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Chapitre 19 : Retour en France et Souvenirs Cela faisait deux jours qu'Ayla était revenue. Elle était plutôt triste et ce pour plusieurs raisons. Elle avait dû laisser son ami Drago de la pire façon qu'il soit. Pourquoi était-il tombé amoureux d'elle ? Elle n'était pas belle, pas laide non mais pas belle non plus. Elle savait qu'elle pouvait être attirante mais pas au point qu'un homme jeune tombe amoureux. Elle se dit alors qu'il recherchait peut être la mère en elle. Après tout, il n'y avait pas longtemps que sa mère était morte. Si Voldemort ne s'en était pas mêlé, son fiancé serait vivant, ils se seraient mariés et ils auraient eut un ou plusieurs enfants. L'aîné aurait même pu avoir l'âge de Drago. Alors qu'elle entrait dans la vieille demeure familiale, Ayla se plut à rêver de ces enfants non-nés. Toute à ses pensées rêveuses, la jeune femme ne remarqua pas les regards des membres de sa famille. Elle monta dans sa chambre de jeune fille et jeta son sac de voyage dans un coin puis s'allongea sur son grand lit. Elle regardait le plafond et laissait dériver ses pensées quand un coup toqua sa porte. - Entrez ! - Bonjour, ma grande ! - Bonjour maman ! - Alors, comment vas-tu ? - Bien, je vais de mieux en mieux ! C'est dans ces moments là que je bénis notre sang de loup !!! - Schwarz est dans la forêt avec le reste de la meute ! - Il est très malin, tu sais maman ! - J'ai remarqué ! - Encore plus que mon cher Neige ! - Pas trop de chagrin ? - Je n'en ai pas eut le temps, ma petite maman ! La jeune femme se releva, s'asseya et regarda sa mère qui avait l'air si frêle et qui était si petite par rapport à ses grands enfants. Ayla était celle qui se rapprochait le plus de sa taille, surtout depuis que Coralie était morte. - Maman ! - Oui, ma grande ? - Je suis désolée pour Coralie ! - Ce n'est pas de ta faute ! C'est elle qui a trahi ! Elle a préféré son compagnon et sa richesse à son clan et ses propres enfants ! Ayla, ta sœur a sacrifié mes petits-enfants sur l'autel du pouvoir et de l'argent ! Comment pourrais-je t'en vouloir ? Elle s'est attaqué à toi ! - J'ai pratiqué le sortilège de malédiction ! - Ton frère aussi l'a fait ! Vous deviez protéger le reste du clan ! Je ne suis peut être pas née des Fontaines mais j'ai donné naissance à suffisamment de Fontaines pour avoir fait miennes les règles du clan. - Oh maman, si tu savais ! - Encore une fois tu vas mettre des mois à te confier à moi ? Ayla regarda sa mère et réfléchit un peu à ses mots. - Ma petite maman… j'ai trop de choses à faire, trop de choses en tête pour me "reposer" !!! Je te promets de te dire ce que j'ai vécu ces dernières semaines. A part cela, comment vont les autres ? - Les triplés ont eut une dispute très très très orageuse hier soir !!! - Ils n'ont rien trouvé encore ? - Non, d'où la dispute ! Ils se sont inquiétés pour toi ! Guillaume nous a raconté ce qui t'étais arrivé ! - Cela a été réglé rapidement ! - A chaque naissance de mes enfants, je me suis inquiétée de leur lien ! - Il ne faut pas maman, les liens du clan nous protègent un tant soit peu ! - Oui, oui… en attendant, nous t'attendons, nous allons bientôt passer à table ! - Ok, je prends une douche et j'arrive ! Elle ouvrit son sac, en sortit son peignoir et partit se doucher. Dans la cabine, sur un des côtés, de grands miroirs permettaient de se voir. Elle toucha sa peau et passa ses mains sur les horribles cicatrices que lui avait infligé ce monstre de Greyback. Elle n'oserait plus laisser un homme la toucher. Elle qui était si fière de son corps avait un peu honte de ce qu'il était devenu. Si des cicatrices sont des marques de courage et peuvent embellir un homme, sur une femme, cela perdait beaucoup en "attrait" et cela lui interdisait le bronzage, les décolletés et robes fendues. Certes, elle était un soldat mais elle restait une femme. Elle tourna le dos au miroir et finit de se laver. Comme à son habitude, elle se vêtit de son pantalon de cuir teinté de vert et de sa chemise de lin vert. Elle enfila ses bottes de peaux. Elle redescendit dans le grand hall et rejoignit le clan au grand complet dans la grande salle. La table, immense, était recouverte de victuailles. La viande saignante dégoulinait dans les nombreux plats. Il ne restait qu'une place de libre la sienne. Son oncle avait gardé celle-ci auprès de lui. Ses trois frères étaient là avec leurs épouses et leurs nombreux enfants. De même que ses tout aussi nombreux oncles et tantes, cousins et cousines. Ses grand-parents paternels étaient là aussi. Le vieux Georges laissait le soin à Guillaume de diriger le clan. Drena dévisagea chacun des membres. Ils lui souriaient tous, ils savaient par quoi elle était passée. Elle s'asseya au côté de son oncle et entama le morceau de viande qu'il avait mit dans son assiette. Elle était le seul membre célibataire du clan. Souvent les Fontaines souffraient du même "problème" que les loups. Quand ils trouvaient leur conjoint ou conjointe, s'ils le perdaient, il leur était quasi impossible de le remplacer. Ayla avait perdu son fiancé Ludovic et ne s'en était jamais remise. Ce que sa famille ignorait c'est qu'elle s'était trouvé un nouveau compagnon. Elle laissa vagabonder son esprit et son cœur vers Severus. Elle n'était pas vraiment belle, il n'était pas beau non plus. Ils se convenaient à merveille. Ce qu'elle n'ignorait pas, c'était son courage ! Son abnégation forçait le respect de la jeune femme. Elle se revit dans la chambre du Square Grimmaurd plusieurs minutes avant que Drago et Harry le menacent. Elle était dans sa chambre, elle sommeillait et sentait le sang de Schwarz la revigorer. Un visage pâle au regard noir la contemplait. Elle reconnut Severus et lui souria. - Bonjour, Severus ! - Bonjour, Ayla ! Comment allez-vous ? - Oooh, juste l'impression qu'un loup-garou s'est fait les griffes sur moi ! - Comment pouvez-vous en rire ? - Pour ne pas en pleurer ! Je suis une guerrière comme mes ancêtres. Je me déjugerai si je ployais. J'ai déjà assez pleuré comme cela ! - Vous avez le droit de vous reposer ! - Dîtes-moi Severus et si nous nous tutoyions ? Qu'en pensez-vous ? - Je suis d'accord. - Alors, Severus, pas trop dur la prison d'Azkhaban ? - Merci, mes pouvoirs de legilimens m'ont plutôt bien protégé ! - J'aimerais avoir un pouvoir aussi développé que le vôtre ! Vous battez, j'en suis sûre, celui de Voldemort ! - Oui et pourtant, il n'y a que trois personnes qui ont jamais réussi à percer ma barrière ! - Ah oui ? - Albus, peu de temps avant que je "trahisse" Voldemort, Harry, l'année dernière pendant que je le formais à l'occlumancie et toi, quand tu chantais ! - Quand je chantais ? Comment cela ? Tu m'as entendu chanter ? - C'était la première fois que je voyais quelqu'un chanter pour se combattre la torture ! - C'était une sorte de mantra ! - Ayla !!! - Oui ? - Cette chanson c'était à moi que tu l'adressais ? Pour la première fois, Severus vit sa compagne faire preuve de timidité et baisser la tête en rougissant. - C'était donc vrai ? - Oui ! Fit-elle en le regardant dans les yeux. - Si je te disais que j'avais envie de te prendre dans mes bras ? Comme tu me l'avais demandé ? - Je te répondrais que j'en meurs d'envie aussi ! Il se pencha vers elle et la prit dans ses bras. Il ne s'arrêta pas là. Il se mit à caresser son dos, puis sa nuque. Il recula la tête et commença à embrasser le cou de la jeune femme qui se mit à frissonner. Elle bascula la tête en arrière pour lui laisser toute lattitude. Elle se mit à gémir lorsqu'il attaqua la carotide. Un vertige la prit, elle ne sut pas si c'était la fatigue ou le désir qui le lui donnait. Son compagnon remonta vers le lobe de son oreille et lécha la ligne de l'oreille. Un cri rauque sortit de sa gorge. L'instant d'après, il apposa ses lèvres sur celles de la jeune femme. Elle retrouva alors la bouche qui l'avait déjà fait chanceler quelques jours plus tôt. Il darda la langue entre les lèvres de sa compagne. Elle les lui ouvrit. Il passa la langue sur les dents nacrées puis l'enroula à celle de la jeune femme. Elle enfonça alors ses ongles dans la nuque de Severus qui la plaqua encore plus contre lui. Il arrêta tout d'un coup de l'embrasser. Elle ouvrit les yeux et croisa ses yeux foncés. Ayla pouvait y lire un désir brûlant qui égalait le sien. Il prit son visage entre ses mains et baisa ses lèvres d'un simple et tendre baiser. - Ayla ! Je préfère attendre avant de faire quoique ce soit d'autre avec toi ! - Pourquoi ? - Parce que je veux vivre quelque chose avec toi ! Parce que… - Parce que ? - Je t'aime, Ayla ! - Oh, Severus ! Soupira-t'elle en l'embrassant. Je t'aime aussi, Severus. Ayla… Ayla… - Hein ? Son oncle avait posé sa main sur son avant-bras. - Tu étais partie loin dans tes pensées ! Où étais tu ? - Euh… - Et bien, je te trouve bien à cours de mots tout d'un coup ! - Tu trouves ? - Oui ! La dernière fois que je t'ai vue avec ce regard tu étais amoureuse de Ludovic. Elle croisa alors le regard de ses parents et de son plus jeune frère. - Tu n'as pas tort, Guillaume, elle a le même regard, je n'avais pas fait attention ! répliqua sa mère Marie. La jeune femme se mit à rougir ne sachant plus trop où se mettre. - Alors, demanda sa cousine Christine, qui est-il ? Comment est-il ? Ayla se prit la tête entre les mains et la secoua. - Aaahh, la famille ! - Tu ne veux pas nous répondre ? Insista Guillaume - Et bien… - Oui ? - C'est un membre de l'Ordre du Phœnix ! - Aahah ! Et encore ? Demanda son père. - C'est un ancien professeur de Poudlard ! Mais surtout, c'est un espion auprès de Voldemort ! - Il espionne "tu-sais-qui" ? - Oui ! - Il est donc en danger ? - C'est un très grand legilimens ! Je suis sûre qu'il s'en sortira ! - Je l'espère pour toi ma grande ! Répliqua sa mère. - A quoi ressemble-t'il ? Demanda Christine. - Il est grand, brun, il a les yeux presque noirs ! Ce n'est pas une gravure de mode mais je m'en fiche. Je l'aime quand même ! - Mais bien sûr, ma grande, peu importe son physique ! - Je me rends compte qu'il a presque le même nez que Ludovic ! - Serait-ce ce qui t'a attiré chez lui ? - Non ! C'est autre chose ! Son attention ! Sa vocation ! Son abnégation ! Sa tendresse ! Sa soif d'amour ! Son sourire ! Et ses lèvres, j'avais oublié ses lèvres ! - Et bien, notre Ayla est amoureuse ! C'est sûr !!! La jeune femme remarqua que toute autre conversation s'était arrêtée. Tous les membres du clan la regardaient en souriant affectueusement. Elle savait qu'ils avaient toujours souhaité qu'elle trouve enfin un conjoint. Son oncle posa la main sur son bras et sa mère lui ébouriffa les cheveux. Elle avait l'impression d'avoir quinze ans. Non mais quelle famille !!! Le reste de la soirée se passa bien, les plus jeunes finirent par être couchés. Tout le clan était parti dans le petit salon. Guillaume présidait ainsi les chefs de chaque réseau, soit pratiquement tous les adultes de la famille Fontaines. - Bien, le bilan est très négatif ! De nombreuses attaques ont eut lieu sur notre territoire. Tu as lu mon rapport, Ayla ? - Oui, mon oncle ! - Ils ont attaqué plusieurs villages de sorciers ainsi que certains quartiers sorciers au sein des grandes villes. Je puis vous citer à Paris, la Cour des Miracles, au Mont St Michel, à Carcassonne, je ne vous citerais pas tous les lieux parce que je reçois toutes les demies heures des rapports m'informant de nouvelles attaques. J'ai averti l'Ordre du Phœnix de cette recrudescence. Ils m'ont informé qu'eux aussi connaissaient une augmentation des attaques et qu'elles se passaient principalement contre les moldus. - C'est parti alors, intervint Olivier. - Il semble oui ! Prévenez vos chefs de cellule de se tenir prêts ! - Bien ! Nous attendrons le signal de l'Ordre du Phœnix, je suppose ? Demanda Ayla. - Tout à fait, l'attaque sera simultanée ! - Et bien, je compte sur vous. Allons nous coucher les jours à venir promettent d'être difficiles. Ils s'embrassèrent tous certains eurent les larmes aux yeux. Ils savaient que nombres d'entre-eux risquaient de ne pas revenir vivants. Certains des hommes restèrent pour fumer un cigare et boire un digestif. Ayla rejoignit alors sa chambre et découvrit un parchemin sur son lit. Elle le prit et tremblait un peu. Elle dévora des yeux la signature en bas de la lettre. "Severus". Elle plaqua la lettre contre son cœur comme une adolescente. |