|
Remerciement : à Quiproquo ma bêta-lectrice à moua Note : Ce chapitre a lieu près de 6 ans avant le prologue !Chapitre un : Jusqu’à l’Ordre… Il pleuvait. Beaucoup. Trop. Les deux silhouettes, malgré leurs lourdes capes, étaient trempées jusqu’aux os. Ils regardaient tous deux en directions d’un manoir lugubre, c’était la première fois qu’ils le voyaient. Severus se tourna vers Draco alors qu’un nouvel éclair zébrait le ciel, les éclairant un fugace instant. Le jeune homme ne disait rien, il ne disait plus grand-chose depuis pas mal de temps déjà. Il semblait indifférent à tout. Comme s’il n’avait plus rien à perdre et rien à gagner aussi. Il n’avait rien dit lorsque Severus lui avait fait part de son plan pour s’enfuir. Il l’avait juste suivi, par dépit. Il avait juste grimacé lorsqu’il avait parlé de Potter et son regard avait semblé s’animer. C’était cette réaction qui avait vraiment poussé Severus à mettre son plan à exécution et à mettre en péril son rôle d’espion. Et maintenant ils avaient presque réussi. Il ne restait plus qu’à convaincre l’Ordre et donc à aller jusqu’au manoir. C’était un manoir très bien caché. Le nouveau Q-G de l’Ordre du Phénix. Un vieux manoir abandonné. Une barrière particulière était posée dessus. Seuls des yeux amis pouvaient voir la grande bâtisse sombre. Pour les ennemis et les autres, il n’y avait rien. Juste un champ quelconque et abandonné. Peut-être que le fait qu’il puisse voir la battisse sera suffisant pour convaincre l’Ordre de sa bonne foi. -Que vois-tu, Draco ? demanda-t-il enfin, intrigué parce que son ancien élève regardait la bâtisse comme s’il la voyait lui aussi. La voix du jeune homme s’éleva à la fois froide et traînante. -Il pleut beaucoup, mais je vois une sorte de vieux manoir. C’est là ? L’ancien professeur de potion se contenta de hocher la tête, il ne voulait pas montrer sa surprise. Il ne pensait pas que Draco verrait le manoir. Non pas qu’il considérait Malfoy comme un ennemi de l’Ordre, non, plus depuis quelques mois. Mais il pensait que Draco était devenu indifférent au sort de cette guerre. A l’évidence il avait tort. Severus n’aimait pas avoir tort. Draco était vraiment une personne complexe qui l’obligeait, sans même s’en rendre compte, à revoir ses positions. Il fallait qu’il se donne du courage et qu’il aille au manoir. Il y avait de grandes chances pour qu’il soit tué avant même d’avoir franchi la porte d’entrée. Il était après tout l’assassin de Dumbledore. Draco aussi était en danger. Il ne doutait pas que Potter en voulait aussi à la vie de celui qui avait permis aux mangemorts de s’introduire dans Poudlard. -Je vais y aller, murmura-t-il, si je ne suis pas revenu dans une demi-heure, fuis. Le garçon blond secoua la tête, le visage toujours impénétrable. -Je viens, dit-il laconiquement, je préfère me faire tuer que rester une minute de plus sous cette pluie glaciale. Severus le dévisagea, il n’était même pas surpris. De toute évidence Draco ne tenait pas à la vie et il viendrait qu’il le veuille ou non. Ils commencèrent donc à marcher en direction du manoir, le plus vieux des deux maudissait intérieurement la pluie et avançait en serrant les dents. Il ne pouvait pas utiliser de magie ici, l’endroit devait être truffé de capteur et ils seraient repéré par l’Ordre avant d’avoir fini de prononcer un sort, alors autant subir la confrontation à l’intérieur. Draco, de son côté, maudissait déjà la confrontation à venir. D’après ce qu’il avait compris, il allait devoir faire profil bas devant un nid de Gryffondors. Il imaginait aisément la tête de Potter en le voyant trempé jusqu’aux os. Il visualisait parfaitement le rictus méprisant qui ne tarderait pas à venir ourler les lèvres du Survivant. Oui, Potter avait appris à imiter son propre rictus… Et le miséreux et la sang-de-bourbe seraient à ses côtés pour contempler sa chute, le spectacle allait décidément être complet. Il n’avait pas revu ses « camarades » depuis plusieurs mois. Depuis qu’il s’était enfui avec Snape. Depuis la mort de Dumbledore. Draco ressentit comme toujours une envie de vomir dès qu’il repensait à cette nuit-là. Il se rappelait de tout dans les détails. Il pouvait même en fermant les yeux, humer l’air qui embaumait la Tour d’astronomie ou encore revoir jusqu’à la moindre ride sur le visage du vieux directeur. Mais ce dont il se souvenait surtout, c’était cette impression de ne plus contrôler les événements et la peur. La peur de tuer. La peur de ne pas tuer. La peur de mourir. Cette peur, quoiqu’en pense son ancien directeur de maison était encore très présente en lui. C’est pour cela qu’il l’avait suivi, il avait envie de vivre. Sa mère était morte cet été, son père en prison. Il avait à peine dix-sept ans. Il ne voulait pas mourir, c’est pour cela qu’il avait suivi Snape. Mais sa peur, bien que présente, était dorénavant presque surpassée par une lassitude grandissante. Il se laissait traîner, il avait toujours fait cela. Il avait suivi son père, puis Voldemort et maintenant Snape…Il était si las qu’on le guide et d’un autre côté il avait si peur de ne plus être guidé. Peut-être qu’un jour, il serait assez fort pour suivre un chemin qu’il aurait lui-même tracé… Pour l’instant il avait juste froid et juste envie de quitter cette pluie glaciale. Snape ne frappa pas à la lourde porte en bois, il la poussa immédiatement. A peine furent-t-ils entrer que Draco pu compter près de cinq baguettes pointées sur eux. Il faisait sombre dans ce hall d’entrée et il lui semblait que seuls les yeux des habitants des lieux luisaient dans la pénombre, dangereusement. Il était quasiment sûr que Potter se trouvait à son extrême droite, la baguette touchait sa gorge. Potter avait toujours tendance à l’exagération. Il n’avait toujours pas compris qu’il n’y avait nul besoin d’enfoncer ainsi sa baguette dans la peau des gens pour qu’ils se sentent menacés. Ce n’était pas une arme blanche ! Il tourna légèrement la tête en direction approximative où il pensait que se trouvait Potter et comme pour confirmer son intuition, la baguette s’enfonça un peu plus dans sa peau, lui arrachant un léger gémissement de douleur. Il pouvait sentir Potter sourire. Putain, oui, il le sentait ! Un sourire à la fois méprisant et ironique. Il aurait fallu rester calme. C’est ce que faisait Rogue. Il aurait fallu rester calme, mais Draco ne pouvait pas, pas devant Potter. Alors il posa sa main sur la baguette qui touchait sa gorge et referma ses doigts dessus. Soudain, un vent glacial balaya son visage alors qu’une lumière rouge faisait luire la baguette, comme si on y retenait un sort. Draco écarquilla les yeux mais ne lâcha pas prise, il leva la tête pour les poser sur Potter, la lumière rouge éclairait ses traits, lui donnant une allure sauvage. Draco eut l’espace d’une seconde l’impression de se retrouver en face d’une des divinités de l’enfer. Les yeux verts luisaient de haine et les cheveux noirs et ébouriffés volaient aussi à cause du souffle glacial, dégageant ainsi le front du Gryffondor et la célèbre cicatrice. Potter semblait n’attendre qu’une chose, jeter son sortilège. Il l’avait, semble-t-il, bloqué juste avant qu’il ne parte. Un sort silencieux, comme Snape le leur avait appris, l’année dernière… Le regard de Potter se posa sur les doigts de Draco qui tenaient toujours sa baguette et il plissa légèrement les yeux. -S’il te plaît, Malfoy, susurra-t-il, continue donc d’agripper ma baguette, que j’ai une bonne raison de te tuer. -Draco, s’éleva la voix sèche de Snape, laisse tomber! Le jeune homme, desserra ses doigts et lâcha finalement le bout de bois. Potter eut une grimace de contrariété. Il aurait sans aucun doute préféré le voir s’entêter à lui tenir tête, pour pouvoir enfin jeter son maléfice. La lumière rouge de la baguette s’éteignit finalement et la lumière dans la salle s’alluma presque immédiatement. Ils étaient tous autour d’eux, Lupin, McGonagall, Potter, Weasley et Fol Œil. Draco vit du coin de l’œil Granger et Tonks plus loin dans la salle. -Snape, commença Lupin d’une voix froide, je te donne deux minutes pour me dire par quel miracle vous êtes arrivés jusqu’à nous. Harry était ulcéré. Il regarda Remus les yeux agrandis de stupeur. Mais pourquoi ne tuait-il pas tout simplement le traître et son disciple ? Pourquoi les laisser s’expliquer ? -Tu ne veux pas leur offrir aussi à boire et à manger, pendant que tu y es ? Remus se tourna vers Harry avec son habituel sourire doux. -Bonne idée Harry ! Draco a l’air transi de froid. Allons donc au chaud près de la cheminée. Draco jeta un regard noir au loup-garou pendant que Potter balbutiait des choses incompréhensibles. Il avait toujours été agacé par l’attitude quasiment paternel de Lupin. -Allons Harry, répondit Lupin, nous sommes plus nombreux et armés. Le mieux est encore d’écouter leur histoire confortablement, ensuite nous aviserons. Harry maugréa encore quelque chose que personne n’entendit. Pour lui, il était évident que ni Snape, ni Malfoy ne méritaient d’être traité avec respect. La haine qu’il éprouvait pour eux était toujours aussi vivace. C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent tous autour du feu et Draco eut droit à une tasse de thé fumante et une couverture bien chaude autour de ses épaules. Harry nota que le serpentard semblait à la fois stupéfait et mécontent de l’attitude de Remus envers lui. Snape, quant à lui, n’avait ni couverture, ni boisson chaude, le loup-garou daignait seulement lui décrocher des œillades glaciales. -Tu es donc leur nouveau chef ? La voix de Snape brisa le silence et ses yeux noirs ne quittaient pas le visage de Lupin. Remus haussa les épaules mais ne répondit rien, attendant simplement que son vis-à-vis s’explique. Alors Severus reprit la parole expliquant à l’Ordre du Phénix sa version des faits sous les exclamations colériques du Survivant. Il parla longtemps et finalement au bout d’un moment, Harry n’y teint plus et se mit à crier. -Vous l’avez tué, bordel ! Et c’est Malfoy qui a fait entrer les mangemorts ! -Cela va faire bientôt trois heures que je vous explique pour quelles raisons, Potter ! Mais il semblerait encore une fois que vous n’écoutez que ce qui vous plaît. Dracon n’avait pas le choix, le Seigneurdes Ténèbres tenait sa famille en otage et je ne l’ai pas eu non plus ! Dumbledore m’a supplié de le tuer ! Il n’y avait pas d’autre solution si je voulais conserver ma position d’espion ! -Vous mentez ! Remus, il ment ! Je suis sûr qu’il a déjà informé les mangemorts de notre localisation ! -Potter, répliqua Snape perdant patience, le seul fait que nous ayons pu voir le manoir devrait vous convaincre de notre dévouement dans cette guerre ! -Justement, je suis convaincu que vous oeuvrez pour Voldemort ! Je devrais vous tuer et… -Harry, le coupa Remus, je crois qu’il dit la vérité… -Moi, j’en suis sûre ! affirma McGonagall. Elle avait les yeux brillants d’émotions contenues et elle serrait ses mains nerveusement. McGonagall expliqua alors que le portrait de Dumbledore, qu’elle avait ramené chez elle, étant donné que l’école était fermée jusqu’à que la guerre se finisse, lui parlait souvent. Il s’entêtait à dire que Snape était un allié et il expliquait à Minerva à chaque fois pourquoi il avait une confiance aveugle en cet homme. Il lui racontait qu’il était persuadé que c’était lui qui avait demandé au professeur Snape de le tuer, qu’il avait fait promettre à l’homme de conserver son rôle d’espion quoiqu’il arrive et que Snape avait dû n’avoir que cette alternative. Minerva expliqua aussi qu’avec Remus, ils avaient passé du temps à parler avec le portrait et qu’ils en étaient arrivés à la conclusion que si Snape se présentait devant eux en leur racontant une version similaire à celle de Dumbledore alors ils lui feraient confiance. -Et de plus, il a vu le manoir. Je crois vraiment que nous devons lui faire confiance, nous avons besoin de lui. -Je ne parviens pas à y croire, souffla Harry en jetant un regard haineux aux nouveaux arrivants. Alors ils vont s’en sortir comme ça ! Il regarda ses deux meilleurs amis, Ron semblait aussi outré que lui mais Hermione avait l’air d’accord avec les autres. -La perte d’Albus est vraiment affreuse, commença Fol Œil, mais nous devons avant tout nous concentrer sur la guerre et les horcruxes. Et Snape reste le mieux placé pour nous rapporter les faits et gestes des mangemorts. Cela semblait coûter à Fol Œil de donner tant d’importance à Severus. -D’autant plus, que maintenant, après ce qu’il s’est passé, je suis devenu le nouveau bras droit du Seigneur. Cette position m’a d’ailleurs permis de vous emmener Draco. Les regards se posèrent sur le jeune homme blond qui s’enfonça un peu plus dans son siège, mais ses yeux argentés n’avaient pas quitté, depuis le début de la conversation, les flammes en face de lui qui dansaient dans la cheminée. -Sa mère est morte, reprit Severus d’une voix plus douce, son père est en prison et Voldemort souhaite qu’il y croupisse. Il a comme projet d’assassiner Draco, car ce dernier n’a pas tué Dumbledore, il a donc échoué. Les mangemorts sont déjà sur ses traces, ils savent qu’il s’est enfui, je suis moi même officiellement à sa recherche. J’ai beaucoup réfléchi et je pense que c’est encore ici où il sera le plus en sécurité. Je vous demande sa protection, en échange des informations que je pourrais vous donner. Snape scrutait le moindre changement d’attitude chez son élève mais ce dernier restait impassible, comme si la discussion ne le concernait pas, comme si ces flammes qui dansaient étaient beaucoup plus passionnantes. -Draco… Le blond se tourna vaguement vers Lupin qui venait de prendre la parole. -Je suis navré pour ta mère. Cette fois Draco serra les dents et hocha la tête un peu plus sèchement qu’il n’aurait voulu. Il détestait faire pitié aux gens et là, même Potter avait cessé de balancer ses sarcasmes. Il se retourna vers la cheminée mais il garda les dents serrées. Décidément ce Lupin l’énervait au plus haut point. Il trouvait sa gentillesse à vomir. Personne n’avait été là pour l’aider à sauver sa mère et maintenant que c’était fini, il pouvait tous les sentir suinter de compassion et de peine. Il ne demandait rien de tout cela. Simplement qu’on lui foute la paix ! -J’accepte ton marché. Le loup-garou venait de reprendre la parole faisant sursauter tout le monde. Snape eut un sourire froid et hocha brièvement la tête. -Bien, dès que j’ai du nouveau, je vous le signalerai, comme avant. Il se leva, s’approcha de Draco et posa doucement une main sur son épaule. Ce dernier, ne disait rien et Snape soupira. -Je reviendrais, souffla l’ancien professeur. Draco ne cligna même pas des paupières alors qu’intérieurement il hurlait. Il n’avait aucune envie de rester ici, dans ce manoir sombre et poussiéreux, en compagnie des personnes qu’il haïssait depuis son plus jeune âge. Comme s’il n’avait pas assez vu Potter et Compagnie depuis 6 ans. Il espérait vaguement que Potter émette une objection, qu’il refuse de le voir vivre ici, mais ce crétin de gryffondor semblait considérer la mort de sa mère comme un passe-droit pour le traiter avec un semblant d’humanité. Il écouta donc Snape partir en serrant les dents. Peut-être qu’il pourrait s’enfuir ? Cette solution lui traversa l’esprit juste l’espace d’une seconde. Mais il savait qu’il ne vivrait pas assez longtemps par ses propres moyens. L’unique solution pour échapper aux mangemorts, serait de vivre, sans magie, parmi les moldus. Mais Draco en était incapable, il savait qu’il n’y survivrait pas trois jours et les autres le retrouveraient et le tueraient. Pour l’instant rester ici, était la solution la plus logique, même s’il s’arracherait la langue plutôt que de l’avouer à haute voix. Il y avait un étrange silence dans le salon depuis que Snape était parti. Draco s’aperçut que les autres adultes devaient discuter avec lui dehors. Il grimaça, Weasley, Granger et Potter le regardaient visiblement avec répugnance. Au moins, il n’était pas le seul à être dégoûté de devoir cohabiter. Plusieurs minutes plus tard, Lupin et Fol œil revinrent seuls. Lupin lui fit encore un de ses sourires amicaux et Draco s’empêcha de grimacer. -Tu dois être épuiser Draco, dit-il d’une voix douce, je vais te montrer ta chambre. Le serpentard se leva, jetant presque malgré lui, un regard sur Potter. Les yeux verts le décontenancèrent un bref instant. Il semblerait que la colère de Potter soit revenue en force, s’il en croyait la lueur de haine qu’il voyait. Draco préférait cela à la pitié, on pouvait toujours compter sur Potter pour ce genre de truc. Lupin le menait dans un dédale de couloirs poussiéreux tout en parlant. -Le manoir appartient à un ancêtre de Minerva, elle ne vit pas ici. Lorsque nous avons emménagé cet été, nous avons dû restaurer les pièces principales, mais une grande partie du bâtiment est hors d’usage. Harry, Ron, Hermione, Maugrey et moi vivons ici. Ils tournèrent à droite et le couloir sembla moins sombre à Draco. -Enfin, Maugrey vient surtout quand je ne peux pas être là ou quand je ne suis pas en état, ce soir il va repartir. Tu verras il y a souvent du monde ici, c’est le QG de l’Ordre, tu n’auras pas le temps de te sentir seul… Draco leva un sourcil désabusé. Lupin poussa enfin une porte en bois rose. -Désolé, commença-t-il en s’effaçant, c’est la seule chambre correcte qu’il reste. Cette fois, le serpentard ne put retenir une grimace. L’épaisse poussière qui logeait dans la pièce n’était pas ce qui le mettait dans cet état. Non, ce qui le faisait grimacer, c’était que cette chambre était une chambre d’une féminité à couper le souffle. Les murs étaient d’un rose pâle et le sol en bois rose. Cela pouvait être joli, pour une fille de l’ancienne époque. Le plus étonnant était le miroir immense qui s’étalait sur tout le mur du fond. La femme qui vivait là devait adorer son reflet, pensa Draco en grimaçant encore plus. Des rideaux en dentelle blancs au départ mais qui avaient virés au gris étaient accrochés aux fenêtres. La pièce était grande et le lit immense trônait en son milieu. Lupin essayait d’enlever la poussière des draps roses, en vain. -Il faudra nettoyer ça…Je vais demander à Dobby etKreattur Draco sursauta. -Vous avez des elfes de maison ? -Oui, juste ces deux-là. Ils sont au service de Harry. Tu as une salle de bain attenante, ici. Draco n’écoutait plus qu’à moitié, il était trop étonné par la révélation de Lupin. Il n’aurait jamais imaginé Potter avoir à son service deux elfes de maison… surtout en ayant Granger comme meilleure amie. Il ne put s’empêcher de soupirer de soulagement en entrant dans la salle d’eau. A part le miroir rectangulaire plein pied sur une partie du mur, ça avait l’air normal. Carrelage blanc de partout et il était sûr qu’une fois propre, ça serait sympa. Surtout qu’une immense baignoire y trônait, ce qui était étrange étant donné l’époque du manoir. Même Lupin avait l’air étonné, il lui expliqua que toutes les autres chambres n’avaient que des douches, cela devait être une autre excentricité de l’ancêtre de McGonagall. Lorsqu’ils sortirent de la salle de bain, toute la chambre avait été nettoyée et des draps blancs et frais avaient remplacé les roses. Deux elfes de maison les attendaient, il était évident qu’ils étaient à l’origine de ce changement. -Vous avez fait vite, souffla Lupin, impressionné. Draco eut un soupir méprisant. L’un des elfes le regardait avec une sorte d’admiration sans borne, tandis que l’autre, qui lui disait vaguement quelque chose, évitait de le regarder et triturait ses mains nerveusement. -Dobby est désolé, Monsieur, s’exclama l’elfe nerveux en s’adressant à Lupin. Dobby n’a pas trouvé de draps roses propres. Dobby a mis des blancs, mais il remettra les roses quand ils seront lavés ! -Ça ira, je pense, dit Lupin, amusé, à mon avis Draco préfère cette couleur. Draco ne répondit rien, se contentant de toiser les elfes de Potter. -Kreattur a rangé la chambre, maître Draco ! dit le second elfes en bombant le torse. L’autre lui jeta un regard mauvais et marmonna quelque chose comme quoi ils avaient été deux pour le faire. Draco leva un sourcil étonné. L’elfe l’avait appelé « maître »…intéressant. Pour une raison qu’il ignorait, cette vulgaire créature semblait le vénérer et il regardait Lupin avec dégoût…il était étonnant que Potter permette à son elfe ce genre de comportement. Draco se renseignerait plus tard. -Bien, sourit Lupin, je crois que tu peux investir la chambre. Snape m’a prévenu que tu n’avais pas d’affaires. Nous ne pouvons, hélas, pas nous permettre d’aller au manoir Malfoy. C’est très surveillé et dangereux. Mais Minerva va t’apporter demain les quelques affaires que tu as laissées à Poudlard, suite à ton départ…précipité. Le serpentard hocha la tête, un peu soulagé. C’était déjà ça de gagner. -Tu n’as besoin de rien ? demanda encore Lupin. Draco ne répondit pas, l’ignorant royalement. Il en avait marre de la gentillesse excessive de Lupin. -Tu n’es pas très bavard, constata le loup-garou. « Ce qui n’es pas le cas de tout le monde, pensa le jeune homme blond ironiquement. Quand est-ce qu’il va me lâcher ? » Mais il semblerait que le monstre n’avait pas l’intention de le laisser tranquille puisqu’il recommença à poser des questions d’une banalité affligeante. -C’est bon, ça ira ! annonça finalement Draco d’une voix coupante. Je n’ai besoin de rien d’autre. Cette réponse froide sembla satisfaire Lupin car il lui sourit pour la millième fois, lui semblait-il, et sorti enfin après lui avoir souhaité une bonne nuit. Comme s’il allait passer une bonne nuit dans ce taudis ! Draco fixa la porte rose un instant et une fois que le bruit des pas de Lupin dans le couloir ne parvint plus à ses oreilles, il ferma la porte à clé. Il maudit ses mains qui tremblaient légèrement. La vérité, c’était qu’il n’était pas rassuré. Il eut un sourire amer en pensant qu’il était sûrement le seul dans cette maudite baraque à verrouiller sa porte. Il savait pourtant que cette infime barrière ne servirait à rien si Potter avait la subite envie de venir l’étrangler pendant la nuit. Son minuscule verrou ne tiendrait pas longtemps. Si seulement j’avais ma baguette ! pensa-t-il. Il s’assit sur le lit en soupirant. De toutes façons, quitte à choisir, il préférait mourir des mains de Potter plutôt que de celles des mangemorts… Potter… Draco fronça les sourcils. Il imagina un instant les mains du balafré enserrer son cou et un frisson malsain le parcourut. Il s’allongea, les mains derrières la nuque, contemplant le plafond de sa nouvelle chambre d’un œil morne. Il était si las… Au bout de quelques minutes, ses yeux se fermèrent tandis que la fatigue avait, petit à petit, raison de lui. Il s’endormit d’un sommeil agité, ignorant qu’il était observé… Et la pluie dehors ne cessait de tomber… A suivre… Passez une bonne semaine. Bizous Artoung |