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au 04 Déc 08 :
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Génie du mal?
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 2     Les chapitres     95 Reviews     Illustration    
Il n'y a pas de fumée sans feu

Remerciement : Baddy et BlackNemesis pour leurs corrections.

Chapitre 2 : Il n’y a pas de fumée sans feu

-Draco Malfoy, tu dis ? s’exclama Hermione, assise sur les genoux de Ron.

-Oui. Tu le connais ? demanda Harry tout en mangeant une part de tarte aux pommes.

-Oui, il est le délégué des serpentards. Il est présent aux réunions des élèves mais a toujours l’air de s’ennuyer à mourir. Pourtant, les seules fois où il prend position, il est tellement brillant qu’il obtient toujours gain de cause. Il a un réel talent d’orateur quand il s’en donne la peine. C’est assez rageant…

-Malfoy… ? Ce nom me dit quelque chose, fit Ron songeur.

-Moi aussi mais je n’arrive pas à savoir quoi, approuva Harry.

-Son père n’est autre que Lucius Malfoy, le PDG des entreprises Malfoy…la troisième plus grande fortune d’Angleterre, récita Hermione.

Ron émit un sifflement admirateur.

-C’est pour ça que ça me disait quelque chose. Son père a dû être vert de le voir aller dans la classe « spéciale ». Et tu dis qu’il s’est laissé cogner par ces types sans rien faire ?!

-J’en suis quasiment certain, confirma Harry. Ce mec n’est vraiment pas net. Ça ne m’étonne pas qu’il ait atterri à Serpentard.

-Ne dis pas ça Harry ! le réprimanda Hermione. Les gens comme lui souffrent tout simplement d’incompréhension. Il avait sûrement ses raisons pour se laisser faire. Tout cela devait être logique pour lui. Une logique spéciale et bien à lui, je te l’accorde mais une logique tout de même…

-Ou alors il aime tout simplement se faire frapper, railla Ron. Ben quoi ? C’est vrai, il y en a qui ont ce genre de trips, se justifia le rouquin en voyant sa petite amie lever les yeux au ciel.

Harry eut un sourire attendri en les voyant se disputer avant de s’embrasser doucement en se murmurant des mots d’excuses inutiles.

Il secoua la tête pour chasser Malfoy de ses pensées, le serpentard devait être en train de dormir à présent. Harry se rappela alors qu’il avait complètement oublié de faire son devoir de littérature qui était à rendre pour le lendemain.

Il s’excusa auprès de ses amis et se dépêcha d’aller dans sa chambre avant de plonger dans son bouquin de littérature.

Il oublia rapidement Draco Malfoy.

O°O°O°O°O°O°O°O

Le lendemain, Harry dormit un peu plus que Ron. Le mardi, c’était lui qui prenait la salle de bain en dernier et comme en plus ils n’avaient pas cours de chimie de toute la journée, cela faisait du second jour de la semaine un des jours préférés de Harry.

Il avait veillé tard pour finir son devoir de littérature mais Ron, qui était calé dans cette matière, lui avait finalement donné un coup de main et Harry était assez content du résultat.

Arrivé au réfectoire pour le petit déjeuner en compagnie de Ron et Hermione, il s’installa en souriant à côté des autres garçons de sa classe.

Seamus Finnegan, qui venait d’Irlande, avait l’air très en forme, Harry ne savait pas comment ce type pouvait être d’aussi bonne humeur à longueur de journée. C’était bien simple, Harry ne l’avait pas vu une seule fois faire la tête, un sourire semblait constamment scotché à ses lèvres.

Dean Thomas, son meilleur ami, était beaucoup moins expansif, peut être parce qu’il était ce qu’on appelle un « artiste » et qu’il avait cet air d’éternel rêveur. Mais il ne fallait pas se fier à son attitude modérée, il suivait Seamus dans chacune de ses blagues avec un enthousiasme inquiétant.

Neville Londubat était aussi présent et il les salua d’un bref signe de tête avant de reprendre sa discussion avec une étudiante vraiment jolie. Ron et Harry se lancèrent un bref regard. Neville, sous ses airs d’adolescent maladroit, se débrouillait toujours divinement quand il s’agissait des filles. Personne ne savait comment il faisait mais elles tombaient sous son charme presque à chaque fois. Et mieux ! Il arrivait à rester ami avec elles une fois que c’était fini entre eux. Il réussissait ses ruptures aussi bien que ses liaisons et provoquait ainsi l’admiration de tous ses camarades masculins.

-Vous connaissez la dernière ? demanda immédiatement Seamus lorsqu’ils furent assis.

-Tu as fais ton devoir de littérature ! s’exclama Ron.

-Tu t’es enfin débarrassé du rat que tu as illégalement apporté dans ta chambre ! espéra Hermione.

-Tu n’aimes plus les pains au chocolat et tu proposes de me laisser ta part ! tenta Harry.

-Et non, rien de tout ça, mais j’ai trouvé une excuse pour McGonagall, j’ai une semaine de rab’ pour le devoir.

-Tu es un foutu chanceux de baratineur ! siffla Harry admiratif.

-C’est ça le talent, très cher ! approuva Seamus d’un air supérieur. Mais ce n’est pas ce que je voulais vous dire. Vous voyez qui est Nicolas Chanlon ?

-C’est un étudiant en deuxième année de médecine, répondit rapidement Hermione.

-Bravo Granger, un point pour toi ! se moqua Seamus.

La jeune fille se renfrogna mais elle était quand même contente d’avoir répondu plus vite que les autres.

-Il adore venir nous voir jouer au basket, approuva Harry, et c’est un ami à Diggory.

-Alors qu’est ce qu’il se passe avec Chanlon ? demanda Ron.

-Il vient de se faire virer de l’école. Il s’est fait choper en train de fumer dans le bâtiment E. Il venait d’apprendre que sa sœur avait eu un accident de voiture et qu’elle était à l’hôpital, chez lui, en France et pour se détendre, il s’en est grillée une. Rusard l’a pincé, bien entendu et il s’est fait virer.

-Wahou, pour une cigarette ! Et en plus il y avait de quoi fumer ! Ils n’ont vraiment pas de cœur dans cette école ! s’exclama Ron.

-Dumbledore est sympa, répliqua Harry, mais il a laissé tout la gérance du règlement à Jedusor et avec lui faut marcher au pas ou éjecter.

-Et Rusard adore choper des élèves en flagrant délit, approuva Dean. Si vous voulez mon avis, ce mec est aigri car il n’a jamais pu étudier à Poudlard.

Harry approuva silencieusement. Rusard était concierge à Poudlard, comme Hagrid mais leurs deux personnalités étaient totalement opposées. Il valait mieux et de loin avoir à faire à Hagrid. Rusard ne semblait aimer que sa chatte, appelée très justement Miss Teigne, et descendre les élèves auprès du directeur adjoint, Tomas Jedusor.

Les élèves parlèrent encore un moment de l’injustice des deux hommes avant de diriger la discussion sur le premier match de la saison qui aurait lieu le dimanche suivant contre les BadAngels.

A la fin du repas, ils avaient oublié Chanlon qui avait injustement été renvoyé et Neville sortait avec l’étudiante.

La matinée se déroula assez bien et l’après midi arriva plus vite que Harry ne l’aurait cru. En plus, il croisa Cho Chang au moins cinq fois, ce qui ne gâcha rien à sa bonne humeur, bien au contraire.

Harry avait complètement occulté Malfoy de son esprit lorsqu’il le revit pour la seconde fois.

Il était en cours d’histoire avec Binns et, comme chaque fois qu’il avait histoire, il menait une lutte sans merci contre le sommeil. Ron semblait depuis longtemps avoir perdu la manche, il somnolait comme un bienheureux, affalé sur son bureau.

Le professeur Binns, un petit homme insipide d’une cinquantaine d’année, faisait en effet les cours les plus inintéressants auxquels Harry avait jamais eu le loisir d’assister.

Hermione, plusieurs rangs devant eux, se retournait quelques fois pour lui lancer un regard noir avant de vite retourner à ses notes. Harry ne pouvait que hausser les épaules. Après tout ce n’était pas de sa faute si Ron dormait. Hermione pourrait au moins s’en prendre à la bonne personne.

De toute façon, tout le monde, à part elle, profitait de ce cours pour faire autre chose.

Dean dessinait d’un air absent des croquis sur son cahier pendant que son voisin, Seamus, lui racontait quelque chose, sûrement le dernier potin de l’école.

Parvati Patil et Lavande Brown chuchotaient vivement en gloussant de temps à autre, se retournant encore plus souvent que Hermione dans leur direction sans que Harry comprenne pourquoi. Les deux jeunes filles faisaient aussi parti de l’équipe des Pompom Girls.

A son grand étonnement, Harry s’aperçut que Neville écrivait aussi. Le jeune homme maladroit dut sentir qu’il le regardait car il lui jeta un coup d’œil.

-Tu suis le cours ? articula Harry silencieusement avec un air faussement choqué.

Neville lui fit un sourire amusé tout en secouant négativement la tête. Il lui montra les cahiers qu’il avait devant lui et Harry s’aperçut que c’était des cahiers de chimie.

-Hermione ! articula à son tour silencieusement Neville en désignant l’un des deux cahiers.

Harry sourit, trouvant soudainement beaucoup plus logique qu’en cours d’histoire on recopie le cours de chimie.

Parvati se retourna une nouvelle fois en lui souriant timidement et il lui sourit à son tour, ne sachant pas vraiment quoi faire d’autre mais il commençait à se demander s’il avait une tache d’encre au coin des lèvres pour qu’elle l’observe de la sorte. Il aurait bien posé la question à Ron mais il dormait. Il leva alors la main et dût appeler trois fois le professeur pour que celui ci daigne sortir de son monologue et lui accorde un peu d’attention. Il semblait ennuyé d’être dérangé mais n’accorda même pas un regard à Ron qui dormait toujours.

-Oui, qu’y a-t-il ?

Le professeur n’allait sûrement pas l’appeler par son nom étant donné qu’il ne devait pas connaître un seul d’entre eux, bien que cela fit près de cinq ans qu’il leurs enseignait l’histoire.

-Puis-je aller aux toilettes s’il vous plait? Demanda Harry.

L’homme fronça les sourcils puis haussa les épaules en donnant son accord.

-Merci, dit Harry en se levant rapidement.

Il allait profiter de cette occasion pour se passer de l’eau sur le visage et se réveiller un peu. Et ça serait toujours quelques minutes de moins à s’ennuyer en classe. Hermione le regarda d’un air sévère quand il passa devant elle, tandis que Parvati et Lavande ne le lâchaient pas des yeux. Il crut même entendre l’une d’elle soupirer juste avant qu’il ne referme la porte sur lui.

Dans les couloirs silencieux, il lui semblait que le bruit de ses pas s’entendait à l’autre bout du bâtiment. Il regarda ses veilles baskets avec répugnance, cela jurait complètement avec le reste de son uniforme et elles couinaient à chaque pas même quand le temps était sec. Il les avait récupérées de son cousin Dudley qui faisait sa pointure quand il avait douze ans à peine, donc en plus d’être vieilles et usées, elles étaient carrément démodées.

Ce n’était pas comme les chaussures qu’il avait acquises avec l’argent qu’il s’était fait en travaillant l’été précédent. Il les avait achetées exprès pour jouer au basket et il ne les utilisait pour rien d’autre. C’était les dernières Converses, les fabricants en avaient ressorti une nouvelle paire en édition limitée qui était tout simplement splendide et Harry y faisait attention comme à la prunelle de ses yeux.

Il marqua un arrêt devant les toilettes, une note « Hors-service » était affichée sur la porte. Avec un sourire il continua sa route, il avait maintenant une bonne excuse pour traîner un peu plus. Les autres toilettes devaient se trouver à l’autre bout du bâtiment, il y en avait aussi à l’étage d’en dessous mais Harry préférait explorer cette partie de l’école qu’il ne connaissait pas encore.

Il n’allait en effet dans le bâtiment D que pour les cours de Binns, c’est à dire trois heures par semaine, ce bâtiment était plutôt connu comme étant réservé aux étudiants en droit et en économie. Il y avait plusieurs grands amphithéâtres aux deux étages en dessous, les salles de classes standard se trouvaient au troisième étage mais semblaient complètement vides à cette heure là.

Harry dût revoir son jugement en passant devant une classe, au fond avec la porte grande ouverte. Un groupe d’étudiants à peu près de son âge y discutait ouvertement, et le fait qu’ils ne fassent aucune preuve de discrétion était assez étrange pour attirer la curiosité de Harry. A Poudlard, personne ne se permettait ce genre de comportement dans une salle de classe, même dans la classe de Binns, ils chuchotaient et essayaient de rester un minimum discret.

Là, un garçon noir, qui devait sans aucun doute plaire aux filles, était assis sur une table et parlait avec de grands gestes à un autre que Harry ne voyait pas puisqu’il était caché derrière un ordinateur portable. Une fille à l’allure gothique participait à la conversation d’une voix sombre et mesurée.

Harry sursauta quand un autre garçon dans un coin, l’air patibulaire, le fixa d’une manière étrange. Pas méchamment mais Harry avait l’impression que le type aurait fixé le vide que son visage n’aurait pas eu plus d’expression.

Il continua son chemin rapidement, pas vraiment à l’aise car sans avoir regardé une seule de leurs cravates, il venait de comprendre qu’il devait s’agir de serpentards.

Cela lui fit penser immédiatement à Draco Malfoy et il fut étrangement déçu de ne pas l’avoir aperçu là-bas, il aurait peut-être dû carrément entrer dans la classe. Il aurait aimé savoir comment il se portait, la veille, il avait été salement amoché…

Il n’était peut-être pas du tout en cours, il devait se reposer dans sa chambre ou à l’infirmerie.

Plongé dans ses suppositions, Harry entra dans les toilettes. Il s’approcha des lavabos qui faisaient face aux portes des toilettes, enleva ses lunettes, et s’aspergea le visage d’eau froide. Il releva la tête en sentant une odeur de fumée. Il s’essuya rapidement avec une serviette en papier et chercha à tâtons ses lunettes qu’il avait posées sur le rebord du lavabo, en vain.

Fronçant les sourcils, il regarda le lavabo et s’aperçut que ses lunettes n’y étaient pas. Un mouvement sur sa gauche le fit se retourner et il comprit qu’il n’était pas seul dans les toilettes.

Il plissa les yeux mais reconnut assez facilement Draco Malfoy, il avait ses lunettes dans une main et dans l’autre une cigarette qu’il portait justement à sa bouche. Il était accoudé au mur et le fixait intensément. Harry déglutit, remerciant pour une fois le fait de ne pas voir dans les détails la personne qu’était Malfoy, le voir flou semblait amplement suffisant.

-Peux-tu me rendre mes lunettes ? demanda-t-il quand même pour pouvoir partir loin de cette présence troublante.

L’autre ne répondit rien et tira sur sa cigarette avant d’expirer quelques secondes plus tard la fumée dans un souffle léger. Harry repensa à Nicolas Chanlon, le type qui s’était fait virer pour avoir été surpris en train de fumer dans les bâtiments. Malfoy n’agissait clairement pas comme quelqu’un qui était en train de commettre une infraction au règlement. Il fumait lentement, le plus naturellement du monde et, Harry dut bien l’avouer, avec une classe déconcertante.

-Fumer est interdit, ne put-il s’empêcher de dire, se demandant clairement si Malfoy était au courant de ce fait.

Le serpentard porta à nouveau la cigarette à ses lèvres et Harry crut voir un sourire se dessiner sur cette bouche habituellement impassible. Finalement ne pas avoir ses lunettes commençait à l’énerver. Il avait l’impression d’être en position d’infériorité et il avait horreur de ça.

-Tu comptes cafter ? demanda alors Malfoy flegmatique.

-Non, répondit rapidement et froidement Harry. Ce que tu fais ne m’intéresse pas. Rends moi juste mes lunettes !

-C’est bien. Continua simplement Malfoy sur le ton de la conversation. J’aurais dû te tuer dans le cas contraire.

-Quoi ? cria presque Harry se demandant s’il avait bien entendu.

Malfoy devait avoir fait une plaisanterie. Personne ne tuait pour une histoire de cigarette. Mais le serpentard ne fit rien pour le rassurer au contraire, il enfonça encore le clou.

-J’ai horreur des gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Il tira sur sa cigarette avant de reprendre tout en soufflant sa fumée : Et les gens que je n’aime pas, je m’arrange pour ne plus avoir à les croiser. Plus jamais.

Il eut un air vague comme si la conversation était close et Harry se demanda quelle sorte de type pouvait plaisanter sur ce genre de chose.

Il n’avait même pas l’impression que Malfoy cherchait à l’intimider, simplement qu’il énonçait un fait et c’était encore plus effrayant.

Il se sentit comme si Malfoy avait oublié jusqu’à son existence quand il recommença à fumer en regardant du côté du couloir. Il ne savait même pas pourquoi il ne demandait plus ses lunettes, il se contentait de le regarder finir sa cigarette, même flou, Malfoy le captivait. Il se rappela son étrange beauté mais c’était surtout son attitude toute entière qui était étonnante.

Il était pourtant dans des simples toilettes mais transpirait d’une sorte de classe et d’élégance à toute épreuve mélangée à un ennui profond finalement assez offensant. Harry se sentait presque gauche de fouler le même sol que lui. Pourtant, des gens riches à Poudlard, il y en avait partout, mais Malfoy avait une aura à la fois intimidante et captivante. On ne pouvait que se sentir attiré par lui et le jeune homme semblait parfaitement conscient de ce fait.

Puis il écrasa son mégot contre le mur, avant de le jeter dans une poubelle. Il se regarda dans le miroir d’un air critique, remit en place une mèche de ses cheveux qui venait de tomber sur le côté de son visage, resserra le nœud de sa cravate, épousseta de la poussière imaginaire sur le devant de sa veste. Pas une seule fois il ne regarda Harry.

Quand il sembla enfin satisfait de son reflet, il se dirigea vers la sortie. Il fit une courte pose devant Harry, et délicatement lui remit lui même les lunettes sur son nez.

Harry restait pétrifié, le laissant faire, retrouvant une vue parfaite mais ayant juste en face de lui, le visage pâle et attentif de Malfoy.

-Tu as vraiment de jolis yeux, Potter…murmura le serpentard mortellement sérieux et sans un mot de plus il s’en alla, laissant Harry dans les toilettes, les joues en feu et le cœur battant aussi rapidement que s’il venait de courir trois tours de terrain.

Harry ne comprenait ce qui venait de se passer.

Est-ce que Malfoy venait de lui faire un compliment ?

C’était absurde, les garçons ne se complimentaient pas entre eux, en tous cas, pas de cette façon. Il avait sûrement dû mal entendre. Il sortit des toilettes, espérant que Malfoy soit déjà loin. Mais il avait beau essayer de se convaincre, il savait qu’il avait très bien entendu.

Alors quoi ?…Malfoy était peut-être gay ?

Cette éventualité lui paraissait improbable. Malfoy était très loin de l’image que Harry avait des homosexuels. Il n’y avait rien d’efféminé en lui. Son élégance était indéniablement masculine, sa gestuelle et sa façon de parler aussi.

Non, plus Harry y réfléchissait et plus il était convaincu que Malfoy avait simplement dit ça pour le mettre mal à l’aise…Il avait décidemment un humour vraiment spécial.

Lorsqu’il repassa devant la classe des serpentards, la porte était fermée et Harry se fit une réflexion bizarre.

Peut-être devrait-il songer à investir dans des lentilles de contacts…

Plus d’une fille lui avait dit qu’il était sexy avec ses lunettes rectangulaires - il fallait dire qu’il avait passé toutes ses années de collège avec d’affreuses lunettes rondes - que ça lui donnait un air sérieux et torride à la fois et elles disaient aussi qu’elles aimaient ses yeux mais aucune ne lui avait pris ses lunettes pour pouvoir mieux les voir.

Quand il retourna en classe, Ron ne dormait plus. Durant le reste de la journée le rouquin se demanda pourquoi son meilleur ami semblait complètement ailleurs.

Et au repas du soir son étonnement fut plus grand encore quand Harry ne fit même pas attention aux sourires que Cho Chang lui lançait.

O°O°O°O°O°O°O°O°O°O°O

-Bien Messieurs, c’est maintenant ou jamais ! Le premier qui essaie de faire son malin et de jouer sans prendre en compte mes directives, il se verra suspendu de match durant la totalité de la saison. C’est compris ?!

-Oui coach ! s’exclamèrent les joueurs d’une seule voix.

Mme Bibine, le coach de l’équipe de basket de Poudlard, les toisait de son regard perçant, rien ne semblait lui échapper.

Le weekend était vite arrivé, Harry n’avait pas revu Malfoy une seule fois et n’y pensait plus.

Le premier match de la saison allait commencer dès que l’arbitre sifflerait le coup d’envoi.

Les BadAngels avaient des maillots verts, ceux des Gryffondors, le nom de l’équipe de Harry, étaient noirs avec le numéro et le nom des joueurs en blanc, ils en avaient aussi des rouges avec le numéro et le nom en jaune, cela dépendait de la couleur des joueurs d’en face. Aujourd’hui, ils avaient mis les noirs.

Les tribunes étaient pleines, comme toujours. Les pompom girls avaient fini leur show et Cho envoya un baiser à Diggory, Harry essaya de ne pas grimacer.

-Allez les gars ! cria le meneur de jeu en souriant. Pourquoi joue-t-on ?

-GAGNER ! hurla le reste de l’équipe.

-Et ce soir quel sera le nom que les supporters scanderont ? reprit Diggory.

-GRYFFONDOR ! s’exclamèrent les joueurs terminant ainsi leur habituel cri de victoire.

Harry sentit comme toujours une étrange euphorie le gagner quand il se plaça sur le terrain. Ron sur sa droite était déjà concentré et fixait le joueur adverse qu’il devait marquer. Harry connaissait les joueurs de son équipe par cœur. Leurs points forts comme les faibles.

Peu d’équipes étaient à leur niveau. Des chasseurs de tête se déplaçaient pour venir les voir. Les Gryffondors pouvaient rivaliser avec des professionnels.

L’issue de ce match était sans surprise.

L’arbitre lança la balle entre les deux capitaines et Cédric la dégagea rapidement vers Ron.

Harry sourit. Il était enfin dans son élément.

La voix rêveuse de Luna Louffoca, une étudiante en première année de psychologie s’éleva des tribunes. Equipée d’un micro, elle commentait tous leurs matchs d’une façon assez originale. Harry se demandait souvent si elle avait même compris les règles du basket. Mais sa manière étonnante de décrire les matchs amusait les supporters et était devenue incontournable.

-Le match commence, disait la voix amplifiée de Luna, Diggory est parvenu à récupérer la balle. Il passe à Weasley, qui passe à Potter. Potter dribble, posant de ce fait le ballon par terre et annulant les deux bonnes balles pour la passe-à-dix. C’est une faute qu’il aurait pu éviter ! C’est très dommage. Je me demande comment Madame Bibine choisit ses joueurs. Flint a maintenant la balle, il passe à…

Lorsque la mi-temps arriva, ils menaient 34 à 12. Bibine était satisfaite mais elle les trouvait un peu mous, ce qui fit râler Ron, qui avait marqué la moitié des paniers à lui tout seul. Il y avait eu un changement de joueur dans l’équipe adverse et le nouvel ailier droit rappelait quelqu’un à Harry. Il fronça les sourcils essayant de savoir où il avait déjà vu ce type. Plus grand que lui – enfin… la majorité des joueurs de basket était plus grande que lui - les cheveux châtains clairs, les traits paisibles, le regard franc…

Harry se rappela où il l’avait vu en même temps que l’arbitre sifflait la reprise du jeu. Ce type était avec la bande qui s’en était prise à Malfoy ! Il n’y avait aucun doute là dessus, même s’il faisait sombre l’autre soir, Harry savait que c’était lui, en plus l’autre le regardait d’un air assez gêné, il l’avait aussi reconnu. Pris d’une rage qu’il ne s’expliquait pas, Harry joua le match comme si sa vie dépendait de l’issue.

Il avait décidé d’humilier l’autre équipe, de faire payer à ce mec ce qu’il avait fait mais à sa manière. Il s’en voulait aussi de se mettre dans un tel état. Il revoyait les coups de poings fuser sur la peau pâle…les bleus, les hématomes violets sur le ventre…

Il ne leur permit plus de marquer un seul point. Il semblait partout à la fois. Le public s’était levé, excité, et Harry marquait encore et encore. La fatigue n’avait pas l’air de l’atteindre mais il était en sueur. Les cheveux collés à son front, les yeux fixés sur le ballon, il montrait à tous pourquoi on le considérait comme un génie dans ce sport. Il avait l’air de survoler le match. Les joueurs de l’équipe adverse ne parvenaient pas à le marquer, ils auraient presque pu ne pas être là, ça n’aurait fait aucune différence.

Bibine s’arrachait presque les cheveux de la tête, criant à Harry de suivre le plan du match. Finalement, énervée au plus haut point, elle le fit remplacer par Victor Krum.

-Potter ! rugit-elle. Tu es suspendu de match jusqu’à nouvel ordre !

-Oui, coach ! répondit Harry.

-Ici c’est moi qui décide ! Encore une entourloupe de ce style et en plus d’être suspendu, tu seras viré de l’équipe ! Et je m’arrangerai pour te plomber auprès des chasseurs de tête ! Compris Potter ?

-Oui. Dit Harry mais d’une voix beaucoup moins assurée.

-Oui QUI ? cria Bibine.

-OUI COATCH ! reprit Harry d’une voix forte.

Sa colère était retombée en même temps qu’il était sorti du terrain. Il n’avait pourtant pas l’habitude de faire ce genre de truc. Qu’est ce qu’il lui avait pris ? Malfoy ne méritait sûrement pas qu’il mette son avenir en danger pour lui, surtout que ce qu’il avait fait ne servait strictement à rien. Harry avait simplement vu rouge et n’avait trouvé que ce moyen pour se venger d’un acte qui lui paraissait lâche et injustifié. Cela n’avait rien à voir avec Maloy, il aurait fait la même chose pour n’importe qui, question de principe, même si cela restait complètement ridicule.

Il s’assit sur le banc en compagnie des remplaçants en soupirant. Il espérait que Bibine lèverait assez vite sa suspension…si personne ne le voyait jouer, personne ne le voudrait dans une équipe pro.

Le match se termina par une victoire écrasante des gryffondors. Ses coéquipiers le regardaient, le sourire aux lèvres, n’osant faire aucune remarque devant Bibine mais une lueur de fierté brillait dans leurs yeux.

Une fois dans les vestiaires il eut le droit à d’innombrables tapes dans le dos.

-Tu as été géant ! lui dit Diggory. Un vrai artiste !

-Faudra que tu me dises ce que tu as bouffé Potter, que je prenne la même chose la prochaine fois ! s’exclama Marcus Flint.

-Un vrai petit lion ! renchérit Ron en lui ébouriffant les cheveux. J’étais content de ne pas être dans l’équipe d’en face.

-C’est clair, approuva un autre.

Harry les laissa discuter sur son surprenant revirement de comportement, se contentant d’acquiescer de la tête. Il fut un des premiers dehors et fut surpris par le froid. Il referma son blouson, décidé à attendre Ron devant le gymnase. Un mouvement sur sa gauche le fit se retourner et il plissa les yeux de mécontentement en reconnaissant le type qui avait frappé Malfoy.

Il pensait que l’autre voulait se battre, parce qu’il s’était interposé mais il avait l’air étrangement mal à l’aise.

-Que veux-tu ? cracha presque Harry.

-Je suis venu m’expliquer, répondit l’autre en faisant un pas vers lui.

-Je n’ai rien à te dire ! Tes copains ne sont pas là cette fois, tu devrais vraiment faire attention à ce qu’il ne t’arrive rien.

Le garçon soupira, passa une main dans ses cheveux très courts et planta ses yeux dans les siens.

-Je suis désolé pour l’autre soir. Je ne t’avais pas reconnu…Je veux dire j’aurais su que tu étais Harry Potter…

Il ne termina pas sa phrase mais son regard n’était pas fuyant. De toute évidence il disait la vérité.

-Je suis un de tes fan en fait, » dit l’autre d’un air gêné. Ce soir tu étais… Wahou ! Brillant ! continua-t-il, beaucoup plus joyeux.

Harry fronça les sourcils. Il se fichait que l’autre l’aime bien, de toute façon ce n’était pas lui qui avait été frappé.

-Pourquoi vous en êtes vous pris à Malfoy ? demanda Harry froidement.

Le garçon cessa immédiatement de sourire et un éclair de colère passa dans ses yeux bleus.

-Je ne suis pas très fier de ça. Sur le coup, on s’est dit que c’était une bonne idée. On était complètement désespérés, et bourrés aussi.

-Tu veux dire que tu regrettes ? questionna Harry sur la défensive.

-C’est ça, approuva l’autre. Ce n’était pas une bonne solution. Ce qu’on a fait était idiot. Je ne sais pas si tu pourras comprendre mais nous sommes dans un lycée de quartier de la ville, un quartier populaire. La plupart des gens du coin bossaient dans l’usine de sac plastique qui a fermé ses portes il y a juste une semaine. Nos parents bossaient là bas depuis toujours. Cette usine appartenait à Lucius Malfoy et il a décidé de la délocaliser, à l’étranger.

Il eut un sourire amer avant de reprendre.

-Ici à Poudlard vous ne savez pas ce que c’est que de manquer d’argent…de rentrer chez soi où s’entasse la famille, où on nous coupe régulièrement l’électricité car on ne paie pas nos échéances dans les temps, où on voit nos pères bosser 9 à 10 heures par jour sans parvenir à joindre les deux bouts. Ce n’est pas une vie facile…mais tant qu’on a un travail on s’en sort à peu près. Sans travail, c’est fini. Et qui voudrait embaucher des personnes dont le curriculum se limite à trier des sacs pendant vingt ans…

Harry resta silencieux. Lui non plus n’avait pas eu une enfance facile alors il pouvait comprendre ce que l’autre essayait de lui dire.

-Dimanche on a donc appris que l’usine allait fermer et lundi matin, le père de Ted, un de ceux qui étaient avec moi l’autre soir a été retrouvé pendu dans sa chambre. Il s’est suicidé et on pense que c’est parce qu’il ne supportait pas d’être au chômage. C’était un homme très fier et…Bref Ted a passé l’après midi a pleurer et à maudire Malfoy. Et je ne sais plus qui a dit que le fils de Malfoy était à Poudlard…On était désespérés. On pensait que si Malfoy voyait son fils dans un sale état alors il allait rendre les emplois au quartier.

-Je suis désolé pour Ted et pour vos parents mais tabasser un type à plusieurs, c’est juste lâche, fit Harry froidement.

-En fait on pensait qu’il allait ramener des potes. On lui a envoyé un mot dans l’après midi avec le lieu et l’heure du rendez-vous. On ne pensait même pas qu’il allait se ramener, on l’avait clairement menacé dans la lettre. Mais il est venu, et seul. Il nous a toisés de son air méprisant avant d’enlever sa cravate et de la mettre dans la poche de sa veste. Puis il a écarté les bras et a simplement dit « faites ce que vous avez à faire ».

-Il s’est laissé frapper ?

-Ouais…C’était presque flippant et ça nous a énervés encore plus, surtout Ted, et puis tu es arrivé.

-Pourquoi s’est-il laissé faire ? voulut savoir Harry.

-Aucune idée. J’y ai réfléchi dans la semaine, car son comportement m’a vraiment marqué et je me suis dit que peut-être c’était une façon pour lui de se punir pour ce que son père avait fait.

-C’est ridicule ! siffla Harry.

-Pas chez nous. Ils ont le même nom. Si mon père faisait quelque chose de mal, je pense que je ferais en sorte d’en porter le poids. Mais c’est vrai que c’est un bourge…il ne doit même pas avoir d’honneur.

Le garçon dit cette dernière phrase d’un ton agressif mais il n’y croyait pas vraiment. Harry, lui, repensait à ce que Hermione avait dit. Que pour Malfoy, cela devait être logique de se laisser frapper et apparemment un de ses agresseurs semblait aussi avoir trouvé une logique là dedans.

-Je voulais te dire que Malfoy n’a plus rien à craindre de moi. Mais il y en a deux ou trois de la bande qui veulent toujours lui faire sa fête. Je ne lui présenterais pas mes excuses parce qu’il cracherait sûrement dessus mais s’en prendre à lui n’était pas une solution. Je ne suis même pas sûr que son père aurait été traumatisé s’il lui était arrivé malheur. Ce type est une vraie ordure. J’ai souvent envié les gars de Poudlard, mais l’argent n’achète pas l'affection. Mon père vaut mille fois mieux que le sien et à mon avis Malfoy le sait…

La porte venait de s’ouvrir sur Ron Weasley. Il regarda l’interlocuteur de Harry en fronçant les sourcils. Ce dernier ne disait plus rien à présent et avait l’air gêné d’avoir raconté toutes ces choses à Harry.

-J’y vais, dit-il finalement en mettant les mains dans ses poches. Salut.

Harry ne répondit rien, il le regarda s’éloigner pensivement.

-C’est un joueur non ? Il te voulait quoi ce type ? demanda Ron un peu inquiet.

-Rien de spécial, marmonna Harry.

Ses pensées étaient tournées vers Draco Malfoy. Le type le plus étrange qu’il eut jamais rencontré. Il commença à comprendre que le serpentard n’allait pas sortir de sa vie aussi facilement qu’il y était entré.

Il se demanda aussi si c’était vraiment une bonne chose alors que son image s’imposait à son esprit en même temps que les derniers mots qu’il lui avait dit.

« Tu as vraiment de jolis yeux, Potter… »

A suivre…

C’est fini pour cette fois, je vous dis à bientôt pour la suite si vous êtes toujours intéressés.

J'espère que tu aimes toujours Quiproquo, un mot de toi et j'arrête le carnage (l'avenir de cette fic est entre tes mains, je te mets la pression là :p).

Bisous à tous,

Artoung

 
 
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