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Chapitre 2 : Draco, Draco et encore Draco. Harry ne parvenait toujours pas à se remettre. C’était le cri de Ron qui l’avait réveillé en sursaut en ce lundi matin. -AHHH MALFOY EST DANS NOTRE CHAMBRE ! Harry comme tous les autres habitants du dortoir s’était réveillé, alarmé, une main crispée sur son cœur affolé. Il avait regardé frénétiquement de toute part avant de tomber sur le lit de Neville. Malfoy était dans le lit de Neville ! Ron était toujours en train de crier et il demandait maintenant à Malfoy ce qu’il avait fait de Neville en pointant sa baguette sur lui. Malfoy avait l’air complètement perdu et ne cessait de balbutier des « Mais Ron, c’est moi… ». Harry était, pour sa part, complètement sous le choc. Malfoy portait le pyjama de Neville ! -OU AS-TU PLANQUE SON CADAVRE ! -Mais Ron… -NE M’APPELLE PAS COMME ÇA ! S’il avait son pyjama, c’est parce que Neville et lui étaient… -SORS DE CE LIT ! AHH IL PORTE LE PYJAMA DE NEVILLE ! Ce que seul Harry avait remarqué fut donc observé par les trois autres garçons. Dean et Seamus se jetaient des coups d’œil horrifié, Ron était tout rouge et Harry tout blanc. Les quatre garçons semblaient être arrivés à la même conclusion et cela avait au moins eu le mérite de faire taire le rouquin. A vrai dire, plus personne n’avait envie de parler… Vomir à la rigueur… -Heu…c’est moi Neville… -Pardon ? fit Dean un peu brusquement. Malfoy s’approcha d’eux et les garçons reculèrent. Qui sait ce que Malfoy venait de faire avec Neville… Pourtant Harry trouvait que la voix de Malfoy n’était pas comme d’habitude. Peut-être était-ce parce que c’était le matin…mais cette voix ne lui faisait aucun effet… ça ressemblait presque à la voix de… -Neville ? -Oui, Harry ! C’est ce que je me tue à dire! J’ai pris du polynectar hier…ce sont tes frères qui me l’ont vendu, Ron ! -LAISSE MES FRERES EN DEHORS DE CETTE HISTOIRE MALFOY ! -Heu…Je crois qu’il s’agit vraiment de Neville, Ron, murmura Dean. -Bien sûr qu’il s’agit Neville ! s’exclama Harry. C’est pour ça qu’il est dans son pyjama ! Neville a pris du polynectar et c’est pour ça qu’il est dans son pyjama. -Tu l’as déjà dit ça je crois, commenta Seamus, mais j’aimerais savoir pourquoi il a pris du polynectar qui donne l’apparence de Malfoy. -Moi aussi ! renchérit Ron qui n’avait toujours pas digéré le fait de se réveiller en voyant Malfoy dans le lit de Neville (et dans son pyjama). Neville dût donc leur expliquer qu’il avait acheté le polynectar aux jumeaux, pensant que s’il était Malfoy il pourrait peut-être séduire la fille qu’il aimait. -Mais c’est stupide, s’exclama Ron. Et qui comptais-tu séduire en une heure ? -Pas en une heure, le contredit Neville, ce polynectar va durer une semaine ! -Une semaine ! Mais Malfoy va te tuer ! s’horrifia Dean. -Je n’avais pas pensé à cela… -Tu vas rester une semaine avec ce corps ! dit Ron de plus en plus abasourdi. Mais qu’est-ce qu’il t’est passé par la tête ? Neville ne répondit pas tout de suite, il était assez horrifié en pensant à la réaction du vrai Malfoy. Il avait fallut que Dean le lui fasse remarquer…et il avait totalement raison. Malfoy allait le tuer… -Cette fille doit vraiment te plaire, souffla Seamus en voyant la tête de son ami. Mais je ne suis pas sûr que prendre l’apparence d’un autre soit une bonne solution pour la séduire… -Mais Malfoy les tombe toutes…marmonna Neville. Il lui suffit d’entrer dans une pièce et elles sont toutes à ses pieds. -Il ne faut pas exagérer, non plus, grogna Harry qui en avait marre qu’on lui rappelle le succès qu’avait le serpentard auprès des filles. Et auprès des mecs aussi…Quelle sale fouine ! -Je n’exagère pas ! Tu as dû pourtant voir comment elles deviennent quand il est dans les parages, elles se mettent à rougir et à glousser et puis il fait ce truc avec ses sourcils et là elles s’évanouissent presque ! Harry ne voulait surtout pas penser aux sourcils de Malfoy. C’était déjà assez bizarre de parler avec Neville ayant l’apparence du serpentard. Harry en profitait pour le regarder des pieds à la tête en toute impunité. Il devait bien avouer que Malfoy était vraiment mignon, surtout sans le gel qui polluait habituellement ses cheveux. Il avait aussi les yeux d’une couleur vraiment spéciale, gris mais avec une touche de bleu qui leurs donnait un aspect général argenté. Il trouvait juste que le regard de Neville n’avait pas la même intensité que celui du blond, mais peut-être pensait-il cela car il savait que ce n’était pas vraiment le serpentard devant lui. Neville regardait son nouveau corps avec une sorte de joie enfantine. Il soulevait son haut de pyjama contemplant le ventre plat et musclé, visiblement ravi. Harry déglutit. Malfoy avait la peau si pâle ! Et elle a l’air si douce… Le gryffondor secoua la tête, les autres étaient déjà en train de se préparer, aussi ne virent-ils pas Neville jeter un coup d’œil discret dans son pantalon de pyjama et devenir tout rouge et assez surpris… -Je ne traiterai plus jamais Malfoy de petite bite, souffla-t-il à Harry sur le ton de la confidence. Harry ne comprit pas pourquoi mais il devint lui aussi, aussi rouge qu’une tomate. Ce fut le moment que choisit Seamus pour sortir de la salle de bain et le gryffondor s’y précipita. Il avait un besoin immédiat d’une douche glacée. En effet le réveil d’une certaine partie de son corps avait eu vite fait de lui faire comprendre pourquoi il rougissait. Harry se savait autant attiré par les filles que par les garçons et il n’avait plus vraiment de problème avec ça. Ce qu’il ne pensait pas en revanche, c’est qu’il puisse être attiré par ce garçon. Enfin ça allait passer…ça passait déjà. Il tremblait de froid sous sa douche mais ça passait…plus ou moins. Décidément Malfoy semblait être né pour lui pourrir la vie et Harry poussa un peu plus le robinet d’eau froide. O°O°O Lorsque les gryffondors sortirent de la salle commune, ils cherchaient par tous les moyens une idée pour sauver Neville des griffes de Malfoy. Pour l’instant leur meilleur plan consistait à ce que Neville ne lâche plus d’une semelle Harry, mais même ainsi il n’était pas sûr d’en réchapper. Ils comptaient donc tous sur Hermione qui devait se trouver dans la grande salle, pour avoir une meilleure idée. Mais ils virent Malfoy dans les couloirs et Neville se cacha derrière Harry. Malfoy les regarda d’un air endormi et préféra saluer quelqu’un qui venait vers lui. Un autre Malfoy… Harry regardait bouche bée, les deux Malfoy devant eux dans le couloir se serrer la main joyeusement. Il entendit Ron gémir à ses côtés. -Mais c’est un vrai cauchemar ! -Regardez, commenta Dean, ils portent tous les deux des cravates de poufsouffle, ils ont dû eux aussi prendre du polynectar ! Ron eu un nouveau gémissement de douleur et Neville consentit alors à lâcher le dos de Harry. -Si nous sommes plusieurs comme ça, alors il ne pourra pas tous nous tuer ! dit-il joyeusement. L’idéal ce serait qu’on soit vraiment nombreux ! Ron et Harry lui lancèrent un regard de pure horreur. Plein de Malfoy dans l’école… De quoi les rendre fous…mais pas pour les mêmes raisons. Hélas, les prévisions de Neville s’avérèrent exactes. Une fois dans la grande salle il était devenu évident que vraiment beaucoup de monde avait eu la même idée que Neville. Quasiment tous les poufsouffles et les serpentards étaient devenus Malfoy et au moins la moitié des serdaigles contre seulement une dizaine de gryffondor. Les professeurs discutaient avec de grands gestes entre eux, complètement dépassés par la situation et Harry entendait distinctement Mc Gonagall gémir dès qu’un nouveau Malfoy entrait dans la grande salle. Seul Dumbledore paraissait garder un semblant de calme, pour tout dire, cette situation l’amusait énormément. Hermione ne cessait de se demander comment les jumeaux Weasley avait pu réaliser cette potion en si grande quantité et avec une durée d’une semaine et Ron parlait d’aller assassiner ses frères d’une minute à l’autre. -Je me demande où est le vrai Malfoy, dit Seamus en fouillant la salle des yeux. -A mon avis il n’est pas encore là, répondit Dean doctement, je n’en ai pas encore vu un seul péter les plombs et essayer de tuer tous les autres. Ce fut à ce moment-là que la grande salle s’ouvrit une nouvelle fois sur un Malfoy. Mais celui-ci blêmit d’une façon alarmante, son regard ne cessant de passer d’un Malfoy à un autre d’un air de plus en plus horrifié. Il semblait en plein cauchemar et Harry pensa à juste titre qu’il s’agissait du vrai Malfoy. Finalement, se dit-il en voyant sa tête, toute cette histoire pouvait être marrante. Et la suite promettait d’être intéressante. Le gryffondor se cala plus confortablement sur sa chaise et sirota son jus de citrouille, son regard ne quittant pas le Malfoy qui venait de rentrer et qui semblait clairement sur le point de péter les plombs. Oui, la suite promettait vraiment d’être intéressante… O°O°O°O Draco était clairement horrifié, il ne pensait plus du tout à son cauchemar et à trouver Potter. Il était dans un autre cauchemar à présent. La grande salle grouillait de ses clones dont certains étaient véritablement ridicules. Il y avait par exemple plus d’une dizaine de lui-même habillés en jupe ! D’autre encore avec des costumes pas repassés, beaucoup trop courts ou manquant totalement de goût. Il en voyait même un avec un jean élimé qui dépassait de sa robe noire. Mais le pire restait encore les cheveux, sans gel pour la plupart, voire totalement décoiffés. L’un d’entre eux le bouscula, il avait une jupe et les poils blonds de ses jambes dépassaient disgracieusement du collant noir qu’il portait. Draco fut pris d’une envie furieuse de tuer l’imposteur mais il eut juste le temps de lever sa baguette qu’un « expeliarmus » le toucha de plein fouet et envoya le morceau de bois à l’autre bout de la pièce. Etrangement cela eut l’effet de calmer tout le monde, sauf Draco qui toujours aussi pâle se tourna du côté de la table des professeurs. Dumbledore avait encore la baguette pointée dans sa direction et il était évident que c’était lui qui venait de le désarmer. Le serpentard sentait son sang-froid s’effilocher inébranlablement. -Draco, fit Dumbledore en le regardant et toutes les personnes dans la salle se tournèrent vers lui, comme tu peux le constater certains de tes camarades ont abusé du polynectar. Les Draco se trouvant à ses côtés, s’écartèrent brusquement quand ils comprirent qu’il était le vrai. Il faut dire que le serpentard n’avait vraiment pas l’air content. -D’après ce qu’on m’a expliqué, reprit le directeur, ils vont garder cette forme une semaine. Je ne peux hélas rien faire pour y remédier et… -Une semaine ! siffla Draco froidement. Et vous n’allez rien faire ! Savez-vous que la prise de polynectar peut-être passible d’une peine de prison à Azkaban ? Si vous ne faites rien, je vais de ce pas envoyer quelques lettres au ministère et les crétins qui ont osé prendre mon apparence, vont rapidement comprendre qu’ils ont commis une grave erreur ! Tous les Draco blêmirent sous la menace et Harry fût bien obligé d’admirer la façon dont Malfoy faisait face à la situation, gardant la tête haute et montrant qu’il restait maître de la situation. Lui, à sa place, serait complètement paumé. -Allons, allons, mon garçon, reprit Dumbledore en souriant, tes camarades n’auraient pas dû faire ça, c’est vrai. Ils recevront chacun une punition. Je pense qu’une rédaction notée sur « Les avantages de rester soi-même » serait une bonne chose, non ? fit-il en se retournant vers les autres professeurs. Draco était outré. Une putain de rédaction ! Voilà tout ce qu’ils allaient écoper pour avoir pris SON apparence ? -C’est une plaisanterie ? demanda-t-il d’une voix glaciale. -Je crains que non, Draco, répondit le directeur d’un air navré. Je pense que tu dois plutôt voir tout ça comme une bonne chose. Après tout, tu devrais être flatté que tant de monde veuille te ressembler. -Mais regardez-les ! s’énerva-t-il. Certains d’entre eux sont en jupe ! Qui serait flatté par ça ? -Oh, je suppose que ce sont des demoiselles qui n’avaient pas de pantalon à se mettre, c’est cela ? Les Draco en jupe hochèrent la tête en rougissant, ce qui donnait vraiment un tableau étrange. Draco se demanda pourquoi des filles avaient voulu prendre son apparence mais la seule raison qui lui vint à l’esprit lui arracha une grimace de dégoût. Ce n’était pourtant pas vraiment lui mais les deux tiers de l’école allait avoir pendant une semaine tout le loisir de le contempler, de connaître les moindres détails de son corps, de ses grains de beauté en passant par la petite cicatrice qu’il avait sur l’épaule droite et des endroits plus intimes encore. Tout cela lui donnait envie de vomir. -Je vais demander aux elfes de maison qu’ils fournissent à tout le monde une tenue correcte et à la bonne taille, reprit Dumbledore. Par contre, je tiens à ce que vous gardiez tous les cravates aux couleurs de votre maison pour qu’on s’y retrouve un peu. Et pour ceux qui en auraient l’idée, je vous déconseille fortement de faire des bêtises, Monsieur Malfoy ne portera en aucun cas le chapeau à votre place et je m’engagerai personnellement à retrouver les vrais coupables. Draco ne dit rien mais vu le regard qu’il lança à l’assemblée, il fut évident pour tout le monde que lui aussi trouverait les coupables et surtout qu’il se ferait justice lui-même au cas où certains profiteraient de son apparence pour faire des choses idiotes. Un Draco devant lui se tourna pour lui faire un grand sourire niais et il en fut horrifié. Il allait vraiment falloir qu’il mette les points sur les i. Il y avait des choses qu’un Malfoy ne pouvait pas faire et sourire niaisement en faisait partie. Profondément agacé, il alla enfin s’assoire à sa table pour déjeuner, clôturant pour le moment le débat. Il dût s’obliger à respirer calmement lorsqu’il se rendit compte que la grande majorité des serpentards avaient maintenant son apparence. Il pensait qu’ils auraient eu plus de fierté que ça. Sur ce coup, c’était vraiment les gryffondors qui remontaient dans son estime, ils n’étaient qu’une dizaine à avoir pris du polynectar. Il posa ses yeux glacés dans ceux de Potter, mais contrairement aux autres jours, Potter ne le regardait pas. Ses yeux voyageaient d’un Malfoy à l’autre à la table des serpentards, comme s’il cherchait le vrai. Et ce fut le fait qu’il ne le reconnaisse pas vraiment qui dérangea Draco, plus que tout le reste. Les yeux verts s’arrêtèrent bien une fraction de seconde sur lui mais il sembla au serpentard que Potter faisait ça avec tout le monde. Dégoûté et étrangement déçu, il commença à manger. Blaise et Pansy qui étaient, Merlin merci, restés eux même, après lui avoir demandé s’il était vraiment lui –Draco avait tenté de les étrangler pour ça- essayèrent tant bien que mal de lui remonter le moral. -Allez Dray, lui dit Blaise, c’est plutôt marrant si on y réfléchit bien. Et pense aux trucs que tu vas pouvoirs faire ! Il y a tellement de toi-même que tu peux faire n’importe quelle connerie, personne ne pourra prouver qu’il s’agit vraiment de toi. -Permets-moi de ne pas partager ton enthousiasme, fit Draco sarcastique, je reste encore sous le choc du fait de m’avoir vu en jupe. Et regarde ce type-là ! Ma parole, il a le même coiffeur que Potter ! -Moi ce qui me choque le plus, intervint Pansy tandis que son ami fusillait du regard la majorité de ses doubles, c’est de te voir avec une cravate de poufsouffle. -M’en parle pas, fit un double de Draco à la droite de Draco, je suis arrivé et j’ai vu un Draco aider une fille à porter ses affaires d’une manière totalement altruiste et j’ai cru avoir le choc de ma vie. Draco se tourna vers son double et plissa les yeux dangereusement. Il avait reconnu la voix du type. -Greg ? fit-il suavement. -Oui c’est moi ! répondit l’autre tout fier. Tu m’as reconnu vachement vite ! poursuivit-il impressionné. -Que veux-tu, répliqua le blond narquois, j’ai un sixième sens pour reconnaître les crétins et je suppose que Crabbe est à côté de toi ? -Non, je suis en face, répondit un Draco avec la voix de Vincent qui était en train de manger. -Par pitié, s’exclama Draco, ne parle pas la bouche pleine quand tu es moi ! Et même, ne m’adressez plus du tout la parole pendant cette semaine, je crois que je pourrais facilement perdre mon calme. Non mais quels crétins ! Les deux serpentards baissèrent la tête, peinés mais cela eut juste l’effet d’énerver encore plus Draco. Se voir avec une tête de chien battu était vraiment trop pour lui. Enervé, il se leva et partit de la grande salle. Le reste de la journée fut un vrai calvaire pour Draco. La tête de chien battu de Crabbe et Goyle n’était rien comparé à ce qu’il vit ce jour-là. Il crut avoir une crise cardiaque quand un Draco poufsouffle expliqua sous son nez à un autre Draco poufsouffle que s’il avait des difficultés en sortilège l’autre pouvait venir le voir, qu’il se ferait un plaisir de l’aider. Un plaisir ! Plus tard, il vit un autre lui-même accourir pour aider un première année à porter son sac. Accourir ! Le pire resta cependant quand il entendit un Draco serdaigle faire une déclaration d’amour à une fille de gryffondor. Il s’était mis à genoux devant la fille! A genoux ! Et il avait déclamé des vers stupides où il était question d’amour éternel, de cœur dévoué et d’étoiles moins brillantes que les yeux de la fille. Ce fut à ce moment-là que Draco comprit qu’il était devenu urgent qu’il fasse quelque chose. Le soir même se tenait donc la Grande Réunion des Draco dans la salle sur demande. Draco avait bien fait comprendre que tous ses doubles avaient intérêt à être présents. Et à 21H30, la salle était pleine. Blaise et Pansy étaient les seuls non-Draco présents dans la pièce. Draco Malfoy –le vrai- se tenait sur l’estrade et regardait l’assemblée d’un air glacial. -C’est flippant, fit Blaise à l’oreille de Pansy, on dirait qu’il va monter une armée. La jeune fille gloussa et s’attira le regard noir de Draco. Le serpentard se racla la gorge et se jeta le sort de « sonorus ». -Je serais bref, dit-il, en dépit du fait que je déteste profondément chacun de vous pour ce que vous avez osé me faire et que la dernière chose dont j’ai envie c’est de vous adressez la parole, je crains que cette réunion s’impose. -J’aime quand il est bref comme ça, chuchota Blaise moqueur. -Il y a certaines règles, que j’ai ici, poursuivit Draco en dépliant un long parchemin, que je vais vous lire. Le non-respect de ces règles entraînera une douloureuse rencontre entre vous et moi. Douloureuse pour vous, cela va sans dire. Dans l’état d’esprit actuel où je me trouve, je serais même capable de vous tuer. Cette annonce, faite avec une nonchalance déconcertante, entraîna un léger mouvement de panique dans l’assemblée. Draco eut un sourire cruel et commença sa lecture. -Règle numéro 1 : Vous devez porter une tenue ET une coupe de cheveux correcte. Je ne vous demande pas forcement d’utiliser le gel, je suis bien placé pour savoir qu’il faut un certain doigté pour faire ça efficacement mais je veux au moins que vous soyez correctement préparés ! -Rassure-moi, il parle toujours de cheveux là ? glissa Blaise à l’oreille de Pansy avec un sourire amusé. La jeune fille pouffa alors que Draco lisait sa deuxième règle. -Règle numéro 2 : Vous devez non seulement avoir une tenue élégante mais aussi un langage impeccable. Alors par pitié, si vous n’êtes pas capable de faire une phrase bateau « sujet-verbe-complément » ou si vous avez un accent campagnard dégradant, taisez-vous une fois pour toutes ! -Et bien, ça va être silencieux cette semaine, il y a tellement de bouseux dans cette école, murmura Pansy, c’est déjà ça de gagné. -Règle numéro 3 : Personne ne couche avec mon corps ! Je veux dire que si j’apprends que l’un d’entre vous s’est servi de mon corps à des fins sexuelles, je vais être vraiment méchant. J’ai vu, il n’y a même pas deux heures, deux d’entre vous s’embrasser et se peloter dans les toilettes du dernier étage. Pas la peine de regarder autour de vous, les deux personnes en question sont à l’infirmerie. Il y eut un silence de mort alors que Draco lisait la suite d’un air blasé. -Règle numéro 4 : Comme le dit la règle numéro 3, on ne couche pas avec mon corps mais on ne se masturbe pas non plus. Je sais que vous êtes pleins d’hormones et que mon corps est un appel à la luxure, mais personne ne doit connaître ma queue aussi bien que moi ! Règle numéro 5 : Ne pas se caresser est une chose, ne pas se laver en est une autre. Je me moque de votre hygiène de vie habituelle mais cette semaine vous prendrez une douche matin ET soir. Vous vous laverez les dents après chaque repas. Vous changerez de sous-vêtements tous les jours. Règle numéro 6 : Il vous est dorénavant interdit de sourire bêtement. Si j’en vois un avec un sourire niais ou stupide, je serais en mesure de lui faire passer l’envie de sourire pendant le restant de sa vie. Règle numéro 7 : On ne chante pas non plus. Règle numéro 8 : Et là je m’adresse surtout aux filles, on ne glousse pas ! » Draco continua sa lecture pendant près d’une heure. La plus part des élèves se demandaient comment ils allaient retenir tout cela mais beaucoup d’entre eux avaient surtout une furieuse envie d’aller dormir. -Et pour finir règle 129 : On ne se promène pas avec ses peluches sous le bras. Ne prenez pas cet air outré, j’en ai vu et je sais que le matin au réveil, ça peut être tentant. -Comme sait-il ça ? demanda Pansy. Blaise eut un sourire en coin. -Il a eu onze ans, lui aussi, fit-il énigmatique, et un nounours qu’il s’appelait Potty… -Ce n’est pas vrai ! s’exclama la jeune fille en souriant franchement. -Qu’est-ce qui n’est pas vrai ? demanda Draco en descendant de son estrade. -Rien, rien, sourit Blaise, félicitation mon vieux, c’était un chouette discourt. On n’a pas la même définition du mot « bref » mais c’était sympa. -Il fallait bien tout ça, souffla Draco, j’espère juste qu’ils auront compris que je ne plaisante pas ! -Il n’y a pas de raison, l’encouragea Pansy. Souris un peu Dray ! Tu ne vas pas faire cette tête d’enterrement pendant 6 jours encore ! Je ne te demande pas de violer la règle 6, mais un petit sourire discret de temps en temps ne peut pas te faire de mal. Draco lui jeta, à nouveau, un regard noir avant de s’en aller. Ses amis ne comprenaient pas. Ils trouvaient tout cela amusant mais lui vivait un véritable cauchemar et il ne voyait vraiment pas comment prendre la chose différemment. O°O°O°O Le lendemain Draco dut pourtant changer d’avis sur toute cette histoire. Il se réveilla maussade et débuta sa journée en ne cessant de grogner dès qu’il voyait un de ses doubles, c’est à dire tout le temps. Il était tellement chiant que même Blaise et Pansy commencèrent à le fuir. Il était dans les toilettes et avait défait sa cravate. Pour essayer de se calmer, il se passait de l’eau sur le visage. Il avait passé une matinée éprouvante et il n’avait qu’une envie, dormir pendant une semaine. La tête dans le brouillard il sortit des toilettes et fut renversé la seconde d’après par un élève qui courrait comme un dératé. L’élève était étalé de tout son long sur lui et Draco eut un gémissement de douleur en essayant de bouger. Sa tête avait cogné le carrelage froid et il était sonné. En temps normal, il se serait déjà relevé et aurait fait payer à l’autre sa maladresse. Mais là, ce fut l’autre qui se leva avant lui. -Je suis vraiment désolé, dit-il et Draco reconnut la voix de Potter. Il ouvrit les yeux immédiatement et se tendit, près à recevoir des insultes et des remarques sarcastiques. Mais il sentit juste une main chaude prendre la sienne et l’aider à se relever. Il tituba un peu et Potter dut l’attraper par la taille pour ne pas qu’il tombe. -Oulà, tu n’as pas l’air bien, je vais t’emmener à l’infirmerie, fit la voix inquiète du gryffondor. Draco se demandait pourquoi Potter était aussi gentil avec lui, si bien qu’il en resta bouche-bée. -Tu peux marcher ? demanda le brun et son souffle se perdit dans le cou de Draco lui arrachant un frisson. Draco d’une main tremblante toucha l’arrière de son crâne pour voir s’il ne saignait pas, s’appuyant de ce fait un peu plus contre l’autre garçon. Il remarqua alors la chaleur qui émanait du corps de Potter et il eut la furieuse envie d’enfouir sa tête dans le cou du jeune homme et de rester là à respirer son odeur, éternellement. Le choc avait dû être encore plus dur que ce qu’il imaginait pour qu’il pense un truc pareil. -Tu as la tête qui tourne ? demanda Potter d’une voix bizarrement rauque. Draco hocha la tête. Il avait en effet la tête qui tournait mais il doutait de plus en plus que le choc qu’il avait reçu en soit la cause. Potter était si gentil que, pour la première fois, Draco n’avait rien envie de lui dire de blessant. Il voulait juste rester dans ses bras. Juste encore un peu. -Pour quelle raison as-tu pris son apparence ? demanda le gryffondor. Tu voulais séduire quelqu’un ? Le serpentard eut du mal à comprendre ce que disait Potter. De quoi voulait-il parler ? Et puis soudain, tout s’éclaira. La gentillesse de Potter, ses bras autour de lui…Il faisait tout cela simplement parce qu’il pensait qu’il n’était pas lui. Il le prenait pour un de ses doubles ! Draco se tendit brusquement, complètement choqué que Potter ne l’ai pas reconnu. Il était sûr que si c’était Potter dans sa situation, lui, il l’aurait reconnu. Bon sang, cela faisait plus de 6 ans qu’ils se connaissaient maintenant ce n’est pas parce qu’il ne l’avait pas encore insulté que ce n’était pas lui ! Le serpentard allait envoyer paître le gryffondor quand une idée qui lui sembla lumineuse lui vint à l’esprit. Il redressa un peu la tête et plongea ses yeux dans ceux du gryffondor. Il sentit les mains de Potter s’encrer un peu plus à sa taille. Ce n’était pas la première fois qu’ils étaient si proches l’un de l’autre, mais cette fois-ci, ils n’étaient pas en train de se battre. -Je cherche en effet à séduire quelqu’un, murmura Draco d’une voix délibérément rauque en plissant un peu les yeux. -Ah oui et qui ? questionna Potter et il sembla au serpentard que le vert de ses yeux s’assombrissait. -Toi… Au moment où il fit cette réponse, la décision de Draco fut prise. Potter le détestait mais il ne semblait pas détester celui qu’il prenait pour un de ses doubles. S’il avait une chance de réellement séduire le brun, c’était celle-là, il ne devait pas la laisser passer. Il esquissa un sourire en voyant Potter rougir. Il semblait à Draco qu’il avait une conscience aiguë de tout ce qui se rapportait au gryffondor. C’était la première fois que ça lui faisait un truc pareil, pourtant ce n’était pas la première fois qu’il prenait quelqu’un dans ses bras. Quoique à la réflexion, en ce moment, il ne prenait personne dans ses bras, on le prenait et ça c’était sûrement une première. Il sentait donc le souffle rapide de Potter et ses mains autour de lui, mais aussi son parfum enivrant, sa cuisse contre la sienne…Il semblait même à Draco qu’il entendait battre le cœur de Potter mais il ne s’agissait que du sien et il battait vraiment très vite. Puis bien trop tôt au goût de Draco, Potter se détacha avec un léger sourire amusé. -Tu dois être vraiment sonné pour dire un truc pareil. -Je suis sérieux. La moitié de l’école veut te séduire, je ne vois pas ce qu’il y a d’étonnant à ça. Le regard de Potter durcit soudainement et Draco crut un instant qu’il l’avait reconnu. -Alors parce que je suis populaire, tu cherches à me séduire ? Le serpentard fronça les sourcils. -Bien sûr que non, dit-il, tu me plais, voilà tout… Draco était assez mal à l’aise et priait tous les dieux qu’il connaissait pour que Potter ne comprenne pas qui il était vraiment. Il n’était vraiment pas doué pour les compliments, il voulait dire à Potter qu’il le trouvait beau, qu’il hantait ses rêves, que dans ses bras il se sentait chez lui. Mais le seul truc qu’il avait pu dire était un banal et affligeant « Tu me plais ». -C’est étrange, je veux dire, tu as pris l’apparence de Malfoy pour me séduire. J’ai dû mal à croire ça. Tout le monde sait qu’on ne peut pas se voir. Draco haussa les épaules. -Il est mignon et au moins sa compagnie ne te laisse pas indifférent. -Ce n’est pas faux, sourit Harry et le serpentard cru que son cœur allait s’arrêter de battre. Malfoy est tellement énervant, je ne peux pas faire autrement que de réagir quand il est là. C’est presque une réaction épidermique. Draco essaya de rire à la blague de Potter mais il n’y parvint pas. Il avait une grosse boule dans la gorge qui l’en empêchait. -Comment puis-je te séduire ? demanda-t-il de but en blanc. La question sembla prendre Potter au dépourvu, puis il se mit à rire franchement. -Tu es direct au moins ! Je ne connais même pas ton nom et ton âge… Draco ouvrit la bouche, il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il allait pouvoir inventer. -Ne dis rien, reprit le gryffondor, je vais t’appeler Draco Malfoy pour l’instant et vu la voix que tu as, tu dois être en sixième ou septième année…par contre, je ne vois pas ta cravate…Je pense que tu es à serdaigle… -Ha bon ? -Oui, je connais tout les gryffondors, aucun poufsouffle ne me diraient sans rougir qu’ils veulent me séduire et aucun serpentard ne me le dirait tout court. Donc tu dois être serdaigle. -Possible, fit Draco en souriant d’un air énigmatique. Mais tu n’as pas répondu à ma question…que faut-il faire pour te séduire ? Cela arrangeait beaucoup Draco que Potter le prenne pour un serdaigle et qu’il veuille l’appeler par son vrai nom. Le gryffondor semblait réfléchir à sa question et Draco en profita pour se rapprocher à nouveau de lui. -Je pense que déjà que s’il embrasse bien, c’est un bon point… La réponse prit le blond au dépourvu. Potter le regardait comme s’il le défiait de faire quelque chose. -Et tu te laisserais embrasser par un inconnu, comme ça dans un couloir… ? demanda Draco presque choqué. -Je n’ai jamais dit ça, répondit Potter doucement, je vais te laisser, tu as l’air d’aller mieux et moi j’ai cours… Le serpentard regarda l’objet de ses fantasmes partir avec détachement, comme si toute cette discussion n’avait eu aucune importance. Potter semblait juste blasé alors que pour lui, ce qu’il venait de se passer le laissait totalement chamboulé. Il avait envie que Potter soit aussi bouleversé que lui. Sans plus réfléchir, il le rattrapa, le prit par la taille et le plaqua contre un mur. -Je ne vais pas mieux, souffla Draco tout contre ses lèvres arrêtant de ce fait les protestations du gryffondor. J’ai la tête qui tourne Potter…J’ai la tête qui tourne… Et sur ses mots il posa ses lèvres sur celles du brun et il lui sembla que ce n’était plus seulement sa tête qui tournait mais la terre toute entière. A suivreuh… °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° |