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au 04 Déc 08 :
1070 comptes dont 378 auteurs
pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Draco Malfoy est unique
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance/Humour
5 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 5     Les chapitres     8 Reviews    
A table!

Remerciement : A Quiproquo et à Warriormeuh qui me sont d’une aide inestimable.

Chapitre cinq : A table !

Six mois plus tard…

-Draco ! Dépêche-toi, la fête va commencer sans nous !

-La fête ? Quelle fête ? marmonna Draco dans sa barbe inexistante. Me font tous chier avec leur fête de fin d’année. Vivement que je me tire d’ici…

-Alors Dray, tu viens ou pas ? Il vient ou pas ?

-J’en sais rien moi, ça fait dix minutes que je poireaute devant sa porte.

-Après tout, s’il ne veut pas venir, ce n’est pas grave, il a l’air fatigué ces temps-ci.

-Il est surtout fatiguant, ouais…

-J’ai entendu Blaise ! s’exclama Draco en ouvrant sa porte brusquement, faisant sursauter Blaise et Pansy.

-Wahou… ! fit Pansy. Tu es vraiment très élégant.

-Ne dis pas ça comme si ce n’était pas habituel et évident chez moi, déclara Draco d’un air blasé.

-Oui mais là tu t’es surpassé…Qui cherches-tu à séduire ?

-Dumbledore, répondit Draco mortellement sérieux, sa barbiche et ses bonbons au citron m’excitent au plus haut point.

-…

-Ton humour fait peur parfois, mon pote…Regarde, Pansy est toute pâle.

-C’est que je viens d’avoir une affreuse image mentale…

-Rha, je savais que vous n’accepteriez pas mon choix, se plaignit Draco, je suis donc condamné à vivre mon amour en silence….secrètement…le cœur aux abois…l’âme en peine…

-Et les couilles en deuil, termina Blaise, compatissant.

-Je ne sais pas ce que j’aime le plus chez toi mon ami, ton romantisme ou ton sens de l’à propos, commenta le blond avec un sourire amusé. Alors, on y va à cette fête ?

-Oui, c’est étrange de savoir que c’est notre dernier soir ici, murmura Pansy un peu tristement, ça va me manquer…

-Pas moi, répliqua Draco, je suis content de quitter cet endroit.

-Allons, il y a bien des choses que tu vas regretter ?

-Oui. Dumbledore.

-T’es con, rigola Blaise et Draco fut satisfait.

La dérision était devenue un moyen de défense très efficace. Mais lui n’avait pas envie de rire, s’il plaisantait c’était juste pour que ses amis lui lâchent la grappe.

Il ne voulait pas aller à cette soirée idiote. Il avait décidé qu’il ferait juste acte de présence quelques minutes avant de repartir. De toute façon, voir Potter avec son petit copain, il avait du mal à le supporter. Cela allait faire deux mois que le célibataire le plus convoité de l’école, voire du monde sorcier, ne l’était plus. Il s’était trouvé un serdaigle, Julian Moore, gentil, mignon et tout et tout…Un gros connard selon Draco mais ce n’était que de son point de vue.

Draco n’avait jamais osé avouer à Potter que c’était avec lui qu’il avait couché, six mois plus tôt (cinq mois et 23 jours en fait, d’après les comptes de Draco). De toute façon, le brun le tuerait s’il savait la vérité. Le gryffondor le détestait encore plus qu’avant et c’était mieux comme ça.

Draco aurait préféré que tout se passe autrement, bien sûr. Oui, mais apparemment le Destin avait décidé que vivre un amour à sens unique serait son fardeau. Et il le porterait, pas de soucis, Draco savait quand il devait laisser tomber et avec Potter, son pourcentage de chance étant largement en-dessous de la barre des zéros (oui, dans les négatifs, c’était à ce point-là), ce n’était même pas la peine de rêver.

Parce qu’il l’aimait ce type, aussi fort qu’il était capable d’aimer. Etre amoureux, finalement, c’était aussi contraignant qu’il l’avait imaginé. Blaise et Pansy s’en doutaient bien entendu, peut-être même l’avaient-ils su avant lui…Quelle importance après tout…Dans une poignée d’heures, il quitterait Poudlard et peut-être que le fait de voir Potter moins souvent…

Oui, il se mentait à lui-même. Mais ne dit-on pas « loin des yeux, loin du cœur » ? Alors il avait le droit d’espérer que cet adage s’appliquait aussi à lui. C’est tout ce qu’il lui restait.

°O°O°O°

Pansy avait retrouvé son Weasley dans la grande salle directement. Presque cinq mois qu’ils étaient ensemble, Charlie n’était décidemment pas doué seulement avec les dragons. Son charme marchait très bien aussi sur les Pansy Parkinson.

Toutes les septièmes années et leurs invités étaient là. Tous les ans, les dernières années avaient le droit à un bal privé et cette année comme il s’agissait de la promotion du célèbre Harry Potter, autant dire que la direction avait fait en sorte que tout soit parfait.

Potter était là bien sûr, un verre à la main, son serdaigle à proximité et souriant à Lupin qui était en train de lui parler. Draco l’avait repéré immédiatement. Parce qu’il avait un radar à Potter qui marchait non-stop, malheureusement. Même la nuit, au creux de son lit, il le cherchait, soupirant après un corps qui était ailleurs…dans d’autres bras.

-Bonsoir Draco.

Le serpentard sursauta et se tourna vers Charlie Weasley. Ce rouquin se sentait à chaque fois obligé d’être aimable avec lui. Draco serra la main qu’il lui tendait sans grimacer, il avait fait cela les trois premiers mois -enfin le premier il avait tout bonnement refusé de le toucher- mais sa réserve ne semblait pas entamer l’obstination du roux. Faut croire qu’il y tenait à la Pansy pour vouloir à ce point bien s’entendre avec ses amis et Draco était bien obligé de reconnaître que ça lui faisait gagner des points. C’était un Weasley fréquentable tout compte fait.

-Cette soirée a l’air réussi. Je me rappelle de la mienne, on s’était bien amusé. On avait réussi à ligoter les serpentards pour…heu…enfin c’est vieux tout ça, termina le jeune homme, soudain gêné.

-Tu m’en diras temps ! susurra Draco, réprimant un sourire amusé.

-Sais-tu où est Ginny ? demanda finalement Charlie en fronçant les sourcils.

Draco leva les yeux au ciel, refusant de répondre à une question aussi stupide. Comme s’il était sensé savoir où était la greluche ! Depuis qu’elle sortait avec Londubat –mon Dieu quel couple dégoûtant- elle prenait d’assaut les coins sombres pour y faire des cochonneries avec son petit ami. Ils étaient encore plus indécents que Potter et Moore !

-Elle est invitée par Londubat, c’est ça ? Il n’est pas là non plus ?

-Ecoute, fit Draco faussement aimable, je crois savoir comment tu peux les trouver. Tu cherches les coins un peu isolés et dès que tu entends des gémissements douteux, c’est qu’elle est là.

-Merci ... Hé mais, ça veut dire quoi, ça ?

-Crois-moi, tu ne veux pas de dessin, assura Draco.

-Malfoy qu’est ce tu insinues, là !?

Draco poussa un soupir et se tourna vers le nouveau venu. Enfin les nouveaux venus. Weasley, Granger, Potter et Moore avaient, de toute évidence, entendu sa conversation avec Charlie. Les deux frères rougissaient de colère, ce qui rappela à Draco un certain épisode.

-Rien, je n’insinue rien, répondit Draco en soupirant, maintenant lâchez-moi la grappe.

Oui, il était tombé bien bas, même plus l’envie de rabaisser Weasley…Dès que Potter était dans le coin, son objectif était de s’éloigner, le reste n’avait pas d’importance. Il sentait les yeux verts haineux le détailler sans s’en cacher. Il s’en alla en direction des boissons. Il avait bien envie de partir tout de suite.

Ron regarda Malfoy s’éloigner en fronçant les sourcils.

-Il est chiant, soupira-t-il, il pourrait au moins faire un effort, c’est le dernier jour !

-Je trouve ça plutôt mature de sa part qu’il ne cherche pas à se battre, fit Hermione, impressionnée.

-Oh arrête Mione ! Ça fait un bout temps que les serpentards ne sont plus ce qu’ils étaient. Et je sais que tout est de sa faute !

-Non, mais quel gamin, soupira la jeune fille.

-Pourquoi que se passe-t-il ? demanda Charlie.

-Ron trouve que depuis quelques mois, les serpentards ne sont plus eux-mêmes et ça l’énerve.

-Pas UNE seule dispute en six mois !

-Ah oui, c’est dur ! approuva Charlie.

-Mais clair ! Ils me font ce coup-là, la dernière année ! Comment peut-on balayer six années de mésentente effrénée en un claquement de doigt ?! Ils n’ont vraiment pas de cœur…

-Je ne te comprends pas, répondit Moore, ces batailles de gamins agaçaient tout le monde. Moi, j’ai été content de connaître quelques mois de calme à Poudlard. Je ne pensais pas cela possible…

Ron renvoya un regard noir à Moore. Il n’aimait pas ce type. Qu’est ce que Harry pouvait bien lui trouver ? Il était chiant et arriviste.

-T’es pas un gryffondor, tu peux pas comprendre, répondit Ron en grommelant.

-Harry et Hermione le sont et ils ne se comportent pas comme des gamins en manque, eux.

-Ils ne sont pas des puristes. Hermione a incontestablement un côté serdaigle et je soupçonne Harry de posséder le côté obscur des serpentards…Donc en tant que vrai Gryffondor, je peux t’assurer que ne plus affronter les serpentards a créé un manque. On s’ennuie…Je n’aurais jamais cru que mes derniers mois ici soient si insipides…et quoiqu’ils en disent, je suis sûr que Harry et Mione aussi se sont ennuyés.

-Ridicule ! s’exclama Moore.

-On peut peut-être parler d’autre chose que des serpentards, s’éleva enfin la voix froide de Harry. S’ils te manquent tant que ça, tu n’as qu’à passer la soirée avec eux, Ron.

-Peut-être que je devrais faire ça, ouais ! siffla Ron de mauvaise humeur. Malfoy a l’air de s’embêter autant que moi, je vais le voir !

Harry soutint le regard de son meilleur ami impassiblement, alors que ce dernier passait devant lui pour se diriger vers le serpentard. Il savait que Ron n’approuvait pas sa relation avec Julian. Ils s’étaient encore disputés tout à l’heure à cause de ça. Ron lui avait demandé de parler avec Malfoy avant qu’il ne soit trop tard.

Mais c’était déjà trop tard. Ça l’avait été au moment où Malfoy l’avait frappé après l’avoir baisé. Ouais, Julian n’était peut-être pas l’homme idéal mais il allait faire l’affaire…

°O°O°O°

-Alors Malfoy, qu’est-ce que tu bois ?

-Si je suis parti, ce n’est pas pour que tu me suives, la belette. Je croyais qu’il était évident que je ne voulais pas vous parler.

-Qui ? Nous tous ? Ou juste Harry ?

-Potter…Toi…Granger…C’est du pareil au même, répondit Draco en haussant les épaules. Je n’ai aucune envie de supporter votre compagnie.

-Bah, c’est le dernier soir…

-Et c’est encore trop.

Ron eut un sourire et se servit un verre de jus de citrouille.

-Rho, on s’est bien amusé cette année, surtout quand il y a eu tous tes doubles…

Le serpentard se crispa légèrement.

-Tu n’avais pourtant pas l’air d’apprécier tout ça…tu dégainais ta baguette plus vite que ton ombre à cette époque.

-Tu n’avais rien à m’envier. Mais je pensais à Harry, c’est comme ça qu’il a pu s’intéresser à Moore.

Draco regarda Weasley avec étonnement. Qu’est-ce qu’il cherchait au juste ? Et pourquoi lui racontait-il tout ça ? Ne pouvait-il pas le laisser tranquille ? La dernière chose qu’il avait envie de savoir c’était comment Potter était tombé sous le charme de l’autre blaireau.

-Bon, je vais y aller, cette fête est ennuyeuse à mourir. Au plaisir de ne jamais te revoir Weasley…

-Attends !s’écria le rouquin en le retenant. Ne veux-tu pas savoir pourquoi Harry sort avec Moore ?

-Non. Je me fous des histoires de cœur de ton pote. Lâche-moi maintenant.

Mais Ron ne l’écouta pas et se mit à débiter un flot de paroles agaçantes.

-En fait, il est sorti avec Moore qui avait pris ton apparence durant cette fameuse semaine. Il savait juste que c’était un serdaigle mais il ignorait tout le reste…C’est marrant, il est tombé amoureux de lui alors qu’il avait ta tronche…Chose que je ne m’explique pas…enfin chacun ses goûts. Et donc Moore plusieurs mois plus tard lui a avoué que c’était lui son amoureux mystère et ils se sont retrouvés. Cette histoire est d’un romantisme !

Draco avait pali au fur et à mesure que Weasley parlait. Ainsi donc, Moore avait fait croire à Potter qu’il avait couché avec lui sous sa forme…Potter croyait que c’était le serdaigle alors que…

-C’est impossible, souffla Draco.

-De quoi parles-tu ?

Le serpentard lança un regard noir à Weasley qu’il avait oublié. Cela voulait dire que Potter était amoureux du serdaigle parce qu’il pensait que c’était lui qui avait pris son apparence…Comment Moore avait-il pu faire croire une chose pareille ? C’était vraiment un salopard !

L’abattement de Draco était en train de s’effacer petit à petit devant la colère qu’il ressentait. Potter aurait dû être avec lui ! Si seulement il avait eu plus de courage…s’il lui avait dit que c’était lui…que cela avait été tout le temps lui…Il serait peut-être dans ses bras en ce moment, en tous cas, il ne serait pas dans ceux de Moore. L’imposteur.

Il chercha Potter des yeux. Ce n’était peut-être pas trop tard. Il fallait qu’il lui avoue la vérité. Lorsqu’il le vit enfin, il dansait avec l’autre et la colère de Draco redoubla. Il posa son verre brusquement et se dirigea sur la piste de danse, ignorant qu’un petit sourire satisfait était apparu sur les lèvres de Ron.

-Potter, je dois te parler, annonça immédiatement Draco en arrivant devant le couple.

Moore se rapprocha immédiatement de son petit ami et Draco résista à l’envie de lui envoyer son poing dans sa sale gueule d’arriviste. Potter le regardait toujours avec ce mépris glacial qu’il semblait n’avoir créé que pour lui.

-Je suis occupé, là.

-C’est important !

Le gryffondor sembla peser le pour et le contre avant de se décider.

-Très bien, soupira-t-il sèchement, je te suis. Je reviens aussi vite que possible, dit-il d’une voix beaucoup plus douce en direction de Moore.

Draco et lui se dirigèrent vers la sortie en silence. Le serpentard réfléchissait à la façon dont il allait devoir annoncer sa bombe à Potter. Plus les secondes passaient et moins il avait envie de se mouiller. Potter allait vraiment lui en vouloir...mais il allait tout faire pour qu’il quitte Moore. De toute façon, le survivant ne pouvait pas finir avec le serdaigle, ce n’était qu’un personnage secondaire. Tellement insignifiant que l’auteur était obligée de se relire pour se rappeler de son prénom. Cette réflexion donna du courage à Draco.

Dehors, il faisait un peu frais et la nuit leur offrait une intimité bienvenue.

-Alors ? commença Potter en prenant appui sur le mur de l’école. Je t’écoute.

-Il faut que je t’avoue quelque chose.

Cette annonce ne sembla même pas intéresser Potter qui ne dit rien et se contenta de regarder en direction de la forêt interdite.

Draco soupira, cette attitude ne l’aidait pas beaucoup.

-Tu sais, poursuivit-il après une brève hésitation, lorsqu’il y a eu cette histoire de polynectar…le type avec qui tu as couché, ce n’était pas Moore, c’était moi.

Draco le regarda, s’attendant à de la surprise ou de la colère. Il s’attendait à ce que Potter le traite de menteur ou à ce qu’il croie à une blague…Il s’attendait à ce qu’au moins, il le regarde. Mais Potter resta de marbre, si bien que Draco crut qu’il ne l’avait pas entendu.

-Je sais, dit finalement Harry. C’est tout ce que tu avais à me dire ?

-Comment ça « tu sais » ? s’exclama Draco, choqué.

Cette fois Potter se tourna vers lui et posa ses yeux froids dans les siens.

-Je le sais depuis le début. Honnêtement Malfoy, tu croyais que je n’allais pas te reconnaître…je ne suis pas aussi stupide que tu te l’imagines.

Draco resta, quelques secondes, incapable de parler avant de comprendre ce que tout cela signifiait et qu’une colère froide gronde en lui.

-Ça veut dire, que tu savais qui j’étais et que tu m’as laissé te séduire. Putain Potter, tu as dû bien t’amuser à te foutre de ma gueule comme ça ! Tu m’as menti depuis le début !

La froide indifférence de Potter se fissura à ses mots et il s’énerva à son tour.

-Tu te fous de moi, là ?! s’exclama-t-il, les yeux brillants de haine. C’est toi qui as joué le rôle d’un autre ! C’est toi aussi qui as fui comme un lâche une fois que tu as eu ce que tu voulais ! Tu n’es pas en position de te sentir blessé, Malfoy. Le seul pauvre con qui s’est laissé avoir c’est moi !

-Tu vas peut-être me dire que tu ne jouais pas la comédie quand tu m’as dit que tu m’aimais !?

-…

-Mon Dieu Potter, tu étais sérieux ?

Potter avait pali et Draco se sentit vraiment très stupide. Alors Potter n’avait pas joué avec ses sentiments…il…il lui avait dit qu’il l’aimait en sachant qui il était…il l’avait laissé lui faire l’amour…et lui, il l’avait frappé…

-C’est du passé, souffla enfin Harry. Je te demande d’oublier ça…oublie cette semaine…

-Que j’oublie ? Tu me demandes l’impossible, Potter.

La donne avait complètement changé. Potter avait été amoureux de lui. Peut-être même qu’il l’était encore. Et s’il ne l’était plus, il pouvait le redevenir…Draco allait tout faire pour qu’il le redevienne !

-Qu’est-ce que tu fous avec Moore alors ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

-Je tourne la page. Tu crois quoi, Malfoy ? Que j’allais faire une dépression et t’attendre toute ma vie ? Tu n’es pas irremplaçable. Tu es juste une erreur. Oublie-moi parce que moi, je t’ai déjà oublié.

-Menteur.

-Pardon ?

Le serpentard le couvait des yeux, mettant Harry mal à l’aise. Il ne souriait pas et semblait guetter le moindre de ses battements de paupières.

-Tu es un menteur…Tu m’aimes toujours.

Draco s’était rapproché dangereusement et Harry sentait qu’il était en train de perdre pied.

-C’est faux, fit-il. A quoi joues-tu ?

-J’ai décidé de te récupérer, Potter, parce que moi je suis fou de toi.

-C’est trop tard et trop facile ! s’énerva Harry qui n’en croyait pas un mot. Je suis avec Julian à présent.

-C’est en effet un détail qu’il faudra régler…

-Mais tu te prends pour qui ?

Harry en avait marre. Malfoy lui avait dit qu’il l’aimait. Comment osait-il lui dire ça, comme ça ? Quel sale menteur !

-Allons, ne me dis pas qu’il te fait autant d’effet que moi.

-Je…

-Tu verrais tes yeux en ce moment, Potter, tu comprendrais pourquoi je suis en train de bander. Ils sont si sombres, si affamés…

-Tais-toi…gémit presque Harry.

-Tu as faim, Harry ? murmura-t-il doucement en penchant la tête vers lui. Alors mange-moi, mords-moi…pose ta bouche sur moi…allez…goûte-moi…

-Salopard, souffla Harry en l’attrapant par le col.

Draco eut un sourire en le voyant trembler. Oui, Potter avait envie de lui. Il en tremblait d’envie…Qu’est-ce qu’il attendait pour l’embrasser et le plaquer contre le mur ?

-Allez, répéta-t-il doucement, goûte-moi, mon amour…

Il sentait son souffle sur ses lèvres à présent et la pression sur son col s’accentua.

-Il y a un problème, Harry ?

Harry et Draco sursautèrent et le gryffondor s’éloigna précipitamment. Moore venait d’arriver, il les dévisageait d’un air sombre.

-Tout va bien, répondit Harry finalement, on a fini.

Moore hocha la tête et Harry alla le rejoindre avec un léger sourire.

-Hum, s’éleva la voix caressante de Draco, désolé de te contredire Potter, mais on n’a pas fini. En fait, tout commence maintenant. Bien… sur ce, je vous souhaite une bonne fin de soirée et de bonnes vacances aussi. Profites-en bien Moore, votre histoire ne durera pas…

-Mais pour qui tu te prends !? siffla le serdaigle, énervé.

-Pour celui avec qui Harry Potter fera sa vie, répondit Draco calmement.

Il passa devant les deux jeunes hommes ahuris avec un sourire poli qui acheva de les déstabiliser.

-Il est cinglé, souffla Harry en se sentant rougir.

Il était complètement ébranlé par l’attitude de Malfoy. Est-ce qu’il était sérieux ou était-ce un nouveau jeu pour lui ? Sans l’intervention de Julian, il se serait jeté sur le blond. Bon sang, il le désirait à un point que cela devenait effrayant. Il avait suffit de quelques secondes en sa compagnie pour qu’il oublie toutes ses bonnes résolutions…Il fallait vraiment que Malfoy se tienne loin de lui…sinon il risquait bien de craquer.

°O°O°O°O°

Deux mois plus tard…

Harry grogna pour la énième fois alors que Ron n’arrivait plus à retenir son sourire amusé. Ils étaient dans un petit restaurant sorcier, pas loin de l’académie des aurors, assis à une terrasse. Les cours avaient commencé depuis une semaine et c’était la première fois depuis leur fameuse discussion dans le parc de Poudlard qu’il revoyait Draco Malfoy.

Le blond était à une table avec ses amis et il le dévorait du regard. A tel point que cela était très gênant, enfin ça avait au moins le mérite de faire marrer Ron.

-Allez va lui parler Harry !

-Pas envie…et qu’est-ce qu’il fout là, d’abord !

-Hum, je dirais qu’il essaie d’arracher tes vêtements par la seule force de son regard…

-Ne dis pas de connerie ! Il s’amuse juste ! Tsss, regarde-le avec son petit sourire hypocrite ! Ce genre de grimace marche peut-être sur les greluches en manque mais ça me laisse totalement froid !

Harry planta rageusement sa fourchette dans ses frites. Ça l’énervait d’être à ce point content de revoir l’autre pâlichon ! Il avait passé ces deux mois à attendre de ses nouvelles, pensant qu’il allait mettre sa menace à exécution mais rien, pas un seul signe de vie. Finalement Harry avait quitté Julian une semaine après le début des vacances, espérant que ça ferait bouger Malfoy. La place était libre, quoi ! Enfin ça ne voulait pas dire qu’il allait tomber dans ses bras mais il voulait s’amuser à voir les tentatives de séduction de Malfoy.

Il lui en voulait toujours pour avoir failli l’avoir la dernière fois. Il se faisait l’effet d’une midinette sans expérience quand il repensait à sa déplorable attitude. Il voulait montrer à Malfoy qu’il n’était pas comme les autres. Qu’il ne lui suffisait pas de balancer deux ou trois mots doux et de claquer des doigts pour qu’il soit à lui.

Il se crispa un peu (plus ?) quand Malfoy se leva de table pour venir vers eux.

-Weasley, Potter, les salua-t-il.

-Malfoy, répondit Ron.

Harry préféra se taire.

-C’est une chance de tomber sur vous. Voilà, j’organise une soirée pour le jour de l’an. Je sais, c’est dans longtemps mais je pars étudier en Moldavie dans deux jours et je ne reviendrai que fin décembre. J’invite un peu tout le monde, histoire de ne pas perdre le contact avec ceux qui ont fait partie de ma jeunesse. Vous êtes les bienvenus, si vous pouvez en parler à vos amis gryffondors, ça serait sympa.

-Toi, tu invites des gryffondors !? s’étonna Ron.

-Tu pars pendant quatre mois ! s’offusqua Harry en même temps.

Draco eut un sourire amusé.

-Un mot de toi Potter et je reste ici, susurra-t-il, aguicheur.

L’ancien gryffondor écarquilla les yeux.

-Je plaisante, reprit le blond en soupirant exagérément, notre admirable amour devra encore attendre, je le crains.

-Mais arrête de penser que je t’aime ! s’exclama Harry, incroyablement gêné alors que Ron pouffait de rire.

Le serpentard plissa les yeux un instant puis se détendit rapidement. Il s’approcha de Harry et passa une main caressante sur sa joue, pétrifiant de ce fait, le héros du monde sorcier.

-Ne t’inquiète pas, souffla-t-il, je sais que ce qu’il se passe entre nous peut te paraître effrayant. Vivre un tel amour n’est pas donné à tout le monde…mais tu verras, à deux on s’y fera…C’est parce que c’est si fort que c’est angoissant…Un dernier baiser avant que je parte ?

Dire que Harry était choqué aurait été insuffisant. Ron se marrait comme une baleine. Malfoy attendait vraisemblablement qu’il l’embrasse. Peut-être qu’il était encore en train de faire un rêve idiot ? Et bientôt un éléphant rose allait se mettre à danser.

-Bon, fit Malfoy avec une moue déçue en se reculant, je suppose que je vais devoir attendre le jour de l’an pour t’embrasser de nouveau. D’ici là, essaie de ne pas tomber amoureux de quelqu’un d’autre. J’aurais autre chose à faire pendant mes vacances que de commettre un meurtre.

Avec un dernier sourire que Harry trouva inquiétant, Draco les laissa.

-Je n’aurais jamais cru pouvoir dire ça un jour, mais ce mec est trop fort ! s’exclama Ron.

-Il est surtout cinglé oui, marmonna Harry qui se demandait comment il allait faire pour rester quatre mois sans le voir.

°O°O°O°

Jour de l’an :

LA CHENILLE ! LA CHENILLE ! LA CHENIIIILLE !!!

Harry se demandait sérieusement ce qu’il faisait là.

C’EST LA CHENILLE QUI REDEMARRE…

Il avait les mains sur les hanches d’une belle brune et derrière lui Fred –qui l’avait entraîné de force dansla danse- ne cessait de gigoter en hurlant en même temps que la chanson.

EN AVANT LES VOYAGEURS…

Harry Potter faisait la chenille au manoir Malfoy. Il ne savait pas au juste comment cette soirée, donnée par le plus grand aristocrate des sorciers, avait pu dégénérer à ce point. Harry était un être simple qui croyait aux choses évidentes de la vie comme : le feu ça brûle et l’eau ça mouille, un train peut en cacher un autre, si tu as potion avec Snape, mieux vaut surveiller ton chaudron, le chocolat c’est bon, et bien entendu, Draco Malfoy ne dansait jamais la chenille…

Et là, non seulement il la dansait mais c’était lui qui en était le chef de file et qui trimbalait tous ses invités à travers le manoir. Et c’était grand, un manoir.

Il fallait dire pour sa décharge, que Malfoy avait, semble-t-il, un peu forcé sur l’alcool.

METS TES DEUX PIEDS EN CANARD…

Harry ne savait pas si la chenille partait toujours à l’heure (et pour tout dire, il s’en foutait) mais il savait que Malfoy avait complètement disjoncté.

Le blond était donc loin devant lui (à une vingtaine de personne à peu près), les bras en l’air, Pansy Parkinson accroché à sa taille et il se déhanchait, entraînant le reste de sa chenille à sa suite.

La soirée avait pourtant normalement commencé. Harry s’y était fait traîné de force par Ron et Hermione. Arrivés au manoir, il y avait déjà une bonne quarantaine de personne, tous habillés somptueusement. Normal jusque là, pour une réception chez les Malfoy. Le maître de maison, très classe, était là aussi, saluant ses invités avec politesse et leur présentant des délicieux chocolats aux éclats de noisette.

Harry avait eu un petit peu chaud en le revoyant. Quatre mois depuis leur dernière rencontre -si brève- et l’ancien serpentard était toujours à tomber. Harry avait appris qu’il faisait des études d’arctefacier, c’est pour cela qu’il était allé se perdre en Moldavie. Mais savoir que le blond s’était décidé à réaliser son rêve l’avait fait tomber un peu plus amoureux. Oui, il était un cas désespérant…

Le blond l’avait salué presque avec froideur…ce qui était étonnant étant donné leurs deux dernières rencontres mais ce qui était surtout en quelque sorte un retour à la normale. Et cette attitude avait mis Harry à l’aise, tout en l’énervant un peu. Avec Malfoy il ne savait plus du tout où il en était. Le serpentard soufflait toujours le chaud et le froid …avec le froid il savait comment réagir, c’était le chaud qui l’inquiétait un peu plus…

Il était terrorisé par le chaud.

Mais cette soirée semblait être sous le signe du froid.

Le repas s’était bien passé, il était loin de Malfoy mais suivait chacun de ses gestes et l’avait vu s’enfiler pas mal de verre de champagne.

Ensuite alors que le repas était fini, la musique d’ambiance avait raisonné dans le château et les jeunes sorciers avaient commencé à danser…et Malfoy avait continué à boire…

C EST LA CHENILLE QUI REDEMARRE…

Et maintenant, à une demi-heure du minuit fatidique, Malfoy dansait la chenille et réussissait l’exploit d’être sexy en le faisant.

Ce type était énervant ! Et qu’il l’évite ainsi après toutes ses belles paroles était vraiment cruel. Ok, il voulait bien admettre que quatre mois c’était long, voire que les gens avaient le droit de changer d’avis mais Harry ne s’attendait pas à un tel accueil en venant ici.

Après tout, Malfoy ne lui avait-il pas dit « je vais devoir attendre le nouvel an pour t’embrasser » ?

Cette promesse avait obsédé Harry pendant quatre mois mais ce faux jeton de serpentard avait sûrement déjà oublié. Ah c’était sûr, que c’était plus marrant de danser la chenille que d’embrasser son pire ennemi ! Il lui en foutrait de la chenille, lui !

Lorsque la chanson s’arrêta enfin, ils étaient tous dans un couloir à l’étage et durent redescendre dans la salle de bal. Une fois là-bas, Malfoy se lança un « sonorus » et se mit à parler.

-Mes chers invités, dit-il en souriant, je suis très content de vous voir tous ici, oui même les gryffondors, mais ça c’est sûrement dû au fait que j’ai un peu trop bu…Bref, bientôt une nouvelle année qui commence et je vous souhaite à tous de trouver le bonheur ou de le garder pour les chanceux qui l’ont déjà…Dans deux jours je repars pour ce merveilleux et si amusant pays qu’est la Moldavie mais j’ai été ravi de tous vous revoir. Et maintenant que la fête continue !

La musique se remit à vibrer dans le manoir et les invités à danser. Harry était trop sous le choc de la nouvelle que Malfoy avait annoncé.

Il repartait dans deux jours.

-Ouais, la Macarena ! l’entendit-il crier.

En effet, c’était la Macarena qui avait remplacé la chenille…Harry ne savait pas si c’était un mieux, surtout en voyant Draco commencer à la danser avec la plupart des invités.

Et bientôt quoi ? La danse des canards ?

Le blond avait peut-être bu, mais il se souvenait des pas avec une facilité suspicieuse.

Enervé d’avoir été ignoré toute la soirée et de ne voir aucun changement, et n’ayant aucune envie de voir le blond enchaîner toutes les danses les plus ridicules de la création, Harry décida qu’il était tant qu’il ait une discussion avec Malfoy.

Il prit une grande inspiration, se faufila entre les danseurs qui, plus tard, s’en voudraient d’avoir bu aussi au point de danser la Macarena…Il arriva enfin devant Draco qui lui tournait le dos et se déhanchait toujours.

-Je peux te parler ? chuchota Harry à son oreille, le faisant sursauter et perdre le fil de ses pas.

-Potter ? fit Draco en se retournant. Tu passes une bonne soirée ?

-…Pas autant que toi, en tous cas. Depuis quand cette passion pour les danses idiotes ?

-Hé ! Faut vraiment que tu songes à te dérider un peu, mon grand ! répondit Draco avec un grand sourire. J’ai décidé d’en profiter. Figure-toi qu’en Moldavie je n’en ai pas trop l’occasion.

-Et tu repars dans deux jours.

Cette fois le regard de Draco s’assombrit un peu.

-Viens, on va parler dans un endroit plus tranquille, lui dit-il en l’attrapant par la main.

Il l’emmena jusqu’aux cuisines et ferma la porte pour ne plus entendre la musique.

-Tu as trouvé quelqu’un ? demanda Harry de but en blanc.

Oui, parce qu’il se posait des questions. Peut-être que c’était pour cela que Draco l’évitait et qu’il était si pressé de retourner en Moldavie ?

-Non, j’ai étudié, Potter.

-Pourquoi tu m’évites alors ? Tu étais beaucoup plus sûr de toi, les autres fois…

-J’ai peut-être envie, moi aussi, que tu fasses le premier pas. Je t’ai dit ce que je ressentais mais à chaque fois, tu t’enfermes comme une huître. Je tente donc une autre approche…je te laisse faire ce que tu veux et j’attends.

-Mais c’est trop facile ! s’énerva Harry.

-Bon alors, explique-moi ce que tu veux ? Quand je suis trop pressant, tu t’énerves, quand j’essaie de prendre ça avec dérision, tu t’énerves aussi, quand je te laisse de l’espace, c’est pareil !

-Restes toi-même ! s’exclama Harry. Ne joue pas de rôle ! Si tu es sérieux, fais donc ce dont tu as envie et pas ce dont tu penses que moi, j’ai envie!

Malfoy le dévisagea un instant et Harry vit son expression changer complètement. Il se demanda s’il avait bien fait de dire ça…un peu comme s’il venait de réveiller quelque chose en Malfoy.

-Pourquoi tout doit être tellement compliqué avec toi, Potter ? Il suffirait d’un geste de ta part et on serait ensemble. Ok, je t’ai trompé, je n’aurais pas dû me faire passer pour un autre…mais pour moi, c’était la seule chance que j’avais d’être avec toi. Je n’aurais pas dû non plus m’enfuir, après cette fameuse nuit, et encore moins te frapper, mais j’étais mort de trouille. Je pensais que si tu savais qui j’étais, tu allais encore plus me détester…C’est du passé, tout ça…Enfin, pour moi c’est du passé et je pense que c’est ce qui nous différencie, Potter. Toi, tu restes bloqué là-dessus.

-Tu as raison…Je t’en veux toujours. Tu vas dire que c’est de la fierté mal placée mais…

-Non, coupa Draco, je crois que c’est plutôt le fait de passer à autre chose qui te fait peur.

-Tu me traites de lâche ? siffla Harry en plissant les yeux.

-Aurais-je vexé le héros national ?

-Arrête ça, Malfoy ! Le lâche ici, c’est toi ! Tu t’enterres dans un pays loin de tout ! Tu parles, tu parles mais tu n’agis jamais !

Draco eut un sourire enjôleur que Harry n’aima pas du tout.

-Allez, demande-le moi, murmura le blond.

-Mais de quoi parles-tu ?

-C’est pour ça qu’on a cette discussion, n’est-ce pas ? Tu veux que je t’embrasse…

Harry ouvrit la bouche pour répliquer mais ne trouva rien à dire. Encore une fois, Malfoy lisait en lui comme dans un livre ouvert. De quoi avait-il l’air à présent ? D’un type qui faisait toute une scène, juste parce qu’il n’avait pas eu son bisou du jour de l’an ?

Malfoy ne le quittait pas des yeux et Harry ignorait qu’il était mort de peur.

Oui, il avait bu plus que de raison, pour se donner du courage. Parce que ce fichu Potter avait sa tête des mauvais jours en venant. Parce que depuis quatre mois, il imaginait leur rencontre. Parce qu’il s’était peut-être –sûrement- trompé, Potter ne l’aimait peut-être pas…Sinon il ne l’aurait pas laissé partir…Il avait bu au point de danser la chenille, les portraits de ses ancêtres n’allaient pas s’en remettre, il allait en entendre parler de cette soirée ! Et maintenant, il attendait que Potter se décide. Qu’il pose sa satanée bouche sur la sienne, après il redeviendrait maître des opérations…

-J’ai faim, murmura soudainement Harry.

-…Heu…On est dans une cuisine donc je vais pouvoir te trouver quelque chose, commença Draco essayant de ne pas paraître désespéré.

Mais ils allaient tourner autour du pot encore longtemps ? Bordel de Potter de merde ! Il avait faim alors qu’il venait de s’engouffrer un super repas du nouvel an !

-Non, reprit Harry, j’ai faim.

-Ça va je ne suis pas sourd ! grogna Draco en commençant à fouiller dans un placard.

Il allait l’étouffer à coup de biscotte, ça allait peut être le calmer, le ventre sur patte ! Comment pouvait-on avoir faim dans un moment pareil !?

Et puis soudain quelque chose fit « tilt » dans sa tête et il se retourna doucement vers Potter qui le regardait avec consternation.

-On a vraiment du mal à communiquer, hein ? demanda Draco avec un petit sourire d’excuse.

-Disons que ça serait presque comique si ça n’était pas aussi frustrant…

-Oui…Donc, tu as faim ? retenta Draco avec désinvolture.

-Putain oui ! souffla Harry avant de se jeter sur ses lèvres.

Draco répondit au baiser avec une impatience impossible à déguiser. C’était ça qu’il attendait depuis si longtemps ! Avoir la langue de Potter dans sa bouche ! Et ouais, ça valait le coup d’attendre parce que c’était bon, parce que s’il continuait, il allait se le faire sur la table de la cuisine...

-Ne repars pas, murmura Harry en commençant à déboutonner sa chemise.

-Peux pas rester…mes études…, gémit Draco quand la bouche de Potter se posa sur son ventre.

-Vais te les faire oublier, moi, tes études ! grogna Harry en ouvrant son pantalon.

Yes ! S’il le prenait comme ça aussi –oh oui comme ça !- c’était sûr qu’il n’était pas de taille –Ouais bébé, taille-la moi !- à lutter…

Parce que putain –Putain, oui !- il n’était qu’un homme et Potter pouvait être très convainquant...

°O°O°O°O°

Bon, Draco n’avait finalement pas oublié ses études. Enfin sur le coup si, il fallait bien l’avouer, il les avait oubliées, enfin il avait tout oublié à ce moment-là, son cerveau s’était déconnecté durant deux bonnes heures.

Il était donc reparti dans ce charmant pays qu’était la Moldavie, comme il l’avait prévu.

Etait revenu le weekend d’après pour donner à manger à Potter.

Etait reparti.

Revenu le weekend pour nourrir Potty.

Bref, leur relation s’était construite petit à petit, dimanche après dimanche, repas après repas. Ils n’avaient pas fait que manger, parce bon quand on avait le ventre plein, c’était sympa de parler aussi. L’hiver avait fait place au printemps puis à l’été et Draco était revenu en Angleterre. Il avait décidé qu’il utiliserait un portoloin lors de sa deuxième année. Parce qu’avec Potter, ça devenait sérieux.

Très sérieux.

-Dépêche-toi Blaise, on va être en retard ! s’exclama Draco. Et Potter va me tuer !

-Oui, oui j’arrive ! répondit Blaise en passant devant lui, en trombe. Mais je ne sais pas où j’ai mis les alliances…

-C’est une blague ? fit Draco, froidement.

-Je crains que non…

-Tu es le pire témoin de la création.

-Je crains que oui…

-Bon, j’y vais avant toi ! Démerde-toi pour trouver les alliances avant le moment fatidique où je ne donne pas cher de ta peau…

-Sympa ! Tu pourrais m’aider à chercher quand même !

-Pas mon job ! lança Draco avant de passer la porte.

Il vérifia une dernière fois qu’il avait toujours sa rose blanche à sa boutonnière et transplana jusqu’au lieu du mariage. La suite de la fête se déroulait au manoir et tout devait être parfait.

Il attendait ce jour depuis trop longtemps pour se louper.

-Vous êtes invité par le marié ou la mariée ?demanda un homme à l’entrée du sanctuaire.

-La mariée, répondit Draco.

-Le marié, fit une voix derrière lui.

Draco se retourna en souriant vers Harry Potter.

-Placez-moi du côté du marié aussi, fit-il, je crois qu’une tête blonde ne serait pas un mal au milieu de tous ses rouquins. Salut toi…

-Salut, murmura Harry en le couvant des yeux.

Ils s’étaient vus la vieille mais Draco ne savait pas qu’Harry allait être si élégant. Il était complètement sous le charme.

-Finalement, murmura-t-il sans regarder le placeur-il était incapable de quitter Potter des yeux- je crois qu’on va revenir dans un instant…On doit…parler…

Harry eut un sourire sensuel et Draco l’attrapa par la main. Il l’entraîna dans un coin qu’il espérait assez sombre et l’embrassa immédiatement comme si sa vie en dépendait.

-Tu m’as manqué, souffla-t-il.

-Toi aussi ! répondit Harry sur le même ton en le plaquant contre un mur.

Oui, donc aujourd’hui Pansy se mariait avec Charlie Weasley mais là tout de suite Draco s’en moquait pas mal et Harry aussi…

Vingt minutes plus tard –bon, ok une demi heure plus tard et ok aussi ils étaient légèrement en retard et débraillés mais il faut bien que jeunesse se fasse, créfieu !- Harry et Draco étaient donc installés du côté des rouqumoutes…du marié et Zabini avait fini par arriver avec les alliances en chuchotant à Pansy que s’il était en retard, c’était parce que Draco avait planqué les bagues dans le sucrier.

La cérémonie commença et Draco bailla devant le discours soporifique du mage marieur. Il passa la demi-heure suivante à regarder les invités et à comptabiliser les fautes de mauvais goûts de ces derniers. Les Weasleys battaient tous les records.

-Ça ne te donne pas envie ? murmura Harry, étrangement ému tandis que le mage entamait le couplet sur les…ponctions lombaires ?

Erk, ce mage était encore pire que Dumbledore !

-Tu es insatiable ! susurra Draco en s’approchant de lui.

L’ancien gryffondor se contenta de lever les yeux au ciel avant de se concentrer de nouveau sur le mariage.

-A quel point as-tu faim ? reprit le blond.

-Je n’ai pas faim là, tais-toi un peu !

-Hum…tu es sûr, murmura-t-il tout près de son oreille, même pas pour une grosse saucisse juteuse ?

-Ta délicatesse et ton romantisme m’étonneront toujours, soupira Harry en grimaçant, sans oublier ta vanité.

-J’y peux rien, je m’ennuie…veux faire mumuse avec toi…et oui, elle est très grosse…Tu es bien placé pour le savoir.

-Bordel, la prochaine fois, je te fous une laisse et je t’attache à l’entrée ! T’es pas sortable !

-Et avec des idées pareilles, tu ne l’es pas non plus, mon amour…

Harry essaya de ne pas sourire et fit mine d’écouter les vœux de Parkinson.

-Je m’ennuie, répéta Draco après cinq secondes de silence, et j’ai envie de sexe !

-Vas aux chiottes et utilise ta main droite.

-Ok, rectification : j’ai envie de ton sexe !

-Tu es vraiment…

-Oh, mais par pitié, coupa un petit vieux devant Harry, étrangement toujours roux, en se retournant vers eux, décidez-vous, soit vous faites vos cochonneries dehors, soit vous vous taisez !

-Voyons Charles ! s’exclama une veille dame en se tournant à son tour. Moi je trouve ça bien, ce genre de conversation. Et la saucisse de monsieur est grosse à quel point ?

-Oh mère-grand, susurra Draco, vous n’avez pas idée ! Même dans vos rêves les plus fous, vous n’en avez pas vu de pareille !

La veille se mit à rire, son mari parut offusqué, au moins autant qu’Harry. Et Draco lui souriait de toutes ses dents. Finalement, cette cérémonie pouvait s’avérer sympathique.

°O°O°O°O°O°

Deux heures plus tard, au manoir Malfoy

-Cette fête est géniale, Draco, je ne te remercierai jamais assez !

-Mais de rien Pansy…de rien…

La fête ne faisait que commencer. Bientôt, Draco allait avoir sa revanche.

Il était temps que les jumeaux Weasley paient.

Il avait mis un an et demi pour concevoir ce plan parfait.

-A table ! dit-il, enfin. Le repas va commencer.

Il regarda avec satisfaction tout le monde s’installer. Il fit un signe discret aux elfes de maison pour servir le champagne à tout le monde.

Blaise allait bientôt faire un discours.

Harry était à côté de lui et Draco posa sa tête sur son épaule.

-Déjà fatigué mon cœur ?questionna l’ancien gryffondor d’une voix douce.

-Non, mais je te trouve confortable…

-Je ne sais pas ce que tu as aujourd’hui mais tu es intenable, ria Harry. Un vrai gamin !

-Je suis content, c’est tout. Tu es près de moi, on est en vacances et on fait la fête…on a connu pire.

-C’est vrai…je t’aime, Draco.

Le blond ferma les yeux, un sourire jouant sur ses lèvres. Il adorait quand Harry lui disait ça.

-Votre attention s’il vous plait, s’exclama Blaise en se levant. En tant que témoin, il est de mon devoir de faire un discours…merde, où ai-je mis mes notes !? fit-il plus bas en regardant dans ses poches.

-Potter, fais-moi penser à ne pas prendre ce type comme témoin pour notre mariage…

-C’est une proposition ? souffla Harry, après quelques secondes de silence.

-Non, une évidence.

Harry se mit à rire doucement.

-Bon, je n’ai plus mes notes, reprit Blaise, alors je vais faire sans…Donc Pansy et Charlie se sont connus à Poudlard…

Douze minutes plus tard…

-…et c’est pour ça que je lève mon verre à ce couple et je leur souhaite d’être heureux. Ma grande, si jamais le rouquin commence à te prendre la tête, empoisonne-le !

Seuls les quelques serpentards présents dans la salle ricanèrent à la blague de Blaise, les autres avaient plus de mal à trouver ça drôle. Draco se prit même un regard noir de la part de Harry, parce qu’il suggérait le démembrement à la place de l’empoisonnement. Tout le monde vida son verre de champagne en même temps que le témoin.

Blaise avait bien fait de parler d’empoisonnement. Draco eut un sourire froid.

Tout le monde, sauf lui, avait bu une potion de sa création. Une potion, qui faisait complètement oublier l’existence de la personne de son choix et Draco avait choisi George Weasley. Pendant un mois –la durée d’action de la potion- plus personne sauf Draco et les jumeaux, ne se souviendrait de l’existence de George. C’était comme s’il n’avait jamais existé, même pour sa propre mère.

Dans le verre de George se trouvait un filtre qui le rendait invisible et silencieux pour tout le monde. Lui par contre se voyait et s’entendait parfaitement.

Fred, lui, avait bu l’antipoison qui lui permettait de voir et d’entendre son frère.

Ainsi donc, les jumeaux ne pouvaient pas comprendre ce qui leur arrivait.

Ils commencèrent à avoir un doute quand leur mère ne s’adressa qu’à Fred et quand elle ne comprit pas pourquoi ce dernier ne disait que des morceaux de phrase –elle n’entendait pas George les compléter.

Bien vite, l’étrange comportement de Fred fit beaucoup de bruit. On racontait qu’il s’était inventé un ami imaginaire, un jumeau, comme s’il n’avait pas déjà assez de frères !

-C’était une belle soirée, murmura Harry, plusieurs heures plus tard.

Les invités étaient tous partis depuis longtemps, Draco et lui étaient sur le point de s’endormir dans le grand lit du blond.

-Oui, répondit Draco en baillant.

-C’est juste Fred qui m’inquiète. Il a complètement pété les plombs. Il a passé une bonne partie de la soirée à parler tout seul…Je crois que demain ils vont lui faire voir un psychomage.

-C’est peut être juste l’émotion de voir son frère se marier. Il perd un frère alors il s’en crée un autre, suggéra Draco, essayant de ne pas rire.

-Tu as peut-être raison…

-Comme toujours.

Harry leva les yeux au ciel mais Draco ne le vit pas. Il sentit les bras du blond s’enrouler autour de lui. Bientôt la respiration de son amoureux se fit plus régulière et Harry comprit qu’il s’était endormi.

Un sourire amusé étira ses lèvres. Ce type était parfois tellement agaçant et d’autre fois, il s’abandonnait totalement…il soufflait toujours le chaud et le froid et Harry aimait ça. Il aimait quand il faisait des blagues vaseuses, quand il était sûr de lui, quand il ne se posait pas de question et quand il s’en posait beaucoup. Il aimait son insolence, son arrogance. Son raffinement, son humour…Sa tendresse…sa galanterie…

Oh oui, Draco était quelqu’un de compliqué dont les défauts se mêlaient constamment aux qualités. Et c’était sûrement parce que Harry n’arriverait jamais à le définir totalement qu’il resterait unique.

Fin

Et voilà, la fific est enfin finie.Et je vous l'accorde c'est du grand n'importe quoi :p

Je vous remercie d’avoir suivi cette histoire jusqu’au bout, et pour ceux et celles qui l’ont fait, d’avoir laissé des commentaires, c’est vraiment très gentil de votre part.

Bisous,

Artoung

 
 
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