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au 04 Déc 08 :
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pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Génie du mal?
Par Artoung
Harry Potter  -  Romance
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 7     Les chapitres     95 Reviews     Illustration    
Mauvaise conduite

Note: Hello les gens^^ Voici la suite de génie du mal comme promis en prime time sur manyfics^^ J'espère qu'elle vous plaira.

Remerciement: A BlackNemesis pour sa correction surtout que j'ai vraiment fais des fautes très nulles sur ce coup, je crois que je suis irrécupérable et qu'il faut vite que je retourne à l'école. 

 Bisous tout plein à Quiproquo^^

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Chapitre 7 : Mauvaise conduite

Draco aimait bien le mois de novembre, ce mois lui semblait en suspend, attendant l’hiver sans en avoir l’air. Même s’il faisait plus froid, même si l’été n’était déjà plus qu’un lointain souvenir, il aimait novembre et les feuilles qui tombaient doucement drapées d’or et d’ambre.

-Monsieur Malfoy, je ne vous ai pas convoqué pour que vous puissiez admirer la vue qu’il y a de ma fenêtre.

Draco se retourna tranquillement. Il savait pourquoi Jedusor l’avait convoqué…pour parler de Potter. Potter qui justement devait être en train de passer son premier devoir de chimie depuis que Draco lui donnait des cours.

-Asseyez-vous, fit le directeur adjoint sèchement.

Draco obéit.

-Vous êtes un des meilleurs élèves de cet établissement Draco mais je suis au regret de vous dire que vous me décevez beaucoup…

Draco fut content que Jedusor laisse tomber le « Monsieur Malfoy », il avait toujours l’impression qu’on s’adressait à son père lorsqu’on l’appelait ainsi. Il fut content aussi car l’homme n’avait aucun tableau aux murs de son bureau, pas comme Dumbledore qui en avait des tonnes et accrochés dans tout les sens, un vrai supplice.

-Je vous déçois ? s’étonna le serpentard secrètement ravi de voir que le bureau de Jedusor était impeccablement rangé.

-Monsieur Potter n’est pas une fréquentation pour vous.

-Je suis obligé de lui donner des cours.

-Il semblerait que vous fassiez plus que ça, murmura le directeur adjoint d’une voix grave. On dit que vous l’avez admis dans la classe des serpentards.

-Je lui donnais un cours, répondit Draco d’une voix traînante.

Jedusor avait peut être un bureau parfait mais le jeune homme commençait à s’ennuyer. Il fut surpris de voir que l’homme lui tendait une cigarette en souriant tranquillement.

-Allons Draco, je vous l’offre, vous avez l’air d’en avoir besoin.

Draco écarquilla les yeux, se rendant compte en effet qu’il fumerait bien maintenant. Il attrapa la cigarette avec un petit mouvement de tête en signe de remerciement et sortit une minuscule boîte d’allumette de sa poche.

-Pas de briquet ? s’étonna Jedusor.

-Je l’ai perdu, murmura Draco tout en essayant d’allumer la cigarette.

Avec un sourire, le directeur adjoint ouvrit un des tiroirs de son bureau, fouilla dedans et en sortit un beau briquet en argent sur lequel étaient gravées les initiales DM. Le blond s’en brûla presque les doigts et lâcha l’allumette coupable tout en inspirant sa première goulée de fumée.

-Vous l’avez retrouvé, constata-t-il en récupérant son briquet.

-C’est mon devoir de veiller à ce que chaque chose soit à sa place dans cette école Draco. Et la place de ton briquet est vraisemblablement dans ta poche.

-Dans mon sac, corrigea Draco remarquant à présent que Jedusor avait même laissé tomber le vouvoiement.

Jedusor fronça les sourcils et balaya l’air d’un geste de la main comme si une mouche venait de bourdonner autour de lui.

-Peu importe, dit-il, je vais être franc avec toi Draco. J’estime que Harry Potter n’a rien à faire à Poudlard. Le professeur Dumbledore est un homme remarquable mais il a tendance à voir le bien partout et il se laisse malheureusement berner facilement…

-Potter a fait quelque chose de mal ? demanda le serpentard un peu plus intéressé par la discussion.

-Potter est comme ton briquet, expliqua calmement Jedusor. Il est perdu, au lieu d’être tranquillement chez lui en Angleterre, il se retrouve ici, dans un monde qui le dépasse. Ce n’est qu’un…sportif. Les sportifs n’ont pas besoin d’étudier dans les meilleures écoles. Ce n’est pas le cerveau qui fait leur force. Alors pourquoi le garder ici ?

Draco aimait bien la façon dont Jedusor parlait. Il utilisait souvent des métaphores lorsqu’il était en sa présence et il les comprenait toujours parfaitement. Il fumait tranquillement se sentant à l’aise dans cet endroit, avec cet homme.

-Vous voulez qu’il quitte l’école ? demanda le blond au lieu de répondre à la question.

Jedusor grimaça. Il avait horreur lorsqu’on ne le laissait pas finir son argumentation.

-Je veux ce qu’il y a de mieux pour l’école, répondit-il gentiment. Mais peut-être n’es-tu pas d’accord ? Peut-être est-il ton ami ?

-Sûrement pas, répliqua Draco de sa voix traînante. Ce type m’horripile…

-Le problème, reprit Jedusor l’air de rien, c’est que le seul moyen de le faire partir c’est qu’il déroge au règlement…ce qui j’en suis sûr, doit lui arriver souvent. Le problème c’est que s’il n’est pas pris sur le fait, on ne peut pas prouver qu’il a enfreint les règles et donc on ne peut pas le renvoyer…

Il fixa Draco avec un léger sourire. Le blond gigota un peu sur sa chaise, finalement plus si à l’aise que ça. Il tira sur sa cigarette d’un geste nerveux. Il avait compris ce que le directeur adjoint attendait de lui. Le problème c’était qu’il ne pouvait pas faire virer Potter tant qu’il y avait les tests entre eux… C’était une expérience en cours et personne n’arrêtait une expérience en plein milieu. Il était forcé de finir.

-Je comprends, dit-il lentement, si jamais je vois quelque chose, je vous préviendrai…

-Merci Draco, je n’en attendais pas moins de toi. Je savais que tu aurais aussi la réputation de cette école à cœur.

-Pas du tout, répliqua le serpentard, je me moque de votre école. Il se trouve que vous voulez que Potter s’en aille et qu’il ne le veut pas. Ça me suffit amplement.

Jedusor parut un instant dérouté mais se reprit vite.

-Bien, sourit-il, tu restes souvent avec lui donc si tu vois quoique ce soit, informe-moi…

-D’accord.

Draco se leva, ouvrit la fenêtre, écrasa sa cigarette sur le mur extérieur et regarda le mégot qu’il venait de lâcher tomber dans la cours. Jouer les cafards pour Jedusor ne le dérangeait pas…mais il donnerait Potter lorsque les tests seraient terminés. Il lui avait promis son silence en échange de sa coopération pour l’expérience. Les promesses étaient faites pour être trahies. Et ne plus voir Potter dans l’école ne le gênerait sûrement pas une fois les tests finis, bien au contraire. Il referma la fenêtre, attrapa son sac et après un dernier signe de tête en direction du directeur adjoint, il se dirigea vers la sortie.

-Encore une chose, murmura Jedusor dans son dos. Arrange-toi pour que ça aille vite. J’ai beaucoup de choses plus importantes à faire cette année que de m’occuper de cette affaire.

-Bien, répondit Draco sans se retourner.

Il eut un sourire moqueur que l’homme ne put pas voir. Il irait juste à son rythme. Beaucoup d’expériences tournaient mal parce qu’on avait voulu sauter des étapes. Draco n’allait pas faire cette erreur. Il sortit du bureau et se demanda si Potter avait réussi son devoir de chimie.

°O°O°O°O°O°

Le jeudi était le jour où l’entraînement de basket était facultatif même si toute l’équipe y était tout le temps présente. Ce jour là, c’était Cédric qui s’occupait de l’entraînement, il faisait aussi le mardi parfois quand Bibine avait des réunions. C’était pour les joueurs, deux heures de récréation par rapport à une séance normale avec Bibine. Harry aimait lorsque, comme à présent, ils s’entraînaient en soirée. Le gymnase lui semblait alors comme un cocon par rapport au froid et à l’obscurité extérieur.

-Bien, s’exclama Cédric et sa voix raisonna dans tout le gymnase, une fois qu’ils eurent tous couru pendant dix minutes. On va commencer doucement. Mettez vous par deux, un qui dribble et l’autre en défense. Dès que vous avez perdu le ballon, vous échangez les rôles.

Ron donna alors un coup de coude à Harry et lui montra discrètement la porte d’entrée où se trouvait Draco Malfoy. Bientôt tous les joueurs eurent les yeux fixés sur lui.

-Qu’est ce qu’il fout là ? grogna Harry mais seul Ron l’avant entendu.

 

Il vit avec un  désespoir croissant Malfoy venir vers eux. Ne voulant pas que les autres surprennent la conversation qu’il allait avoir avec le blond – car il était évident pour Harry qu’il venait pour lui – il courut jusqu’à lui à l’autre bout du terrain.

Ron qui avait les yeux fixés sur son meilleur ami, sentit qu’on l’attrapait par la manche et se retourna.

-Allez Weasley, essaie de me dribbler, ordonna Marcus Flint avec un large sourire.

Ron plissa les yeux. Il n’aimait pas Flint. Il n’avait jamais parlé à personne, même pas à Harry, de l’antipathie qu’il éprouvait pour l’étudiant.

Flint était le fils d’un grand cardiologue et sa mère était une petite cousine de l’ancien président des Etats-Unis, ce que le jeune homme ne manquait jamais de préciser. Ron se moquait des origines de son coéquipier, en fait à Poudlard les seuls à faire attention à ce genre de choses étaient les gens venant du même milieu privilégié.

La grande majorité donc.

Mais les types comme Harry ou lui finissaient par être blasés de tous ces comtes, princesses, fils de politiciens ou d’acteurs célèbres. Et chez lui personne n’allait l’engueuler parce qu’il n’avait pas salué la fille d’il-ne-savait-qui ou le futur prétendant au trône d’il-ne-savait-où.

Ron avait un peu la naïveté de penser qu’ils étaient finalement tous égaux et il n’aimait pas Flint justement car ce dernier ne ratait jamais une occasion de lui prouver qu’il avait faux sur toute la ligne. Pour lui Ron Weasley ne serait jamais rien d’autre qu’un des nombreux fils d’un agent de mairie de Cheltenham, affecté aux espaces verts. Pourtant si Ron réussissait à devenir, ne serait-ce que la moitié de l’homme qu’était son père, il serait heureux. Son père était quelqu’un de bien et de juste et c’était finalement ça qui comptait.

Flint, contrairement à ce qu’il avait proposé plus tôt, se tenait là, en face de lui, sans même faire rebondir le ballon, les yeux rivés sur Harry Potter et le serpentard.

-Tu te bouges?! s’agaça Ron. Ou tu préfères attendre le déluge ?

Les yeux marron de Flint quittèrent enfin le fond de la salle pour se poser sur lui. Un rictus de dégoût était accroché aux lèvres de l’étudiant.

-On voit souvent Potter avec ce type en ce moment, annonça-t-il d’un ton qui laissait sous-entendre beaucoup de choses.

-Normal, il lui donne des cours de chimie. Allez joue !

Cette fois le rictus de Flint se transforma en un sourire mauvais.

-Me prends pas pour un con Weasley, tu sais mieux que moi qu’ils passent beaucoup de temps ensemble et pas que pour les cours de chimie. Je me demande à quoi joue Potter avec cette tapette…

-Qu’est ce que tu insinues Flint ?! grogna Ron.

La réflexion de Flint l’agaçait car tout ce qu’il avait dit était vrai. Harry passait beaucoup de temps avec ce Malfoy, inventant à chaque fois des excuses bidon pour justifier le fait de suivre le serpentard au moindre claquement de doigt.

-Je me suis souvent demandé pourquoi Potter ne sortait avec aucune fille avec le succès qu’il a, je crois que j’ai la réponse à présent. Tu devrais faire gaffe à ton cul, Weasley. Tu partages sa chambre après tout…

-Ta gueule ! siffla le rouquin irrité.

Il se retourna vers l’étrange duo au fond du gymnase. Harry et Malfoy semblaient en pleine discussion. Discussion qui n’avait pas vraiment l’air au goût de son meilleur ami si on prenait en compte ses grands gestes énervés. Puis d’un seul coup, Harry s’arrêta et figé, il regarda le serpentard qui était en train de desserrer sa cravate d’un geste nonchalant. Il fit l’effet à Ron d’un lapin tétanisé par la lumière des phares d’une voiture et il trouva cette image tellement gênante qu’il héla son ami d’un ton pressé.

Le son de sa voix raisonna dans tout le gymnase et bien entendu le blond se tourna aussi vers lui. Au moins Harry l’avait lâché des yeux.

En grommelant, Ron se dirigea vers eux. Il n’était pas homophobe mais que Flint insinue que Harry était gay, était insultant. Il connaissait le brun mieux que personne, bien mieux que Flint en tout cas ou que ce serpentard aristo qui semblait ne plus vouloir le lâcher.

-Harry, fit-il en arrivant vers eux, tu viens ? J’en ai marre de devoir me coltiner Flint.

 Le brun jeta un rapide coup d’œil nerveux en direction du blond, pas assez rapide cependant pour que Ron le loupe.

-Je ne peux pas, répondit-il avec un pauvre sourire, en fait, je dois partir là.

-Quoi ? Mais on a entraînement ! s’exclama Ron son regard ne cessant de passer de Harry gêné à Malfoy étrangement satisfait.

-Cédric ne dira rien, fit Harry.

-Il y a un problème c’est ça ? demanda le rouquin. Pourquoi dois-tu partir si brusquement ? Qu’est ce que ce type t’a dit ?

-Bizarre, commenta le blond d’une voix traînante, j’imaginais la mère de Potter avec plus de poitrine…

-Ta gueule ! s’exclamèrent Harry et Ron dans un bel ensemble qui fit simplement hausser les épaules au serpentard.

-Ecoute, reprit Harry plus doucement en s’adressant à son meilleur ami, je t’assure que tout va bien. Je te raconterai tout demain…

-Demain ? fit Ron d’une voix étranglée. Pourquoi pas ce soir ?

-Je ne dors pas ici ce soir mais chez Malfoy.

-Tu…Mais t’es cinglé, si on s’aperçoit que tu découches, tu vas te faire virer !

« Et qu’est ce que tu vas foutre chez l’autre taré !? » eut-il envie de rajouter mais il s’abstint de faire ce commentaire.

-C’est pour ça que je dois partir tout de suite, avant la fermeture des portes, ensuite je compte sur toi pour me couvrir, au cas où…Tu le feras ?

-Bien sûr, grommela Ron qui se serait coupé une main plutôt que de ne pas aider Harry. Mais juste, ne fais pas de connerie, ce type, je ne lui fais pas confiance.

Il désigna Malfoy du menton, il s’en moquait de parler devant le blond. De toute façon médire dans le dos des gens ce n’était pas son truc, il préférait cracher ses quatre vérités même si ça ne plaisait pas à tout le monde. Malfoy, lui se contenta de pousser un soupir d’ennui, apparemment il avait dû en entendre d’autres dans sa courte vie.

-Je ne lui fais pas confiance non plus, répondit Harry, ne t’inquiète pas je suis assez grand pour le gérer.

-C’est bon de se sentir aimé, commenta Draco et il s’attira deux regards noirs. Allez Potty, on a assez perdu de temps…Je te le ramène demain le rouquin, alors lâche lui la grappe veux-tu ?

Malfoy fit un sourire étrangement charmant à Ron, ce qui déstabilisa complètement les deux basketteurs qui ne trouvèrent, du coup, rien à répliquer. Et quand le blond s’en alla, Harry le suivit docilement.  

-J’ai cru que ton chien de garde n’allait jamais nous lâcher, lança Draco lorsqu’ils eurent traversé le parc et qu’ils furent dans le couloir qui menait à la chambre de Harry.

 -Insulte le encore une fois et je ne t’emmène pas à ta soirée, répliqua Harry énervé.

Le blond était venu pour lui demander de l’emmener à une stupide fête qui avait lieu ce soir, son chauffeur personnel ayant apparemment refusé de le faire. Et il était hors de question –pour d’obscures raisons- pour Malfoy de prendre un taxi. Il avait demandé à Harry s’il savait conduire et Harry avait dit oui. Bien sûr, il n’avait pas le permis, pas assez d’argent pour se le payer mais le blond ne semblait pas inquiété par ce détail.

Harry fit rapidement son sac pour la soirée. Il allait dormir chez Malfoy ce soir. Car Monsieur avait une villa à l’extérieur, l’internat n’était pas assez bien pour lui. Il aurait bien voulu se changer mais il n’avait pas le temps, il se changerait chez Malfoy, sa tenue de basket ferait l’affaire d’ici là.

Malfoy n’avait pas menti. Une voiture les attendait devant l’école. L’homme qui la conduisait lui jeta un regard étonné mais ne fit aucun commentaire.

-Sirius ne rentre pas avec nous ce soir, déclara le blond au chauffeur en s’installant à l’arrière de la voiture, il va à une lecture de poème avec un des professeurs, d’après ce que j’ai compris, il mange là bas.

-Bien Monsieur, répondit le chauffeur. Votre jeune ami vient avec nous ?

Draco sembla alors se rendre compte que Potter était resté sur le trottoir. Il poussa un soupir excédé.

-Il vient. Monte Potter, Dobby ne va pas te manger !

Draco n’avait pas vraiment pris le temps de réfléchir avant de mêler Potter à tout ça mais il ne voyait pas à qui d’autre il pouvait confier cette mission. Dobby l’avait pris au dépourvu en refusant de l’emmener ce soir chez  Andreï Karkarof, un type un peu plus vieux que lui dont le père était absent quelque temps. Le Russe faisait une fête ce soir, enfin tout les soirs de la semaine, mais c’était le seul soir pour Draco où Sirius n’allait pas être sur son dos. Dobby lui avait dit que son père refusait qu’il l’emmène chez Karkarof. Lucius avait dû être au courant, Draco ne savait comment, que là bas, il y venait souvent les plus gros dealers de la côte.

Il faut dire que Igor Karkarof, le père de Andreï, avait la réputation de faire affaire avec des fournisseurs de drogue, même si son truc apparemment restait les armes qu’il exportait gentiment d’Amérique jusqu’en Russie. Un type qui aimait son pays ce Karkarof…Draco retint un sourire froid.

Son père ne voulait sûrement pas que son fils soit vu avec ce genre de personne, même si lui avait été très ami dans le passé avec Igor…du temps où Karkarof restait quelqu’un de fréquentable. Draco pensait que c’était plutôt du temps où le russe n’était pas encore compromis, son père devait déjà savoir ce qu’il trafiquait, peut être qu’il l’avait aussi aidé dans ses affaires de poudre (blanche ou pas).

Mais Draco avait besoin justement de quoi planer un peu et là bas il était sûr de trouver des produits de qualité. Andreï aimait la qualité. Ce soir était donc l’occasion de se fournir pour un temps. Il avait décidé d’arrêter l’ecstasy mais en prendre de temps en temps n’allait pas lui faire de mal…Puis il n’en prendrait que quand il en aurait vraiment envie. Peut être même n’y toucherait-il pas…mais au moins il saurait que les pilules seraient tout près. Puis il lui fallait du haschich. Il avait moins de scrupules avec cette drogue et il en consommait déjà régulièrement. Le soir avant de s’endormir, il n’y avait rien de tel.

C’était à une de ces fêtes qu’il s’était drogué pour la première fois, il avait à peine treize ans à l’époque, et le même soir il avait eu aussi sa première expérience sexuelle avec une fille, complètement shootée elle aussi, qui devait presque avoir le double de son âge.  

Potter allait donc l’amener là bas, Draco lui avait déjà fait croire que c’était un test. Et comme ça, il obligeait le lycéen à sortir de l’école sans autorisation. Ça lui fera déjà un truc à dire à Jedusor le moment venu. Trois jours étaient passés depuis sa conversation avec le sous-directeur et Draco trouvait ça étrangement exaltant de détenir l’avenir de Potter entre ses mains. D’ici quelques mois, il laisserait Jedusor le virer mais avant ça, il allait détruire tout ce qu’il y avait de bon chez le balafré. 

O°O°O°O°O

Harry essaya de ne pas montrer ce qu’il ressentait en voyant la maison de Malfoy. Cela faisait à peine dix minutes qu’ils étaient arrivés et il lui semblait que quelque soit l’endroit où ses yeux se posaient, il voyait quelque chose de coûteux et de raffiné. Ce n’était pas tape à l’œil comme il aurait pu s’y attendre. En fait cette maison ressemblait beaucoup à l’apparence que Malfoy avait. Elle était propre, excessivement bien rangée,  meublée avec goût mais toujours avec des objets d’une très grande qualité, et donc, Harry supposait qu’ils devaient aussi être très chers. Cette maison allait très bien à Malfoy quand le croisait une fois en passant, sans vraiment le connaître.

Harry se demanda si la cave ou le grenier ressemblaient à un bric à brac de choses extravagantes, moitié éblouissantes, comme un trésor aussi précieux qu’intouchable, moitié dangereuses, avec des pièges quand on s’y attend le moins, et des rats morts qui traînent dans les coins. Si c’était le cas, mais il en doutait et de toute façon il n’irait pas vérifier, alors la maison serait vraiment comme Malfoy.

Le chauffeur était parti, après les avoir déposé. D’après Malfoy, il dormait dans un appartement de fonction à cinq minutes de là. Il écouta le blond s’adresser à une femme replète, aux cheveux grisonnants et au sourire facile. Il lui expliqua que Harry restait là pour la nuit. La femme –la cuisinière apparemment- semblait ravie, voir presque émue, que Malfoy est ramené un ami à la maison et s’empressa d’aller préparer sa chambre, comme si elle avait peur que le serpentard ne change d’avis et jette finalement Harry dehors.

Harry l’arrêta en disant qu’il allait le faire, personne n’avait jamais fait son lit et ça le gênait incroyablement mais la cuisinière, l’envoya dans le salon avec un verre de lait dans la main et des biscuits faits maison dans la bouche. Apparemment, elle le prenait pour un gamin de cinq ans et Harry s’en serait bien offusqué si les gâteaux n’avaient pas été si bons. Malfoy avait décidemment bien de la chance.

Une fois la femme partie à l’étage le blond le toisa froidement.

-Tu es très fort, siffla-t-il. Un sourire et ils sont tous à tes pieds, n’est-ce pas ?

-De quoi parles-tu ? demanda Harry soudainement très fatigué par tout cela.

-De toi et de ta façon de manipuler les gens !

Ce fut nerveux et irrépressible, après une telle accusation Harry ne put que rire, ce qui sembla fortement déplaire au serpentard.

-Bon dieu Malfoy, c’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité, dit-il enfin lorsqu’il eut fini de rire. La seule personne qui manipule son monde dans cette pièce c’est toi. N’échange pas nos rôles, veux-tu ? Ne me fais pas passer pour le méchant de l’histoire.

-Le méchant de l’histoire ? Tu t’es cru dans une mauvais soap-opéra, j’ai l’impression ou alors c’est que tu as pris la grosse tête. Tu n’es le héros de personne Potter, même si tu t’y crois vraiment, même si la plupart des gens de Poudlard te portent aux nues. Tu es juste un gamin de dix-sept ans qui essaie de se faire une place dans un monde qui n’est pas le sien. Tu vas tomber de très haut, petit idiot !

-C’est une menace ? gronda Harry. N’oublie pas que tu as promis de garder le silence en échange de ma participation à ton expérience stupide ! Tu ne dois pas interférer entre mon avenir de basketteur et moi !

Malfoy eut alors un sourire inquiétant qui fit pâlir Harry.

-Malfoy…, commença-t-il pris d’un doute affreux.

-Va-te laver Potter, le coupa le blond, tu pues la sueur et si j’ai supporté ça durant le trajet, je crains qu’au repas, cela ait juste pour effet de me couper l’appétit.

-Si ça te dérangeait tant que ça, tu n’avais qu’à me laisser à Poudlard, je me serais vite lavé, ne t’inquiète pas, ta présence me donne toujours envie de prendre des douches !

Il y eu un instant de flottement entre les deux garçons avant que Harry ne comprenne que ça phrase pouvait être mal interprétée.

-…Tu pollues mon air ! cru-t-il bon de rajouter, mais ça devait être inutile, apparemment Malfoy n’avait pas mal compris sa dernière phrase.

Cela avait du bon parfois, le fait qu’il soit à côté de la plaque.

-Dégage, répondit simplement le blond, sans réelle méchanceté et lui-même monta à l’étage. Harry ne l’aperçut plus avant le repas.

Il avait eut le temps de se lavait, s’habiller pour la soirée, simple jean bleu et pull noir à col roulé près du corps. Il avait remis ses lunettes rondes, pas moyen de mettre ses belles lunettes pour une sortie et ses baskets usées. Il avait aussi révisé pour son prochain devoir d’histoire, ne s’était pas trop attardé sur le huit sur vingt qu’il avait eu en chimie. Il n’avait pas encore osé en parler au blond, sachant déjà que ça allait être sa fête. L’air de rien, se disputer sans cesse avec quelqu’un était fatiguant parfois, surtout que depuis quelques temps, il était souvent avec Malfoy, pour sa stupide expérience.

Il avait l’impression que le serpentard ne quittait plus ses pensées et il était sans arrêt sur ses gardes.

Ce fut la cuisinière qui l’appela pour le dîner, elle semblait un peu déçue qu’il ne se trouve pas avec Malfoy. Et pour la première fois Harry se demanda où se trouvaient les parents du blond.

Tout en suivant la cuisinière –Appelez-moi Winkie, lui avait-elle dit d’un ton sans appel,  il aperçut un portrait de famille dans le couloir. Il n’y avait pas fait attention tout à l’heure, il venait de sortir d’une dispute avec Malfoy. Dans ses cas là, il lui fallait toujours un petit moment avant de revenir sur terre. Il ne savait pas que peindre des portraits de famille se faisait encore, en tout cas, il était évident qu’il s’agissait de Malfoy et de ses parents.  

Il ne devait pas avoir plus de dix ans et posait entre ses deux parents,  presque aussi blonds que lui. La femme était très belle, portait une jolie robe bleue et souriait avec douceur, L’homme, lui, se tenait bien droit, une canne à tête de serpent, reposait dans sa main gauche, il avait les cheveux aussi long que ceux de sa femme mais aussi lisses que ceux d’une asiatique. Ses yeux bleus semblaient francs et son sourire léger. Ils formaient vraiment un beau couple, un peu comme dans les contes de fée.

Mais il y avait le gamin entre eux, parfait représentant de l’enfant qu’on attendrait d’un tel couple, si ce n’est son regard. C’était tout sauf un regard de gosse ça, il se demanda si c’était une erreur du peintre ou si Malfoy avait déjà des yeux si graves en étant si petit. Et le sourire qu’avait le serpentard sur cette peinture au lieu d’atténuer cette impression, la renforçait au contraire. Le Malfoy gamin semblait encore plus étrange que celui d’aujourd’hui.

Il s’arracha finalement à la contemplation de la peinture avec l’envie insolite d’y aller plus en douceur avec le blond et d’essayer pour un soir de ne pas trop se disputer avec lui.

Malfoy aussi s’était changé, c’était étrange de le voir sans l’uniforme de Poudlard. Il restait cependant d’une classe folle même si Harry ne l’aurait admipour rien au monde. Il se demandait néanmoins si le pantalon à pince et le pull en cachemire était une bonne idée pour aller faire la fête près de la plage. Mais la tenue sombre du serpentard lui donnait quelques années de plus, le contraste avec sa peau et ses cheveux pâles firent un drôle d’effet dans le ventre de Harry, comme si un petit tourbillon de chaleur venait d’y naître.

 Ils restèrent un moment à se dévisager sans rien dire. A vrai dire, la façon que Malfoy avait de le regarder mettait Harry mal à l’aise. Il se rappela alors que le blond était gay, plus ou moins, d’après ce qu’il avait compris, ou bi…il n’en savait rien en fait, mais ce qui était clair, c’était qu’il n’était pas net. Et si toute cette histoire de fête n’était qu’une excuse ? S’il l’avait amené à l’écart de tout pour le séduire ?

Harry repoussa ses lunettes sur son nez et leva le menton d’un air combatif. L’attitude de Malfoy changea immédiatement et ses yeux gris redevinrent simplement à la fois glacés et impassible. Harry se trouva ridicule, il fallait qu’il se calme et qu’il arrête une fois pour toutes d’imaginer que Malfoy voulait coucher avec lui, à croire qu’il n’attendait que ça ! Malfoy avait toujours été exécrable avec lui, pas du tout l’attitude d’une personne qui veut avoir des relations sexuelles avec une autre. Le blond préférerait sûrement se pendre plutôt que de le toucher…et c’était réciproque ! Encore heureux !

Harry essaya de penser à Cho Chang, de se rappeler ce qui lui plaisait chez elle tout en s’installant à table. Elle était jolie, il était amoureux d’elle…ou presque. Pas d’un amour fou, mais en d’autres circonstances, il aurait pu l’aimer beaucoup plus, si elle n’était pas prise…si elle…Malfoy se servait silencieusement de la salade et Harry qui le regardait ne pensa plus à Cho.

-Tes parents ne mangent pas avec nous ? demanda-t-il essayant d’engager une conversation polie.

Il reçut un coup d’œil froid.

-Mon père est en voyage d’affaire, d’habitude mon cousin Sirius mange avec moi mais ce soir il est absent…

-Tes parents sont divorcés ? Interrogea Harry en repensant à la belle femme du portrait. Draco avait la même forme d’yeux qu’elle, légèrement en amande à part ça il ressemblait plus à son père, même s’il avait le visage plus pointu que lui.

-Non.

Le non avait été dit sèchement et Harry comprit qu’il avait fait une gaffe.

-Désolé, murmura-t-il étonné que lui ai pu faire une telle bourde. J’ignorais qu’elle ét…

-Epargne ta salive, ma mère est en vie. Ne prends pas ton cas pour une généralité.

-Comment… ?

-Goyle me l’a dit. Je suppose que c’est ce qui explique ta lamentable éducation. J’espère en tout cas que tu conduis mieux que ton père.

-Je ne te permets pas ! s’exclama Harry rouge de rage en se levant.

Draco resta très calme et se resservit du gratin de courgette tranquillement.

-Je me permets tout seul Potty. Ne parle pas de mes parents et je ne parlerai pas des tiens. Manger à ma table ne te donne pas le droit de t’intéresser à ma vie. Nous ne serons jamais amis et dans cette optique, moins tu en sauras sur moi et mieux ça sera.

-Tu es un salopard ! siffla Harry toujours debout mais ses yeux le piquaient étrangement.

-Ne fais pas l’enfant, une histoire aussi vieille ne devrait plus te toucher. Tu es vraiment faible. Tu veux devenir célèbre mais pour cela il faut avoir un minimum de force et de self contrôle…Le monde dans lequel tu veux nager est infesté de requins, il y a les journalistes prêts à tout, les autres sportifs jaloux, les avocats et agents sportifs véreux, le public au cœur aussi vagabond et instable qu’une troupe de bohémiens. Tu n’as pas les épaules pour ce monde.

-ça ne m’étonne pas que tu voies le monde ainsi, fit Harry en se rasseyant, d’une voix aussi calme que celle du blond. Tu n’as pas ce qu’il faut pour y voir le bon côté. Je te plains sincèrement.

-Ne t’en fais pas pour moi, fit Draco amusé, quand tu auras fini de manger, je te montrerai la voiture et on partira.

°O°O°O°O°O°

Harry ne conduisait vraiment pas vite…il se faisait même klaxonner régulièrement par des conducteurs énervés par sa lenteur.

Il faut dire que c’était une chose de conduire la vieille berline du père de Ron sur les chemins plus ou moins goudronnés du petit village campagnard où la famille Weasley avait élu domicile et une autre d’avoir entre les mains une des dernières des Aston Martin : la V8 Vandage cabriolet.

Il essayait de ne pas penser au prix de cette voiture et surtout au coût des réparations si jamais il avait un accident. Alors oui, il roulait doucement, très doucement et ses mains moites étaient peut être un peu crispées sur le volant mais paraître ridicule était en ce moment sa dernière préoccupation.

Il ne comprenait toujours pas pourquoi Malfoy lui avait demandé de conduire alors qu’il n’avait pas non plus le permis. Il aurait pu le passer cet été en Angleterre puisqu’il avait eu ses 17 ans à la fin du mois de juillet mais il n’avait pas encore les moyens pour se le payer…Malfoy était de la même année que lui…et n’avait pas de problème d’argent. Alors pourquoi n’avait-il pas passé son permis ? Il lui avait pourtant dit qu’il savait conduire…Et pourquoi aussi refusait-il de conduire sans permis et voulait en même temps que Harry le fasse ? C’était incompréhensible pour le lycéen.

Sûrement un autre test bizarre du serpentard. Et si il se faisait chopper par les flics en train de rouler sans permis, il irait tout droit en prison et sans passer par la case départ…et même si Malfoy lui avait promis qu’il le sortirait de là, Harry était loin d’avoir confiance.

-ça sera à droite après le feu, murmura Draco à côté de lui, les yeux fermés.

Apparemment impassible.

Harry ne voyait aucun feu mais se garda bien de faire une remarque. Il eut raison car trois cent mètre plus loin, au détour d’un virage le fameux feu était là.

-Tu vas souvent là bas ? demanda-t-il pour dire quelque chose tout en s’arrêtant au rouge.

-Oui de temps en temps.

-Et tu te souviens du chemin les yeux fermés ? s’étonna Harry qui lui ne savait même plus par où ils étaient passés, il y avait dix minutes de ça.

-Bien sûr, siffla presque le serpentard les yeux clos.

Harry remarqua qu’il n’avait pas l’air très à l’aise. On aurait presque dit qu’il pouvait tomber malade d’une minute à l’autre. Il se demanda s’il conduisait aussi mal que ça.

Le feu passa au vert, interrompant ses pensées et Harry cala avant de pousser un juron.

-ça fait la cinquième fois que tu cales, annonça Malfoy.

-Merci, cingla Harry, je sais compter aussi !

Malfoy lui avait fait le même coup pour toutes les autres fois. A croire qu’il n’avait que ça à faire : compter le nombre de fois qu’il faisait caler le moteur. Un peu brusquement il redémarra, alors qu’une voiture derrière lui commençait à klaxonner…et il cala immédiatement après, ayant encore une fois mal passé la vitesse.

-ça fait six fois que tu cales, fit la voix traînante de Malfoy.

Harry pensa alors qu’il ne lui suffirait que d’une fois pour étrangler proprement le maître des statistiques. Il redémarra en trombe, usant bien un litre d’essence mais ça c’était le cadet de ses soucis.

Le voyage fut donc éprouvant pour Harry. Et il fut content de s’arrêter devant une villa à deux pas de la mer. Draco avait comptabilisé un total de neuf calages, vingt-huit jurons, et n’avait vu que trois regards noir mais comme il avait fermé les yeux durant la plus grande partie du trajet, il supposa qu’il devait y en avoir plus. Il n’osa cependant pas en demander le nombre exact à Potter.

Il devait être déjà près de minuit et pas mal de voitures étaient garées devant la villa.

-Tu viens ? demanda Draco à Harry, tout en attrapant sa veste aussi élégante et noire que le reste de sa tenue.

-Je préfère rester ici, grogna Potter.

-Hors de question, fit le serpentard, c’est un test Potter, dois-je te le rappeler ?

-Passer la soirée avec des gosses de riches prétentieux ne me rend pas particulièrement motivé Malfoy.

-Dis toi que je t’offre une occasion de faire connaissance avec le grand monde ! Allez, bouge-toi un peu.

Harry soupira et sortit finalement de la voiture. Il suivit Malfoy en traînant des pieds. Croisa une bonne dizaine de personne dans la cours qui devaient avoir un peu plus de vingt ans et qui le regardaient d’un air qu’il jugea méprisant. Il se tendit avant de se rendre compte que c’était en fait Malfoy qu’ils regardaient comme ça. Cela le choqua un peu surtout que le blond ne semblait pas s’apercevoir de l’accueil assez froid qui lui était réservé.

Dans la maison, il y avait beaucoup de monde et une musique assourdissante. Pour un peu il se serait cru dans une série télévisée où les jeunes font une méga-fiesta dans la maison de leurs parents.

Fiesta qui tourne souvent mal parce que la morale américaine trouve que ce n’est vraiment pas bien de mentir à ses parents et de faire les cons dans leur dos. Alors souvent il y a les flics qui arrivent pour tapage nocturne, ou un bibelot précieux qui appartient à la brave mère de famille est cassé et c’est le drame, ou encore une jeune fille boit et boit encore et se fait violer dans la chambre des parents...

Harry se demanda si cette fête aussi allait mal tourner avant de se rappeler qu’il n’était pas dans une série pour adolescent et que tout se passerait bien.

Il avait tort.

Plus de deux heures plus tard, il somnolait tranquillement sur un canapé, essayant de ne pas faire attention au couple à côté de lui qui se visitait joyeusement les amygdales. Même la musique ne le gênait plus, c’est dire si l’ennui et la fatigue avaient finalement eu raison de lui. Malfoy avait disparu assez vite de sa vue et Harry n’avait pas cherché à le retrouver.

Il s’était trouvé une place sur un des canapé et n’en avait plus bougé, à part une fois pour se servir une bière parce qu’il avait soif et ça semblait la seule boisson disponible dans le coin. L’alcool n’était pas son truc alors il n’en avait pris qu’une. Il n’oubliait pas qu’il devait conduire au retour et qu’il avait déjà du mal à maîtriser la voiture…

Il se moquait un peu de ce que pouvait bien faire Malfoy mais il espérait qu’il allait vite revenir pour qu’il puisse enfin aller se coucher. Il ne savait pas du tout ce que le blond attendait de lui pour ce test…en fait il avait l’impression que le test n’avait été cette fois ci qu’une excuse. Le serpentard avait voulu aller à une fête où il ne faisait pas l’unanimité et il n’avait tout simplement pas voulu s’y rendre seul. Allez savoir pourquoi il lui avait demandé de venir…ou alors c’était vraiment pour le faire chier. Cette troisième option lui semblait de plus en plus vraisemblable à mesure que les minutes s’écoulaient. Et puis comment savoir ce qui pouvait bien se passer dans cette petite tête de blond ?

Harry en était là dans ses observations lorsqu’il leva la tête pour la poser sur le dossier du canapé et vit du coin de l’œil Malfoy qui venait vers lui accompagné de deux types. Il comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas, ce qui stoppa net son soulagement de revoir le serpentard.

Malfoy était au milieu des deux types qu’il tenait tous les deux par la taille. Un bras pour le brun et un autre pour le roux…comme s’il s’agissait de ses meilleurs amis. Et il riait.

Il riait et cela déstabilisa un instant Harry, le réveillant tout à fait. C’était la première fois qu’il le voyait rire. Il l’avait déjà entendu ricaner une fois ou deux et à chaque fois c’était pour appuyer une de ses insultes à son encontre…mais Malfoy ne riait jamais.

C’était ce qu’il faisait pourtant en ce moment même. Harry pouvait voir ses dents blanches parfaitement alignées et il réussit même à voir qu’une de ses canines était légèrement pointue. Seule fausse note à cette dentition parfaite et cela le troubla au plus haut point. Et puis il y avait le son…non, le bruit que faisait Malfoy. Un rire qui partait et revenait dans sa gorge comme une vague chaude et amusante. Et il avait les yeux qui brillaient anormalement et qui venaient de se poser sur lui.

Au même moment son rire cessa et Harry se sentit tout de suite mieux. Surprendre Malfoy avec un tel sourire aurait déstabilisé n’importe qui, Harry en était sûr alors il se reprit vite. Ce n’était pas le fait de voir Malfoy rire qui était inquiétant –quoique-, non c’était la façon dont il tenait les deux garçons. Harry venait juste de s’en rendre compte mais en le voyant si proche de ces deux types ça lui sauta aux yeux.

En temps normal, jamais Malfoy n’aurait été en contact avec ces mecs. Il maintenait toujours une sorte de distance de sécurité entre lui et les autres. Même avec les autres serpentards…Harry venait de le comprendre. Il n’aimait pas qu’on le touche. Oh bien sûr, il s’était déjà approché de lui pour lui enlever ses lunettes, ou pour murmurer des conneries à son oreille –comme la fois où il lui avait proposé une fellation- mais c’était toujours pour donner un effet « dramatique » à ses paroles.

Comme un comédien qui se met en scène, ses instants là étaient calculés par Malfoy. Mais il n’aimait pas qu’on le touche, Harry le savait et ce n’est que maintenant qu’il le voyait si proche de quelqu’un d’autre qu’il s’en rendait compte. Et il se souvint en même temps de la seule fois où Malfoy l’avait vraiment touché, lorsqu’il avait cogné leurs fronts l’un contre l’autre. Cette fois là Malfoy était shooté à il-ne-savait-trop-quoi et il semblerait qu’à présent cela soit pareil.

Cela glaça Harry, il n’avait pas envie d’avoir vu juste. Mais le brun à la gauche du blond sembla lui donner raison quand il demanda assez fort à Malfoy s’il avait eu sa dose et s’il ne voulait pas qu’il lui fournisse un peu plus de marchandise pour son petit copain. En disant cela il pointa Harry du menton.

Draco sembla se crisper entre ses deux « amis » mais il ne se dégagea pas de leur étreinte.

-Il ne prend rien, dit-il sèchement en se tournant vers celui qui avait posé la question et dans ses yeux gris il n’y avait plus aucun éclat amusé.

Il y avait une vraie menace dans ces quelques mots que même Harry capta et il fut intrigué de voir que Malfoy semblait s’intéresser à son intégrité vis-à-vis des drogues. Pas qu’il eut besoin de lui pour le chaperonner mais il imaginait plutôt que Malfoy aurait dit aux types de se débrouiller avec lui tous seuls. Le rouquin devait trouver l’ambiance un peu trop refroidie à son goût, puisque après une seconde d’hésitation, il attrapa le menton de Draco et enfourna sa langue dans la bouche du serpentard. Harry écarquilla les yeux, sous le choc. Autour d’eux, les discussions s’étaient interrompues un bref instant et Harry sentit que l’ambiance de la fête venait de changer radicalement.

Le couple qui s’embrassait près de lui sur le canapé avait cessé son activité et regardait la scène avec un dégoût certain. Les discussions avaient repris mais les gens s’étaient légèrement éloignés, comme s’ils voulaient bien montrer qu’ils n’approuvaient pas le spectacle qu’étaient en train de donner l’aristocrate blond et ses deux fournisseurs.

Harry, lui, avait du mal à détourner les yeux, il se sentait aussi dégoûté que les autres par ce qu’il voyait. Malfoy et le type s’embrassaient à pleine bouche et le second gars, apparemment allumé par la scène, était derrière le serpentard et lui léchait le cou tout en le tripotant d’une manière de plus en plus appuyée.  Il frissonna, il aurait aimé ne pas voir une chose pareille, sans qu’il sache vraiment pourquoi une colère sourde monta en lui et se dirigea toute entière vers une seule et même personne.

-Malfoy, murmura celui qui était derrière Draco, tu crois que ça plairait à ton copain de se joindre à nous ?

Malfoy ne sembla pas réagir tout de suite, mais le brun se détacha de lui et regarda Harry attentivement.

-Oh oui, il est mignon, susurra-t-il en s’approchant du lycéen pétrifié.

-Non, murmura Draco sans trop de conviction comme hypnotisé par la petite scène entre son copain et Harry. NON ! cria-t-il plus fort, mais c’était trop tard.

L’autre s’était penché sur Harry et l’avait attrapé par la nuque avant de poser brutalement ses lèvres sur celles du basketteur.

Après ça tout se passa très vite, Harry se tendit brusquement sortant de sa pétrification et repoussa violement le garçon qui en tomba sur les fesses. Il se leva prestement du canapé, s’essuya la bouche et se dirigea vers la sortie en jetant un regard haineux au serpentard.

Le baiser n’avait pas duré longtemps et il avait juste été question de lèvres appuyées sur les siennes, dieu merci rien n’était rentré dans sa bouche mais cela avait été suffisant pour savoir que Harry avait eu sa dose pour la soirée.

Il n’aurait jamais dû suivre l’autre taré ! Cette sortie était une mauvaise idée ! Malfoy avait encore gravement déconné !

Il traversa le hall, la cours et se retrouva vite devant la voiture. Il avait toujours les clés sur lui.

-Potter !

Harry se retourna, serrant les poings, cette voix traînante il la maudissait. Malfoy était là, juste à un mètre de lui. Il semblait un peu gêné, et Harry pensa qu’il y avait effectivement de quoi. Soudainement, il fut fatigué de tout ça. De cette soirée qui était un vrai gâchis, de Malfoy qui l’entraînait dans des histoires impossibles, il voulait rentrer et se coucher.

-On rentre ! siffla-t-il.

-T’énerve pas, fit le blond de sa voix traînante, ce n’était rien qu’un pauvre baiser…Pas de quoi piquer une crise…

Harry écarquilla les yeux, sentant la colère revenir au centuple. Au lieu de s’excuser ou juste d’avoir le tact de ne pas remettre cette histoire sur le tapis, Malfoy osait lui affirmer que ce n’était rien. Il était là, en face de lui, les mains dans les poches, plein d’une tranquillité agaçante.

Harry eut envie de le frapper. Alors ce n’était rien ! Pas de quoi piquer une crise ! Se faire embrasser de force et pas de quoi piquer une crise !!!

Il s’avança vivement sur Malfoy, il allait lui montrer que ça n’avait rien de drôle ! Oui il allait lui montrer !

Plein de colère et de rancœur, il attrapa le blond par les épaules et appuya ses lèvres contre les siennes pour lui faire payer. Ce contact dura à peine plus longtemps que celui qu’il avait eu avec l’autre type, il se recula, le cœur battant à tout rompre, se demandant ce qu’il venait au juste de faire.

Il voulait se détacher de Malfoy, mais le blond le retenait par la nuque. Il resta un instant là, à contempler les yeux gris qui ne le lâchaient pas et dans un tremblement, Harry attrapa de nouveau ses lèvres et ferma les yeux. Cette fois la sensation qui le traversa n’avait plus rien à voir avec la colère. Il venait d’oublier pourquoi il était là, dans ce parking au milieu de la nuit. Il venait d’oublier que Malfoy était un garçon.

Il pouvait juste penser que c’était bon, que personne ne l’avait embrassé comme ça malgré l’étrange goût acre de fumée que la bouche de Malfoy dégageait. Il sentit son corps devenir cotonneux lorsqu’une langue vint paresseusement caresser la sienne.  Un peu violement, il attrapa les cheveux de Malfoy et tira dessus plus doucement pour détacher leurs lèvres.

Il croisa les yeux à moitié fermés et voilés de désir du serpentard et ne put s’empêcher de mordre à nouveau dans les lèvres déjà rouges d’avoir été trop embrassées et pas que par lui. Un grognement sourd sortit de sa gorge au moment où il repensait aux baisers que Malfoy avait échangé avec les deux types mais il effaça vite cette image lorsque le blond suça sa langue d’une façon qui alluma un brasier dans son bas ventre.

Ce désir aussi soudain que violent eut au moins le mérite de le faire revenir sur terre. Il bondit presque hors des bras du serpentard en même temps qu’il comprenait ce qu’il venait de se passer.

Il eut peur. Affreusement peur. Malfoy était un putain de mec. Malfoy l’avait embrassé ! Il avait sucé sa langue !

-Po…

Harry ne laissa pas le serpentard finir sa phrase, il lui envoya son poing dans la figure.

-NE ME TOUCHE PAS, SALE TAPETTE! hurla-t-il soulagé que Malfoy soit trop sonné pour répliquer quoique ce soit.

Il courut jusqu’à la voiture, monta dedans et démarra immédiatement. Tout en reculant, il avait les yeux rivés sur le visage pâle de Malfoy, qui le regardait, encore choqué, une main sur la joue.

Bordel de merde, il l’avait embrassé !

Il fit crisser les pneus de la voiture et s’en alla rapidement en faisant vrombir le moteur.

Il roula pendant cinq cent mètres environ, les mains crispées sur le volant, incapable de se calmer et au moment de changer de vitesse après un stop, il cala. Il resta là, le front posé sur le volant, il pensa que Malfoy n’était pas là pour comptabiliser ce nouvel exploit et un rire nerveux s’échappa de sa gorge. Il venait de se comporter comme un beau salop mais il ne voulait pas penser à ça. Il avait accusé Malfoy de l’avoir embrassé mais ce n’était pas véritablement ce qu’il s’était passé. C’était lui qui… mais il ne voulait surtout pas penser à ça non plus.

Il revoyait juste le visage de Malfoy lorsqu’il l’avait laissé tout seul sur le parking un peu plus tôt. Le blond qui ne voulait pas appeler un taxi…Est-ce qu’il allait demander à quelqu’un d’autre de le ramener ? Et qui accepterait de toute façon ? Personne à la fête n’avait l’air de bien l’apprécier…à part les deux connards. Malfoy n’était pas dans son état normal et les autres allaient en profiter pour le tripoter ou pire encore…et Malfoy n’aimait pas qu’on le touche. Il n’aimait pas ça !

Et toi alors qu’as tu fais ? demanda insidieusement une petite voix dans sa tête.

 Harry se secoua. Malfoy était assez grand pour se débrouiller tout seul. Il se fichait complètement de lui mais il ne pouvait de toute façon pas reconnaître le chemin du retour sans le blond. Et puis même s’il arrivait à trouver Poudlard, il ne pourrait pas rentrer avant le matin…et chez Malfoy un lit l’attendait. C’était mieux que de dormir dans une voiture.

Avec un soupir, Harry remit le contact et fit demi-tour.

La drogue qu’il avait consommée rendait son esprit plus long à la détente. Il n’avait même pas réagi quand Potter l’avait frappé. Il aurait dû le frapper aussi ou l’insulter. Draco trembla dans la nuit, la drogue n’était qu’une excuse. La vérité c’est qu’il avait été trop sous le choc du baiser qu’il venait d’échanger avec Potter pour répliquer quoi que ce soit à son soudain accès de violence.

Il ne comprenait pas pourquoi il avait répondu aussi passionnément au baiser de Potter. Il ne savait pas non plus ce qu’il avait pris au lycéen de faire ça. Il se souvenait de la monture des lunettes de Potter qui s’enfonçait dans sa joue mais si ça n’était pas pratique ça ne faisait pas mal –pas comme son sale coup de poing, pas comme ses insultes- et puis il avait été trop occupé à  ravir ses lèvres pour seulement songer à lui enlever ses lunettes.

Il ne fut pas étonné de voir la voiture revenir, Potter malgré ses nombreux défauts, n’abandonnait pas les gens au milieu de nulle part. Cependant, le voir revenir, ne le rendait pas fou de joie. Il n’était pas très performant avec les relations humaines mais pas encore assez à côté de la plaque pour ne pas comprendre que cette fois, ils étaient allés trop loin.

Il savait aussi, et s’en félicitait, que lui avait une excuse pour tout ça, il avait pris de l’ecstasy et deux cachets, s’il vous plait, plus deux joints, assez pour se sentir complètement désinhibé. Assez pour savoir qu’il n’était pas dans son état normal et que Potter lui l’était. Potter n’avait aucune excuse.

Petit hétéro voulait peut-être satisfaire sa curiosité ? Tiens et si j’embrassais un type que je déteste ? Et si je lui faisais tourner la tête ? Ah non ça c’était à cause des drogues…Même si avec Mark et Jason ça n’avait pas du tout cet effet là. Draco haussa les épaules et se dirigea vers la voiture qui venait de s’arrêter.

Pas un mot n’avait été échangé. Enfin si, il y avait les indications de Draco sur le chemin à prendre. Harry avait une boule dans la gorge, il se sentait de plus en plus mal au fur et à mesure qu’il avait le recul nécessaire pour analyser ce qu’il s’était vraiment passé.

Il était en tort, il le savait mais il n’arrivait pas à présenter ses excuses. Ça restait bloqué sans sa gorge. Et puis dès qu’il jetait des rapides coups d’œil sur Malfoy, le blond semblait toujours perdu dans ses propres pensées et donnait le chemin comme s’il était sur pilote automatique. Parfois aussi, quand il était à un feu, le regard de Harry s’attardait sur les lèvres de Malfoy. C’était étrange de se dire qu’il connaissait leur texture. Qu’il connaissait le goût de la bouche de Malfoy. Qu’il savait ce que sa langue était capable de faire. Qu’il était au courant finalement que le serpentard embrassait bien. C’était une information qu’il n’aurait jamais du avoir. Qu’est ce qu’il lui avait pris bon sang ?

Non, il ne pouvait pas s’excuser. Ça serait remettre trop de choses en question. Tout ça n’était qu’une regrettable erreur. Ce n’était qu’un baiser après tout, pas de quoi en faire une montagne. Pas de quoi se prendre la tête…

Les yeux gris se levèrent sur lui, durs et glacés.

-Le feu est vert, annonça Malfoy le sortant de sa torpeur.

-Désolé, marmonna Harry en démarrant et ce fut la seule excuse qu’il put sortir de la soirée mais ça aurait très bien pu être en rapport avec la lenteur dont il venait de faire preuve pour démarrer la voiture au feu.

Draco se sentait mal. La redescente se passait parfois bien, d’autres fois moins. Ce soir allait sans doute être du côté du moins bien. Il voulait juste être dans sa chambre avant que Potter ne voie ça. L’effet euphorique de l’ecstasy commençait à se dissiper, laissant derrière lui un voile noir dans lequel l’esprit de Malfoy allait s’emmitoufler sans tarder.

-On est arrivé, murmura Harry en éteignant le contact devant la grande villa des Malfoy.

Il jeta un coup d’œil inquiet au blond qui semblait plus pâle que d’habitude, si ce n’était l’hématome rouge sur sa pommette droite à l’endroit où il avait frappé et qu’il tremblait sur son fauteuil. Il y avait pourtant le chauffage dans la voiture.

-ça va ? demanda-t-il en faisant un geste pour toucher son épaule et en détournant le regard de la joue tuméfiée du blond.

-Ne me touche pas ! sursauta le blond en se tassant du côté de sa portière. Tu sais où est ta chambre, non ? Alors dégage !

L’inquiétude de Harry augmenta d’un cran. Le Malfoy joyeux –ou ce qui pouvait le plus se rapprocher d’un Malfoy joyeux- venait de faire place à un autre craintif et hargneux. Même s’il n’avait aucune expérience pour ses choses là, il n’était pas assez stupide pour ne pas comprendre que Malfoy agissait encore sous les effets de la drogue…mauvais ceux là apparemment.

-Dra..Malfoy ? Tu es malade ? Je peux faire quelque chose ?

Le blond eut un ricanement mauvais.

-Potter…Le petit héros qui veut sauver tout le monde. Même moi…Je vais t’annoncer quelque chose Potty. Je n’ai pas besoin d’être sauvé. Je sais comment gérer ça. Je n’ai pas eu besoin de toi les autres fois alors cette fois-ci ne fera pas exception.

-Est-ce que tu tiens seulement debout ?! fit Harry un peu sèchement.

L’étrange déception qu’il éprouvait envers le serpentard le rendait dur alors qu’il aurait juste voulut être indifférent.

Pour toute réponse, Draco ouvrit la portière, sortit et d’un pas hésitant alla juste devant la porte d’entrée.

-Satisfait ? demanda-t-il au bout d’un moment de sa voix traînante qui suintait le mépris.

-Pourquoi fais-tu ça ? fit Harry sans pouvoir s’en empêcher.

Pour lui Malfoy avait tout. Une belle maison, une famille, des amis, un avenir facile…de l’argent. Et avec cette vie parfaite il éprouvait le besoin de se détruire…ou tout de moins de s’enfuir dans des paradis artificiels, mettant au péril sa santé et son esprit dont il était pourtant si fier. Harry n’arrivait pas à comprendre ça et encore moins à l’accepter.

-Va dormir, le balafré. Tu sauveras des jolies princesses dans tes rêves ou tu gagneras la coupe du monde de basket…Qu’est ce que j’en sais ? Je sais juste que je n’y serais pas donc pas la peine de faire ton gentil garçon. Il y a une chose que j’apprécie chez toi, c’est ta franchise. Alors je t’en prie, cesse ton petit numéro. Laisse moi tranquille…

Le ton de Malfoy d’insolent au début, s’était fait presque suppliant sur sa dernière phrase ce qui acheva de perturber Harry.

-D’accord, murmura-t-il un peu effrayé mais sans savoir pourquoi exactement, je vais te laisser. Tu sais où me trouver si ça ne va pas…

Malfoy ne répondit rien, ouvrit la porte et s’engouffra dans sa maison plongée dans l’ombre. Harry resta un instant sur le pas de la porte, le regardant disparaître dans le noir, sentant une peur aussi atroce qu’incongrue le prendre à la gorge. Cela lui coupa la respiration l’espace d’une seconde, mais l’instant d’après il crut qu’il avait rêvé cette sensation de peur, tant cela avait été rapide et il respira beaucoup mieux.

Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Malfoy l’avait dit lui-même, c’était un grand garçon.

Il pensa qu’il allait avoir du mal à s’endormir avec tout ce qu’il s’était passé cette nuit mais à peine sa tête toucha-t-elle l’oreiller qu’il était parti dans les bras de Morphée. Il fit un rêve agité, il rêva de Malfoy, contrairement aux prédictions de ce dernier. Il rêva qu’il le frappait encore et encore jusqu’à ce que ses poings lui fassent mal et qu’ils soient tâchés de sang qui n’était pas le sien. En face de lui, le visage ensanglanté, Malfoy le suppliait d’arrêter mais il ne l’entendait pas…Il frappait encore et encore…et il pleurait.

Lorsqu’il se réveilla ce jour là, dans le grand lit d’une des chambres d’ami de la maison de Malfoy, il ne se souvint pas d’avoir rêvé mais il s’aperçut avec étonnement que ses joues étaient un peu poisseuses comme s’il avait pleuré durant la nuit.

A suivre…

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Voilà c'est fini pour aujourd'hui^^ J'espère que vous ne vous êtes pas trop ennuyés.

Je vous souhaite un bon weekend pour les chanceux qui y sont.

bisous

Artoung (qui aimerait dormir jusqu'au 25:p) 

 

 

 
 
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