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au 04 Déc 08 :
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contenant 3595 chapitres
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Draco Malfoy est unique
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Humour
5 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 4     Les chapitres     8 Reviews    
Et à minuit Cendrillon va s'enfuir
Chapitre 4 : Et à minuit, Cendrillon doit s’enfuir.

-Weasley ! Weasley !

Ron se retourna, se demandant bien qui pouvait l’appeler. Il évita un poufsouffle, qui étrangement n’avait pas pris de polynectar, avant de se retrouver juste en face de Pansy Parkinson, essoufflée après avoir couru.

Elle était seule, pas de serpentard avec elle, ce qui était en soi étonnant.

-Ouais ? fit enfin Ron d’une voix qui se voulait blasée.

A son grand étonnement la jeune fille se mit à rougir avant de relever la tête brusquement, ses yeux semblant le défier de faire la moindre remarque.

-As-tu déjà donné ma réponse à ton frère ?

-Mon frère ?

Mais de quoi Parkinson lui parlait ?

-Tu sais très bien de quoi je parle, siffla-t-elle comme si elle venait de lire dans ses pensées, ses yeux noirs lançaient des éclairs. Alors tu lui as donné ma réponse ?

Le rouquin écarquilla les yeux, se rappelant en effet que la veille il avait demandé à la serpentarde si elle voulait aller à Prè au Lard avec Charlie. Il aurait préféré oublier qu’il avait dû faire ça…encore un traumatisme à ajouter à la longue liste qu’il avait déjà…

-Non, mais t’inquiète, je vais le faire, t’énerve pas…

L’attitude de la jeune fille changea du tout au tout. Elle n’avait plus du tout l’air revêche mais semblait plutôt totalement gênée.

-Je…, commença-t-elle, j’ai changé d’avis. Je…je veux bien le rencontrer samedi mais juste pour lui dire moi-même de me lâcher la grappe ! Ne vas pas t’imaginer n’importe quoi !

-Je…Je n’en doute pas ! se hâta de répliquer le gryffondor sur le même ton mais ils savaient tout les deux qu’il n’était pas dupe. Bien, je lui dirai alors…

Il essaya de ne pas grimacer en disant cela mais des images mentales atroces de son frère marchant main dans la main avec la serpentarde ne l’aidaient pas beaucoup. Parkinson était assez mignonne à première vue mais lui connaissait plutôt son côté harpie et il avait peur justement que ce soit cela qui attire tant son chasseur-de-dragon-de-frère.

Etait-il donc le seul de sa famille à aimer les filles normales ?

-Bien, reprit Parkinson avec plus de contenance. Je compte sur toi pour ne pas ébruiter cette histoire. Les autres n’ont pas besoin de savoir que je vais sort…remettre ton frère à sa place.

Et c’était sans doute pour cette raison qu’elle ne lui avait pas donné sa vraie réponse la veille, lorsqu’elle était avec ses amies. Elle devait avoir peur de leur réaction.

-Ce n’est pas comme si j’avais envie que tout le monde sache qu’un de mes frères va sort…se faire remettre en place par toi ! répliqua Ron d’un ton acerbe.

-Bien.

-Bien.

-Bien !

-Bien !

Sur ce dernier dialogue très enrichissant Pansy se retourna et partit la tête haute tandis que Ron enfonça les mains dans les poches et se dirigea vers la volière pour annoncer la « bonne » nouvelle à Charlie.

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°OO°O

-Tu m’en veux toujours, murmura Draco à l’oreille de Ginny.

La jeune fille rougit brusquement mais ne se retourna pas. Le blond venait de la prendre dans ses bras et bien malgré elle, elle se laissa aller tout contre lui.

-Bien sûr que je t’en veux ! répliqua-t-elle enfin d’un ton beaucoup moins sévère qu’elle ne l’aurait voulu. Et arrête de me tripoter en plein milieu du couloir, Harry ou mon frère pourrait très bien te voir et t’arracher les entrailles.

-Je n’ai pas peur d’eux, dit doucement le blond avant de l’embrasser dans le cou.

-Ne…ne fais pas ça…

-Je sais que je n’aurais pas dû prendre son apparence…mais tu ne me regardais jamais avant…

-Ne dis pas de bêtise ! s’écria la jeune fille toujours sans se retourner. Utiliser du polynectar pour me séduire, c’est vraiment en dessous de tout ! Je ne suis pas si superficielle pour ne m’intéresser qu’à une enveloppe, Neville !

-Et c’est pour ça que tu me laisses te prendre dans mes bras mais que tu refuses de me regarder…

-Ce n’est pas Malfoy que j’ai envie de voir ! cria Ginny les larmes aux yeux. Tu n’as pas compris ? Ce n’est pas lui qui a réussit à me séduire !

Il lui semblait que derrière elle, le gryffondor se détendit et il la serra un peu plus dans ses bras.

-Je t’aime Ginny Weasley, dit-il enfin doucement avant de la lâcher.

La jeune fille écarquilla les yeux mais ne se retourna toujours pas. Elle était juste sous le choc et elle entendit Neville partir sans faire un geste pour le retenir.

-Je t’aime aussi, murmura-t-elle une fois seule, mais je ne te le dirais que quand tu seras de nouveau toi-même. Idiot.

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O

-Tu vas bouder encore longtemps ? demanda Draco avec lassitude.

-C’est une possibilité à ne pas négliger ! répondit Harry sèchement.

-Bon, ok, j’admets que je me suis un peu emporté. Je n’aurais peut-être pas dû envoyer ce tas de merde valser dans le couloir, mais il n’a quasiment rien, juste une petite bosse de rien du tout…

-Il est quand même rester inconscient, trois heures ! Pomfresh a dit que son cerveau n’avait pas été correctement irrigué et qu’il risquait d’avoir des séquelles !

-Ça ne va pas changer grand chose, ce type était déjà débile, ricana le serpentard.

-Tu es si compatissant ! persifla Harry, le regard noir.

Le gryffondor commençait à agacer clairement Draco. Ils perdaient un temps précieux en disputes inutiles. Il ne restait même pas trois jours avant que les effets du polynectar disparaissent. Après ça, il n’aurait plus jamais l’occasion de toucher ou même simplement de parler civilement avec le gryffondor.

Trois jours et tout allait être fini…

-Ecoute, je ne veux pas me disputer avec toi…L’autre nuit, c’était…c’était génial…J’étais bien, juste avec toi…

-Même si on n’a fait que parler ? demanda Harry dubitatif…

-Bien sûr ! Je ne suis pas aussi obsédé que tu as l’air de le penser !

Le regard du rouge et or se fit encore plus suspicieux.

-Alors si ce soir je te donne rendez-vous à la tour d’Astronomie pour simplement parler…Tu viendras ?

Le blond ne put retenir un sourire même s’il leva exagérément les yeux au ciel, l’air complètement affligé.

-S’il le faut ! soupira-t-il fortement.

Cela eut au moins le mérite de faire rire le gryffondor.

-Oh, tu as l’air tellement malheureux ! s’exclama celui-ci en lui ébouriffant les cheveux.

-Hé mes cheveux ! cria le serpentard essayant d’échapper aux mains joueuses du brun. Arrête Harry ! Arrête je te dis !

-Niark, Niark, il ne fallait pas me chercher…et puis ils sont si doux !

Leur dispute se poursuivit dans les couloirs où Draco essayait à tout prix d’échapper au gryffondor qui riait comme un dément.

Il riait aussi en se tenant la tête, surprit lui-même de s’entendre rire de cette façon, presque comme un enfant mais avec toujours cette étrange retenue.

Potter lui faisait décidemment faire des choses incroyables…

Ce n’était finalement pas si mal de ne pas être lui-même.

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O

Harry passait beaucoup de temps avec Draco. Beaucoup plus qu’il ne l’aurait jamais imaginé.

Il avait reconnu le serpentard quasiment dès la première minute. Il avait suffi qu’il lève son sourcil une fois avec cette façon toute particulière made in Malfoy pour que Harry le reconnaisse. Et puis Malfoy avait dit qu’il voulait le séduire et Harry avait bien entendu tout de suite cru à un piège.

Pour lui, la seule chose que Malfoy voulait c’était se jouer de lui. Il devait avoir compris que Harry n’était pas indifférent à son physique. De toute façon, personne n’était indifférent à Malfoy.

Peut-être était-il une sorte de veela ? Si c’était le cas, Harry n’en serait qu’à moitié étonné !

Quoiqu’il en soit, le gryffondor avait vu là, l’opportunité de le prendre à son propre piège. Surtout quand Malfoy s’était mis à l’embrasser…Harry avait vraiment aimé ça mais croyait que pour Malfoy tout n’était qu’un jeu.

Alors il lui avait proposé de le rejoindre à la tour d’astronomie, dans le but de le séduire avec des mots plutôt qu’avec des actes. Il jouait en quelque sorte au même jeu mais avec des armes différentes.

Il avait eu envie que Malfoy tombe amoureux de lui, pour après pouvoir le mettre plus bas que terre et lui dire quelque chose comme : « Alors Malfoy, tu croyais que j’allais succomber à ton charme ? Mais regarde-toi ! Ici, tu es le seul qui transpire d’amour ! »

Mais bien sûr, tout avait changé après cette nuit. Il en avait aimé chaque seconde.

Draco était…

Il était charmant…

Et puis agaçant aussi.

Mais Harry souriait tout le temps en pensant à lui.

Il l’avait eu en fait, ce petit snobinard. Malfoy avait gagné finalement.

Au bout du compte c’était lui qui s’était fait prendre à son propre piège. Il était tombé amoureux simplement avec des mots…même s’il soupçonnait en fait de l’aimer depuis longtemps.

Et Malfoy…semblait heureux de passer du temps avec lui.

Chaque soir, ils s’étaient retrouvés, toujours à la tour d’astronomie. En tout, cela ne faisait que quatre nuits mais ils avaient beaucoup parlé et la veille, le vendredi soir, ils s’étaient endormis tous les deux là-bas, emmitouflés dans leurs capes. Ils n’avaient pas eu froid car la tour était chauffée, mais c’était sacrement inconfortable et Draco s’était servi de Harry comme oreiller.

Le gryffondor avait fait mine de paraître outré mais il avait adoré le sentir tout contre lui.

Nous étions samedi. Demain, dimanche les effets du polynectar allaient disparaître à minuit. Il restait donc deux jours complets à Harry pour rester avec Draco.

Pour l’instant le gryffondor réfléchissait à un plan dans son dortoir.

Pour lui, il était évident que Malfoy allait le laisser tomber avec toute la fin de cette histoire. Il avait deux jours pour lui faire comprendre qu’il ne voulait pas que ça s’arrête là.

Mais dire à Malfoy qu’il savait qui il était, était la chose à ne pas faire. Le serpentard serait furieux de savoir que Harry l’avait pris à son propre piège. Et il était de notoriété publique que Malfoy était d’une mauvaise foi impressionnante.

Il ne devait surtout rien gâcher.

-Oh, tu découches la nuit et tu soupires quand tu reviens ! Ce n’est pas un comportement très exemplaire, Monsieur Potter ! s’exclama Ron qui venait de sortir de la salle de bain.

Harry eut un sourire avant de s’affaler sur son lit. Le rouquin le regardait les mains sur les hanches, l’air faussement outré.

-Découcher je veux bien que ça ne se fasse pas, mais soupirer il n’y a là rien de compromettant, Monsieur Weasley.

-C’est là que tu te trompes, cher ami. Découcher, c’est logique, c’est même de ton âge, même si tu causes du soucis à ton meilleur ami qui n’en dort pas de la nuit, imaginant déjà ton corps démembré gisant dans un fossé…

-Tsss, je parie que tu t’es endormi comme une masse.

-Oui en effet ! Mais j’aurais très bien pu ne pas en dormir de la nuit ! Bref, je disais donc que découcher était normal mais soupirer après avoir découché est un mélange explosif qui me conduit à la grande question : Mais qui a donc bien pu capturer le cœur de mon Ryrytounet ?

-Arg pitié ! Ne m’appelle pas comme ça ! Et arrête de papillonner des yeux, c’est effrayant !

-Tu cherches à éviter de répondre, chantonna le rouquin de manière agaçante.

-Peut-être parce qu’il n’y a aucune réponse à donner, chantonna Harry de la même façon.

-Mais c’est qu’on y croirait presque ! fit Ron, impressionné. Mon petit Ryry tu t’améliores dans ton jeu d’acteur.

-Arrête avec les surnoms stupides Ron-Ron !

-Mais bien sûr, mon canard en sucre !

-Tu fais chier, mon roudoudou…

-Tu m’en vois désolé, ma rose printanière.

-C’est déjà ça, ma libellule libertine.

-En effet, mon étoile du firmament.

Harry éclata de rire parce que Seamus venait de rentrer et les regardaient, les yeux agrandis de stupeur.

-Je ne veux surtout pas savoir ce qu’il se passe, murmura-t-il simplement avant de ressortir.

-Pfff. Il est jaloux ! sourit Ron avant de sortir à son tour en criant « Reviens Mumus ! ».

Harry ne tarda pas à les suivre débutant ainsi une nouvelle course poursuite à travers la tour des gryffondors.

O°O°O°O°O°O°O°O°O

Harry avait passé son samedi après midi avec Draco à Prè au Lard. Il était au moins sûr de ne pas croiser Ron là-bas puisque ce dernier était resté au château refusant de tenter le diable et de voir Pansy avec son frère. Pas qu’il eut honte de s’afficher avec Malfoy mais il voulait être sûr que tout cela mène quelque part avant d’en informer ses amis.

Il était donc totalement étonné par le nombre de double qui avait réussi à avoir un rendez-vous. Certains même se promenaient main dans la main entre eux. C’était vraiment étrange de voir un Malfoy en embrasser un autre et assez excitant aussi, songea Harry en rougissant.

Le vrai Malfoy se tenait à ses côtés raide comme la justice. Ses yeux lançaient des éclairs dès qu’il voyait un Draco et il faisait preuve d’une grande maîtrise de soi pour ne pas leur jeter des sortilèges. Harry l’avait vu plus d’une fois approcher une main tremblante de rage à sa baguette mais il s’était toujours contenu à temps. Il ne voulait vraisemblablement pas mettre à mal sa couverture.

Ils étaient aux Trois Balais. Harry sirotait sa bièraubeurre et Draco avait un thé en face de lui mais il n’y avait pas touché. Le blond regardait les verres de whisky pur feu qui passaient devant eux avec envie. De toute évidence il avait besoin d’un remontant et semblait hésiter entre se saouler à mort et ainsi se mettre à raconter des trucs qu’il ne voulait surtout pas raconter à Potter ou rester sobre et souffrir.

Il avait choisi depuis longtemps de rester sobre, un Malfoy ne se saoulait pas. Il n’avait jamais perdu le contrôle et ce n’est pas maintenant que ça allait arriver.

Trois nouveaux Draco entrèrent en riant dans le bar. L’un d’eux fit même un clin d’œil à Harry. Le Serpentard, qui s’était enfin décidé à boire son thé, s’étouffa de rage devant ce spectacle et le gryffondor dut lui taper dans le dos pour qu’il aille mieux. Harry ne s’était même pas aperçu que quelqu’un lui avait fait un clin d’œil. Normal, son regard était fixé sur Malfoy. Par contre, il s’était rendu compte que l’attitude de tous ici était un peu à la fête, cela sentait la fin, il ne restait plus qu’un jour et demi avant que les effets du polynectar ne cessent et les Draco semblaient en profiter au maximum. Ils semblaient être sûrs aussi que le vrai Malfoy était resté à Poudlard.

-Ça va aller ? demanda alors Harry en voyant le serpentard pâlir lorsque deux lui-même entrèrent dans les toilettes des garçons en se caressant de façon indécente.

Pour la première fois depuis le début de cette histoire, Harry essaya de se mettre à la place de Malfoy. Il pensait que ça ne l’aurait pas dérangé d’avoir plein de double, comme ça pour une fois dans sa vie il arrêterait d’être LE survivant. Mais à présent il voyait les choses différemment. Il n’aimerait sûrement pas que tout le monde connaisse son corps par cœur et qu’ils s’en servent comme appât pour attirer sexuellement d’autres personnes. C’était une sorte de viol si on y réfléchissait bien. Il regarda son voisin avec un intérêt nouveau. A la place de Malfoy, il aurait sûrement passé la semaine planqué dans son lit, tout gryffondor qu’il était. Mais Malfoy n’avait pas fait ça, il s’était battu pour son image, avait instauré des règles, avait tenté de garder le contrôle.

Et tout cela s’effritait sous ses yeux aujourd’hui. Ce n’est pas ce que Harry avait voulu pour cette sortie. Il voulait que Malfoy en garde un bon souvenir. Avec un sourire, il attrapa le blond par la main et l’obligea à se lever. Il n’écouta pas ses tentatives pour rester et l’emmena loin du café.

-Tu aurais pu au moins me laisser finir mon thé ! râla Draco qui ne comprenait pas ce qu’il avait soudainement pris au gryffondor.

Harry ne répondait rien, traînant Draco à travers les rues. Lorsque énervé, le serpentard se dégagea enfin, ils étaient sortis des rues marchandes et se trouvaient à la lisière d’une forêt. Le bruit de la foule était très vague et le vent dans les arbres le surpassait de loin. Draco resserra son manteau autour de lui.

-Pourquoi nous as-tu emmené là ? demanda-t-il pas vraiment rassuré.

-J’étouffais là bas, mentit Harry en s’approchant. Nous ne sommes pas mieux ici, au calme ?

Le serpentard haussa les épaules. Cet endroit était parfait pour un guet-apens et comme toujours Potter ne voyait pas le danger et il commençait déjà à faire sombre. La nuit tombait vite à cette époque de l’année.

-C’est l’endroit rêvé pour être attaqué, railla Draco vraiment mal à l’aise mais ne voulant pas que Harry s’en rendre compte.

D’ailleurs ce dernier s’approchait encore et d’un geste très doux caressa sa joue. Draco frissonna.

-Prépare-toi à l’attaque alors…murmura Harry et il se pencha pour l’embrasser.

Le malaise de Draco tomba au même instant. Il ne pensait plus à une possible attaque ou au froid. Il ne pensait plus du tout à partir en fait. Il passa ses mains autour de la taille du gryffondor et approfondit le baiser en soupirant de plaisir.

Ils passèrent le reste de l’après midi à se câliner doucement. C’était la première fois qu’ils allaient si loin, comme s’ils étaient un vrai couple. Draco se demandait ce qui lui valait un tel revirement de situation mais il profita de chaque seconde comme si c’était la dernière. Les deux garçons, ne se séparaient que pour faire retomber la pression même si aucun des deux n’arrivait à la faire complètement disparaître. Et souvent Harry se reculait, gêné que Draco ait pu sentir son érection à travers ses vêtements mais ce contact semblait au contraire faire gémir le serpentard de la plus excitante des façons.

Lorsque enfin ils se séparèrent pour rentrer, aucun des deux ne sentait le froid et ils avaient l’impression de marcher sur un petit nuage.

-Harry, souffla Draco devant les grilles de Poudlard, on se voit cette nuit ?

Il y avait dans les yeux gris une promesse chaude et diabolique de finir ce qu’ils venaient de commencer.

-D’accord, répondit le gryffondor qui aurait aimé le voir tout de suite et devant les quelques élèves rassemblés près d’eux, il l’embrassa si profondément que Draco crut qu’il allait jouir à ce simple contact.

Il était au paradis.

Il passa le reste de la soirée à rendre la tour d’astronomie follement romantique. Par chance c’était son tour de garde ce soir-là donc personne n’allait venir les déranger. La pièce était chaude, le plafond en verre montrait les étoiles et Draco avait installé un matelas. Il avait aussi apporté de quoi manger et boire. Il voulait que tout soit parfait.

Et il ne manquait plus que Harry pour que tout soit parfait et peut-être que si tout se passait bien, pourrait-il lui avouer son terrible secret…

Serein, comme il ne l’avait pas été depuis longtemps, il attendit l’homme qu’il aimait, le cœur battant à tout rompre.

Mais cette nuit là, Harry ne vint pas.

O°O°O°O°O°O

-Où sont Ron et Harry? demanda Hermione.

Dean, Seamus et Neville lui lancèrent un regard noir. Ce fut Seamus qui se dévoua pour parler.

-Ils nous ont viré de la chambre pour avoir encore une de leurs conversations sérieuses, grogna-t-il avant de poser une carte sur la petite table basse près de la cheminée de la salle commune des gryffondors.

-On ne peut jamais participer à leur conversation sérieuse, râla Neville en soufflant sur une de ses « nouvelles » mèches blondes qui tombait toujours sur son nez. Il comprenait mieux pourquoi Malfoy s’échinait à les maintenir sous une tonne de gel. Enfin ce soir à minuit, tout serait fini.

-Pas qu’on soit curieux, mais bon c’est toujours les mêmes qui vivent les histoires les plus palpitantes, renchérit Dean en jouant à son tour.

Hermione Granger regarda la porte du dortoir avec une curiosité croissante mais elle préféra ne pas s’en mêler. De toute façon, quand Ron et Harry seraient dans une impasse, ils feraient appel à elle, comme toujours.

°O°O°O°O°O°

-Comment ça, tu es amoureux de lui ? s’exclama Ron soudainement tout rouge.

-Je t’ai déjà dit que ce n’était pas le plus important ! répliqua Harry. Je lui ai posé un lapin ! Je suis stupide ! C’est Malfoy ! Jamais plus il ne voudra m’adresser la parole ! Mais j’ai eu peur et…

Ron s’était assis sur le lit, complètement abasourdi. Harry n’avait décidément aucun tact pour ce qui était d’annoncer des nouvelles. D’habitude ça le faisait rire car ce n’était jamais lui à qui il annonçait ses « bombes » mais cette fois il avait plutôt envie de pleurer.

Harry amoureux de Malfoy…

Comment est-ce que son si gentil ryrytounet avait-il pu donner son cœur palpitant à la fouine ? Est-ce qu’il avait fait quelque chose qui n’allait pas ? Où avait-il commis une faute dans son rôle de meilleur ami ?

« -Ron ne fait pas cette tête ! Harry a besoin de toi ! » cria une petite voix dans sa tête qui ressemblait étrangement à celle d’Hermione Granger.

-Donc tu n’es pas allé à son rendez-vous, reprit Ron d’un ton qui se voulait rassurant. Ce n’est pas si grave…

-Pas si grave ! s’énerva Harry d’une voix stridente. Comment crois-tu qu’il va réagir ? A l’heure qu’il est, il doit me détester !

-Je pense que s’il ressent la même chose que toi, il comprendra. Explique-lui que tu as eu peur, que c’est nouveau pour toi, et que tu l’aimes bien…

Ron s’écoutait parler sans parvenir à croire qu’il disait ça. Hermione serait fière de lui. Mais franchement Harry avec Malfoy…Berk.

-Le problème c’est qu’il ne ressent sûrement pas la même chose, soupira Harry.

-Alors dans ce cas, il ne mérite pas ton affection, répliqua Ron qui se refusait à dire « amour » car fallait pas pousser non plus ! S’il ne comprend pas, laisse le tomber !

-Tu as sûrement raison, souffla Harry après un long silence.

Mais il savait déjà que ce serait plus facile à dire qu’à faire.

Quoiqu’il en soit cette discussion avec Ron lui avait fait du bien. Le rouquin savait toujours quoi lui dire pour qu’il se sente mieux.

Maintenant c’était avec Draco à qui il fallait qu’il parle.

O°O°O°O°O

Draco n’était même pas sorti de sa chambre. De toute évidence, hier soir Potter avait dû découvrir le pot aux roses et il n’était pas venu. C’était la logique même. Le « serdaigle » déguisé en Draco était assez bien pour lui mais le vrai Malfoy devait le dégoûter.

Draco l’avait attendu toute la nuit avant de s’en aller au petit matin le cœur au bord des lèvres. Il s’était enfermé dans sa chambre et ses amis avaient beau frappé à sa porte, il ne répondait à personne.

Ce n’est qu’en fin d’après midi qu’il se décida à sortir. Il ne servait à rien de s’enfermer et il ne fallait surtout pas que Potter pense qu’il pouvait le blesser. Il resta avec ses amis tout le reste de la journée, ne croisant pas Potter une seule fois.

Il ne s’énerva même pas une seule fois contre ses doubles. C’était les dernières heures de ce cauchemar et il était grand temps qu’il réfléchisse à une vengeance digne de ce nom à l’encontre des jumeaux Weasley.

A vingt-trois heures passées, il faisait sa ronde de préfet. Dans moins d’une heure, le polynectar allait cesser de faire effet. Il ne trouva personne, sauf un serdaigle à proximité de sa tour à qui il enleva cinq points.

Avec un soupir, il se dirigea vers la tour d’astronomie. La lumière qui filtrait à travers la porte témoignait qu’il y avait quelqu’un. Il fut prit d’un étrange pressentiment et sans qu’il sache vraiment pourquoi, il changea la couleur de sa cravate en bleu et gris. Puis le cœur battant à tout rompre, il ouvrit la porte.

Potter se trouvait dos à lui, accoudé à un des murets, contemplant le ciel. Le matelas était toujours là, ainsi que les bougies et le champagne.

-Tu es en retard d’un jour ! ne put s’empêcher de dire Draco, glacial.

En sursautant Harry se retourna et le regarda à la fois surpris et soulagé de le voir là.

-Je suis désolé, répondit-il simplement et la colère de Draco fonda simplement à ces mots.

Apparemment Potter ne savait pas qui il était, ce qui était, en soi, un immense soulagement.

-Ce n’est pas grave, répliqua Draco d’une voix douce. C’est sûrement mieux ainsi…ne t’en fais pas.

C’était vrai, Draco y avait réfléchi. Il ne voulait plus tromper Potter, c’était mieux que tout se termine ici avant qu’ils n’aillent trop loin. Il sourit au gryffondor qui semblait perdu et triste et s’apprêta à sortir mais Potter le rattrapa vite et l’obligea à se retourner.

-J’avais peur, dit-il très vite en posant sur lui un regard résolu. Mais je n’ai plus peur maintenant. Fais-moi l’amour Draco…

Le serpentard ferma les yeux lorsqu’il entendit cette dernière phrase. Combien de fois avait-il rêvé de l’entendre ?

-C’est faux, dit-il en sentant Harry frissonner contre lui. Tu as toujours peur et tu trembles entre mes bras…

-C’est vrai, j’ai un peu peur mais je suis encore plus effrayé par le fait que tu passes cette porte ce soir et que tu ne viennes plus jamais me revoir. Car c’est ce qu’il va se passer, n’est-ce pas ?

Draco ferma les yeux. Bien sûr que c’est ce qu’il se passerait. A minuit, il n’aurait plus aucun alibi pour côtoyer Harry. Jamais il n’oserait lui avouer ses sentiments.

-Laisse-moi partir, souffla le serpentard mais Harry fit non de la tête et silencieusement il lui enleva sa cravate.

-Fais-moi l’amour, répéta-t-il en l’embrassant. J’ai besoin de ça…

Alors Draco l’embrassa à son tour, se laissant entraîner sur le matelas. Presque avec désespoir, il déshabilla le gryffondor, sachant que c’était un miracle d’être là avec lui. Une seule nuit…même pas, une seule fois…

Une seule fois à toucher ce corps, à le dévêtir, à s’enivrer de l’odeur de sa peau et de chacun de ses soupirs.

Ce n’était pas sa première expérience mais il tremblait de tous ses membres. Il se sentait maladroit en touchant la peau contre la sienne. Il voulait tellement que Harry soit heureux.

Ils étaient nus à présent et Harry ne cessait de l’embrasser, semblant vouloir poser sa bouche sur chaque parcelle de sa peau.

C’était indescriptible de l’avoir dans ses bras. Il rougissait sous les yeux verts qui le détaillaient sans aucune pudeur. Il avait peur que Potter n’aime pas ce corps que pourtant les deux tiers de l’école s’étaient approprié pendant une semaine. Mais le regard brûlait sur sa peau et les mains apprirent aussi son corps avec une dévotion toute particulière.

Les minutes passaient et leur désir était de moins en moins contrôlable. Draco touchait Harry partout. Il cherchait plus à se fabriquer des souvenirs qu’à attiser le plaisir du gryffondor mais même les caresses les plus anodines électrisaient Harry.

Lorsque enfin il s’enfonça dans le gryffondor, Draco crut que son cœur allait exploser. Harry haletait sous lui, griffait son dos, bougeait ses hanches.

Il l’entourait, omniprésent, pour lui, juste pour lui.

-Je t’aime, souffla Harry à son oreille et Draco se mordit les lèvres pour ne pas hurler de rage.

Ce n’était pas lui que Harry aimait…

Il accéléra ses mouvements, fermant les yeux, imaginant que Harry savait qui il était.

Plusieurs minutes plus tard, il s’écroula sur le gryffondor, le cœur battant à tout rompre. Il se retira du corps chaud, soutirant un gémissement à Harry.

Ils étaient tous les deux en sueur et Draco embrassa doucement Harry, encore incapable de parler.

Il voulait lui dire qu’il l’aimait. Le regard vert se posait sur lui, plein de tendresse et Harry lui tendit la main pour le ramener tout contre lui. Draco accepta l’invitation de bon cœur et se cala contre le corps si chaud de son amant. Il commençait à avoir froid maintenant que le plaisir était retombé. Refaire l’amour à Harry était une bonne solution pour se réchauffer et cela lui éviterait de parler…

Fort de cette décision Draco embrassa le torse du gryffondor, descendant de plus en plus bas.

-Il doit être bientôt minuit, murmura Harry avec un sourire dans la voix.

Cette phrase sonna comme un glas aux oreilles du serpentard. Bientôt minuit ! Harry s’attendait sûrement à ce qu’il change de forme…

Il se leva brusquement, imaginant déjà l’air horrifié de Harry lorsqu’il verrait qu’il restait lui même.

-Que fais-tu ? marmonna Harry, à moitié endormi.

-Je m’en vais ! répondit Draco d’un ton sans réplique, la peur au ventre.

Harry allait le détester…

Le gryffondor se réveilla immédiatement, attrapant Draco par le poignet et l’obligeant à se rasseoir sur leur lit.

-Comment ça, tu t’en vas ? Tu ne vas pas me laisser là tout seul alors qu’on vient de…?

Le serpentard détourna les yeux et enfila sa chemise.

-Je ne veux pas que tu voies ma vraie apparence. Il est presque minuit et je pars.

-Quoi ? s’exclama Harry. Mais c’est ridicule. Tu ne peux pas partir.

Il obligea Draco à s’allonger et le serra fort dans ses bras. Malfoy ne pouvait pas partir après ce qu’il venait de vivre. Il l’aimait, il lui avait dit…Il ne pouvait pas le laisser après ça.

-Lâche-moi ! ordonna Draco en essayant de le pousser.

-Non, supplia presque Harry. Reste. Ne gâche pas tout, reste…

Mais le serpentard n’écoutait plus. Il était mort de trouille à l’idée que Harry ne le voit pas changer. Il n’avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Il sursauta en entendant le premier gong retentir, annonçant minuit. Il se dégagea rapidement, cherchant ses vêtements, n’écoutant plus Harry, ne pensant qu’à s’enfuir alors que les gongs se suivaient avec une cadence morbide.

Il pleurait sans même s’en rendre compte, suppliant à son tour Harry de le lâcher alors que ce dernier l’avait attrapé par le bras. Puis ne sachant pas quoi faire d’autre pour le faire dégager, il se retourna vers lui et lui envoya un coup de poing dans la figure.

Il regarda Harry tituber, se tenant la joue avec une surprise mêlée d’horreur et il ne le regarda plus, puisqu’il sortit en courant le reste de ses vêtements dans les mains.

Le dernier gong avait retentit alors qu’il passait la porte.

Dans la salle, Harry se touchait toujours la joue, sa lèvre saignait et il ne s’était jamais senti aussi sale et aussi seul de toute sa vie.

Il était vraiment un idiot !

A suivre…

Voilà, il ne reste plus qu’un chapitre avant la fin de cette fic. J’espère que vous avez passé un bon moment. Le lemon n’est quasi-pas décrit mais j’ai pensé que ce n’était pas plus mal ainsi.

La suite bientôt si tout va bien.

Biz

Artoung

 
 
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