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au 04 Déc 08 :
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pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Génie du mal?
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 4     Les chapitres     95 Reviews     Illustration    
Erreur de calcul

Puisqu’on m’a fait la remarque, je préfère vous le dire ici, histoire que personne ne soit perdu. Les notes de Harry sont sur 20, je n’ai pas précisé et c’est vrai que pour moi c’était logique puisqu’en France, c’est en général sur 20. J’avais oublié que le monde entiiier pouvait me lire (snif c’est beau internet) et que chez nos amis outre-atlantique ce n’est pas forcément comme ça que ça se passe. Bref voilà donc il a 5 sur 20 de moyenne en chimie, c’est un gros nul quoi ! (se la pète alors qu’elle avait trois de moyenne quand elle était obligée d’en faire).

Chapitre 4 : Erreur de calcul

Le cours suivant l’étrange prestation de Malfoy au réfectoire, Harry l’appréhendait assez pour s’y rendre en traînant les pieds. Malfoy le déroutait complètement et il n’avait cessé de penser à lui tout au long de la journée.

Que devait-il faire ou dire si le blond recommençait à se comporter bizarrement ? Faire comme Hermione, comme si de rien n’était ?

Quelque part en lui, il savait que c’était la réaction la plus adulte mais il ne pensait pas être capable de ne pas ouvrir des yeux ronds ou de ne pas regarder ailleurs, complètement gêné. Et puis, pour tout dire, il n’avait aucune envie de se montrer compréhensif et gentil envers le serpentard. Sa bizarrerie n’enlevait en rien son arrogance et la forte antipathie que le brun éprouvait pour lui.

Quand il arriva en salle de chimie il resta un instant trop abasourdi pour faire le moindre geste. Malfoy était déjà là et ce n’était pas ça qui était étonnant…c’était son accoutrement. Il était au fond de la classe, concentré sur ses tubes à essai d’où s’élevait une fumée suspecte, tellement concentré qu’il ne l’avait pas encore entendu. Il portait une blouse noire, c’était la première fois que Harry en voyait une de cette couleur. Des lunettes de protections lui cachaient tout le haut du visage et lui donnait l’air d’une grosse mouche.

Cette image, tellement à l’opposée de l’élégance qui caractérisait d’ordinaire le blond, arracha un sourire à Harry.

Au même moment Draco leva la tête vers lui et poussa un soupire d’exaspération. Apparemment il tombait au mauvais moment. Il en fut satisfait. Il se rendait compte qu’agacer Malfoy était vraiment chouette, comme passe temps. Il ne se connaissait pas cette vocation de chieur mais avec le blond cela devenait naturel.

Le serpentard était en train de mettre ses lunettes au dessus de sa tête, emprisonnant du coup ses cheveux en arrière comme l’aurait fait un serre-tête et dégageant son front parfait.

-Tu es en avance, commenta-t-il froidement.

-Jolie blouse ! se contenta de dire Harry moqueur.

Draco haussa les sourcils, lui il aimait beaucoup cette blouse. C’était Pansy qui la lui avait offerte et dans le dos il y avait une tête de mort blanche avec marqué en dessous « La mort est une expérience comme une autre ».

-Jolies chaussures ! répondit Draco en jetant un coup d’œil affecté sur les baskets usées et couinantes du lycéen.

Harry se sentit rougir mais il s’abstint de faire le moindre commentaire. S’ilvoulait pouvoir dominer une conversation avec Malfoy, il fallait qu’il arrête de perdre pied dès que le blond parlait d’argent. Il était évident que Malfoy savait que c’était en quelque sorte son point faible et qu’il allait en user et en abuser tant qu’il y réagirait.

-Je ne suis pas en avance dit-il enfin, il avait même plutôt dix minutes de retard mais ne tenait particulièrement à souligner ce fait.

Malfoy regarda sa montre et tapota dessus avant de grogner un peu. Harry se rendit compte qu’il attendait, comme un gosse, la permission de rentrer plus avant, puis il se trouva ridicule et avança d’un pas qu’il voulait assuré.

-Elle ne marche plus ? demanda-t-il, histoire de dire quelque chose.

-Elle est rigoureusement à l’heure, répondit sèchement Malfoy. Installe-toi, reprit-il plus calmement. Je range ça et on pourra commencer.

Harry hocha la tête et s’assit au fond de la classe, voyant au passage la tête de mort et le slogan particulier qui l’accompagnait, sur le dos du serpentard. Il se remit à sourire et commença à sortir ses livres. Il n’avait décidément pas à se sentir diminué face à ce type pour le moins loufoque.

Une heure trente plus tard, Harry sortit du cours satisfait. Même si Malfoy n’était pas d’une patience remarquable, il restait un meilleur professeur que Snape. Il avait à peu près compris ce qu’il lui avait expliqué. C’était la première fois depuis longtemps qu’il sortait d’un cours de chimie pas totalement perdu et c’était appréciable. Il faut dire que le blond ne le lâchait pas tant qu’il n’avait pas montré au moins, un mini signe de compréhension, quitte à répéter vingt fois la même chose. Et il fourrait sans arrêt son nez dans ses notes, voulant qu’elles soient parfaites. Tout était donc encadré, souligné –avec des couleurs différentes selon l’importance, s’il vous plait !- au point que même Harry avait du mal à croire qu’un tel classeur était à lui.

Il pressa le pas pour se rendre à l’entraînement de basket. La nuit tombait de plus en plus tôt mais ça ne le dérangeait pas. Traverser le campus ne lui faisait pas peur, il aimait plutôt ce calme. Lorsqu’il arriva au gymnase, l’équipe était déjà là. Bibine étant absente, c’était Cédric qui les entraînait. Cela convenait tout à fait à Harry, Cédric était beaucoup plus cool. En fait, le capitaine que Harry avait préféré, restait Olivier Dubois, qui jouait en tant que pro depuis l’été dernier. Avec lui, faire du basket avait été vraiment passionnant, il avait su tous les mobiliser. Il ne connaissait personne qui aimait autant ce sport et même lui qui adorait le basket, n’était pas aussi accro. Mais Olivier était parti l’année précédente et Cédric avait pris sa place de capitaine. En un sens, l’étudiant était plus diplomate que son prédécesseur. Il fallait dire qu’il y avait des tensions dans le groupe à l’époque de Dubois. Flint et lui ne pouvaient pas se voir. Harry n’aimait pas beaucoup Marcus Flint mais il jouait bien et c’était ce qui importait. Pourtant quand il s’approcha de lui ce soir là, avec un sourire moqueur, Harry sentit qu’il n’allait pas apprécier ce qui allait suivre.

-Hey Harry ! fit-il. Weasley m’a dit que tu étais à un cours de rattrapage!

-C’est vrai, répondit Harry, tout en s’étirant.

Le sourire du jeune homme brun devant lui s’agrandit encore.

-J’ai assisté au discours du taré ce matin ! Ce mec est vraiment un cas, hein ?

Harry hocha la tête et le sourire de Flint fit place à une mine conspiratrice.

-Vu que tu vas te retrouver souvent seul avec lui, j’ai pensé qu’il fallait que je te le dise. Moi j’aurais aimé être au courant.

Il eut une grimace de dégoût et Harry se demanda pourquoi il tournait autour du pot.

-Ce mec est une tapette, dit-il enfin comme s’il venait en fait d’avouer qu’il s’agissait d’un pédophile ou d’un tueur en série.

Harry n’avait pas vraiment de préjugé contre les homosexuels, tant qu’ils ne le draguaient pas, ils pouvaient bien faire ce qu’ils voulaient de leurs fesses. La révélation de Flint le laissa blasé. Pour tout dire, il pensait qu’il lui racontait des conneries. Il savait que Flint avait un problème avec les gays, les féministes, les noirs, les pauvres, les juifs et tout ce qui ne lui ressemblait pas en général. Il était tellement obnubilé par les différents sujets de sa haine qu’il avait tendance à en voir plus que de raison. Si une tête ne lui revenait pas alors la personne était juive ou homosexuelle, selon les moments. Malfoy n’était pas gay…Harry s’en serait aperçu dans le cas contraire.

Mais Christopher Bone, le plus grand de l’équipe, de la même année que Flint, s’approcha d’eux.

-Oui, c’est moi qui l’ai dit à Marcus. Il y a deux mois à peu près, je suis allé en boîte de nuit et j’ai vu Malfoy rouler un patin à un autre type. Je suis sûr que c’étaitlui, sauf s’il a un frère jumeau mais comme ils étaient que deux mecs à s’embrasser...disons qu’on les a remarqué.

-Dégueulasse, marmonna Flint. Faut être malade pour faire ça.

Bone haussa les épaules et Cédric leur cria de courir au lieu de papoter. Harry sous le choc, commença machinalement à faire son tour de terrain. Il ne voyait pas pourquoi Bone raconterait quelque chose de faux. Il avait vraiment dû voir Malfoy avec un mec…Mais pourtant Malfoy n’avait pas l’air gay. Il était certes élégant mais c’était plus dû à ses origines aristocrates qu’à une quelconque déviance sexuelle. Enfin, il y avait quand même eu la fois où il l’avait complimenté sur ses yeux…mais là encore ça ne voulait rien dire. Lui-même avait reconnu que Malfoy était un beau garçon…c’était même le plus beau qu’il avait jamais rencontré mais ça voulait juste dire qu’il savait se servir de ses yeux.

A la fin de l’entraînement Harry avait décidé qu’il s’en moquait. L’orientation sexuelle de Malfoy ne le concernait pas. Enfin tout ce qui touchait de près ou de loin au serpentard n’avait aucune importance pour lui.

°O°O°O°

Il n’en avait rien à faire et pourtant deux jours plus tard il ne cessait de jeter de fréquents coups d’œil à son étrange professeur pendant son cours. Ce qui commençait sérieusement à agacer ce dernier.

-Pourquoi me regardes-tu comme ça ? demanda-t-il en interrompant son expérience.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit immédiatement Harry, mal à l’aise.

Draco poussa un soupire irrité et souffla sur une mèche de ses cheveux qui venait d’apparaître devant ses yeux.

-Je n’arrive pas à me concentrer quand tu me regardes de cette façon, annonça-t-il tout en louchant sur sa mèche rebelle qui revenait à la charge, alors arrête ça…ou bienpose moi ta question. Puisqu’à l’évidence tu en meurs d’envie.

Etait-il si transparent ? Harry commençait à y croire. Mais il ne pouvait pas lui demander s’il était homosexuel, c’était vraiment indiscret.

-Quelle est la plus mauvaise note que tu es eu en chimie ? demanda-t-il à la place.

Draco se tourna brusquement vers lui en fronçant les sourcils.

-C’est personnel, siffla-t-il sur la défensive, et je ne vois pas en quoi ça te regarde !

-Dé…désolé, bégaya Harry surpris par une telle réaction.

Malfoy ne décolérait pas même s’il ne faisait rien d’autre que le foudroyer du regard.

-Mais tu sais, tenta-t-il, pour le commun des mortels ce n’est vraiment pas une question désobligeante.

Le blond eut un étrange sourire qui arracha des frissons à Harry.

-C’est possible, susurra-t-il, mais moi je suis spécial.

-ça, on peut le dire, grogna Harry.

-Dis moi Potter. A quel âge as-tu été dépucelé ?

-Quoi ? Mais…je ne vois pas pourquoi je parlerais de ça avec toi ! s’offusqua Harry en rougissant légèrement.

-Je réponds à ta question et tu réponds à la mienne ? Proposa Draco tout sourire.

C’est en voyant ce sourire si innocent donc totalement incongru sur le visage de Malfoy que Harry commença à douter.

Le revirement du blond était un peu trop rapide. A mesure qu’il comprenait, l’indignation s’emparait de lui. Il s’était clairement foutu de sa gueule avec cette histoire de note de chimie. Il était le type le plus retord que la terre ai jamais porté. Si ça se trouvait, depuis le début il jouait au type bizarre juste pour mieux tromper son monde…

-Snape m’a mis zéro une fois parce que j’avais rendu une copie blanche. Le sujet ne méritait pas que je m’attarde dessus.

Il y eut un silence et Draco le regardait poliment comme s’il pensait que Harry allait vraisemblablement répondre à sa question.

-Alors, insista-t-il. Tu avais quel âge ? Quinze ans et c’était l’été, sur la plage ? Treize et c’était la grande sœur nymphomane d’un de tes amis ? Onze et

-Mais ça ne va pas non ! s’énerva Harry coupant court aux divagations de son vis-à-vis.

A onze ans il savait à peine comment on faisait les bébés et il n’avait commencé à regarder les filles qu’à quatorze ans. De toute façon, il ne l’avait jamais fait, ce qui n’avait rien d’exceptionnel. Il n’avait que dix-sept ans et n’était si pressé que ça…enfin un peu quand même, il avait tout de même une libido qui allait avec son âge.

-A moins que tu sois toujours puceau, glissa Malfoy comme s’il venait de lire dans ses pensées.

-Bien sûr que non ! se hâta-t-il de répondre sans pouvoir s’empêcher de rougir.

Mais le sourire de Draco s’agrandit encore. Ainsi il paraissait terrifiant et son regard lui semblait briller d’une joie malsaine.

-Il va falloir changer ça, murmura-t-il d’une voix caressante à son oreille. Si tu veux, je peux t’y aider…

Harry se recula pour échapper à son emprise. Il se voulait choqué mais en vérité, il éprouvaitun grand trouble. A cet instant, il pensait savoir ce que ressentait une abeille attirée par une plante carnivore. Et Flint avait raison finalement…Malfoy était gay…et il lui faisait des avances.

-Tu préfères quoi ? Je connais une brune qui ferait n’importe quoi pour moi et deux blondes –des sœurs – qui adorent enseigner ce genre de chose(s) aux beaux garçons.

-Tu veux me présenter…des filles ?

-Bien entendu…A moins que tu ne sois gay ?

-Quoi ? Mais non ! ça va pas ?!

Harry était perdu. Malfoy le regardait comme s’il doutait de cette affirmation. C’était le monde à l’envers. Malfoy l’interrogeait sur sa sexualité !

-Je vais très bien, merci, répondit-il, même si j’ai un peu mal à la jambe droite. Je me suis cogné ce matin contre la table de ma cuisine.

-…

-Donc, tu n’as pas répondu…Tu préfères quoi ?

-Occupe toi de ton cul !

-Pour tout avouer je préfère ça aussi. Mais tu éveilles ma curiosité. Je vais être franc avec toi. Tu n’as rien de spécial. Un type quelconque à qui je suis obligé de donner de mon temps, voilà ce que tu es. Je ne devrais ressentir pour toi que du mépris et un profond ennui mais si le mépris est, en effet, bien présent, je ne m’ennuie pas…encore. Et les choses qui ne m’ennuient pas sont si rares que je ne peux pas passer outre. Alors que tu le veuilles ou non, tu vas passer du temps avec moi.

Harry écarquilla les eux avant d’exploser de rire. Malfoy avait l’air si sérieux ! Il ne se prenait vraiment pas pour de la merde ! Mais Harry n’avait ni le temps, ni l’envie de rester plus que nécessaire en présence du serpentard.

-A moi d’être franc avec toi, lança-t-il froidement. Je ne t’apprécie pas et n’ai aucune envie de te servir de passe temps. Pour les cours, je n’ai pas le choix, mais je ne risque pas de te voir dehors. Tu es la personne la plus arrogante, mesquine et sournoise que j’aie (j’ai) jamais vu et j’ai horreur des gens comme toi qui se croient supérieurs aux autres. Nous ne serons jamais amis ou alors il faudrait que je devienne aussi cinglé que toi pour accepter un truc pareil.

Cette dernière insulte dut faire mouche car le visage du serpentard se ferma complètement et sa bouche ne forma plus qu’une ligne amère, quant à ses yeux, ils étaient devenus aussi durs et gris que de la pierre.

-Le cours est fini, annonça-t-il froidement.

Harry se permit un sourire narquois. Il attrapa ses affaires. Il avait vexé le blondinet et gagné une demi-heure de liberté…donc il y avait effectivement de quoi sourire. Malfoy serrait encore les dents lorsqu’il passa le seuil de la porte.

°O°O°O°

Deux jours après la mise au point de Potter, Draco fut réveillé pardes coups frappés à la porte de sa chambre. Il était un des rares élèves de Poudlard à ne pas vivre à l’école. Son père avait acheté une villa à dix minutes de là en voiture.

-Jeune monsieur, disait la voix de l’employée derrière la porte, monsieur votre père est là. Il demande à vous voir.

Draco fronça les sourcils, un peu inquiet. Son père était revenu d’Angleterre plus tôt que prévu…De quoi voulait-il lui parler ?

D’habitude Lucius ne prenait pas la peine de le réveiller et n’était pas du genre à vouloir passer un peu de temps en sa compagnie. Son père se souciait de lui, à sa façon, et il l’aimait sûrement autant qu’il était capable d’aimer quelqu’un, de cela Draco en était conscient. Mais Lucius l’évitait, comme la plupart des gens. C’était un homme d’affaire qui connaissait les hommes et était capable de faire sortir le meilleur d’eux…et le pire aussi, peu importe pourvu que ça serve ses intérêts. Sa conscience du bien et du mal avait depuis longtemps abdiqué face à celle « du moi et des autres ».

Oui, Lucius savait comprendre ses congénères et il ne se trompait que rarement. Mais son fils, avec sa façon de penser un peu spéciale était trop déroutant pour lui. C’est pour cela que la plupart du temps, il évitait son héritier. Il était conscient que Draco était brillant, et sûrement même bien plus que lui, mais il n’était pas canalisable. Pire, il n’était pas corruptible. Son pouvoir sur son fils était limité. Et il se doutait, même si ça l’ennuyait fortement, que son fils le tolérait simplement parce que pour l’instant, il lui était utile et qu’il pouvait du jour au lendemain claquer la porte à l’héritage familiale et décider de ne pas reprendre sa suite, de devenir un banal Monsieur Tout Le Monde.

Pourtant Lucius avait tort sur ce point. Draco aimait le pouvoir autant que lui, même s’il avait une vision différente de son exercice.

Des années plus tard, le nom des Malfoy resplendirait dans tous les domaines hightTech et danscelui des causes humanitaires. Mais pour l’instant, celui qui serait à l’origine d’un tel succès descendait tranquillement les grands escaliers de sa maison. Son père se trouvait dans la bibliothèque et n’était pas seul apparemment, d’après les voix qu’il entendait. Winkie passa devant lui avec un plateau vide et son éternel sourire maternel.

Un véritable cliché de la cuisinière sympathique et rondouillette à elle toute seule.

-Bonjour, mon petit Draco !

-Bonjour Winkie, répondit Draco poliment même s’il avait horreur qu’elle l’appelle « mon petit Draco ».

-Il y a du thé et des bons gâteaux qui t’attendent à la bibliothèque. Le charmant Monsieur Black m’a dit qu’ils étaient divins, gloussa-t-elle.

-Sirius est ici ?

Voilà qui expliquait le sourire béat de la cuisinière.

-Oui et je crois bien qu’il va rester quelques temps ! Il avait trois grosses valises avec lui.

Draco haussa les épaules. Sirius Black était un jeune cousin de sa mère, âgé de vingt huit ans et qui vivait en Angleterre même s’il avait fait ses études à Poudlard, comme pratiquement tout le monde dans la famille de Draco. Comme pour la plupart des gens, il l’indifférait complètement, même si l’homme, lui, semblait assez l’apprécier. Ce qui pouvait parfois devenir un peu lourd.

Si Lucius était d’une beauté froide, presque dérangeante, celle de Sirius était insolente et il dégageait un magnétisme presque animal. Draco s’en rendit compte une nouvelle fois en voyant le sourire chaleureux que son cousin lui adressa lors de son arrivée dans la pièce. Il ne se doutait pas du tout que les rares fois où lui-même souriait, il aurait pu passer pour son petit frère. Draco pensait qu’il était le portrait craché des Malfoy et n’avait rien pris du côté des Black. D’ailleurs, il préférait les Malfoy aux Black. Ils étaient moins passionnés, plus sages…plus riches aussi, même si d’égale noblesse.

Sirius ne travaillait pas et vivait de l’héritage de ses parents, ce qui déplaisait fortement à Lucius qui l’appelait « le pique assiette » ou « le bon à rien » derrière son dos. Pour lui, chaque homme devait s’acharner à faire fructifier ses biens et à amasser le plus de pouvoir possible. Mais Sirius avait quelque chose qui faisait que Lucius le tolérait chez lui : des contacts.

Ce beau parleur était en effet invité à chaque grande réception, en tête de liste même. Les dames l’adoraient et d’après certaines rumeurs, il le leur rendait bien. Les hommes appréciaient sa bonne humeur et son esprit aiguisé (Lucius trouvait que c’était du gâchis de laisser une telle intelligence servir aux badineries et à une vie de frasques). Sirius était donc un hôte incomparable et les gens se liaient facilement à lui. Avec Lucius, ils étaient beaucoup plus prudents…plus intimidés ou impressionnées aussi. Et si l’homme d’affaire adorait cet état de fait, parfois cela pouvait devenir un handicap.

-Salut beau gosse ! lança Sirius en allant serrer Draco dans ses bras.

Le blond se raidit à son contact et serra les dents, sans rien dire. Le jeune homme aux cheveux noirs se recula immédiatement en soupirant.

-Désolé, commença-t-il, j’avais pensé que maintenant tu…

-Bonjour cousin, bonjour père, coupa Draco sèchement. Il est étonnant de vous voir ici.

-Bonjour Draco, sourit Lucius, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un père vienne voir son fils qui lui manque.

Draco eut une moue dubitative qui amusa grandement Sirius. Apparemment ici, personne n’était dupe. Le serpentard s’installa à la petite table et commença à manger pendant que son père se perdait dans un monologue dont il avait le secret. Posant et répondant à la fois aux questions qu’il adressait à son fils.

-Comment ça va à l’école ? interrogea Sirius à un moment où Lucius était en train de se servir une nouvelle tasse de thé. Je me souviens que j’avais adoré mes dix-sept ans. Poudlard était mon terrain de jeu. Est-ce que Monsieur Bins enseigne encore ?

-Je l’ignore.

-Oui, répondit Lucius, mais il est toujours aussi incompétent et Dumbledore ne fait rien à son sujet. Cette école perd un peu plus chaque année de son prestige. Et ça c’est parce que Dumbledore accepte n’importe qui ! Plus d’un quart des élèves ne devrait même pas y mettre les pieds.

-Ce n’est pas mon avis, contra Sirius calmement, tous cesgamins ne sont peut être pas riches mais ils sont talentueux et c’est ça l’esprit de Poudlard. Dumbledore est un visionnaire.

Pour la première fois depuis qu’il était présent, le regard de Draco s’anima et un ricanement méprisant lui échappa, surprenant les deux hommes peu habitués par un tel comportement de sa part.

-Tu parles d’un visionnaire ! cingla-t-il. A cause de lui, je suis obligé de donner des cours de chimie à un type totalement insupportable ! Un de ceux que Dumbledore trouve talentueux et qui n’est même pas en mesure de se payer des cours particuliers.

-J’ai entendu parler de ça, approuva son père. Tom Jedusor était contre cette mesure. C’est qu’il respecte particulièrement ta classe Draco, et ne voit pas d’intérêt à ce que vous vous mélangiez aux autres si…ordinaires. Si seulement il était le directeur à la place du vieux fou, l’école irait beaucoup mieux et on ne vous imposerait plus de genre d’obligations.

-Personnellement, je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ce que Draco et ses amis s’ouvrent un peu au monde, fit Sirius tout en avalant un autre petit gâteau. Humm, vraiment délicieux ! Et puis ce gamin que tu dois aider, ne doit pas être si terrible…si ?

Apparemment, ni lui, ni Lucius ne s’attendait à ce qu’il réponde aussi furent-il une nouvelle fois surprispar la hargne du plus jeune. Il avait totalement perdu sa nonchalance habituelle et la flamme dangereuse qui dansait dans ses yeux ne semblait pas vouloir le quitter.

-Il s’appelle Potter, siffla Draco, et il ne vit que pour lebasket-ball. Quel sport stupide ! Il n’est même pas capable d’obtenir un précipité correct et il se croit malin !

-Tu t’es trouvé un ennemi, constata Sirius presque joyeusement. Ça me rappelle ce bon vieux Snape. Est-il toujours aussi…repoussant ?

-Tu auras l’occasion de le voir par toi-même, répondit Lucius, puisque tu vas me remplacer durant mon séjour en Europe. Il assiste à toutes les réunions des créanciers de l’école.

-Et oui, sourit Sirius en croisant les bras derrière la tête, devant le regard interrogateur de son jeune cousin. Je suis là pour faire acte de présence à la place de ton père, pour toutes les affaires concernant l’école, même si c’est Snape qui votera à sa place…l’administration est si compliquée ! Et je soupçonne ton père de ne pas avoir confiance en moi et de penser que je favoriserais Dumbledore à la place de Jedusor.

-Ai-je tort ? questionna Lucius amusé malgré lui.

-Non, tu vois juste, comme toujours…et c’est d’autant plus frustrant.

Draco écoutait l’échange vaguement mais toutes ses pensées étaient ailleurs. Le blabla des deux hommes en face de lui ne le trompait pas. Si Sirius était là, c’était pour le surveiller pendant l’absence de son père. L’histoire de l’école n’était qu’une couverture. Apparemment, il avait un peu trop « déconné » comme aurait dit Blaise s’il avait euvent de l’histoire. Blaise adorait dire des mots comme « déconner » mais Draco trouvait ça bizarre dans sa propre pensée. Ce n’était pas un mot fait pour lui. Il avait un peu trop « fait preuve d’inattention » ces derniers mois (cette phrase convenait beaucoup mieux) et son père – qui avait des yeux et des oreilles partout – avait dû avoir vent de certaines histoires le concernant.

Draco était loin de l’adolescent typique. La seule chose qui l’intéressait c’était d’échapper à l’ennui et pour cela il ne traînait pas tout le temps avec des gens respectables. Il avait l’argent et il savait trouver les gens qui considéraient la vie comme une vaste blague – enfin surtout celle des autres – et qui pouvaient fournir à peu près n’importe quoi contre un peu de fric : drogues,armes, sexe, produits chimiques, médicaments…

-Bref tu vas devoir me supporter, je le crains, soupira Sirius faussement désolé, tirant ainsi Draco de ses pensées.

Le visage du serpentard resta impassible mais intérieurement, il bouillonnait. Son père lui avait assigné un chien de garde de peur que son nom ne soit entaché et Sirius avait accepté parce qu’il éprouvait de l’affection – dont il se serait bien passé – pour lui. Son cousin avait eu un frère, Régulus, qui aurait eu un an de plus que lui s’il n’était pas décédé à l’âge de six ans d’une leucémie. Et Draco supposait que Sirius faisait une sorte de transfert sur lui ; Qu’importe de toute façon que Sirius soit là ou pas. Draco était plus malin que lui. Il ne devait pas être une menace. Ayant réussi à se rassurer, il décida d’accorder un nouveau sourire poli à son cousin et poursuivit tranquillement son petit déjeuner.

O°O°O°O

-Puceau ! Hé Puceau !

Théodore Nott qui marchait tranquillement à côté de Draco, se demandait pourquoi ce dernier se mettait soudainement à crier « Puceau » dans les couloirs. Inconsciemment, il porta son pouce à sa bouche et commença méthodiquement à ronger son ongle, en s’apercevant que les Autres se tournaient vers eux et les regardaient. Il jetait à présent de fréquents coups d’œil, presque apeurés, autour de lui, tout en récitant dans sa tête la liste des nombres premiers. Il suivait Draco qui s’avançait maintenant vers un type à lunettes, tout décoiffé et le visage d’une rougeur inquiétante – un mélange de gêne et de fureur, supposa Théo. Il rongea son pouce avec une vigueur accrue.

Harry était offusqué par la façon dont Malfoy l’avait hélé et déjà autour de lui, ses amis ricanaient, les traîtres ! Malfoy était en face de lui avec un autre garçon. Harry détailla le nouveau venu, un peu étonné de voir le blond avec un autre être humain. Le garçon avait l’apparence d’un collégien, il était en effet beaucoup plus petit et plus mince que Malfoy mais aussi bien habillé que lui et il portait aussi une cravate des serpentards bien serrée autour de son cou.

Des mèches de ses cheveux bruns lui tombaient devant les yeux et comme il avait la tête légèrement baissée, on ne les voyait pas du tout. Il se rongeait le pouce comme si sa vie en dépendait, ce qui interloqua un instant Harry avant qu’il se rappelle que Malfoy était un gros connard.

-Qu’est ce que tu veux ? siffla-t-il.

-Bonjour Granger, répondit à la place Draco de son habituelle voix traînante, quoique aussi légèrement satisfaite.

-Bonjour, répondit la jeune fille avec un sourire gêné, sous le regard noir de son meilleur ami.

L’autre venait quand même de le traiter de puceau devant tout le lycée…enfin devant tous ceux qui se trouvaient dans le couloir et Hermione le saluait tranquillement, comme si de rien n’était. De plus, il soupçonnait Malfoy de ne rien avoir de particulier à lui dire, d’avoir juste trouvé une nouvelle façon de le mettre mal à l’aise. Harry espérait que ce sale con fasse de nouveau un truc d’attardé mental, histoire de lui rappeler qu’ici il n’avait pas sa place.

-Il faut qu’on rattrape la demi-heure de la dernière fois, dit-il finalement, sinon les calculs ne sont pas bons…enfin c’est Dumbledore qui le demande.

-C’est toi qui a arrêté le cours plus tôt, lui rappela Harry. Pourquoi est ce que je devrais « encore » réorganiser mon emploi du temps ?

Malfoy sembla réfléchir un instant et rien que le fait qu’il ne réponde pas du tac au tac à une question aussi simple montrait qu’il n’était pas à l’aise et qu’il risquait sûrement de se conduire bizarrement…enfin c’est ce que supposa Harry. Ce qui le fit jubiler intérieurement.

Mais Draco n’eut jamais l’occasion de répondre – et donc de se rendre ridicule – au grand dam de Harry, car Dean Thomas, qui venait d’arriver salua l’ami de Malfoy avec enthousiasme.

-Théo, comment vas-tu ? Les gars, je vous présente Théodore Nott, mon prof de math préféré !

Ledit Théodor Nott, toujours accroché à son pouce, leva brusquement les yeuxvers le nouveau venu et le salua silencieusement d’un bref hochement de tête. Harry aperçut alors ses yeux bleufoncés qui se fixèrent un instant sur Dean avant de reprendre leur course effrénée pour une destination inconnue de tous et aussi semblait-il du principal concerné.

-Oh, c’est toi qui sais compter de tête ?! s’exclama Seamus émerveillé, en secouant la main du serpentard. Dean dit que c’est incroyable ce que tu arrives à faire !

L’autre regarda l’irlandais un peu perdu mais n’osant pas reprendre sa main. Malfoy regardait la scène, aussi étonné que l’était Harry.

-Je me débrouille un peu avec les chiffres, avoua finalement Théo mal à l’aise.

-Tu plaisantes ? reprit Dean. Ce type est génial ! Il te fait n’importe quelleopération de tête !

Le serpentard eut un léger sourire sous le compliment et lâcha l’espace de quelques secondes son pouce avant de le reprendre presque immédiatement lorsque Seamus lui demanda combien faisaient quarante deux multipliés par soixante quatorze.

-Trois mille cent huit, répondit instantanément Théo.

Dean souriait pendant que Neville cherchait une calculette dans son sac.

-C’est exact, murmura Hermione avant que le jeune homme puisse vérifier.

-Ben toi aussi, tu y arrives, chuchota Ron sceptique, je ne vois pas ce qu’il y a d’extraordinaire.

-Moi j’ai dû réfléchir avant…il a répondu immédiatement.

-Combien font cent trente cinq multipliéspar six mille neuf cent vingt trois et divisés par trente six mille neuf cent cinquante quatre ? demanda Ron en haussant les épaules.

-Vingt cinq virgule deux cent quatre vingt onze mille trente sept, répondit Théo dans un souffle tout en continuant à ronger son ongle et en regardant le groupe de biais.

-Attends, je vérifie ! marmonna Neville qui était encore entrain de taper l’opération sur sa calculatrice. C’est exact ! s’exclama-t-il joyeusement quelques secondes après.

Harry se rendit compte alors que si au début il n’y avait que Ron, Neville, Hermione et lui-même, à présent, ils étaient bien une quinzaine autour des serpentards et d’autres curieux venaient encore grossir les rangs. Les élèves impressionnés par les capacités de l’ami de Malfoy lui demandaient d’effectuer des opérations de plus en plus compliquées et le jeune homme, qui ne payait pas de mine, répondait à chaque fois correctement et avec une rapidité impressionnante. Harry trouva injuste que son génie à lui soit juste chiant alors que celui de Dean était vraiment doué et qu’en plus il avait l’air sympa. Malfoy, justement semblait se hérisser un peu plus à chaque nouvelle question posée à Théo. Harry n’arrivait pas à le quitter des yeux. Son génie avait peut être un caractère de chien mais il avait une prestance que personne n’égalait aux alentours.

-Arrête ça ! ordonna tout à coup froidement l’objet de son observation froidement à Théo qui était en train de répondre à une opération donnée par Lavande Brown.

Etrangement, le serpentard avait l’air soulagé par l’intervention de Malfoy. Il lui jeta un regard de remerciement qui mit Harry mal à l’aise.

-On se tire d’ici, reprit le blond en foudroyant l’assemblée du regard. Ils sont tellement cons qu’ils te prennent pour un animal de foire.

Cette fois Harry fût sûr que la gêne qu’il ressentait, tout le monde l’éprouvait aussi. Pourtant, il ne put pas s’empêcher de tenter d’avoir le dernier mot sur Malfoy.

-Tu dis ça parce que tu es jaloux ! Tu es incapable de faire ce que fait ton pote !

Il y eut un silence alors que Draco le regardait comme s’il avait envie de lui faire très mal. Ce qui était en fait sûrement le cas.

-Et qu’en sais tu ? questionna-t-il. Donne moi donc un calcul à faire !

Harry un peu pris au dépourvu demanda combien faisait trente sept multipliéspar treize, avant de se maudire pour avoir demandé un truc aussi simple. Même lui en réfléchissant un peu il pouvait trouver facilement, alors Malfoy…

Mais le serpentard ne répondit rien, il se contenta d’ouvrir son sac en prenant son temps et d’y sortir sa calculatrice. Sous le regard un peu paumé de tout le monde – sauf Théo qui lui avait repris son observation effrénée de ceux qui l’entouraient – Draco tapa son opération sur la machine avant d’annoncer d’une voix traînante que ça donnait quatre cent quatre vingt un. Il était tellement méprisant que Harry se sentit vraiment très con. C’est vrai qu’il pouvait comprendre la réaction de Malfoy face à tout cela. Personne n’avait voulu être méchant avec Nott mais Harry supposa qu’il n’aurait pas non plus apprécié qu’on lui demande d’enchaîner des paniers à trois points juste pour amuser la galerie.

-J’avoue que j’ai menti, dit alors Malfoy avec un adorable sourire contrit. Je ne suis pas doué pour le calcul mental.

Harry fut un instant désarçonné par l’air angélique du blond et ne fit pas un geste quand il se pencha à son oreille comme pour lui glisser une confidence. Sauf que quand il parla, il le fit assez fort pour que tout le monde l’entende.

-…mais Harry, je peux te faire la meilleure fellation de ta vie, quand tu veux.

O°O°O°O

Harry ne décolérait pas depuis le fameux numéro que l’autre taré leur avait offert le matin même. Il était évident pour tout le monde à présent que la guerre était déclarée entre le plus populaire des joueurs de basket de l’école et le dédaigneux élève blond de la classe spéciale.

Le match contre l’équipe des BlackNemesis aurait déjà dû commencer depuis deux minutes mais Bibine était en pleine conversation avec l’entraîneur de l’équipe adverse. Harry n’entendait rien mais il supposait que ça ne devait pas plaire à la quadragénaire car elle était toute rouge et engueulait son homologue masculin. Harry rongeait son frein sur le banc de touche avec le reste de l’équipe. Il n’avait qu’une envie : se défouler sur le terrain et évacuer cette rage que l’autre avait mis en lui.

Bibine revint finalement d’un pas raide et s’arrêta devant ses joueurs.

-Je suis désolée Harry, ils refusent que tu joues avec tes lunettes de vues. Ils disent que si elles se cassent ça peut être dangereux. Je leur ai bien dit que c’était impossible mais c’est dans la législation du basket. Ces sales chacals ont bien prévu leur coup. Ils ont juste trouvé un moyen pour t’empêcher de jouer…car je suppose que tu n’as pas de lentilles de contact, ni de lunettes spéciales pour le jeu ?

-Non…répondit Harry un peu confus.

-Bon écoute, il va falloir t’en procurer car maintenant qu’ils ont trouvé cette faille, tous les autres vont en profiter. Mais quels mauvais joueurs ! Tu crois que tu pourras en avoir pour dans deux semaines ? Le match contre les Vifs d’Or d’Orlando est très important !

-…C’est que…

-Ce n’est pas le moment d’hésiter mon garçon ! Soit, tu t’équipes…soit, tu restes sur le banc de touche et ce n’est pas comme ça que les chasseurs de têtesvont te repérer.

-J’auraice qu’il faut, assura Harry la gorge serrée, sachant qu’il n’aurait jamais assez d’argent pour des lentilles ou des lunettes spéciales.

-Bien, acquiesçaBibine. Tu veux tenter de voir si tu peux jouer sans lunettes ? L’équipe adverse a eu la bonté de nous laisser cinq minutes pour décider si on te garde ce soir pour le match ou si tu restes sur le banc.

Harry se leva et retira ses lunettes. Tout était flou à présent mais il s’avança au centre du terrain. Quelqu’un lui envoya un ballon. De là où il était, il supposa que c’était Ron, ses cheveux oranges, il les distinguait plutôt bien. Bien sûr, il loupa le ballon, alla le chercher tranquillement, abattu par la fatalité, n’ayant même pas l’envie de se mettre en colère. Il savait que le gymnase avait les yeux sur lui mais les siens voyaient troubles. Il essaya de se concentrer et visa le panier…mais ne toucha rien du tout.

-C’est bon, Harry, reviens ! marmonna Bibine alors que les supporters de l’équipe adverse applaudissaient ironiquement. Ce n’est pas grave, ils nous ont juste pris au dépourvu. Dans deux semaines cette histoire sera réglée. Tes camarades vont leur mettre la pâtée avec ou sans toi.

Harry haussa les épaules. Ron lui donna une tape derrière la tête.

-Fais pas la gueule poussin ! Admire plutôt mon jeu de folie ! Et, rajouta-t-il plus bas, t’en fais pas on trouvera une solution pour le fric…

-Ouais c’est ça, évite plutôt de laisser des ouvertures sur ton côté droit. et fais attention au numéro douze, il est rapide…

-Je sais tout ça. Allez j’y vais !

Il tapa dans la main de Harry, comme il le faisait toujours avant chaque match mais cette fois le brun n’était pas franchement enthousiaste. Il jeta un coup d’œil aux pom-pom-girls et se sentit un peu moins misérable lorsque Cho Chang lui fit un sourire encourageant.

Vingt minutes plus tard, son équipe menait mais il ne cessait de soupirer ce qui semblait agacer Bibine de plus en plus.

-Allez Potter, fit-elle enfin, va remplir les bouteilles d’eau et te dégourdir les jambes. J’en ai marre d’avoir un soufflet à côté de moi.

Trop content de quitter le banc, Harry ne se le fit pas dire deux fois. Il attrapa quatre bouteilles vides et se dirigea vers la sortie.

Comme il voulait retarder le plus possible son retour, il décida de prendre l’eau dans des toilettes des bâtiments scolaires. Il traversa donc les stades, essayant de ne pas penser au problème qu’allait poser le fric pour cette histoire de lunettes, il était hors de question que Ron l’aide…la famille de son ami n’avait même pas de quoi lui payer des vêtements neufs, il héritait de ceux de ses frères.

Il traîna dans les couloirs mais finit quand même par prendre de l’eau et fit le chemin inverse, toujours perdu dans ses sombres pensées.

C’est pour cette raison qu’il ne vit pas Malfoy près du grillage, au même endroit où ils s’étaient rencontrés. Il était entrain de boire à la bouteille lorsque le serpentard l’interpella.

-Hey toi !

Harry sursauta un peu et vida en même temps un peu d’eau sur son T-shirt avant d’avancer vers le blond rapidement. Finalement toute la frustration qu’il ressentait, il l’accepta avec plaisir. Il avait envie de défoncer la jolie petite gueule de Monsieur Parfait. Le serpentard ne semblait pas voir le danger, il le regardait simplement, sans bouger.

-File moi à boire !ordonna-t-il à Harry.

La colère du jeune homme tomba immédiatement. Il se demanda même si Malfoy le reconnaissait. Il tendit la bouteille déjà entamée par ses soins. Le blond était d’une pâleur effrayante. Sa peau luisait de sueur et ses lèvres quasiment blanches se tordaient dans une grimace bizarre.

Quand il avança d’un pas, il faillit tomber, son regard veiné de rouge et presque vitreux se posa sur lui, avec une ironie qui paralysa Harry. Il comprit que si Malfoy avait les yeux rouges et l’allure d’un mec malade ce n’était pas parce qu’il venait de pleurer et une déception aussi immense qu’incongru l’envahit d’un seul coup.

Le blond –dont il ignorait toujours s’il l’avait reconnu dans la brume qui devait lui servir de cerveau- l’attrapa par la nuque et posa son front contre le sien. Harry le laissa faire sans esquisser un geste.

-Merci, chuchota Malfoy joyeusement, en ne le lâchant pas des yeux. Merci, répéta-t-il plus tristement en cognant leur front l’un contre l’autre.

Harry ferma les yeux. Son estomac avait l’air de lui être tombé au niveau de ses talons et son front lui faisait un peu mal à cause de Malfoy.

Finalement, le blond le lâcha et commença à s’éloigner de sa démarche maladroite.

-Hé ! fit-il en se retournant comme s’il venait de se souvenir de quelque chose. C’est comme un baiser différé, dit il en montrant la bouteille.

Sur ce il eut un petit rire désabusé avant de s’éloigner. Harry se demanda pourquoi il était si triste de voir Malfoy dans cet état.

-Mauvais trip, murmura-t-il pour lui-même, et il jeta la bouteille à moitié vide dans la première poubelle qu’il trouva.

A suivre…

 
 
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