à fendre l’âme. Enfin, je me doute que tu ne veuilles pas parler de tes anciennes expériences devant Potter.

-Je m’en moque, intervint alors Harry, mentant effrontément.

-Et il n’est même pas jaloux ! Décidément Draco, tu as épousé une perle rare !

Malfoy refusa de demander à Blaise comment il était au courant pour son mariage, l’autre allait encore lui répondre que c’était son métier. Mais quoi qu’il dise, il avait tort, Draco aurait préféré que Harry soit jaloux.

-Donc je disais, reprit Blaise, que je te donnerais l’enveloppe bien volontiers mais en échange je te demande vraiment trois fois rien. Juste de répondre à une question et d’apaiser ainsi ma curiosité débordante.

Draco jeta un bref coup d’œil à Potter qui haussa les épaules, signifiant par là que c’était à lui de prendre cette décision tout seul.

-Je réponds à ta question et j’ai l’enveloppe ? demanda Draco qui trouvait finalement cela plutôt facile.

Blaise hocha la tête.

-D’accord, vas y, je t’écoute, dit Draco en se détendant.

-Comme tu es marié à Potter depuis un certain temps maintenant et que ce mariage n’a toujours pas été annulé, je suppose donc que vous avez couché ensemble. Je voudrais donc savoir quel effet cela fait de coucher avec Harry Potter.

Il y eut un silence de mort et Blaise eut un sourire calculateur.

-Tu veux que je répète la question ? demanda-t-il innocemment voyant que le silence s’éternisait.

-Non, dit Draco entre ses dents. Mais c’était il y a plus de cinq ans, il y a longtemps et je…

-Voyons Dray, un petit effort, je suis sûr que tu t’en souviens. C’était comment ?

Harry était pétrifié sur sa chaise. Cette question était tellement intime qu’il avait envie de frapper Zabini de toutes ses forces. De quel droit demandait-il à Draco d’étaler leur vie privée ?

Mais une partie en lui, voulait entendre la réponse de Malfoy. C’était idiot bien entendu car jamais le blond ne dirait qu’il avait aimé et pourtant…

Pourtant c’était ce que voulait entendre Harry.

-C’était ennuyeux, expliqua Draco d’une voix neutre. Potter restait là sans bouger et se laissait faire…comme une poupée de chiffon. Oui, vraiment fade, sans aucune saveur…c’est comme ça qu’il est. J’espère que cette réponse te satisfait, Blaise ?

Zabini hocha la tête et tendit l’enveloppe à Draco. Le blond le remercia et se leva pour partir.

Harry resta prostré sur sa chaise, incapable de bouger. Les dernières phrases de Draco raisonnaient encore dans son esprit.

-Tu viens Potter ? dit froidement Draco en se tournant vers lui.

Harry leva alors les yeux vers lui et Draco recula inconsciemment d’un pas. Il y avait tellement de tristesse et de rage dans ce regard qu’il dut se retenir pour ne pas s’enfuir ou au contraire, s’avancer et le prendre dans ses bras.

Un sourire cruel étirait les lèvres de Blaise. Décidément, tout ceci était encore plus amusant qu’il n’aurait osé espérer. Il étendit les jambes devant lui et se cala un peu plus dans son fauteuil.

Il ne manque plus que le pop-corn, songea-t-il en sirotant son champagne.

-Je ne viens pas, répondit Harry sombrement. Pars de ton côté, je rentrerai du mien. Je vais récupérer mes affaires chez toi et je m’en irai.

Non ! Ne pars pas ! Ne me laisse pas !

-Très bien, dit Draco d’une voix aussi impassible que possible, pour une fois que tu dis quelque chose de sensé. J’ai hâte de te voir partir.

L’ancien gryffondor ne répondit rien, il se leva simplement, salua Blaise d’un signe de tête, dépassa Draco sans le voir et s’en alla.

-Je crois qu’il t’en veut beaucoup, commenta Blaise. Il faut dire que tu n’as pas été très gentil avec lui. Tu étais même complètement grossier et irrespectueux.

-Il faut croire que c’était nécessaire, murmura Draco.

-Cela veut-il dire que tu m’as menti ? Je devrais te reprendre cette enveloppe.

-Tu m’as demandé de répondre à une question, tu n’as pas précisé le fait que je devais y répondre franchement, constata Draco en haussant les épaules. Et ma vie sexuelle n’a toujours regardé que moi, Zabini.

-Tu n’as pas changé, dit Blaise en souriant, mais je crois que tu te fais du mal inutilement.

Draco eut un sourire froid avant de partir à son tour.

S’il se faisait du mal, c’était son problème après tout. L’essentiel, c’était qu’à présent Potter allait enfin le laisser en paix.

Draco rentra chez lui en prenant son temps, il ne voulait pas arriver avant que Potter ne soit parti. Il ne voulait surtout pas le voir.

Il rangea sa moto dans le garage, le cœur étrangement lourd. Il devait être trois heures du matin passées. Potter avait dû rentrer en transplanant, il avait largement eu le temps de ramasser ses affaires et de partir.

Tout était silencieux dans le quartier, il avait juste un des chats de la vieille qui habitait au premier étage qui se mit à ronronner autour de ses pieds alors qu’il venait d’ouvrir la porte de l’immeuble. Excédé, Draco le poussa sans ménagement et un miaulement indigné lui répondit.

-Sale chat ! marmonna-t-il en montant les escaliers.

Il n’avait pas été d’humeur aussi sombre depuis très longtemps. Avec Potter il était souvent en colère ou excédé mais à présent c’était autre chose. Il se sentait juste…vide.

Il savait déjà que le vide ne partirait pas mais il ferait avec. Il avait vécu plus de cinq ans avec cette absence en lui et il n’en était pas mort. C’était juste au début que ça allait être dur.

On se fait à tout, même au manque.

Lorsqu’il ouvrit sa porte, il y avait de la lumière et il comprit immédiatement que Potter était toujours là. Il eut envie de refermer la porte derrière lui et de repartir n’importe où mais il savait aussi que cela reviendrait à avouer à Potter que son départ le bouleversait et c’était précisément ce qu’il devait éviter.

Alors il entra, déglutissant en le voyant debout au milieu du salon, l’attendant, avec deux valises à ses pieds. Potter le fixait impétueusement et Draco frissonna, le trouvant magnifique.

Est-ce qu’il se rendait compte de l’effet qu’il lui faisait ?

-Je voulais te parler avant de partir définitivement, annonça Potter d’une voix grave.

-Bien, grimaça Draco qui lui ne voulait pas parler.

Mais cela ne l’étonnait pas de Potter. C’était un gryffondor après tout et partir discrètement n’était pas dans sa nature. Avoir une franche explication était plus son style.

Hélas, ce n’était pas du tout celui de Draco.

-Je devrais te casser la gueule après ce que tu as dit mais je pense que tu ne mérites pas que je me salisse les mains.

-Je répondais juste à la question de Blaise, répliqua Draco ne relevant pas l’insulte.

-Bien, maintenant je pense que c’est à moi de répondre à cette question, poursuivit Harry implacable. Si je ne bougeais pas, c’est parce que j’étais mort de peur. J’avais peur parce que tu étais un garçon, parce que c’étaient mes premières fois, parce que ça faisait mal.

-Je ne veux pas savoir…

-Je m’en branle de ce que tu veux ou non ! coupa Harry furieux. J’en ai marre de toi, Malfoy ! Ça fait une semaine que j’essaie d’être aimable et tu ne fais que me mettre plus bas que terre. Je n’en peux plus ! Je jette l’éponge ! Je sais bien que tu n’as jamais aimé coucher avec moi mais tu ne t’es pas mis une seule seconde à ma place ! Bordel ! Moi j’en garde un souvenir de peur et d’incompréhension ! Mais malgré tout ça, tu as réussi à me donner du plaisir! J’ai au moins le mérite d’être franc ! J’ai aimé ça à un tel point que je me serais mis des baffes ! J’attendais que tu viennes, j’en crevais d’envie chaque nuit! Mais c’est fini tout ça ! Je me tire d’ici !

-Tu as fini ? demanda Draco les yeux plissés de fureur à son tour.

De quel droit Potter lui disait qu’il avait aimé ?

Comment osait-il lui annoncer ça, alors qu’il allait justement le laisser ?

Qu’il dégage de sa vue ! Qu’il se barre vite ! Ce sale petit emmerdeur ! Il ne pouvait pas le laisser avec ses certitudes ? Non, bien sûr, il avait fallu qu’il vienne encore foutre la merde dans son esprit ! Et maintenant, comment allait-il s’en sortir ?

Comment allait-il s’en sortir sans lui en sachant ça ?

-Oui, j’ai fini ! J’ai eu tort de croire qu’il y avait quelque chose de bien en toi, je n’ai fait que perdre mon temps. Draco vit Potter attraper ses valises et s’avancer vers sa direction.

-Dégage ! ordonna-t-il.

L’ancien serpentard resta une seconde immobile, devant l’entrée, parce que tout en lui hurlait de ne surtout pas bouger, de ne surtout pas laisser Potter partir. Mais finalement sous le regard haineux du héros du monde sorcier, il fit un pas de côté et cela lui sembla être le geste le plus difficile de son existence. Il sentit Potter passer tout près de lui et le dépasser mais son regard resta fixé sur la fenêtre en face de lui. Ce n’est que lorsqu’il entendit la porte se refermer derrière lui qu’il tomba à genoux, le visage enfoui dans les mains.

Harry était parti.

Il avait finalement réussi à le faire fuir.

C’était la première fois qu’une victoire lui donnait envie de pleurer.

Peut-être parce que ce n’en était pas une.

Mon dieu, il lui manquait déjà…

Potter. Son ennemi. Son rival. Son amant. Son époux.

Sa moitié…

O°O°O°O°O°O°O°O°O

Harry ouvrit les yeux en grognant, quelqu’un martelait à sa porte d’entrée et l’avait réveillé.

Il regarda d’un air absent son réveil qui annonçait l’heure tardive de 15h18. Il avait quand même dormi plus de dix heures, pourtant il avait sérieusement pensé qu’il ne parviendrait pas à fermer l’œil.

Faut croire qu’il en avait besoin.

On frappait toujours à sa porte alors Harry se leva de son grand lit. Il avait mal à la tête comme s’il se réveillait après une cuite d’enfer mais ce n’était pas ça et il le savait très bien.

Hier soir il avait simplement joué le dernier acte de son mariage.

Et ça finit mal, marmonna-t-il pour lui-même en sortant de sa chambre.

Il lança un sort de transparence sur sa porte d’entrée pour voir que ce n’était nul autre que Ronald Weasley qui trépignait devant chez lui et qui se défoulait sur sa pauvre porte.

Il ouvrit à son meilleur ami avec un grommellement et s’en alla directement dans sa cuisine se faire un café fort.

-Tu as une tête effroyable, commenta le rouquin en le suivant. Et bonjour à toi aussi !

-Ouais ouais, salut vieux…écoute Ron, je ne veux pas te vexer mais là j’ai besoin d’être seul et…

-Désolé, le coupa Ron, si je te laisse seul maintenant, Mione va me tuer et ce serait une perte immense pour l’humanité.

Harry esquissa un sourire qui n’atteignit pas son regard tout en se servant un café.

-Mais en fait que fais-tu là ? Et comment sais-tu que je suis rentré chez moi ?

Le rouquin eut l’air un instant gêné avant de répondre.

-A vrai dire ce n’était qu’une supposition, j’ai d’abord préféré venir ici avant de tenter chez Malfoy. Ecoute, il ne faut pas t’en faire pour se ramassis de conneries, tu connais les journalistes, ce sont des…

-Mais de quoi parles-tu ? le coupa Harry.

-Tu-tu n’as pas lu la presse ce matin ? Mais alors pourquoi es-tu là ?

-Comment ça pourquoi je suis là ? Parce que j’abandonne avec Malfoy, voilà pourquoi. Et c’est quoi cette histoire avec la presse ?

Harry fronçait les sourcils à présent. Son mal de tête ne partait pas et il se sentait malheureux. Il ne voulait plus penser à Malfoy. Peut-être que s’il demandait à Ron de lui jeter un sort d’oubliette… ?

Il secoua la tête, il ne devait pas penser à ça maintenant. Il sortit de la cuisine et se dirigea vers la salle aux hiboux qui se trouvait à l’étage.

Il recevait tellement de courrier de fan qu’il avait dû créer une salle exprès pour ne pas être sans cesse embêté par des hiboux. Il avait dû recevoir la gazette à cette heure-ci.

-Ecoute Harry, disait Ron en bas des escaliers, laisse tomber cette histoire, ça n’a pas vraiment d’importance tu sais !

Mais bien sûr, ironisa Harry mentalement, et c’est pour ça que tu es venu me voir en catastrophe…parce que ça n’avait pas d’importance…

Lorsqu’il ouvrit la porte, une multitude d’oiseaux volaient dans tous les sens, déposant des courriers pour repartir aussi tôt. Harry n’avait pas reçu autant de courrier depuis qu’il avait vaincu Voldemort et une telle agitation n’était en effet pas bon signe.

-Barrez-vous, siffla-t-il entre ses dents mais bien sûr les hiboux se contentèrent de faire leur travail et l’ignorèrent royalement.
Il eut un peu de mal à trouver la gazette du sorcier mais il y parvint quand même. Il s’assit au milieu de ses lettres-il sentait déjà qu’il aurait besoin de s’assoire pour lire ça- et décacheta l’enveloppe.

La première page annonçait tout de suite la couleur et Harry perdit toutes les siennes. Le visage livide, il lu les gros titres.

« Harry Potter et Draco Malfoy : les mariés maudits ! »

La photo en noire et blanc montrait le moment où il avait enlacé Draco devant la prison. Il la contempla un instant alors qu’une boule se formait dans sa gorge. Il se mit à lire l’article simplement pour penser à autre chose.

« La nouvelle est un choc pour le monde sorcier mais aucun doute n’est possible. Harry Potter, le Sauveur est marié à Draco Malfoy le fils de Lucius Malfoy, ancien bras droit du Seigneur des Ténèbres à présent condamné à perpétuité à Azkaban.
Souvenez- vous des Malfoy…Personne n’a pu oublier cette famille d’aristocrate qui semblait aimer un peu trop la magie noire.
Draco Malfoy, le fils de Lucius et Narcissa Malfoy avait disparu du monde sorcier avant même la fin de la guerre sans que personne ne soit inquiété de cette pourtant étrange disparition.
Il semblerait à présent que le ministère était au courant de ce fait depuis longtemps et qu’il avait même passé un accord avec le jeune Malfoy en échange de sa collaboration avec, le désormais célèbre, Ordre du Phoenix. Malfoy devait accepter de se marier à Potter en échange de sa liberté plus tard, n’oublions pas qu’il est à l’origine de l’attaque de Poudlard et de la mort du très regretté Dumbledore.
Il s’agissait d’un mariage sorcier, bien évidemment, un mariage normal n’aurait eu aucun intérêt et de plus à cette époque, la loi interdisait aux homosexuels de se marier « normalement » comme c’est le cas depuis bientôt deux ans en Angleterre.
Le mariage sorcier aurait permis à Harry Potter et ses amis de gagner la guerre grâce notamment à la passation d’énergie. Draco Malfoy serait donc un héros au même titre que son mari.
Mais alors si tout n’était qu’un moyen pour le sauveur de battre le Seigneur des Ténèbres, pourquoi sont-ils toujours mariés. Pourquoi ne pas avoir annulé leur mariage à la fin de la guerre ? Un mariage sorcier est incassable mais il peut s’annuler s’il n’a pas été consommé.
Il semblerait que Harry Potter et Draco Malfoy aient consommé leur mariage. Peut-être cherchaient-ils du réconfort en cette période sombre ? Ils étaient jeunes et avides de nouvelles expériences…
Leurs raisons ne nous regardent pas mais Draco Malfoy-Potter –puisque c’est son nom à présent- affirme que son mari est loin d’être aussi brillant dans l’intimité que sur un champ de bataille. Il aurait utilisé des termes tel que « ennuyeux » « fade » et « sans saveur » pour décrire son expérience avec le Sauveur. Autant dire que… »

-Allez Harry, ça suffit, murmura Ron en posant une main sur son épaule et en prenant doucement le journal de l’autre.

-Comment savent-ils… ? commença Harry d’une voix faible.

-Ils ne savent rien, ce ne sont que des conneries et encore la Gazette y est allée plutôt doucement par rapport aux autres. Ne fais pas gaffe à…

-Non Ron, coupa Harry en levant les yeux sur son meilleur ami, ils disent la vérité. Draco a dit tout cela.

-Quoi ? Putain, le salopard ! Je vais le tuer ce mec ! De quel droit raconte-t-il ces horreurs à la presse ?

-Je ne pense pas que ce soit lui qui leur ait dit. C’est à Zabini qu’il a dit ça et j’étais là.

-Merde ! Cet enfoiré a dû vendre l’info à la presse ! pesta Ron. Ecoute, il faut faire un démenti ! Hermione m’a dit que…

-Non, laisse tomber. J-j’en ai marre de tout cela. J’ai essayé de faire comme tu m’as dit et de sauver mon mariage mais il me déteste. Je ne peux pas continuer ainsi. Je l’aime Ron mais c’est trop dur…Je ne veux plus me battre…

Harry regarda l’épais tapis de lettre partout autour de lui. Inconscient que pour la première fois de sa vie, il disait à quelqu’un ce que lui inspirait vraiment Malfoy.

Mais il s’en moquait, à quoi bon sauver les apparences ?

Il n’y avait plus rien à sauver et maintenant le monde connaissait la vérité. Il retira doucement la chevalière de sa main et la laissa tomber au milieu des lettres. Il resta prostré longtemps, contemplant son alliance, n’écoutant plus Ron qui essayait de lui remonter le moral.

Il aurait voulu se trancher le doigt à cet instant pour ne plus jamais la voir mais il se contenta de la regarder jusqu’à ce que ses yeux le piquent. Il sentit Ron le prendre dans ses bras, le même Ron qui trouvait les étreintes entre hommes vraiment anti-viril –une poignée de main était largement suffisante !- et il se dit alors qu’il devait avoir l’air totalement pitoyable.

-C’est bon Ron, tu peux me lâcher, dit enfin Harry un peu gêné.

Le rouquin se recula, il avait l’air aussi gêné que lui mais il lui sourit doucement.

-C’est que, expliqua-t-il amusé, j’avais besoin de te prendre dans mes bras.

-Oui je sais, je suis irrésistible, sourit Harry à son tour.

-Allez viens, descendons, je te prends aux échecs !

-Tu ne me prendras nulle part, Ronald ! s’exclama Harry faussement outré. Tu es marié !

-Toi aussi, répliqua Ron, mais je n’en fais pas tout un plat !

Harry eut une grimace mais décida de ne plus frémir dès qu’on lui parlait de son mariage. Il était temps qu’il grandisse.

Il était heureux que Ron soit avec lui, lui tenant compagnie, lui parlant de tout et de rien et le massacrant joyeusement aux échecs.

Pourtant son regard ne semblait quasiment pas vouloir quitter son annulaire. Cette alliance était décidemment vraiment très belle.

Il était près de 19 heures lorsque Ron lui reparla de Draco.

-Tu devrais aller le voir, lui dit-il.

-Non, c’est hors de question. Je sais que tu essaies de m’aider mais j’ai fait une croix sur ça.

-Bon sang Harry ! Tu m’as dit toi-même que tu l’aimais ! Tu ne vas pas abandonner maintenant à cause de quelques phrases dans la presse !

-Tu sais bien que ce n’est pas pour ça, soupira Harry commençant sérieusement à vouloir que Ron rentre chez lui. Je ne savais même pas que la presse était au courant quand je suis parti.

-C’est pourquoi alors ? demanda le rouquin. Parce que Malfoy a été blessant ? Mais Harry, il est comme ça depuis qu’on a onze ans ! Il n’allait pas changer du jour au lendemain.

-J’ai bien changé moi ! grommela Harry. C’est sans espoir, je le sais.

-Je suis sûr que tu n’as pas tout essayé. Tu ne lui as même pas dit ce que tu ressentais, je parie !

-Encore heureux ! Ecoute, je ne veux pas en parler, je…

-Non toi, écoute ! coupa Ron en se levant. Ça va faire cinq ans que tu ressembles à un berger qui a perdu son étoile. Il est temps que tu la retrouves !

-Je parie que cette phrase est de Mione, grogna Harry.

-En effet mais ne change pas de sujet veux-tu ! Moi je t’aurais plutôt comparé à Rusard qui aurait perdu Miss Teigne mais tu aurais pu trouver cela vexant.

-Tu m’étonnes ! siffla Harry retenant pourtant un léger sourire.

-Allez, fais-le pour moi. Reprends tes valises que tu n’as même pas défaites, si c’est pas un signe ça, et pointe toi chez lui.

-Je ne sais pas si j’en aurais la force, il est tellement…

-Exécrable ? Ouais c’est vrai, mais c’est ta Miss Teigne à toi, n’oublie pas.

-Crétin.

O°O°O°O°O°O°O

Draco était assis sur son canapé. Il avait mis de la musique parce qu’il trouvait que ses pensées faisaient trop de bruit. Il n’avait pas dormi de la nuit et avait passé la journée a errer comme une âme en peine, allant de son canapé, à sa cuisine, à son canapé, à sa cuisine, à son cana…

Bon il faut dire que ce n’était pas très grand chez lui alors pour errer c’était plutôt dur.
Il avait pesté contre Potter tout en errant. Il était content qu’il soit parti, ça c’était sûr !

Ne plus voir sa face de balafré bigleux était une bénédiction.

Et puis il avait récupéré son canapé, ce qui était bien.

Plus de présence nuisible dans son appartement.

Plus de présence du tout. Parfait !

Parfait…

Et puis s’il se servait un verre de whisky, c’était pour fêter son départ. Parfaitement !

Il avait l’estomac tout serré et une boule dans la gorge qui refusait de partir mais il était vraiment bien. Potter était parti.

Potter l’avait laissé.

Et s’il buvait c’était pour fêter ça.

Il en était à son troisième verre et il était près de vingt heures quand on frappa doucement à la porte. Il eut l’impression que son cœur s’était remis à battre dès que le premier coup avait atteint la porte alors qu’il ne s’était pourtant jamais arrêté.

Potter était revenu…

Ça ne pouvait être que Potter, n’est-ce pas ? Et il attendait qu’il lui ouvre la porte avec ses deux valises à ses pieds.

Il le voyait presque et sa respiration s’accéléra.

Bouge-toi, disait une voix en lui, il va partir ! Va lui ouvrir et serre le dans tes bras et embrasse-le et excuse-toi, merde !

-Oui, murmura Draco pour lui-même, c’est ce que je vais faire. Harry…

Il se leva tremblant un peu, il passa une main nerveuse dans ses cheveux et avança jusqu’à sa porte. Il prit une grande respiration et l’ouvrit un peu trop vivement à son goût.

-Bonsoir Draco ! J’espère que je ne te dérange pas ?

-…Margaux ?

O°O°O°O°O°O°O°O

-Non, mon choix est fait, je n’irai pas. Inutile d’insister.

-Bon écoute, je peux tout aussi bien demander à Hermione de te convaincre et comme elle est beaucoup plus intelligente que toi et moi réunis, elle y arrivera facilement et ce sera une honte cuisante pour toi.

-Pour toi tu veux dire ? Parce que tu n’auras pas réussi en une journée ce qu’elle peut faire en deux minutes !

-Ah donc tu admets qu’elle peut te convaincre et que tu peux y retourner…

-Crétin, siffla Harry entre ses dents.

O°O°O°O°O°O°O°O

Ce n’était pas Harry, bien sûr que ce n’était pas lui.

Potter était parti alors c’était Margaux avec un gâteau dans les mains.

Logique.

-Que fais-tu là ? demanda Draco.

Il regarda sa voisine –qui n’était pas Potter- avec une certaine appréhension. Peut-être qu’elle avait entendu sa dispute avec Potter cette nuit, il ne pensait pas mais c’est vrai que les murs n’étaient pas vraiment épais et elle était juste au-dessus.

-Oh, ton ami n’est pas là ? s’exclama-t-elle en jetant un coup d’œil dans son salon. Je suis venue te dire au revoir. Enfin, je voulais lui dire à lui aussi, il a l’air gentil. Je pars demain pour l’Allemagne, j’ai réussi mon concours et il reste juste une place.

-C’est rapide, dit Draco doucement évitant soigneusement de parler de Potter, mais je te félicite.

-Oui, si je ne pars pas tout de suite, je devrais attendre toute une année. C’est une chance ! J’ai préparé un gâteau pour fêter ça !

-Entre, murmura Draco en s’écartant pour la laisser passer.

Elle lui fit un sourire éblouissant.

Elle regarda la bouteille de whisky qui traînait dans le salon mais ne fit aucun commentaire.

-J’espère que j’aurais des voisins aussi sympa que toi en Allemagne et surtout qui savent aussi bien cuisiner.

-Je te sers un verre ? proposa Draco en montrant la bouteille.

-De Whisky ? répondit-elle étonnée.

Draco haussa les sourcils et leur servit un verre à chacun.

Pour fêter le fait que ce n’était pas Potter…

O°O°O°O°O°O°O°O

-Mais je vais lui dire quoi? demanda Harry, angoissé.

Il était sur le pas de sa porte, ses valises à la main et Ron eut un soupire d’ennui en tapant impatiemment du pied dans le corridor.

-Tu improviseras. Dis que tu as oublié quelque chose d’important…une chemise ? Ton téléphone ? Ta baguette ? Ton cœur ?

-Idiot, dit Harry en secouant la tête et il ferma sa porte derrière eux.

°O°O°O°O°O°O°O°O°

-Tu sais, murmura Margaux tout contre sa bouche, tu n’aurais pas dû me faire boire. Je laisse toujours mes désirs prendre le pas sur ma raison lorsque je bois trop.

-Alors prends encore un verre, sourit Draco d’un drôle de sourire triste.

Elle gloussa mais préféra prendre sa bouche plutôt que le verre.

-J’ai envie de toi, murmura-t-elle ensuite mais sa voix était redevenue sérieuse.

Elle l’embrassa encore et cette fois il répondit. Il la plaqua même un peu plus contre lui.

Parce que Potter n’était pas revenu…

Il l’avait laissé.

Il l’avait laissé !

-Hé calme-toi ! haleta-t-elle quelques minutes plus tard alors qu’il lui mordait le cou tout en lui pétrissant les fesses.

Il la poussa contre le mur, se frottant contre elle. Il glissa sa main sous sa jupe, pensant la faufiler dans sa culotte mais elle n’en portait même pas.

-Merde, tu es déjà toute mouillée, constata-t-il, alors ne me dis pas de me calmer.

Elle poussa un gémissement de plaisir et écarta les cuisses un peu plus tout en posant sa main sur sa braguette, sur son érection.

Il l’aida pour le déboutonnage.

°O°O°O°O°O°O°O°O°

-Bien, souhaite moi bonne chance.

-Tu vas transplaner ?

-Oui, sinon je crois que je n’aurais jamais le courage d’y aller.

-Je suis sûr que ça va aller. Je te dirais bien de l’embrasser de ma part mais…

-Crétin, sourit Harry et il transplana.

O°O°O°O°O°O°O°O

Il arriva juste devant la porte de Draco, une de ses valises glissait un peu à cause de ses mains moites.

Il avait sûrement tort de revenir. Draco allait le mettre dehors et…

Tiens, de la musique semblait venir de chez Malfoy…

Harry tendit un peu l’oreille.

Il lui sembla entendre des gémissements et des râles.

Il savait qu’il aurait dû frapper à la porte mais il avait un mauvais pressentiment alors il l’ouvrit directement.

Ce fut le moment que Draco choisit pour jouir…

A suivre…

J’avais presque envie de ne pas faire de note et de partir me planquer immédiatement mais j’assume mes actes et me voilà à nouveau devant vous avec la fin de ce chapitre.

Bon, que vous dire ?

J’espère que ça va (sourire crispé). Moi ça va bien (pour l’instant).

Non, allez, je vais me planquer, j’ai compris -_-‘!

Au plaisir ! (ouhlàlà que c’est déplacé !)

Artoung (sauvez Joly Jumper, chevauchez Draco)

 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>