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contenant 3718 chapitres
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Jusqu'à
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
19 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 17     Les chapitres     21 Reviews    
Jusqu'à que tu ne hantes plus ma vie

Remerciement : à ma Quiproquo gentille et douce que j’aime. (Quiproquo, toute rougissante)

Chapitre 16 : Jusqu’à ce que tu ne hantes plus ma vie

Harry se réveilla sur le canapé avec ses habits de la veille et un affreux mal de tête. Il ne se souvenait pas du moment où il s’était endormi, mais apparemment il avait dormi assez longtemps puisque le jour semblait levé depuis un bon moment déjà. Il fronça les sourcils en entendant du bruit provenant de la cuisine. Dix secondes plus tard, Malfoy en sortait, le pas assuré, habillé avec la simplicité qu’il semblait dorénavant affectionner mais qui n’enlevait pourtant rien à son allure, définitivement aristocratique. Il lui jeta un regard froid qui démoralisa un peu l’ancien gryffondor qui se dit que finalement il aurait préféré dormir encore un peu.

-Tu es rentré il y a longtemps ? demanda Harry, en baillant.

-Oui et je commençais à croire ou plutôt à espérer que tu ne te réveillerais jamais.

-Je ne t’ai même pas entendu, marmonna Harry, je devais être vraiment crevé…

L’ancien serpentard le dévisagea étrangement, ce qui inquiéta un peu Harry.

Qu’est-ce qu’il avait encore fait ?

Il essaya de se souvenir de sa soirée, cherchant dans sa mémoire. Il se souvenait parfaitement du moment où Draco était parti et ensuite il avait dormi –encore- puis Blaise était venu et reparti –encore heureux- et ensuite...ensuite il avait dû s’endormir devant la télévision…

-Zabini est venu, dit-il enfin, je l’ai viré vite fait, je crois qu’il voulait te voir.

Il lui sembla que Malfoy blêmissait un peu mais c’était difficile à voir, étant donné le grain de peau naturellement pâle du blond.

-Il est venu ? reprit Malfoy, glacial. Mais comment a-t-il su où je vivais ?

Harry fronça les sourcils. Il ne se souvenait pas vraiment de sa discussion avec l’ami de Draco. Il se concentra un peu mais c’était très flou dans sa mémoire.

-Je ne sais pas, murmura-t-il. Mais Zabini est un informateur, j’imagine qu’il se jette sur tous les scoops. Il y a peut être eu une fuite au niveau des Aurors ou peut être qu’il a trouvé un moyen de te suivre au cours de tes déplacements…

-T’a-t-il laissé un message pour moi ? reprit Malfoy, soupçonneux.

-M’en souviens plus, grogna Harry en se levant, t’as qu’à lui demander si tu es si curieux. Je vais prendre une douche…

Harry sentit le regard du blond sur lui mais ne s’en soucia pas. Mister Maussade avait sûrement dû se lever du mauvais pied –pour changer-. Il soupira de soulagement en entrant sous la douche, l’eau semblait être une réelle bénédiction pour sa migraine.

Draco avait des sueurs froides. Potter n’était pas sensé se rappeler de Blaise. L’effet du sort aurait dû être plus fort. Qu’il se souvienne de Blaise n’était pas un problème, tant qu’il ne se souvenait que de ça.

Combien de temps s’était-il écoulé entre le passage de Blaise et son arrivée à lui ? Draco n’en savait strictement rien. Il savait juste que si Potter se rappelait son malaise avec les biscuits, il allait comprendre qu’il lui avait menti.

« Mais pourquoi n’est-il pas comme tout le monde ? Pourquoi doit-il toujours être plus résistant aux sorts !? »

L’ancien serpentard avait passé les dernières heures à penser aux paroles effrayantes de Potter.

Ils étaient finalement arrivés au point de non retour qu’il pressentait depuis un petit moment déjà. Potter lui avait fait une déclaration d’amour. Draco essayait tant bien que mal de se persuader qu’il avait dit cela sur le coup de la drogue mais il revoyait alors l’expression assurée de l’ancien gryffondor et il comprenait que ce n’était pas le cas.

Harry Potter, le héros du monde sorcier, croyait vraiment qu’il était amoureux de lui. En dehors du fait que Potter devait être complètement cinglé de penser un truc pareil, Draco ne pouvait pas poursuivre leur accord dans ces conditions. C’était bien trop effrayant et insensé.

Il devait virer le balafré de chez lui et vite fait.

Il m’aura baisé dans tout les sens du terme au final, ce bâtard ! pensa-t-il sombrement en jetant un regard agacé en direction de la salle de bain.

Il se mit à rougir furieusement en pensant à ce qu’il s’était passé. Il devait être aussi cinglé que Potter pour avoir permis qu’une telle chose se produise. C’était sur lui qu’il aurait dû lancer le sort d’oubliette, ça lui aurait évité de penser à ça, toutes les cinq minutes avec la régularité d’un métronome dépressif. Il lui suffisait de fermer les yeux pour revoir Potter tout en sueur en train de se mouvoir en lui à un rythme délibérément lent et diabolique.

Et le pire dans tout ça, c’était qu’il avait perdu la maîtrise de sa magie. Les étoiles étaient revenues et c’était lui qui les avait créées. Si la honte pouvait tuer, il serait déjà mort. Il revoyait le regard émerveillé de Potter quand il y avait eu la pluie d’étoiles filantes et il entendait presque à nouveau son murmure rauque qui disait que ça lui avait manqué.

Il n’était pas gay pourtant…

Alors pourquoi est-ce qu’il avait apprécié le fait de l’avoir en lui, au point de perdre le contrôle de sa magie ?

Est-ce que cela voulait dire qu’il était gay ?

Potter avait été maladroit pourtant avec ses mains tremblantes et son air ému et paradoxalement il avait été incroyablement doué.

Enfin ça, ce n’était presque pas étonnant, le balafré avait une sorte de don pour le sexe et le quidditch.

Les deux seules choses vraiment importantes dans la vie d’un sorcier mâle, ce petit enculé en jouait avec une habilité naturelle exaspérante.

« Correction, en l’occurrence c’est moi le petit enculé, cette fois ! » songea Draco avec une grimace. Il avait presque failli penser « le foutu chanceux » à la place mais il s’était retenu à temps.

Il allait vraiment falloir qu’il s’extirpe de cette situation avant de devenir fou.

Il parvint à rester d’une indifférence glacée toute la matinée. Il avait juste peur que Potter se remette à débiter des déclarations aussi chimériques que pathétiques mais l’ancien gryffondor resta égal à lui-même, distant et plus préoccupé par son livre moldu que par lui. Malgré cela il fut soulagé, lorsque le balafré décida d’aller voir ses amis en début d’après midi. Il allait enfin pouvoir réfléchir au calme pendant quelques heures.

A peine la porte fermée, il attrapa son paquet de cigarette, laissant sa nervosité transparaître. La journée allait être très longue…

O°O°O°O°O°O°O°O

Harry Potter-Malfoy et son mari Draco ont été vus au milieu de la nuit devant la boîte de nuit moldue (cf photo n°1) appartenant à Blaise Zabini, un ancien camarade de classe de Draco Malfoy. Tout porte à croire que les deux jeunes gens s’y sont bien amusés (Cf photo n°3). Leur couple qui semblait être en échec serait-il en train de renaître de ses cendres ? Ce qui est sûr c’est que Harry Potter a les yeux qui brillent et qu’il semble bien décidé à enlacer son mari (cf photo 2). Notre équipe pense les avoir interrompus lors d’une manifestation débordante d’affection…(moment dont hélas nous n’avons aucune photo). Tous nos vœux de bonheur accompagnent ces amoureux qui méritent plus que quiconque de vivre heureux ! »

-…

-Depuis quand tu vas en boîte sans moi, mon pote ? plaisanta Ron en lisant le nouveau numéro du Sorcier Enchaîné par dessus l’épaule de son meilleur ami.

-Ron, je crois que ce n’est pas le moment…, intervint sa femme en regardant le visage fermé de Harry.

-Mais Mione…

-Ils disent que ça c’est passé hier, murmura Harry sombrement.

-Heu oui…Pourquoi ils se sont trompés de date ?

Le jeune homme brun ne répondit pas. Le regard fixé sur le journal, il essayait de mettre de l’ordre dans ses pensées.

Il était arrivé il y a deux heures de ça chez ses amis et un hibou venait de leur livrer à l’instant les journaux de la journée. Machinalement il avait regardé les gros titres avant de blêmir devant celui du Sorcier Enchaîné.

Que faisait-il en première page avec Malfoy dans ce torchon ?

Il avait parcouru l’article en palissant de plus en plus. Les photos magiques le montraient en train de s’agripper à l’ancien serpentard et d’essayer de l’embrasser. Malfoy pour sa part semblait surtout gêné et agacé aussi, même si sur une photo il se déplaçait pour le serrer contre lui en foudroyant le photographe du regard.

-Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? siffla Harry en relisant l’article pour la seconde fois.

Ron et Hermione se jetèrent un regard d’incompréhension ne sachant pas trop quoi dire. Puis comme s’il était monté sur ressort, Harry se leva et sortit en trombe de leur maison.

-Heu…Je n’ai pas tout compris, là…

-Moi non plus, Ron, moi non plus…

Harry transplana immédiatement chez Draco, le journal serré dans sa main. Il n’avait aucune idée de ce qu’il s’était passé hier soir, il savait juste que Malfoy lui avait menti.

L’ancien serpentard n’était pas dans l’appartement, ce qui ne fit qu’augmenter l’énervement du brun. Il descendit les escaliers en courant, sans faire attention au regard noir de la petite vieille du second. Soit Malfoy était parti il ne savait où, soit il était en train de bricoler sa précieuse moto.

Il se dirigea vers les garages et Malfoy était là en effet avec une clé et un chiffon sale dans les mains, assit par terre. La moto était installée sur le parking pour plus de commodité et une dizaine de jeunes du quartier contemplaient l’engin, cachant mal leur envie.

C’était une scène étrange pour Harry. Malfoy était égal à lui-même, ne parlant pas ou alors par monosyllabes mais les adolescents semblaient le respecter et il était étonné que le blond n’ait pas encore virés ses admirateurs bruyants.

« Malfoy qui laisse des jeunes moldus approcher sa précieuse bécane…J’aurais tout vu dans ma pauvre vie. »

-Et elle consomme combien ? demanda un garçon blond qui ne devait pas avoir plus de quatorze ans, en allumant une cigarette.

Malfoy leva la tête pour répondre et au passage, tenter de taxer une cigarette au jeune moldu curieux, lorsqu’il aperçut Potter à quelques mètres de là qui semblait fulminer sur place.

-C’est qui lui ? grogna un garçon en lorgnant l’ancien gryffondor d’un regard mauvais.

-C’est mon colocataire, malheureusement, répondit Draco en se levant et en s’époussetant.

-Il fait des courses aussi ? demanda un garçon plus petit.

Malfoy ne répondit pas, se demandant pourquoi Potter avait l’air autant en colère.

La seconde d’après il recevait le journal que tenait le balafré dans la tête.

-Tu as intérêt à avoir une bonne explication ! cracha l’ancien gryffondor.

Surpris, Malfoy rattrapa le journal machinalement. C’était définitif, Potter était cinglé. Il ressemblait à une mégère dégénérée.

Draco regarda la première page, ravalant ses insultes avant de se mettre à blêmir.

-On va parler ailleurs, siffla-t-il. Et vous les gosses, vous ne touchez pas à ma moto !

Un concert de râlerie accueillit sa dernière injonction mais Draco pensait déjà à ce qu’il allait bien pouvoir inventer. Il sentait la colère de Potter et c’était déjà un miracle qu’il ne lui ait pas fait un scandale au milieu de la rue.

Il se sentait surtout très stupide, avec tout ce qu’il s’était passé à la fin de la nuit, il avait complètement oublié l’histoire avec les journalistes. Il aurait dû penser à ça et au fait qu’il allait figurer dans le journal avec l’autre idiot.

Même le fait d’enlever la mémoire au balafré était stupide mais il n’avait pas vraiment réfléchi. Il avait juste voulu que Potter oublie ses paroles et ses actes.

A peine entré dans l’appartement, il fut plaqué contre le mur par la boule de nerf qu’était devenu Potter.

Un gémissement de douleur lui échappa et Potter s’écarta immédiatement de lui.

-Alors ? Je t’écoute ! ordonna l’ancien gryffondor. Pourquoi, alors que je suis sensé avoir dormi toute la nuit, j’apprends dans un torchon que je suis allé en boîte de nuit avec toi ?!

-Je n’ai pas envie de te répondre.

-Pardon ? Tu n’as pas envie de me répondre !?! Mais Malfoy tu n’as clairement pas le choix. Que s’est-il passé hier soir et pourquoi je ne me souviens de rien !?

Harry essayait de garder son sang froid mais voir Malfoy si peu coopératif n’aidait pas vraiment. Le blond lui cachait quelque chose, c’était évident. Et pourquoi est-ce qu’il n’arrivait pas à se rappeler ? A croire qu’on lui avait jeté un sort d’oubliette ou un truc du même genre !

L’ancien gryffondor se figea soudainement, en proie à un doute affreux. Il dévisagea Malfoy un long moment. Le blond se décolla du mur, mal à l’aise devant ce regard accusateur et se dirigea vers la cuisine pour se servir un verre d’eau.

-Tu n’aurais pas oser faire ça, n’est-ce pas ? demanda la voix hallucinée de Potter dans son dos.

-Faire quoi ? répondit Draco en portant le verre à sa bouche.

-Retourne-toi quand je te parle, bordel ! s’énerva Harry.

Avec une lenteur calculée, l’ancien serpentard se retourna, plaquant sur son visage parfait un sourire narquois.

-Je ne savais pas que tu ne pouvais pas te passer de ma vue…Je pourrais être flatté s’il ne s’agissait pas de toi, Potter.

-Ne sois pas stupide, grimaça Harry qui ne voulait surtout pas que Malfoy se rende compte de ses sentiments. Je veux juste voir tes yeux quand tu me diras que tu ne m’as pas jeté de sort d’oubliette cette nuit !

Draco tentait de trouver rapidement quelque chose à dire mais les yeux verts ne le lâchaient pas.

-Bravo Potter, dit-il enfin, tu es plus perspicace que tu en as l’air. Maintenant, excuse-moi mais j’ai encore un truc à voir sur ma moto…

-Comment as-tu pu ? siffla Harry hésitant entre la colère et une immense déception.

-C’est simple, tu lèves ta baguette, la pointe sur la personne que tu veux ensorceler et là tu prononces le sort qui…

-Ta gueule ! cria Harry en l’attrapant par le col de sa chemise. Comment peux-tu plaisanter avec MA vie ! MA mémoire ! Tu es aussi pourri et sans cœur que tu en as l’air !

-Lâche-moi ! ordonna Draco sans pour autant se débattre. Je n’ai jamais eu la prétention de te faire croire que j’étais quelqu’un de bien ! Tu me connais mieux que quiconque depuis le temps. Alors oui, j’ai enlevé une nuit dans ta mémoire et crois-moi tu devrais me remercier. Tu as passé la soirée à te rendre ridicule, encore plus que d’habitude je veux dire. Tu étais pitoyable !

-Je ne te crois pas !cria Harry. Tu t’aurais arrangé pour que je n’oublie jamais une telle soirée si tu disais vrai. Dis-moi la vérité ! Que s’est-il passé ?

Draco eut un sourire mauvais. Il voulait pousser Potter à bout. Il voulait que Potter lui dise qu’il le détestait. Qu’il le frappe. Qu’il lui montre sa haine !

Il voulait effacer ses « je t’aime » de sa mémoire. Il voulait que Potter lui montre que rien n’avait changé.

Qu’il ne l’aimait pas.

-Je ne te dirais rien.

-Oh si, fit l’ancien gryffondor d’un ton menaçant en resserrant la pression autour du cou du blond. Tu vas parler, crois moi !

-Et que vas-tu faire ? questionna Draco avec une sorte d’espoir douloureux. Me torturer ? Violer mon esprit ?

-C’est ce que je devrais faire, oui ! cracha Harry, dégoûté, en le relâchant.

Draco le regarda, abasourdi. Alors il renonçait comme ça ? Il refusait de lui faire mal ? Il n’avait pas le droit. Potter n’avait pas le droit !

-Vas-y ! cria-t-il en posant les mains sur son torse. Vas-y alors, qu’est-ce que tu attends !? Frappe-moi bordel ! Je t’ai pris ta mémoire, je t’ai volé! Venge-toi !!

Harry recula, mal à l’aise. Il n’avait pas envie de frapper Malfoy –enfin presque pas-. Il en avait marre que ses disputes avec lui se finissent de cette façon. De plus, on ne frappe pas la personne dont on est amoureux, même si c’était le principal moyen de communication entre eux depuis plus de dix ans. Et là Malfoy était presque en train de le supplier pour qu’il le cogne. Ce crétin ne tournait définitivement pas rond.

-Tu es fou ! s’exclama-t-il avec colère en se dirigeant vers la sortie. Il y a décidément un truc qui ne tourne pas rond chez toi, Malfoy. Je trouverais ce qu’il s’est passé cette nuit avec ou sans ton aide !

L’ancien gryffondor claqua la porte derrière lui. Se rendant compte à ce moment là qu’il tremblait. Il avait une affreuse envie de pleurer. Malfoy était une ordure de la pire espèce et il venait encore une fois de le prouver. Comme pouvait-il être amoureux d’un type pareil ? Il lui avait jeté un sort d’oubliette, bordel ! Et lui n’était même plus capable de se venger…

Qu’est-ce qui avait bien pu pousser Malfoy à faire un truc pareil ?

Harry avait beau chercher il ne trouvait aucune réponse. Que s’était-il passé cette nuit pour que Malfoy veuille qu’il oublie.

Il ne croyait pas à la thèse comme quoi il avait été ridicule. Si cela avait été le cas, Malfoy s’en serait servi pour se foutre de lui durant toute la durée de son séjour, il ne lui aurait jamais fait oublier un truc pareil.

Déterminé, Harry décida d’aller voir la seule personne qui pourrait peut-être savoir quelque chose. A près tout, les photos avaient été prises devant son établissement.

Blaise Zabini laissa les vigiles le laisser entrer. C’était étrange d’être dans une boite de nuit en plein jour. La salle principale, vidée de ses occupants, semblait tout à coup immense et le silence qui y régnait ne semblait pas à sa place ici.

Il monta vers le bureau de Zabini. Il n’eut pas le temps de frapper qu’on lui demanda d’entrer.

Zabini, toujours aussi élégamment habillé, était derrière son bureau en train de lire une pile de papier. Il leva brièvement son regard vers lui et lui fit signe de s’assoire avant de signer un document.

Mal à l’aise, l’ancien gryffondor prit place dans un des fauteuils en face du bureau. Il se souvenait qu’il n’avait pas été très gentil la dernière fois qu’il avait vu le jeune homme. Il l’avait viré de chez Malfoy sans y mettre les formes et Zabini n’allait sûrement pas l’aider aussi facilement.

-Potter, fit enfin l’ancien serpentard avec un sourire de bienvenu totalement hypocrite, que me vaut l’honneur ?

-J’aurais des questions à te poser.

-Bien sûr. Mais Draco n’est pas avec toi…il va bien au moins ?

Harry leva les yeux au ciel. Il ne connaissait pas vraiment Zabini mais son numéro de gentillesse sonnait on ne peut plus faux.

-Ça peut aller, marmonna-t-il, cependant. Dis-moi, hier soir, je n’aurais pas laissé mon manteau dans ta boîte ? J’étais un peu pompette alors je ne sais plus ce que j’en ai fait…

Harry essayait, par un moyen détourné, de savoir ce qu’il s’était passé cette nuit, si jamais il avait mis les pieds ici. Ça, il n’en était même pas sûr. Peut-être s’était-il contenté de rester devant ?

Hélas ce qu’il prenait pour une manière habile de faire parler Zabini était un flop complet. Il le voyait juste à la façon dont l’ancien serpentard le dévisageait. Les yeux noirs étaient froids et calculateurs et semblaient fouiller son âme.

-Tu ne te souviens pas de ce que tu as fait ici, n’est-ce pas…affirma-t-il avec un sourire inquiétant.

Harry eut un soupire agacé et décida de jouer carte sur table. Il avait assez perdu de temps comme ça.

-Ton copain Malfoy a effacé de ma mémoire tout ce qui concerne la soirée d’hier. La dernière chose dont je me souvienne c’est de t’avoir mis à la porte.

Blaise eut un sifflement admiratif.

-Draco a fait ça ! Et tu l’as laissé faire ?

-Je ne sais pas, je ne devais pas être sur mes gardes…Tu sais quelque chose ?

Zabini fit mine de réfléchir mais il avait l’air clairement amusé –ce que Harry trouva très agaçant-.

-Je vais te dire ce que je sais, dit-il enfin, parce que je sens que ça va être amusant…

Harry resta prêt d’une demi-heure en compagnie de Zabini. Il avait écouté, effaré sa version de l’histoire. Harry avait beaucoup de mal à croire que Draco se soit inquiété pour lui. Il espérait de tout cœur qu’il n’avait rien fait de déshonorant. D’après Zabini, il était sous l’effet d’une drogue aphrodisiaque et Malfoy s’était empressé de les ramener chez eux.

Tout cela ne l’avançait pas beaucoup. Malfoy n’avait toujours aucune raison de lui enlever sa mémoire. Il fallait donc chercher plus tard dans la soirée, or si comme le pensait Zabini, Malfoy les avait ramenés chez lui, il était le seul à savoir ce qu’il s’était passé.

En gros, Harry n’avait aucune chance de connaître la vérité…

Il passa les deux heures suivantes à errer dans un parc de la ville parce qu’il sentait que s’il rentrait tout de suite, il risquait de perdre ses bonnes résolutions et de torturer Malfoy jusqu’à ce qu’il avoue.

Il ne savait pas comment réagir. Il était en colère, triste, déçu et surtout incroyablement frustré.

Il ne cessait de se demander ce qu’il s’était vraiment passé.

Il y avait trois choses qu’il redoutait plus que tout : avoir fait du mal à Malfoy, lui avoir déclaré son amour -mon dieu, il n’aurait jamais fait un truc pareil- ou lui avoir vomi dessus, alors là, ce serait vraiment la honte même s’il mastiquait bien (1).

C’est donc résigné de ne pas savoir, qu’il rentra chez le blond. Il fut accueilli par un regard glacé et ils n’échangèrent plus un mot de la soirée.

Ce n’est qu’avant d’aller ce coucher que Malfoy lui dit ces quelques mots d’une voix hautaine.

« Je mets fin au marché, Potter. Je ne veux plus qu’on couche ensemble. A partir de maintenant, on ne se touche plus. »

Puis, il avait refermé la porte de sa chambre, laissant Harry encore plus triste qu’il ne l’était.

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O

Noël arriva à grands pas. Bien trop vite au goût de Harry. Draco lui s’en moquait complètement, cela faisait longtemps qu’il ne fêtait plus Noël.

Potter avait voulu fêter Noël avec lui et Draco avait refusé. Il lui avait dit de rester avec ses amis et l’ancien gryffondor s’était contenté de lui sourire un peu tristement.

Draco avait détesté ce sourire.

Alors le matin de Noël bien avant que Draco ne se lève, Harry était sorti.

Le blond se réveilla en frissonnant. Le temps avait vite tourné et il avait oublié d’augmenter son chauffage. La météo prévoyait de la neige, de quoi ravir tous les gosses du coin. Draco lui s’en moquait, il n’avait pas l’attention de sortir. Le mieux serait que Potter soit parti et qu’il le laisse tranquille aujourd’hui.

Il voulait toujours être seul pour Noël, c’était aussi son anniversaire de mariage donc forcement il n’avait pas le cœur à faire la fête.

Il se rappela que lors de sa première année dans le monde moldu, il avait couché avec une fille exprès ce jour-là. Il lui avait fait l’amour une grande partie de la journée, jusqu’à en être dégoûté. Elle était pourtant jolie cette fille et Draco n’aurait jamais pensé qu’on puisse être dégoûté du sexe mais c’était pourtant arrivé. Il avait dû trouver une excuse bidon pour la faire partir plus tôt que prévu et il avait passé le reste de la soirée à boire.

En y repensant, c’était la seule fois qu’il avait gardé une partenaire pour plus d’une fois. En fait, il était incapable de coucher avec quelqu’un plus d’une fois. La première fois, ça allait, c’était surtout une sorte de défouloir, un moyen de faire baisser la pression, il n’avait rien d’un saint et avait besoin d’avoir des rapports sexuels une fois de temps en temps. Mais il était incapable d’avoir une relation suivie. Coucher plus d’une fois avec une fille était pour lui déjà une fois de trop.

Il se disait qu’un jour il trouverait une femme pour lui. Une qu’il aurait envie de revoir…Une avec qui il ferait sa vie. Peut-être même qu’il aurait des enfants avec elle…

C’était obligé, il devait y avoir quelqu’un pour lui dans le monde.

Ça lui rappelait une histoire, une légende plutôt, c’était une maman qui avait raconté ça à sa fille, à l’arrêt d’un bus que Draco attendait.

Elle disait qu’au début les Hommes étaient des êtres avec quatre bras, quatre jambes et deux têtes. Elle disait aussi que ces hommes étaient les plus heureux de toutes les créations sur terre. Tellement heureux que les dieux en furent jaloux. Et un jour, n’en pouvant plus, ils lancèrent des éclairs sur chaque homme les séparants en deux. Depuis ce temps, les hommes ont juste une tête, deux bras et deux jambes et sont rarement heureux. Et quelque part dans le monde, leur âme sœur, aussi triste qu’eux, attend le jour de leur rencontre.

Draco pensait rarement aux histoires d’âme sœur, seulement à Noël. Et il se demandait si un jour il pourrait vivre un amour aussi fort que le lien magique qui l’unissait à Potter. Et la réponse le rendait malade.

Draco n’aimait pas Noël.

Il se dirigea vers le salon, encore tout endormi et fut heureux de ne pas y voir Potter. Et comme il n’y avait aucun bruit en provenance de la salle de bain ou de la cuisine, le blond en déduisit que le balafré était sortit et il eut un sourire satisfait.

Son sourire se fana pourtant vite. Dans un coin du salon, il y avait un petit sapin décoré et Draco était sûr qu’il n’y était pas la veille au soir. Et pire encore il y avait des paquets au pied du sapin.

Draco s’approcha prudemment comme s’il avait peur qu’un des cadeaux lui saute dessus. Il y avait trois paquets, pas très bien emballés ce qui lui fit redouter le pire. Ses soupçons se confirmèrent lorsqu’il reconnut son prénom à chaque fois écrit par Potter.

Qu’est-ce qui était encore passer par la tête du bigleux pour qu’il lui offre des trucs pour Noël ?

Surtout que ces dernières semaines, leurs rapports étaient glacés. Potter ne lui avait pas pardonné l’histoire de l’oubliette –ce qui était normal- et lui-même ne voulait pas qu’il lui pardonne. C’était mieux comme ça : ne plus se toucher, communiquer par monosyllabe. Dans une poignée de jour –de semaine au pire- les aurors allaient bien finir par faire leur boulot et trouver les derniers mangemorts. Et il serait enfin débarrassé de Potter.

Il jeta un dernier coup d’œil aux cadeaux, se persuadant qu’il n’était pas curieux de savoir ce qu’ils contenaient et alla prendre son petit-déjeuner.

Quand Potter reviendrait, il allait lui dire où il pouvait se les carrer ses paquets. Pour l’instant, il devait être avec ses amis…

La journée passa sans que Potter ne réapparaisse, ce qui commença à agacer Draco. Il était bientôt dix-neuf heures. Draco s’ennuyait ferme, il avait passé l’après-midi à regarder des téléfilms moldus qui revenaient immanquablement tous les ans à cette période. Des films niais et agaçants où tout finissait bien à la fin.

Il s’ennuyait à présent et les cadeaux de Potter attendaient toujours bien sagement son bon vouloir.

Après tout, il pouvait bien les ouvrir –histoire de s’occuper- et ensuite les jeter à la poubelle.

Ses mains tremblèrent un peu quand il déballa le premier cadeau mais il décida de ne pas le remarquer.

Il s’agissait d’une écharpe toute noire en cachemire, douce et qui avait l’air de tenir chaud. Ça l’étonna un peu que Potter fasse preuve de qualité, une écharpe en grosse laine, c’était plus son style.

-Tsss, le style de Potter, c’est de ne pas en avoir, marmonna-t-il en, ouvrant le plus petit paquet.

Il s’agissait d’une paire de gants noirs, conçue spécialement pour les motards. Encore une fois, c’était de la bonne qualité. Sa propre paire de gant n’avait rien à voir avec ça, il l’avait achetée d’occasion à un des types qui se trouvait sur une course.

Cela l’étonnait que Potter de lui offre des accessoires pour sa moto quand il était évident qu’il n’aimait pas ça.

C’était un beau cadeau et l’écharpe aussi, Draco devait en convenir mais ils venaient de Potter et ça gâchait tout.

L’air de rien, ça faisait très longtemps qu’il n’avait pas reçu de cadeau, c’était sûrement pour ça qu’il sentit son cœur se serrer quand il vit le contenu du dernier paquet.

Potter lui avait offert un blouson magnifique, en cuir, noir aussi, idéal pour les courses de moto, bien entendu. Presque une pièce de collection. Il se mit à rougir en pensant à son blouson élimé aux manches et au cuir abîmé. Est-ce que Potter s’était rendu compte de ça ? Est-ce qu’il avait eu pitié de lui ?

L’indignation le prit à la gorge. Sans réfléchir, il enfila gants, écharpe et manteau, il attrapa son casque et ses clés.

Il allait retrouver le balafré chez les Weasley et il lui dirait sa façon de penser. Il ne voulait pas de sa charité ! De sa putain de pitié !

Et surtout, surtout, il avait cette envie au fond des tripes, depuis qu’il avait ouvert les yeux ce matin.

Il avait envie de le voir.

Il prépara son discours et ses insultes durant le trajet qui le menait chez Weasley, tout en se sentant au chaud et protégé dans le manteau qu’il rendrait, c’est sûr, à Potter.

Il n’était jamais venu chez Ron et Hermione mais la jeune femme lui avait passé son adresse durant une de ses visites, il y arriva sans trop de difficulté. La maison était éclairée par des décorations de Noël. Elle n’était pas très grande mais Draco la trouva jolie, malgré les décorations.

Il se gara juste devant et frappa vivement à la porte. Il entendit des voix et des rires puis des pas qui se rapprochaient et il se demanda l’espace d’un instant, s’il avait le droit de gâcher le Noël de Potter en faisant un scandale devant la porte de ses amis.

Ce fut Ron Weasley qui lui ouvrit avec un sourire qui se fana à sa vue.

-Malfoy ?

-Bonsoir Weasley, entama immédiatement Draco alors qu’une voix derrière Weasley demandait qui c’était, je voudrais parler à Potter.

-C’est Malfoy ! cria Ron en réponse avant de plisser les yeux en direction de l’ancien serpentard. Et tu lui veux quoi ?

-Ça ne te regarde pas, commença à s’énerver Draco, contente-toi de me le ramener.

Ron sembla sur le point de dire quelque chose lorsque deux rouquins identiques se placèrent aussi devant la porte.

-Hé ! Mais c’est…

-Malfoy ! Comment ça va…

-Depuis le temps ?

L’instant d’après, il y avait plein de rouquins devant la porte mais aucune tête aux cheveux noirs et en pétard.

Il serra les mains de Bill, Charlie, Percy, Fred, Gorge, d’un gamin de quatre ans, roux lui aussi qui disait s’appeler Super-terminator et d’un autre de quasiment le même âge qui certifiait que c’était lui Super-terminator.

S’en suivie une bataille entre les deux morpions pour savoir qui était le vrai Super-Terminator et Draco regretta d’être venu ici.

Lorsque George –ou Fred pour l‘importance que ça avait - sépara les deux cinglés, Weasley –enfin Ronald quoi- lui demanda s’il voulait entrer.

-Non merci, je veux juste voir Potter, c’est possible ?

-Je crains que non, répondit Weasley.

-Et pourquoi ça ?

Ron poussa un soupir, sortit dehors à son tour et referma la portes sur ses frères qui, à l’évidence, n’avaient rien de mieux à faire que de se mêler de leur conversation.

-Harry n’est pas là, dit-il, une fois qu’ils furent au calme.

-Comment ça…

-Il ne passe jamais Noël avec nous, le coupa Ron. C’est comme ça depuis votre mariage. Il veut toujours être seul. Mais je pensais que cette année vous le passeriez ensemble…c’est ce qu’il espérait en tous cas.

-C’est ridicule, grogna Draco. Pourquoi voulait-il être avec moi ?

-Tu es stupide, souffla Ron. Tu ne vois donc pas plus loin que ta haine pour lui…

-Je ne suis pas stupide ! siffla l’ancien Serpentard, furieux. Et cette histoire ne te regarde pas. Tu sais pourtant mieux que quiconque que la haine est la seule chose qui nous unit !

-C’est faux, s’énerva Ron à son tour. Vous êtes mariés ! Tâche de ne pas l’oublier Malfoy et essaie, au moins pour ce soir, de te comporter convenablement avec lui ! Il mérite un peu de considération je crois !

-Je me moque de ce que tu crois. Dis-moi juste si tu sais où il est.

Les deux hommes se fusillèrent du regard avant que Ron ne pousse un soupir agacé.

-Je ne suis pas sûr qu’il soit là. Mais un jour, je lui ai demandé ce qu’il faisait à Noël, et il m’a dit qu’il traînait dans le parc à Londres, où il y a le marché de Noël tous les ans. Tu vois où c’est ?

-Oui, je connais.

-Il n’y est peut-être pas.

-Tu crois quoi, Weasley ? Que je vais aller le chercher dans un parc, en pleine nuit ? Il finira bien par rentrer.

Ron ne répondit rien et Draco décida qu’il était temps de partir. Cette discussion lui tapait sur les nerfs.

-Tu souhaiteras un joyeux Noël à Hermione de ma part ! lança-t-il, en se retrounant.

-Ouais, si tu veux, marmonna le rouquin dans son dos. Hé, Malfoy, s’écria-t-il plus fort, sympa ton blouson !

Draco fit une grimace que Ron ne vit pas et s’en alla rapidement.

Il décida d’aller faire un tour au parc, car il n’avait rien de mieux à faire et puis il avait envie d’insulter Potter.

« Il passe tous ses Noëls tout seul et j’ai refusé qu’on le fête ensemble cette année », ne cessait de penser Draco.

Il se sentait triste.

Potter lui manquait.

O°O°O°O°O

Harry était assis sur un banc. Il regardait les passants sans vraiment les voir. De lourds flocons de neige virevoltaient et si cela continuait, demain matin les gamins feraient des bonhommes de neige dans ce même parc. L’ancien gryffondor piocha dans son paquet de marrons chauds. Il commençait à se faire tard, il fallait qu’il pense à rentrer.

Il sursauta un peu en sentant une autre main dans le paquet et se tourna interdit, vers la personne qui se servait ainsi.

Il fut encore plus surpris de voir qu’il s’agissait de Malfoy.

Le blond mangea son marron sans un mot et Harry remarqua qu’il portait le blouson qu’il lui avait offert. Il aurait pensé que Malfoy n’aurait même pas ouvert les paquets, aussi fut-il agréablement surpris.

-Que fais-tu ici ? demanda-t-il, enfin.

-Je mange des marrons chauds, répondit Draco, sans sourire.

-Très drôle, dis plutôt que tu manges mes marrons chauds.

-Il n’y pas ton nom dessus.

Il y eu un silence et Harry se permit un petit sourire en regardant le ciel. Il était heureux que Malfoy soit là –avec son beau manteau-. Ça lui donnait envie d’aimer Noël à nouveau.

Même s’il ne savait pas du tout pourquoi il était ici.

-Qu’est-ce que c’est ? demanda Draco, en repérant un livre que Harry tenait.

-C’est un cadeau de Remus, un hiboux l’a envoyé chez toi ce matin pour moi. J’ai passé une grande partie de ma journée dans un café à le lire.

-C’est Lupin qui l’a écrit ?

-Oui, répondit Harry rêveur, il raconte ses années à Poudlard…

-Ah, fit Draco, il doit te raconter comment étaient tes parents, tu dois être content.

-C’est un présent magnifique, approuva Harry, c’est très drôle aussi et triste parfois. Tu savais qu’il était amoureux de Sirius Black ?

-Non.

-Et bien il l’aimait. Je regrette de ne pas avoir compris plutôt. Ce doit être si triste de perdre la personne qu’on aime le plus au monde.

Draco ne savait pas vraiment quoi répondre à ça. Potter n’avait pas l’air triste d’avoir lu ce livre, en fait il semblait plus paisible en en parlant.

-Tu n’aurais pas dû, pour les cadeaux, marmonna-t-il enfin alors que Harry regardait toujours le ciel.

Le sourire de l’ancien gryffondor se fit un peu amer.

-Je sais, répondit-il simplement.

Qu’aurait-il pu dire d’autre ?

Que s’il avait fait ça, c’était juste par égoïsme ? Parce qu’il voulait le voir accepter quelque chose venant de lui. Parce qu’il était amoureux…

-Moi, je n’ai rien pour toi.

-Je ne veux rien.

-Ne sois pas idiot Potter ! J’ai horreur d’être redevable. Alors dis-moi ce qu’il te fera plaisir et tu l’auras.

Harry se retint de rire. Malfoy ne comprendrait jamais rien décidément. La seule chose qu’il voulait de lui, Malfoy ne lui donnerait jamais. De toute façon, ce n’était pas un truc qu’on donnait, on le volait si on était assez habile. Et Harry n’était pas assez habile pour voler le cœur de Draco, il le savait.

-Passe la soirée avec moi, dit-il enfin. Allons au restaurant, dînons ensemble mais on enterre la hache de guerre. Je veux juste une soirée…sans heurt. Juste le temps d’un repas…

-D’accord, répondit Draco, après ce qu’il sembla être une éternité.

Alors Harry se leva avec un grand sourire, attrapa sa main pour le lever aussi. Le relâcha immédiatement après, l’air un peu gêné.

-Potter, tous les restaurants vont être complets…on est le 25 décembre.

-Je connais un restaurant sorcier très bien, s’enthousiasma Harry. Ils font de la cuisine française et ils m’ont dit que je serais toujours le bienvenu. Ils me considèrent comme un roi.

-Comme la totalité de la population sorcière, grommela Draco mais Harry ne l’entendit pas.

Ils y allèrent donc en moto assez doucement à cause de la neige. Draco n’était pas vraiment à l’aise, c’était la première fois depuis longtemps qu’il remettait les pieds dans le monde sorcier. Voir ces gens dans les rues avec des chapeaux et des robes était comme rentrer à la maison après une longue absence. Car c’était ça son monde. C’était ça et Potter l’y amenait avec un naturel déconcertant.

Potter pour un soir, le ramenait à la maison.

Il laissa sa moto devant le restaurant, un peu gêné d’être habillé en moldu mais Potter avait un sourire ravi alors il leva la tête.

Il était un Malfoy après tout et son nom avait une signification dans ce monde, alors peut importe qu’il n’ait pas la dernière robe à la mode, il était un sang-pur et la noblesse des deux plus grandes familles de ce monde coulait dans ses veines.

Harry regarda étonné, l’attitude de Malfoy changer. Ce n’était pas bien visible, il avait juste un regard plus calculateur mais il semblait que sa présence avait doublé de volume. Comme si du simple quidam il était devenu un prince. Il lui rappelait beaucoup le Malfoy du temps de Poudlard, celui qui croyait que le monde lui appartenait.

Il repensait souvent à ce Malfoy qui avait accompagné son enfance avec nostalgie. Ils n’étaient que des gosses quand ils s’étaient rencontrés et déjà ils jouaient aux adultes avec leur haine tellement farouche.

Cette haine qui lui avait parue si sérieuse à l’époque lui paraissait à présent maladroite et un peu malvenue. Parfois il se demandait si déjà à l’époque il n’était pas amoureux de Malfoy.

Mais répondre à ça était un peu effrayant.

Harry poussa la porte d’entrée du « Poivre en Grain » et à peine eut il fait un pas qu’un des serveuse le reconnaissant appela la patronne avec enthousiasme.

-Monsieur Potter ! fit une femme brune très élégante avec deux mèches blanches en accourant vers eux. Quel honneur de vous recevoir ici ? Vous restez dîner j’espère !

-Bonsoir Mademoiselle Errot, sourit Harry en lui baisant la main.

La jeune femme eut un rire chaud.

-Appelez-moi Stéphanie, sourit-elle, ce qui énerva grandement Draco.

-Alors dites-moi Stéphanie, serait-ce possible de dîner ici avec un ami à moi ? demanda Harry avec un sourire charmeur.

Ce fut seulement à ce moment-là que la patronne du restaurant sembla s’apercevoir de la présence du serpentard et elle sembla faire immédiatement le lien avec les derniers potins des journaux à scandale.

-Oh, bonsoir Monsieur Potter-Malfoy ! dit-elle en s’adressant à Draco.

L’ancien serpentard ne répondit pas, bien entendu, ce qui ne sembla pas décontenancer la jeune femme outre mesure.

-Je vais vous installer dans un coin tranquille, vous ne serez pas embêtés.

-C’est gentil, fit Harry.

Draco se contenta de lever les yeux au ciel. Toute cette agitation autour de Potter était agaçante.

Il dut pourtant admettre que l’endroit où ils allaient manger ne manquait pas de charme. Leur table était sur un balcon ovale mais couvert par de grandes vitres et donc bien chauffé. Ils étaient tous seuls et la décoration était romantique mais sans être ostentatoire. De la musique française s’élevait en sourdine.

La gérante leur expliqua qu’il leur suffirait de pointer le doigt sur le menu qui les intéressait pour que les plats apparaissent sur la table.

Le repas commença d’une manière assez tendue. Malfoy ne semblait pas enclin à parler et Harry se perdait dans des banalités. Il trouvait ça effarent qu’après tant d’années à le côtoyer, il ne soit pas capable d’avoir une discussion « normale » avec Malfoy. Il bafouillait, incapable, de trouver un sujet de conversation intéressant et neutre à la fois.

Finalement et étrangement, ce fut Draco qui le sortit de l’embarras. Il se mit à lui demander des nouvelles du quidditch, de la politique, de la vie sorcière en général. Il lisait les journaux, bien entendu, mais il semblait vouloir le point de vue de Harry.

Ils discutèrent ainsi, sans voir le temps passer. C’était étrange pour tous les deux ce qui était en train de passer.

-C’est une bonne chose que la loi sur la protection des magies, soit passée dit Harry en entamant son dessert.

-Je ne sais pas, je pense que ça peut brimer les sorciers, on va peut-être passer à côté de gens doués à cause de ça.

-Oui mais c’est le prix à payer si on veut protéger les sorciers les plus faibles.

-Ça ne m’étonne pas de toi que tu sois d’accord. C’est prendre aux riches pour donner aux pauvres même si c’est en terme de flux magique ici. C’est tout à fait dans ta nature de super héros.

-Et toi, ça ne m’étonne pas que tu refuses l’égalité des chances…

-C’est dans la nature même des êtres humains de ne pas naître égaux –quoi qu’en pense certains-, donc autant vivre avec notre nature, si nous sommes riches et puissants tant mieux, sinon ce n’est pas de chance mais c’est la vie.

Harry secoua la tête, amusé. Malfoy et lui n’étaient décidément pas d’accord sur tout. En fait, ils étaient d’accord sur peu de chose mais ça ne le dérangeait pas, au contraire, il trouvait ça palpitant de débattre avec lui.

Le repas avait été délicieux et Harry avait juste assez bu pour parler sans contrainte. Il remarqua que ça faisait un moment que Draco s’était tût et qu’il le dévisageait étrangement.

Leurs regards se croisèrent pour ne plus se lâcher et plus aucun mot de semblaient avoir d’importance à ce moment.

« C’est peut-être pour ça que je l’aime, pensa Harry en sentant une douce chaleur naître dans son ventre, parce qu’il a le pouvoir de devenir le centre de mon monde juste en me regardant. »

-Tu as du chocolat sur la lèvre, murmura Draco, d’une voix un peu rauque.

L’ancien Gryffondor, gêné, s’essuya la bouche avec sa serviette et Malfoy eut l’air déçu sans qu’il sache pourquoi. L’instant d’après le blond se leva, en lui tendant la main.

-M’accorderez-vous cette danse ? questionna-t-il d’une voix emplie de malice mais étrangement pas très assurée.

Ce fut à ce moment-là que Harry fit plus attention à la musique. Il ne connaissait pas le français, il ne savait pas de quoi l’homme qui chantait parlait mais la musique était très belle. Il attrapa la main de Draco sans sourire. Il n’en avait pas la force.

A l’évidence, Malfoy faisait ça car il avait promis de bien se comporter. Il n’en avait pas envie.

-De quoi parle la chanson ? demanda-t-il en se trouvant à quelques centimètres de Draco.

L’ancien serpentard écouta un peu et passa ses bras autour de son mari.

-C’est l’histoire d’un amour impossible, murmura-t-il simplement.

-Ce n’est pas très joyeux alors, fit doucement Harry en mettant ses mains sur ses épaules.

-Non, ça ne l’est pas.

Il y avait quelque chose de fataliste dans la voix de Draco mais Harry décida de ne pas y penser.

Il se sentait bien, là dans ses bras. C’était la première fois qu’ils dansaient ensemble. Cela le rendit un peu triste. Il y avait tellement de chose qu’il n’avait pas fait avec Malfoy, des choses que tous les couples font : se promener main dans la main, avoir des gestes tendres, se dire des mots doux…

Mais Draco lui accordait une danse, c’était déjà beaucoup. Il aurait voulut que la musique ne s’arrête jamais. Il posa sa tête sur l’épaule du blond et fit semblant de ne pas s’apercevoir que ce dernier venait de se crisper.

S’il avait été plus courageux, Harry l’aurait embrassé mais il se contenta de respirer son odeur. Il priait un dieu quelconque pour que Malfoy ne s’aperçoive pas qu’il avait la chaire de poule et que son cœur tambourinait aussi affolé qu’un étudiant qui aurait perdu le devoir qu’il aurait dû remettre à Snape le jour même.

Mais Harry avait tort de s’inquiéter. Draco était bien trop occupé à essayer de calmer ses propres battements de cœur pour faire attention aux siens. Danser avec l’ancien gryffondor était, comme il l’avait pressenti, une mauvaise idée.

Il n’avait pas eu autant de contact avec quelqu’un depuis la fois où Potter lui avait fait l’amour et comme toujours dans ces cas-là, il avait l’impression que son corps n’avait attendu que ça.

C’était pourtant une simple danse, bien sage, qu’il aurait trouvé à la limite ennuyeuse si son partenaire avait été quelqu’un d’autre.

Mais c’était dans les bras de Potter qu’il était et pour un soir, il avait envie de ne pas écouter sa raison.

Demain…demain, il refermerait la parenthèse qu’il était en train d’ouvrir…Oui, demain…

Il ferma les yeux et esquissa un sourire quand la musique s’arrêta. Potter était déjà en train de se reculer mais Draco le garda dans ses bras dans une pression douce.

Harry Potter le fixa de ses yeux verts troublants même derrière le verre des lunettes, étonné par son geste.

-On va faire l’amour, annonça Draco, mais juste ce soir, après…

-Ce n’est pas le romantisme qui t’étouffe Malfoy ! railla Harry, en s’écartant brusquement.

Draco poussa un soupire excédé. Pourquoi aurait-il dû être romantique ? Potter était un mec tout comme lui. Il savait comment ça fonctionnait. Si le balafré lui avait sortit le grand jeu (cadeaux, repas romantique) c’était pour pouvoir tirer son coup ! Il fallait qu’il arrête un peu de jouer à la vierge effarouchée ou pire, au prince charmant !

-Si tu n’es pas content, tu peux refuser ! siffla Draco, avec suffisance.

Potter n’avait jamais refusé une partie de jambe en l’air avec lui et ça étonnerait beaucoup Draco que ça arrive le soir de Noël. Potter ne voulait sûrement pas passer sa nuit seul un soir comme celui-ci.

-Tu as raison, glissa Harry doucement, je refuse de coucher avec toi dans ces conditions !

-Comment ? s’exclama Draco, interdit. Mais le lien doit pourtant autant te tirailler que moi en ce moment !!! Tu bluffes Potter, je suis sûre que tu ne peux pas résister !

-Peut-être que ma magie en a aussi marre que moi de ta façon de procéder ! grogna l’ancien gryffondor excédé en partant. Passe une bonne soirée et ne t’inquiète pas pour ta libido, je suis sûre que tu sauras trouver un trou quelconque pour te satisfaire !

-Et si j’en trouvais vraiment un, s’écria Draco furieux, ne me fais pas une de tes crises stupides dont tu as le secret ! Je considère que j’ai ta bénédiction !

-Tu essaies de me rendre jaloux ?! hallucina Harry, en faisant volte face.

-Bien sûr que non ! s’exclama le blond en se rendant compte que c’était exactement ce qu’il était en train de faire.

Cela lui fit une espèce de choc de comprendre ça. Qu’est ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Potter était sensé être amoureux de lui mais c’était Draco qui se comportait comme s’il voulait attirer son attention.

-J’en ai marre ! s’énerva le brun. Cette soirée était bien et tu as encore tout gâché. On dirait que c’est ça qui te plaît, quand on s’insulte !

-Peut-être parce que je n’ai rien d’autre envie de faire avec toi ! Nous sommes ennemis Potter, ne l’oublie jamais !

-Et qui a décidé ça ?

Draco haussa les épaules, il s’enfonçait dans une discussion qu’il aurait voulu à tout prix éviter. Mais d’un autre côté, il était peut-être temps que Potter oublie ses illusions. S’il pensait encore qu’il était amoureux, c’était à Draco de lui faire ouvrir les yeux.

-C’est comme ça, c’est tout. La haine est la seule chose qui nous unit !

Il avait déjà expliqué ça à Weasley ce soir, à croire que la personne qu’il cherchait le plus à convaincre c’était lui-même.

L’absence de réponse de Potter lui déplut fortement. Il avait envie de lui dire qu’il savait ce qu’il pensait.

Car il était sûr que Potter en ce moment, pensait que lui, il l’aimait. Mais c’était absurde ! Il était un salopard et Potter était censé être amoureux d’une gentille fille. Comment lui faire comprendre ça, sans lui dire qu’il était au courant.

C’était mission impossible…

Et peut-être qu’après tout c’était Draco qui se trompait sur toute la ligne. Potter n’était vraiment pas net quand il avait fait sa déclaration et depuis rien n’avait laissé croire qu’il l’appréciait. Bien au contraire.

Ce serait logique d’ailleurs et tellement simple.

Sauf que Potty était tout sauf un gars simple…La preuve, il s’approchait de lui d’un air menaçant.

Draco se prit à espérer qu’il lui dise que oui la haine était le seul sentiment qui n’existerait jamais entre eux mais à la place le survivant plaqua brutalement ses lèvres sur les siennes.

Le blond fourragea immédiatement dans les cheveux noirs en répondant férocement au baiser.

Ce baiser n’était même pas bon tant il était violent et quand Potter se détacha son regard était brillant de haine.

-Tu as gagné, haleta-t-il, baise-moi !

La seconde d’après, encore sous le choc, Draco se sentit transplaner. Jamais Potter ne s’était comporté comme ça, comme si quelque chose c’était cassé en lui.

Il se retrouva dans son appartement avec le gryffondor qui déboutonnait son pantalon.

-Ma moto ! haleta Draco, perdu.

-Ta gueule !fit Harry en retirant le sexe pâle du caleçon.

Ce fut à ce moment-là que Draco reprit le contrôle. Il n’avait pas du tout envie de coucher avec Potter dans ses conditions. L’ancien gryffondor semblait plus guidé par la haine que par l’envie et ça mettait Draco extrêmement mal à l’aise.

Il tomba à genoux pour faire face à Potter qui s’y trouvait déjà et attrapa son visage dans ses mains.

-Ne fais pas ça, chuchota-t-il, tu mérites mieux…

-Pourquoi ? Pourquoi es-tu toujours si méchant ? demanda Harry d’une voix cassée perdant la bataille facilement. Je ne sais pas comment me comporter avec toi…J’avais juste envie d’une soirée tranquille.

Draco s’aperçut alors, horrifié, que Potter était sur le point de pleurer. Ça n’avait rien de satisfaisant, il se sentait aussi mal que lui. Il avait envie de lui dire que tout allait s’arranger mais ce serait lui mentir.

-Je crois qu’on est tout les deux sur les nerfs sans raison, c’est peut-être l’ambiance de Noël…Potter, je-je vais aller me coucher et tu ferais bien d’en faire autant.

Harry ne répondit rien et se leva, son regard n’avait plus rien de larmoyant. Il semblait juste incroyablement las.

-C’est ça, faisons comme si rien ne venait de se passer et allons nous coucher, ironisa l’ancien gryffondor en allant dans la salle de bain. Au fait, bon anniversaire !

La porte de la salle de bain se referma et Draco se cloisonna dans sa chambre.

Il regarda son alliance qui avait rayonné toute la journée d’une douce lueur. Il avait remarqué que celle de Potter aussi avait fait ça.

Aujourd’hui ça faisait six ans qu’ils étaient mariés mais ils en étaient toujours au même point.

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O

Pourtant cette situation changea dans la semaine qui suivit.

En fait, tout changea la semaine qui suivit.

Potter était parti, Draco ne savait pas où et ça faisait un petit moment déjà quand on frappa à sa porte.

C’était Snape qui se trouvait derrière la porte. Il avait une tête de déterré. La tête qu’ont ceux qui s’apprêtent à annoncer une sombre nouvelle. Quand ce genre de nouvelle arrive, on le sait, c’est une sorte de sixième sens mais on le sait, c’est écrit sur la tête de celui qui va l’annoncer.

Alors, avant même que Snape ne lui dise « Je suis désolé Draco, t-ton père vient de mourir » Draco le savait mais ça ne l’empêcha pas de prier très fort pour que son intuition soit mauvaise.

Et Snape lança finalement la phrase fatidique et il avait vraiment l’air désolé et Draco le laissa entrer sans dire un mot.

Que doit-on répondre dans ces cas-là ?

En vérité, il était sous le choc et alla directement s’assoire sur son canapé car ses jambes tremblaient bizarrement.

Alors son père, Lucius Malfoy, était mort…

-Il était malade depuis un moment déjà, il savait qu’il allait mourir mais même en prison, il a reçu des soins corrects. Son gardien dit qu’il est mort dans son sommeil…

Les phrases de Snape lui parvenaient mais il ne comprenait pas.

Son père était mort…

-C’est Blaise Zabini qui m’a prévenu. Ne me demande pas comment il l’a su mais il a pensé que ça serait mieux si c’était moi…

-Zabini ! Il savait ? Ce connard savait même sûrement qu’il était malade et il ne m’a rien dit !

-Draco…, souffla l’ancien professeur dans une tentative d’apaisement.

-Je…non, je vais le voir ! Je-je vais…bordel, mon père !

Draco après son annonce décousue attrapa sa baguette magique et transplana.

Il jeta un sort de paralysie sur les vigiles devant la boîte et entra. Il fut accueilli par trois autres vigiles qui le désarmèrent rapidement.

-LACHEZ-MOI, cria Draco en se débattant, LAISSEZ-MOI VOIR CE FILS DE CHIEN !

Son ancien camarade de classe, alerté, par ses cris sortit de son bureau –il n’allait donc jamais chez lui ?- au moment où un des vigiles lui balança son poing dans la figure. A moitié assommé, le blond entendit Blaise ordonner à ses hommes de le laisser.

-Malfoy que viens-tu faire ici ? demanda-t-il froidement.

-Mon père ! haleta Draco à terre et furieux. Il est mort ! Et tu savais qu’il était malade ! Tu le savais, ordure !!!

-Bien sûr que je le savais, susurra son ancien camarade toujours aussi froidement –il n’y avait plus rien de la sympathie dont il avait daigné faire preuve les autres fois- et tu le savais aussi Malfoy.

-C’est faux ! hurla presque Draco.

-Ne te mens pas à toi-même ! Tu le savais, au fond de toi ! Tu l’as vu en prison, tu as deviné mais tu es trop lâche pour te l’avouer ! Tu avais peur de retourner le voir !

-TA GUEULE !

-Non toi, tu la fermes ! Tu retournes ta colère contre moi alors que c’est toi qui l’as laissé crever ! C’est pour ça que tu n’es jamais retourné le revoir en prison alors que tu en avais l’occasion, c’est parce que tu as eu peur ! Peur de le voir dépérir. Je n’ose imaginer ce qu’il a dû penser de toi ! cracha Zabini.

Draco, choqué, ne disait plus rien. Il avait envie de répliquer mais sa colère disparaissait parce que Zabini avait raison. Il avait raison…

Il avait l’occasion de revoir son père et il ne l’avait pas fait.

Le chagrin qu’il ne voulait surtout pas voir venir commençait doucement à s’infiltrer dans son corps.

-Laisse-le tranquille Blaise, fit une voix féminine venant du haut des escaliers, tu vois bien qu’il est sous le choc et c’est bien normal, après ce genre de nouvelle. Bonjour Draco, je suis désolée de te revoir dans ses conditions, toutes mes condoléances.

Draco leva les yeux vers la femme, elle semblait tout droit sorti d’un polar en noir et blanc. Brune, élégante, les cheveux coupés au carré, une robe noire et moulante, des formes parfaites, des lèvres maquillées de rouge et une cigarette longue entre les doigts.

-Pansy ?

-En effet, sourit Pansy en tirant sur une latte de sa cigarette.

-Que…

-Je bosse pour Blaise, susurra-t-elle presque langoureusement en anticipant sa question, et je suis aussi sa maîtresse…

-Il n’était pas forcement obligé de savoir ça, grogna Blaise.

-…insatiable, poursuivit Pansy, en se léchant les lèvres.

-Ça non plus.

Draco fronça les sourcils, cette discussion était trop irréaliste pour lui. Parkinson était trop irréaliste pour lui. Peut-être qu’il était dans un rêve et que son père n’était pas mort.

Oui, oui, ça devait être ça…

-Blaise, sers-lui à boire. Il a besoin d’un remontant, son père est mort, son mari cloué dans un lit à St Mangouste…

-Pardon ?

Pourquoi cette Pansy irréaliste disait que Potter était à l’hôpital ?

-Il n’était pas au courant de ça non plus, grinça Zabini.

-Qu’est-ce qu’il se passe avec Potter ? réussit à articuler Draco.

-Les groupes des anciens mangemorts qui voulaient ta peau ont été arrêté, il y a près de trois heures et Potter est blessé, je ne connais pas l’étendue des dégâts.

Draco se releva en titubant comme un homme saoul. Potter n’allait pas bien…

-Hé, Dray, ne pars pas comme ça, tu n’as pas l’air bien…

-C’est trop tard, Pansy, il a transplané.

O°O°O°O°O°O°O

-Je veux voir Harry Potter.

-Désolée les visites sont interdites sauf pour les proches.

-Je suis son mari. Draco Malfoy-Potter.

La standardiste leva les yeux de son tableau pour enfin le regarder et s’apercevoir qu’en effet il s’agissait bien du jeune Malfoy qu’on voyait en ce moment dans les pages people.

-Oh ! Excusez-moi, il est dans la chambre 32 au quatrième étage.

Draco inclina brièvement la tête en signe de remerciement et se maudit en montant dans l’ascenseur de ne pas avoir demandé à la standardiste comment Potter se portait.

Il arriva enfin devant la porte et s’aperçut que ses mains étaient moites et qu’elles tremblaient un peu. Il frappa à la porte et ce fut Weasley qui lui ouvrit.

-Malfoy ? J’allais justement te prévenir…commença le rouquin.

-Comment va-t-il ? coupa le blond.

-Demande-le lui, sourit Ron en désignant le lit sur lequel était allongé Potter. J’y vais, Harry ! reprit-il plus fort, tu as de la visite. Je reviendrai sûrement demain !

-Oui, passe une bonne soirée, embrasse Mione et Melody pour moi.

-Ça sera fait. Salut Malfoy !

La porte se referma enfin sur la tornade rousse, laissant Draco seul dans la même pièce que Potter.

Ce dernier le regardait, un peu surpris de le voir là. Il trouvait surtout que Malfoy avait une drôle de tête.

-Pourquoi es-tu là ? demanda le serpentard brusquement.

-Il y a eu un léger problème, j’ai reçu un sort assez violent mais on a réussi à les arrêter et…

-Pourquoi étais-tu avec les aurors ?

-C’était le plan. On a pensé, assez justement, qu’ils me détesteraient encore plus que toi, alors je me suis porté volontaire pour servir d’appât. Et ça a marché.

-Ça a marché ? Draco eut un rire nerveux. Tu es à l’hôpital ! Pourquoi tu dois toujours faire les trucs les plus stupides ?

-Je…Ce n’est pas stupide ! J’ai fait ça pour ne plus que tu sois menacé !

Draco était soudainement très fatigué. L’annonce de la mort de son père commençait à être vraiment réelle et le fait que Potter soit blessé par sa faute avait achevé ses dernières forces.

Là tout de suite, il avait juste envie de pleurer dans les bras de Potter et de tout oublier. Il respira un grand coup mais il sentait ses yeux le piquer.

-Il n’y a plus de mangemort en liberté alors…

-C’est ça…

-Dans ce cas, tu demanderas à Weasley de passer demain à l’appartement pour prendre tes affaires. Je ne veux plus te voir Potter.

Harry se sentit pâlir visiblement. Alors ça y était, Malfoy le congédiait comme ça…sans même élever la voix…

L’ancien gryffondor avait mal, même s’il faisait comme si tout allait bien, il était blessé, il avait eu une journée éprouvante. Il avait besoin de Draco. Il ne voulait pas le perdre. Mais il n’avait jamais vu le blond comme ça. Il semblait amorphe, comme si plus rien n’avait d’importance.

Harry comprit alors que s’il ne lui disait pas maintenant ce qu’il ressentait alors il le perdrait pour toujours.

-Attends, souffla-t-il sans oser le regarder, il faut que je te dise quelque chose d’important…

-Non, je t’en prie Potter, ne dis rien…

-Si, si, il faut que tu saches. Je suis amoureux de toi.

Harry avait dit cela dans un murmure et il vit Draco fermer les yeux douloureusement comme s’il venait de le frapper.

-Je suis désolé, murmura Draco les larmes aux yeux. Je ne peux pas vivre comme ça, Harry…

Harry…

Il l’avait appelé Harry…

-Tu sais aussi bien que moi, que c’est le lien. Tu crois que tu m’aimes mais en fait…

-C’est faux ! s’exclama Harry d’une voix étrangement haut perchée.

-Laisse-moi parler, s’il te plait…Je suis si fatigué…Je veux juste que tu me dises pourquoi tu penses m’aimer.

Il y eu un silence car Harry ne savait pas répondre à cette question. Les sentiments, ce n’était pas explicable. C’était juste ce qu’il ressentait. Il avait beau réfléchir, il ne savait pas quoi dire. Draco le prenait trop au dépourvu.

Horrifié, il regarda Malfoy avoir un sourire triste.

-Tu vois, poursuivit l’ancien serpentard au bout d’un moment en baissant la tête, toi-même tu ne sais pas. Mais, Potter, regarde-nous, sans ce mariage jamais tu ne serais « tombé amoureux » de moi. Tu serais sûrement marié à une fille bien, tu aurais des enfants comme ton ami Weasley. Je suis une erreur dans ton parcours. Il est temps que je te rende ta liberté.

-Tout ce que tu dis est ridicule, je sais ce que je ressens ! Et je ne veux pas de ta liberté ! De toute façon, tu ne peux pas divorcer !

-C’est vrai…mais je veux que tu sois heureux. Tu le mérites même si tu es stupide.

-C’est avec toi que je serais heureux…

-Non et tu le sais, glissa tendrement Draco en levant les yeux sur lui. Tu mérites un amour réel, un sans magie, sans obligation, sans lien…Un grand et magnifique amour. Moi aussi je veux ça, même si je ne le mérite sûrement pas mais pour moi c’est soit ça soit rien.

-Comment veux-tu que te prouve que mes sentiments sont réels ? Tu me demandes l’impossible Malfoy !

-C’est exact. C’est pour ça qu’avec toi, ça sera rien.

-Non, ne dis pas ça…je t’en prie…si tu me dis que tu ne m’aimes pas, je comprendrai mais ne me sors pas une excuse pareille !

Harry essaya de se relever pour prendre Draco dans ses bras mais le blond se recula, les larmes aux yeux en faisant non de la tête.

-Rétablie-toi bien, murmura-t-il difficilement en marchant à reculons.

Il entendit encore Potter l’appeler d’une voix affolée en enlevant les fils qui le reliaient à des machines mais il ferma quand même la porte.

C’était enfin fini.

Tout était fini.

Il avait fait le bon choix.

A suivre…

(1)désolée ma belle, c’était trop tentant

C’est fini pour cette fois-ci, comme d’hab il ne me reste plus qu’à espérer que vous n’êtes pas trop déçus par ce chapitre.

Il reste donc un chapitre avant la fin. Courage vous tenez le bon bout ! La force est en vous ! (Fanny pas de commentaires salaces s’il te plait).

A bientôt,

Artoung (sauvez les avions, faites décoller Draco) (l’est meugnon celui là)

 
 
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