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Jusqu'à
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
19 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 9     Les chapitres     21 Reviews    
Jusqu'à pouvoir te toucher encore

edicace : A Warriormeuh parcequ’elle est po là et qu’elle nous a manqué !

(psst, le chat n’attendait pourtant que toi !)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Chapitre 8 : Jusqu’à pouvoir te toucher encore

Lorsque Harry descendit enfin de son balai, Ron l’attendait, un air soucieux sur le visage.

-Je me demandais où tu étais…commença le rouquin.

-J’avais besoin d’être seul, répondit Harry en haussant les épaules.

-Tu sais, je dis ça simplement car tu étais parti normalement chercher le jeu d’échec, il y a de ça trois heures. Alors, laisse moi deviner…Tu as cherché le jeu, encore et encore et comme tu ne l’as pas trouvé, de désespoir tu as pris ton éclair de feu et tu as tournoyé dans le ciel sans relâche pour faire le point.

-Désolé, fit Harry d’un air contrit, je t’avais complètement oublié.

-J’avais compris. Tu veux en parler ?

Harry regarda son meilleur ami, mourant soudainement d’envie de tout lui dire, d’en parler à quelqu’un…

Mais qu’allait dire Ron ? Pourrait-t-il seulement encore le regarder en face ?

-Je ne préfère pas, grimaça-t-il finalement, tu sais j’ai horreur de parler d’échecs, surtout s’ils sont introuvables.

Ron leva les yeux au ciel devant sa piètre tentative d’humour, mais il avait tout de même compris que Harry n’était pas prêt de lui parler de ce qui le tracassait vraiment. Sûrement parce que cela devait avoir un rapport avec la fouine.

-Quoiqu’il en soit, tu as loupé Remus entrain de rabaisser Snape ! s’exclama Ron en changeant de sujet. Décidément j’adore ce mec !

-C’est vrai, sourit Harry, c’est toujours un vrai plaisir de voir Snape plus bas que terre et Remus fait cela plutôt bien.

-Il est très doué même ! Mione dit toujours qu’ils se comportent comme des gamins. Quelle rabat-joie !

-Cette fille ne sait pas s’amuser, approuva le brun, l’autre fois, elle m’a même dit qu’elle plaignait Snape. A mon avis, elle passe beaucoup de temps avec Malfoy, ça doit lui détériorer le cerveau…

-Tant que le reste fonctionne ça me va, répondit Ron d’un air faussement lubrique.

Harry ricana mais son rire se bloqua dans sa gorge. Il venait de voir Malfoy qui marchait de l’autre côté du parc, près de la roseraie….et quelque chose planait au dessus de sa tête…

-Harry, murmura Ron à ses côtés, je rêve ou Malfoy a un nuage noir au dessus de sa tête qui le suit… ?

-Si tu rêves, je fais de même alors…

Comme s’il savait que quelqu’un l’observait, Draco tourna la tête vers eux. Il était assez loin mais Harry vit distinctement le nuage bizarre lancer des éclairs et une averse tomba sur le blond qui, complètement surpris, courut jusqu’au manoir dans le but de se mettre à l’abris.

Mais le nuage entra avec Draco et les deux gryffondors se regardèrent, complètement stupéfaits.

Lorsqu’ils entrèrent à leur tour, il leur sembla à tout les deux que la vie venait de leur faire un cadeau.

Il pleuvait sur Malfoy, ce qu’ils avaient vu de loin n’était pas une hallucination.

Remus et Hermione les seuls présents avec eux, tentaient de calmer Draco qui s’énervait tout seul contre son nuage.

Il était trempé des pieds à la tête et il essayait tant bien que mal d’échapper au nuage. En vain, ce dernier le suivait constamment. Et lorsque Draco s’aperçut de la présence de Harry, la pluie se fit plus forte et le tonnerre gronda.

Harry et Ron étaient vraiment amusés et un sourire moqueur s’étirait sur leurs lèvres.

-Draco, disait Remus, assieds-toi, calme-toi, on va t’enlever ce nuage…

-Je vais te chercher une serviette, un parapluie, un ciré…s’exclamait dans le même temps Hermione en courant dans tous les sens à la recherche des objets en question.

-PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ! C’EST QUOI ENCORE CE TRUC! Hurlait Draco tout trempé, en essayant d’attraper le nuage qui bondissait en même temps que lui.

-Tu vois, dit Ron à Harry en regardant la scène, c’est ce genre de petits moments comme ça qui font que j’aime ma vie.

-Oui, approuva Harry, je ne veux surtout jamais oublier cette journée. Le jour où j’ai vu Malfoy tomber de son piédestal.

Il sourit lorsque Draco lui jeta un regard noir, il ne l’avait pas entendu à cause de la pluie assourdissante qui lui tombait dessus mais il n’eut aucun mal à deviner ce que Potter et Weasley devaient se dire, ils se foutaient clairement de sa gueule.

Draco ne comprenait rien. La pluie s’était mise à tomber dehors et il était rentré se mettre à l’abri mais la pluie tombait toujours sur lui et juste sur lui. Il avait vu dans le miroir à l’entrée un nuage noir juste au dessus de sa tête et il avait aussitôt compris que c’était sa propre magie qui faisait ce truc là.

Potter lui avait dit quelques minutes auparavant qu’il ne voulait plus qu’il le touche et qu’il le détestait et c’est à ce moment, une fois Potter parti, que le nuage avait dû commencer à se former, pour se mettre à pleuvoir quand il avait revu le balafré dehors.

Sa magie devait être triste et désespérée pour faire ça.

Et encore une fois, il était complètement ridicule.

Ce mariage était vraiment la pire chose qui lui soit arrivée et dès qu’il regardait Potter la pluie s’intensifiait.

Finalement il se calma un peu lorsque Granger lui apporta un parapluie, il refusa pourtant de porter l’affreux ciré jaune qu’elle lui présenta. Il était déjà assez ridicule comme ça. Il avait très froid à présent mais essayait de ne pas le montrer tout en répondant aux questions du loup garou.

-C’est arrivé à l’instant ?

-Je ne sais pas…je crois que ça a un rapport avec Potter…

Remus se tourna vers Harry alors que Draco lui faisait justement en sorte de ne pas le regarder.

-Comment ça ? demanda Lupin en fronçant les sourcils. Il t’a jeté un sort ?

-Pas du tout ! s’exclama Harry s’interposant. Je n’ai rien fait ! Je regrette d’ailleurs de ne pas être à l‘origine de ce truc !

Remus essaya de ne pas paraître amusé, mais Harry en ce moment lui rappelait vraiment James Potter, l’éternel gamin espiègle et capricieux.

Draco marmonna un truc sombrement que personne n’entendit et Hermione le vit l’espace d’une seconde grelotter avant de se reprendre.

-Draco, tu es transi ! s’exclama-t-elle en se mettant près de lui sous le parapluie et en lui passant une serviette blanche dans les cheveux.

Le serpentard leva ses yeux gris vers elle et la remercia d’un bref signe de tête avant de grimacer devant sa poigne quand elle frottait la serviette sur sa tête. Elle n’y allait pas de main morte.

Aucun des deux ne virent les sourires disparaîtrent des visages de Harry et Ron. La seconde d’après Hermione se retrouva projetée à plusieurs mètres, atterrissant durement sur les fesses.

Harry était plus pâle qu’un mort, Ron s’était précipité ainsi que Remus vers la jeune fille encore sous le choc de ce qui venait de se passer.

Draco regardait Harry avec stupeur, ce dernier sembla enfin réagir et fonça à son tour vers son amie qui se relevait difficilement.

-Merlin, Hermione, je suis désolé ! Je ne voulais pas te …

-Parce que c’est toi qui l’a envoyée valser ! s’exclama Ron outré.

-Je n’ai pas fait exprès ! Ma magie est partie toute seule ! Ca va aller Mione ?

-Oui, ça va ne t’en fait pas, le rassura la jeune fille en se forçant à sourire. J’aurai juste un beau bleu. Calme-toi Ron, il ne l’a pas fait exprès.

-Tu as perdu le contrôle ? Tu sais pourquoi ? demanda Remus sans faire attention aux murmures mécontents de Ron.

-Je n’en ai aucune idée, mentit Harry.

Parce qu’elle se collait à Malfoy tout mouillé en fourrageant ses mains dans ses cheveux !

Il ferma les yeux, dégoûté de penser de telle chose. Comment pouvait-il être jaloux ? Comment pouvait-il ressentir cette sensation au point de faire mal à sa meilleure amie ? Le lien ne faisait décidemment pas faire n’importe quoi qu’à Malfoy, il avait aussi sa part…

-Ca doit être à cause du lien, souffla la jeune fille, comme si elle lisait dans ses pensées.

Le mot jalousie ne fut pas prononcé mais tout le monde dans la pièce avait maintenant compris et Harry ne put s’empêcher de rougir de honte.

-Bon, reprit Remus prudemment, je pense que tu vas devoir te tenir éloigné de Draco, Hermione et moi aussi d’ailleurs. De toute façon il est assez grand pour se sécher tout seul.

Le serpentard acquiesça et attrapa la serviette tombée à terre tout en tenant toujours son parapluie.

-Et si on s’occupait de mon problème, marmonna-t-il enfin froidement, lui aussi mal à l’aise à l’idée que Potter fasse preuve de jalousie.

C’était déjà bien assez compliqué comme ça.

-Tu as raison, approuva Remus. Alors sais-tu ce qui t’arrive ?

-Oui, de la pluie me tombe dessus, annonça Draco sarcastique, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué.

-Non, je voulais savoir si tu avais une idée de la provenance de ce nuage.

Il y eut un silence et Remus crut que Draco ne l’avait pas entendu, il allait répéter sa question mais le serpentard répondit finalement.

-C’est ma magie qui fait ça, avoua-t-il en serrant les dents.

-Pardon ?

-Je n’arrive pas à contrôler cette putain de magie ! C’est à cause de ce connard de lien ! J’en ai marre ! Je n’en peux plus ! Je n’ai aucune idée de comment arrêter ce truc !s’exclama Draco laissant finalement son irritation le submerger.

-Je crois qu’il est énervé, chuchota Ron à Harry.

Harry acquiesça, ses yeux ne quittant pas le serpentard.

-Je t’en veux à mort, continua Ron sur le même ton, tu as abîmé les fesses de Mione…

-T’as qu’à te proposer pour lui étaler de la pommade dessus, chuchota Harry à son tour n’écoutant plus l’autre conversation, tu devras bien la faire pénétrer…

-Obsédé.

-Je parlais de la pommade Ron.

-M’en fous, je ne faisais qu’énoncer une vérité. Moi, je connais ta véritable nature et bientôt le monde entier sera au courant et ...

-Harry ! Allez sort de la pièce ! s’exclama Hermione coupant Ron dans son discourt.

-… ?

-Tu n’as pas écouté un strict mot de ce qu’on vient de dire n’est-ce pas ?

-Heu…

Hermione leva les yeux au ciel et poussa un soupire à fendre l’âme. Malfoy le regarda avec répugnance, comme d’habitude quoi et Remus semblait toujours égal à lui-même, souriant doucement.

-Draco pense que votre dispute tout à l’heure est à l’origine du nuage noir au dessus de sa tête et que ta présence augmente l’effet de la pluie. On veut donc vérifier. Si tu pars est-ce que la pluie va réduire, c’est ce qu’on cherche à savoir.

Mais Harry n’écoutait plus depuis longtemps, il était devenu étrangement pâle et regardait Malfoy avec haine.

-Il vous a parlé de la dispute ? dit-il d’une voix cassée.

Il avait peur. Peur que Malfoy leur ai dit…

-Oui, et franchement Harry. Tu pourrais être plus gentil, le sermonna Hermione. Regarde dans l’état dans lequel tu l’as mis. Il voulait juste essayer ton éclair de feu !

-…

Hermione fronça les sourcils. Quelque chose n’allait pas. Elle se tourna, suspicieuse, vers Draco mais son visage était impassible. Contrairement celui de Harry, sur lequel on pouvait lire à livre ouvert. Et Harry racontait sans dire un mot que ce n’était pas du tout le sujet de leur dispute et quand il se reprit en s’exclamant « Ha oui ! Je ne lui prêterai jamais ! », il était déjà trop tard. Tout sonnait faux mais personne n’avait envie de les questionner. S’il y a des choses à dire, ils devraient le faire d’eux même mais déjà chacun imaginait le pire.

Ron pensait à l’air perdu, à la fois coléreux et triste qu’affichait Harry bien trop souvent à son goût.

Hermione pensait à la façon dont Draco avait de regarder son mari avant de se mettre à rougir ou à blêmir subitement selon les moments.

Et Remus ne pouvait qu’espérer que les deux garçons n’aient pas commis l’irréparable. Il regrettait à cette seconde de les avoir mariés. Il aurait dû chercher une autre solution. Et pourtant…pourtant le lien avait déjà sauvé plusieurs fois la vie de Harry…

Mais ils se détestent tellement…

Faire l’amour ne doit pas se passer comme ça. Pas comme moi avec Snape…

-Allez sors, répéta Hermione en poussant Harry vers la sortie.

Dix minutes plus tard, Harry étant toujours quelque part dehors, la pluie cessa mais le nuage noir était toujours présent.

-Il faut se dire que c’est déjà ça de gagné, fit Hermione avec un petit sourire contrit.

Draco lui jeta un regard aussi noir que son nuage. Il ne trouvait pas ça amusant et il priait toutes les divinités qu’il connaissait pour que cela disparaisse rapidement.

Et Potter, ce crétin qui gâchait toujours tout ! Il était sûr que maintenant tout le monde avait deviné qu’ils avaient couché ensemble. Ce mec était une vraie plaie. Un éclair zébra son nuage et le tonnerre gronda, les gouttes de pluie se remettant à tomber.

Draco releva son parapluie d’un geste las.

Note pour plus tard : Ne plus penser à Potter et à combien c’est une pourriture…

O°O°O°O

Plusieurs jours avaient passé et le nuage au dessus de la tête de Draco était resté, à son plus grand dam.

Et il y avait aussi ce crétin de Potter qui prenait un malin plaisir à venir le voir quand il s’y attendait le moins, le laissant complètement trempé.

Il le détestait chaque jour un peu plus et il ne pensait pas cela possible.

Le serpentard se trouvait dans le salon en compagnie de Snape, Lupin et Fol Œil. Il ne savait pas où se trouvaient les autres et s’en moquait complètement.

-Alors là, on a un problème…marmonna Fol-Œil en regardant son ancien élève.

Il avait fait boire du polynectar à Malfoy pour répéter avec lui sa façon de se tenir et de parler avant la visite en prison qui aurait lieu trois jours plus tard.

-Il est encore là, c’est ça ?

Draco leva son œil magique au ciel pour constater ses soupçons. Le nuage noir était encore là.

-Jamais il n’entrera dans la prison comme ça, siffla Snape énervé.

Il était arrivé deux heures plus tôt et avait tenté par tout les moyens d’enlever la chose ridicule qui planait au dessus de la tête du garçon blond, sans succès.

-Cela fait trois jours que c’est comme ça, soupira Remus très las, et c’est pire quand Harry est dans le coin.

Snape lui jeta un regard noir comme si tout était de la faute du loup garou.

-Il faut pourtant trouver une solution, dit Fol Œil de son habituel ton brusque. Si Potter est à l’origine de ce truc, il doit pouvoir le défaire. Sans quoi, la visite en prison sera annulée et on devra se débrouiller autrement.

Draco toujours sous l’apparence de Maugrey blêmit visiblement. Il n’était pas question qu’il n’aille pas en prison. Il devait voir son père, le rassurer sur son sort et voir comment il allait. C’était sûrement sa seule occasion.

-Potter ! aboya Snape en direction des escaliers.

-Je ne vois pas vraiment ce que Harry va pouvoir faire, fit Lupin pensivement, c’est la magie de Draco qui est incontrôlable…

-POTTER ! cria encore Snape avant fusiller le loup garou du regard. Potter a encore dû se montrer mesquin et la magie de Draco l’a assez mal supportée. Peut-être que s’il s’excuse ça ira mieux…Mais bien sûr, il ne t’est pas venu à l’esprit que ton précieux petit protégé puisse s’excuser…

-Qui doit s’excuser ? demanda Harry d’un ton agacé en descendant des escaliers.

-Et bien, on peut dire que vous avez pris votre temps, Potter, grimaça Snape.

-J’aurais, croyez-moi, préféré ne pas avoir entendu votre charmante voix m’appeler, ironisa le gryffondor.

-Et à ce que je vois, le respect ne vous étouffe toujours pas, répliqua l’ancien directeur des serpentards sur le même ton. Dommage, d’ailleurs.

-Allons ce n’est pas le moment, grogna Fol-Œil empêchant ainsi Harry de répliquer. Snape et moi-même pensons que si tu t’excuses auprès de Malfoy, le nuage partira.

Harry fronça les sourcils, semblant enfin voir l’autre Maugrey qui était allé dans un coin de la pièce à son arrivée et qui leur tournait obstinément le dos. Au nuage noir qui planait au dessus de sa tête, Harry comprit aisément qu’il s’agissait de Malfoy et retint une remarque moqueuse, pensant que ça ne risquait pas de plaire au vrai Fol-Œil qu’il se raille de son apparence.

-Je ne vois pas pourquoi je m’excuserais auprès de ce type. Cette affaire ne vous regarde pas.

-Cessez donc de faire le gamin, siffla Snape, on parle d’informations à obtenir ici ! Personne ne laissera quelqu’un entrer en prison avec ce drôle de nuage au dessus de la tête ! Il faut que ce truc disparaisse d’ici trois jours !

Harry ne quittait pas des yeux le dos de l’autre Maugrey. Si Malfoy père a bien des informations sur le horcrux, il ne le dira qu’à son fils et encore ! Il ne pouvait pas laisser sa fierté compromettre cette chance.

-Je veux bien essayer, dit-il enfin faisant légèrement sursauter Malfoy, mais à une condition. Je veux aller avec Malfoy en prison.

-C’est hors de question ! Les deux Maugrey s’étaient exclamés en même temps et Maugrey-Malfoy s’était même retourné, l’air outré.

-C’est trop dangereux, Harry…, commença Lupin.

-Je prendrai l’apparence de Tonks.

-C’est de l’inconscience pure ! grinça Snape. Si ça tournait mal…

-C’est ma condition, coupa le gryffondor, si vous ne voulez pas, débrouillez vous sans moi pour le nuage.

-Tu es un sale con, siffla Malfoy d’une voix méprisante, énervé parce que Potter allait de toute évidence parvenir à ses fins.

En effet le premier à baisser les épaules en signe d’assentiment fut Maugrey. Snape grogna encore beaucoup mais consentit finalement après une tirade assassine sur le fait que Potter était vraiment un gamin stupide et que son chantage était méprisable.

Lupin fut plus long à convaincre, Harry dût promettre d’être très prudent mais il n’y avait pas vraiment de risque, même si l’heure était écoulée et que les gens le reconnaissent, à moins que ce ne soit des Mangemorts en puissance, ils ne devraient pas l’attaquer.

Malfoy, étant recherché à la fois par les aurors et les mangemorts, prenait, selon Harry, beaucoup plus de risques.

Et surtout Harry se faisait un plaisir de ternir la joie évidente qu’avait Malfoy de voir son père. Sa présence n’était sûrement pas la bienvenue.

Malfoy avait repris son apparence depuis vingt bonnes minutes lorsque les trois autres les laissèrent seuls pour que Harry puisse tenter de faire disparaître le nuage.

Il y eut un silence pendant lequel les deux garçons se regardèrent et puis un éclair vint zébrer l’espace d’une seconde le nuage de Draco.

Le serpentard serra les dents, comprenant qu’il allait encore pleuvoir. Et Potter n’avait même pas parlé !

Comme pour confirmer ses dires, le tonnerre se mit à gronder et une pluie fine commença à tomber sur lui avant de se mettre à s’intensifier la seconde d’après.

Il n’avait pas pris son parapluie et il n’allait pas se mettre à courir le chercher. Ça ferait trop plaisir à Potter de le voir s’affoler et puis il voulait avoir les deux mains libres au cas où cela se finirait en combat.

Il détesta le sourire cruel de Potter qui regardait la pluie tomber avec une joie non dissimulée. Il eut peur l’espace d’un instant que le balafré ne préfère le voir dans cette situation peut-être toute sa vie plutôt que d’avoir une information sur les horcruxes.

Potter n’avait rien d’un gentil petit gryffondor, enfin si, il était aussi con qu’eux. Mais il ne bondissait clairement pas de joie, à l’idée de le « sauver » de cet affreux nuage.

-Bien que dois-je faire ? demanda-t-il enfin d’une voix dégoûtée. Je n’ai aucune envie de rester en ta compagnie plus que nécessaire.

-Qu’est ce que j’en sais, moi ! siffla Draco en remettant une mèche dégoulinante de ses cheveux blonds derrière sa tête.

Harry soupira. L’attitude de Malfoy ne lui donnait pas du tout envie de s’excuser. Il avait l’air si méprisant ! Et la pluie qui tombait sur lui ne semblait même pas le gêner, c’en était rageant. Il se comportait comme s’il maîtrisait la situation alors que le nuage à quelques centimètres de sa tête était la preuve flagrante du contraire.

Le gryffondor n’avait plus du tout envie de sourire. Il n’y avait rien de drôle si Malfoy se comportait de façon si impassible. La pluie devenait même à double tranchant. Car Malfoy était complément trempé et ses vêtements se collaient à son corps.

Et ce crétin n’avait même pas pris de parapluie et il avait une chemise blanche qui semblait devenir transparente à mesure qu’elle s’imbibait d’eau.

Le serpentard fit un pas dans sa direction et les vêtements semblèrent se coller un peu plus contre lui. Harry détesta aimer ce qu’il voyait et il maudit le lien. Car ça ne pouvait être que le lien qui lui fasse apprécier le spectacle, n’est ce pas ?

Il serra les dents en détournant le regard et prit une grande inspiration. Il voulait en finir au plus vite.

-Je te demande pardon, grogna-t-il le regard rivé sur un verre qui traînait sur une table.

-C’est fou ce qu’on y croit, ironisa Draco en remettant une nouvelle fois une mèche trempée de ses cheveux en place.

Harry le foudroya du regard, refoulant très loin l’envie soudaine qu’il avait de boire la pluie posée sur les lèvres du serpentard.

-Dis-moi ce qu’il faut dire au lieu de critiquer ! s’exclama Harry agacé par son propre comportement.

-Tu pourrais déjà me regarder en face quand tu me fais tes excuses, répliqua Draco glacial.

Le gryffondor planta son regard dans celui de Draco et perdit l’espace d’une seconde toute notion rationnelle. Il se reprit comme il put mais les battements de son cœur s’étaient intensifiés et il trouvait les yeux de Malfoy vraiment spéciaux…magnifiques était le mot juste mais Harry refusait catégoriquement de l’employer.

-Pardonne-moi, murmura-t-il d’une voix rauque, son regard ne quittant plus celui du serpentard.

Draco déglutit. Il ne savait pas qu’on pouvait bander juste en regardant quelqu’un dans les yeux. Il n’avait même pas écouté le balafré. Il savait juste qu’il avait les yeux verts et que le vert venait de devenir sa couleur préférée.

A moins que cela soit le rose, comme ses lèvres…

Ou le noir, comme ses cheveux…

Ou caramel comme sa peau…

Ou rouge comme cette langue qu’il cachait égoïstement dans sa bouche…

-Ca n’a pas marché, dit Harry et Draco put voir ses dents blanches l’espace d’une seconde.

-Oui, répondit-il mécaniquement mais il ne savait déjà plus de quoi ils parlaient.

Il ne comprenait pas pourquoi Potter avait encore cet effet sur lui. A croire que coucher avec lui n’avait servi à rien !

-Bon on va essayer ça, marmonna Potter pour lui-même. Bon Malfoy, dit-il plus haut, je ne pensais pas ce que j’ai dit l’autre jour.

La pluie sur Draco se fit moins forte et Harry sut qu’il tenait le bon filon.

-Oui, j’ai dit que tu ne pourrais jamais plus me toucher et que tu me dégoûtais mais je ne pensais pas vraiment ça…

Pas de changement.

-Pas du tout à ça ? grimaça Harry et la pluie s’arrêta.

Draco sentit un poids lui être ôté. Potter était un sacré acteur. Il leva les yeux au ciel et grimaça en voyant le nuage encore là. A l’évidence sa petite prestation n’était pas suffisante.

Le gryffondor semblait chercher ses mots et Draco se retint de lever les yeux au ciel, l’autre risquerait de mal le prendre et il n’avait aucune envie de contempler encore son nuage.

-Le problème, reprit Potter, c’est que je ne savais pas du tout me comporter face à toi après ça. Je ne le sais toujours pas d’ailleurs et j’ai été blessant…J’ai voulu te faire mal parce que je me sens mal. Chacun de tes mots me blessent mais je suppose que tu le sais. Les miens ont juste le pouvoir de blesser ta magie.

Draco ne sut pas quoi dire, Potter regardait ses pieds et semblait totalement incertain. Et lui-même avait une partie de lui qui lui hurlait de prendre l’autre dans ses bras. Il dût faire un effort sur lui-même pour rester à sa place et son cœur se serra à lui faire mal.

-Nous sommes comme ça, soupira enfin le serpentard, nous serons toujours comme ça Potter. Nous nous détestons et pourtant nous avons été amené à coucher ensemble. Ce n’était pas sensé se passer comme ça. Ce mariage n’aurait jamais dû avoir lieu. Ma haine est trop forte pour accepter ce qui est en train d’arriver…

Qu’est-ce qui est en train d’arriver ? voulu demander Harry qui avait soudainement envie de pleurer.

Il savait que quelque chose était en train de lui échapper. Malfoy parlait de haine mais d’une voix étrangement douce, presque triste. Malfoy disait que quelque chose leur ou lui arrivait mais Harry était incapable de mettre un nom dessus et il avait trop peur de demander.

Le nuage était maintenant gris.

-Tu as raison, abdiqua le gryffondor doucement, ce mariage n’aurait pas dû avoir lieu. Mais ce qui est fait et fait et de manière définitive. Je pense qu’il faut qu’on avance. Je…je ne sais pas ce que tu attends que je te dise…L’autre nuit, j’étais…non, peu importe…

-Tu étais quoi ? coupa Draco

Mort de peur.

-Peu importe, répéta Harry, le mieux c’est qu’on ne parle pas de ça. Ce qu’il se passe la nuit deviendra tabou, une sorte de parenthèse. Je n’en parlerai pas et tu n’en parleras pas non plus…

-Attend ! s’écria le serpentard stupéfait. Ce que tu es en train de me dire là, c’est qu’il y aura d’autres nuits ?

Harry se mit à rougir mais essaya tout de même de soutenir le regard de son mari. Le nuage au dessus de sa tête s’éclaircissait de plus en plus.

-Comme tu l’as dit, il se passe « quelque chose » et de toute façon nous sommes déjà définitivement mariés. Donc si le lien nous force à le faire, autant y aller et moi j’oublierai de toute façon…Je ne veux pas m’en souvenir…Pas avec toi.

Draco eut l’impression que Potter venait de le poignarder. Ce n’était qu’une impression, le trou béant dans sa poitrine était évidemment invisible.

Si seulement Potter savait que le quelque chose, n’avait rien à voir avec le sexe.

-Moi aussi j’oublierai, mentit-il, tu ne seras qu’un coup parmi d’autre. Tu n’as rien d’exceptionnel Potter.

Harry hocha la tête, incapable de dire le moindre mot, il avait du mal à avaler sa salive.

-On dirait que ta magie a eut ce qu’elle voulait, dit-il finalement amer, la permission de continuer à venir me sou…me prendre durant la nuit.

Le serpentard crut qu’il allait vomir, là devant Potter et déjà ses jambes tremblaient.

Potter allait dire « souiller » ! Il allait dire « souiller » !

Souiller…

Je ne veux pas. Je ne veux pas, se répétait-il. Je ne le toucherai plus jamais. Plus jamais.

Il se moquait de ce que voulait sa magie. Il serait plus fort qu’elle. Et Potter avait tort…ses mots faisaient mal. Ses mots le tuaient un peu…

-C’est d’accord alors, souffla Draco sans le regarder. Le nuage a-t-il disparu ?

-Il est en train…

Draco hocha la tête de nouveau totalement impassible et s’apprêta à sortir.

-Hé, Malfoy !

-Qui a-t-il ? fit le blond froidement en se retournant.

Potter avait un pauvre sourire forcé au coin des lèvres.

-Tu n’as plus de nuage au dessus de ta tête mais tu as un…arc-en-ciel.

O°O°O°O°O

L’arc en ciel de Draco ne dura pas longtemps, à peine trois heures. L’intervention de Potter était donc une totale réussite, si ce n’est que Draco se sentait complètement retourné. C’était la première fois qu’ils sortaient d’une discussion sans s’envoyer les pires insultes aux visages et même s’ils n’avaient d’une très grande cordialité, Draco se sentait comme vidé.

Peut-être parce qu’il savait que ce que lui avait dit Potter n’était pas dit sous le coup de la colère. Potter avait simplement dit ce qu’il pensait et Draco se sentait encore plus mal qu’avant.

Il avait l’impression d’avoir signé un pacte maudit. D’avoir rabaissé leur mariage a une histoire de sexe et de haine. D’avoir tué le quelque chose avant même qu’il ne naisse. Il aurait dû être heureux pourtant, c’était ce qu’il voulait, c’était comme ça qu’il voyait les chose. Oui, il aurait dû être heureux mais il ne l’était pas.

Il avait vraiment hâte que tout soit fini pour qu’il puisse partir loin de tout ça.

Loin de Potter.

Le jour de la visite arriva finalement. Pendant trois jours, Tonks et Maugrey les avaient entraînés à devenir comme eux, au cas où ils rencontrent des connaissances…et le résultat était à peu près correct, si on n’y regardait pas de trop près.

Harry n’avait bien entendu pas le bon timbre de voix, ni la bonne démarche et Malfoy gardait toujours son éternelle élégance qui n’allait pas du tout avec le corps de Maugrey même s’il disait pourtant qu’il faisait son possible pour avoir l’air bourru et brusque.

Ils prirent leur polynectar au dernier moment et tranplanèrent juste devant les portes de la prison.

-Je mènerai la conversation, murmura Draco sèchement sous l’apparence de Maugrey, toi, tu te contentes de la boucler.

-Ne me donne pas d’ordre, siffla Harry en retour. Je te rappelle que tu es sous ma surveillance, au moindre faux pas, je n’hésiterai pas à te mettre hors d’état de nuire et à te ramener au manoir.

-Comme si tu en étais capable, le provoqua Malfoy. Remarque, vous avez eu l’obligeance de me filer ce morceau de bois en guise de baguette avec un peu de chance, je pourrai te crever un œil avant que tu lances un sort. Tout cela est tellement équitable !

Malfoy regardait sa fausse baguette d’un air dégoûté, il aurait encore préféré ne rien avoir mais un auror ne sortait jamais sans sa baguette, c’était logique.

-Tu ne croyais tout de même pas que tu allais en avoir une vraie ! ricana Harry tout bas en arrivant devant un gardien.

-Bonjour, commença Draco d’une voix bourrue, on vient pour voir un prisonnier, nous avons rendez-vous !

Il montra son laisser passer à au gardien, un petit homme au crâne dégarni, et Harry fit la même chose.

-Bien entendu, fit le gardien en souriant grandement à Malfoy, j’ai été informé de votre visite Monsieur Maugrey. Vous et votre collègue pouvez entrer mais il faut me laisser vos baguettes.

Harry donna la sienne sans rechigner mais Malfoy fit semblant de sans séparer à contre cœur et regarda partout autour de lui comme s’il craignait d’être attaqué d’une minute à l’autre.

Le gryffondor ne put s’empêcher d’esquisser un sourire, Malfoy imitait à la perfection la parano de Maugrey et le gardien semblait n’y voir que du feu.

Ils entrèrent enfin dans la grande bâtisse en pierre et l’ambiance changea immédiatement. Il faisait tout de suite beaucoup plus froid, aucun rayon de soleil ne devait jamais franchir le seuil de la porte.

Ils ne firent qu’une quinzaine de mètres dans un hall vide avant de tomber sur un autre gardien qui les accueillit avec un sourire crispé. Il les salua brièvement d’un signe de tête avant de se mettre à parler d’un ton monocorde.

-Je vais vous accompagner jusqu’à la salle où le détenu Malfoy vous attend.

Draco avait les mains moites et était complètement tendu. Le fait de savoir que d’une minute à l’autre il allait enfin revoir son père mettait à mal son impassibilité légendaire et même Potter sembla s’en être rendu compte puisqu’il lui jeta un regard d’avertissement.

Après avoir monté beaucoup trop d’escaliers au goût des jambes de Draco et traversé divers couloirs, ils s’arrêtèrent enfin devant une salle et le gardien leur expliqua qu’il serait dans la pièce d’à côté où il verrait et entendrait la conversation grâce à un sort de passe muraille. Puis il leur ouvrit la porte et après une brève inspiration Draco entra, suivi de Potter.

La porte se referma directement sur eux et ils se retrouvèrent dans une pièce blanche avec une unique fenêtre et Malfoy était là, leur tournant le dos et contemplant simplement l’extérieur.

Il y eut quelques secondes de silence où Draco tentait de calmer les battements de son cœur mais Potter sembla trouver cela trop long puisqu’il se mit à tousser pour attirer l’attention de son père.

Lucius Malfoy regardait le paysage sans le voir, cela faisait longtemps que ça ne l’intéressait plus.

Plus grand chose ne l’intéressait à la vérité.

On lui avait annoncé le matin même que les aurors Maugrey et Tonks allaient venir le voir et ça n’avait suscité son intérêt qu’une demi-seconde.

Lucius Malfoy était le prisonnier le plus interrogé d’Azkaban, il était aussi celui qui parlait le plus…mais de choses totalement sans importance, comme les fluctuations de la bourse ou le dernier championnat de Quidditch, auquel il n’avait bien entendu pas assisté, puisqu’il était en prison.

Mais la prison avait beau être un lieu clos, les informations filtraient toujours et Lucius bénéficiait d’un certain respect mêlé de crainte auprès des gardiens. Personne n’oubliait qu’il avait une fortune immense et que si les mangemorts gagnaient la guerre, Malfoy serait sûrement sorti d’affaire et qu’il n’oublierait sûrement pas les mauvais traitements qu’il aurait pu subir.

Lucius profitait bien entendu de sa « bonne grâce » mais il ne se faisait aucune allusion quant à son avenir. Son maître le sortirait en effet sûrement de prison en cas de victoire mais pour le tuer dans la minute suivante. A vrai dire, il serait déjà mort depuis longtemps si l’aristocrate ne détenait pas une information vitale. L’information que justement Draco venait chercher.

Il y avait longtemps, lorsque le maître avait confiance en lui, bien avant la naissance de son fils, il lui avait confié un tableau représentant les quatre fondateurs de Poudlard en lui ordonnant de faire attention, qu’il tenait à ce tableau comme à une partie de son âme.

Et Lucius avait rapidement compris qu’il devait s’agir d’un horcrux de Voldemort et avait regardé le tableau en tremblant de la tête au pied.

Au début, les premiers jours, il en avait été malade d’avoir ce tableau chez lui. Malade de fierté et de peur.

Il l’avait mis dans sa chambre, contre un mur et ne cessait de le regarder complètement subjugué par ce qu’il représentait réellement mais Narcissa n’aimait pas du tout cela et il avait dû le mettre à l’abris autre part.

Narcissa était vite redevenue sa contemplation préférée et bientôt elle était tombée enceinte car il ne faisait bien entendu pas que la contempler.

Il avait mis le tableau dans ce qu’il se plaisait à appeler « la salle secrète » mais que tous ses ancêtres nommaient l’Antichambre des Malfoy.

L’antichambre était une immense pièce souterraine et aussi magique que les murs de Poudlard. Il y avait un sort ancestrale et incontournable placé dessus. Seuls les membres de la famille Malfoy pouvaient y mettre les pieds, dans le cas contraire, les gens se retrouvaient instantanément dans un champ à l’autre bout du pays. Il n’y avait qu’une seule clé pour ouvrir l’unique porte de la salle et seul Lucius savait où elle se trouvait.

Le tableau était resté tout ce temps avec les autres trésors des Malfoy, Lucius avait montré la salle à son fils lorsqu’il avait eut sept ans et c’était la seule et unique fois que Draco avait vu l’antichambre. Mais dorénavant il connaissait son existence et il savait où elle se trouvait et c’était l’essentiel.

Lucius avait longtemps pensé que son maître lui avait menti. Il avait disparu, vaincu par un bébé et il ne réapparaissait pas. Il était sûrement mort comme tant de gens le pensaient mais dans ce cas, le tableau n’avait rien d’un Horcrux.

Puis il était réapparu et la chasse aux Horcruxes avait commencé du côté de Dumbledore et Lucius de son côté avait commencé à s’inquiéter.

Seules trois personnes pouvaient accéder à la salle, Narcissa, Draco et lui même. Trois personnes de trop pour Voldemort.

Il avait alors tué Narcissa et il voulait sûrement le tuer lui aussi et se servir de celui qu’il pouvait plus facilement manipuler pour ouvrir la salle : Draco.

Mais Draco avait disparu et tant que le Seigneur des Ténèbres ne l’aurait pas retrouvé, Lucius avait la certitude de garder la vie sauve.

Alors il restait en prison, où ses journées étaient d’une monotonie effrayante et les visites des aurors aussi intéressantes qu’une discussion avec un elfe de maison.

Il n’aimait pas lorsque c’était Fol-Œil qui venait. D’une part parce qu’il était un véritable supplice pour les yeux et d’autre part parce que ce type se permettait de le regarder de haut, comme s’il était de la vermine.

Et là, il se trouvait derrière lui, accompagné de la cousine bizarre de sa femme.

Il eut un sourire lorsque Maugrey le pria de s’asseoir avec une touche de respect qui ne lui connaissait pas. Il venait sûrement lui demander quelque chose d’important. Cela promettait d’être amusant.

Il se tourna alors pour s’asseoir sur la chaise qui faisait face aux deux autres et gratifia les deux aurors de son plus beau regard méprisant. Il vit la femme serrer les dents alors que Fol-Œil esquissait un léger sourire qui le surprit.

Pour ne pas montrer sa surprise, il délaissa le visage affreux, pour poser ses yeux sur les mains de l’homme et là sa surprise fut encore plus grande.

-Tiens, commença-t-il sur un ton ironique, vous êtes marié…et un mariage sorcier en plus ! Contrairement à l’usage, je ne vous félicite pas…je ne peux qu’espérer qu’aucun « heureux événement » ne naîtra de cette union. Notre monde est déjà bien assez peuplé de monstres sans ça…

Draco, affolé, avait regardé sa main où son alliance était en effet totalement visible. Il se demandait, horrifié, comment cela se faisait que personne ne s’en soit rendu compte durant leur essayage. Et Harry, lui, s’était empressé de cacher ses mains sous la table remarquant à son tour son alliance.

Il ne manquerait plus que Malfoy pense que Maugrey était marié à Tonks.

-Mes parents aussi étaient mariés de cette façon, dit enfin Draco sautant sur l’occasion pour que son père comprenne qu’il s’agissait de lui.

-Vous m’en voyez ravi, répondit Malfoy-père d’un ton traînant.

Il commençait à s’ennuyer sérieusement et Maugrey essayait sûrement d’endormir sa méfiance.

-Oui, reprit Maugrey, mon père et ma mère devaient se marier de toute façon mais mon père l’a enlevé une nuit pour se marier de cette façon. Il trouvait cela d’un romantisme affolant. Depuis ce jour ma mère n’a cessé de l’appeler Roméo quand elle voulait l’énerver. Elle adorait Shakespeare.

Harry vit Malfoy blêmir et regarder son fils avec une stupeur mêlée d’espoir. Draco lui fit un bref signe de tête et le prisonnier eut un vrai sourire.

Il venait de le reconnaître.

C’était déjà ça de gagné, maintenant il fallait qu’en quinze minutes Malfoy réussisse à soutirer tout les renseignements à son père.

-Je suis au côté de Potter, dit-il alors soudainement et il pointa brièvement le menton dans sa direction.

Harry se tourna vers Draco d’un air outré alors que Malfoy senior le regardait comme on regarderait un insecte qu’on allait écraser.

-Je vois, dit-il enfin sans quitter Harry des yeux et le gryffondor crut qu’il allait foutre en l’air leur anonymat.

Mais il se contenta de se redresser sur sa chaise de toute sa hauteur avant de s’adresser à son fils.

-Bien Maugrey, c’est évident que vous êtes du côté de Potter…Tout le monde le sait…

Draco acquiesça, soulagé que son père joue toujours le jeu. Il lui avait dit que Potter était à ses côtés simplement car il pensait qu’il lui devait la vérité. Il savait que Potter devait en être tremblant de haine sur sa chaise mais c’était le dernier de ses soucis.

Il n’avait pas tort, Harry rongeait sérieusement son frein mais il était évident que Malfoy allait payer sa traîtrise lorsqu’ils seraient de retour au manoir.

Il aurait dû s’attendre à un coup comme ça venant de la fouine. Un traître c’était tout ce qu’il était et c’était ce qu’il resterait.

-Je crois savoir que vous êtes un féru d’art, reprit Draco qui savait que le temps lui était compté. Je m’intéresse moi-même de plus en plus à la peinture…

Lucius Malfoy essayait de rester le plus impassible possible. Il savait que leur conversation était écoutée. Le fait de savoir que c’était son fils en face de lui enlevait un poids sur sa poitrine. Au moins, il était en vie.

Il aurait voulu lui demander avec quelle femme il s’était marié et s’il était heureux mais il savait aussi que le temps leur était compté. Peut-être qu’une fois la guerre finie, Draco reviendrait le voir, sans déguisement (et sans l’autre microbe qu’était Potter), peut être qu’il lui présenterait sa femme…Draco avait semble-t-il choisi le côté de l’Ordre du Phœnix, c’était bien sûr la meilleure solution s’il voulait rester en vie. Et Lucius était prêt à l’aider. Voldemort avait fait une grave erreur en tuant sa femme…

Draco semblait être au courant pour le Horcrux, et Lucius ignorait comment et il n’avait pas le temps de demander. Il fallait juste qu’il dise à Draco où se trouvait la clé.

-Je ne pense pas qu’un être aussi rustre que vous puisse comprendre quoi que ce soit à la peinture, Fol-Œil ! Ni même les ignares qui m’ont enfermé ici. Ce bâtiment est d’une laideur époustouflante, c’est un grand choc pour moi qui était habitué au bon goût. Certains tableaux ont une âme vous savez ! Enfin je doute que vous y compreniez quelque chose, tout chez moi était splendide. Par exemple, ma canne à tête de serpent était une clé maîtresse de mes oeuvres d’art.

-Votre canne ? s’exclama Draco semblant soudain comprendre quelque chose.

Harry lui ne comprenait rien. Enfin quand le prisonnier avait parlé de tableau ayant des âmes, il avait espéré que cela ait un rapport avec les horcruxes mais il se méfait vraiment des deux hommes et il regrettait vraiment d’avoir dû laisser sa baguette à l’entrée. Il aurait aimé l’avoir au moins à portée de main.

La discussion où plutôt le monologue de Malfoy-père sur l’art avait repris et Harry leva les yeux au ciel devant tant de grandiloquence. Ce mec aurait dû être dramaturge et la fouine qui le mangeait des yeux comme s’il s’agissait du bon dieu en personne !

Cinq minutes plus tard, Malfoy se leva enfin, il semblait triste de mettre fin à la rencontre. Son père lui fit un imperceptible salut de la tête mais foudroya de nouveau le gryffondor du regard.

Un gardien leur ouvrit la porte et Draco sortit en premier. Harry se tourna vers le mangemort une dernier fois mais Malfoy avait blêmi et regardait sa main avec effroi.

-Vous…murmura-t-il.

Le gryffondor retira prestement sa main et l’enfonça dans sa poche mais c’était trop tard. Malfoy venait de comprendre.

Son fils était marié à Potter…

Harry entendit la porte se refermer derrière lui dans un état second, il avait envie de retourner là dedans pour dire à Malfoy-père que ce n’était pas ce qu’il croyait. Que c’était une mauvaise plaisanterie. Qu’il ne faisait pas partie de sa famille, qu’il préférerait crever que d’en faire partie.

Oui, il avait soudainement envie de défendre sa cause devant cet homme qui le méprisait autant. Mais il dût bien entendu se refreiner et suivre les deux autres jusqu’à la sortie. Il ne fallait surtout pas qu’il gâche tout maintenant.

Mais à peine furent-ils sortis de la prison qu’un jeune auror blond les attendait, l’air surexcité.

-Il y a une attaque de mangemorts au ministère Maugrey ! s’exclama-t-il. Je vous attendais pour vous prévenir, j’y retourne tout de suite ! Venez !

-Non, commença Draco tout en cherchant une excuse, cela ne va pas…

-On transplane ! ordonna Potter et il l’attrapa brusquement par le bras et transplana avec lui.

Draco se retrouva alors au côté de Potter dans une rue emplie de cris et de mouvements désordonnés.

-TU ES CINGLE ! cria-t-il hors de lui. Tu nous as amené sur le lieu de l’attaque !

Harry lui jeta un regard méprisant et l’attrapa de nouveau brutalement par le bras pour l’amener jusqu’à une petite ruelle déserte où il le poussa sans douceur.

-Tu ne bouges pas de là Malfoy ! ordonna-t-il et déjà l’effet du polynectar disparaissait sur eux.

Lorsqu’il se détourna pour retourner en direction des cris, il n’y avait plus rien de Tonks en lui.

Draco impuissant le regarda partir, ne parvenant pas à croire qu’il mettait leurs deux vies en danger de cette façon.

Il vit des ombres s’approcher de sa ruelle et il recula un peu plus, la peur faisant peu à peu place à l’incrédulité.

Putain, s’il s’en sortait, il allait tuer Potter !

Crétin de balafré inconscient !

Mais les ombres ne vinrent jamais vers lui. A la place il entendit l’une d’entre elle crier que Potter était là et bientôt un bruit de course lui parvint et les cris s’éloignèrent.

Le serpentard avait le cœur qui battait à cent à l’heure. Il restait tapi dans sa ruelle, collé au mur, priant pour que personne ne le trouve.

Il n’était pas comme Potter lui ! Il n’allait pas se jeter dans la bataille. Il tenait trop à la vie pour faire une chose aussi stupide.

Il était lâche mais il s’en moquait. Sa lâcheté il l’aimait, elle lui permettait de survivre. Et puis, il n’avait ni baguette, ni entraînement… Il mourrait immédiatement s’il se retrouvait face à des mangemorts.

Il fallait juste attendre que Potter revienne le chercher pour qu’ils transplanent.

Les cris et les sorts fusaient juste à côté de lui et il sursautait toute les trois secondes. Il était sûr d’avoir entendu une femme hurler de douleur à quelques mètres de lui et il avait fait un pas en avant, puis il avait entendu un rire gras et il était resté immobile.

En vérité, ce n’était pas la raison qui lui dictait de rester caché, c’était la peur…

Il aurait voulu ne jamais être confronté à cette vision là de la guerre. Il ne sut pas combien de temps, il resta caché dans la ruelle où Potter l’avait abandonné. Mais soudainement il sentit son énergie lui être enlevée de force et il poussa un gémissement de douleur.

Potter utilisait le lien et ce n’était vraiment pas le moment !

Il ne s’évanouit pourtant pas, la prise d’énergie n’était pas assez forte pour cela, mais il se sentait complètement vidé. Plié en deux, il cherchait désespéramment sa respiration. Etre repéré était devenu le dernier de ses soucis. Il voulait simplement ne pas tomber inconscient et pouvoir respirer normalement.

Il tomba à genoux incapable de se porter, sa vue devenait floue et ses oreilles bourdonnaient sourdement…

Son corps douloureux était pris de spasmes lorsque cela s’arrêta enfin.

Il leva la tête en entendant une respiration sifflante pas très loin et il ferma les yeux de soulagement en voyant qu’il s’agissait de Potter. Il était revenu le chercher…

-Sale con, ne put que dire Draco d’une voix qu’il trouva pitoyable avant d’être pris d’un haut le cœur et de vomir le maigre petit déjeuner qu’il avait ingurgité le matin même.

Il sentait le regard de Potter sur lui et il aurait aimé à cet instant crever sur place tellement il détestait paraître si faible devant lui.

Il devait jubiler ce con…

Il leva de nouveau les yeux vers lui en essayant d’y faire passer toute sa haine mais Potter ne jubilait pas. Il le regardait, le visage livide et du sang coulait sur sa tempe gauche.

Il aurait presque pu croire que c’était de l’inquiétude qu’il voyait dans les yeux verts et c’était si stupide de penser cela qu’il eut un étrange rire nerveux. Par contre le sang sur le visage de Potter l’affola sans qu’il sache pourquoi et il fit quelque chose de tout bonnement incroyable. Il ne sut pas vraiment comment mais de lui-même il donna à Potter son flux d’énergie et regarda la plaie se refermer avant de trembler de tous ses membres sous la douleur.

Le gryffondor écarquilla les yeux sous la surprise et Draco s’écroula alors complètement sur le sol, complètement vidé de ses forces. Il n’avait plus même assez d’énergie pour vomir.

Il poussa un faible gémissement quand il se sentit tranplaner et la dernière partie lucide de son cerveau hurla de colère de se voir aussi pitoyable. Ce fut à ce moment seulement qu’il tomba dans l’inconscience.

Dans les bras de Harry…

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Lorsqu’il arriva devant le manoir, Harry portait Malfoy du mieux qu’il pouvait. Il le portait surtout avec une attention qu’il n’aurait jamais pensé avoir. Il avait l’impression d’avoir reçu un coup de poing à l’estomac lorsqu’il avait vu l’état du serpentard. Habituellement, lorsqu’il utilisait le lien, Malfoy était toujours loin. Il ne voyait pas l’effet que cela lui faisait, même s’il savait qu’il souffrait. Mais cette fois-ci avait été différente…

Il se sentait méprisable…

Quel genre de personne était-il donc devenu ?

Il n’y avait que Ron et Hermione dans la demeure. Harry avait vu les autres devant le ministère en train de se battre, c’était d’ailleurs Lupin qui lui avait ordonné de rentrer et c’est alors seulement qu’il avait repensé à Draco qui était désarmé et seul.

En proie à une peur aussi soudaine que terrible, il s’était précipité en direction de la ruelle où il l’avait laissé. Mais il n’avait pas fait attention, un mangemort lui avait envoyé un doloris, puis d’autres avaient suivi et il avait dû se servir du lien pour ne pas tomber entre leurs mains…

Lorsque enfin il avait pu les tenir à l’écart, il avait retrouvé le blond à terre et en train de vomir. Et puis Malfoy avait fait ce truc stupide qui l’avait complètement chamboulé. Il lui avait donné de l’énergie…

Pourquoi… ?

Le jeune homme brun secoua la tête et avec l’aide de ses amis le porta jusqu’à sa chambre et déjà Malfoy reprenait connaissance.

Harry se hâta de sortir lorsque le regard gris se posa sur lui alors qu’il l’allongeait sur le lit. Il était incapable de supporter la moindre insulte et encore moins de rétorquer. Il voulait juste partir loin de lui et ne surtout plus plonger dans ce regard tellement aiguisé.

Malfoy le faisait se sentir pitoyable et il détestait ça. Aussi lorsqu’il fut assez loin du blond, il réussit à se convaincre que le serpentard méritait amplement de souffrir, il était après tout, un salopard de la pire espèce.

Et finalement le seul lien qui les unissait vraiment était la haine.

O°O°O°O°O°O

La soirée fut très pénible. Malfoy allait mieux et il l’avait complètement descendu devant les autres.

Hermione avait été choquée d’apprendre que Harry avait mis leurs vies en jeu de cette façon et le regard qu’elle lui avait lancé valait tous les sermons dont McGonagall était en train de l'abreuver . Snape n’était heureusement pas là, Harry n’aurait pas pu supporter son mépris ce soir là. Celui de Malfoy était déjà trop pour lui.

Il savait pourtant qu’il méritait tout cela. Il n’avait pas réfléchi avant de tranplaner, il était trop énervé par le fait que Malfoy ait dit à son père qu’il était présent, et il était trop secoué par le fait que Lucius Malfoy ait comprit qu’ils étaient mariés.

Il n’avait rien dit à Malfoy à ce propos et il n’était pas près de le faire.

Il avait un autre problème pour l’instant. Beaucoup plus grave selon lui.

Son problème s’était qu’il n’arrivait pas à quitter le serpentard des yeux. Il le désirait, c’était indéniable et ce soir son désir était même assez fort pour terrasser sa haine.

Comme l’autre soir…

Malfoy, quant à lui, serrait les dents dès que son regard glissait malencontreusement sur le balafré. Il savait que l’autre le regardait et leur conversation sur le fait qu’il pouvait y avoir d’autres nuits entre eux lui revenait comme un écho indésirable.

Il sentait le lien appeler Potter et il eut envie de se gifler d’être aussi faible. Il avait besoin de lui comme s’il était le remède à toutes ses peines.

Comme s’il était la solution.

Qu’il aille se faire foutre ! pensa-t-il tout en racontant pour la troisième fois au loup-garou son entretien avec son père.

Il était clairement sur les nerfs mais il savait que si cette nuit il allait voir le brun alors il se sentirait encore plus mal…

Potter avait tellement tremblé lorsqu’ils l’avaient fait que dès qu’il y repensait ça le rendait malade.

Potter avait parlé de souillure…

Et pourtant lorsque la soirée se termina, lorsque Potter le frôla en passant devant lui, il repensa à l’effet que ça faisait d’être en lui et il ferma les yeux de désespoir.

Il était déchiré entre sa raison et son désir…

Et il eut envie de pleurer lorsque plusieurs heures plus tard, allongé dans son lit et totalement incapable de dormir, le désir surpassa la raison.

O°O°O°O°O°O

Harry avait les yeux grands ouverts. Il ne dormait pas, pas comme la dernière phrase. Il l’attendait le cœur battant à tout rompre.

Il savait que Malfoy viendrait et en entendant la porte grincer il sut qu’il ne s’était pas trompé et il se crispa un peu plus dans son lit.

Il était exactement dans la même position que la fois précédente, allongé sur le côté, dos à la porte, sauf que cette fois-ci il ne dormait pas.

Comment le pourrait-il ?

Malfoy ne disait rien mais Harry avait entendu la porte se refermer derrière lui.

Il y eut quelques secondes complètement silencieuses, puis Harry entendit un bruissement de tissus et il déglutit lorsqu’il comprit que Draco était en train de se dévêtir.

Ça allait recommencer…

Pourtant il n’avait pas peur, pas comme la première fois. Il était très anxieux, ça s’était indéniable et vraiment tendu, mais il n’avait pas peur.

Il avait juste hâte que tout soit terminé. Que Malfoy tire son coup et qu’il le laisse avec sa honte.

Car il avait tellement honte d’être là à l’attendre, le cœur au bord des lèvres, incapable de penser à autre chose qu’à son corps, ses mains, …son sexe…

« C’est à cause du lien si je le laisse faire » se répétait-il inlassablement.

« Si mon cœur bat si vite c’est parce que je le hais. »

« Si je frissonne c’est parce qu’il me dégoûte. »

Le lit s’affaissa, troublant le fil de ses pensées.

Malfoy était nu et à côté de lui.

Nu…

Le gryffondor essaya de toutes ses forces de penser à autre chose qu’à Malfoy nu derrière lui mais son corps réagissait déjà à l’information de la plus indécente des façons.

Il fixa le mur en face de lui avec un désespoir croissant, se dégoûtant de ne pouvoir virer Malfoy de son lit.

Il sursauta lorsqu’une main se posa sur le haut de son pyjama et commença tout doucement à défaire les boutons.

Il respira un peu plus vite en sentant sa peau mise à nu, il aurait préféré que Malfoy le déshabille immédiatement comme la première fois. Ce qui se passait était beaucoup trop sensuel pour lui.

Qu’il en finisse, et vite ! jura-t-il intérieurement. Mais la main qui avait fini de déboutonner le haut se posa sur l’élastique de son pantalon et Harry eut un nouveau tremblement.

Il n’avait aucune envie que le blond s’aperçoive de son état, il se moquerait de lui. Pourtant quand le serpentard baissa son pantalon, toujours sans émettre le moindre son, il dût forcer légèrement pour faire passer l’érection du brun, mais n’émit aucun commentaire.

Il était beaucoup trop troublé pour ça.

Draco avait bien sûr vu tous les tremblements de Potter mais il n’était pas en meilleur état. Il essayait de toucher la peau de l’autre le moins possible mais ses mains semblaient ne vouloir et ne chercher que le contact de Potter.

Lorsqu’il retira le pantalon du gryffondor, ses mains tremblaient un peu plus. Et il crut qu’il allait gémir lorsque les fesses de Potter touchèrent ses cuisses alors que le pantalon finissait en boule au bout du lit.

Sa peau ne lui avait jamais semblé aussi sensible et celle de son époux semblait être faite pour le brûler de la plus suave des façons.

Il haïssait de tout son cœur cette douce brûlure, à la fois entêtante et douloureuse. Il haïssait de tout son cœur Harry Potter et pourtant il se colla un peu plus à lui pour ne pas devenir fou.

Il entendit le brun pousser un halètement et il eut un instant honte de son sexe vibrant qui battait contre les cuisses de Potter. Il ferma les yeux, pour ne plus voir ce qu’il faisait. Ses paupières étaient une mince barrière contre toutes les sensations qui déferlaient sur lui mais il avait l’impression qu’ainsi ce n’était pas vraiment réel.

Qu’il n’était pas vraiment en train de souiller Potter.

Il respira plus vite en descendant sa main sur la hanche brune. Il refusait à ses yeux l’accès au dos et à la nuque du balafré mais il n’arrivait pas à refuser à ses mains l’accès à sa peau, alors il prit une grande inspiration et sa main tremblante s’enroula autour du sexe qu’il n’avait jamais touché qu’en rêve.

Harry se tendit soudainement en sentant Malfoy le toucher de cette manière et lui attrapa le poignet pour immobiliser la main pâle.

Il était tellement surpris que Malfoy ose faire ça. Pourquoi ne se contentait-il pas de le prendre comme la dernière fois ?

Trouvait-il ça si amusant de le voir réagir en le touchant aussi ?

Il aurait voulu que Malfoy retire sa main mais il l’encercla un peu plus faisant rougir Harry qui se sentait durcir encore et s’humidifier.

Il lâcha finalement le poignet, perdant ainsi la bataille, et Malfoy commença à bouger sa main d’avant en arrière dans un mouvement totalement étourdissant.

Il n’avait jamais été touché de cette façon et il maudissait déjà Malfoy de lui faire découvrir de telles sensations. Il aurait préféré que Malfoy ne le touche pas…Il n’était pas sensé lui faire ressentir des choses aussi plaisantes…

Je ne suis pas gay ! se répéta-t-il mais il s’enfonçait lui même dans la main du serpentard et il ne grimaça même pas lorsqu’un doigt impatient le pénétra. Il semblait que le plaisir que procurait la masturbation estompe la douleur qu’engendrait la pénétration.

Et ce fut lui qui plusieurs minutes plus tard tendit silencieusement les fesses vers le serpentard pour qu’il s’enfonce enfin en lui. Il n’avait même plus honte de son comportement, un voile rouge était tombé depuis longtemps sur ses yeux et il savait juste que si Malfoy ne le prenait pas immédiatement il risquait d’en mourir.

Il poussa un faible gémissement lorsque le sexe dur entra en lui, la douleur le ramena un peu sur terre mais pas assez car les étoiles filantes venaient s’apparaître sous ses yeux ébahis.

Ensuite il s’accrocha comme la première fois désespéramment au drap mais pas pour les même raison. C’était si bon que ça en devenait douloureux, Malfoy semblait être partout, en lui, sur son sexe, contre son dos et la tête lui tournait.

Et si Malfoy était à l’origine des étoiles, le fait qu’elles se mettent à tourner dans tout les sens était de son actif.

Il poussa un cri de plaisir et se mordit directement les lèvres ensuite lorsque Malfoy à chaque coup de reins de mis alors à toucher en lui quelque chose qui faisait faire un soubresaut à son cœur et vibrer un peu plus son sexe.

C’était bon. C’était trop bon. Il eut l’impression qu’il allait mourir à chaque mouvement de Malfoy mais il n’avait jamais était aussi vivant.

Puis ce fut pire, parce que Malfoy posa sa bouche contre son cou et suça sa peau, ce fut à ce moment qu’il jouit dans la main talentueuse, totalement surpris par la déferlante de plaisir qui faisait trembler son corps.

Il garda les yeux dans les étoiles un moment mais lorsque Malfoy éjacula à son tour, elles disparurent une à une et il eut envie de pleurer.

Il savait que Malfoy allait partir. Il trembla en le sentant se retirer. Il n’était pas mort mais à cette seconde précise il aurait préféré l’être.

Quand on est mort on ne ressent rien.

Il resta prostré dans sa position en entendant Malfoy se rhabiller mais pas une seule fois il ne se tourna vers lui.

S’il l’avait fait, il l’aurait supplié de rester près de lui…

Malfoy avait raison de partir. Ils n’étaient pas fait pour faire l’amour…ce qui venait de se passer n’aurait jamais dû être si bon.

Il ne sut pas s’il aurait réellement préféré être mort ou pas mais lorsqu’il entendit la porte se fermer derrière le serpentard, ce fut exactement comme ça qu’il se sentit…

A suivre…

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ce chapitre est plus long que les autres, j’espère donc que vous ne vous êtes pas trop ennuyés.

Il reste encore un chapitre de flash back.

Bonne rentrée et gros bisous à vous tous.

Artoung (Sauvez les repas, préparez Draco)

 
 
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