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au 04 Déc 08 :
1070 comptes dont 378 auteurs
pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Génie du mal?
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 6     Les chapitres     95 Reviews     Illustration    
Teste-moi

-Harry ?

Le lycéen sursauta légèrement et regarda la personne qui venait de l’interpeller. Il était assis dans l’immense bibliothèque de l’école. Il était là pour faire des recherches sur un devoir de littérature à rendre dans deux jours. Cho Chang avait la tête penchée sur lui et l’air interrogatif. Il vit du coin de l’œil Ron et Hermione qui regardaient la scène semblant, visiblement curieux.

En temps normal Harry aurait été ravi de croiser la jolie asiatique mais là toutes ses pensées étaient focalisées sur un problème beaucoup plus important.

-Salut Cho, dit-il en souriant finalement, quelle surprise !

-Pas tant que ça, répondit-elle, la bibliothèque est une seconde maison pour moi. J’ai l’impression de passer tout mon temps libre ici. Vous avez vraiment de la chance d’être encore au lycée.

D’habitude le ton un peu condescendant de la jeune fille ne le gênait pas mais cette fois ci cela l’agaça légèrement.

-Tu as pourtant encore le temps d’être dans les pompons girls, glissa Hermione l’air de rien, c’est que la vie étudiante ne doit pas être aussi affreuse que ça.

Sa remarque ne sembla perturber Cho qui se contenta de renvoyer un sourire indulgent à Hermione.

-Etre pompon girl est vraiment amusant, dit-elle, tu devrais tenter d’entrer dans le club, il y a une place vacante et les épreuves d’entrée ne vont pas tarder à commencer.

Hermione grimaça alors que Ron essayait de ne pas rire. Harry écoutait d’une oreille distraite, regardant une nouvelle fois l’heure.

-Ce n’est pas vraiment mon truc, répliqua-t-elle en jetant un regard noir au rouquin.

-C’est ce que j’ai cru comprendre. Et puis il faut un sacré esprit d’équipe, renchérit Cho, ne le prends pas mal, mais tu ne traînes pas vraiment avec les autres filles. Juste avec Ronald et Harry.

-Et tant mieux, s’interposa Ron, parce que moi j’adore quand Hermione reste avec nous.

-Moi aussi, fit Harry, c’est juste la fille la plus géniale que je connaisse.

Cho Chang pinça les lèvres, un peu vexée mais Harry ne le vit pas. Pour une fois, il n’avait pas la tête à manger des yeux la jeune femme, non, ses yeux étaient rivés depuis plus d’une heure et demie à présent sur la grande horloge pendue au mur.

Plus que vingt minutes et il allait devoir le rejoindre. Il sentit son estomac se contracter et répondit à peine lorsque Cho prit enfin congé.

-Et bien Harry, je suis surpris, commença Ron, tu n’as même pas regardé sa silhouette une seule fois alors qu’elle partait.

-Pardon ?

-Oh Ron, laisse le tranquille. C’est aussi bien qu’il prenne ses distances. Elle est avec Cédric, je te rappelle et elle n’a pas l’intention de le quitter pour Harry.

-Qu’est ce que tu en sais ? se plaignit le rouquin. Tu es dans sa tête ?

-Laisse, intervint Harry, elle a sans doute raison. Je devrais peut-être songer à lâcher l’affaire et à regarder ailleurs.

-C’est sûr, Poudlard est une grande école et il y a plein de filles très bien et célibataires ici, s’enthousiasma Hermione. Contrairement à ce que semble penser Miss-Pompon-Girl-et-fière-de-l-être, j’ai des amies moi aussi, sauf qu’elles ne gloussent pas constamment alors forcement ça fait moins de bruit !

-Ho ma puce, j’adore quand tu t’énerves ! susurra Ron en se penchant pour ravir ses lèvres.

Elle se recula à temps tout en lui sifflant qu’ils étaient dans une bibliothèque.

« Lieu Saint entre tous ! » pensa le rouquin ironiquement sans oser cependant en faire la remarque à haute voix. Il regarda son meilleur ami qui semblait plongé dans ses pensées depuis son retour du cours de rattrapage. Même Cho Chang, il l’avait snobée ! Ron aurait bien donné dix dollars pour savoir ce qui mettait Harry dans cet état.

S’il avait su, il aurait sûrement été choqué de l’étrange pacte qui avait eu lieu quelques heures avant entre son ami et Draco Malfoy.

« -Tu feras ce que je veux maintenant, Potter…

-Je ne crois pas non. J’ai besoin de ce fric mais pas à n’importe quel prix !

-Tu n’as pas l’air de bien saisir, ce n’est pas seulement une question d’argent. Si tu ne fais pas ce que je te dis, j’irai voir Jedusor et lui dirai qu’en effet tu as essayé de me voler. Et tu seras renvoyé.

-Put…Tu n’es qu’un salopard !

-Oui, j’ai bien saisi que tu ne m’aimais pas beaucoup. Mais Potter tu ne vas plus m’insulter ou je vais parler à Jedusor. C’est ma première…requête.

-Espèce de…

-Tut tut, tout doux Potty. Potty…ce surnom te va comme un gant, non ? Je viens juste de l’inventer !

-Qu’attends-tu de moi ?

-Je préfère ça. Pour l’instant rien, mais je te donne rendez-vous dans deux heures ici même. J’ai deux ou trois choses à régler avant.

-Très bien.

-Potty ?

-…

-Potty !

-Quoi !?

-Dans deux heures, prépare-toi car tu vas perdre ton pucelage. »

Comment se préparer à un truc pareil ? Harry se posait la question constamment depuis qu’il avait quitté le blond.

Pour tout dire, il était mort de trouille. Apparemment, Malfoy voulait coucher avec lui. Rien que de se dire ça, Harry sentait qu’il allait être malade. Le mieux était peut être qu’il quitte l’école aujourd’hui même. Qu’il aille loin, très loin de Draco Malfoy et tant pis si pour cela il bousillait son avenir. Il ne comprenait pas comment du jour au lendemain il en était arrivé là. Prisonnier d’un odieux chantage et d’une poignée de fric.

Mais partir, quitter Poudlard, quitter sa seule chance de réussir…il savait déjà qu’il n’y arriverait pas. Tout comme il ne parviendrait pas à coucher avec Malfoy.

Il n’était pas gay, lui ! Malfoy l’était peut-être –sûrement même vu ce qu’il avait prévu pour lui- mais ce n’était pas du tout son trip.

Il ne savait absolument pas comment se sortir de cette situation sans faire ce que Malfoy voulait de lui. Et tuer le serpentard –car ça lui avait traversé l’esprit en deux heures- n’était pas une bonne solution. Ça serait encore pire que de coucher avec lui.

En fait Harry espérait faire entendre raison au blond. Après tout Malfoy ne l’aimait pas et puis il l’avait sauvé en quelque sorte quand il se faisait taper dessus par les types de l’autre école. Il avait une dette envers lui ! Et Harry lui expliquerait aussi qu’il n’était pas gay…qu’il n’y arriverait pas.

Mais Malfoy était tellement bizarre qu’il risquait de ne pas prendre en compte son argumentation.

« Et alors quoi ? Il va me forcer ? » Pensa-t-il amèrement.

Une image lui traversa alors l’esprit à la vitesse d’un boulet de canon. Il se vit nu sous le serpentard tout aussi nu que lui, en train de bouger tout contre lui dans une cadence scandaleusement lascive. Cette image le choqua tellement qu’il resta un instant le souffle coupé. Il allait devenir fou s’il se mettait à visualiser de telles horreurs. Il eut un frisson qu’il décida de prendre pour une réaction de dégoût et s’obligea à ne plus penser qu’à un moyen de convaincre Malfoy de le laisser tranquille tout en bénéficiant de ses deux cent dollars.

Les vingt minutes qui le séparaient de son rendez vous avec Malfoy lui semblèrent passer à une vitesse affolante et il se vit à peine prendre congé de ses amis en inventant une excuse bidon qui ne trompait personne. Le voyage à travers les couloirs, ça par contre, il le visualisa parfaitement. Il pensait même savoir ce que ressentait un prisonnier condamné qui se rendait sur la chaise électrique. Comme si chaque pas pesait à la fois une tonne, tout en ayant l’impression de voler, d’aller beaucoup trop vite. Très bizarre.

Il marqua un temps d’arrêt en arrivant devant la porte de la salle de chimie. Il prit le temps de bien la regarder cette porte. Elle était bleue, en PVC, avec la poignée jaune, un effet moderne assuré, comme tout le bâtiment D d’ailleurs. La porte avait une longue rayure à peu près au niveau de sa tête, sûrement un gamin qui avait fait ça avec des clés, pour une raison qui n’appartenait qu’à lui. Mais surtout derrière cette porte, il devait y avoir Malfoy, l’attendant.

L’attendant pour coucher avec lui.

Il déglutit, essuya ses mains moites sur son pantalon et nettoya ses lunettes trois fois avant de finalement ouvrir la porte, le ventre tellement contracté qu’il aurait sûrement pu encaisser un ou deux coups de poings sans problème.

Malfoy était bien là. Il lui jeta à peine un regard et passa devant lui.

-Viens, lança-t-il, j’ai trouvé une chambre. Je suppose que pour ta première fois, tu préfères un lit.

Harry resta un instant sans voix, sa peur grandissant d’un seul coup, d’une manière alarmante. Bordel, Malfoy avait l’air vraiment sérieux. Et lui…lui il était en train de le suivre.

C’était un véritable cauchemar.

-Ecoute, fit Harry après avoir réussi à se mettre à sa hauteur, il doit bien y avoir une autre solution…Je…Je ne peux pas faire ça.

-Ne sois pas idiot ! répondit sèchement le serpentard. Tu verras, tu me remercieras même, la plupart des gens aiment ça et comme tu es banal au possible, je suppose que tu vas adorer toi aussi. Et ne t’en fais pas pour les capotes, j’en ai.

Ce n’était pas les préservatifs qui inquiétaient Harry en cet instant mais le fait que Malfoy semblait vraiment, vraiment très sérieux et lui se sentait de plus en plus mal.

« Ce n’est pas possible, s’alarma-t-il, je ne vais quand même pas coucher avec lui !?! »

Perdu dans cette pensée, il resta silencieux tout le reste du voyage, le cœur au bord des lèvres et essayant de trouver une solution rapidement pour sortir de cet enfer.

Il ne s’aperçut pas tout de suite que Malfoy avait fait un détour important pour l’amener aux dortoirs des garçons. A croire qu’il savait qu’il angoissait et qu’il faisait durer exprès pour le torturer.

-Des amis ont bien voulu laisser la pièce pour quelques heures, fit finalement Draco, un terrain neutre c’est un plus pour que les conditions soient idéales.

La chambre ressemblait à celle que Harry partageait avec Ron, seule la décoration changeait. Et celle-ci était aussi beaucoup mieux rangée. Il y avait un lit bleu et un autre vert, il se demanda sur lequel il allait devoir coucher avec Malfoy.

Après la colère et le désespoir, c’était une étrange résignation qui s’installait tranquillement en lui. S’il obéissait à Malfoy, il ne pourrait plus se regarder en face, mais il resterait à Poudlard. C’était ce qui comptait. C’était ce qui avait toujours compté.

Et s’il fermait les yeux très fort, peut-être que ça passerait tout seul, comme un mauvais rêve. Peut-être que demain il allait se réveiller avec deux cents dollars et sa virginité, dans un monde où Malfoy n’existerait pas.

« Je le hais » pensa-t-il. « Je le hais mais je ne lui ferai pas le plaisir de pleurer. Je serai comme un robot qui ne ressent rien. Comme une poupée. Comme mort. »

Oui, parce qu’en faisant ça, en acceptant ça, il allait mourir un peu. Le garçon fier et courageux en lui allait mourir pour laisser la place à celui qui veut réussir par tous les moyens.

« Vendre mon corps…Je n’aurais jamais pensé en arriver là. »

Alors que Malfoy était assis sur son lit, il serra les dents. Tant qu’à le faire, autant le faire vite. La rage au ventre, il desserra sa cravate rouge et or et la retira avant de commencer à déboutonner sa chemise.

-Mais qu’est ce que tu fais ? s’alarma soudainement Malfoy en se déplaçant encore plus loin de lui.

Comment ça « qu’est ce que tu fais » ? Ils n’allaient quand même pas être habillés pour le faire ? Harry ne comprenait plus rien et Malfoy non plus apparemment.

-Attend au moins qu’elle arrive, siffla le blond semblant toujours aussi choqué.

-Elle ? Mais de qui tu parles ?

Draco écarquilla les yeux un instant mais n’eut pas le temps de répondre qu’on frappa à la porte.

-Entrez, murmura-t-il en regardant fixement Harry.

Le lycéen vit alors apparaître la plus belle fille de l’école. Même lui qui se disait amoureux de Cho devait bien avouer que la jeune femme qu’il avait en face de lui était encore plus belle. Elégante, gracieuse, elle faisait tourner plus d’une tête, même Ron avait eu le béguin pour elle dans le temps. Et là elle se trouvait dans une chambre avec Malfoy et lui.

-Tu arrives juste à temps, fit Draco, Potter était si impatient qu’il a même commencé à se déshabiller.

Harry se mit à rougir sous le regard glacial de la jeune femme blonde.

-Charmant ! commenta Fleur Delacour avec raideur, son accent criant pour elle qu’elle était originaire de France.

-Que..que fait-elle là ? réussit à demander Harry de plus en plus perdu.

-Et bien, ça me parait évident ! Ne t’ai-je pas dit que tu allais faire l’amour ?! fit Draco agacé tout en regardant fixement un cadre sur un mur de la chambre.

-A-avec Fleur Delacour, bégaya Harry.

-Bien sûr avec qui veux tu que ce soit ! répondit le serpentard sans cesser de fixer le cadre qui contenait une photographie de famille. Celle de son ami Théodore Nott, apparemment, puisque l’ami de Draco posait ici avec ce qui semblait être ses parents et ses deux sœurs.

Harry préféra ne pas répondre à cette question mais la rougeur qui s’étala sur ses joues parla pour lui. Heureusement que Malfoy était trop occupé à regarder ce stupide portrait de famille, accroché au mur pour le remarquer.

Le basketteur se tourna finalement vers la jeune étudiante française qui le toisait encore froidement. Elle ne semblait pas non plus ravie d’être ici.

-Faisons ça vite ! dit-elle sombrement. Plus vite j’en aurais fini avec ça et mieux cela vaudra. Malfoy, tu comptes rester ici pendant que je couche avec ton petit copain ou tu vas partir ?!

-Je vais partir, répondit Draco de son habituelle voix traînante tout en se détournant une demi-seconde vers eux.

L’instant d’après il regardait encore la photographie en ayant l’air franchement agacé.

Harry commençait à comprendre que Fleur n’était pas plus ravie d’être là que lui. Elle le regardait dédaigneusement comme s’il était la dernière des vermines. Et pour tout dire c’est un peu l’effet que lui-même se faisait à cet instant. Le visible dégoût de la jeune femme eut au moins le mérite de lui ouvrir les yeux et son ambition qui avait pris le pas sur son intégrité s’en retrouva affaiblie.

A croire qu’il avait besoin d’un public pour faire les bons choix. Il avait été prêt à coucher avec Malfoy mais forcer quelqu’un, ça, il n’en était pas capable…Cela le soulagea énormément. Il n’était complètement pourri finalement. Il n’était pas comme Malfoy.

Il reboutonna sa chemise, heureux d’être en accord avec sa conscience.

-Je me tire d’ici, Malfoy, murmura-t-il faisant sursauter le blond qui ne s’attendait sans doute pas à ce qu’il s’exprime avec autant de douceur. Je ne vais coucher avec personne et cette fille non plus, tu comprends ?

Malfoy se leva, énervé, sans un mot, il s’approcha de la photographie…pour la remettre droite. Elle penchait en effet légèrement sur le côté gauche et Harry devina que c’était ça qui avait accaparé toute l’attention du serpentard. Il ne le connaissait pas depuis longtemps mais il avait vite repéré sa tendance obsessionnelle à vouloir que tout soit parfait.

Il y avait qu’à voir son classeur de chimie depuis que le serpentard avait fourré son nez dedans.

Une fois que l’emplacement du cadre eut l’air de lui convenir, Malfoy se mit à parler en français. Harry ne comprit strictement rien de la discussion qui suivit entre les deux étudiants. Il n’avait jamais fait de français. Mais il voyait bien que Fleur semblait de plus en plus crispée et Malfoy avait un sourire narquois qui ne le quittait pas. A l’évidence il reprenait le contrôle de la situation.

Après deux minutes où Harry n’osait pas partir de peur que Malfoy fasse quelque chose à Delacour, la discussion entre les deux cessa enfin.

Fleur baissa la tête un instant et quand elle la releva, un sourire chaleureux s’étalait sur ses lèvres et de toute évidence il s’adressait à un Harry plus que surpris par ce brusque revirement de situation.

-Harry, murmura-t-elle de son adorable accent qui l’empêchait de prendre en considération le « h » de son prénom, je sais qu’on ne se connaît pas…mais s’il te plaît ne me rejette pas. Ça fait bien longtemps que je t’observe…Je suis tout tes matchs, tu sais…

Non, Harry n’en savait rien. Il déglutit, incapable de faire un geste, lorsque Fleur posa ses mains sur ses épaules.

Repousser une fille qui vous regardait avec dégoût c’était facile…mais repousser une des plus belles filles qu’on n’ait jamais approché et qui commençait à voustoucher, c’était une autre paire de manche.

-Non-Non, tenta-t-il maladroitement lorsqu’elle posa sa bouche sur sa joue, je-je…on ne peut faire ça, voyons !

Et en plus elle sentait divinement bon…

-Bien sûr que si, chuchota-t-elle d’une voix un peu rauque avant de mordiller son oreille.

Il frissonna et se sentit rougir jusqu’aux oreilles.

Les garçons sont vraiment faibles, pensa-t-il perdu, il faut que je me calme ! Je ne la connais même pas, bon sang !

Finalement ce fut la présence silencieuse et attentive de Malfoy qui le fit réagir. Il attrapa les poignets de la jeune femme qui eut une moue boudeuse typiquement féminine et adorable, et mit une distance respectable entre eux.

-Tu n’es pas obligée de faire ça, lui dit il, un peu essoufflé. Je vois bien que Malfoy te fait chanter d’une manière ou d’une autre. Tu ne peux pas coucher avec moi parce qu’il te le demande !?

-Pauvre Potter, ricana Malfoy que Harry avait plus que jamais envie de frapper, Fleur a compris plus vite que toi que vous n’aviez pas le choix. J’ai le pouvoir de te faire virer de cette école et Fleur me doit un service…elle a hâte que sa dette soit effacée !

-Que te doit-elle ? demanda Harry excédé. Quel genre de monstre es-tu pour t’amuser de cette façon ?

Draco sembla alors en pleine réflexion et Harry se demandait laquelle de ses deux questions lui posait autant de problème. Finalement ce fut Fleur qui parla et elle raconta son histoire.

-J’ai une petite sœur, commença-t-elle, Gabrielle, elle a aujourd’hui quatorze ans et il y a trois ans de cela, ma famille lui a trouvé un fiancé…Etre une fille de la haute société, de la noblesse, n’est pas forcément une partie de plaisir. Il arrive, même encore à notre époque, qu’on décide de notre avenir…C’est ce qu’il s’est passé avec Gabrielle. Elle n’avait que onze ans et ils lui avaient trouvé un fiancé parfait. Les deux familles étaient d’accord, elle se marierait à l’âge de 16 ans…Le gamin qui devait devenir mon beau frère avait quatorze ans à l’époque… et il m’a proposé un marché : il faisait en sorte que le mariage soit annulé et que ma sœur ait le pouvoir de choisir son avenir, en contrepartie, j’avais une dette envers lui. Je lui ai promis que le jour venu, je ferai ce qu’il me demande, quoi que ce soit, sans poser de question…

-Et ce jour est arrivé, annonça Draco nonchalamment. Dis comme ça bien évidement, on se croirait dans un roman pour jeunes filles. Ma version des faits est, j’en ai peur, beaucoup moins poignante, celle de Fleur m’a presque arraché une larme, mais la fin est la même.

Harry tout comme Fleur, le regardèrent, horrifiés qu’il se moque d’une telle situation.

-Mais c’est affreux, s’exclama Harry, tu ne peux pas faire ce genre de chantage !

-Aie, je le savais que ta version était trop émouvante Fleur, regarde-le, il se sent obligé de jouer aux héros.

Malfoy avait l’air légèrement contrarié, un peu comme le serait un père devant un enfant qui refuse d’aller se coucher à l’heure dite. La jeune femme se contenta de serrer les poings, visiblement ses nerfs commençaient à lâcher.

-Ta gueule Ducon, siffla Harry en se mettant devant l’étudiante, comme pour lui servir de rempart devant les sarcasmes du blond. Tu vas effacer cette dette ou je te jure que je vais t’assommer jusqu’à ce que tu l’oublies d’une autre manière.

-Quel rustre ! se moqua Draco. Tu oublies un peu vite que toi aussi je te tiens !

-Je m’en moque ! gronda Harry. Tu peux me dénoncer à qui tu veux ! Je veux que tu la laisses tranquille ! Et si je suis viré, je trouverai toujours un moyen pour te chopper un jour ou l’autre, c’est une promesse !

Le serpentard cessa de sourire. Apparemment le binoclard était sérieux. C’est qu’il avait l’air d’aimer jouer les héros…Il regarda Fleur qui semblait perdue. Il se moquait d’elle et de sa dette. Pour tout dire, il ne pensait rien lui demander jusqu’à aujourd’hui. Il était aussi content qu’elle que le mariage ne soit plus d’actualité. Epouser une gamine chialeuse à tout juste dix-neuf ans, très peu pour lui ! Il avait imposé la dette car il était toujours utile que quelqu’un vous doive quelque chose mais Fleur était vraiment insignifiante.

Ce qu’il voulait, ce qui ne quittait plus son esprit depuis qu’il avait un moyen de pression sur Potter, c’était de voir jusqu’où l’idole de l’école pouvait tomber.

Tout cela n’était qu’une expérience pour lui. La première chose qui lui était venue à l’esprit c’était de savoir si sa libido était plus grande que son intégrité.

Avec comme partenaire la plus belle fille de l’école, n’importe quel mec aurait sauté sur l’occasion…mais ce crétin en plus de refuser, voulait aider la française.

Qu’ils aillent se faire foutre tout les deux !

-C’est bon, siffla-t-il finalement, conscient qu’il avait perdu cette manche, je ne te demanderai plus rien Delacour, notre marché est caduque. Potter en est témoin.

-C’est vrai ? demanda la jeune femme sans oser y croire.

-Tu ne me sers plus à rien, répondit Draco, tu peux remercier Potter qui semble tenir plus que de raison à sa virginité…

Draco prit un certain plaisir à voir Potter fulminer mais il fulmina à son tour –sans trop savoir pourquoi- lorsque, comme dans un film, Fleur embrassa la joue du balafré pour le remercier, visiblement émue. Elle avait une capacité pour les mises en scène qui frisait le ridicule. Et Potter avait un sale sourire gêné, qui le rendait encore plus…pitoyable qu’il ne l’était habituellement.

Lorsque la française fut enfin partie, Draco se retrouva en train de scruter deux yeux verts haineux et il resta quelques secondes perdu dans sa contemplation avant de réagir.

Il sortit un petit carnet et un stylo de son sac et barra la première ligne d’une longue liste.

-Bien, dit-il enfin, je t’accorde cette manche Potter. Tu m’as bien eu…

-De quoi tu parles ? siffla Harry.

Draco le jaugea un instant avant de décider qu’il pouvait bien parler de son expérience à Potter, cela rendrait les choses probablement encore plus amusantes.

-Je crois sincèrement que tout humain peut être corrompu, vraiment corrompu. Tu es le cobaye idéal pour cette expérience. Tes amis t’adorent, l’école t’adule, Dumbledore te trouve sympathique…Piquer de l’argent dans ma poche ne fait pas réellement de toi quelqu’un de mauvais… Je veux que tu fasses quelques choses d’énorme, quelque chose qui te fasses changer profondément l’opinion que tu as de toi-même…et qui chamboule toute ta vie si parfaite.

-Tu es fou, souffla Harry en écarquillant les yeux.

-Tu as gagné la première manche, poursuivit Draco comme s’il ne venait pas d’être interrompu et insulté, mais je suis loin d’en avoir fini avec toi…

-Tu veux dire que tu vas me faire passer des sortes de tests pour te prouver quelque chose qui n’intéresse que toi ?

-Dit comme ça, c’est moins palpitant, grogna le serpentard, mais il y a de l’idée.

-Et en échange, tu me files les deux cents dollars et tu ne vas pas voir Jedusor, cela même si j’échoue à un de tes tests?

-Oh tu échoueras, sois en sûr, mais je ne vois pas l’intérêt de parler à Jedusor si tu acceptes de jouer le jeu. Pour les deux cents dollars, tu n’as qu’à te servir maintenant. Pas besoin de te dire où ils se trouvent…

Harry se demanda si c’était un nouveau test, il détesta le sarcasme du blond mais alla quand même chercher l’argent. Dieu, qu’il détestait être pauvre !

-Je te rembourserai, se sentit-il obligé de l’informer tout en fouillant dans le portefeuille.

Le blond haussa les épaules.

-On se revoit demain, Potter, dit-il simplement, et n’aies pas l’air aussi content, n’oublie pas que je suis celui qui a le pouvoir !

C’est ça, c’est ça, pensa Harry en sortant de la chambre, t’es juste cinglé, mon pauvre vieux !

Le lycéen était finalement content de la tournure des événements. Il n’aurait qu’à rester lui-même et faire ce qui lui semblait le plus juste pendant les tests du serpentard et ça irait. Echouer n’avait pas d’importance, c’était même plutôt un avantage car ainsi Malfoy le laisserait en paix, mais Harry voulait surtout ne rien faire qui puisse le discréditer à ses propres yeux. Il n’y avait pas assez de temps qui s’était écoulé quand il avait été prêt à coucher avec Malfoy et il en ressentait encore une déception et un dégoût intense envers lui-même. Ce genre de truc ne se produirait plus, il venait de s’en faire la promesse. Draco Malfoy allait avoir du mal à le faire tomber.

Draco le regarda partir en se sentant tout d’un coup un peu seul dans cette chambre qui n’était pas la sienne. Il posa les clés de Blaise sur un des bureau, en profita pour arranger le couvre lit qu’il avait un peu froissé en s’asseyant dessus, avant s’apercevoir que le lit n’était pas exceptionnellement bien fait. D’un geste sec, il commença à enlever les draps, bien décidé à faire les choses correctement. Il s’arrêta au milieu de son entreprise, laissant le drap housse à moitié défait et observant ses mains trembler.

Il ne se rendait pas souvent compte du besoin obsessionnel et compulsif qu’il avait pour l’ordre et la clarté mais quand cela arrivait –quand il se prenait lui-même sur le fait- , il se détestait. Sa haine pour lui-même ne durait cependant pas très longtemps car il se mettait vite à détester tous les autres.

Et bien oui, il aimait que les choses soient rangées ! Tout comme il détestait les chiffres pairs ! Et il n’aimait pas non plus qu’on le touche et alors ? Si quelqu’un avait un problème avec ça alors il pouvait venir lui dire en face et Draco ferait en sorte que ce soit la dernière chose qui sortirait de la bouche du type en question.

Il était plus intelligent que tous les Potter du monde ! Il était plus intelligent que la plupart des gens de cette foutue école ! Il valait mieux qu’eux ! Il valait mille fois mieux qu’eux ! Et plus tard, dans pas si longtemps que ça, il leur prouverait à tous que Draco Malfoy doit être regardé avec crainte et respect.

Tout en s’énervant tout seul contre le monde entier, Draco refaisait le lit sans même sans rendre compte et ses mains tremblaient toujours.

0O0O0O0O0

Deux heures plus tard, Draco se trouvait en voiture à côté de Sirius Black, devant eux, le chauffeur Donatello Bimorri, dit Dobby, les reconduisait à la villa des Malfoy et écoutait discrètement la conversation des deux cousins.

Dobby était originaire d’Italie, enfin son grand-père était né là-bas, mais lui et son père avant lui, étaient nés dans le quartier italien de New York. Donatello avait quitté sa ville natale pour travailler pour Monsieur Malfoy. Il s’était cependant aperçu très vite que c’était essentiellement pour le fils de Monsieur Malfoy qu’il devait travailler, et sa femme du temps où elle n’était pas encore malade.

Il avait beaucoup voyagé, était allé dans la vieille Europe et pas seulement en Angleterre. Il avait même vu l’Italie de son grand père avec une certaine émotion.

Il aimait son job. Si monsieur Malfoy n’était pas vraiment chaleureux, au moins il payait bien et Dobby avait appris à apprécier son drôle de fils. Selon lui, le gamin manquait juste d’amour et d’attention, c’était pour cela qu’il avait développé toutes ses manies bizarres. Pour que son père le remarque enfin.

Mais Dobby n’était pas psychologue ou même érudit, alors il gardait son opinion pour lui. C’était le petit Draco qui l’avait appelé Dobby en premier, il devait avoir à peine cinq ans, et ce surnom était resté. Ça plaisait bien à Donatello parce qu’il était le seul des employés auquel le jeune maître avait donné un surnom. Il pensait que ça voulait dire que le gamin l’aimait bien mais en réalité c’était juste parce que son prénom et son nom étaient trop compliqués à retenir pour un enfant de cinq ans qui avait dû trouver une parade et depuis Dobby était resté.

On savait instantanément quand Draco Malfoy ne vous aimait pas mais on savait rarement s’il vous appréciait. Dobby pensait que Draco classait les gens en trois catégories : Ceux qu’il n’aimait pas (catégorie, selon Dobby pas très importante, peut être vingt personnes à tout casser), ceux qu’il aimait (catégorie, toujours selon Dobby, qui devait se compter sur les doigts d’une main), et ceux qui l’indifféraient complètement (le reste du monde).

Et en écoutant Draco répondre à son cousin, il était évident pour le chauffeur que le charmant Monsieur Black, faisait parti pour son jeune maître de la première catégorie.

Il ne l’aimait pas.

Il fallait dire, pour sa défense, que Sirius Black semblait prendre un malin plaisir à le mettre mal à l’aise. Déjà il tenait absolument à faire les trajets avec Draco. Il venait tous les jours à l’école pour surveiller le jeune Malfoy. Enfin c’était ce que Dobby avait cru comprendre d’après les jurons que venait de lâcher le serpentard.

Il en fut un peu choqué d’ailleurs, c’était la première fois qu’il entendait son jeune maître jurer. Lui qui était toujours si poli…

-Draco ce n’est pas ainsi que l’on parle à son cousin, gronda Sirius faussement menaçant en secouant son index de droite à gauche.

-Va te faire voir ! siffla Draco. J’en ai marre de t’avoir dans les pattes !

Sirius ne put retenir un sourire. L’impassible petit cousin se mettait enfin en colère. Depuis que Lucius était parti, Sirius prenait son rôle très au sérieux et allait tout les jours à Poudlard. Insistait pour manger avec son cousin, pour faire les trajets avec lui…en fait à part pendant les cours, Sirius était toujours avec Draco. C’était vraiment agaçant, Sirius pouvait aisément en convenir, mais Draco n’avait pas fait un seul faux pas depuis son arrivée.

-Comment s’est passé ton cours avec le basketteur ? demanda Sirius souriant encore plus et ignorant superbement l’injonction de son cousin. Il fait des progrès en chimie ?

-Il est vraiment…commença à dire Draco d’une voix méprisante avant de se reprendre. Ne change pas de sujet de conversation ! Je peux savoir pourquoi tu me suis partout !

-Allons Draco, ça fait si longtemps que je ne t’ai pas vu ! Je veux juste passer du temps avec toi…Tu es mon cousin préféré ! Enfin tu es mon seul cousin, donc ce n’est pas bien dur mais je t’assu…

-Non, coupa Draco, il y a aussi Nymphadora Tonk. C’est aussi notre cousine.

Sirius écarquilla les yeux un instant avant d’approuver énergiquement.

-C’est vrai, dit-il enfin, ce qui fait de toi mon second cousin préféré ! Un titre honorable, tu en conviendra !

-Pathétique, murmura Draco en serrant les dents, se sentant un peu vexé.

Il regarda les rues défiler durant le reste du trajet, tournant le dos à Sirius qui continuait à parler.

Ce type parlait tout le temps…Draco s’en voulait de s’être énervé à cause de cet éternel gamin. Il maîtrisait tout. Sirius et sa surveillance constante n’était pas un problème. La preuve, il avait pu faire faire son premier test à Potter sans voir apparaître le moindre cousin. C’était juste agaçant d’entendre son bla-bla incessant.

A bien y réfléchir, c’était agaçant aussi de voir tous ces gens attirés comme des mouches par la personne qu’était Sirius Black. Les étudiantes étaient les pires. Les repas tranquilles de Draco et ses amis étaient un lointain souvenir. Il y avait toujours une vingtaine d’élèves et deux ou trois professeurs qui se joignaient à eux aussi. A croire que la présence de Sirius semblait leur faire oublier qu’ils mangeaient à côté de serpentards…de personnes qu’ils n’auraient surtout pas regardées en temps normal. Parce que pour quiconque n’étant pas Sirius Black, c’est humiliant de se montrer avec les tarés de l’école.

Draco eut un faible sourire qui se refléta sur la vitre d’une manière inquiétante, Lupin avait discuté avec Sirius pendant le repas et dans plus de deux semaines, ils allaient à une lecture de poèmes, en soirée…un jeudi.

Draco sortirait aussi, Dobby avait toujours su rester discret et il le conduirait sûrement avec plaisir à une petite fête.

O°O°O°O°O°O

Le week-end qui suivit le premier test de Harry, le match tant attendu contre les vifs d’or était sur le point d’avoir lieu. Le stade était pratiquement plein. Les Gryffondors avaient été bien accueillis et un car de supporter était venu aussi, grâce à l’organisation sans faille de Colin Crivey. Les élèves de Poudlard avaient déjà étendu la bannière rouge et or de leur équipe tandis que les pompons girls s’échauffaient tout en regardant les joueurs entrer sur le terrain.

Harry eut un sourire en s’échauffant sur le terrain. Le match contre les Vif d’or était éminent et ses nouvelles lunettes homologuées pour le sport tranquillement installées sur son nez. Ron ne cessait de le charrier depuis qu’il les avait mise. Il l’appelait « Cyclope » en hommage à un super héros de bande dessinée qui portait lui aussi des lunettes designs. Mais si Harry ne pouvait pas envoyer des rayons lasers avec ses yeux, il devait bien avouer que ça changeait de ses habituelles lunettes rondes. Là, il avait l’air hyper-cool et c’était assez agréable de refléter une telle image. A quelques mètres de là, Cho lui fit un sourire éblouissant tandis que derrière elle, Pavarti Patil agrippait furieusement le bras de Lavande pour lui dire quelque chose d’apparemment très important, tout en lui jetant des rapides regards en coin.

-Allez Playboy, susurra Ron en apparaissant brusquement derrière lui, arrête de mater les filles en jupette et concentre toi sur le match.

-Et c’est toi qui dis ça ? Rappelle-moi déjà pourquoi enfant tu t’es mis à faire du basket ?

-Et oui, la télé c’est le mal ! se contenta de répondre Ron. Mais mon cœur d’enfant a été bluffé par ce sport prodigieux.

-Ah ? Fred et Gorges n’avaient pas la même version cet été. Ils parlaient plutôt de ta jeune libido qui fut toute émoustillée par les filles en jupe courtes qui sautillaient autour du terrain.

-Harry fais moi plaisir et arrête de parler à mes frères… ceux là en particuliers.

-Ron, je le ferais bien entendu, le jour où Mione arrêtera d’aimer les livres.

-C’est bas.

-Je sais, je sais…

-Potter ! Weasley ! cria Bibine. Rassemblez-vous !

Harry et Ron se dirigèrent vers le reste de l’équipe, pour écouter les conseils de dernières minutes de leurs entraîneurs.

Ils gagnèrent le match plus facilement que prévu et Alastor Maugrey, qui se trouvait dans les tribunes n’avait pas lâché Harry du regard. Il était satisfait. Apparemment le bruit de couloir disait vrai. Ce petit était monté sur pile électrique…il restait bien sûr du travail à faire sur lui mais c’était une belle pierre brute qui avait la capacité, si elle était entre de bonne main, de devenir un vrai diamant. Le chasseur de tête eut un sourire, il allait suivre discrètement le jeu du jeune Potter durant le reste de l’année et s’il était aussi constant que doué alors il lui ferait signer un contrat et ferait de lui une star du basket-ball.

Un parfait diamant, bien taillé, sans aucune impureté et avec son minois de play-boy ça allait être encore plus facile. Ils seraient tous à ses pieds. Les Etats-Unis allaient l’accueillir comme une mère accueillerait son enfant prodige après une longue absence.

Le monde allait l’adorer.

°O°O°O°O°O°O°O°

-Où va-t-on ? grogna Harry.

A croire qu’il ne savait que grogner, pensa Draco tout ne déambulant avec Potter dans les couloirs, en ce lundi après-midi. Ou mépriser ou insulter. Au choix. Ou se moquer. Ou l’ignorer. Ou…

-Tu pourrais au moins répondre !

Draco haussa les épaules. Il avait juste prévenu Harry qu’il s’agissait d’un nouveau test et lui avait demandé de le suivre. A vrai dire il ne savait pas trop ce qu’il attendait de ce test. Le résultat était pour lui couru d’avance. Une sorte de pari stupide qu’il avait fait avec lui-même. Il allait le présenter à ses amis et si la majorité le détestait –ce qui allait être le cas-, Draco laisserait tomber Potter une fois pour toute. Il y avait réfléchi tout le week-end. Pourquoi s’intéressait-il autant à ce crétin ? Certes il voulait le faire tomber mais est-ce que ça valait vraiment tout le temps qu’il allait perdre pour ça ? Il avait pris sa décision, sans le savoir, au même moment où Harry marquait les derniers points contre les vifs d’or. Si Potter se faisait accepter par la majorité de son groupe alors cela voulait dire qu’il avait raison de perdre son temps à le faire tomber, sinon il allait le laisser vivre sa vie tranquillement, dans son petit monde idyllique et sans saveur.

Si le commun des mortels chercherait une cohérence dans un tel raisonnement, pour Draco c’était logique et c’était ce qu’il allait s’empresser de faire.

Pansy allait le détester, Grégory et Vincent aussi. Restait Théo et Blaise qui pouvaient être inquiétant mais cela faisait deux contre trois –voire quatre s’il se comptait dans le lot-. Potter n’avait donc aucune chance et allait échouer à ce test.

-Harry ! Harry !

Draco se retourna au son de cette voix et Potter en fit autant. Un jeune garçon blond, sautillait presque à leur rencontre, enfin c’est l’impression que Draco avait.

-Oui ? demanda le gryffondor un peu curieux, en reconnaissant Colin Crivey.

Le garçon s’arrêta devant eux en faisant un grand sourire –que Draco trouva terrifiant- à Harry. Il jeta à peine un vague coup d’œil à Draco qui en fut interloqué. D’habitude les gens le regardaient avec crainte, désir ou mépris…mais personne ne l’ignorait. Il dut regarder s’il avait bien mis sa cravate de serpentard ce matin. Et fut encore plus surpris de voir qu’elle était là, semblant narguer quiconque de lui faire la moindre remarque sur ce que cela voulait dire. Mais le petit blond, pas si petit que ça, d’après la couleur de sa cravate il était au lycée, ne se préoccupait pas du tout de lui, trop occupé à manger des yeux le balafré.

-…pas vu après le match, disait la voix surexcitée du garçon.

-Heu, ce n’est pas le moment là, fit Harry gêné, en jetant un bref coup d’œil à Malfoy.

-Mais le numéro doit sortir à la fin de la semaine ! s’exclama de nouveau le lycéen. Il me faut ab-so-lu-ment tes impressions Harry !

Draco commençait à s’impatienter. Potter était sensé être à son entière disposition et pas papoter avec le premier gamin qui passe.

-Ecoute, fit Harry précipitamment comme s’il sentait les nerfs de Draco commencer à lâcher, demain, à l’heure du déjeuner, je suis tout à toi, mais là j’ai cours tu comprends ?

Apparemment le morveux comprenait, c’était déjà ça. Après un dernier « en tout cas, tu as été fabuleux Harry ! » il s’en alla comme il était venu, plein d’une joie de vivre difficilement compréhensible pour quelqu’un comme Draco.

-En tous cas, tu as été fabuleux Harry ? répéta-t-il en haussant un sourcil.

Harry eut un instant de réflexion avant de se mettre à rougir, tout disant très vite : « ce n’est pas ce que tu crois. Il parlait du match de dimanche contre les vifs d’or ! »

Draco fronça les sourcils.

-Je ne croyais rien, Potter, dit-il. Qu’est ce que tu imaginais ?

Harry ne répondit rien, ce qui sembla énerver Draco.

-Réponds, ordonna-t-il.

Après quelque seconde passée à se toiser en silence, Harry décida de parler. Il avait franchement autre chose à faire de la journée.

-Je pensais que tu pensais qu’il avait dit ça par rapport à des performances sexuelles que j’aurais eues, fit-il en haussant les épaules.

-…Tu es étrange, Potter, murmura Draco. Pourquoi aurais-je pensé un truc pareil ? Aux dernières nouvelles tu es vierge et hétéro…

Harry dévisagea Malfoy. Etait-il vraiment sérieux ou se moquait-il encore de lui ?

-Et bien, commença-t-il patiemment, peut-être n’aurais tu pas véritablement pensé ça pour les raisons que tu as avancé mais tu aurais fait en sorte de l’envisager pour me mettre mal à l’aise.

Draco sembla réfléchir à la théorie de Harry ce qui acheva de perturber le lycéen.

-Je crois comprendre où tu veux en venir, murmura enfin le serpentard froidement. Mais dans ton histoire j’aurais plutôt utiliser ton « Demain, à l’heure du déjeuner, je suis tout à toi. » pour faire ce genre d’allusion. Ça marche aussi ? demanda-t-il avec un sourire machiavélique.

-Va te faire ! lança Harry furieux de s’être fait avoir.

-Je suppose que c’est oui ! annonça Draco avec un délicieux sourire qui laissa Harry sans voix quelques secondes.

C’est ainsi qu’ils arrivèrent dans la classe des serpentards, Draco en souriant et Harry se demandant pourquoi son cœur battait si vite.

Le basketteur fut surpris de se retrouver ici avec ces gens. Il n’avait pas vraiment peur mais n’était pas pour autant très à l’aise. Ils étaient six en tout en comptant Malfoy et Harry se sentait vraiment de trop.

Le blond l’avait planté devant la porte d’entrée et s’était installé assis au fond à droite de la salle où était installé un petit labo de chimie.

« C’est ici où il étudie la plus part du temps » pensa Harry un peu sonné par ce nouvel environnement.

Il regarda un peu plus attentivement les autres élèves qui avaient tous sauf uns, les yeux posés sur lui, semblant aussi surpris que lui de le voir atterrir ici.

Il reconnu aisément Théo, celui qui donnait des cours de mathématiques à Dean. Ce dernier avait le pouce à mi-chemin de sa bouche, comme s’il hésitait encore entre le ronger ou pas. Se demandant sûrement si lui, Harry était une menace assez importante pour qu’il le fasse. Le lycéen lui fit un sourire engageant et le jeune homme se mit alors à ronger son ongle nerveusement, prouvant à Harry que sa tentative d’apaisement par le sourire était un échec. Un peu inquiet de le voir stresser à ce point pour lui, il trouva plus sage de détourner le regard vers la table la plus proche de lui où se trouvaient deux garçons, bruns, grands et massifs. Le premier le fixait sans un mot, mais d’une façon si peu amène que Harry déglutit. Il était vraisemblablement en territoire ennemi. Le second avait des écouteurs sur la tête et semblait trop absorbé par sa musique pour faire attention à lui. Harry en fut grandement soulagé.

Il avança un peu en direction de Malfoy, sentant sur lui le regard de la seule fille du groupe. Il commençait à être énervé par tout ce cirque aussi la toisa-t-il aussi froidement qu’elle le faisait. Elle était toute de noir vêtue, de la tête aux pieds, sauf sa petite jupe écossaise, plissée qui était quadrillée de quelques lignes fines et blanches. Même sa cravate était noire au lieu de vert et argent, mais dessus était marquée très artistiquement en gris clair et verticalement « Serpentard ». Harry se demanda si cet uniforme était vraiment conforme au règlement. En tout cas, elle était jolie, inquiétante mais jolie. Elle avait les cheveux, noirs aussi, coupé dans un carré parfait et ses jolies lèvres étaient pincées de mépris alors que ses grands yeux sombres lui jetaient des éclairs. Harry n’eut pas de mal à la cataloguer dans les gothiques même s’il ignorait complètement ce que ça voulait dire vraiment. Pour lui c’était juste des gens qui s’habillaient en noir, qui aimaient parler de la mort, faire des soirées « cimetières » et sacrifier divers petits animaux pour invoquer ou pas des démons inexistants.

Elle détourna le regard avant lui, semblant trouver beaucoup plus intéressant son livre de cours mais son air revêche ne la quitta pas pour autant. Le dernier des serpentard eut au moins le mérite de le détendre un peu. Il ne le regardait pas comme si Harry allait l’assassiner à l’instant, ni comme si c’était lui qui allait assassiner Harry, ce qui était un véritable soulagement. De grande taille, élancé, carrément beau gosse, cet afro-américain ressemblait plus à un lycéen cool et apprécié qu’à un serpentard vivant à l’écart de tous avec ses autres amis bizarres. Il ne semblait, à Harry, pas plus à sa place ici, que lui-même.

Il fit un léger sourire à celui qu’il considérait comme son seul allié dans la place et en reçut aussitôt un autre deux fois plus grand.

-Je suis Blaise Zabini, se présenta le type au sourire, bienvenu ici !

-Merci, répondit Harry alors que la fille grommelait quelque chose d’incompréhensible.

Draco semblait jubiler au fond de la classe.

-Excuse-nous, reprit celui qui s’appelait Blaise, on est un peu surpris que Draco amène quelqu’un ici. Je suppose qu’il y a une raison à ça ?

Il se tourna vers le fond de la classe en posant cette question.

-J’ai décidé qu’aujourd’hui le cours aurait lieu ici, répondit Draco en mettant ses pieds sur la table devant lui.

Etre sur son territoire le remplissait d’une assurance sans nom. Il se rendit pourtant vite compte qu’il avait mis les pieds sur sa table et se dépêcha de les enlever avant de la nettoyer frénétiquement avec un de ses éternels mouchoirs qui ne le quittaient jamais. Heureusement que Potter écoutait Blaise faire les présentations et avait déjà détourné les yeux de lui.

-Alors voici Théodore Nott, on partage la même chambre. Draco lui crèche à l’extérieure de la ville, dans sa maison…le chanceux.

Théodore se leva pour serrer la main à Harry d’un geste un peu saccadé.

-On s’est déjà vu, dit-il très vite.

-Ouais, approuva Harry se sentant un peu bête en se rappelant la façon dont ses amis et lui l’avaient traité.

-Les deux types devant, poursuivit Blaise, c’est Vincent Crabbe et Grégory Goyle. Vincent ne parle jamais, poursuivit-il mais je ne crois pas qu’il soit muet, d’après ce que j’ai compris, il ne veut pas parler ou un truc comme ça.

-Tu comptes raconter la vie de tout le monde ? demanda celui qui s’appelait Grégory à Blaise en grommelant.

-Donc Grégory, celui qui montre les dents là, il ne vaut mieux pas que tu t’approches de lui, assura Blaise alors que Harry se dirigeait justement vers le garçon pour lui serrer la main en signe de politesse.

-C’est bon, murmura le serpentard grincheux, j’ai pris mes cachets aujourd’hui, on est lundi…

Harry eut alors un vrai instant d’hésitation mais prit quand même son courage à deux mains, essayant d’oublier cette histoire de calmant et alla serrer la main de Grégory.

-Tu n’es pas obligé de te montrer gentil, lui dit-il en retenant sa main plus que nécessaire. Je sais bien que les autres ne nous aiment pas beaucoup. C’est réciproque, assura-t-il.

-Je ne suis pas gentil, répliqua Harry, mais on m’a appris qu’il faut être poli avec les gens.

-Ce sont tes parents qui t’ont appris ça ? demanda encore Goyle en lâchant finalement sa main.

-Non, ils sont morts quand j’étais bébé. Accident de voiture.

-Ah…Les miens aussi sont morts, murmura le jeune homme le regard hanté, mais j’étais plus vieux. Ce n’est pas évident n’est ce pas…

-De quoi ? murmura Harry baissant la voix à son tour.

-D’être orphelin.

Harry acquiesça, un peu gêné de parler de ça avec un inconnu.

Draco ne jubilait plus à présent. Qu’est ce que Grégory et Potter étaient-ils en train de se dire à l’autre bout de la salle ? Grégory en général ne parlait pas à des inconnus ! Blaise, oui, c’était une vraie pipelette…mais Grégory il ne parlait presque pas…peut-être parce qu’il restait tout le temps avec Vincent ? A force ils arrivaient à communiquer sans parler…et du coup Grégory aussi économisait sa voix ?

Draco secoua la tête ce n’était pas le moment de se poser ce genre de question. Il grogna lorsque sans un mot Vincent aussi serra la main du bigleux. Seule Pansy refusa de le toucher…

Lorsqu’il eut fini son tour de salle, Potter vint enfin vers lui et le cours commença. L’humeur sombre de Draco mit celle de Harry au beau fixe. Il ne savait pas comment il avait réussi ce tour de force mais le blond semblait dégoûté. Harry supposa qu’il avait encore une fois réussi le test.

Lorsque son heure fut finie Harry prit congé des serpentards avec un sourire visiblement satisfait. Blaise lui demanda de repasser les voir quand il voulait, il lui dit aussi qu’il adorait le basket, il allait lui dire autre chose mais le regard glacial que Malfoy lui lança l’en dissuada. Théodore, lui annonça qu’il inviterait bien Dean aussi, que c’était une idée géniale que Draco avait eue pour montrer aux professeurs qu’ils s’intégraient au reste de l’école. Pansy Parkinson, elle, eut un reniflement dédaigneux à son passage. Vincent ne le regarda pas et Grégory hocha la tête vers lui d’un air entendu. Apparemment il semblait content d’admettre Harry dans le club très fermé des orphelins.

Club que Harry se serait bien passé de fréquenter même s’il était soulagé que ce serpentard là le tolère au final.

Il se rendit compte que Malfoy l’avait suivi seulement lorsqu’il se retrouva dans le couloir avec le serpentard.

-Tu es fier de toi ! siffla le blond apparemment hors de lui.

Harry cligna des yeux avant de sourire.

-Oui, lâcha-t-il. Tes amis m’aiment bien Malfoy, et ça tu as du mal à l’avaler…Je trouve ça très agréable de te voir faire cette tête de fouine constipée.

Le serpentard plissa les yeux en reculant de quelques pas.

-Ne fais pas le malin, murmura-t-il sombrement, je ferai de ta vie un…

-Enfer. C’est bon je connais la chanson, répondit Harry de plus en plus heureux. Je crois que finalement tout cela va être très amusant. Alors vas-y teste-moi Malfoy !

-Ne me pousse pas à bout ! fit le blond mécontent. Tu vas t’en mordre les doigts !

- Et pourquoi ne barrerais-tu pas plutôt une autre ligne de ta précieuse liste de tests ? demanda Harry d’un air angélique.

Pour toute réponse, Draco écarquilla les yeux avant d’ouvrir la porte de la salle de classe et de la claquer violemment.

Harry se mit à rire imaginant Malfoy en train de chercher son carnet car il était sûr que c’était exactement ce qu’il était en train de faire. Barrer une nouvelle épreuve réussie. Il lui manquait vraiment une case et Harry commençait à comprendre comment l’autre débile fonctionnait.

Cela allait vraiment devenir marrant. Peut-être que s’il jouait le jeu assez finement, ça serait Malfoy qui allait en prendre plein la tête.

Enfin il était déjà la risée de l’école…donc la difficulté était moins grande.

Oui, Malfoy faisait ressortir ce qu’il y avait de pire en lui mais en cet instant il s’en moquait complètement.

A suivre…

 

Alors j'espère que ça vous a plu^^ 

Je vais essayer de faire vite pour le chapitre 7. Quoiqu'il en soit, je le posterais ici en premier, histoire d'avoir au moins un chapitre d'avance par rapport à ffnet. 

 

Bonne semaine à tous

Portez vous bien. 

 
 
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