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au 07 Jan 09 :
1117 comptes dont 390 auteurs
pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Jusqu'à
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
19 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 16     Les chapitres     21 Reviews    
Jusqu'à ce que tu me le dises
Remerciement : A Quiproquo fidèle à son poste de correctrice, à Baddy, Anagrammes et Warriormeuh qui supportent mes chapitres pas finis, pas corrigés avec plein de trous et même que ça ne roxx pas.

Dédicace : Je dédicace ce chapitre à Pierre-Louis parce que je me suis vengée de sa fic où il fait de moi la femme de Dumbledore (ispice de méchant !).

Chapitre 15 :Jusqu’à ce que tu me le dises

Harry ouvrit « comment sauver son mariage ? » vingt jours plus tard.

C’était la fin novembre, Malfoy était encore parti il ne savait où. Cela faisait plus d’une semaine qu’il ne le touchait plus.

Bref, ça allait mal.

Très mal.

Alors Harry avait ouvert un des livres ridicules qu’il avait achetés sur un coup de tête.

Il se sentait déjà stupide mais il lut quand même.

« Madame,

Vous aimez votre époux ?

Vous voulez vivre de longues années de bonheur avec lui ?

Alors vous tenez entre les mains le guide idéal.

L’homme est un animal qu’il faut apprivoiser et vous pouvez y parvenir.

Bonne lecture et que Cupidon soit avec vous ! »

-Je suis tombé bien bas, grommela Harry mais il tourna la page.

Il s’agissait du sommaire.

Le premier chapitre parlait de confiance en soi, le second d’écoute mais les deux derniers semblaient assez surprenants. En effet le troisième était uniquement composé de recette de cuisine et le dernier de…positions sexuelles.

C’est quoi ce bordel ?

Après deux heures passées à feuilleter le livre, Harry s’arrêta un instant les joues légèrement rouges- il avait, en effet, surtout feuilleté le dernier chapitre-.

Le livre racontait en gros que deux choses étaient indispensables pour s’assurer d’avoir le cœur d’un homme.

La nourriture et le sexe.

Harry trouvait cela vraiment réducteur et pourtant il y avait un fond de vérité.

Peut-être qu’il n’était pas lui-même assez…coquin pour captiver Malfoy plus de deux semaines ?

C’est vrai qu’en matière de sexe avec un autre homme, il n’osait pas faire grand-chose. Les deux aventures masculines qu’il avait eu en dehors de Draco, avaient été très rapides et assez basiques. Et c’est vrai aussi qu’il voulait prendre son temps avec Malfoy, il aurait aimé passer des heures à le caresser, l’embrasser. Mais à chaque fois, le blond semblait plutôt avoir envie de se débarrasser de ça comme on arracherait une dent, c'est-à-dire, le plus rapidement possible.

Et encore, c’était avant. A présent, il ne le touchait même plus.

Harry avait aussi envie d’essayer des plats. C’était toujours Malfoy qui cuisinait et il voulait lui montrer qu’il pouvait aussi servir à quelque chose.

Draco avait refusé son argent donc Harry s’arrangeait pour acheter les courses et bien remplir le réfrigérateur et les placards à chaque fois.

Malfoy continuait aussi ses courses de moto, ce qui énervait Harry au plus haut point car il était toujours mort d’inquiétude.

Il grogna pour la forme en y repensant et regarda les recettes du livre.

Ce soir, Draco n’aurait pas besoin de cuisiner à son retour. Juste de s’assoire et de profiter d’un délicieux repas.

Harry imaginait déjà l’air froid de Draco fondre devant le gratin de courgettes qu’il mangerait.

« -Humm, c’est délicieux Harry…

-Merci Draco. Tu veux en reprendre ?

-Non, j’aimerais mon dessert maintenant.

-Ton dessert ? Mais je n’ai pas fait de dessert !

-Dans ce cas, je crois qu’il va falloir que tu te dévoues pour le devenir.

-Moi ? Ton dessert ?

-Oui d’ailleurs, il me semble que tu as une sucette pour moi… »

Harry ricana devant sa propre stupidité et commença à sortir les ingrédients en chantonnant. Il fallait qu’il reprenne confiance.

O°O°O°O°O°O°O

Quatre heures plus tard

-Ne touche plus à rien dans ma cuisine, Potter ! s’exclama Draco pour la cinquième fois de la soirée.

Harry eut un soupir qui lui attira un nouveau regard noir. Bon, il avait légèrement fait brûler le gratin, mais c’était normal, cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas cuisiné. En fait, il n’aimait pas cuisiner parce que pour lui cela avait été toujours synonyme d’obligation et cela lui rappelait trop les Dursley. Mais pour avoir l’estomac de Draco de son côté, il avait été assez enthousiaste à l’idée de se mettre aux fourneaux.

Il avait fait brûler le repas…

C’était Draco qui s’en était rendu compte. Lui était dans la salle de bain en train d’essayer de se faire élégant quand il avait entendu Malfoy pousser un juron.

Il était sorti précipitamment pour voir une épaisse fumée noire sortir de la cuisine, Malfoy était déjà en train d’ouvrir les fenêtres.

Après ils s’étaient à nouveau disputés, Malfoy lui interdisantde faire quoi que ce soit dans sa cuisine. L’ancien serpentard semblait dans une rage noire qui était pour Harry un peu excessive.

D’accord il avait fait cramer un plat mais il n’y avait vraiment pas de quoi se mettre dans cet état.

-Je suis désolé, répéta Harry pour ce qui devait être la sixième fois.

-C’est la seconde fois que tu essaies de foutre le feu à mon appart !

-Mais c’est un accident !

-Tu es un danger public ! A l’avenir ne touches plus à rien !

-Mais j’essayais de te rendre service…tenta Harry d’un ton apaisant.

Draco se retourna furibond et semblait sur le point de le frapper. Harry recula d’un pas, étonné de le voir si hargneux.

-Je ne veux pas de tes services Potter ! cria l’ancien Serpentard, exaspéré. Tu ne comprends pas que cette situation me porte sur les nerfs ? Tu passes tes journées chez moi, mais tu cherches quoi au juste ? Pourquoi tu nous fais endurer ça ?! Tu ne vois pas que j’en ai marre !?

Harry serra les dents faisant comme si les mots de Malfoy n’avaient aucun impact sur lui, ce qui acheva d’énerver le blond qui attrapa son manteau.

-Je me tire ! lança-t-il.

Et l’instant d’après il était parti, laissant Harry seul et plus triste que jamais.

Draco transplana directement là où il se rendait décidément de plus en plus souvent : chez Severus Snape.

Il frappa à la porte de la petite maison de son ancien professeur.

-Draco ? fit Snape surpris en ouvrant sa porte. Tu n’étais pas rentré chez toi ? Tu as oublié quelque chose ?

-Je peux rester dormir ici ? demanda Draco dans un soupir.

Snape acquiesça et le laissa entrer.

-Qu’a encore fait Potter ? demanda-t-il.

-Il a failli cramer mon appartement, répondit Draco en grimaçant, et il me prend la tête à un point pas possible.

-Rien de nouveau sous le soleil en somme.

-Je n’en peux plus, souffla Draco en s’affalant sur le canapé. Je voudrais qu’il parte…

-Et où en sont les Aurors avec la liste de Blaise ?

-J’appelle tous les jours et Potter va les voir souvent, je crois qu’ils ont une piste mais ils disent qu’ils préfèrent ne pas en parler. Ils savent que Zabini est sur cette affaire et il peut autant nous aider que nous faire faux bond. D’après eux, moins il y a de personnes au courant de l’avancement, mieux c’est. Mais je crois que Potter en sait plus que moi.

-Et il ne te dit rien ? s’étonna Severus en leur servant du thé.

-Il cherche à me protéger constamment, c’est agaçant ! Il est agaçant !

-Oui, j’ai cru comprendre…

Draco venait tous les jours le voir pour échapper à Potter. Severus était content d’avoir de la visite et il avait beaucoup d’affection pour le blond mais il savait aussi que fuir ne lui servirait à rien.

Depuis que le monde sorcier avait appris l’existence de Draco et surtout depuis qu’il avait bon espoir que les mangemorts soient arrêtés, l’ancien serpentard avait envie de reprendre ses études. C’était Snape qui lui avait donné l’idée, il n’avait pas de quoi s’inscrire dans une école et il n’avait sûrement pas le niveau, il s’était arrêté en sixième année à Poudlard. Mais Snape avait dit qu’il l’aiderait et Draco étudiait depuis tous les jours en sa compagnie

Pour la première fois depuis longtemps il pensait que son avenir n’était peut-être pas aussi sombre qu’il se l’imaginait.

Peut-être qu’il pourrait reprendre sa vie en main…et Potter se rendrait compte qu’il n’avait pas besoin de lui…

Plusieurs heures plus tard lorsque Snape regagna sa chambre, Draco se coucha sur le canapé, plus prêt que jamais à prouver à Potter de quoi il était capable.

Il s’imaginait déjà à une de ces soirées que Potter semblait adorer. Potter serait accompagnée d’une greluche mais ça serait lui qu’il regarderait et ses yeux lanceraient des éclairs lorsqu’il se mettrait à danser avec une jolie blonde.

Il s’endormit le sourire aux lèvres et Potter dans son rêve prenait la place de la jolie blonde entre ses bras et dansait avec lui.

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O

Harry avait passé une grande partie de sa nuit à attendre Malfoy mais ce dernier avait vraiment et complètement découché.

Avec qui était-il ? Que faisait-il ? La jalousie et l’inquiétude le rongeait inexorablement. Il se sentait inutile et idiot. Malfoy était peut-être avec une fille et c’était parce qu’il l’avait énervé qu’il était parti. Au lieu de séduire le blond, il le rebutait, c’était un vrai cauchemar.

Il finit pas s’endormir et se réveilla au milieu de l’après-midi lorsqu’on frappa à la porte.

Il alla ouvrir sans réfléchir et se retrouva face à Blaise Zabini vêtu d’un pantalon noir à la coupe impeccable et d’un T-shirt blanc près du corps. Harry, avec ses habits de la veille froissés et la marque d’un coussin sur sa joue, jurait totalement avec l’air impeccable de son vis à vis.

-Que fais-tu ici ? Et comment as-tu su… ?

-Salut Potty ! s’exclama Blaise en entrant. Et bien c’est…petit ici, termina-t-il avec une grimace en regardant les alentours.

-Que fais-tu ici ? répéta Harry en colère. Et…

-Comment j’ai su où vous étiez ? termina l’ancien serpentard. C’est mon boulot Potty. Où est Draco ?

-Pas là, maugréa Potter.

-Oh ! Ne t’en fais pas mon vieux, un mariage sans dispute, ce n’est pas un vrai mariage !

-Zabini, fit Harry froidement, je crois que tu devrais partir avant que je ne me réveille complètement et que je m’énerve. Tu n’as rien à faire ici !

-Relax mec ! fit Blaise en souriant. Je venais juste pour voir mon ami d’enfance, mais s’il n’est pas là…Tu m’offres à boire ?

-Non. Dégage de là !

-Et bien, si tu es aussi agréable avec Draco, ça ne m’étonne pas qu’il prenne la tangente !

-Ta gueule ! Je t’ai dit de te barrer ! s’énerva Harry.

L’ancien serpentard était maintenant devant la cuisine et il y entra sous le regard outré du survivant.

-C’est vraiment petit ! dit-il avant de ressortir. Est-ce que tout est toujours aussi petit chez Draco ? suggéra-t-il avec un sourire charmeur.

Il se figea quand il vit que Potter avait pointé sa baguette sur lui.

-Dégage !

-Ok, t’énerve pas, fit Blaise un peu inquiet. Je plaisantais, je suis sûr que Draco en a une très grosse, je…

Potter n’avait décidément aucun sens de l’humour et Blaise décida qu’il valait finalement mieux qu’il s’en aille. Lorsque la porte claqua derrière lui, il se permit un sourire cruel. Cela risquait de devenir amusant.

Harry soupira. Zabini était venu pour quoi au juste ? Il n’avait vraiment pas confiance en ce type et Draco n’était toujours pas là.

Il aurait aimé qu’il soit là…

Les heures passèrent encore et la nuit était tombée depuis longtemps à présent. Harry commençait à avoir faim. Il se rendit dans la cuisine à la recherche d’un truc comestible, trouva un paquet de biscuit et l’emmena dans le salon.

Il était en train de regarder une des dernières séries télé à la mode lorsque Malfoy rentra. Il devait être fatigué car il voyait un peu flou.

Le blond était, bien entendu, vêtu comme la veille et il avait l’air détendu ce qui énerva assez Harry.

-Salut, maugréa-t-il, tu as passé une bonne nuit ?

-J’ai mal au dos mais ça va…

-Je vois…et la journée aussi a été bonne ?

-Oui. Et toi, tu n’as rien fait exploser ?

-Ha ha ! Très drôle, ironisa Harry. J’ai reçu la visite de ton ami Zabini.

-Comment as-t-il appris où je vivais ? s’inquiéta Draco.

-Qu’est ce que j’en sais ? Il paraît que c’est son boulot…

-Et qu’est-ce qu’il voulait ?

-Te voir, je crois, grogna Harry en enfournant un nouveau biscuit.

Draco s’arrêta et regarda Potter en fronçant les sourcils. Le survivant avait l’air étrange, il se leva et se rassit quasiment immédiatement en gémissant.

-Qu’est-ce qu’il se passe encore ? aboya Draco pour ne pas montrer son inquiétude.

L’ancien gryffondor n’en savait rien du tout, il se sentait bizarre. Il avait dû se lever trop vite et ça lui était monté à la tête.

-Y’a rien, grogna-t-il en direction de Malfoy et l’instant d’après il se mit à ricaner.

L’ancien serpentard haussa les épaules et se dirigea vers sa chambre, il s’en moquait après tout de ce que pouvait avoir Potter.

Il revint dix minutes plus tard lorsqu’il entendit un bruit sourd. Potter était étalé par terre et essayait de se relever en vain.

-Tu es bourré ou quoi ? s’énerva-t-il en le relevant sans ménagement.

Mais Harry gloussa encore avant de se tenir la tête.

-Wahou, j’ai mal…ça-ça tourne…

-Qu’est ce que tu as bu ? demanda Draco, énervé.

-Rien, enfin si de l’eau mais c’est tout…

-Tu as fumé ?

-Non, je ne fume pas. Tu le sais.

-Je ne parlais pas de cigarettes normales…

-Je ne me drogue pas non plus ! siffla Harry en titubant.

-Tu as pris des médocs ?

-Je te dis que non ! s’énerva Harry. J’ai juste bouffé ces putains de biscuits aujourd’hui.

Draco jeta un bref coup d’œil aux biscuits de Potter qui était en train de se rasseoir avec difficulté sur le canapé.

-A moins que tu aies empoisonné ces biscuits, marmonna Harry dans une tentative d’humour.

-Bien que cela soit très tentant, je n’ai pas touché à ces gâteaux, je n’achète pas cette marque…

-Moi non plus…mais ils sont bons…

Draco ne parvenait pas à croire qu’il était en train de parler de biscuits avec Potter dans un moment pareil. Il devrait peut-être amener l’ancien gryffondor voir un médecin…

-Attends ! dit-il soudain. Tu n’as pas acheté ces biscuits et moi non plus. Ils viennent d’où alors ?

-Sais pas…

Harry était en sueur et se sentait nauséeux, il ne comprenait pas où Malfoy voulait en venir…

-Blaise ! s’écria le blond en attrapant les biscuits. C’est lui qui a laissé ça, n’est-ce pas ?

Draco posait la question mais connaissait déjà la réponse. Zabini faisait déjà ce genre de choses à l’époque de Poudlard. Il le voyait encore laisser des trucs traîner dans la salle commune des serpentards, souvent c’était des bonbons ou des chocolats qu’il avait trafiqués. Draco lui avait même demandé une commande spéciale lors de la sixième année dans le but d’empêcher Potter de lui nuire mais c’était Weasley qui avait bouffé les chocolats à sa place.

-Non…grogna Potter mais Draco le tira brusquement et l’obligea à se lever.

-On va le voir. Tout de suite !

Draco les fit transplaner directement devant la boîte de nuit. Il aurait voulut entrer directement mais le bâtiment était doté d’une sécurité anti-transplanage. Ils se retrouvèrent donc devant les deux videurs qu’ils avaient déjà eu le plaisir de rencontrer.

-On entre ! leur dit Draco d’un ton sans appel, à côté de lui Potter dû se tenir contre un mur, il haletait à présent.

Draco sentit une peur sans nom lui vriller les entrailles. Il allait tuer Zabini.

-Bordel ! Tiens-toi droit Potter ! siffla-t-il avec colère.

Le jeune homme brun eut un faible sourire et se redressa péniblement, Draco poussa un soupir de soulagement. Puis il s’avança vers l’entrée. Le vigile, celui qui leur avait parlé la dernière fois, se plaça sur son chemin.

-Avez-vous la carte de membre ? demanda-t-il d’un ton neutre.

-Ce n’est pas le moment ! cingla Draco en levant sa baguette. Tu dégages ou je te bute !

L’homme eut l’air un instant surpris mais ne bougea pas d’un poil.

-Il faut la carte de membre pour entrer. Mais si vous voulez je peux demander au patron s’il accepte…

Draco s’apprêta à lancer un sort mais Potter avait posé doucement sa main sur son bras. Il était aussi pâle qu’un mort et tremblait à présent.

-Allez-y, dit-il simplement au gardien, allez lui demander.

Le vigile hocha la tête et s’en alla rapidement, l’autre –le muet- prit immédiatement sa place.

Harry pouvait sentir Draco vibrer de colère. Il avait toujours sa main sur son avant-bras nu. Il savait qu’il aurait dû l’enlever mais il fallait qu’il se tienne un peu. Sa tête tournait, son ventre semblait être du béton tellement il était contracté par la souffrance. Il transpirait à présent et en même temps il était mort de froid mais il essayait de faire bonne figure pour ne pas que Malfoy s’énerve.

Décidément il ne lui causait que des ennuis. Il n’avait aucune envie de mourir empoisonné. Il était vraiment stupide d’avoir pris ces biscuits. Il était vraiment stupide d’avoir voulu s’installer chez Draco.

Il était vraiment stupide de s’accrocher à son bras et d’espérer des paroles rassurantes. Il pouvait crever sur place, Malfoy ne lèverait même pas le petit doigt.

Pourtant…pourtant il l’avait amené ici…et il tremblait aussi sans pour autant oser se tourner vers lui.

Il n’avait pas non plus viré sa main de son bras.

-Tu es inquiet ? demanda Harry faiblement.

L’ancien serpentard eut un sursaut.

-Bien sûr que non ! Zabini a l’antidote. Il n’y a pas à s’inquiéter.

Harry eut un mince sourire qui se tordit sous le coup d’une nouvelle vague de douleur.

-J’aurais bien aimé que tu t’inquiètes, siffla-t-il d’un ton qui se voulait blasé.

-Ne dit pas n’importe quoi ! s’exclama Draco effrayé par la tournure que prenait la conversation. Et tiens-toi droit !

Draco ne semblait décidément n’avoir que cette phrase à la bouche « tiens-toi droit ». Il aurait bien aimé pouvoir le faire mais il en était incapable. Il sentit que quelque chose de liquide s’écoulait de la bouche et il se retrouva l’instant d’après dans les bras de Malfoy.

-Merde, qu’est-ce qu’il t’arrive ?!

La voix du blond était affolée. Il lui tenait la tête par les cheveux mais Harry ne le voyait déjà plus.

Un liquide blanc et épais s’écoulait de la bouche de Potter et ses yeux étaient complètement révulsés et entièrement blancs. Il haletait rapidement, son torse se soulevant et s’abaissant à un rythme anarchique et lui arrachant à chaque inspiration un sifflement douloureux.

Draco l’allongea rapidement au sol, tremblant de peur.

-Potter ! Potter ! Me fais pas ça, bordel ! s’écria-t-il d’une voix brisée. A l’aide ! Que quelqu’un m’aide !

Draco n’avait jamais ressenti ça. Il s’était élancé sur le gardien pour le pousser mais c’était retrouvé à terre. Ensuite il lui avait hurlé dessus, ne semblant même plus capable de réfléchir assez pour utiliser sa baguette. La seule chose qui tournait dans sa tête c’est que Harry allait mal. Il hurlait aussi après le corps qui se convulsait à terre.

Ce fut dans cette attitude que Blaise le trouva.

Le blond se jeta sur lui immédiatement avec une colère surprenante mais il fut accueilli par une droite du vigile qui l’envoya à terre.

-Allons Draco, tu fais beaucoup de bruit autour de ma boîte. Ce n’est pas très gentil.

-Sale connard, siffla le blond toujours à terre en s’essuyant sa bouche en sang, qu’est-ce que tu lui as fait ? QU’EST-CE QUE TU LUI AS FAIT, BORDEL ?!

Zabini fronça les sourcils avant de poser son regard sur Potter qui ne se convulsait plus.

-On dirait qu’il a aimé mes biscuits, constata-t-il simplement. Il a dû en prendre beaucoup pour être dans cet état…

Draco s’était approché du corps de Harry et il le serrait maintenant dans ses bras, comme on bercerait un petit enfant.

-Je vais te tuer Blaise, disait-il d’une voix douloureuse sans même le regarder tout en caressant les cheveux de son mari, je vais te tuer…

Blaise eut un frisson de peur. Il n’aurait jamais pensé que Draco soit si hystérique. Potter avait simplement fait une petite overdose, d’ici une heure, deux au maximum, il serait sur pied.

Son ancien camarade de classe semblait complètement anéanti et Blaise se demanda, fasciné, si le mariage sorcier en était la cause. C’était vraiment étonnant de voir ce type tellement maître de lui-même perdre la raison en deux secondes dès qu’il pensait son mari en danger.

-Il va s’en remettre, dit Blaise, en attendant on va le transporter dans une des loges. Il sera mieux que par terre. Amadeus ! Ludwig ! Portez-le !

Les deux vigiles s’avancèrent mais Draco leva vivement la tête vers eux comme enragé.

-Si vous le touchez, je vous massacre ! Je le porte et personne d’autre !

Défiant du regard un des trois hommes de le contredire, il s’accroupit et passa avec douceur un bras sous les jambes de Potter et un autre derrière son dos. Il croyait ce que venait de dire Blaise du fond du cœur. Il devait y croire.

Il banda ses muscles et souleva le corps de son mari tout en essayant de se redresser. La sueur ne tarda pas à glisser sur sa nuque mais il y arriva assez facilement. Potter murmura son prénom et ouvrit les yeux qui heureusement n’étaient plus blancs. Son regard était encore voilé de douleur et il contempla les yeux gris inquiets pendant quelques secondes.

Il eut un léger sourire et referma les yeux, épuisé.

Draco serrait les dents tout en portant Potter. Il espérait que la loge ne soit pas très loin. Il avait beau ne pas vouloir d’aide, de quoi aurait-il l’air s’il faisait tomber Potter au milieu de la piste ?

Parce que l’air de rien, Potter était un mec de vingt-trois ans assez grand et musclé aussi. Il était en train de réduire son dos en bouilli. Malgré tout Draco suivit les autres, le plus stoïquement possible, même s’il sentait que Potter glissait un peu plus à chaque pas. Et c’est simplement pour l’empêcher de tomber qu’il le serra un peu plus contre lui.

La musique était toujours aussi assourdissante, les clients semblaient toujours aussi débauchés et Draco crut même sentir deux ou trois mains glisser sur ses fesses. Mais il fut sûr que quelqu’un pinça ces mêmes fesses avec un enthousiasme tout particulier. S’il avait eu les mains libres, Blaise aurait compté des cadavres dans sa boîte mais il n’eut même pas l’occasion de voir qui avait osé se permettre une telle familiarité.

Blaise s’arrêta enfin devant une porte rouge.

-Il y a de quoi l’allonger ici, dit-il, c’est une pièce fait pour des séances…particulières et privées.

Draco leva les yeux au ciel, vu ce qu’il se passait sur la piste, il ne voyait pas l’utilité d’une telle salle puisque vraisemblablement la retenue n’était pas la priorité première de la clientèle de Zabini.

Il lui fallu toute fois admettre que le lieu formait une sorte de cocon. Il y avait un canapé en velours rouge, une petite table basse, un lit rouge aussi mais suspendu au plafond par une lourde chaîne qui se séparait en quatre chaînons qui surélevaient les quatre coins du lit. Il y avait aussi un immense miroir qui recouvrait la quasi-totalité du plafond et il n’était pas bien difficile de deviner son utilité.

Draco posa Harry sur le canapé un peu brusquement.

Potter avait l’air bien à présent, il n’était plus pâle et il respirait normalement. L’inquiétude de Draco s’était de plus en plus affaiblie et sa propre attitude lui revenait de plein fouet.

Comment avait-il pu perdre sa sacro-sainte maîtrise de lui à ce point ?

En réalité il savait très bien comment.

Pour la première fois depuis des semaines tout était incroyablement clair dans son esprit.

Il fallait juste reprendre les faits un par un.

La dernière fois qu’il avait agit tellement pathétiquement c’était lorsque Potter venait de le surprendre avec Margaux. Il y avait aussi la fois où le binoclard n’était pas là quand il était rentré. Il n’avait pas réfléchi à ce qu’il faisait. Il avait successivement, consolé Potter et il s’était jeté sur lui, fou de jalousie.

Et à présent il se mettait presque à chialer parce que le balafré était malade.

Et à chaque fois c’était comme une vague venant de tout au fond de lui. Une vague qui enflait encore et encore. Une vague qui emportait sa raison, son intelligence, sa logique.

Et il avait mal, tellement mal en voyant Potter triste ou en danger. Une telle passion, une telle sensation n’avait rien d’humain. C’était trop fort pour être naturel.

Ce n’était pas normal d’être à ce point dépendant de Potter.

Ce n’était pas normal de trembler pour quelqu’un à ce point.

Ce n’était pas normal de se sentir entier dans ses bras, de se sentir tellement, tellement heureux en s’enfonçant en lui.

Personne ne lui avait fait un tel effet, alors qu’il était sensé aimer les filles.

Il avait trouvé exactement ce qu’il ressentait pour Potter. Il raffolait de Potter.

Cela n’avait rien à voir avec de l’amour. C’était comme une drogue. Quelque chose dont on ne peut pas se débarrasser, c’était exactement comme l’alliance. Potter était un tatouage gravé dans son cœur à jamais. Un putain de tatouage moche et encombrant.

Un putain de tatouage et il avait beau gratter, il n’arrivait qu’à se faire saigner un peu plus.

L’amour ou même l’attachement n’avait tellement rien à voir là dedans que Draco se permit un sourire cruel.

Tomber amoureux de Potter serait comme tomber dans de la merde.

Ce serait juste sale et dégradant.

Ça ne lui arriverait jamais.

Il sortit de la salle, sûr qu’il avait raison.

Il sortit de la salle et referma la porte sur les autres.

Sur la piste de danse l’ambiance était survoltée, tout le contraire de ce qu’il ressentait. Il regarda d’un air méprisant les danseurs tout en s’appuyant contre le mur. D’un geste las, il attrapa le paquet de cigarette qui se trouvait dans la poche arrière de son jean.

Il s’était finalement remis à fumer, cela faisait une quinzaine de jour. Il mit une cigarette entre ses lèvres en fronçant les sourcils. Il n’avait pas de briquet, d’habitude il allumait la clope avec sa baguette mais là, avec tous ces moldus…

Il haussa les épaules, après tout, il s’en moquait. Il allait attraper sa baguette quand Blaise sortit à son tour de la pièce avec les deux vigiles, laissant Potter seul dans la pièce.

-Il vient de se réveiller, dit-il alors que les deux gardiens repartaient en direction de l’entrée, il n’est plus en danger.

Blaise tendit un briquet à Draco et l’aida à allumer sa cigarette. Le blond lui lança un regard indescriptible mais ne fit aucun commentaire.

-Tu vas le ramener chez toi ?

-Pourquoi ça t’intéresse ? murmura Draco, impassible. Tu veux te le faire c’est ça ? C’est pour ça que tu lui tournes autour ?

-Ne pose pas ces questions comme si cela t’était indifférent, répliqua Blaise froidement.

Draco se contenta de hausser les épaules et tira une nouvelle fois sur sa cigarette.

-Mais si tu veux tout savoir, je ne suis pas gay…

-Moi non plus, marmonna Draco le regard fixé sur un groupe de jeunes qui dansaient.

Il resta impassible lorsque Blaise se mit à ricaner.

-Il me semblait pourtant que Potter était un gars.

Draco haussa les épaules.

-Je vais rentrer, dit-il simplement, tu peux faire ce que tu veux de lui, je m’en moque…

-Bon sang, arrête ça, siffla Blaise, il y a vingt minutes à peine, tu hurlais à plein poumon comme un insensé pour sauver Potter !

-J’avais mes raisons, répondit Draco froidement, il y a des moments où je ne suis pas maître de mon comportement.

Blaise regarda son ancien camarade de classe avec étonnement. Puis il renonça à comprendre. Malfoy était bien trop compliqué pour lui et il avait autre chose à faire de sa soirée.

-Bien mais je suppose avant de partir que tu veux savoir ce qu’il y avait dans les biscuits, soupira Blaise faussement vaincu. Figure-toi que comme tu m’as dit que tu te faisais chier au pieu avec lui, j’ai agrémenté mes biscuits d’un désinhibiteur de ma création pour qu’il devienne chaud comme la braise. Mais il n’aurait dû en manger qu’un ou deux. Ce goinfre en a pris combien ?

-Je n’en sais rien. Il n’en restait que cinq. Tu as toujours eu la sale manie de faire traîner tes drogues là où il ne fallait pas.

-Et tu ne me frappes pas ? J’ai drogué ton mari après tout. En m’incrustant chez toi qui plus est…

-Va te faire foutre Zabini. Je me casse d’ici.

Blaise regarda Draco partir avec un sourire amusé avant de crier pour se faire entendre.

-Tu sais il est toujours sous aphrodisiaque, pendant deux ou trois heures au moins ! Et tu vas le laisser seul au milieu d’une boîte de nuit bondée?

Le sourire de Blaise s’agrandit lorsqu’il vit Draco s’arrêter.

La seconde d’après le blond avait fait demi-tour, il fonça sur lui et le plaqua sans ménagement contre le mur, ses mains agrippants son col.

-Sale connard ! siffla-t-il. Tu prends ton pied, là ? Sale petite ordure !

-Lâche-moi, répondit dangereusement Zabini, lâche-moi ou tu es un homme mort.

Draco ne se sentit pas vraiment menacé. En fait il ne savait pas quoi faire. Une partie de lui voulait s’enfuir loin de tout ça et l’autre lui ordonnait de ne pas laisser Potter seul.

Il lâcha le maître des lieux en serrant les dents, comprenant que pour cette fois, le lien allait encore avoir raison de lui.

Il s’avança vers la porte rouge le cœur battant trop vite. Il fallait qu’il ramène Potter chez lui et qu’il l’enferme dans sa chambre. D’ici trois heures il le libérerait…Oui, c’était un bon plan.

Il ouvrit la porte pour se trouver nez à nez avec l’ancien gryffondor.

-Ne t’en fais pas Malfoy, je vais très bien, commença-t-il d’un ton presque féroce. Les drogues de Zabini n’ont aucun effet sur moi !

Draco le détailla des pieds à la tête. Il semblait normal en effet, sauf ses pupilles qui étaient peut être un peu trop dilatées mais rien de bien affolant. Mais il restait inquiet, il savait que Zabini avaient des créations diablement efficaces et même le Sauveur restait assez humain pour que son organisme en subisse les effets.

-On va rentrer, murmura Draco ne le quittant pas des yeux, et tu vas aller tranquillement te reposer. D’accord ?

Il essayait d’être diplomate avec l’étrange pressentiment qu’au moindre faux pas tout pourrait partir hors de son contrôle.

Déjà il sentait quelque chose grandir en Potter, la même chose que lui essayait de contrôler depuis des années. La magie du lien.

-C’est ridicule ! reprit Potter. Je suis tombé dans les vaps mais ça va maintenant. Arrête de me regarder comme si j’allais tout faire sauter d’une seconde à l’autre ! JE. VAIS. BIEN !

Il avait martelé ces derniers mots avec force et Draco s’inquiéta encore plus. Il fallait qu’ils partent d’ici au plus vite. Potter n’allait pas bien du tout.

-Ne crie pas, siffla Draco, et maîtrise-toi ! Il y a du monde ici !

-Je croyais que ça te faisait bander d’avoir l’attention sur toi.

-Tu confonds Potter, répliqua Draco sarcastique –la diplomatie était une lointaine résolution à présent-, c’est toi qui fait la une des journaux depuis toujours. C’est toi qui prends ton pied dès que tu entends le crépitement d’un appareil photo.

-Que spectacle délicieux ! applaudit Zabini avec un rictus mauvais.

Draco et Harry s’interrompirent et se tournèrent vers lui, furieux. La musique était forte pourtant mais ils s’entendaient parfaitement. Draco supposa que Blaise avait dû jeter un sort.

-Partons d’ici, dit-il en attrapant Potter par le poignet et en le traînant derrière lui.

A son grand étonnement Potter se laissa faire et se colla même à lui pour traverser la piste de danse. Draco ferma brièvement les yeux de désespoir. Il sentait la magie de Potter comme jamais il ne l’avait sentie. C’était grisant de juste la sentir, elle s’écrasait sur lui comme une vague chaude et sensuelle. Et sa magie à lui voulait répondre à celle de Potter et être libre mais Draco devait tenir.

S’il se laissait aller, ils allaient le regretter.

Le chemin qui les menait à la sortie ne semblait jamais finir. Il ressentait tout avec une netteté effrayante.

Sa main sur le poignet de Potter.

Le pouls de Potter sur son pouce qui battait trop vite.

Le souffle de Potter sur sa nuque.

Son torse qui frôlait son dos.

L’odeur de la fumée, de l’alcool et celle qui émanait de Potter et qui lui apprit que sa magie commençait à lui échapper à lui aussi. Normalement il n’aurait pas dû être capable d’identifier son odeur à cette distance.

Draco avait envie de s’arrêter au milieu de la piste et de danser avec l’ancien gryffondor. Enfin, c’était le lien qui voulait ça.

Il voulait qu’ils oublient tout.

Il voulait qu’ils se retrouvent.

Lorsqu’il posa enfin sa main sur le battant de la porte, Draco poussa un soupir de soulagement.

L’air frais allait le sauver et le réveiller. Tout allait s’arranger. C’était obligé…

Harry savait qu’il n’avait plus aucune maîtrise sur le lien. A chaque fois que le lien s’était manifesté dans le passé, ils en avaient conscience. Et cette fois ne faisait pas exception. Mais c’était la première fois qu’il n’avait réellement plus aucune maîtrise. Et il s’en moquait, il se sentait magnifiquement bien et en plus il sentait ce que ressentait Draco.

Jamais le lien n’avait fait un truc pareil mais jamais il n’avait été à son maximum. Harry ne cherchait pas à le maîtriser, il était sous l’emprise du produit de Blaise et se laissait aller.

Il était dans un état proche de l’euphorie. Il avait envie de rire, de danser, de faire l’amour…Il sentait le trouble de Draco et sa résolution de ne pas céder.

Il sentait aussi son soulagement parce qu’ils quittaient la boîte, comme si changer de lieu allait le sauver. Ils étaient dans une ruelle sombre à présent.

Draco avait tort.

Draco était à lui.

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres du survivant. Il voulait que Draco s’arrête alors sa magie le plaqua contre un mur…

Cela allait être si facile…

Ils étaient faits l’un pour l’autre après tout.

-Po-Potter ?! Mais c’est quoi ce bordel ! Je ne peux plus bouger !!!

Draco essayait inutilement de remuer mais ses membres semblaient ne plus lui obéir. Il était dos au mur, les bras tendus de chaque côté, les jambes légèrement écartées. Et Potter se tenait en face de lui avec un sourire que Draco ne lui connaissait pas.

-Cette situation ne te rappelle rien ? murmura Harry. Toi, enchaîné contre un mur et à ma merci…et moi te déshabillant du regard…

En même temps qu’il disait ces mots la braguette du pantalon de Draco s’ouvrit.

-Fais pas le con Potter ! s’exclama Draco en se débattant tandis que son vis-à-vis se léchait les lèvres.

Il était de moins en moins rassuré. Potter n’était pas dans son état normal. Il semblait seulement guidé par ses instincts.

-Tu es si beau comme ça, à ma merci…

-Reprends-toi bordel ! cria Draco. Détache-moi !

Harry fit la moue et s’approcha de lui.

-J’ai tellement envie de toi, gémit-il contre son oreille. Et toi, tu ne m’as plus touché depuis une éternité…

-Ne dis pas de connerie ! Tu es sous l’effet du lien ! Allez Potter, supplia presque Draco, concentre-toi et reprends tes esprits.

Mais Harry se contenta de sourire et il posa ses mains sur ses hanches, le faisant frissonner involontairement.

-Je ne suis pas assez doué pour toi, c’est ça ? C’est pour ça que tu as couché avec toutes ses filles ?

-Tu as eu aussi ta part ! ne put s’empêcher de cracher Draco.

Le démon de la jalousie n’avait pourtant pas sa place ici. Il fallait que Potter le libère.

-Je tentais désespérément de t’oublier dans leurs bras, fit Harry amèrement en le regardant dans les yeux, mais même ça je n’y suis pas arrivé.

L’ancien serpentard regarda ailleurs, gêné que Potter lui dise un truc pareil dans un moment pareil.

Harry ne voulait surtout pas avouer ses sentiments à Draco mais il ne pouvait pas s’empêcher de parler, c’est comme si toutes les barrières qu’il se mettait habituellement n’avaient aucun pouvoir.

-Mais je me suis documenté, reprit Harry, je peux te faire plaisir !

-Quoi ? Qu’est ce que tu racontes ? bafouilla Draco alors qu’une main se glissait dans son caleçon. Potter ! Ne fais pas ça ! Ne me touche pas !

Il avait sursauté et se débattait de nouveau. Potter n’allait quand même pas lui faire des choses au milieu de la rue !

-Je crois savoir comment m’y prendre pour la fellation, murmura Harry d’une voix rauque en commençant à le caresser. J’aimerais t’avoir dans ma bouche, là dans cette ruelle sordide, et entendre tes gémissements se répercuter contre les murs…

Le blond écarquilla les yeux sous la vague de plaisir qui venait de l’envahir. Il était allumé comme jamais par la main et les paroles de Potter. L’ancien gryffondor était un mélange d’ingénuité et de perversion. Se rendait-il seulement compte de ce qu’il faisait ?

Harry sentait le désir de Draco pour lui, il y avait sa réaction physique bien entendu mais toute son âme tremblait pour lui. C’était tellement excitant…alors il se mit à genoux.

Draco ferma les yeux. Il était incapable de maîtriser cette situation, la magie de Potter était trop forte. Il pourrait peut-être la combattre s’il laissait sa propre magie s’échapper mais il doutait que le lien est envie d’arrêter ça. Ça serait même pire.

-Je t’en prie, gémit-il désespéramment, ce n’est pas toi Potter…Ne fais pas ça…

Les yeux verts se levèrent vers lui et Draco eu alors envie de le supplier de poursuivre. Ce n’était pas possible cette attraction physique entre eux. Voir Potter, à genoux devant lui, et désireux de le sucer était beaucoup trop pour que la raison de Draco puisse encore émettre un son. Les hommes sont si faibles…

Il était si faible…

Mais Harry fronça les sourcils et se leva, il rhabilla Draco et défit les liens. L’ancien serpentard ne comprenait plus rien et aurait bien crié de frustration mais l’instant d’après deux personnes arrivèrent en courant dans leur ruelle et un flash les aveugla.

-Très bien Colin, mitraille-les ! exigea une voix enjouée.

-Qu…,tenta Draco ne comprenant rien.

-Je m’appelle Pierre-Louis, coupa le type, je suis reporter au Sorcier Enchaîné. On m’a prévenu que vous étiez dans le coin, j’ai eu peur de vous louper.

-Hello Harry ! sourit le type avec l’appareil photo en continuant à les mitrailler.

Draco plissa les yeux, ce mec blond lui rappelait quelqu’un. Comment l’autre l’avait-il appelé déjà ?

-Colin ? s’exclama Harry.

-On verra plus tard pour les effusions, coupa le journaliste. Harry Potter que faisiez-vous dans cette ruelle avec Draco Malfoy ?

-Je m’apprêtais à le…commença Harry avec un grand sourire mais Draco le coupa in-extrémis.

-Rien du tout ! Dégagez de là ! siffla Draco en donnant un coup de pied dans le tibia de Potter pour le faire taire.

-Aie ! s’écria Harry en se frottant la jambe mais même cela ne sembla pas ébranler sa bonne humeur.

Depuis qu’il s’était réveillé dans la boîte de nuit, il se sentait de plus en plus euphorique. Le simple fait d’être en compagnie de Draco le rendait extrêmement heureux et il lui semblait qu’il n’avait jamais été aussi libre. Il aurait préféré que Colin et son ami ne les aient pas interrompus pas mais il était trop content pour leur en vouloir.

Les journalistes quand à eux ne semblaient pas avoir envie d’obéir à Draco. Crivey était toujours en train de les prendre en photos et l’autre posait ses questions déplacées sans aucun tact.

-Est-ce exact Monsieur Malfoy que vous avez dit de Monsieur Potter qu’il était un mauvais coup ?

-Je vous ai dit de dégager ! s’énerva Draco qui commençait à en avoir vraiment marre de toute cette soirée.

Mais celui qui s’appelait Pierre-Louis attrapa Potter par le bras se disant qu’il avait l’air plus motivé pour répondre que Malfoy. Il voulait un scoop et il l’aurait ! Blaise Zabini l’avait prévenu que le couple impensable était chez lui, bon il avait dû lui filer de l’argent pour que Zabini lui donne l’info donc il n’avait pas intérêt à foirer son interview.

-Monsieur Potter, vous étiez récemment avec Sylvia Dinu, la joueuse de quidditch, comment prend-t-elle toute cette histoire ?

Harry eut un grand sourire.

-Youhou Colin ! s’exclama-t-il simplement en faisant des coucous joyeux au photographe qui le mitraillait toujours.

Le journaliste leva les yeux au ciel en même temps que Draco.

-Mais il a fumé ou quoi ? marmonna le reporter.

Puis une lueur cruelle alluma ses yeux marrons.

-Monsieur Potter, reprit-il, vous semblez bien content. Il y a-t-il une raison particulière à ça ?

Potter se mit à glousser.

-Je crois que c’est à cause des biscuits de Blaise. Ils étaient délicieux mais j’ai eu mal au ventre. Et puis Draco ne veut plus me toucher alors que moi je n’attends que ça…

-Ha oui ?

-Oui ! Et il…

-Ta gueule Potter, coupa Draco qui sentait que tout cela allait mal finir, on s’en va et tu la fermes !

Il attrapa Potter par le poignet mais l’autre le tenait toujours.

-J’ai encore des questions et…

-Toi tu le lâches et vite ! siffla l’ancien serpentard dangereusement.

Le journaliste ne sembla pas l’entendre et attrapa même Potter en passant un bras autour de ses épaules pour le rapprocher de lui, comme s’ils étaient de vieux amis. Malfoy vit rouge et balança un coup de poing dans l’estomac du paparazzi qui en lâcha Potter et se mit à gémir en se tenant le ventre.

Draco en profita pour transplaner avec le survivant jusque chez lui.

-Tu es trop excessif Malfoy, fut la première chose que dit Harry lorsqu’ils arrivèrent à son appartement.

-Trop excessif !? fit Draco, outré. Ces types vont nous mettre en première page dès demain dans le torchon qui leur sert de journal !

-Relax Malfoy, susurra Harry, ce n’était pas un reproche. J’aime bien quand tu es énervé. Tes yeux jettent des éclairs, tes narines frémissent, tout ton corps se tend…c’est excitant.

Draco écarquilla les yeux se demandant ce qu’il avait fait au ciel pour mériter ça. Il avait vraiment hâte que Potter reprenne ses esprits et qu’il arrête de raconter des conneries.

-Ne dis pas des trucs pareils, siffla-t-il quand même, et arrête de sourire bêtement !

-Tu préfères que ma bouche fasse autre chose, suggéra Harry, et qu’on reprenne là où on en était ?

Draco leva un sourcil et pointa sa baguette sur l’ancien gryffondor.

-Je ne crois pas non, susurra-t-il dangereusement, cette fois tu vas rester tranquille.

Harry sursauta quand Draco prononça les sorts et il se retrouva attaché à une chaise.

-Oh, je vois que tu préfères quand c’est moi qui suis attaché, sourit Harry. Ça me va aussi…

Malfoy maugréa quelque chose que Harry n’entendit pas et partit dans la cuisine se passer de l’eau sur la figure. Potter babillait dans l’autre pièce sur ce qu’il aimerait que Draco lui fasse. L’ancien serpentard fronça un instant les sourcils, il était pourtant sûr qu’il lui avait aussi jeté un sort de silence.

Les mains posés de chaque côté du lavabo, il envisageait sérieusement de partir de l’appartement et de ne revenir que dans quelques heures. Ce n’était vraiment pas un truc qui allait plaire à Potter, il allait lui en vouloir à vie s’il le laissait ligoté à une chaise…

-J’en ai rien à foutre de ses états d’âme ! marmonna-t-il énervé. Faut que je me tire loin de lui.

Encore une fois il lui fallait fuir devant le balafré. Parce que c’était de cela qu’il s’agissait en réalité : une fuite pure et simple. C’était lâche mais il s’en moquait complètement. Severus l’accueillerait sans poser de question, aucun doute là-dessus et avec un peu de chance Potter serait tellement en colère qu’il partirait...

-On en arrive toujours au même point…

-Tu parles tout seul maintenant Draco ?

L’ancien serpentard sursauta et se retourna immédiatement. Potter se tenait négligemment adossé contre le mur de la cuisine.

-Comment…

-Tu ne crois tout de même pas que tes petits sorts allaient m’arrêter ? Je fais de la magie sans baguette à un niveau qui m’impressionne moi-même. Le lien est tellement fort, je n’ai jamais ressenti ça…

-Parce que tu ne le contrôles pas. Tu n’essaies même pas, accusa Draco.

-Pourquoi le ferais-je ? C’est la première fois que je me sens à ce point en paix avec moi-même. Tout est si clair…si évident.

-De quoi parles-tu ? fit Draco inquiet, il chercha sa baguette des yeux avant de se rappeler qu’il l’avait laissé dans le salon.

Comment avait-il pu être aussi stupide ?

Les yeux de Potter étaient brillants comme ceux d’une personne qui avait un peu trop bu, ou trop fumé de l’herbe…et il avait toujours ce sourire niais décidément horripilant.

-Je parle de nous, répondit Harry.

-Il n’y a pas de nous, répliqua le blond froidement.

Potter continua à sourire au grand étonnement de l’ancien serpentard. Il aurait pu au moins le prendre un peu plus mal…paraître blessé ou en colère mais non, ce con souriait !

-Ne sois pas blessant, veux-tu ? Viens plutôt dans mes bras.

-Pardon ?

-Viens mon grand , répéta Harry en lui tendant les bras et Draco crut l’espace d’une seconde qu’il allait vraiment faire ce que le balafré lui demandait. Heureusement il se reprit vite et resta à sa place.

-Je ne suis pas ton grand ! siffla-t-il. Et je ne viens pas !

Potter plissa les yeux l’espace d’un instant et s’approcha de lui-même. Draco réfléchit à toute allure. Il fallait qu’il se tire d’ici. Il pourrait balancer une droite à Potter lorsqu’il serait assez prêt et profiter de l’effet de surprise pour partir. C’était un plan basique et violent mais c’était le seul qui lui venait à l’esprit sur le coup.

Potter se rapprochait de plus en plus. Que comptait-il faire ? Draco préférait ne pas le savoir. Il serra le poing et le balança en direction de Potter mais ce dernier esquiva et attrapa son poignet.

-Que… ?

-Tu ne résoudras rien par la violence, dit Potter calmement en tenant toujours son poignet. On n’a plus quinze ans Malfoy…

-Lâche-moi ! répondit le blond en serrant les dents.

Mais Potter le rapprocha de lui, tout contre son corps, lui arrachant un soupire malvenu.

-Pourquoi as tu si peur de te retrouver dans mes bras ? demanda l’ancien gryffondor en fronçant les sourcils.

-Je n’ai pas peur, mentit Draco. C’est juste que je n’en aie pas la moindre envie…

-Menteur…souffla Harry et avec un sourire il l’embrassa.

Les lèvres de Potter n’étaient pas exigeantes. Le baiser était doux et ce fut cette douceur qui tétanisa le blond. Potter avait même lâché son poignet et il grignotait ses lèvres d’une manière excitante.

Draco essayait d’attraper la bouche de son mari. Il voulait sa langue dans sa bouche. Il voulait sentir son corps se presser contre le sien. Il voulait Potter.

Après tout si l’ancien gryffondor voulait baiser, ça pouvait se faire. Demain Draco reprendrait ses distances et tant pis s’il mettait à néant plusieurs semaines d’effort. Alors avec fièvre le blond s’empara de la bouche de l’autre homme et plaqua son corps contre le sien.

-Tu veux baiser, souffla-t-il, et bien c’est d’accord…Je vais te prendre !

Déjà ses mains s’activaient sur le corps musclé, arrachant presque la chemise de Potter. Il avait été si frustré ses dernières semaines qu’il n’arrivait pas à reprendre le contrôle de son désir et Potter se retrouva vite nu sous son regard gourmand.

Il n’avait jamais vraiment pris le temps de bien le regarder et ce soir encore il ne prendrait pas le temps. Comme il l’avait dit à Blaise, il n’était pas gay, alors il n’avait aucune raison de s’extasier sur le corps du brun et puis il préférait connaître ce corps avec ses mains.

Avec sa bouche…

Potter était en total contraste avec lui et si son humeur était enjouée, ses gestes étaient tendres et maîtrisés. C’était une drôle de bataille qui se jouait entre eux. La tendresse de Potter contre la passion de Malfoy.

Et chacun d’eux connaissait les enjeux.

Si Draco se laissait aller à l’ambiance de Potter, ils allaient faire l’amour avec un sérieux terrifiant. Et c’était quelque chose que Draco ne voulait pas parce que cela voudrait dire qu’autre chose que la passion les faisait coucher ensemble. Refusant qu’une telle chose se produise, il se déshabilla à son tour avec rapidité.

Harry savait que s’il se laissait aller à l’ardeur de l’ancien serpentard, rien ne changerait. Ils avaient déjà couché de cette façon, en fait c’était de la seule façon qu’ils semblaient pouvoir le faire, au bord de l’explosion, frustré, fou de désir…Mais il y avait eu la dernière fois qu’ils l’avaient fait avant de se séparer cinq ans plus tôt, cette fois-là avait été différente mais cela ne suffisait pas. Harry voulait plus. Harry voulait tout.

Mais comment opposer la douceur à la force et gagner ?

Comment caresser tendrement alors qu’on est plaqué brusquement contre un mur ?

Draco était si beau, si chaud…Pourquoi refusait-il qu’il y ait entre eux quelque chose de mieux ?

Le blond l’embrassait passionnément et Harry lui caressa doucement les cheveux comme pour l’apaiser.

-Arrête ça ! siffla Malfoy en cassant le baiser.

Il était énervé de l’attitude de Potter et troublé aussi.

Mais Potter se contenta d’enfouir sa tête sur son épaule et de l’embrasser langoureusement dans le cou.

-Je voudrais te faire l’amour…murmura-t-il enfin.

Draco se tendit brusquement et s’écarta de Potter comme s’il venait de le brûler.

-Tu veux quoi ? s’écria-t-il presque affolé.

-Te faire l’amour, répéta Harry doucement.

-Je ne serais jamais en dessous ! dit Draco se demandant pourquoi son érection lui semblait plus douloureuse que jamais.

-Ce n’est pas une question de domination, répondit Harry, il n’a jamais été question de ça !

-Bien sûr que si ! s’écria Draco. Je te domine à chaque fois et je ne compte pas changer ce fait !

Draco savait que cette discussion était dangereuse mais depuis que Potter avait bouffé ces maudits gâteaux, il parlait à cœur ouvert et cela désarmait complètement l’ancien serpentard.

Il n’avait jamais l’impression de dominer Potter et surtout pas pendant qu’ils couchaient ensemble. C’était même plutôt le contraire, il était tellement perdu dans ces moments là, il ressentait tellement de plaisir que c’était Potter qui avait un pouvoir incroyable sur lui. Mais ça serait encore pire si c’était lui qui était en-dessous…

Il vit Potter hausser les épaules et sortir de la cuisine. Il se demanda s’il avait réussi à le blesser. Etrangement cela ne lui fit pas plaisir, Potter semblait tellement confiant depuis le début et maintenant il avait réussi à le rendre triste.

Enervé par ce qu’il s’apprêtait à faire, il alla dans le salon, Potter était en train de chercher dans sa valise de quoi s’habiller. Les yeux de Draco s’attardèrent un instant sur les fesses musclées et il avança.

-Ça changerait quoi si tu étais au-dessus ? demanda-t-il presque hargneusement.

-Rien, murmura Harry sans se retourner, c’est juste que j’ai envie de toi…

-Moi aussi j’ai envie de toi, s’énerva Draco, mais on peut très bien faire ça comme d’habitude ! Tu ne peux pas m’allumer et ne plus rien faire sous prétexte que je refuse de me faire prendre ! Je n’ai jamais été en-dessous !

-Tu refuses parce que tu n’en as pas envie ou parce que tu as peur ? demanda l’ancien gryffondor en se tournant enfin.

« Parce que je n’en ai pas envie ! » voulut crier Draco mais il savait que ce n’était pas la vérité. Il s’était déjà demandé ce que ça ferait d’avoir Potter en lui mais de là à passer à l’acte…

-Je croyais que les serpentards aimaient bien toutes les nouvelles expériences dès qu’il s’agissait de sexe.

-C’est un cliché, les serpentards ne sont pas plus pervertis que les autres.

-Si tu le dis…

Potter se retourna et attrapa enfin son pyjama. Draco était perdu. C’était lui qui voulait s’enfuir pour ne pas avoir de sexe avec le balafré et maintenant il sentait qu’il allait mourir si Potter ne le touchait pas.

C’était lui aussi qui il n’y a même pas une minute refusait d’être le passif mais à présent il était prêt à tout pour que Potter pose les mains sur lui. Il se demanda si le balafré ne lui avait pas jeté un sort.

-C’est d’accord, maugréa-t-il, on fait ça dans ma chambre.

-Pardon ?

Draco prit une grande inspiration et regarda Potter dans les yeux.

-Je veux bien que tu me baises mais juste une fois…Dépêche-toi de dire quelque chose avant que je ne change d’avis !

Harry eut un sourire, attrapa sa main et l’entraîna dans sa chambre.

Draco se laissa faire. Il laissa Harry l’allonger. Il le laissa le contempler. Il le laissa aussi poser ses lèvres sur son torse.

Il était pétrifié sur le lit, son cœur battait très vite. Il avait envie de faire marche arrière. Il avait envie que tout soit déjà fini.

-Tu sais, murmura Harry, tu as le droit de me toucher aussi…

Draco grimaça, Potter devait le prendre pour une poule mouillée. Il fallait qu’il se bouge, qu’il donne le change, alors il glissa ses mains sur le dos du brun.

Il avait toujours trouvé Potter plus masculin que lui. Sans être efféminé, Draco se savait délicat et gracieux et c’était sûrement dû au fait qu’il restait un aristocrate quoiqu’il arrive. Potter lui dégageait quelque chose d’animal, d’impressionnant et de sensuel et le voir comme cela planer au-dessus de lui le faisait se sentir faible et vulnérable.

Pourtant les mains sur lui étaient douces et lui arrachaient des frissons. La voix de Potter était de velours et sa bouche déposaient des baisers légers et affolants sur tout son corps.

Lui n’avait jamais été aussi doux avec Potter. Il ferma les yeux quand une des mains du brun s’égara sur son sexe dressé.

-Potter…gémit-il en élevant son bassin à la recherche de plus de contact.

-Tu es si beau…

Draco rouvrit les yeux pour voir que Potter le regardait avec une sorte de vénération intimidante.

Il ne quitta plus les yeux verts même lorsque Potter le prépara. C’était étrange d’avoir un corps étranger en lui mais pas vraiment désagréable. Son regard se voila et il gémit fortement lorsque Potter toucha du bout du doigt quelque chose en lui.

Après ça, Potter n’arrêta pas et Draco crut qu’il allait devenir fou.

-Viens…Viens, répétait-il d’une voix perdue.

Il voulait que Harry s’enfonce en lui. Il voulait ça plus qu’il n’avait jamais voulu autre chose.

-Depuis que je t’ai rencontré tu n’as cessé de grignoter mon cœur…

Potter parlait et Draco ne comprenait rien, trop perdu dans le plaisir. Il poussa un cri lorsque Harry le pénétra. Ses yeux étaient écarquillés sous la surprise et la douleur. Il sentait le sexe de Potter s’enfoncer en lui centimètre par centimètre et il eut envie de pleurer. Ce n’était pas du tout ce à quoi il s’attendait. Il avait l’impression d’appartenir à Potter. C’était comme s’il lui donnait sa vie, c’était à la fois effrayant et exaltant.

Potter respirait vite et fort, semblant aussi perdu que Draco. Il ferma un instant les yeux pour se concentrer, à cet instant précis, il pouvait venir juste s’il regardait encore le visage de son mari.

-Je t’aime, murmura-t-il.

Draco crut qu’il avait mal entendu mais les battements désordonnés de son cœur lui apprirent qu’il n’en était rien.

-Qu’as tu dis ? haleta-t-il alors que Harry commença à bouger en lui.

-Je t’aime, répéta-t-il et les yeux verts brillèrent de joie.

-Non…c’est faux, gémit Draco en s’accrochant à ses épaules. Tu sais bien que c’est faux…

-Je sais que c’est vrai de la même façon que je sais que je suis en train de m’enfoncer en toi.

Draco poussa un cri de plaisir parce que Potter venait d’accélérer le rythme et il ne fut plus capable de parler.

Plusieurs heures plus tard, il regardait Potter dormir dans son lit, sa baguette magique qu’il tenait tremblait un peu.

-Tu n’as pas le droit de m’aimer, murmura-t-il froidement.

L’aveu de Potter l’avait pris au dépourvu. Il l’avait laissé dire sans rien faire. Potter ne savait pas que c’était le lien qui le trompait. Il se croyait vraiment amoureux mais comment quelqu’un comme lui pouvait-il tomber amoureux de Draco Malfoy ? C’était impossible.

-Menteur, siffla-t-il à l’homme endormi, tu te mens à toi-même Potter.

-C’est faux, murmura Harry en ouvrant les yeux.

-Tu ne dormais pas ?! s’exclama Draco en reculant d’un pas.

-J’ai eu froid dès que tu es sorti du lit, fit Harry avec un pauvre sourire.

-Arrête de dire des choses pareilles ! Je n’en peux plus !

-Et pourquoi ça ? Parce que tu ressens la même chose ! attaqua Harry.

-Ne dis pas n’importe quoi ! Je ne t’aime pas ! cracha le serpentard en pointant sa baguette sur le brun.

-Alors pourquoi m’as tu laissé te faire l’amour ? s’exclama Harry qui avait envie de pleurer. Je t’en prie…ne me dis pas que j’ai rêvé…Je t’aime, bon sang !

Harry s’était assis sur le lit, ses yeux verts plantés dans ceux de Malfoy si gris et si froids.

-Potter c’est le lien qui…

-Tu me fais chier avec ton lien ! s’énerva Harry. Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’être amoureux naturellement ? Pourquoi refuses-tu de croire que j’ai un cœur et qu’il t’a choisi ?

-Tu ne sais pas ce que tu dis. Il vaut mieux oublier cette histoire.

-Je ne peux pas oublier mes sentiments, s’écria Harry exaspéré, ni cette soirée ! Et qu’est-ce que tu as avec cette baguette ? Tu comptes me tuer ?

-Non, répondit Draco doucement. Mais tu oublieras Harry.

L’ancien gryffondor écarquilla les yeux comprenant où son mari voulait en venir.

-Non, souffla-t-il horrifié, ne fais pas ça…Ne m’enlève pas cette nuit…

-Désolé, murmura Malfoy en levant sa baguette, je suis désolé.

-Pourquoi… ?

-Obliviate ! cria Draco et le sort toucha Harry de plein fouet qui s’écroula sur le lit.

« Quand il se réveillera il croira qu’il a dormi durant plusieurs heures à cause des gâteaux de Blaise », pensa l’ancien serpentard

Draco avait fait la seule chose qu’il y avait à faire. Il alla dans sa cuisine préparer le repas, il refuserait toujours l’amour de Potter, il le savait à présent.

Toute cette histoire allait bientôt prendre fin.

D’un geste de la main, il essuya les larmes qui coulaient sur ses joues.

A suivre…

Si je puis me permettre, Draco n’a pas tout à fait tort, c’est bientôt la fin de l’histoire (il reste deux chapitres et un épilogue)

Artoung (sauvez les dindes, fourrez Draco)(petite phrase de Jul.que j'ai honteusement piqué)

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