Remerciements : A Baddy Baddy Baddy Baddy ! L’amie l’amie l’amie des Drarry! Correctrice : Quiproquo qui roxx ! merci bella. Chapitre 3 : Cauchemars POV de Harry. Appartement de Harry Potter et de Draco Malfoy, lundi 26 mars, 15h15 Il y a un quart d’heure de ça, Ron a débarqué chez moi, complètement défait. Et j’ai compris. Il a essayé de me frapper mais ses mains tremblaient trop. J’ai essayé de lui lancer un sort d’Oubliette mais ma main tremblait aussi. Il m’a insulté et je l’ai laissé faire. Je n’ai pu que m’écrouler sur le fauteuil. Il a pleuré aussi et je suis resté tétanisé. Je le suis encore. Ron se souvient. -Je me suis réveillé ce matin, dit-il, et j’ai compris que ce n’était pas des cauchemars que je faisais toutes les nuits. J’avais des putains de souvenir ! Sans l’accident je serais encore complètement inconscient de ce qu’il t’arrive ! Il essaie de garder son calme, je le vois bien. Mais je le connais, il est trop sous le choc pour y arriver. - Ça ne devait pas se passer comme ça, je réussis à articuler. Il n’aurait jamais dû se rappeler… -Comment as-tu pu laisser Snape m’effacer la mémoire ?! Il fulmine, tourne en rond rageusement, partagé entre la tristesse et la colère. -Il a dit que tu le lui avais demandé. Je n’avais aucune raison de ne pas le croire. Je mens. Je mens. Je savais que Snape me disait juste ce que je voulais entendre. Je me rappelle avoir pensé que c’était mieux comme ça. Même si vivre seul avec ce poids-là pendant plus de trois ans a été la chose la plus dure que j’ai eu à subir. Ne pas pouvoir en parler, garder ça pour moi nuit et jour, être le seul à savoir…Avec Snape aussi, mais il a disparu après la guerre et ce n’est pas un ami. Ron, c’était de Ron dont j’avais besoin. -Comment as-tu pu me cacher ça ?! répète-t-il furieusement. Apparemment sa colère a pris le pas sur son abattement. -Je te l’ai déjà dis, je pensais que Snape t’avait effacé la mémoire de ton plein gré ! Cette excuse n’a pas l’air de le satisfaire. Je crois que finalement il va peut-être être capable de me frapper. -Dis plutôt que ça t’arrangeait de le croire ! Et Draco ! Merlin, tu as pensé à Draco ?! Quatre-vingt ans, bordel de merde !! -J’y pense constamment figure-toi ! C’est pour ça qu’il ne doit pas savoir. Il y a trois ans, tu m’as fais la promesse de ne rien lui dire. De ne rien dire à personne. Dis-moi que cette promesse tient toujours ! -Je…mais tu te rends compte de ce que tu me demandes ? Est-ce que tu sais au moins combien il te reste de temps à vivre ? -Pas exactement. Peu de temps. Quelques semaines, quelques mois tout au plus. Le visage de Ron se décompose. -Oh merde ! jure-t-il. Et tu veux que je te laisse crever sans rien dire à personne ! Que je laisse Draco se demander tout le reste de sa vie pourquoi l’homme qu’il aime est mort si tôt ! -Oui. Il me regarde comme si j’avais perdu la tête. Mais moi ça fait longtemps que je me suis décidé. Le jour où j’ai donné ma vie à O’Donnel ou quelque soit son nom. -Non, fait Ron. Il faut lui dire. Et à Hermione aussi. Elle pourra faire des recherches, trouver un antidote et… -Ce n’est pas un putain de poison, Ron ! Tu sais aussi bien que moi qu’il n’y a aucune parade aux Pierres de Vie! Elles prennent et c’est tout, ça ne marche que dans un sens ! Rien ne me rendra ce qu’elle m’a pris. -Quatre-vingt années, souffle Ron. Dis-le à Draco, Harry ! Dis-le lui, tu ne peux pas subir ça tout seul ! -Je ne suis plus tout seul, je réponds en regardant en face mon meilleur ami. Tu es là maintenant. Draco ne doit pas savoir…il ne comprendrait pas…Il me détesterait. Je ne veux pas de ça, je… -Il fallait y réfléchir avant ! intervint une voix glacée. Je lève les yeux vers la porte du salon. Je dois être en plein cauchemar, dans la vraie vie jamais Draco ne serait au courant, jamais il ne me regarderait de cette façon. Je n’arrive même pas à bouger de ce putain de fauteuil. Tant mieux d’un côté s’il n’était pas là, je m’écroulerais. Le seul truc que j’arrive à dire c’est : -Quelqu’un t’a frappé à la mâchoire ? Cauchemar. Cauchemar. Cauchemar. C’est obligé. Ron n’est pas là et il ne sait pas. Draco n’est pas là et il ne sait pas. -Je me tire d’ici, reprend Draco calmement et ce calme me glace l’échine. Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, Potter. Potter…ça fait tellement longtemps qu’il n’a pas craché mon nom comme ça. -Draco, je… -Trois ans, annonce-t-il toujours avec ce calme inhumain arrêtant du même coup ma tentative d’explication. Trois ans de mensonges. Il hausse les épaules, son regard est vide, aussi vide que je suis rempli de peur. -Il faut en parler calmement, intervint Ron nerveusement. -Mais je suis calme Weasley, dit Draco en se tournant vers lui et en lui souriant d’une façon mécanique. Je n’ai même jamais eu les idées aussi claires. Beaucoup de choses s’expliquent à présent. Et dire que je me suis cru amoureux de toi… Cette dernière remarque s’adresse à moi, bien évidemment, pas à Ron. Mais c’est un cauchemar alors je peux encaisser. -Non…, je murmure quand même pour la forme. -Tu es juste sous le choc ! rajoute Ron très vite. Tu ne peux pas abandonner Harry maintenant ! -Il m’a bien abandonné le jour où il a choisi de donner sa vie. C’est fini. Et il transplane. Je contemple l’endroit où il était planté. On aurait dit qu’il était sérieux. -C’est un cauchemar, n’est-ce pas ? je demande à Ron et ma voix est si basse que je me demande s’il m’a entendu. -Il…il est juste sous le choc, bégaie mon ami. -Juste un putain de cauchemar, je répète. Et puis c’est comme si on venait de me lancer un couteau en plein cœur. J’allais dire à Ron que j’allais me réveiller et que tout irait mieux mais la douleur me fait vaciller et tomber à genoux. La main crispée sur ma poitrine, j’entends Ron crier quelque chose mais je ne comprends pas. J’ai du mal à respirer. La douleur se propage à présent dans mon dos. Je suffoque. Des tâches noires dansent devant mes yeux et l’air ne veut pas entrer dans mes poumons. J’ai mal ! Oh, Draco, j’ai si mal ! °O°O°O°O° Hôpital Sainte Mangouste, lundi 26 mars, 22h08 -Il va bien, il ne va pas tarder à se réveiller. Ne vous inquiétez pas. -Merci Docteur. Merci pour tout ! Je ne suis pas mort… Pas encore. C’est la première pensée qui me vient. Tu m’as quitté. C’est la seconde chose à laquelle je pense. J’en viendrais presque à regretter de ne pas être mort…Tu es parti. Tout est allé si vite… -Il se réveille ! Viens Ron, il ouvre les yeux ! Comment te sens-tu Harry ? Première chose que je vois : le visage inquiet de ma meilleure amie. -Ça va… Ma voix est un peu rauque et Hermione se jette sur moi en sanglotant. Ron me regarde, on dirait qu’un train lui est passé dessus. -Je l’ai mise au courant, dit-il. Je suppose que mon satané secret n’en est plus un alors. Je n’ai même pas le courage de consoler Hermione. Au moins, elle n’a pas l’air en colère, c’est déjà ça. -Oh, Harry, fait-elle en se redressant. Je vais trouver un moyen ! En fait je cherche depuis longtemps pour Ron déjà. Je te le promets ! -Tu cherches pour moi ? l’interrompt Ron. -As-tu oublié que tu avais donné cinq ans de ta vie dans une de ses putains de pierre ! crache presque Hermione. Si elle est douce avec moi, elle semble toujours autant détester l’acte de Ron. -Non, soupire-t-il, mais j’ignorais que tu recherchais un moyen…C’est inutile. Il n’y en a pas Mione. Elle a un rire à la limite de l’hystérie. -Vous deux, siffle-t-elle, vous êtes une bande de cons ! Tu croyais peut être que j’allais laisser un vulgaire caillou voler des années qui me sont dues ! Depuis la fin de la guerre, dès que j’ai du temps libre, je fais mes recherches. Je vais arrêter mes études pour m’y consacrer entièrement. Je pensais avoir le temps mais Harry a décidé de se montrer encore plus stupide que toi et de donner quatre-vingts années de sa vie ! Vous êtes si stupides ! Elle se remet à pleurer dans ses mains et Ron s’approche d’elle doucement. -Ne pleure pas, murmure-t-il. Ne pleure pas mon amour. Si tu penses qu’il y a une solution, je t’aiderai. On va le sortir de là, hein ? Tu es la personne la plus intelligente du monde, s’il y a un moyen, tu le trouveras… Je les regarde, un peu perdu. Hermione n’a rien trouvé en trois ans, ce n’est pas maintenant qu’elle va y arriver. Il n’y a rien. Ils ne doivent pas espérer… -Ecoutez, dis-je. Je sais que vous vous inquiétez mais il n’y a rien à faire. Je suis préparé à mourir. Vous ne pouvez pas lutter contre le destin. -Le destin, Harry ? Le destin ne peut pas être aussi cruel ! lâche Hermione. Tu mérites plus que quiconque d’avoir une vie heureuse et longue ! Oui, longue ! Alors ne viens pas me parler de destin ou de fatalité ! Je les emmerde et je t’emmerde aussi ! Je cherche de l’aide dans le regard de Ron mais il semble juste béat d’admiration envers sa petite amie. Elle est en train de lui mettre de l’espoir dans le cœur. C’est ça le pire des poisons. -Tu vas perdre ton temps, dis-je quand même. Mais elle ne m’écoute même pas. -Je demanderai de l’aide à Draco ! continue-t-elle dans sa lancée. Il va… -Refuser. Il m’a quitté. Ce n’était pas si dur de le dire à haute voix finalement. La preuve, je n’ai presque pas tremblé. Parce que non, ce n’était pas un putain de cauchemar ! J’ai toujours pensé que si Draco me quittait un jour, ça me ferait mourir sur le coup mais non…Ron a trouvé malin de m’emmener à l’hôpital et mon cœur a dû trouver amusant de repartir. Comme si c’était plus intéressant de me voir souffrir encore un peu avant d’en finir complètement. Mais à quoi ça sert de se battre encore, si c’est loin de lui ? -Je sais ça, balaie Hermione d’un geste de la main. Il est juste sous le choc si tu veux mon avis. N’ai crainte Harry, il va revenir. Il t’aime comme un fou ! Hermione et son putain d’espoir, j’ai presque envie de les croire. -Il sait que j’ai eu une attaque ? je demande. Ron acquiesce. -Je l’ai prévenu dès que tu as été entre les mains des médicomages. -Il est venu ? Cette fois mon meilleur ami à l’air gêné et je devine aisément sa réponse avant qu’elle n’atteigne ses lèvres. -Non…mais il ne va surement pas tarder, se rattrape-t-il très vite. J’ai un sourire amer. Je connais Draco Malfoy mieux que personne et il était sérieux. Il était sérieux quand il a dit que c’était fini, quand il a avoué « et dire que je me suis cru amoureux de toi » de son ton si horriblement calme. J’ai besoin de lui. J’ai besoin de lui au point d’en avoir mal. Et c’est fini…il l’a dit. Il n’est pas venu. Oh oui ! J’aurais préféré crever ! °O°O°O°O°O° Chambre 202, Hôpital Sainte Mangouste, mardi 14 avril, 8h10 -Alors Harry, content de sortir d’ici ? Le ton faussement enjoué de Remus ne parvient pas à être communicatif. Plus de trois semaines passées dans l’hôpital, en vain. Trois semaines sans aucune visite de Draco. Trois semaines de perdues mais les meilleurs médicomages ont voulu se pencher sur mon cas. Les plus intelligents d’entre eux ont vite lâché l’affaire quand ils ont su pour la Pierre de Vie mais il y en a deux ou trois qui ont cherché un remède médicalement-magique pour arrêter ou du moins repousser le processus. Autant dire qu’ils ont échoué. Et quand il est devenu évident, même pour eux, qu’il n’y avait rien à faire, ils m’ont permis de rentrer chez moi pour les quelques semaines qu’il me reste à vivre. Enfin quelques jours si ça se trouve, personne n’en sait rien. La seule chose qui est certaine c’est que je suis mourant tout en étant en parfaite santé –si on oublie mon cœur qui parfois a des ratés, histoire de me rappeler que c’est pour bientôt. J’ai espéré, à chaque fois que la porte de ma chambre impersonnelle s’ouvrait, que c’était Draco qui venait mais ce n’était jamais lui. Pourtant j’ai été autant visité que le trou du cul d’une pute –oui je suis vulgaire mais qu’est ce que j’en ai à carrer, je meurs bientôt, je peux me le permettre. Mes amis d’abord, évitant soigneusement de parler de lui. La famille Weasley au grand complet –enfin des vivants s’entend-, même Bill, le frère de Ron, est venu exprès du Pérou alors qu’il aurait pu s’abstenir, pour ce qu’on se connaît….Oui, je suis mesquin mais un mesquin mourant et il faut croire que ça donne tous les droits. En réalité, mon agressivité m’empêche juste de m’écrouler. Il n’est pas venu. Mes amis sont venus, ma famille de cœur est venue, même ces putains de journalistes et de politiciens sont venus…mais pas lui. Oui, parce qu’à présent, le monde sorcier est au courant de ce qui m’arrive, il faut croire que le secret médical ne pèse pas bien lourd contre un pot de vin. Alors oui, je ne bondis pas de joie à l’idée d’être dehors et de devoir affronter de nouveau les journalistes. Pourtant il faut que je rentre chez nous…pour le voir. -Ecoute Harry, reprend Remus pas démonté par mon silence. Que dirais-tu de venir habiter chez moi ? Les journalistes ne savent pas où je vis et je pense que tu auras besoin de calme. Chez lui ? Mon agressivité silencieuse retombe comme un soufflé. -Je...je ne peux pas ! Je veux vivre avec Draco…encore un peu. Même s’il ne m’aime plus. Remus s’approche de moi et me fixe de ses grands yeux dorés et tristes. -Il est parti, Harry. Il a pris toutes ses affaires, ça fait déjà plusieurs semaines. -Parti ? Pourtant c’est évident. S’il me quitte, il n’a aucune raison de rester vivre à l’appartement. Mais c’est le sien autant que le mien, alors je pensais qu’on aurait cohabité, qu’il ne voudrait pas me laisser cette petite victoire. -Je suis désolé, souffle Rémus. J’ai essayé de lui parler mais il a juste dit qu’il ne voulait plus te…enfin qu’il avait fait son choix. A voir la tête de Remus, je suppose que la discussion a été un peu plus houleuse que ça, que les mots de Draco ont été beaucoup plus méchants qu’un simple « j’ai fait mon choix ». Il a dû être venimeux. -Je vois. Remus, je veux quand même vivre à l’appartement, c’est ma maison. Mensonge, ma maison c’est celle où se trouve Draco. Mais peut-être qu’il reviendra dans l’appartement s’il a oublié quelque chose et si je suis ailleurs, je ne le verrai pas. Je suis pitoyable. -Alors je viens avec toi. Et ne discute pas, on a décidé que tu ne devais pas rester seul, en attendant que Hermione trouve la solution. Parce qu’ils y croient vraiment qu’elle va y arriver ? Je regarde Remus qui a l’air si fatigué. Et je comprends. Non, ils n’y croient pas, ils s’accrochent juste à ça, comme moi je m’accrochais à Draco. -On y arrivera ! reprend Remus comme pour lui-même. Allez, attrape tes affaires ! La sortie de l’hôpital fut aussi éprouvante que je l’imaginais. Les journalistes étaient là, ainsi qu’une bonne partie de la population sorcière de Londres. Certains pleuraient… J’aurais préféré qu’ils attendent que je sois mort. Je n’ai même pas été capable de donner le change. Je me moque de tout, je pourrais très bien être déjà six pieds sous terre. Je me fais l’effet d’un mort-vivant. Et ce n’est pas à ma « maladie » que je le dois, non ça c’est juste parce que l’homme de ma vie m’a quitté. Je savais que je le perdrais si jamais il était au courant mais j’ai tout fait pour qu’il n’en sache jamais rien. J’en viendrais presque à détester Ron à cause de ça mais en vérité c’est simplement de ma faute. Pourtant que pouvais-je faire d’autre ? Il doit bien se douter que je n’ai pas donné ma vie de gaieté de cœur, que je ne l’ai trompé que pour le tenir à l’écart de toute cette histoire ! Il doit bien savoir que j’aurais préféré vivre vieux et avec lui. Peut-être que Ron et Hermione ont raison ? Peut-être qu’il m’aime encore malgré ce qu’il m’a dit ? Voilà que je me laisse aller à espérer moi aussi, il faut croire que c’est propre au fait d’être vivant. Que c’est pour ça que je retourne dans mon appartement. Que c’est pour ça que je ne contredis plus personne quand on me dit qu’on va trouver une solution. Oui, je suis vivant. Même si je suis vide de lui. Même si j’ai peur d’entrer chez moi et de voir qu’il a enlevé toutes les traces de sa présence. Comme s’il n’avait été qu’un rêve. Les journalistes attendent aussi devant chez moi mais la maison est protégée contre leur intrusion alors nous nous dépêchons de rentrer à l’intérieur. Remus se dirige vers le salon pour poser ses affaires, je le suis lentement. Au porte-manteau, devant la porte d’entrée, il n’y a plus sa veste. C’est étrange à mesure que je visite les pièces, l’absence de Draco se fait plus forte. Dans la cuisine, il manque sa tasse préférée et une photo de sa famille qui était encadrée sur un mur. Dans le salon, il n’y a plus son fauteuil, ni la petite table qui venait de chez lui. La plupart des livres ont disparus aussi. Je continue mon morbide état des lieux. Comment vais-je faire pour vivre ici ? Il y manque vraisemblablement quelqu’un, même les meubles me le crient. La salle de bain a, elle aussi, subi une rafle de la part de Draco. J’ai les larmes aux yeux, moi qui n’ai pas craqué une seule fois durant mon séjour à l’hôpital. Moi qui n’ai pas pleuré du tout depuis qu’il a transplané, emportant avec lui son effrayant « c’est fini ». Et je craque finalement à cause de ma brosse à dent. Toute seule dans son gobelet. Une putain de brosse à dent ! Je me mets à hurler et à taper contre le miroir qui ne reflétera plus jamais son visage. Je ne vois que le mien, le visage ravagé par la douleur et les larmes. Je m’effondre en pleurant, du sang plein la main. Et je crie encore, l’appelant comme un dément. Je suis fou. Je suis fou. Reviens ! REVIENS ! Remus me prend dans ses bras et mon cri se transforme en gémissement de douleur. Je m’accroche désespérément à sa chemise. Il faut qu’il sache. -Il n’y a qu’une brosse à dent ! Remus, il n’y a qu’une brosse à dent ! C’est tout ce que parvient à dire ma voix aussi brisée que mon miroir mais c’est l’essentiel. -Je sais, je sais, chuchote Remus tout en me berçant et mes sanglots sortent de ma gorge, aussi douloureux que ce qu’est devenue ma vie. Mais qu’est-ce que je vais faire ? Qu’est-ce que je vais faire sans toi ? °O°O°O°O° Appartement de Harry Potter et de… Appartement de Harry Potter, Jeudi 7 mai, 9h23 -Il faut trouver Snape ! -Moins fort Mione, tu vas réveiller Harry. Allons dans le salon plutôt. Je suis déjà réveillé. En fait pour être exact, je ne sais pas si c’est le bon terme puisqu’encore une fois, je n’ai pas réussi à fermer l’œil de la nuit. Je regarde ma montre, me demandant ce que Ron et Hermione font chez moi à neuf heures du matin. Conciliabule avec Remus je suppose. En général, leur compte rendu d’avancement dans leur projet « sauvons Harry » ne m’intéresse pas mais là ils ont parlé de Snape et rien que pour la curiosité j’aimerais bien savoir ce qu’il compte faire avec lui. Je sors donc de ma chambre et me dirige vers le salon. -…il pense que Snape pourra nous conduire à lui et…Oh, bonjour Harry ! Comment vas-tu ? -Ça va. Par contre Remus n’a pas l’air d’aller bien. Est-ce que c’est de parler de Snape qui le met dans cet état ? Il est pâle et son regard est glacial. -Ne vous gênez pas pour moi, je poursuis, je suis curieux de savoir pourquoi vous voulez retrouver Snape. -C’est Draco qui a eu l’idée ! s’exclame Ron. Peut-être qu’on a une piste et… -Draco ? Ron écarquille les yeux en émettant un « merde » silencieux qui montre toute l’étendue de la gaffe qu’il vient apparemment de faire. Pour ma part, je sens les battements de mon cœur s’accélérer alors qu’un espoir fou m’envahit. -Harry ! fait Hermione sèchement. Ce n’est pas ce que tu crois. Draco ne voulait pas que tu saches qu’il aidait aussi. Selon lui, ça n’a rien à voir avec vous ! -Rien à voir ? Mais tu ne comprends pas Mione, ça veut dire qu’il se soucie au moins un peu de moi ! Il faut que j’aille le voir. J’ai été stupide de ne pas chercher à le revoir. J’ai baissé les bras, je ne me suis même pas battu pour nous ! Je m’en moque qu’il me reste peu de temps à vivre, s’il aide Hermione et les autres dans son entreprise, c’est qu’il tient à moi, c’est qu’il veut que je vive ! -Je dois aller le voir, je souffle. -Non, Harry ! Cette fois le ton de Ron est sans appel. Remus acquiesce sombrement et Hermione se tord les mains. -Tu ne l’as pas vu depuis plusieurs mois, reprends Ron plus doucement. Il n’est pas comme…avant. Enfin si, il est devenu comme avant mais avant vous deux, tu vois ? -Un petit con imbuvable, siffle Hermione. -Il va essayer de te faire du mal si tu vas le voir, approuve Remus. Il a changé Harry. Je pense que la douleur et la peur l’ont rendu comme ça, tout comme elles t’ont rendu apathique. Je comprends ce qu’ils essaient de me dire mais il faut que je lui parle. Je saurai le raisonner. Et puis, je sais de quoi il est capable. Il ne peut pas être pire qu’à Poudlard. Et s’il cherche à me sauver c’est qu’il tient à moi. Peut-être même m’aime-t-il encore ? -Je dois le voir ! je répète. Ça va aller ! Et je transplane. J’atterris devant son école en Egypte. A cette heure-ci, c’est là qu’il doit être. Je n’y suis venu que deux fois mais je me souviens d’où se trouve le secrétariat. Je demande la classe des secondes années et on m’indique le premier étage, salle 2-B. J’y vais presque en courant. Mon cœur bat à cent à l’heure mais ce n’est pas à cause de ma course, c’est juste parce que je vais le revoir. Je me calme un peu dans le couloir et grimace en regardant ma tenue. Je porte mes habits de la veille, ou de l’avant-veille. Je suis surpris de voir ça. Remus a raison, je me laisse aller. Je reste planté devant la porte de sa classe, subitement indécis. Il va me prendre pour un plouc. Je regrette d’être parti le voir sans même me changer. Je ne me suis même pas rasé depuis une semaine. Je dois avoir une tête à faire peur. Je touche mes joues et sens crisser les poils sous mes ongles. Draco n’aime pas me voir avec une barbe… Je n’ai pas le temps de savoir si oui ou non je dois frapper à cette porte que cette dernière s’ouvre et laisse passer un flot d’élève qui me jette un vague coup d’œil avant de poursuivre leur route. Finalement, la barbe est une bonne façon de rester anonyme. J’ai oublié mes lunettes aussi, ça doit aider. J’ai beau regarder, je ne vois pas Draco et ce n’est pas comme si les élèves de cette classe, étaient nombreux. Non, j’ai dû me tromper de classe. J’intercepte un élève qui a l’air plus éveillé que les autres. Ce cours devait être vraiment assommant ! Est-ce qu’on avait cette tête quand on sortait d’histoire de la magie ? -Excusez-moi, dis-je en le traînant un peu à l’écart. Est-ce que vous savez où se situe la classe de Draco Malfoy, il est en seconde année et… -C’est ici, répond mon vis-à-vis avec un fort accent australien. Mais il n’est pas là, il a arrêté les cours depuis un…Bon sang, vous êtes Harry Potter !? -Je…en effet. Mais comment ça « il a arrêté les cours ». Depuis quand ? Et vous savez où il est ? -Aucune idée. Vous savez Malfoy et moi, on ne s’entend pas très bien. Par contre, il a lâché les cours depuis plus d’un mois déjà, il a loupé les examens de mai d’ailleurs…Je…je suis désolé pour ce qui vous arrive, finit-il, gêné. Je crois un moment qu’il parle de ma relation avec Malfoy mais je comprends qu’il n’en est rien. -Ce n’est pas grave ! -Pas grave ? répète-t-il halluciné. En tout cas vous avez un sacré courage. Malfoy n’est pas mon ami mais je sais ce qu’il peut ressentir. Sa chimère de cœur est tellement puissante, nous autres, on sait ce qu’on met dans ce genre chimère. Et lui c’est vous qu’il a mis. Son amour pour vous. Il…Dites-lui que s’il veut en parler, je suis là. Il refusera, j’en suis sûr. Mais j’ai perdu celle que représente ma chimère et... Bref…j’ai cours, je dois y aller. Il part, les larmes aux yeux, me laissant sous le choc. Il devait vraiment l’aimer cette personne. Je me rends compte que je n’ai jamais vraiment pensé à ce que sera la vie de Draco sans moi. J’ai toujours pensé qu’à ce que sera ma vie sans lui. Mais ce…ce jeune homme a dit que Draco m’aimait. Je m’en fous d’avoir l’air d’un plouc, je dois le voir ! Je transplane à nouveau mais cette fois devant le lieu de travail de Blaise et Ginny. Une sorcière sophistiquée, qui doit avoir mon âge, me regarde avec une petite moue de mépris avant de rentrer dans l’agence de mariage. Je la suis en me retenant de soupirer. -Potter ? fait Blaise qui est en train de ranger des prospectus magiques. Tu…vas bien ? Il faut croire que c’est la première question qui vient aux gens quand ils me rencontrent. Si je voulais oublier que je n’en avais plus pour longtemps, c’est loupé. -Ça va. Désolé de ne pas rester faire la conversation mais sais-tu où est Draco ? -Je le sais, murmure-t-il. -Parfait. -Oui. Je commence à m’impatienter. -Et peux tu me dire où il se trouve ? -Non. -Non ? Comment ça, non ? -Il ne veut plus rien avoir à faire avec toi, Harry. Ne va pas le voir. Blaise me lance un regard suppliant qui me passe bien loin au-dessus de la tête. -Zabini, je siffle, je vais le voir de toute façon. Si tu ne m’aides pas, ça ira juste moins vite mais ça ne changera rien au résultat. La cliente de Zabini commence à s’impatienter. Il pousse un soupire de résignation. -Ne lui dis pas que c’est moi qui t’ai mené à lui et n’oublie pas que je t’ai prévenu. Je t’aime bien Harry et Merlin sait que tu ne mérites pas ce qu’il t’arrive mais tu vas te prendre un mur. -Où est-il ? je répète. -Chez moi. Il a emménagé dans mon appart…Et n’allez pas tout casser ! Je transplane pour la troisième fois de la journée, espérant que ce soit la dernière. Zabini a tort, je ne vais pas me battre avec Draco. Je veux juste lui parler. Je frappe à la porte de l’appartement de Blaise en prenant mon courage à deux mains. Je ne dois pas espérer que Draco m’accueille à bras ouverts, je l’ai bien compris mais je m’accroche au fait qu’il veuille contrer le destin pour moi. La porte s’ouvre sur lui. Il a l’air un instant perturbé par le fait de me voir mais ensuite ses mâchoires se contractent et sa voix est un filet soyeux de morgue et de cruauté lorsqu’il susurre : -Tiens Potter, pas encore mort ? Cette première attaque me laisse un peu sonné. Je ne pense même pas à le dévorer des yeux alors que ça fait plus d’un mois…que je ne l’ai pas vu. -Je…non, je réponds un peu stupidement. Le match est inégal. Il aura ma peau avant même que je réussisse à égratigner sa carapace de glace. -Que me vaut l’honneur ? demande-t-il froidement. Et je comprends qu’ils ont raison. Il a changé. Je peux ressentir la haine qu’il éprouve pour moi comme si elle s’était matérialisée. Je relève la tête. Il m’a déjà quitté, il ne peut pas me faire plus de mal ! -Je crois qu’il est temps qu’on parle, dis-je. -Oh ?! Et que veux-tu savoir, Potter ? Comment on utilise un rasoir et un peigne ? Je me permets un léger sourire, s’il m’attaque sur mon physique, c’est qu’il me regarde et s’il me regarde c’est que rien n’est perdu. Il semble se rendre compte de son erreur car il a un reniflement méprisant. J’ai vraiment l’impression de me retrouver à Poudlard sauf qu’à Pouldlard je ne le connaissais pas aussi bien. Maintenant, je sais comment désamorcer la bombe. Il sait où taper pour faire mal mais je sais le dompter. -Tu m’as manqué. Il écarquille légèrement les yeux avant de me regarder franchement. -Allez, on va mettre les choses au point. Je ne t’aime plus, Potter. Pas la peine de venir pleurer sur le pas de ma porte, j’arrête de jouer au con aveugle ! Je fronce les sourcils, il me fait perdre pied avec son ton calme et son regard si sérieux. -Les sentiments ne se commandent pas, je réplique. Tu m’aimais avant ça, tu dois m’aimer encore ! Mon ton est presque suppliant, je ne me suis jamais sentit aussi pathétique. -Il faut croire que je ne t’aimais pas vraiment alors ! Tu m’as fait perdre trois années de ma vie, Potter ! Tu n’as pas pensé que j’avais autre chose à faire que de rester avec un type qui est condamné ! Je recule d’un pas, j’ai l’impression qu’il vient de me frapper. Je…je n’aurais pas dû venir ici… -Tu sais quoi, reprend-t-il, quand Weasley m’a appris ta crise cardiaque, j’ai espéré que tu en crèves ! Que cette putain d’histoire soit enfin finie !! Il a perdu son calme et me crie dessus, des larmes de rage dans les yeux. Chacun de ses mots sont autant de coup de poignard dans mon cœur. -Tu…tu aides Hermione pour…tu as même arrêté les cours… Je bégaie, un perdu, m’accrochant à cet espoir de toute mes forces. Ce Draco en face de moi n’est pas le mien. Le mien m’aime, je le sais ! Je le sais ! -Tu es ridicule ! s’écrit-il toujours aussi hors de lui. Si j’aide ta copine c’est juste à cause du putain de serment que je t’ai fait à Poudlard ! J’y suis obligé, Potter ! Le serment ? Je me souviens, il avait fait un serment sorcier, où il avait promis de me protéger quoi qu’il arrive. Je n’arrive plus à dire un mot. J’ai l’impression que tout s’écroule autour de moi. Ce n’est pas par amour qu’il fait tout ça. Je…je l’ai vraiment perdu. Je le regarde, complètement sonné cette fois et vois qu’il ouvre la bouche pour parler encore. Oh, je t’en prie mon amour, n’en dis pas plus, tais-toi…tais-toi… -Quand à l’école, je n’y vais plus car je n’arrive plus à invoquer la panthère ! Elle n’est plus là, Potter ! Et tu sais quoi, j’en suis bien content car je pourrais l’étrangler de mes propres mains !! Je suis sûr qu’elle se laisserait faire ! Tout comme toi, tu restes là à te faire insulter, ouvrant la bouche comme un putain de poisson rouge ! Où tu as foutu ta fierté, Potter ? Elle est partie avec ta saloperie de courage je-ne-sais-où ?! Car il fallait être lâche pour cacher à l’homme qu’on dit aimer sa mort prochaine !! Je te hais ! Dégage d’ici ! Dégage d’ici ou je te bute et qu’importe le serment, je suis sûr que je peux le faire ! Il me menace de sa baguette. Il a l’air comme fou mais ce n’est pas de la folie amoureuse…juste de la haine. Une haine si grande qu’elle me fait trembler de la tête au pied. Je le regarde claquer la porte de l’appartement et je reste là, tremblant comme une feuille. J’aimerais mourir. Tout de suite ! A suivre… Bon n’oubliez pas tout est de la faute de Fanny ( et pas la sœur d’Amandine mais l’autre Fanny :p oui je suis sûre que la sœur d’Amandine n’est pas fautive « elle » !) La suite bientôt avec un POV de Dracounetnet. Zoux à tous ! Artoung |