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au 04 Déc 08 :
1070 comptes dont 378 auteurs
pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Draco Malfoy est unique
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Humour
5 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     8 Reviews    
L'attaque des clones
Chapitre 3 : L’attaque des clones ! (oui je sais, j’ai honteusement plagié Star Wars pour ce titre)

La journée de Draco avait pourtant mal commencé puis il avait été bousculé par Potter. Et maintenant il l’embrassait comme si c’était la chose la plus naturelle au monde.

Et pourtant, il n’y avait rien de naturel dans ce qu’il ressentait. Il ne pouvait pas vraiment décrire ce que ça lui faisait, il lui semblait qu’aucun mot n’était assez fort, assez parlant. C’était bon. Incroyablement bon.

Il avait toujours pensé qu’un baiser était un baiser avec plus ou moins d’habileté mais c’était avant d’avoir la langue de Potter dans sa bouche.

Ça aussi c’était étonnant et incroyablement excitant.

Toutes les fois qu’il avait imaginé un baiser avec le gryffondor, c’était toujours lui qui en prenait la commande et Potter qui se laissait faire bien gentiment.

Mais la réalité était complètement différente. Potter savait exactement ce qu’il faisait et quoi faire pour lui faire de l’effet.

Pourtant un simple baiser n’était pas sensé faire autant d’effet.

Potter était vraiment le sorcier le plus doué de sa génération, enfin dans ce domaine c’était certain.

Draco poussa un petit soupire de contentement et se détesta immédiatement après pour ça. Mais le gryffondor avait, semble-t-il, parfaitement entendu puisqu’il se détacha de lui avec un sourire troublé.

-Il-il faut vraiment que j’aille en cours, tenta-t-il mais le blond l’avait déjà repris par la taille.

-Vas-y, fit Draco d’une voix cassée en se rapprochant de ses lèvres.

-Lâche-moi…, murmura Harry et ses lèvres frôlèrent délibérément celles de l’autre garçon.

A l’évidence, l’un comme l’autre avaient envie de se goûter encore. Harry semblait jouer avec la résistance du serpentard, il emprisonnait sa lèvre inférieure entre les siennes pour la relâcher aussitôt et recommençait avec celle du haut, suçotant délicieusement, s’empêchant d’embrasser totalement le blond. Ce fut donc Draco qui a bout de patience captura la bouche du jeune homme brun qui avait totalement oublié les cours, les professeurs et tout ce qui n’était pas ce baiser.

C’était encore mieux que le premier, Draco n’était que douceur et volupté. Il semblait à Harry que le goût du blond fondait dans sa bouche comme le plus succulent des chocolats et il l’enivrait aussi sûrement que la plus traîtresse des boissons.

Mais un cri venant de nulle part fit cesser la magie du moment.

-Hé, toi là !

Harry et Draco sursautèrent et s’éloignèrent rapidement complètement gênés par ce qu’ils avaient ressenti mais ne se quittant pourtant des yeux, cherchant chez l’autre un signe qui leur indiquerait que leur émotion avait été partagée. Mais la personne qui venait de crier accourait déjà vers eux, interrompant leur contact visuel.

Il s’agissait d’un Draco qui s’arrêta, essoufflé, à leur hauteur. Harry remarqua qu’il portait une cravate pouffsouffle et Draco fut pris d’une subite envie de le tuer. C’était un de ces crétins qui avait osé interrompre un baiser pareil !

-Tu es fou ! dit le pouffsouffle en s’adressant à Draco mais ses yeux voyageaient anxieusement partout autour de lui.

-Pardon ? fit Draco d’une voix glaciale, ne parvenant pas à croire qu’on ose le traiter de fou.

-Tu as donc oublié la règle numéro 3 ? s’écria le nouveau venu. Si Malfoy te voit en train d’embrasser quelqu’un, il va te tuer !

-La règle numéro 3 ? murmura Harry avec un sourire amusé, ce qui eut pour effet de faire tourner le pouffsouffle vers lui.

-Et en plus, tu embrasses Harry Potter ! Tu es suicidaire, c’est ça ?

Draco ferma les yeux, s’exhortant au calme. Ce type l’avait interrompu pour le mettre en garde contre lui même…le destin s’acharnait donc contre lui. En une autre occasion, il aurait fait comprendre à l’autre demeuré qu’il était le vrai Draco Malfoy et donc que, lui, avait le droit d’embrasser qui il voulait, mais Potter ne devait surtout pas savoir qui il était…

Sa vie devenait décidément de plus en plus compliquée.

Il regardait à présent Potter et le pouffsouffle parler des règles qu’il avait instaurées et le gryffondor avait l’air vraiment amusé.

-Il y a 130 règles ! reprit Potter son sourire s’élargissant de plus en plus.

-Oui, soupira le pouffsouffle, et on n’a presque plus le droit de respirer, Malfoy est vraiment cruel…

-C’est faux, intervint Draco énervé, il y a 129 règles et pas 130 et je trouve que Malfoy a plutôt bien réagi. Quel est ton nom déjà ? demanda-t-il en plissant les yeux, des idées de vengeances déjà plein la tête.

Cette question eut pour effet de calmer le pouffsouffle, il se tourna vers Draco d’un air soudainement soupçonneux.

-Et quel est le tien questionna-t-il sur la défensive.

-…

Le serpentard serra les poings. Les deux blonds s’observaient dans un silence oppressant. Puis Draco haussa un sourcil énervé et le pouffsouffle pâlit visiblement, en proie à un horrible doute. Il trouva soudainement plus sage de partir d’ici.

-Je vous laisse, annonça-t-il, je dois aller en cours !

Le serpentard se permit un sourire ironique en regardant l’autre prendre ses jambes à son cou.

Et il pensait lui ressembler ! Pfff ! Quel trou duc !

Il y eut un silence pesant entre Harry et Draco et le blond cru que l’attitude du pouffsouffle avait ouvert les yeux à Potter. Il était quasiment sûr que Potter savait ou du moins qu’il avait lui aussi un doute et qu’il allait soit lui envoyer un coup de poing, soit l’insulter.

Mais le gryffondor ne fit rien de tout cela et se contenta de lui sourire doucement.

-Malfoy prend toute cette histoire beaucoup trop au sérieux, dit-il, dans une semaine tout sera fini. Toutes ses règles, c’est franchement ridicule…

Draco haussa les épaules, préférant ne pas prendre sa défense. Potter allait trouver cela louche à force. Le serpentard était soulagé que le gryffondor ne l’ait toujours pas percé à jour. Mais les règles qu’il avait instaurées étaient la dernière chose dont il avait envie de parler. Ils venaient tout de même de s’embrasser deux fois !

Merlin, il avait embrassé Potter deux fois !

-Tu n’as pas peur ?

-Pardon ?

-Tu m’as embrassé et Malfoy semble vous l’avoir interdit. Tu n’as pas peur de lui ?

-C’est vrai que Malfoy est puissant, répondit Draco prudemment, mais le risque en valait vraiment la peine…

Harry eut un sourire et le serpentard sut qu’il avait donné la bonne réponse. Il sursauta quand le brun s’approcha de nouveau de lui. Il crut que le rouge et or allait à nouveau l’embrasser mais il se contenta d’attraper une mèche de ses cheveux.

-Ils doivent être tellement doux, sans tout ce gel…, dit-il d’un air rêveur. Ne t’en fais pas pour Malfoy, je te protégerai…

Draco ne put s’empêcher de hausser un sourcil sceptique. Potter était bien sûr de lui, un peu trop à son goût.

-Oui, protège moi du grand méchant Malfoy ! ironisa Draco et Harry se mit à rire.

C’était la première fois que le gryffondor riait devant lui de cette façon et le serpentard sentit quelque chose vibrer dans son ventre. Il chassa vite cette envie soudaine qu’il avait de prendre le brun dans ses bras.

Si c’était pour l’embrasser, ça allait encore mais pour le serrer dans ses bras sans rien faire d’autre…

Il allait virer pouffsouffle avec ce genre de pensée.

Il fallait qu’il se donne une ligne de conduite et très vite.

Il n’avait pas du tout prévu d’embrasser Potter aujourd’hui, ni jamais d’ailleurs. Le brun pour lui était une sorte de fantasme inaccessible. Mais à présent, la donne avait changé. S’il se débrouillait bien, il pourrait avoir le survivant.

Dans son lit ou contre un mur, peu importe, tant que le balafré écartait suffisamment les cuisses pour lui…

Voilà, tout cela sonnait beaucoup plus serpentard.

Il allait tromper Potter pour avoir du sexe chaud avec lui.

Tandis que les pensées du serpentard devenaient de plus en plus cyniques et dénuées de sentiments, le visage de Harry s’assombrit visiblement, comme s’il comprenait ce que le blond avait derrière la tête.

-J’aimerais te voir autre part que dans ce couloir, dit finalement Malfoy d’une voix séductrice.

Le gryffondor, le visage toujours fermé, le regarda approcher, son esprit réfléchissant à toute vitesse. Malfoy s’était de nouveau collé à lui et commençait à glisser les mains dans son dos et puis un peu plus bas tandis que son souffle se perdait dans son cou.

-D’accord, mumura Harry. On se voit ce soir, à vingt-trois heures, Tour d’Astronomie.

Puis il se détacha complètement d’un Malfoy dépité qui lui se trouvait parfaitement bien. Le serpentard se reprit vite, il pouvait bien laisser filer Potter. Il avait rendez-vous le soir même et s’il se débrouillait bien, il pourrait aussi assouvir ses fantasmes les plus chauds.

Et quand on a dix-sept ans, à défaut d’avoir beaucoup d’expérience, on a une beaucoup d’imagination…

O°O°O°O

Bien loin, de l’idylle naissante entre Harry et Draco et de ce que chacun d’entre eux attendaient de cette aventure, Ronald Weasley vivait un véritable cauchemar éveillé.

Le premier jour avait été très dur pour ses nerfs. Il avait envoyé une cinquantaine de beuglantes à ses chers frères. Il avait dû arrêter simplement parce qu’il avait utilisé le stock de beuglantes de toutes ses connaissances. Etrangement, c’était les serpentards qui en possédaient le plus.

Et oui, Ron avait des connaissances parmi les serpentards. Bon, pas beaucoup, c’est vrai…et puis là c’était un cas de force majeure.

Bref, le second jour, il n’avait donc plus rien à envoyer et donc plus rien sur quoi passer ses nerfs. Et le pire fut quand il en vit un draguer sa petite sœur ! Il n’eut pas le temps de voir sa cravate, l’autre avait eu peur en l’entendant hurler qu’il allait le tuer et s’était enfui à toutes jambes. Ron lui avait, bien sûr, couru après mais celui qui avait osé accoster sa sœur était un malin car il s’était faufilé au milieu d’une foule de Draco et impossible, alors, de le reconnaître.

Aussi dès qu’il croisait un Draco, celui-ci se faisait insulter par un rouquin complètement fou. Et quand ni Granger, ni Potter n’étaient à ses côtés pour le retenir, des sorts fusaient et beaucoup de clones se retrouvèrent à l’infirmerie.

Le vrai Malfoy aurait été fier de lui…s’il n’était pas autant occupé dans un certain couloir.

Les poudlariens, enfin ceux qui avaient prit du polynectar, avaient vite compris que le rouquin était la personne à éviter. Bon, il fallait aussi éviter le vrai Malfoy mais il était assez dur à reconnaître en ce moment…

Ron arpentait donc les couloirs sans rencontrer un seul Malfoy. Il n’avait pas dormi de la nuit, car dès qu’il fermait les yeux, il voyait plein de têtes blondes au sourire cruel. Ses yeux donc étaient veinés de rouge et là il cherchait son meilleur ami, craignant qu’il fut pris en embuscade par une tribu de Malfoy.

-Hé Ron !

Le rouquin se retourna, Harry venait à lui et à première vue, il n’avait pas l’air d’avoir était molesté par des fouines bondissantes.

-Tu n’es pas en Sortilège ? demanda Harry, une fois à sa hauteur.

-Tu plaisantes j’espère ? On a cours avec les pouffsouffles et j’ai eu peur de faire une connerie, et comme tu n’étais pas là non plus…

-Oui…j’ai été retenu…

-Par une tribu de Malfoy !

-Heu…non, il n’y en avait qu’un…

-C’est déjà trop ! Et tu vas bien ! Il t’a fait du mal ?

-Ouais…ça va…Non, il a été correct

-Tu es sûr ? Tu as l’air bizarre…commenta Ron en le regardant plus attentivement.

C’est vrai, Harry avait le regard un peu dans le vague mais il semblait déterminé. Il lui avait déjà vu ce regard, quand il se croyait amoureux de Cho Chang ou de sa petite sœur mais l’air déterminé en plus, ça c’était une nouveauté.

Qui que ce soit, il semblerait que ce soit du sérieux cette fois, mais le rouquin garda ses pensées pour lui même. Il sentait qu’il y avait des choses qu’il valait mieux qu’il ne sache pas.

Et puis, il avait ses propres problèmes…comme survivre dans une école peuplée de Draco Malfoy.

O°O°O

Draco de son côté, passa le reste de l’après midi à réfléchir à une ligne de conduite. Il était assis à une table de sa salle commune et notait sur un papier les choses qu’il devait faire ou ne pas faire.

Il ne fallait surtout pas que Potter découvre qui il était. Il devait donc abandonner la voix traînante et cesser d’appeler le gryffondor « Potter ».

Il devait aussi ne surtout pas parler des Malfoy, ni des serpentards. Si Potter le prenait pour un serdaigle, il devait se la jouer serdaigle. Donc il avait le droit de critiquer seulement les pouffsouffles, de complimenter la maison de Serdaigle et de montrer un intérêt poli pour les deux autres maisons.

Il en était là de ses annotations quand une colombe magnifique fonça dans leur salle commune pour arriver juste devant Pansy assise à quelques chaises de lui.

Tous les élèves présents la regardèrent, tandis qu’elle détachait ce qui semblait être un message de la patte de la colombe.

L’étonnement de la jeune fille fit place à de la gêne. Une légère rougeur colora ses joues, ce qui intrigua encore plus les personnes présentes. La jeune fille n’était pas réputée pour être perturbée par quoi que ce soit et surtout pas par une lettre.

Draco et Blaise s’échangèrent un regard entendu et se levèrent en même temps pour s’installer près de la jeune fille qui se hâta alors de ranger la lettre dans son sac.

-Pansy, commença Blaise d’une voix charmeuse, comment vas-tu ?

-Pas la peine de me faire ce sourire Blaise, ni ce regard Dray, vous ne saurez rien !

-Je ne vois pas de quel regard tu parles, s’offusqua le blond. Alors…on a du courrier à ce que je vois…

-Non Draco on n’a pas de courrier, j’ai du courrier ! Et cela ne te regarde pas !

-Haaa recevoir du courrier par colombe, c’est si romantique ! susurra Blaise, mielleux.

-Ne dis pas de bêtise ! répondit la jeune fille brusquement. C’est d’un cliché !

-Ça veut dire que ça ne marche pas sur toi le coup des colombes…Il va être déçu…

-Arrête ça Draco, fit Pansy qui commençait à s’énerver, je ne te dirais rien ! Maintenant si vous permettez je m’en vais, vous êtes vraiment trop lourds ce soir !

La serpentarde se leva et ramassa rapidement ses affaires avant de s’en aller sans un regard pour ses amis.

-Je crois bien que cette lettre la trouble, constata Blaise, songeur.

-Donc ça fait un point pour Charlie Weasley, approuva Draco. Cette lettre ne peut être que de lui. Quel dommage que notre petite Pansy tombe sous le charme d’un de ses affreux rouquins !

-Quel mélodrame tu fais ! ricanna Blaise. Et puis ce Weasley n’a rien d’affreux. S’il arrive à séduire notre si imperturbable Pansy alors il aura tout mon respect.

-C’est vrai que ce type ne sait pas à quoi il s’engage avec elle, sourit Draco d’un air mauvais. J’espère qu’elle va lui en faire baver !

-Je suis sûr que oui ! Et je pense que Weasley ne va pas être le seul à en baver ces prochains jours ! dit Blaise en fixant Draco.

Le serpentard ne préféra pas relever mais il se demanda un bref instant si Blaise était au courant de sa rencontre avec Potter…

Peut-être que le type qui les avait interrompu avait déjà raconté à qui voulait bien l’entendre qu’il avait surpris un Malfoy en train d’embrasser Potter.

Embrasser Potter…

Décidément plus Draco y pensait et plus il avait hâte d’être à ce soir.

O°O°O°O°O°O°O

L’heure du rendez-vous arriva beaucoup trop tard au goût de Draco. Il trépignait d’impatience dans la tour d’Astronomie, or, tout le monde sait qu’un Malfoy ne trépigne pas. Il songea, ironique, qu’au moins comme ça, Potter ne risquait pas de le prendre pour lui-même.

Oui, sa vie était vraiment compliquée.

Si le temps lui semblait si long, c’était aussi parce qu’il était à peu près sûr que le gryffondor allait lui poser un lapin.

C’était déjà un miracle qu’il se laisse embrasser par un inconnu. Mais d’un autre côté, peut-être que Draco avait trop idéalisé le gryffondor. Il était un adolescent bourré d’hormone après tout et qu’il soit le héros du monde sorcier ne changeait rien à la donne.

Le serpentard pensait donc que si Potter venait, il n’aurait aucun mal à se le faire. Après tout, on ne donne pas rendez-vous à 23 heures à quelqu’un pour jouer aux cartes. Et la tour d’Astronomie était quand même le lieu de prédilection des amoureux.

Potter ne lui posa pas de lapin, il arriva à 23 heures précise. Il semblait même avoir fait un effort vestimentaire, enfin il s’était contenté d’enlever sa robe de sorcier, mais c’était déjà très agréable de le voir en chemise et en pantalon…on devinait plus de chose que sous sa robe noire.

Draco avait gardé sa robe lui, mais ce n’était pas celle de Poudlard. Celle qu’il avait mise était bleu foncée et avait un col mao. Simple mais élégante. Parfaite pour l’occasion. Il avait aussi délaissé le gel pour la soirée, se souvenant de la remarque de Potter à propos de ça. Il espérait que le brun y glisse la main en soupirant de ravissement.

Si tout se passait bien, il lui permettrait même de s’y agripper en criant de plaisir…ce qui était déjà beaucoup. D’habitude, il interdisait à ses partenaires sexuels de toucher à ses cheveux, ils devaient donc se contenter d’agripper les draps. Mais avec Potter, cette idée ne le dérangeait pas, bien au contraire, il pouvait l’agripper où il voulait, ses cheveux, ses épaules, son dos, ses fesses…

-Tu es là depuis longtemps, Draco ?

Le serpentard sursauta, d’une part parce que la voix de Potter l’avait tiré de ses charmantes pensées et d’autre part parce qu’il l’avait appelé « Draco ». Puis il se souvint que c’était ce qu’ils avaient convenu, mais c’était vraiment étrange d’entendre son prénom sortant de la bouche de Potter.

-Non, juste quelques minutes, se reprit Draco en souriant, je me demandais si tu allais venir…

-Je ne vois pas pourquoi je ne serais pas venu, répondit le brun en haussant les épaules.

Le sourire de Draco s’accentua, il s’approcha du gryffondor ayant déjà envie de l’embrasser. Il était un peu déçu que le brun ne fasse aucune remarque sur ses cheveux mais peut-être qu’il y glisserait les mains s’il l’embrassait. Hélas, il n’en eut pas l’occasion. Le gryffondor s’était reculé, les mains dans les poches et il contemplait maintenant le ciel, semblant se désintéresser complètement du serpentard.

Draco était loin d’être idiot, il avait parfaitement compris que Potter n’avait à l’évidence aucune envie de le toucher.

Cela l’énerva au plus haut point, d’une part car il n’était pas habitué à ce genre de comportement, c’était lui qui faisait cela habituellement quand quelqu’un le saoulait. Et d’autre part car il détestait perdre son temps. Si Potter ne voulait pas être avec lui, il aurait dû le lui dire directement dans le couloir au lieu de lui donner rendez-vous. Il poussa un soupir de frustration, finalement il avait raison, Potter était un prude et ce n’était pas en une semaine qu’il allait pouvoir le séduire. Ce qui l’énervait surtout c’était que lui semblait beaucoup plus accro à Potter que l’inverse. Et ça aussi, il n’en avait pas l’habitude.

Draco se dirigea vers la sortie, à quoi bon rester en compagnie du balafré s’il ne pouvait même pas le toucher.

-Alors tu t’en vas…dit Potter sombrement mais en regardant toujours le ciel.

-A l’évidence, que je sois là ou pas ne change pas grand chose, répliqua Draco sur le même ton.

Il entendit Potter pousser un soupir triste mais il ne se tourna toujours pas vers lui.

-Je m’en doutais, dit-il, je suppose que c’est mieux ainsi. Au moins les choses sont claires. J’aurais été terriblement déçu si tu m’avais baisé pour aussitôt me laisser de côté comme une quantité négligeable. Et tu aurais été terriblement déçu si au lieu de baiser, on avait parlé une bonne partie de la nuit. Donc évitons tous les deux de perdre un temps précieux. L’épisode du couloir était à l’évidence une erreur…

-Tu semblais pourtant avoir apprécié cette erreur…ne put s’empêcher de répondre Draco.

Cette fois Harry se tourna vers lui, il s’approcha même, mais il avait l’air vraiment triste.

-J’ai aimé, souffla le brun. Je n’avais jamais aimé autant avant et c’est justement pour cette raison que je voulais plus. Je voulais te connaître…

Draco écarquilla les yeux. C’était la première fois que quelqu’un lui disait cela. D’habitude les gens ne voulaient pas le connaître ou ils pensaient déjà tout savoir de lui. Normal, des amants apprenaient simplement à connaître le corps de l’autre, c’était les amis qui connaissaient le reste. C’était un peu comme si Potter lui demandait de devenir son ami et il fut brutalement replongé à l’époque où il avait 11 ans et où le gryffondor avait refusé de lui serrer la main.

Il n’avait pourtant plus aucune envie de devenir ami avec Potter mais quelque chose le poussa à rester et à s’assoire. Potter était assis à côté de lui et il lui avait posé des questions et Draco avait répondu et il avait écouté aussi.

Il avait passé une nuit étrange mais finalement il l’avait trouvé belle, cette nuit. Il avait aimé la voix basse de Potter qui parlait de tout et de rien. Il avait aimé s’inventer une vie où il n’était plus l’héritier des Malfoy mais libre de choisir son futur métier. Il avait dit à Potter qu’il aimerait être arctefacier et tous les deux ils avaient imaginé sa vie.

Cette nuit-là Draco n’avait pas dormi, mais il avait beaucoup rêvé.

Et alors que l’aube se levait et qu’ils s’apprêtaient tous les deux à partir, Potter avait glissé une main dans ses cheveux en murmurant qu’il avait eu envie de faire ça dès qu’il l’avait vu et puis doucement il avait posé ses lèvres sur les siennes. Juste l’espace d’une seconde.

Et Draco l’avait regardé partir.

Il ne savait pas vraiment comment il allait séduire Potter mais il était évident que lui était déjà complètement sous le charme.

Il savait juste qu’il ne fallait pas que Harry découvre qui il était, il le détesterait…et il ne chercherait plus à le connaître.

O°O°O°O°O°O°O

La bonne humeur de Draco tomba au milieu de l’après midi. Il était avec Blaise et Pansy dehors assis sur un des nombreux bancs du parc à discuter lorsque Potter et ses amis passèrent devant eux. Draco commença à sourire doucement au gryffondor encore sous le charme de la nuit qu’ils venaient de passer ensemble mais ce dernier le regard en fronçant les sourcils.

-Un problème Malfoy ? demanda-t-il d’une voix glaciale.

Maintenant les trois gryffondors s’étaient arrêtés devant eux, attendant plus ou moins patiemment et avec plus ou moins de lassitude, selon les personnes, que Draco réponde.

Le serpentard avait vite perdu son doux sourire. Cette fois il devait jouer son propre rôle, celui d’ennemi de Potter et il devait donc se comporter en parfait serpentard mesquin.

-Puisque tu le demandes si gentiment, je peux en effet te dire que j’ai un problème qui se trouve justement être toi. Je pensais que tu le savais depuis le temps…

-Dans ce cas arrête de me sourire, c’est assez…effrayant., grimaça le gryffondor.

-Non ce qui est effrayant c’est ton look Potty. Maintenant lâche-moi, tu me tapes sur les nerfs.

Potter se contenta de hausser les épaules et jeta un coup d’œil amusé à Weasley.

-Allez viens Harry, dit finalement Granger en le tirant par la manche, on s’en va…

Toujours avec son petit sourire méprisant accroché au visage, le gryffondor se retourna et commença à partir avec Granger. Weasley se trouvait encore en face d’eux avec une drôle de mine constipée.

-Heu…Weasley, tes amis sont partis là…tenta Blaise.

Le gryffondor leva brusquement la tête et grommela quelque chose d’incompréhensible. Les trois serpentards s’entre-regardèrent à la fois surpris et ennuyés par cette présence prolongée.

-Il semblerait qu’il essaie de communiquer, fit Draco, songeur.

-Possible, approuva Pansy, mais je ne comprends pas un stricte mot à ses marmonnements.

-C’est peut être un nouveau langage ? supposa Blaise.

-Oui, enfin quoiqu’il en soit c’est ennuyeux, baya Draco.

Ron qui commençait à rougir de colère pointa un doigt rageur en direction de Pansy.

-Toi ! cria-t-il.

La jeune fille sursauta avant de regarder ses amis d’un air inquiet.

-J’ai un message de la part de mon frère Charlie! poursuivit le rouquin visiblement à contre cœur.

Pansy se mit à rougir à son tour, manifestement troublée.

-Je…commença-t-elle.

-Il te passe le bonjour ! coupa Ron. Et il veut savoir si tu veux sortir à Prè-au-Lard avec lui samedi !

Le ton était brusque et le rouquin semblait faire des efforts pour ne pas partir en courant. A l’évidence faire ce genre de commission ne lui plaisait pas du tout.

En réalité il n’avait pas eu le choix. Son frère lui avait bien fait comprendre qu’il avait tout intérêt à faire passer son message et à avoir une réponse s’il ne voulait pas briser toutes ses chances d’avoir un jour une descendance. Charlie avait bien envoyé une colombe mais il n’avait eu aucune réponse.

-Je…Bien sûr que non ! s’offusqua la jeune fille étrangement mal à l’aise. Je n’irais pas !

-Ok, ok ! fit Weasley d’un ton apaisant. Je voulais juste une réponse.

Sur ces mots il s’en alla, laissant le groupe des serpentards étrangement silencieux.

O°O°O°O°O

La mauvaise foi de Pansy fut le dernier des soucis de Draco lorsque plusieurs heures après dans un couloir il vit Harry Potter plaqué contre un mur avec un de ses doubles en train de l’embrasser brusquement.

Il fit un premier mouvement pour partir ayant soudainement envie de hurler ou de vomir mais Potter poussa un gémissement qui n’avait rien à voir avec un gémissement de plaisir alors Draco resta sur place incapable de bouger.

La seconde d’après le faux Draco se trouvait à terre en se tenant les testicules alors que Harry s’essuyait la bouche avec un air de dégoût.

-Qu’est-ce que tu croyais faire là ? cria-t-il au type à terre auquel il venait de mettre un violent coup de genoux.

L’autre, la respiration sifflante, n’émit qu’un gémissement douloureux et Draco réagit enfin. Il se retourna le temps de changer la couleur de sa cravate en bleu et gris, espérant que Potter ne l’ai pas remarqué avant.

Harry insultait toujours l’homme à terre mais en réalité il tremblait. Le fait est qu’il ne s’attendait vraiment pas à ce qu’il venait de lui arriver. Il leva les yeux en entendant quelqu’un approcher et eut un mouvement de recul en voyant qu’il s’agissait d’un autre Malfoy.

-Ça va aller Harry ? demanda le nouveau venu avec inquiétude et le gryffondor plissa les yeux.

-Dis moi juste quel métier tu veux faire plus tard, répondit le gryffondor d’un ton agressif.

Draco allait répliquer qu’il devait reprendre les affaires de la famille Malfoy avant de se souvenir que ce n’était pas du tout ce qu’il avait dit à Potter la veille.

-Artefacier…

Le gryffondor parut immédiatement soulagé et ses épaules s’affaissèrent.

-C’est toi, souffla-t-il avant de se laisser aller dans ses bras.

Draco ravi de ce comportement se garda bien de faire le moindre geste.

-Alors tu vas bien ? reprit-il d’un ton plus inquiet qu’il ne l’aurait voulu.

-Oui, ça va…Ce n’était qu’un baiser après tout…mais c’est le premier qui ose aller aussi loin.

-Comment ça ? questionna le serpentard en jetant un regard de pure haine à son double qui se relevait difficilement.

Il avait fortement envie de lui arracher les membres un à un mais il refusa d’assimiler ce désir à de la jalousie.

-Depuis ce matin, trois Draco sont venus pour tenter de sortir avec moi, ils se faisaient passer pour toi. Ils sont au courant que je t’ai embrassé alors il pense que je vais faire pareil avec eux…bref les deux autres n’ont fait que parler mais celui-là a voulu tenter sa chance.

Draco regarda de nouveau le blond qui les toisait avec haine. Il ne semblait pas apprécier de les voir enlacés.

-J’en parlerai au vrai Malfoy, cracha-t-il, et votre petite idylle va vite se terminer !

-Dégage, siffla Potter avant que Draco ait pu répliquer quoi que ce soit. Je ne supporte pas les types comme toi qui se croient tout permis. Tu peux en parler à Malfoy, je m’en tape.

-Tu t’en tapes ? répéta le double en ricanant et Draco vit qu’il avait, lui aussi, une cravate de serdaigle. Crois-moi, si Malfoy sait que tu poses les mains sur son corps, il va non seulement pulvériser ton petit copain mais tu ne t’en remettras pas non plus !

Draco, qui commençait à en avoir marre que ce bouffon parle en son nom, se dégagea de l’étreinte du gryffondor et marcha vers son clone d’une démarche assurée.

Puis il sorti sa baguette et plissa les yeux, l’autre ne ricanait plus soudainement, il blêmissait même de plus en plus.

-Personne ne me menace, dit-il d’une voix traînante et froide et son double écarquilla démesurément les yeux.

-Tu es…

-Expelliarmus! coupa Draco et le garçon fut projeté à l’autre bout du couloir avant de retomber dans un choc sourd.

-Tu es fou ! s’écria Harry en courant vers le garçon qui gisait inanimé.

Draco haussa les épaules. Pour lui, ce petit minable avait eu ce qu’il méritait.

Potter était tout pâle et poussa un soupir de soulagement quand son agresseur commença à bouger.

-Je l’emmène à l’infirmerie ! cria-t-il en direction de Draco. Tu n’avais pas à faire ça ! Il n’a même pas eu le temps de sortir sa baguette.

-Désolé, je n’ai rien d’un bon samaritain qui se laisse piétiner avant de tendre l’autre joue.

-Ce que tu as fait est lâche, répondit simplement Harry en portant difficilement le double qui semblait s’être évanoui.

-T’embrasser de force était lâche aussi !

Le gryffondor s’arrêta un instant avant de reprendre sa marche.

-C’était mon problème, répondit-il néanmoins d’une voix glaciale. Et toi aussi tu as fait comme lui…

-Ça n’avait rien à voir, tu as répondu à mon baiser !

Draco regardait sans pouvoir rien faire la mince confiance et complicité qu’ils avaient instaurées entre eux, s’effilocher inexorablement.

-Tu ne comprends pas. Il t’a insulté alors tu lui as jeté un sort. C’est une réaction disproportionnée et dangereuse.

-C’est toi qui ne comprends pas, répondit Draco en le regardant s’éloigner. S’il ne t’avait pas embrassé, je n’aurais jamais réagi comme ça…

Harry ne répondit rien et Draco ne put pas voir le léger sourire satisfait qui ornait ses lèvres.

Ainsi Malfoy était jaloux…

Tout cela commençait à devenir très intéressant.

A suivre…

 
 
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