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au 07 Jan 09 :
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pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Jusqu'à
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
19 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 18     Les chapitres     21 Reviews    
Jusqu'à nous

Merci à Quiproquo, à Baddy pour leur patience et à Fanny parce que je ne sais pas comment elle fait mais elle me met toujours de bonne humeur (De bleu !).

Note : Voilà vous avez sous vos yeux le dernier chapitre de cette fic, on a mis le temps mais on arrive au bout (courage c’est bientôt fini) enfin il restera l’épilogue encore.

J’espère que vous allez aimer, j’avais cette fin en tête depuis toujours, c’est mon côté romantique (qui a dit niais ?) qui m’a travaillé et voilà le résultat... (bon courage, j’insiste)

Chapitre 17 : Jusqu’à nous.

-Peut-être que tu devrais lui parler…ça fait la troisième fois qu’il vient cette semaine, marmonna Snape l’air de rien tout en vérifiant la couleur de la potion de Draco.

-Qu’il aille se faire foutre, grogna Draco de mauvaise humeur, lui aussi concentré sur sa potion.

-Sois poli veux-tu ! fit Snape, agacé par son attitude.

-Pardonnez-moi, répliqua perfidement l’ancien serpentard, je voulais dire qu’il aille promptement se faire posséder sexuellement.

Snape poussa un soupire exaspéré.

-Ce n’est pas drôle Draco, il me fait presque pitié, tu sais…

Draco ne prit même pas la peine de répondre et continua sa potion comme si Snape ne venait pas de lui parler de Potter.

Cela faisait plus de deux mois qu’il ne l’avait pas revu. Il avait déménagé le lendemain de sa conversation avec Potter à l’hôpital sans dire à personne où il allait. Il n’y avait que Snape qui connaissait son nouveau logement.

Bien sûr, tout n’avait pas été rose. Il s’était senti incroyablement seul et plus d’une fois il avait eu envie de retrouver Potter et d’accepter toute cette comédie. Mais il savait qu’il avait juste besoin que quelqu’un le soutienne parce qu’il venait de perdre son père et Potter ne méritait pas qu’il retourne avec lui pour ce genre de raison.

La mort de son père l’avait laissé dans une sorte d’amorphie quand il s’était finalement retrouvé seul. Il se sentait vide et orphelin et c’était justement ce qu’il était devenu.

Même s’il savait que le vide était surtout dû au fait qu’il ne voyait plus Potter.

Il avait plusieurs fois chialé comme un gamin sans aucune raison valable si ce n’était ce besoin de faire sortir un peu sa douleur et il avait été finalement heureux que Potter ne soit pas présent pour voir ça.

La déchéance complète de Draco Malfoy qui pour une fois ne pouvait même pas rejeter la faute sur quelqu’un d’autre. C’est dire s’il avait touché le fond.

Le comble dans tout ça, c’était que la mort de son père lui ouvrait grand la porte du monde des sorciers. Il avait hérité du manoir qui avait été sous la tutelle du ministère pendant l’emprisonnement de son père. Bien sûr, le manoir était vide quand il y entra, il ne restait que les murs et le toit. Il se demanda si les hommes du ministère s’étaient empressés de le vider dès qu’ils avaient appris la mort de Lucius ou s’ils avaient fait ça bien avant.

De toute façon, Draco ne comptait pas vivre au manoir, ça lui rappelait trop de choses. Il alla tout simplement à la salle secrète, celle qui ne s’ouvrait que pour les membres de la famille Malfoy et fut rassuré de constater que personne n’avait pu venir ici. Tout était resté dans le même état que la dernière fois. Les plus précieux trésors de sa famille lui appartenaient.

Il vendit quelques trucs, ayant un rapport avec la magie noire, histoire de faire croire au monde qu’il avait tourné la page et que, à présent, les Malfoy étaient de gentils garçons. Avec ça il avait pu s’acheter un appartement, près des facultés sorcières.

Il s’était réveillé en effet un beau matin, comprenant qu’il pouvait faire quelque chose de sa vie et que ça ne servait à rien de se lamenter sur son sort.

Le meilleur moyen d’honorer la mémoire de son père était encore de redorer son nom et de faire en sorte que le monde sorcier doive compter avec lui.

Il vendit encore des objets pour pouvoir s’inscrire en faculté de potion, la rentrée était pour septembre et il avait demandé à Snape d’essayer de le remettre à niveau.

Et il avait assez d’argent à présent pour suivre ses études sans avoir à travailler à côté. Il suffisait juste qu’il ne fasse pas de dépenses inutiles, enfin qu’il n’en fasse plus –il avait déjà renouvelé sa garde robe avec les vêtements sorciers dernier cri et il s’était même acheter le dernier balai à la mode, dans une tentative illusoire de rattraper le temps perdu.

Snape l’aidait donc à se remettre à niveau mais si le maître de potion avait respecté son intimité durant le premier mois, à présent il ne se gênait plus pour essayer de le faire bouger de sa torpeur.

Draco pouvait parfaitement comprendre que Snape était fatigué des visites et des interrogatoires incessants de Potter mais il ne se sentait vraiment pas prêt à revoir le balafré.

Il avait encore mal en repensant à lui. Il avait eu une grosse crise d’insomnie car les premiers jours, aussi pitoyable que ça en avait l’air, il n’avait rêvé que du héros du monde sorcier. Alors il s’était empêché de dormir, buvant café sur café, étudiant, prenant des douches écossaises. Il ne reprit un cycle normal que lorsque Snape lui fournit des potions-sans-rêves (il devait vraiment avoir une tête à faire peur !)

Oui, il n’était vraiment pas capable de revoir Potter si vite. Peut-être dans quinze ou vingt ans si tout allait bien…

-Si au moins, tu t’amusais un peu à l’extérieur, reprit Snape qui semblait malheureusement motivé pour lui faire la morale. Mais tu ne sors jamais…

Draco voulait lui répondre qu’il était sorti hier mais Snape allait sans aucun doute répliquer que « sortir faire ses courses ne comptait pas » donc il préférait s’abstenir.

-Vous n’êtes pas obligé de vous inquiéter autant professeur. Je suis un adulte à présent et je trouve cela plutôt ennuyeux que vous jouiez au bon père de famille. Vous n’êtes pas doué pour un tel rôle et je ne suis pas un bon fils, donc évitons-nous une perte de temps et tirons un trait définitif sur ce genre de discussion.

-Pourquoi dis-tu que tu n’es pas un bon fils ? demanda Snape en s’empressant de s’engouffrer dans la faille que le blond avait fait apparaître.

-C’est évident. Il suffit de voir comment a fini mon père…seul et en prison.

-Il avait commis des crimes, ton père méritait la prison.

Draco lui jeta un regard noir et s’éloigna un peu de lui.

-Il a commis des crimes en effet. Mais il a été un bon père, jusqu’au bout…Jamais je ne parviendrai à être comme lui…

Snape était sous le choc d’une telle révélation. Comment Draco pouvait-il se rabaisser à ce point ? Lucius était pourtant très loin d’être un homme exemplaire. Il supposa que c’était un des effets secondaires du deuil : idéaliser la personne décédée.

-Je crois que tu as déjà dépassé ton père sur bien des points…

Draco eut un rire amer.

-Ah oui ! siffla-t-il. Parlons-en ! Je me suis marié pour sauver ma peau, je me suis enfui pour échapper aux mangemorts et je m’enfuis encore pour échapper à mon mariage, cette fois. Les raisons ne sont pas les mêmes mais à l’arrivée je suis toujours aussi lâche. Je rêvais de liberté mais je me retrouve enchaîné ! finit-il en montrant son tatouage en forme d’alliance qui comme pour lui répondre se mit à luire doucement.

Cette manifestation ne le mit même pas en colère. Avec lassitude, il attrapa une mitaine en cuir noir qu’il gardait dans sa poche et l’enfila.

-J’ai horreur quand elle fait ça, murmura-t-il presque tristement, je ne sais jamais comment arrêter cette fichue lumière.

-Je ne te trouve pas lâche, fit Snape en regardant la main gantée. C’est juste que tu ne veux pas voir ce que tu as juste sous les yeux. Tu le caches volontairement et tu te fais du mal inutilement.

-J’ai dit que sa lumière m’énervait !

Snape eut un étrange sourire. Ils savaient tout les deux qu’ils ne parlaient plus d’alliance ou de lumière ici et c’était pour cela que Draco commençait à perdre patience.

-Tu sais, reprit Severus, tu te trompes sur toi-même.Tu te trouves lâche mais il fallait du courage pour habiter dans un vieux manoir avec ses ennemis, à dix-sept ans. Il en fallait encore pour aller vivre dans le monde moldu seul et sans ressource. Peu de sorciers, même expérimentés, pourraient s’en sortir. Toi, tu y es arrivé.

-Je n’étais pas sans ressources, vous m’avez aidé.

-Je n’ai pas fait grand-chose, mais je voudrai encore t’aider.

-Ce n’est pas la peine…

-Il y a un grand gala au ministère, dans un peu plus de deux mois pour fêter l’anniversaire de la Victoire, tout le gratin du monde sorcier sera là. Ça sera une bonne occasion pour toi de faire ton retour, une fois pour toute.

-Je suppose que Potter sera là.

Question idiote…comme si on allait oublier d’inviter le héros un jour pareil !

-C’est fort probable en effet, répondit Severus.

-Alors je n’irai pas. Désolé professeur, mais il y aura d’autres galas auxquels j’aurai l’occasion d’assister, un peu plus tard. J’ai ma propre rentrée à préparer…

Dans quinze ou vingt ans peut-être…

°O°O°O°O°O°O°O°O°O

Cela faisait un peu plus de quatre mois que Malfoy avait fermé la porte de sa chambre d’hôpital et depuis ils ne s’étaient pas revus.

Quand la tristesse avait enfin fini par s’installer confortablement dans son cœur, Harry s’était aperçu qu’il pouvait vivre comme ça. En fait, la situation n’avait pas vraiment changé en presque six ans et il avait déjà survécu longtemps sans lui.

C’était juste qu’avant, il avait vécu cinq ans loin de Malfoy, sans comprendre qu’il en était amoureux. Il ressentait la même chose sauf que, maintenant, il savait pourquoi il se sentait si…vide.

Savoir n’était pas une compensation. Le seul truc qui le soulageait à peu près, c’était d’avoir dit à Malfoy la vérité. C’était mieux que d’avoir des regrets parce qu’on avait rien osé dire.

Comme ça les choses étaient claires, même s’il lui manquait.

Et il lui manquait douloureusement.

Il avait souvent pensé à lui cette dernière semaine –encore plus que d’habitude- parce qu’il savait qu’il allait bientôt le revoir.

Il y avait un gala organisé dans deux jours au ministère, Harry devait y aller et il avait appris que Malfoy y serait aussi.

Il savait bien qu’il aurait plutôt dû annuler. Une partie de lui souffrait déjà à l’idée de voir Malfoy là-bas sans qu’il puisse le toucher et de plus il serait sûrement accompagné par sa nouvelle conquête. Car Malfoy avait sûrement déjà trouvé une copine…

Mais ne pas y aller alors qu’il savait que Malfoy serait là, le rendrait sûrement malade.

Il avait appris la mort de Lucius Malfoy deux jours après sa dernière discussion avec son mari. Il s’était immédiatement rendu chez Draco mais l’appartement était vide. Le propriétaire, lui avait dit qu’il avait déménagé.

Alors, il avait été voir Snape mais l’ancien professeur lui avait dit de se mêler de ses affaires et que si Draco ne lui avait pas dit où il était allé, cela signifiait qu’il ne voulait pas le revoir. Il avait continué à harceler le professeur en vain et c’était lui qui lui avait finalement dit une semaine plutôt –et à contrecœur- que Draco serait aussi au gala.

Ça n’avait bien sûr pas empêché Harry de s’inquiéter constamment. Il aurait dû être auprès de lui pour le soutenir. Il n’aimait pas Lucius mais il savait que Draco aimait son père et il n’osait imaginer sa peine.

Mais là il allait le revoir et il pourrait se rendre compte de l’état de santé du blond. D’ailleurs, il préférait le voir heureux avec n’importe qui d’autre que malheureux et seul.

Il avait renoncé à le voir heureux et avec lui…

O°O°O°O°O°O°O

Draco se demandait comment Snape était finalement parvenu à le faire aller à cette stupide soirée.

En fait non, il le savait parfaitement, cela faisait plus de deux mois qui ne lui lâchait pas la grappe avec ce gala et il l’avait eu à l’usure.

Snape était un salaud de la pire espèce.

Quatre mois, quatorze jours et huit heures (et trente-trois minutes mais il essayait de se convaincre qu’il n’avait pas compté les minutes) qu’il n’avait pas vu Potter et il comptait bien battre ce score et ne pas le croiser à cette fête, non plus.

Après tout, il y avait foule et s’il ne se tournait pas une seule fois vers la table d’honneur, où Potter serait sans aucun doute installé, il n’avait aucune raison de le voir.

Il se trouvait donc devant l’immense salle des fêtes, habillé comme l’aristocrate de goût qu’il était : cape noire en velours, pantalon noir près du corps, chemise bouffante blanche qui ne se fermait pas jusqu’en haut et qui lui donnait un air négligé totalement irrésistible. Et s’il était honnête avec lui-même, il admettrait que c’était dans l’espoir secret que Potter le remarque, qu’il s’était fait si séduisant.

Elégance et décadence semblaient être les deux seuls mots pour qualifier son allure ce soir.

S’il était honnête avec lui-même, il s’avouerait que c’était uniquement pour voir Potter qu’il était venu à ce bal et Snape n’avait été que l’excuse toute trouvée pour qu’il se décide.

Il ne voulait pas parler avec Harry. En fait il voulait juste l’espace d’une seconde, le regarder et voir s’il allait bien, s’il était toujours aussi séduisant, s’il verrait encore cette flamme d’envie dans les yeux verts quand ils se poseraient sur lui.

Ce mariage l’enchaînait décidemment : il existait toujours cette force surnaturelle qui faisait qu’il perdait encore la bataille contre sa détermination. Et il se retrouvait faussement à l’aise, dans une salle de bal immense et comble, un sourire poli aux lèvres, il saluait les gens qui le reconnaissaient en souhaitant plus que tout au monde partir et rentrer chez lui. Mais Potter était quelque part dans la salle alors il restait.

Soudain un Weasley se trouva devant lui. Il avait des lunettes rectangulaires et un sourire chaleureux aux lèvres.

-Bonjour Draco, dit-il, je te cherchais. Monsieur Snape m’a dit que tu étais de la fête. Viens, je vais te conduire à ta table.

Draco le suivit, un peu perturbé. Apparemment ce Weasley le connaissait. Ça devait être celui qui était à Poudlard en même temps que lui et qui n’était ni Ronald, ni les jumeaux. Pendant qu’il essayait de se souvenir de son prénom, il ne réalisa pas tout de suite où le rouquin l’avait amené. Lorsqu’il entendit le Premier Ministre en personne s’exclamer, il réalisa enfin, qu’il venait d’être convié à la table des hauts dignitaires.

-Ah Percy ! Vous l’avez trouvé, c’est très bien.

-Oui, monsieur le Premier Ministre, laissez-moi vous présenter Draco Malfoy.

Draco échangea des banalités et serra la main dynamique du ministre puis les présentations continuèrent. Il salua deux journalistes qui le regardaient avec une sorte de joie malsaine, la femme du Premier ministre, la femme de Percy, quatre autres ministres et leur épouse, un juge, deux banquiers, McGonagall, le chef des Aurors et sa femme.

Il serrait la main de tous ses gens, l’esprit un peu ailleurs, car assis au bout de la table se trouvait Potter qui ne le lâchait pas des yeux.

L’ancien gryffondor était époustouflant dans son smoking noir. Il avait mis du gel dans ses cheveux et ils tenaient à présent en arrière, comme lui du temps de Poudlard. Son front était dégagé et ses yeux semblaient encore plus rayonnants comme ça. C’était tellement inhabituel de voir Potter si impeccable que quelque part, c’était frustrant.

Draco avait envie de le décoiffer et de lui rendre cet air un peu innocent qui le caractérisait. Sous ses yeux, il y avait un Harry Potter d’une nonchalance exquise. Si Draco ressemblait à un gentleman lascif, Potter était un gentleman prédateur et l’ancien serpentard eut du mal à déglutir alors que son sang bouillonnait déjà dans ses veines à cette vue ensorcelante.

Lorsqu’il arriva à sa hauteur, il chercha vainement des mots très spirituels pour lui dire bonjour. Ce fut Potter qui prit la parole, en commençant par une banalité des plus affligeantes.

-Bonjour, tu as l’air en forme.

Cette formule, toute faite, n’était pas faite pour eux, justement. Ça sonnait encore plus faux que d’habitude. Il avait envie de hurler à Potter que non, il n’avait pas l’air en forme parce qu’il avait un trou béant dans la poitrine depuis qu’il l’avait quitté. A la place, il répondit quelque chose d’encore plus banal parce que sur le coup, il ne trouvait rien d’autre à dire.

-Merci, toi aussi.

Il détesta sa voix, bizarrement enrouée et il détesta la voix d’un des ministres quand il lui annonça qu’il serait installé à côté de son époux, comme s’il lui accordait un immense honneur.

Il s’assit à la place où n’importe qui dans la salle –sauf lui- aurait voulu se trouver. Il frissonna un peu lorsque son bras frôla celui de Potter et se jura ensuite de ne pas le toucher durant toute la soirée.

Il sentait déjà une chaleur grandir dans son ventre et descendre plus bas et il serra les dents avant d’avaler un verre d’eau fraîche.

°O°O°O°

Harry n’avait échangé aucun mot avec Draco –qui était venu seul, merci mon Dieu !- sauf pour le saluer. Il était bien trop terrorisé pour le faire. Son cœur battait trop vite, son envie grondait trop fort et son imagination vagabondait déjà trop loin.

Il lui suffisait de fermer les yeux pour imaginer Draco se glisser sous la table, écarter ses jambes, ouvrir lascivement son pantalon, pencher sa tête blonde vers son excitation impatiente, sortir sa langue douce et adroite et…

-…et ce n’est pas Monsieur Potter qui me contredira, n’est ce pas ?

-Excusez-moi, fit précipitamment Harry en se traitant de crétin, je n’ai pas suivi…

-Il était déjà comme ça à l’école, fit McGonagall avec un sourire moqueur. Il a une facilité affolante à se perdre dans ses pensées. Je ne compte pas le nombre de points que je lui ai enlevés pour manque d’attention !

L’assemblée se mit à rire et Harry leva les yeux au ciel, seul Draco ne souriait pas.

-Et vous Monsieur Malfoy, vous étiez quels sorte d’élève ? demanda un des journaliste avec un sourire angélique.

-Le meilleur, répondit Draco d’une voix faussement suffisante, ce qui fit rire tout le monde.

-Je reconnais bien là un Malfoy, fit le premier Ministre amusé, et je suppose que vous êtes aussi doué pour tout ?

-C’est exact, répondit Draco en souriant d’un air coquin ce qui fit glousser pas mal de femmes.

-Heureusement que vous êtes marié, ria le plus jeune des banquiers, sinon j’aurais peur de laisser ma femme à proximité de vous !

-Désolée chéri, fit la femme en question, mais vu qu’il est marié à Harry, c’est moi qui devrais avoir peur pour ta réputation et… pour tes fesses.

Draco écarquilla les yeux, ne s’attendant visiblement pas à ce qu’on plaisante avec lui et il trouva cela très rafraîchissant.

Il ne vit pas le temps passer et s’amusa beaucoup, le jeune couple surtout était vraiment sympathique. Aussi quand fut venu le temps de danser, il retomba tout de suite dans un étrange malaise.

Harry se retrouva bientôt seul à table avec Draco. Il ne savait pas comment cela s’était passé mais petit à petit, tous les couples étaient partis danser et les quelques célibataires avaient été invités.

Malfoy avait semblé passer une bonne soirée. Il l’avait ignoré constamment et Harry avait été jaloux de la complicité qu’il avait eut avec ses voisins de table.

Et à présent, ils se retrouvaient comme deux cons assis alors que tout le monde dansait. Il aurait voulu inviter Malfoy mais il connaissait déjà la réponse et puis il avait peur de le tenir dans ses bras.

Il se sentait misérable d’être ainsi paralysé par ses sentiments.

Si seulement Draco voulait bien lui laisser une chance…

Une jolie femme l’invita à danser mais il refusa, préférant de loin rester assis à côté du blond même s’ils ne se regardaient pas, ni ne se parlaient. Il était à ses côtés et c’était déjà ça.

-Pourquoi as-tu refusé ? demanda alors Draco débutant ainsi la seconde phrase de la soirée qu’il lui adressait.

-Je n’ai pas envie de danser, répondit Harry en haussant les épaules.

Malfoy eut un petit sourire triste accompagné d’un regard cru et se pencha à son oreille.

-Dommage, murmura-t-il tout en se levant.

Harry resta interdit, frissonnant en sentant son souffle sur son oreille. Mais déjà Draco s’éloignait, il avait attrapé sa cape et se dirigeait vers la sortie.

Suis-le ! ordonna une voix en Harry.

Mais pourquoi faire ? Pour se faire encore jeter ? Il ne savait pas pourquoi Malfoy soufflait ainsi le chaud et le froid…Il avait envie de pleurer mais à la place, il serra la nappe entre ses mains.

Il savait qu’il aurait pu courir le rejoindre et il savait aussi que Malfoy l’attendait. Il se serait jeté sur ses lèvres et ils se seraient disputés parce que Draco voulait qu’il soit en colère au point d’oublier ses sentiments et de ne plus penser qu’au sexe.

Malfoy ne voulait pas de ses sentiments.

Ils auraient fait l’amour, ça c’était évident, il l’avait lu dans les yeux gris quand il s’était penché sur lui. Oui, il avait vu le désir brûlant de Malfoy.

Ils auraient fait l’amour comme des possédés parce qu’ils étaient en manque l’un de l’autre et après, une fois apaisé, Malfoy l’aurait laissé…

Parce qu’il ne m’aime pas.

Draco resta dix bonnes minutes dehors, mais il savait dès les premières trente secondes passées que Potter ne viendrait pas. C’était mieux ainsi, bien sûr.

Potter avait toujours eu plus de courage que lui. C’était facile de laisser parler ses pulsions beaucoup moins de les dominer.

-C’est bien Harry, souffla-t-il presque tendrement au cœur de la nuit, continue d’être fort pour nous deux. Moi, j’en suis incapable…

°O°O°O°O°O°

Harry avait beaucoup réfléchi avant de faire ce qu’il s’apprêtait à faire. Il s’était écoulé un peu plus de deux mois depuis le gala et il savait que c’était, en quelque sorte, le tout pour le tout qu’il allait jouer et cela lui fichait un trac pas possible.

Le temps qu’il avait passé à essayer d’oublier Draco Malfoy avait été du temps perdu, il s’en était finalement rendu compte.

Il ne pouvait tout simplement pas se passer de ce type.

Mais Malfoy avait une façon de penser vraiment compliquée. Hermione disait que c’était parce qu’il était mort de peur et selon Ron, c’était parce qu’il ne se trouvait pas assez bien pour Harry.

Lui, il pensait que c’était parce que Malfoy ne l’aimait pas. Alors à quoi bon se ridiculiser une fois de plus devant lui ?

Il le savait bien, bien entendu, c’était la même foutue raison qui l’avait poussé à combattre Voldemort ou le basilic, les araignées géantes, le troll…

Pas parce qu’il avait un courage frisant la folie –comme le pensait beaucoup de gens- mais tout simplement parce qu’il n’aimait pas perdre (ce qui en fait revenait au même si on y réfléchissait bien).

Alors tout comme il se donnait à fond dans des combats ou à un match de quidditch, il se disait qu’en amour aussi il fallait tout donner.

Il était bien conscient que cela allait sûrement être sa plus grande défaite mais depuis qu’il avait eu cette idée deux semaines auparavant, il n’arrivait pas à s’en débarrasser.

Après tout si Draco voulait une preuve que son amour était réel, c’était la chose la plus évidente à faire.

« Et je vais me prendre le plus grand bide de la création » pensa-t-il dans un sursaut de réalisme.

Mais il décida d’y aller quand même. Cela faisait deux semaines que ça engluait son esprit. Si Malfoy ne comprenait pas cette fois-ci, il ne comprendrait jamais.

C’était la dernière chance qu’il leur donnait. Il était amoureux mais il n’avait aucune envie de courir toute sa vie après un type qui le détestait. Après tout, beaucoup de personne vivaient sans jamais connaître le grand amour, il devrait déjà s’estimer heureux de ressentir quelque chose d’aussi intense. Et puis peut-être que d’ici quelques années, il arriverait à l’oublier ou tout du moins à penser à lui moins souvent.

« Tu parles ouais, je serais toujours aussi pitoyablement amoureux de lui, même arrivé à l’âge où une infirmière devra changer mes couches et me faire bouffer de la compote. »

Finalement, la veille, par hasard il s’était retrouvé devant une bijouterie moldue en se rendant à un café où il avait rendez-vous avec Ron et il avait acheté une alliance.

Elle était toute simple en or, bien loin du tatouage compliqué qui ornait son annulaire.

Elle était parfaite.

Le mariage homosexuel était autorisé depuis presque trois ans maintenant et Harry avait décidé de demander à Draco de l’épouser.

Il avait renoncé à acheter un bouquet de fleurs. Mais il avait essayé d’être élégant. Il s’était rasé de près, avait à peu près arrangé ses cheveux pour que le désordre qui y régnait ait, pour une fois, l’air organisé. Il portait un T-shirt blanc sous une veste noire et un pantalon assorti à la veste.

C’était élégant et cool à la fois et son effet devait être réussi car quelques filles dans la rue lui avaient jeté un coup d’œil appréciateur.

Mais son assurance s’était envolée alors qu’il se trouvait à présent devant la porte de Draco Malfoy, avec un écrin en velours dans sa poche, les mains moites et la terrible envie de rebrousser chemin.

Il resta une bonne minute devant cette porte. Malfoy habitait à présent dans un immeuble chic de la ville, pas loin de l’université où il allait qui comportait une filière secrète pour les étudiants sorciers. Il avait tellement harcelé Snape que ce dernier avait fini par lui donner l’adresse –ce que Harry ignorait c’est que Remus avait intercédé en sa faveur auprès de l’ancien espion.

Une femme avec un enfant en bas âge sortit d’un appartement du même étage et regarda Harry d’un drôle d’air en passant devant lui. Il imagina que cela voulait dire qu’il était temps qu’il fasse quelque chose.

Il prit une grande inspiration et frappa à la porte tout en se disant que si Malfoy était avec une fille, il partirait en courant.

Cela faisait deux mois qu’il ne l’avait pas vu et peut-être qu’il avait trouvé quelqu’un. Malfoy avait du succès (il était bien placé pour le savoir), il était plus que probable qu’il ait une petite amie.

Harry n’eut heureusement pas trop le temps d’y réfléchir car la porte s’ouvrit.

Draco le regardait avec des yeux ronds mais cela ne prit pas longtemps avant qu’il ne pince les lèvres et que son regard ne devienne glacial.

A quoi t’attendais-tu ? se fustigea Harry. A ce qu’il se jette dans tes bras !?

Heu…oui, la partie désespérément optimiste de Harry avait envisagé cette solution aussi.

C’était beau, les rêves…

Harry ne sut alors pas quoi dire devant cet homme. Il sentait déjà le lien lui ordonner de prendre Draco dans ses bras mais il se contenta de le regarder.

En réalité, il le dévora des yeux, s’appropriant du regard ses yeux, sa bouche, son cou, son torse, ses jambes. C’était peut-être la dernière fois qu’il le voyait.

Il devait être ridicule à l’observer de cette façon mais Draco ne disait rien, comme si, lui aussi, avait besoin d’une ou deux minutes juste pour le regarder.

Harry sentait qu’il devait parler lorsque pour la troisième fois ses yeux firent l’aller-retour sur le corps en face de lui.

« Mon Dieu, qu’il est beau ! »

-Je peux entrer ? demanda-t-il enfin d’une voix pas très assurée.

Malfoy resta silencieux mais pâlit un peu en s’écartant tout de même pour le laisser passer.

Draco était sous le choc. Potter était la dernière personne qu’il s’attendait à voir derrière sa porte- même si, inconsciemment, dès que quelqu’un venait le voir il espérait que ce soit lui.

Après le choc et les quelques mots de Potter, ce fut la panique qui le prit.

Il se posait des questions un peu idiotes comme « Est-ce que son salon était bien rangé ? » « Pourquoi est-ce qu’il avait l’air si ridicule alors que Potter était éblouissant ? »

Il était en train d’étudier quand on avait frappé à la porte et il devait avoir l’air d’un abruti fini avec ses cheveux décoiffés et sa robe de sorcier trop simple –mais si confortable- qu’il mettait pour traîner chez lui.

Il se dirigea d’un pas incertain vers son salon, se demandant ce qu’il devait faire et pourquoi est-ce qu’il avait laissé Potter mettre ne serait-ce qu’un doigt de pied chez lui.

Il fallait qu’il se reprenne et qu’il lui dise de partir…

…tout de suite, avant que le lien qui grondait en lui ne l’oblige à faire quelque chose de stupide comme embrasser Potter jusqu’à en perdre le souffle.

Il ouvrit la bouche pour lui dire qu’il avait changé d’avis et qu’il devait partir mais Potter parla avant lui.

- Je sais que tu ne veux pas de moi dans ta vie, dit-il très vite, et je te promets que je vais te laisser tranquille mais laisse-moi juste te parler, je n’en ai pas pour longtemps.

-D’accord, dit Draco froidement en s’installant nonchalamment sur un fauteuil, fais vite, qu’on en finisse une fois pour toute.

Harry le dévisagea un instant. Le blond semblait fatigué et même son air froid n’avait plus autant d’impact. Harry avait prévu tout un discours pour faire sa demande en mariage mais il lui était impossible de se rappeler le moindre mot, il était trop nerveux pour s’en souvenir.

-Je…commença-t-il avant de secouer la tête et de se mettre à genoux devant Draco qui lui jeta un regard presque effrayé.

-Potter, relève-toi ! dit-il, gêné et ne comprenant pas ce qui arrivait à l’ancien gryffondor.

-Laisse-moi juste me concentrer, fit Harry en secouant la tête. Je sais que je m’y prends mal…

-De quoi tu parles ?

-Tu m’as demandé à l’hôpital pourquoi j’étais amoureux de toi. Sur le coup je n’ai pas su quoi te répondre, mais j’y ai beaucoup réfléchi, tu sais…

-S’il te plait Potter, gémit Draco pourtant incapable de faire le moindre geste pour s’en aller de ce fauteuil, il n’est pas utile que nous ayons cette conversation. Tout est dit.

-Non, répondit Harry doucement en plongeant ses yeux dans les siens, toi tu as parlé. Maintenant c’est mon tour, ça fait plusieurs mois que j’attends ça.

-…

-Je t’aime parce que quand tu souris vraiment tes yeux s’éclairent…

-C’est…idiot, fit Draco abasourdi et sentant ses joues rougir.

-Je n’ai pas fini, coupa Harry. Je t’aime parce que tu es quelqu’un de fort que je n’ai pas besoin de sauver. Je t’aime parce que quand tu me regardes le reste ne compte plus. Je t’aime parce que quand tu t’énerves tu tentes, par tous les moyens, de garder ton calme et moi j’arrive à te le faire perdre.

-Arrête ça ! l’interrompit Draco, mal à l’aise. Ça ne change rien, c’est le lien qui…

-J’ai longtemps cherché comment te prouver mon amour et je ne sais pas si ce que j’ai trouvé va te convaincre. Mais Draco, es-tu sûr que l’important soit de savoir pourquoi je t’aime ou à cause de quoi ? Moi je m’en moque, du moment que j’assume mes sentiments. Tu as peut-être raison, peut-être que sans ce mariage, je ne serais pas tombé amoureux de toi ou peut-être que si. On ne le saura jamais à présent. Alors voilà, oublions le lien juste une minute, imaginons que nous ne soyons pas mariés. Je te le demande maintenant et sérieusement, de tout mon cœur : Draco Malfoy, veux-tu m’épouser ?

Draco avait le souffle coupé et regardait Potter chercher quelque chose dans sa poche. Il trembla lorsqu’il aperçut l’écrin.

Harry le regardait tristement, comme s’il savait ce qu’il s’apprêtait à dire. Mais il lui mit quand même l’alliance au creux de la paume et Draco se laissa faire comme un pantin. Il avait envie de pleurer et Potter avait l’air si triste.

-Non, souffla-t-il enfin, effrayé et sentant qu’il perdait pied. Tu n’as pas le droit de venir me dire tout ça, me proposer une chose pareille. Tu ne m’aimes pas…C’est juste le lien…

-J’aurais essayé au moins, murmura Harry coupant court.

Il en avait marre de l’aveuglement de Draco. Il ne pouvait rien faire d’autre à présent que de partir avec son cœur brisé.

-Garde la bague, reprit-il, tu la jetteras mais quand je serais parti. S’il te plait, attends juste que je parte…

Draco acquiesça dans son fauteuil, le regard étrangement vide et semblant incapable de bouger. Harry soupira, se retenant de ne pas le secouer comme un prunier.

-Essaie juste d’être heureux, ok ? dit-il finalement en se dirigeant vers la sortie.

Il n’y eut aucune réponse et c’était tant mieux car il n’en attendait pas.

Harry referma la porte et une fois dans le couloir, s’autorisa à se tenir à la rambarde pour empêcher ses jambes de s’écrouler.

O°O°O°O°O°O

Draco entendit la porte se refermer derrière Potter et il lui sembla que le bruit allait résonner sans fin à ses oreilles.

Potter était parti.

Potter. Etait. Parti.

Il eut soudain l'impression d'étouffer alors que cette information s'imprimait en lettre de feu dans son esprit, brûlant et détruisant toutes les autres pensées qu'il aurait pu avoir.

Il n’y avait plus que cette porte qui s’était refermée.

Qu’avait-il dit déjà ?

Qu’avait-il dit ?

Qu’il ne reviendrait plus…

Qu’il le laisserait tranquille.

« Je sais que tu ne veux pas de moi dans ta vie et je te promets que je vais te laisser tranquille mais laisse-moi juste… »

Juste quoi ?

« Me demander de l’épouser et j’ai dit non » réalisa Draco qui avait tout à coup envie de vomir.

« Jaiditnonjaiditnonjaiditnonjaiditnonjaiditnon » c’était devenu une litanie dans sa tête, une litanie morbide.

Qu’avait-il fait ?

Potter…Potter voulait se marier avec lui. Voulait vraiment se marier avec lui.

Pour de vrai…

Pour de vrai.

Pour. De. Vrai.

Draco trembla et se leva, le regard un peu fou et dans sa main, il serrait l’alliance au point que le métal s’incrusta dans sa peau, lui faisant mal. Il serra plus fort.

« Mon Dieu ! Qu’est-ce que j’ai fait ? »

Ce fut à ce moment-là que l’état d’hébétude dans lequel il était depuis l’arrivée de Potter, se dissipa.

Deux choix s’offraient à lui, il en avait une conscience acérée.

Rester là et avoir ce poids sur le cœur pour le restant de ses jours.

Ou prendre un risque.

« Pour de vrai, lui répéta sa conscience, il t’aime, il t’aime ! »

Et si c’était le lien…Est-ce que Potter avait raison ? Est-ce que ça n’avait pas d’importance ?

Il voulait le croire. Il voulait croire en ce qu’il ressentait.

Il marcha vers la porte, d’abord doucement en hésitant, puis il se mit à courir, il l’ouvrit à la volée et commença à dévaler les escaliers, le cœur battant à tout rompre.

Potter lui manquait.

Potter était l’homme de sa vie.

« Alors c’était ça être courageux pensa-t-il en descendant les escaliers comme un fou. Avoir cette peur qui ne vous quitte pas et le cœur dans un étau et continuer quand même… »

Et si Potter n’était plus dans la rue ?

S’il avait directement transplaner ?

Draco savait déjà que si c’était le cas, il n’aurait pas le courage de le chercher. Il ne savait même pas ce qu’il allait lui dire, il savait juste qu’il ne voulait pas qu’il le laisse encore.

« Pour de vrai. »

Alors il priait pour que Potter ne soit pas parti.

« Harry, Harry, ne me laisse pas…Moi je…Comme toi, moi je… »

T’aime.

Il arriva, essoufflé, dans la rue. Il y avait du monde et beaucoup le regardait bizarrement. Il s’en moquait. Où était Potter ?

Il bouscula du monde et se remit à courir dans une direction qui n’était peut-être pas la bonne mais il fallait qu’elle soit la bonne. Il le fallait.

« Pour de vrai. Je l’aime pour de vrai. Oh mon Dieu, je l’aime pour de vrai ! »

Il ne courut pas trop longtemps et s’arrêta net, il lui semblait que son cœur allait exploser. Il y avait un type qui marchait quelques mètres devant lui. Il avait les cheveux de Harry.

Draco ignorait s’il aurait le courage de l’appeler, de crier son nom. Et s’il criait et que le type ne se retournait pas ? Et s’il se retournait et que ce n’était pas lui ? Draco sentait qu’il pourrait en mourir.

Parce que si ce n’était pas lui, là tout de suite, il perdrait courage et se laisserait aller comme il l’avait toujours fait à la voix de la raison.

Parce que peut-être que c’était le lien, peut-être que Potter et lui se trompaient, peut-être qu’ils n’étaient pas faits pour vivre ensemble. Mais à ce moment précis, il s’en foutait alors il cria, se surprenant lui même.

-HARRY !

L’homme aux cheveux noirs s’arrêta et après, ce qu’il sembla une éternité à Draco, il se retourna.

Le destin est étrange parfois. Potter aurait pu transplaner, prendre d’autres chemins ou avoir parcouru plus de chemin encore mais ce fut lui qui se retourna.

Il semblait surpris et s’avança d’un pas hésitant vers un Draco qui essayait de calmer les battements de son cœur.

Draco remarqua qu’il avait les yeux rouges et un air d’attente douloureuse. Comme s’il s’attendait à recevoir le coup de grâce.

« Il croit que je viens l’achever, comprit Draco, et il se tient quand même devant moi. Il est soit très poli, soit très maso.»

« Soit très amoureux », glissa une petite voix émerveillée en lui.

Potter le regardait donc attendant le pire mais se tenant droit, presque avec arrogance et Draco ne l’avait jamais trouvé aussi beau.

Un cœur blessé, à vif et à lui. Voilà ce qu’était Potter en ce moment, oui, à lui, à lui, à lui…

L’ancien serpentard savait qu’il devait parler mais il avait peur de dire les mauvaises paroles. Il sentait qu’aucun discours ne serait plus important dans sa vie que celui qu’il s’apprêtait à faire.

Et il n’avait qu’un seul auditeur mais c’était la personne la plus capitale de sa vie.

C’était Potter.

-Tu étais sérieux ? murmura-t-il enfin d’une voix qu’il ne se connaissait pas –à la fois froide et stressée. Tu veux vraiment m’épouser ?

Harry dévisagea Malfoy cherchant quand la blague allait venir. Mais le blond avait juste l’air paumé et il avait les larmes aux yeux, ce qui donna à Harry une lueur d’espoir.

Serait-il possible que…. ?

-Oui, répondit-il enfin, choisissant bien ses mots. Je te veux dans ma vie. Je veux que tu sois ma famille.

Il regarda Draco prendre une grande inspiration. Le blond leva les yeux au ciel, essayant visiblement de retenir ses larmes. Harry en fut bouleversé.

-Tu es fou, murmura Malfoy d’une voix rauque et une larme glissa sur sa joue.

Il posa ses yeux brouillés sur Potter pour voir que ce dernier le regardait, troublé. Il s’essuya les yeux avec un reniflement de dédain pour lui-même.

-Je suis pitoyable, fit-il dégoûté, je suis désolé, il n’était pas prévu que je pleure devant toi. En fait, il n’était pas prévu du tout que je pleure…désolé, répéta-t-il, sans pour autant pouvoir s’empêcher de pleurer.

Il en avait marre, il était en train de se couvrir de ridicule. Il avait beau s’essuyer les yeux, les larmes continuaient à sortir, aussi indésirables les unes que les autres. Il ne manquerait plus que son nez se mette à couler et le spectacle serait complet.

Et puis Potter attrapa sa main, l’empêchant de se cacher les yeux et inconsciemment, le blond retint sa respiration, attendant la suite.

-Tu n’es pas ridicule Draco, fit tendrement Harry en caressant son poignet avec son pouce. Maintenant, dis-moi…Pourquoi m’as-tu rattrapé ? Je crois que c’est moi qui risque de devenir ridicule si tu ne me réponds pas. Car tu vois, depuis que tu as crié mon nom, j’ai un drôle d’espoir embarrassant qui ne veut pas partir. ..

Draco eut un petit rire et il eut envie d’embrasser Harry et d’essayer de lui faire perdre la tête car lui, il était sur le point de la perdre juste parce qu’il le regardait.

-Laisse ton espoir où il est Potter. Et dis-moi encore une fois que tu es sûr de toi, car moi je suis seulement sûr d’être mort de peur. Je n’arrive pas à croire que je dise ça Potter mais c’est si soudain…on ne se marie pas sur un coup de tête.

Harry eut envie de rire mais se retint. Il aurait bien aimé répliquer à Malfoy qu’ils étaient déjà mariés mais il comprenait que pour le blond ces deux mariages n’avaient rien à voir. Que l’autre n’existait déjà plus par rapport à celui qu’il lui proposait.

Malfoy le croyait à présent.

Pour lui c’était comme s’ils recommençaient à zéro et Harry décida que cela lui convenait parfaitement aussi.

-Je t’assure que j’ai bien réfléchi Draco, murmura Harry en se rapprochant de lui jusqu’à ce que leurs corps soient sur le point de se toucher. C’est toi que je veux. Je t’aime.

-J’aime quand tu me dis ça, soupira Draco en fermant les yeux. Et je suis sûrement aussi fou que toi. On va sans doute s’entretuer rapidement mais je m’en fous tant qu’on meurt ensemble. Je crois bien que c’est toi que je veux aussi. …que j’ai toujours voulu en fait…

L’ancien serpentard rouvrit les yeux et s’aperçut que Potter avait les siens qui brillaient d’émotions contenues. Alors il posa sa bouche sur la sienne, pour s’empêcher de déballer encore tout ce qu’il avait sur le cœur et parce qu’il mourrait d’envie de l’embrasser de nouveau.

Cela faisait si longtemps.

Il lui sembla que pour la première fois sa magie et lui étaient sur la même longueur d’onde et qu’il venait enfin de remplir ce drôle de vide en lui. Le remplir de Potter.

L’ancien gryffondor rapprocha immédiatement leurs deux corps pour être collé à Draco et posa ses mains sur ses hanches. Et puis doucement il enfonça sa langue dans la bouche de l’homme qu’il aimait.

Le baiser était doux et langoureux, Harry en eut des frissons tout au long de sa colonne vertébrale.

Peut-être qu’il était en plein rêve, peut-être qu’en fait il était en train de rêver après avoir pleuré dans son lit jusqu’à épuisement ? Il n’arrivait pas vraiment à croire que Draco ait accepté sa proposition.

« Je vais l’épouser, pensa-t-il, j’ai réussi, il me croit ! Il veut bien de moi ! »

-Draco, souffla-t-il contre ses lèvres, je te rendrai heureux, je te le promets.

-Je sais, mais embrasse-moi encore, ça sera déjà un bon début, répondit le blond en reprenant ses lèvres.

Cette fois, le baiser fut moins doux et une chaleur impudique s’invita au creux de leurs reins. Les gens autour d’eux les regardaient avec une moue dégoûtée ou envieuse ou détournaient les yeux gênés, mais ils ne les voyaient pas.

Ils se dévoraient la bouche en remuant leur bassin l’un contre l’autre, d’une façon que les braves gens trouvaient obscène voir immorale. Ils étaient en train de perdre la tête.

-Potter, mets-la moi, soupira Draco entre deux baisers d’une voix remplie de désir.

L’esprit encore embrumé par le plaisir et un peu contrarié par la façon brutale dont Malfoy avait arrêté le baiser, Harry se sentit rougir jusqu’à la pointe des cheveux tandis que son érection devint encore plus dure. Malfoy voulait qu’il lui fasse l’amour...

-Quoi, ici ? Dans-dans la rue ? réussit-il à bégayer pourtant prêt à le faire tant il le désirait.

Draco lui jeta un regard d’incompréhension qui se changea vite en lueur choquée quand il comprit ce que Potter était en train de penser.

Exaspéré, il donna une tape derrière la tête du brun sans pour autant se dégager de ses bras. Il était trop bien pour ça.

-Je parlais de l’alliance, idiot ! fit-il en levant exagérément les yeux au ciel et en ouvrant sa main entre eux.

Potter eut le bon ton de paraître gêné alors que Draco pensait déjà que, finalement, l’imagination de l’ancien gryffondor était plus que tentante. Mais Harry lui avait pris l’alliance et déjà il tenait sa main pour la lui mettre. C’était drôle d’être à ce point ému pour un geste simple mais c’était plus le regard de Potter que son geste qui était beau.

Il semblait tellement sérieux, concentré, beau.

« Pour de vrai. » pensa-t-il encore et il eut un léger sourire quand l’alliance en or recouvrit le tatouage.

Et puis Potter l’embrassa à nouveau et Draco glissa les mains dans les cheveux noirs.

-Potter, haleta-il un moment plus tard d’une voix devenue rauque et impatiente, mets-la moi ! Et avant que tu me le demandes, je ne parle pas de bague, cette fois…

Harry le regarda presque sombrement, la respiration saccadée tandis que ses mains se baladaient à leur guise sur le corps du blond. Draco était vraiment trop excitant pour qu’il résiste un tant soit peu alors il se contenta de se plaquer encore plus contre lui.

-Tes désirs sont des ordres, susurra-t-il avec un sourire canaille avant de les faire transplaner dans un endroit plus adapté à la demande de son...fiancé.

FIN (ou presque)

Ben oui, reste l’épilogue, avec ma flemme légendaire j’ai longtemps hésité à en faire un, mais Quiproquo et Baddy m’ont convaincue (les traîtresses), du coup on se revoit encore une fois avec cette fic.

Pour en revenir à ce dernier chapitre, j’espère vraiment qu’il vous a plu et que les lecteurs stressés par le fait qu’ils imaginaient une fin dramatique (comme si c’était mon genre, franchement !) vont mieux (quoique rien n’est joué, il reste encore l’épilogue -mouhahaha-).

A bientôt,

Artoung (sauvez les cheminées, ramonez Draco) (…no comment.)

 
 
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