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au 04 Déc 08 :
1070 comptes dont 378 auteurs
pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Génie du mal?
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 5     Les chapitres     95 Reviews     Illustration    
Le Dieu Démon a des cheveux d'or

Remerciement : A BlackNemesis et BadAngel666 (et oui rien que ça) pour les corrections. Et gros poutoux à Warriormeuh parce que j’adore vipériser avec elle.

Et puis pour ma petite Quiproquo que j’adore, un calinou de moi et de mon chat qui ronronne. J’espère que ce chapitre te plaira. Et puis je fais ma groupie mais vivement la suite « Des apparences » !

Note des correctrices en question : Alors bonjour les gens, on s’incruste dans ce chapitre pour vous dire qu’il roxx, on le sait parce qu’on l’a corrigé, mouahahahaha ! On voulait simplement vous dire que Artoung a un bébé chat qu’on pourrait l’utiliser en guise de grande voile (les oreilles, chers amis, les oreilles…) et que BadAngel n’est pas sadique ! Voilà ! Bonne lecture, c’est un chapitre qui mérite d’être lu, ne serait-ce que pour la SOUFFRAAAAAAAAAAAANCE des personnages.

Chapitre 5 : Le Dieu Démon a des cheveux d’or

C’est hors de question !

Débrouille toi !

Harry supprima le mail qu’il venait de recevoir d’angleterre. Il n’était même pas furieux, il s’attendait trop à cette réponse pour pouvoir être déçu ou en colère. Pour tout dire il avait été stupide de demander de l’argent à son oncle pour ses lunettes mais il s’était dit qu’il devait quand même tenter le coup. Il ne lui restait que dix jours avant le match contre les Vifs d’Or et cette équipe était une des meilleures de la poule. A coup sûr, il allait y avoir des chasseurs de têtes pour cette rencontre. Il était hors de question qu’il ne joue pas et surtout pas à cause d’une paire de lunettes.

Il avait regardé sur internet, le coût moyen pour des lunettes de vues sportives étaient de deux cents dollars et c’était ce qu’il y avait de plus rapide à faire, pour les lentilles il fallait compter au moins un mois. Si il trouvait l’argent d’ici deux jours, ses lunettes seraient prêtes pour le match. Il avait bien pensé à prendre un boulot mais il ne serait payé qu’à la fin du mois et il n’avait que la nuit comme temps libre. Et même s’il sautait quelques heures de sommeil (ce qui était presque impossible car dormir ses sept heures par nuit était quasiment vital pour lui), il lui était interdit de quitter le campus après vingt deux heures trente tant qu’il n’était pas majeur. Il était donc dans une voie sans issue.

-Alors ils ont répondu ? demanda Ron en s’installant sur l’ordinateur à côté de lui.

-Oui, c’est bon, sourit Harry. Ils n’ont pas l’air de le faire de bon cœur mais ils vont m’envoyer l’argent.

Ron poussa un soupir de soulagement et lui tapa dans le dos. Ron faisait toujours de grands gestes. Harry qui le connaissait par cœur savait que cette brusquerie était juste là pour l’empêcher de montrer sa douceur. Il n’y avait qu’avec Hermione qu’il baissait un peu sa garde. Il valait mieux car Harry doutait que la jeune femme apprécie les grandes tapes dans le dos ou les ébouriffages de cheveux.

-J’en étais sûr ! chantonna presque le rouquin. Je savais bien qu’ils n’étaient pas aussi inhumains qu’ils en avaient l’air. Et les Vifs D’Or n’ont qu’à bien se tenir. Ils vont bouffer le parquet !

-Ils ont perdu de peu l’année dernière, rappela Harry, et il paraît qu’ils ont deux nouveaux joueurs très doués en plus cette fois, ils seront chez eux.

-Oh !Oh ! Monsieur Potter aurait-il peur de se faire laminer par des types d’Orlando ? questionna Ron sincèrement intéressé.

Les lèvres de Harry s’étirèrent d’un sourire narquois, presque arrogant.

-Aucune chance, répondit-il, je vais faire en sorte qu’ils fassent une dépression nerveuse après ce match…

-Je préfère ça ! rigola Ron. Alors du coup, pour l’argent, je n’ai pas à demander à mes parents.

-Oui, c’est très gentil mais c’est réglé, assura Harry en le regardant dans les yeux.

Ron le dévisagea un instant et Harry soutint son regard sans flancher.

-Oh, bonjour Harry, fit une voix féminine derrière lui. Salut Ron.

Les deux garçons se retournèrent, au grand soulagement de Harry vers Lavande Brown, une fille de leur classe et qui était aussi pompon girl de l’équipe.

-Hello ! sourit Harry, très content de son intervention.

Ron répondit par un vague signe de tête.

-Vous êtes aussi ici pour les recherches en histoire ? demanda la jeune femme en lissant sa jupe.

-Oui, mais on a fini, répondit Harry, on te laisse l’ordinateur si tu veux. Cet endroit est toujours bondé.

-Hum, c’est à cause de tout ceux qui sont toujours ici, fit Lavande en pinçant les lèvres. Je ne comprends pas comment ils font pour rester plantés là toute la journée ?

-Ne me demande pas ça à moi, je n’arrive pas à tenir deux heures sans bouger !

-C’est surtout que tu es nul en informatique, glissa Ron l’air de rien, ce qui fit rire Lavande.

-Hé ! s’insurgea Harry.

-Allez on y va ! poursuivit le rouquin. Travaille bien Brown. Et votre nouvel enchaînement de samedi, il était vraiment bien…

La jeune femme se mit à rougir et s’installa un peu brusquement devant son ordinateur, leur tournant le dos.

-C’était quoi « ça » ? grimaça Ron une fois dans le couloir. Est-ce que je l’ai insulté ?

-Pas que je sache.

-Elle avait l’ai fâchée, s’inquiéta le rouquin.

-Tu sais, je ne pense pas qu’elle soit en colère. Je crois qu’elle t’aime bien.

-Ha ? Elle est sympa quand elle ne se met pas à glousser avec Patil. Ça te dit un petit basket en attendant qu’Hermione daigne lâcher ses livres.

Harry eut un sourire. Parfois Ron était vraiment à côté de la plaque.

-Un contre un ?

-Tu vois d’autres joueurs dans le coin ? se moqua Ron.

-Non mais ça m’étonne de te savoir si courageux.

-Oh, le minus fait de l’humour !

-Ce n’est pas la taille qui compte Ron…

-Oui, oui, éluda le lycéen d’un geste de la main, c’est ce que disent tous les complexés.

-Excusez-moi…fit une voix au fort accent anglais.

-Mais bien sûr, Ronny, t’inquiète je ne jouerais que de la main gauche !

-Excusez moi !

-Ce n’est pas comme si tu savais te servir de la droite de toute façon !

-Et les jeunes ! Je vous parle !

Harry et Ron sursautèrent avant de se tourner vers un homme élancé, aux cheveux noirs.

Il a les même yeux que Malfoy, pensa Harry un peu ridiculement en croisant le regard gris de l’homme qui venait de les interpeller. Harry et Ron se jetèrent un rapide coup d’œil, pensant tous les deux la même chose : Ce type devait être un jeune professeur.

-Excusez-nous, on ne vous avez pas entendu, dit Ron.

-J’ai vu ça oui ! sourit l’homme et ses yeux s’illuminèrent.

Non, si la couleur est semblable, Malfoy a toujours le regard froid ou ironique. Ceux de ce type sont totalement différents, corrigea Harry mentalement. Il faudrait peut être que j’arrête de penser à l’autre cinglé!

-Vous jouez au basketball ? Désolé de vous poser cette question mais je vous ai entendu en parler et…

-C’est exact, fit Harry prudemment.

-Quelle chance! S’exclama l’homme avec un sourire encore plus grand, en faisant claquer ses mains l’une contre l’autre. Est-ce que vous connaissez Harry Potter ?

Harry se raidit. Et si ce type était un recruteur ? Mon dieu, comment était-il habillé ? Il avait un pan de sa chemise qui pendait en dehors du pantalon et sa cravate étaient encore une fois très mal attachée – enfin, Ron n’avait même pas mis la sienne ! – Et dire qu’ils venaient de l’ignorer ! Ca commençait très mal !

Il fallut que Ron lui donne un coup de coude entre les côtes pour qu’il réponde.

-C’est moi ! fit-il enfin très vite.

-Ah ? s’étonna l’homme qui eut l’air un peu déçu.

Mon dieu, je ne lui plais pas ! s’effondra presque Harry. Je suis sûr qu’il me trouve trop petit !

-Je pensais que vous seriez beaucoup moins mignon et sympathique, avec des cheveux gras et un gros nez…

-Heu…

Harry jeta un regard surpris à Ron qui le lui rendit. Ne venait-il pas de décrire le professeur Snape là ?

-Enfin chacun choisi ses ennemis, continua l’homme presque pour lui-même, mais je m’attendais à pire …Je suis ravi de vous rencontrer Monsieur Potter, et vous aussi…heu…Vous êtes ?

-Ronald Weasley.

-Et vous aussi Monsieur Weasley ! Alors vous vous plaisez à Poudlard ? demanda l’homme avec un immense sourire.

Il semblait plus beau à mesure qu’il souriait, ce qui semblait quasiment impossible étant donné son exceptionnel capital beauté de départ.

-Oui, répondirent les deux garçons avec une légère hésitation.

-J’ai étudié ici moi aussi, dans ma jeunesse. Pas que je sois vieux mais…

-Excusez moi, le coupa Harry, mais qui êtes vous ?

-Je ne me suis pas présenté ? s’étonna l’homme. Mes manières laissent vraiment à désirer ! Je suis Sirius Black !

-…

-Etes-vous professeur ? tenta Ron.

-Grands Dieux non ! Je suis…c’est compliqué en fait…moi-même je ne sais pas trop, mais je viens ici pour participer aux réunions des créanciers de l’école. Je cherchais justement la salle lorsque je suis tombé sur vous.

-Je ne sais pas où c’est, fit Harry un peu déçu que ce ne soit pas un recruteur, mais si vous voulez on peut vous dire où se trouve le bureau de Dumbledore.

-Oh, ça je le sais non plus. J’ai étudié ici, c’est toujours dans le bâtiment B, près du parc, le second bureau, avec un poster de Einstein qui tire la langue, sur la porte ?

-C’est ça, approuva le rouquin. Vous avez bonne mémoire !

-Je ne suis pas si vieux, grommela Sirius.

-Je n’ai jamais dit ça ! sourit Ron.

-Je l’espère bien. Allez les jeunes, je vais vous laisser. Le secret, voyez vous, c’est d’être juste assez en retard pour vous faire remarquer mais surtout pas au point d’ulcérer les gens. Bien que j’espère en énerver au moins un…, finit-il avec un nouveau sourire, moqueur celui là. Et au fait Monsieur Potter, mon cousin vous envoie ses amitiés !

-De qui s’agit-il, cria presque Harry car l’homme s’éloignait déjà à grandes enjambées.

-Draco Malfoy ! lança Sirius par-dessus son épaule toujours en souriant.

-Ce n’est pas vrai, c’est son cousin ! murmura Harry sans quitter des yeux la silhouette de Sirius Black.

-Le monde est petit, approuva Ron.

-Et dire que je l’ai trouvé sympathique…

-Un peu…exubérant, peut être, mais il a l’air cool. Allons Harry, tu ne t’attendais pas à ce que tous les membres de la famille de Malfoy, soient comme lui ?

-A dire vrai, je n’ai jamais pensé à sa famille…mais je ne m’attendais sûrement pas à quelqu’un de si chaleureux.

-C’est comme chez moi, fit Ron, on est tous assez bruyants et le genre pas-prise-de-tête, mais tu es déjà venu, tu as vu Percy. Il a un balai dans le cul…et il ne pense qu’à la politique, enfin c’est ce qui fait son charme, je suppose.

-Hn, approuva Harry, un peu distraitement. Tu crois vraiment que Malfoy m’envoie ses amitiés ?

Ron eut un sourire amusé.

-Qui sait ? La dernière fois, il te proposait plus que son amitié, si mes souvenirs sont bons !

-Il a fait ça juste pour se foutre de ma gueule ! répliqua Harry sombrement.

-Ne dit pas ça sur ce ton, on dirait presque que tu regrettes…

-Fais gaffe à ce que tu dis Weasley ou toi tu vas regretter d’être né ! siffla le brun faussement mauvais.

-Oh j’ai peur ! Un petit mètre quatre vingt essaie de m’attaquer ! Au secours !

Ron commença à courir et Harry le coursa, bien décidé à lui montrer qu’il pouvait le mettre au tapis. C’est ce qu’il aimait chez Ron, en deux secondes il tournait en dérision vos pires souvenirs et avec lui, la vie avait l’air d’une partie de rigolade.

Avait l’air seulement, il n’oublia pas qu’il avait menti et qu’il lui restait deux jours pour trouver de l’argent. Il ignorait à qui il pouvait demander un tel service. Il était trop fier pour demander à ses amis ou à Dumbledore qui avait déjà tant fait pour lui. Comme la plupart des gens qui ont manqué d’argent, il mettait un point d’honneur à ne dépendre de personne sur ce sujet. Et comme il n’était pas majeur, il ne pouvait pas demander à une banque ou prendre un crédit quelconque.

Ce n’était même pas une grosse somme et il ne voyait aucune solution ! Bordel, il détestait vraiment être pauvre !

°O°O°O°O°O°O°

Trois bâtiments plus loin, Sirius Black entrait enfin dans la salle de réunion. Il y avait une vingtaine de personne qui semblaient l’attendre. Il leur adressa son plus beau sourire et en reçut quelques uns en retour. Snape était là et lui ne souriait pas. Cela faisait dix ans qu’ils ne s’étaient pas vus et Sirius ressentit immédiatement le fourmillement habituel de la haine voyager dans tout son corps. Snape n’avait quasiment pas changé, il revoyait clairement l’adolescent qu’il avait été. Le même teint cireux, les mêmes cheveux gras et le même air revêche. Excellent !

-Bien ! s’exclama Dumbledore. Sirius Black, ici présent, représente physiquement Monsieur Malfoy qui est en voyage mais c’est le professeur Snape qui prendra les décisions à sa place. Allez vous asseoir Sirius, il y a une place là bas, à côté du professeur Lupin.

Sirius regarda dans la direction indiquée par Dumbledore. En effet il ne restait qu’une place à côté d’un type châtain qui devait avoir son âge. Même si, avec les traits tirés du type en question, on ne pouvait pas vraiment savoir. Il sentit le regard meurtrier de Snape sur son dos durant tout le temps qu’il mit à prendre place.

-Hello ! fit Sirius en s’installant aux côtés de celui que Dumbledore avait désigné comme étant le professeur Lupin.

-Bonjour, répondit son voisin d’une délicieuse voix grave. Si vous voulez jeter un coup d’œil au dossier, je vous prête le mien.

-Vous n’en avez pas besoin ? demanda Sirius en regardant la pile de feuille que l’homme lui tendait.

-Je le connais par cœur, sourit l’homme, c’est moi qui l’ai écrit.

Etonné, Sirius regarda un peu mieux son interlocuteur. L’homme, qui était peut être même plus jeune que lui vu de près, semblait fatigué, des cernes apparaissaient sous ses yeux, ne gâchant pourtant pas leur incroyable couleur dorée. Il avait l’air calme qu’ont les hommes rêveurs, mais son regard luisait de sagacité, démontrant un esprit aiguisé. Il plut tout de suite à Sirius.

-Alors expliquez-moi pourquoi nous sommes là, dans les grandes lignes. Ça sera plus rapide que de lire tout ça.

-En gros il s’agit du projet Harry Potter.

-Encore lui ? C’est un élève n’est ce pas ?

-Oui. Vous le connaissez ?

-Je l’ai croisé avant de venir ici…

-Il a été mon élève au collège, sourit le professeur, c’est un garçon très doué pour le basket-ball.

-Qu’enseignez-vous ? demanda Sirius sincèrement intéressé. N’êtes vous pas un peu jeune pour un professeur ?

-J’ai trente ans, répliqua l’homme de plus en plus amusé par la curiosité du nouveau venu, et j’enseigne la littérature aux collégiens. Et si on revenait au sujet de la réunion ?

-Oui, oui, bien sûr, se hâta de répondre Sirius étonné que cet homme soit plus âgé que lui.

-Comme vous devez le savoir, Jedusor et Dumbledore ne sont pas d’accord au sujet des élèves qui viennent étudier ici et qui n’en ont pas les moyens. Le programme d’insertion des jeunes défavorisés est très récent et les actionnaires de l’école voulaient un suivi sur un cas-type. En gros si l’élève réussit son insertion et qu’il fait de grandes choses le directeur Dumbledore pourra alors poursuivre son projet et même augmenter les effectifs des élèves défavorisés. Il a choisi avec Tom Jedusor, de prendre Harry Potter comme « élève-témoin ». Depuis cinq ans, sans que ce dernier soit au courant, on surveille son comportement de près. La moindre fausse note peut signifier son renvoi et l’abandon du projet de Dumbledore. Le directeur risque même sa place là-dessus. Car si Potter nous déçoit, Tom Jedusor aura eu raison et il sera nommé directeur à sa place. Autant vous dire que c’est une véritable guerre qui se joue aussi, d’autant plus cette année, qui est la dernière de Potter. Beaucoup veulent le voir tomber. Il y a les partisans de Jedusor, qui sont pour une école d’élite, celle qu’ils ont connu lorsqu’ils étaient eux même élèves et il y a les autres, qui veulent donner la chance à plus de monde.

-Je vois…et vous, vous êtes pour qui ?

-Je n’ai moi-même pas pu étudier à Poudlard, mes parents n’étaient pas assez riches pour ça, même s’ils n’étaient pas pauvres pour autant. Et pourtant, sans vouloir me vanter, j’étais doué. Alors même si je n’ai pas eu les meilleurs professeurs, j’ai toujours voulu prouver que je pouvais briller dans ma matière.

-Et vous y êtes arrivé, si vous enseignez ici. Dumbledore ne prend que les meilleurs…

-Je suis en effet reconnu par mes pairs, mais je n’en oublie pas pour autant d’où je viens. Je crois que Dumbledore est en avance sur son temps. Je ne sais pas si le monde est prêt à l’égalité parfaite à laquelle il aspire mais je le soutiendrai jusqu’au bout.

-Je suppose que vous jouez aussi votre poste dans cette affaire. Si le projet de Dumbledore est un échec et que Jedusor prend sa place, il va sûrement vous virer.

-C’est fort possible, sourit Lupin d’une façon totalement désarmante, mais s’il n’y avait aucun risque tout cela serait beaucoup moins palpitant.

Sirius acquiesça, décidemment ce professeur lui était de plus en plus sympathique. Le reste de la réunion se passa comme pour un match de tennis, les partisans de Jedusor ne cessaient de critiquer le jeune garçon notamment en soulignant son comportement inamical envers Draco ainsi que sa moyenne lamentable en chimie ; les autres rétorquaient en mettant en avant sa gentillesse, son esprit d’équipe et son envie de se dépasser. Snape ne disait rien mais pinçait les lèvres de dégoût assez souvent pour que Sirius comprenne qu’il ne portait pas le jeune basketteur dans son cœur.

-Bien, termina Dumbledore, encore une fois, aucune faute grave ne peut être attribuée à Monsieur Potter. Il n’est pas parfait, certes, mais c’est un adolescent normal avec ses sautes d’humeur. La prochaine réunion le concernant se tiendra dans un mois, et d’ici là nous verrons si ses notes de chimie ont augmenté grâce à l’aide de Monsieur Malfoy.

-Oui, nous verrons bien, susurra Jedusor qui était resté silencieux durant toute la cession, il faudra que tu ouvres les yeux un jour Albus. Nos amis ici présents, ne veulent pas mettre leur argent dans une école banale. Ils veulent la meilleure. Et Potter, comme bien d’autres, n’en fait pas partie.

Sirius le détailla un instant avec discrétion, il n’avait jamais aimé ce type, l’homme était grand et fin. Il devait avoir un peu plus de cinquante ans à présent et ses cheveux poivres et sels étaient parfaitement coiffés. Ses yeux bleus foncés luisaient de malveillance mais Sirius voulait bien leur accorder une incroyable aura. Le genre d’homme qui savait quoi faire, c’était ce qu’on pouvait penser de lui. Le genre dangereux, ambitieux et étrangement charismatique. Comme s’il se rendait compte de l’inspection dont il était l’objet, Tom Jedusor tourna brusquement la tête vers lui et le fixa avec un air impénétrable. Sirius frissonna et détourna les yeux.

-C’est vrai Dumbledore, approuva Lestrange, un des plus grand donateur de l’école, « ce projet » nous coûte de l’argent. Et c’est bien beau de vouloir sortir quelques traînes-misères de leur trou mais il y a des assistantes sociales pour ça et je n’en suis pas encore devenu une ! Ici nous formons des politiciens, des avocats, des chercheurs, l’élite du monde ! Il n’y a pas de place pour des cendrillons à Poudlard !

-Je crois, murmura Sirius d’une voix douce, que vous avez peur. Si les gens de basses extractions arrivent au pouvoir, qui sait ce qu’ils pourront changer ? Peut-être est-ce pour les méchantes demi-sœurs qu’il n’y a plus de place dans ce monde ?

-Le grand Black a parlé ! s’exclama Snape, brisant l’étrange silence offusqué qui avait suivi les paroles de Sirius. Je me demande même pourquoi nous débattons là-dessus depuis cinq ans ? Il fallait venir lui demander de trancher immédiatement !

Jedusor, Lestrange, Avery et Pettigrow ricanèrent tout en rangeant leurs affaires. Snape avait l’air très satisfait de lui-même, surtout en voyant le regard haineux que Sirius lui lança. Black pouvait bien faire le malin, il n’avait aucun pouvoir ici puisqu’il n’était pas habilité à voter. Il ne servait à rien. Il se demanda même pourquoi Lucius l’avait choisi lui…il aurait pu choisir quelqu’un qui le représenterait mieux, comme sa belle-soeur…Bellatrix, la femme de Lestrange, qui en plus avait l’avantage d’être très jolie à regarder.

La salle se vida petit à petit, au grand dam de Sirius qui voyait Snape s’en aller en ayant le dernier mot et en remportant si facilement la première manche de leurs retrouvailles.

-Ne vous en faites pas, fit Lupin à sa droite tout en finissant de rassembler ses affaires, le professeur Snape n’est pas quelqu’un de très sociable. Je suis sûr qu’il n’a rien contre vous.

-Professeur Lupin ? fit Sirius curieux.

-Oui ?

-Vous avez cours, je suppose ?

-Pas avant deux heures.

-Parfait ! Que diriez vous de prendre un café avec moi ? J’ai des tas d’histoires très intéressantes à vous raconter.

Lupin, Remus de son prénom, dévisagea un instant son vis-à-vis qui lui fit un sourire éblouissant.

"Heureusement que je ne suis pas une femme, pensa-t-il, où je serais tombé amoureux instantanément avec un sourire pareil."

-C’est d’accord…, répondit-il finalement avec indifférence. De toute façon je n’ai rien de mieux à faire.

Enfin, il lui restait bien des copies à corriger mais Sirius Black n’avait pas besoin de le savoir.

°O°O°O°O°

Gregory Goyles leva les yeux de sa feuille de calcul en entendant le bruit d’une claque retentissante.

A quelques mètres de lui, la mâchoire crispée et les yeux luisants de rage, Draco Malfoy, qui n’était plus revenu en cours depuis trois jours, se tenait la joue. Juste en face, Pansy leva de nouveau de la main pour le frapper mais il attrapa son poignet de justesse.

-Je te le déconseille, siffla-t-il, haineux.

Blaise et Théo regardaient aussi la scène dans un silence de mort. Draco venait juste d’arriver et Pansy s’était directement approchée de lui pour le gifler. Seul Vincent, égal à lui-même ne semblait pas s’apercevoir qu’il se passait quelque chose et restait plongé dans ses partitions. Gregory l’enviait un peu de parvenir à rester aussi concentré.

-Tu m’avais promis de ne plus recommencer ! s’exclama Pansy les larmes aux yeux en essayant de dégager son poignet de la prise du blond.

Gregory jeta un coup d’œil à Blaise espérant qu’il calme vite le jeu car Draco et Pansy semblaient tous les deux très énervés mais Blaise avait l’air trop surpris pour faire quoique ce soit et Théo, bien entendu, se rongeait le pouce avec ferveur.

-Tu m’espionnes maintenant ? susurra Draco d’un ton qui inquiéta un peu Gregory. Et tu me frappes…Je pourrais très mal le prendre, tu sais ?

-Lâche-moi ! ordonna Pansy furieuse. Tu ne me fais pas peur ! Tu m’as menti comme le dernier des…

-Je fais encore ce que je veux, coupa Draco, c’est ma vie Parkinson !

Il la lâcha finalement et même elle semblait outrée qu’il l’appelle par son nom de famille. Elle leva le menton, dédaigneuse, avant de sortir. Sa jolie jupe noire plissée bougeait doucement à chacun de ses pas.

Gregory eut soudainement chaud à cette vue, pourtant peu suggestive, avant de s’apercevoir que tout les autres – Draco comprit – regardaient la même chose que lui. Seul Vincent n’avait pas levé la tête.

-Peut-on savoir ce qui vient de se passer ? demanda Blaise à Draco une fois qu’il n’y eut plus rien à voir.

-Pansy se prend pour ma mère, répondit Draco en regardant les stylos éparpillés n’importe comment sur le bureau de Blaise, elle n’a pas l’air de se rappeler quelle est sa place ici !

-Je ne l’ai jamais vue comme ça, murmura Théo, tu crois qu’elle va appeler le Dieu des Démons pour te maudire ?

Draco sembla réfléchir avant de pâlir un peu.

-C’est possible, admit-il, mais le Dieu des Démons n’existe pas…de toute façon.

Tout en disant ça, il commença à aligner méticuleusement les stylos par taille et par couleur.

Il y eut un silence inquiet. Pansy parlait tellement de son Dieu Démon qu’il n’était peut être pas devenu réel, mais au moins étrangement familier pour eux. Et dire qu’il n’existait pas, selon Pansy, attirait le mauvais œil. D’où l’inquiétude superstitieuse des quatre garçons.

-Hum, reprit Blaise en se raclant la gorge, pourquoi est-elle aussi furieuse ?

Gregory admira un instant le garçon noir. C’était le seul assez courageux pour questionner Draco de but en blanc. Blaise était, selon lui, un peu l’opposé de Théodore. Le premier avait l’air aussi « cool » que le second était stressé. En fait, Gregory s’en était vite aperçu, Blaise était le plus normal d’entre eux. Il pouvait parfaitement s’intégrer aux autres. Son problème, d’après ce qu’il en savait, c’était que son ami, petit génie de l’informatique, avait piraté des institutions et des entreprises qu’il aurait mieux fait de ne pas approcher, même virtuellement.

Et il avait à peine douze ans à l’époque. Il s’était attaqué à une des filiales du père de Draco, qui avait décidé d’abandonner les poursuites à condition que l’enfant aille dans la même classe que son fils. Gregory soupçonnait Draco d’avoir fait pression sur son père à ce sujet.

A présent, Blaise était recherché par les plus grands, tout le monde voulait se payer ses services, même le FBI,à dire vrai, Gregory avait l’intime conviction que le nom de son ami avait été prononcé plus d’une fois à Washington, dans le Bureau Ovale.

Mais Gregory l’avait toujours vu refuser ces propositions. Il savait que le jeune homme allait travailler pour Draco.

Ils travailleraient sûrement tous pour Draco, s’il se décidait à entreprendre quelque chose.

Pas parce qu’ils seraient mieux payés ou parce que ça allait être plus intéressant, mais parce que c’était Draco et qu’ils avaient tous envie de le suivre.

Plus que la chimie, c’était ça le véritable don du blond. Et Gregory se demandait s’il en était conscient.

-Elle n’aime pas quand je m’amuse un peu, répondit Draco examinant attentivement son travail sur les stylos, sortant Gregory de ses pensées.

-Comment ça ? demanda Blaise en fronçant les sourcils.

Il s’attira un regard excédé et d’un geste sec le blond changea un stylo bleu de place avec un vert avant de répondre.

-Rien qui t’intéresse.

Draco n’avait pas envie de parler de l’ecstasy qu’il avait pris samedi avec Blaise. Ce dernier pouvait être pire que Pansy et de toute façon, il allait finir par le savoir…alors autant que ce soit le plus tard possible.

Il ne se considérait pas comme un drogué. Il était intelligent, il était un chimiste. Il savait que le corps pouvait être dépendant des drogues si on en prenait régulièrement ou à de fortes doses. Mais lui ne prenait ces petits cachets que très rarement. Les joins, il en prenait plus souvent, peut être deux à trois fois par semaine, le soir, ça tuait les neurones mais il avait l’orgueil de penser qu’il en avait à revendre, et puis ça avait le mérite de le détendre.

Mais la dernière fois, six mois plus tôt, il avait promis à Pansy d’arrêter du moins l’Ecstasy et le LSD. Sauf que samedi il en avait repris et qu’elle l’avait su, d’une façon qu’il ignorait, ce qui l’agaçait assez.

Peu de chose importaient à Draco sur terre.

Peu de gens lui importaient.

Mais Pansy Parkinson et les quatre autres garçons qui étaient autour de lui comptaient et il n’aimait pas le remord qu’il éprouvait. Son père et le professeur Snape comptaient. Sa mère aussi. Ça lui semblait déjà beaucoup. Le mieux pour se sentir libre était de n’avoir personne à satisfaire.

Il pensa à Potter qui avait tant de gens qui comptaient sur lui…des supporters, des fans, des amis, de la famille. N’était-ce pas un poids trop lourd à porter ? Et si en quelque sorte l’avenir de Potter dépendait de ses cours…alors le poids ne revenait-il pas sur ses épaules ?

-J’ai encore un cours avec Potter cet après midi ! siffla-t-il tout haut.

-Potter, le basketteur ? s’enthousiasma Blaise.

-Celui à qui tu as proposé une fellation ? demanda Théo.

-Oui, répondit Draco tout en se demandant quand allait être le prochain devoir sur table du balafré.

-Tu as proposé une fellation à un autre garçon ? s’exclama Blaise choqué.

-Evidement, ricana Draco, pour une fille ça ne s’appelle pas comme ça.

-Ca s’appelle un cunnilingus, fit Nott d’un ton docte.

-Je le sais, merci ! s’impatienta Blaise. Suis-je le seul à trouver cela incongru ?

Gregory haussa les épaules. Vincent ne leva même pas la tête. Théodore sembla réfléchir intensément et finalement ce fut Draco qui répondit.

-Ce n’était pas une proposition sérieuse, dit-il. Le fait que ce soit un garçon ne me dérange pas mais celui là est trop horripilant.

-Tu es gay ? demanda Blaise, étonné.

Il n’avait jamais vu Draco avec quiconque et ils n’avaient jamais vraiment parlé de ça mais pour lui il était évident qu’il était hétérosexuel.

-J’ai déjà testé, fit le blond, c’est comme avec une fille à quelques différences près. Rien de bien palpitant. Comme pour tout, une fois qu’on connaît, on s’en lasse vite.

-On s’en lasse vite ?

-Blaise, s’il te plait, je n’ai pas besoin d’un écho. Tu n’as qu’à essayer si ça te turlupine autant.

-Je crains de ne pas en être capable. Je suis bien trop douillet pour ça.

-La douleur peut être intéressante aussi, murmura Draco mystérieusement.

Blaise préféra changer de sujet de conversation. Finalement c’était bien aussi de ne pas trop en savoir sur l’intimité de ses amis, surtout si ceux-ci sont aussi particuliers que les siens.

O°O°O°O

Potter…

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour détester ce nom. Il se demandait pourquoi il n’arrêtait pas tout simplement ses cours. Ce serait plus simple. Plus de Potter et tant pis s’il se faisait virer. Il y avait de bonnes écoles en Angleterre. Il aimait beaucoup l’Angleterre. Il était anglais…Potter aussi mais Potter ne risquait pas de le suivre là-bas.

Seulement s’il se faisait virer, il ne verrait plus les autres, et sa mère non plus, ou si rarement.

Pansy n’était pas réapparue de la journée, il allait bien lui falloir deux jours pour cesser de lui en vouloir. A présent elle devait être en train d’invoquer pour la troisième fois de la journée son Dieu Démon pour le punir. Et lui regardait Potter faire ses exercices.

Il était vraiment nul. Pas étonnant que Snape n’arrive à rien avec lui. Il fallait lui expliquer dix fois la même chose.

-Tu n’as pas encore fini ! siffla-t-il finalement. Lors d’un vrai devoir tu ne dois pas mettre plus de neuf minutes et huit secondes pour ce type d’exercice !

Potter le regarda avec des yeux ronds et il se demanda ce qu’il avait encore dit qui puisse lui attirer une telle réaction. Il répéta sa dernière phrase mentalement et la trouva très bien. Claire, précise, concise. Il avait horreur de ne pas comprendre ce qu’il faisait de différent. Mais il préférait encore mourir sur place plutôt que de demander à Potter.

-Le devoir est dans deux semaines, répliqua Harry, d’ici là, j’irai plus vite. Tout est une question d’entraînement.

-Pitié ! Ne ramène pas cela à un sport stupide. Il n’est question ici que de connections neuronales.

-Je ne crois pas non, railla Potter, sinon tu ne serais pas aussi doué dans cette matière. Tes connections neuronales, comme tu le dis si bien, ont quelquefois des ratés.

Le visage de Draco se tendit sous l’insulte. Il avait plus que jamais envie de frapper l’adolescent.

-Je vais sortir fumer, dit-il à la place, tu as intérêt à avoir fini l’exercice quand je reviens. Et ne fais pas tout exploser !

-Ouais c’est ça, va fumer ! J’espère que tu te feras choper Malfoy. Va falloir un jour que tu captes que tu n’es pas intouchable ici ! Il y a un règlement à respecter.

-Les règles sont faites pour être contournées.

-Et ton cul pour être enfilé, mais pareil, faut être inconscient ou taré pour faire ça.

Draco se leva, étonné que Potter soit si hargneux. Il ne s’attendait pas à tant de grossièreté de sa part et était bien trop surpris pour répliquer quoique ce soit. Il attrapa son paquet de cigarettes et sortit de la salle non sans lui lancer un regard vide de toute expression. Décidément, le balafré le perturbait. Il arrivait à chaque fois à le surprendre, en mal, mais à le surprendre quand même.

Il s’arrêta au milieu d’un couloir, n’ayant pas envie de se cacher pour fumer. Après tout, s’il se faisait prendre ça pouvait être intéressant. Mais tout semblait désert, il fallait vraiment qu’il ait le mauvais œil pour qu’un professeur le surprenne ici.

-Le Dieu Démon n’existe pas, fit-il doucement comme une provocation.

Il alluma sa cigarette et aspira la première bouffée avec un réel plaisir. Au même moment il entendit du bruit à l’autre bout du couloir et il continua à fumer, un léger sourire aux lèvres.

Harry était bien content que l’autre cinglé lui fasse un peu d’air. L’énervement qu’il ressentait à cause de cette histoire de fric prenait ses aises lorsqu’il était en compagnie de Malfoy. A croire qu’il n’arrivait plus à se canaliser.

« Il fait ressortir ce qu’il y a de pire en moi », pensa-t-il dégoûté.

Il en avait marre de cette fichue chimie ! A quoi ça allait lui servir s’il ne pouvait plus jouer ? A quoi toute cette putain de comédie du miséreux qui réussit allait servir à présent !? Oh ce crétin de Malfoy n’avait pas ce genre de problème lui ! Il pouvait fumer, se shooter, et faire toutes les conneries du monde, on allait pas le virer de si tôt parce que papa Malfoy était plein aux as.

« Il est peut-être riche mais ça ne fait pas de lui quelqu’un de bien ! »

Si seulement il avait le dixième des dollars que Malfoy trimballait dans son portefeuille, tous ses problèmes seraient réglés.

Et deux cents dollars de plus ou de moins, ce n’était rien pour lui. Il ne devait même pas savoir combien il avait dans son portefeuille. Harry jeta un coup d’œil au sac du serpentard en même temps que les battements de son cœur s’accéléraient.

Une affreuse solution venait de naître dans son esprit. Affreuse et pourtant si simple.

Il avait besoin de cet argent, c’était cette phrase qui tournait inlassablement dans sa tête. Il se leva et ouvrit le cartable en cuir d’une grande marque de Malfoy, bien entendu, ce dernier n’allait pas parader avec un vulgaire sac à dos, ce n’était évidement pas assez classe pour lui. Il avait sûrement son portefeuille sur lui mais Harry voulait regarder. Juste au cas où.

Il cessa de respirer en voyant le portefeuille bien sagement en place, au fond du cartable. Puis ses mains se mirent à trembler lorsqu’il le sortit.

Il n’avait jamais rien volé dans sa vie. Mais là ce n’était pas vraiment un vol, plutôt un emprunt non consenti. Il rendrait l’argent à Malfoy dès qu’il l’aurait aussi discrètement qu’il allait le prendre. Le blond n’y verrait que du feu.

Il respira un grand coup pour se donner du courage et ouvrit le portefeuille. Il y avait en effet beaucoup d’argent. Beaucoup trop. Les mains tremblantes il sortit deux billets de cent dollars et sursauta quand il entendit un bruit venant de la porte.

Tom Jedusor, toujours aussi impressionnant de froideur et de mépris, se tenait devant lui, un sourire mauvais aux lèvres.

-Eh bien, hé bien, monsieur Potter, susurra le directeur adjoint, avançant dans sa direction vivement, comme s’il glissait vers lui. Comme un serpent venimeux, pensa Harry. On dirait que j’arrive plutôt au mauvais moment. Je cherchais monsieur Malfoy mais je ne suis tombé que sur son portefeuille…et sur vous.

-Je…ce n’est pas ce que vous croyez, bégaya Harry en lâchant le portefeuille.

Il était devenu rouge d’embarras, ce qui achevait sûrement de l’accuser. L’ombre du sous-directeur le surplombait à présent et Harry se sentit écrasé comme jamais par une haine farouche.

« Qu’est ce que je lui ai fait ? » pensa-t-il un instant, affolé.

-Comme Dumbledore va être déçu, reprit l’homme, son élève fétiche…un voleur. Vous savez à Poudlard, les voleurs sont renvoyés chez eux. Faites vos bagages, monsieur Potter, vous partez ce soir !

Harry serra les poings de rage et d’impuissance. Pourquoi avait-il fallu qu’il se fasse prendre par Jedusor en personne ? Et qu’est ce qu’il lui avait pris de voler Malfoy ? Il était vraiment tombé bien bas.

-Il n’a rien volé, fit une voix traînante derrière eux.

Jedusor se retourna vivement. Malfoy se tenait dans l’encadrement de la porte. L’air indifférent.

-Je l’ai surpris en train de prendre votre argent ! répliqua le quinquagénaire froidement.

-Je suis parti aux toilettes et je lui ai dit de se servir, fit Draco en haussant les épaules.

-Monsieur Malfoy, s’énerva Jedusor, ça ne sert à rien de protéger ce voleur ! Il va être renvoyé et…

-Je ne le protège pas monsieur. Si je pouvais je lui paierais moi-même son billet de retour, c’est vous dire à quel point je ne l’apprécie pas, ceci dit, il ne m’a rien volé.

Harry suivait la discussion le cœur battant à tout rompre, se demandant pourquoi Malfoy lui sauvait la mise alors qu’il aurait pu en profiter pour l’enfoncer encore plus.

-Si vous ne l’aimez pas, pourquoi lui donner de l’argent ?! siffla le directeur adjoint, de plus en plus énervé au fur et à mesure qu’il sentait l’affaire lui échapper.

-Ce que je fais de mon argent ne regarde que moi, répondit le serpentard un peu sèchement, ce n’est pas contre le règlement de l’école, n’est ce pas ?

Jedusor semblait blême de rage. Excédé, il quitta la pièce non sans lancer à Harry un dernier regard mauvais et d’ordonner à Draco de venir le voir dans son bureau quand son cours serait fini.

-Merci, murmura Harry une fois la porte refermée.

Malfoy lui lança un regard étrange. Un regard victorieux.

-Le Dieu Démon semble t’en vouloir plus qu’à moi, sourit-il. Maintenant dis-moi Potter. Combien veux-tu ? Et qu’est ce que tu es prêt à faire pour avoir cet argent ?

-Comment ça ? demanda Harry interdit.

Malfoy s’approcha de lui à grandes enjambées et pencha un peu la tête sur le côté.

-Ok, je vois…Tu es parfois si naïf, susurra-t-il en attrapant une mèche des cheveux noirs.

-Qu’est-qu’est ce que tu fais ? demanda Harry troublé au plus haut point.

-Je crois bien que je suis en train de t’acheter Potter, répondit Draco sérieusement.

Harry eut un mouvement de recul sans quitter des yeux ceux gris et froids du jeune homme en face de lui.

-Il me faut deux cent dollars, murmura-t-il sombrement.

Il détesta le sourire qu’eut le serpentard mais la personne qu’il détestait encore plus à ce moment là, c’était lui-même.

Oh oui, il était décidemment tombé bien bas.

A suivre…

 
 
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