Remerciement : A Quiproquo pour sa correction et à Baddy pour avoir supporté la lecture en avant première.
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Sur cette fleur et sur ma vie, je fais le serment de protéger Harry Potter…
Et Harry aima Draco, chapitre 16
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Chapitre 4 : Entre haine et désespoir
Pov de Draco
Appartement de Blaise Zabini, jeudi 7 mai, 10h12
Je referme la porte avant de commettre un truc de dingue comme le tuer.
J’en suis capable. J’en suis sûr.
La haine que j’éprouve est devenue si grande ! Comment a-t-il pu me mentir aussi longtemps ? Et dire que je suis allé jusqu’à le demander en mariage !
Mais qu’il crève !
Qu’il crève !
Et mes putains de jambes qui ne me tiennent plus…Faut-il que je sois si brisé ? Tout juste capable de m’écrouler derrière le battant de cette porte. Est-ce qu’il s’est tiré ? Comment a-t-il osé ne serait-ce que m’adresser la parole ? Comment a-t-il osé se ramener la bouche en cœur et de l’espoir plein les yeux ?
Je t’en foutrais de l’espoir moi ! Est-ce qu’il m’en a laissé en donnant toutes ses fichues années ? Non, il ne m’a rien laissé ou juste un trou béant dans la poitrine.
Salazar, que je le hais !
Je sens une main dans mes cheveux et je lève brusquement la tête, la cognant au passage contre la porte.
Merde, je l’avais oublié lui.
-Dégage ! je siffle.
Il ne recule même pas, me narguant de cette insolente beauté propre aux gamins de dix-sept ans. Il me fixe de son regard pas tout à fait humain et pas tout à fait animal non plus…mais qui me porte tout à fait sur les nerfs. Mon « Harry-panthère » comme je me plais à l’appeler. Pourquoi l’ai-je invoqué déjà ? C’était avant que Potter ne frappe à ma porte. J’ai voulu savoir si je pouvais toujours l’invoquer. Ma seconde source. J’ai espéré que non mais elle est apparue. D’abord sous la forme de la panthère et après elle s’est transformée…avec une facilité écœurante d’ailleurs. Enfin au moins, il était habillé.
J’ai fait croire à Potter que je n’arrivais plus à la faire apparaître mais j’ai menti. Pas besoin qu’il sache que si j’ai quitté l’école, c’est pour me consacrer aux recherches. Pas besoin qu’il se fasse des films.
Je regarde le Harry-panthère, résistant à l’envie de lui jeter un sort douloureux. Il aurait été logique que je ne puisse plus l’invoquer et au lieu de ça, il est là devant moi, fier et sauvage.
-Disparais ! Je ne veux plus te voir !
Mon ordre lui passe vraisemblablement au-dessus de la tête et il s’accroupit pour se mettre à ma hauteur. Ses yeux verts sont emplis de compassion. Est-ce que Potter m’a rendu dans un état si pitoyable que même mes chimères ont pitié de moi ?!
D’un geste brusque j’enlève sa main qui est descendue jusque sur ma joue.
-Ne me touche pas ! je crache presque.
Et cette fois mon ton doit être assez convainquant car il se relève précipitamment, les yeux écarquillés de stupeur.
Et oui, mon grand, t’as enfin compris que je te déteste, hein ? Ben alors dégage…
-DEGAGE ! DEGAGE ! DEGAGE !
J’entends une sorte de gémissement de douleur, de l’autre côté de la porte, du côté du couloir, et puis quelqu’un qui dévale les escaliers.
Potter était encore là…Il a dû penser que c’était après lui que je criais. Bon débarras ! Le Harry-panthère a aussi disparu.
Joli coup double de ma part !
Je me relève, époussette mon jean. Mes mains tremblent encore un peu mais ça ira…
Ça ira.
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Quelque part où il ne fait pas bon marcher seul…
C’est sombre.
C’est froid.
Je marche dans le noir, entièrement nu.
Les cailloux sous mes pieds écorchent ma peau mais je continue d’avancer. Il faut que je le retrouve. Si je le trouve tout ira bien. Je n’aurais plus froid…plus peur du noir.
-Où es-tu ? je hurle dans les ténèbres.
Soudain, comme si ma voix en était l’origine, une immense pendule apparaît.
Juste un cadran rond et effrayant dont les grandes aiguilles noires ne désignent rien de particulier. Il n’y a qu’elle que je vois dans les ténèbres mais pourtant elle n’éclaire rien et rien ne l’éclaire.
Et d’un seul coup, le tic-tac se met en route et raisonne partout autour de moi. Je veux hurler de peur mais ma voix est coincée dans ma gorge. Je sens de l’urine chaude me dégouliner sur la jambe. Ça brûle presque par rapport au froid qui m’entoure. Je me suis pissé dessus et je m’en fous. J’ai bien trop peur. L’horloge me nargue et le temps défile, défile…
Je n’arrive pas à détacher mon regard de cet objet infernal dont les aiguilles pointent sur rien mais semblent pourtant me transpercer le cœur à chaque mouvement, encore et encore…
-Où es-tu ? j’appelle encore et ma voix n’est plus qu’un murmure horrifié.
Un souffle se perd sur ma nuque et je sursaute.
-Alors cousin, fait une voix traînante qui ressemble à la mienne mais qui ne m’appartient pas. Quel effet cela te fait de savoir que Harry Potter va mourir ?
Harry Potter ? Oui, oui, c’est son nom ! C’est lui que je cherche !
-Tais-toi, je souffle à l’ombre derrière moi.
Si je ne le vois pas, je le reconnais. Mais il est mort…alors qu’est-ce qu’il fait là ?
-Oui, reprend Hades Lestrange, il va mourir et t’abandonner et tu ressentiras enfin ce que j’ai ressenti tout au long de ma vie !
-Non !
Je me mets à courir. Il ne faut pas que Harry meurt ! La voix devenue grinçante de Hadès s’élève loin derrière moi.
-Tu as beau courir Draco ! Tu n’y arriveras pas à temps ! Le Tic Tac gagne toujours ! Il va mourir ! Oh oui ! Oh oui, il va mourir !
Son ricanement me glace le sang mais je cours plus vite. Les pierres me semblent aussi effilées que des lames sous mes pieds nus mais ça n’arrête pas ma course…Plus tard…Plus tard je penserais à la douleur et pour le tic-tac de l’horloge, c’est ça qui fait vraiment mal. Ça entre dans ma tête et cogne, cogne, cogne. Et au même rythme effréné, les battements de mon cœur me crient « Vite, vite, vite ! ».
Puis je me sens tomber. Mon poignet se tord au moment où je me réceptionne sur le sol mais je me relève.
« Vite. Vite. Vite » me dit mon cœur.
C’est aussi sombre qu’avant et je suis trop essoufflé, trop effrayé pour me remettre immédiatement en route et puis il y a cette…puanteur qui m’empêche presque de respirer.
Quelque chose attrape mon poignet et je pousse un gémissement plaintif.
Je reconnais ce cauchemar. Cette partie du moins. Oh oui, je sais qu’il va…poser ma main sur… sur…
-Draco, susurre la voix de Lord Voldemort, tu sens comme je suis dur ?
-Pas ça ! je gémis pitoyablement, incapable de bouger ma main. Harry va me sauver, il va…
-Oh, pas cette fois, je le crains. Tu l’as quitté, tu te souviens ? Il n’y a plus personne dans ton lit pour te réveiller quand tu fais un cauchemar. Potter est mort et toi tu vas me sucer.
Mort ? Non, pas encore, le tic-tac est toujours là ! Mais « Vite. Vite. Vite » me dit mon cœur et puis « Cours. Cours. Cours ! ».
Alors j’arrive à fuir, loin de mon cauchemar familier pour mieux m’enfoncer dans celui que je ne connais pas et qui est pourtant plus terrifiant, mille fois plus terrifiant.
J’ai l’impression que ça fait des heures, des années, des siècles que je te cherche, que je t’appelle mais seul le tic-tac morbide me répond.
Et puis enfin, je te vois. Tu es là devant moi, si près et pourtant si loin…mais si beau, si beau…
J’avance, au pas cette fois, comme si trop de précipitation allait t’effrayer et t’obliger à t’enfuir. Tu n’as pas à avoir peur, j’ai vaincu les fantômes pour toi. Regarde, les ténèbres s’éclaircissent…
Je ne veux pas que tu me fuies. Mon cœur bat vite, encore trois pas et je pourrais te toucher. Je n’aurais plus froid…Je serais chez moi.
J’avance.
Tu lèves les yeux vers moi, tu me reconnais et tu me souris, d’un drôle de petit sourire triste. Plus que deux pas.
J’avance.
-Je t’aime, me dis-tu et tu as l’air si malheureux alors que pourtant je suis si près.
Plus qu’un pas. J’arrive mon amour.
J’avance encore et tends la main.
Ton regard se fige, s’éteint. Tout est devenu silencieux. Le tic-tac vient de s’arrêter. Tu t’écroules comme une poupée de chiffon. Je n’arrive même pas à temps pour seulement te rattraper.
Mon cœur se brise.
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Appartement de Blaise Zabini, Vendredi 8 mai, 02h21
Mon propre hurlement me réveille. L’instant d’après, Blaise débarque dans ma chambre, sa baguette magique dans la main, l’air affolé.
-Un…un cauchemar, j’explique rapidement.
-Ok, dit-il et il allume la lumière. Ça va aller ?
Non, non, ça n’ira plus jamais. Harry est… Harry est…
Blaise écarquille soudainement les yeux avant de les détourner d’un air gêné. Je m’aperçois que je tremble, je fixe ce qu’il vient de voir.
-Je…je suis désolé, je bégaie contemplant avec horreur le drap collé contre moi, trempé d’urine.
-C’est rien ! dit-il très vite.
Je me lève d’un bond. Soudain l’odeur et le froid me réveillent tout à fait. Et la honte, oh oui la honte aussi ! Merde, j’ai envie de chialer !
-Je t’assure que ce n’est rien ! dit Blaise en se rapprochant. Calme-toi Draco, tu trembles comme une feuille !
-Je suis désolé, je répète en enlevant les draps.
-Arrête-toi !
-Je suis dé…
-Je sais Draco. Je sais. Lâche les draps, l’elfe de maison va s’en occuper. Va prendre une douche pour te réchauffer. On parlera après, si tu as envie.
Je hoche la tête mécaniquement et me dirige vers la salle de bain.
Ce n’était qu’un cauchemar. Harry n’est pas mort.
Une demi-heure plus tard, je suis dans le salon, propre et changé. Blaise a préparé le café et semble m’attendre.
-Ça ne m’était pas arrivé depuis mes trois ans, dis-je en m’asseyant négligemment dans un fauteuil.
J’ai les idées plus claires que tout à l’heure. Prendre une douche m’a fait du bien.
-Si tu me répètes que tu es désolé, je te castre ! répond mon meilleur ami. Tu as fais un cauchemar, ce genre d’inconvénient peut arriver.
Oui, on va dire ça. Sauf que je ne suis ni un gosse, ni un vieillard. Si encore mon cri n’avait pas alerté Blaise. J’aurais juste pu oublier cette abomination.
-Je sais. Mais l’humiliation est cuisante. Et j’ai horreur de ce sentiment !
-En général, à moins d’être masochiste, personne n’aime ça. Tu veux en parler ? De ton cauchemar je veux dire !
-Ah ? Pourtant débattre du sadomasochisme avec toi à près de quatre heures du matin me tentait bien !
-Ha ! Ha ! Quel comique ! Alors ? Potter est passé te voir ce matin, ça a un rapport ?
-Non rien à voir. Ecoute Blaise, je ne vais pas t’embêter plus longtemps. J’ai sommeil et toi aussi, en plus demain tu bosses. Ce n’était qu’un mauvais rêve et pas besoin d’en faire une séance chez un psychomage !
Je mens et Blaise n’est pas dupe. Bien sûr que ça a à voir avec Potter ! Il me pourrit la vie depuis trop longtemps, ce n’est pas un mois et demi de séparation qui va changer ça.
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Bibliothèque de Poudlard, vendredi 8 mai, 9h45
Nous sommes tous réunis à Poudlard ce matin, comme tous les jours d’ailleurs. Poudlard à la bibliothèque la plus complète d’Angleterre et les gens du monde entier nous envoient d’eux-mêmes les livres concernant les Pierres de Vie… Oh, le peuple veut sauver le petit pote Potter, comme c’est émouvant !
Où sont les chiottes que je vomisse ?
Oui, j’ai mal dormi. Oui, j’en ai ma claque de voir Granger avec constamment les larmes aux yeux. De voir Lupin qui semble aussi triste que s’il avait bouffé le petit Chaperon Rouge. Mais le pire ça reste encore Weasley. Trois Oscars au moins je lui donne, dans le rôle du meilleur ami éploré. Pas qu’il chiale non, ça c’est sa copine qui le fait plus ou moins, non, lui il a ce regard un peu vide. Très con. Je le frapperais bien. Il suinte les remords à plein nez. Et il me regarde à chaque fois comme s’il était sûr que j’allais me remettre avec Potter.
C’est le choc qu’il dit…ben ça va lui faire un autre choc, mais je n’ai aucune envie de me remettre avec Ha…Potter !
Si je suis là, à supporter –bien grand mot, ma foi- leurs têtes de déterrés, c’est à cause du serment.
Même si Weasley pense que c’est parce que j’aime toujours Harry… Comment peut-on aimer un type qui nous a trompés si longtemps ? Il a qu’à se le faire son pote s’il tient tant que ça à ce qu’il est quelqu’un à ses côtés…pour le Grand Voyage !
Grand Voyage mon cul, ils ont tous des têtes d’enterrement sauf moi. Je n’enterre personne. Jamais je ne jouerais au veuf éploré- ha ha, encore faut-il être marié pour ça ! Oh mais j’ai oublié, Potter m’a jeté quand je lui ai demandé sa putain de main ! Enfin un truc de bien qu’il a fait dans sa vie celui là ! Faire des cauchemars est déjà assez cher payé.
Je trouverais un moyen. Potter ne mourra pas ou alors de mes propres mains. Il existe forcément un moyen de contrer une Pierre de Vie. C’est une vérité universelle, rien n’est écrit.
Potter ne mourra pas.
Ce salopard n’a tout simplement pas le droit de s’en tirer aussi bien.
-Raconte-nous encore une fois Weasley ! dis-je au rouquin. Le passage avec le type bizarre.
Ron passe une main dans ses cheveux, approche une chaise et commence à raconter ce qu’il s’est passé. Je suis concentré pour voir si un détail qu’il aurait oublié lui revient cette fois-ci.
-Snape nous a fait transplaner. Je ne sais pas trop où. En Irlande mais j’ignore où.
-Tu ne te souviens pas d’un nom de rue, demande Granger ?
-Non, j’ai juste fait la réflexion que pour un ermite habiter en ville, c’était pas commun et Snape a dit un truc comme « ce n’est pas parce qu’on vit dans un endroit civilisé qu’on est civilisé ».
-Snape doit venir aujourd’hui ? je demande à Lupin.
Il hoche la tête et pince les lèvres. Il n’a pas l’air d’avoir plus envie que moi de voir ce type. Après tout il est le seul qui savait tout. C’est lui qui a jeté ce sort d’oubliette à Weasley. Je crois qu’il sortait avec Lupin, mais ça n’a plus l’air d’être d’actualité.
-Continue Ron, presse Granger.
-On a traversé plusieurs rues et non je ne n’ai pas regardé les panneaux, dit-il très vite devançant sa petite amie. Puis Snape nous a montré une petite maison, genre maison abandonnée, en vente ou un truc comme ça. C’était très poussiéreux à l’intérieur et il n’y avait personne, pas de meuble. Rien. C’est là que j’ai vu un vieux tapis et je me suis dis que c’était bizarre qu’il y ait juste « ça » comme mobilier alors je l’ai soulevé et il y avait une trappe. J’ai appelé les autres. Snape m’a dit de descendre. Les escaliers étaient propres, eux et on est arrivé dans une sorte d’appartement sous la maison.
-Comment était-il ? demande Lupin.
-On ne nous a pas fait faire le tour du propriétaire, grogne Weasley. Mais l’escalier menait à une cuisine toute équipée mais ça aurait pu être la cuisine de n’importe qui. La pièce suivante était le salon. Il y avait des tonnes de livres et de bibelots. Harry et moi, on a plaisanté à propos de ça et de toi Hermione, qui serait au paradis ici. Et puis Snape qui regardait la bibliothèque à ouvert des yeux ronds et a soufflé un truc tout en voulant prendre un livre. C’est là qu’il est arrivé.
-L’Autre, souffle Granger.
Je me tends inconsciemment vers Weasley.
-Oui, c’est ce qu’il a dit qu’il était. Il a dit que Loik O’Donnel n’était pas son vrai nom. C’était…c’était un gamin très mignon mais au regard terrifiant.
-Continue, dis-je doucement.
-Il nous a dit que Dumbledore et Voldemort étaient venus pour demander son soutien dans la guerre et qu’il avait refusé. Il a demandé à Harry qu’est-ce qui lui faisait croire qu’il allait l’aider, lui. Harry a répondu qu’il était prêt à donner sa vie pour gagner cette guerre. Tout est allé si vite, murmure Ron en baissant la tête.
Granger lui presse la main.
-Qu’a-t-il dit exactement sur lui ? demande-t-elle.
-Qu’il était très vieux, qu’il avait connu beaucoup de guerres. Qu’il en avait marre de notre monde et que seuls les gens comme lui l’intéressaient. Harry s’est énervé. Et puis après on aurait dit qu’il lisait dans son esprit. Il a fait allusion à son amour pour Draco. Il a dit que Harry se trompait que l’amour s’en irait un jour…
-Poursuis ! j’ordonne en serrant les poings sous la table.
-Puis il a ri parce que Harry lui a dit que son amour à lui ne s’en ira pas. Et ensuite, il a dit qu’il allait l’aider parce que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas ri comme ça. Qu’il lui fournirait les pouvoirs nécessaires pour vaincre Voldemort mais qu’il y aurait un prix à payer. Et après ça, il a sorti une Pierre de Vie et j’ai tout de suite compris et…
-Et Potter ne vous a pas écouté Weasley quand on lui a dit de partir, retentit une voix froide. Il ne m’a pas écouté non plus…
Je me retourne. Snape est là. Il n’est plus professeur de potion depuis la fin de la guerre, je ne sais pas trop ce qu’il fait en fait. Je crois qu’il bosse dans la recherche magique…pour une potion tue-loup améliorée. Je n’ai jamais trop bien compris.
On peut dire que son arrivée n’attire pas tous les suffrages. Ron le regarde comme s’il allait lui jeter un sort douloureux. Granger est juste triste. Lupin tout pâle et le fixe hargneusement et moi j’ai bien envie de lui arracher son petit sourire horripilant.
-Je suis venu, dit-il à Lupin, un peu ironique. Que puis-je pour vous ?
-L’Autre, dis-je. Ce gamin, cet O’Donnel…où est-il ?
-Aucune idée !
Je plisse les yeux. Il va falloir qu’il y mette du sien ou je risque de m’énerver.
-Comment ça ? s’écrit Lupin, c’est à toi seul que Dumbledore a donné la destination ! Tu les as fait transplaner ! Quand je pense que je t’ai demandé de prendre soin de lui et tu l’as laissé faire se sacrifice !
-Je n’ai pas eu le choix, siffle Snape. Weasley peut en témoigner. O’Donnel nous a empêché de bouger et de parler. Potter a choisi tout seul. Il nous a juste fait promettre de garder le secret. La seule chose que j’ai à me reprocher, c’est d’avoir effacé la mémoire de Weasley. Je n’avais pas confiance en lui. Vous étiez, bien trop perturbé par tout ça, Weasley. Avec vous, cette histoire aurait fait le tour de la place publique. J’avais raison d’ailleurs, elle l’a fait, simplement avec trois ans de retard.
-Il a donné quatre-vingts ans de sa vie ! crie Weasley. Encore heureux que je sois perturbé !
-Il s’agit de trois ans que nous n’avons plus, crache Lupin furieux. Les jours de Harry sont comptés ! Chaque seconde est précieuse à présent ! Je ne sais pas ce qui me retient de…
-Du calme, s’interpose Granger. Faites moins de bruit nous sommes dans une bibliothèque.
Je ne peux m’empêcher de sourire à cette remarque.
-Nous sauverons Potter, dis-je simplement. Je veux savoir où vit cet Autre, Snape. S’il est si puissant que ça, il doit pouvoir annuler son sort.
-Ce n’est pas un simple sort ! répond mon ancien maître de potion. Et tu crois quoi Draco, que cet homme va accepter de t’aider aussi facilement ?
-Je ne lui laisserai pas le choix, je murmure dangereusement.
-Oh ! s’exclame Snape ironique. Je ne doute pas que tu sois très fort pour faire apparaître deux ou trois monstres mais c’est un Autre. Sa magie est plus puissante ! Il est plus puissant que tout ce que tu peux imaginer et il n’est ni bon, ni mauvais. Il n’est pas gentil, tu entends ?!
-Où est-il ? je répète froidement.
-Aucune idée, redit-il tout aussi froidement.
-Severus…, prévient Lupin sombrement.
L’ancien maître de potion nous toise tous puis pousse un soupir agacé.
-Tu crois quoi ? dit-il au loup garou. Que je n’allais rien tenter ? J’y suis retourné le voir, bien sûr ! Il était parti ! Plus de bibliothèque. Plus de sous-sol. Plus rien ! Où qu’il soit désormais, je n’ai plus les moyens de le rejoindre.
-C’est impossible…
Granger a l’air dévastée. Pas moi. Potter ne mourra pas, je le sais.
-Je le trouverai, dis-je. Granger, je veux tout ce que tu peux rassembler sur les Autres. On laisse tomber les Pierres de Vie et on se focalise là-dessus !
-Bien, dit-elle. Tu as raison Draco. On le trouvera.
Je n’en sais rien si j’ai raison ou pas. Peut-être que cette piste va juste nous ralentir… ? C’est justement de temps qu’on manque.
L’image d’une grande Horloge sombre s’impose dans mon esprit et je frissonne.
Potter ne mourra pas.
Je le sauverai et qu’importe le prix qu’on me demande de payer.
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Mardi 23 juin, bibliothèque de Poudlard, 22h25
-Toujours rien !
-Calme-toi Granger, on trouvera, dis-je.
-On trouvera, répète Weasley comme un écho.
Lupin n’est pas là aujourd’hui. Il est avec Potter. Weasley y était aussi, il y a encore une demi-heure. Mais il est venu ramener sa belle à la maison. C’est vrai qu’il est tard. J’ai l’impression que mon dos est un de ses vieux parchemins que je regarde à longueur de journée et que je vais m’effriter au moindre mouvement brusque.
-Rentre chez toi, Granger, dis-je. Je finis ce passage et je rentrerais aussi. Blaise doit encore m’attendre, tel que je le connais.
-Ok, demain, à huit heures ? demande Granger.
-Ça marche, dis-je sans quitter des yeux mon livre. Bonne soirée à vous.
J’entends Ron murmurer un truc à l’oreille de Granger et elle part sans lui.
Oh, et bien on dirait que je vais avoir le droit à une de ses fameuses conversations entre hommes. Puis-je me jeter de la tour d’astronomie avant ?
-Malfoy…souffle Ron en s’asseyant en face de moi.
-Weasley…je réponds sur le même ton, les yeux toujours fixés sur des lignes que je ne vois plus.
-Ne crois-tu pas qu’il est temps d’aller le voir ? me demande-t-il.
-Je ne vois pas de qui tu parles.
-Bordel, pas avec moi ! Je sais que tu as peur Malfoy, malgré tes « je-le-sauverai ! » et c’est pour ça que tu l’as quitté !
Cette fois, je lève les yeux sur lui. Il croit peut-être qu’il peut lire en moi. Je n’ai pas peur ! Potter ne mourra pas !
-C’est lui qui t’envoie ? je demande franchement.
-Bien sûr que non ! Mais tu lui manques ! Il t’aime comme un dingue ! Tu devrais être auprès de lui en ce moment, pas moi, ni Remus ! Mais toi ! C’est de toi qu’il a besoin !
-Oh, il m’aime ! je susurre alors qu’une colère sourde monte en moi. Dis-moi Weasley, quand on aime quelqu’un est-ce qu’on lui ment ? Pendant trois putains d’années, Weasley ! Est-ce qu’on se sacrifie comme ça ? Oh bien sûr, monsieur est un héros ! Mais dis-moi, il n’a pas réfléchi longtemps avant de filer sa vie à ce mec ! Est-ce qu’il a seulement pensé à moi ce jour- là!? On venait juste de baiser le matin même Weasley ! Est-ce que tu l’as vu hésiter ? Est-ce qu’il a au moins parlé de moi ?
-Dra…Draco, souffle Ron et il ne semble pas capable de dire autre chose.
Pas capable de me soulager de ce poids qui m’oppresse.
J’essuie les larmes de rage qui coule sur mes joues. Bien sûr, à quoi je m’attendais d’autre. Je connais l’histoire en plus, il l’a bien assez raconté.
-Tu vois, je reprends plus calmement, son amour, il a des airs de « reviens-y-pas ». Aucun homme amoureux n’aurait agi comme il l’a fait. Il n’a pas besoin de moi. Il n’en a jamais eu besoin. Si ça avait été le cas, il n’aurait pas donné sa vie. Je le hais Weasley, c’est pour ça que je ne vais pas le voir. Je n’ai pas peur, je suis juste empli de haine et déçu…déçu…à un point que tu ne peux pas imaginer.
-Je t’en prie, dit Weasley et ça semble lui arracher la gorge cette supplique. Oublie ta haine et ta déception…s’il meurt, s’il meurt…tu t’en voudras…
-Ne confonds pas nos deux cas, dis-je avec dédain. Ce n’est pas moi qui suis resté cloué dans un fauteuil pendant qu’il se faisait aspirer la vie ! Je n’ai pas de remords !
Il blêmit, je sais que j’ai frappé juste. Comme toujours. Il va enfin me lâcher la grappe et partir avec sa copine.
-Tu as beau dire, souffle-t-il enfin, tu es mort de trouille, Malfoy. Ça se lit dans tes yeux. Tu as raison, j’ai dû mal à dormir la nuit mais je gage que dans cette salle, je ne suis pas le seul. Dis-moi…depuis quand n’as-tu pas eu une nuit agréable ? Dis-moi est-ce que tu l’appelles dans ton sommeil ?
-TA GUEULE !
Je le tiens par le col, je suis à deux doigts de lui en coller une. Je ne sais même pas à quel moment je me suis levé. Il me fixe sombrement, me défiant de le frapper. Je tremble un peu. Je crois que je suis fatigué.
-Restons en là, dit Weasley et il détache mes mains avec une facilité étonnante. Tu ouvriras les yeux Draco, dit-il. Il faut juste espérer qu’il ne sera pas trop tard.
-J’ai les yeux ouverts Ron. Ils sont ouverts depuis quatre mois. C’était avant que j’étais aveugle…
Il ne dit rien, attrape juste sa veste et repart.
La bibliothèque est vide à cette heure-là. Je crois que pour ce soir, je vais m’arrêter là.
Je suis fatigué…
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Appartement de Blaise Zabini, dix minutes plus tard
-Alors ?
Blaise pourrait au moins me laisser le temps d’entrer.
-Alors rien, je réponds. Il y a encore moins d’écris sur les « Autres » ou quels que soient leurs noms que sur les Pierres de Vie. Mais je trouverai.
Quel mantra ! Si je le dis assez de fois peut-être que ça deviendra vrai…
-Je n’en doute pas. Allez viens manger !
Je voudrais bien mais on dirait que Weasley m’a coupé l’appétit.
-Je n’ai pas faim. Mais j’espère que toi, tu as mangé !
-Ouais, à l’Agence, avec Ginny. D’ailleurs c’est elle qui a fait le ragout, je t’en ai gardé une part car il est délicieux !
-Je n’en doute pas. Garde-le au frais. Je mangerai ça demain midi. Là, je suis mort…
Qui aurait cru que passer toutes ses journées à lire soit si crevant !
-A propos de Ginny, reprend Blaise. Ça te dérange si elle passe la soirée ici demain ?
Je fronce les sourcils. Pourquoi veut-il ma permission ? Il veut que je la lui tienne pendant qu’il la baise, aussi ?
-Bien sûr que non, pourquoi…Attends, si ma mémoire est bonne, et elle l’est, non seulement je vis chez toi depuis quatre mois mais en plus Ginny n’est jamais restée une nuit entière. Elle passe juste en coup de vent, à chaque fois…
-Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise, avoue mon meilleur ami.
Je suis sous le choc. Depuis quand est-ce que je donne l’impression que je suis une pauvre petite chose qu’il ne faut surtout pas mettre mal à l’aise ?
Je suis tellement focalisé par le problème de Potter que je n’ai pas vu que Blaise a changé ses habitudes pour moi.
-C’est maintenant que je suis mal à l’aise, j’annonce en soupirant. Je crois que ça fait trop longtemps que je m’appuie sur toi. Je squatte ton appartement, t’empêche de voir ta rouquine et je te gêne sûrement pour d’autres trucs…Tu as l’habitude de vivre seul et moi je me fais l’effet d’un parasite. Demain, je chercherai un appart et …
-Et tu vas te calmer et ne pas bouger d’ici ! J’aime bien t’avoir chez moi, ça me rappelle Poudlard avant que tu ne deviennes préfet et que tu te la pètes avec ta chambre perso et tout et tout. Non, tu restes ici, tu n’es pas bruyant, tu fais le ménage et en plus mes voisines sont toutes dingues de toi et viennent toujours en chemise de nuit nous demander du sucre ou une autre de ces conneries ! Non, pas moyen que tu partes. Et puis comme ça, j’ai l’impression de te servir à quelque chose. C’est un peu ma contribution à moi dans le Grand Sauvetage de Potter !
-Tu ne peux pas laisser tomber ton entreprise et mettre ta vie entre parenthèses pour lui, dis-je en haussant les épaules.
-Granger le fait. Lupin le fait. Ron le fait…Et toi aussi.
-Ils sont sa famille et j’ai fait un serment. Une belle connerie ce serment, si tu veux mon avis.
J’ai un ricanement mauvais qui reste bizarrement coincé dans ma gorge.
-J’aime bien Harry, répond Blaise. Et je suis triste à cause de ce qu’il vous arrive mais c’est pour toi que je m’inquiète, Draco.
-Il n’y a pas de quoi. Je vais très bien, un peu fatigué peut-être.
Sous-entendu, lâche moi la grappe mon ami et laisse moi dormir. Mais Blaise ne semble pas comprendre puisqu’il pousse un soupire tout en pliant et dépliant ses doigts. Il fait ça quand il est nerveux. On dirait que c’est la soirée des discussions-dont-on-se-passerait-bien. Allez, ça ne peut pas être pire que les conneries de Weasley.
-Accouche ! dis-je à mon peut-être ex-meilleur ami.
-J’aime beaucoup Harry, répète-t-il et ma foi il n’a qu’à se le faire s’il l’aime tant que ça ! Mais à part t’occuper de le sauver, tu ne fais rien d’autre. Tu devrais sortir de temps en temps pour te changer les idées…
-Attends ! Si j’ai bien compris, tu veux que je sorte avec quelqu’un !
-Non, pas spécialement ! se hâte-t-il de répondre. Juste boire un verre avec des amis à toi qui n’ont aucun rapport avec Potter. Tu n’en as pas à ton école d’Invocateurs ?
…Heu, il y a juste une bande de glands…et un type que je ne peux pas encadrer.
D’ailleurs rien que l’idée de boire un verre avec Murrey me donne des coliques.
-J’ai quelques amis en effet.
J’ai juste envie de les noyer dans des toilettes quand je les vois mais Blaise n’a pas besoin de savoir que je suis un antisocial chronique.
-Parfait ! dit-il. Draco, tu dois t’éclater ! Tu es jeune, tu es canon et ça fait quatre mois que tu es célibataire ! Le serment ne t’empêche pas de coucher avec un autre que Potter n’est-ce pas, au moins pour l’hygiène ?
-Non…il n’empêche pas ça.
Blaise et sa manie de m’envoyer des coups de massues sans en avoir l’air. Je n’avais même pas fait attention mais ça fait quatre mois que je n’ai rien fait sexuellement parlant. Enfin, je n’en ai même pas eu envie !
-Je…je vais dormir…
-Ok, moi aussi ! Ça m’a fait plaisir de parler avec toi à cœur ouvert ! sourit Blaise.
-Ouais, ouais, moi aussi, dis-je en me dirigeant vers ma chambre.
« Conversation à cœur ouvert », je t’en foutrais moi ! J’ai juste appris que j’étais un parasite et que Potter avait tué toute libido en moi.
Non parce que « ça », ce n’est pas normal ! Ok, le rythme de nos relations sexuelles faisait pitié mais ça ne m’empêchait pas de me masturber matin et soir. Parce que Potter est ce qu’il est –un salopard de première- mais il est torride et le côtoyer tous les jours sans pouvoir me le faire, ça donnait juste envie de se soulager sous la douche pour ne pas avoir à lui sauter dessus.
Mais là rien, nada, pas une seule branlette en quatre mois. Potter m’a jeté un sort, ce n’est pas possible !
Enervé au possible –et pas excité, ça serait trop beau, je me déshabille et me glisse sous mes draps.
C’est idiot mais je veux me prouver que je suis comme avant. Que Potter n’a rien détruit en moi. Avant lui, je baisais des filles…avant lui j’avais dans la tête autre chose que ses yeux verts de menteur.
Je grince des dents et descends ma main droite sur mon sexe –crétinement repos.
Mais je me connais par cœur –par corps. J’ai une grande expérience du fais-toi-plaisir-tout-seul (merci Potter !). Je vais me faire décoller pas besoin de lui pour ça ! Et s’il le faut, j’utiliserai l’autre main aussi comme tout bon enculé qui se respecte. Oui, parce que Potter m’a bien baisé sur ce coup-là et sans avoir à utiliser sa queue !
Je suis pitoyable…pitoyable.
Je ferme les yeux et il est là. Juste à côté de moi. Debout près du lit.
-Regarde, regarde bien Ducon, je prends mon pied ! lui dis-je en me branlant férocement.
Il a un sourire qui me fait trembler. C’est vrai, il est sexy mais je m’en fous. Qu’il aille se faire voir avec ses cheveux en bataille et ses yeux qui brillent…brillent…brillent…
-Qui est le con ici ? demande-t-il en me faisant presque gémir au son de sa voix à la fois rauque et ironique. Laisse-moi t’aider, Draco.
Non, non je ne veux pas. Pas besoin de lui. Je voudrais le lui dire mais il pose sa main sur la mienne et la bouge de haut en bas…de haut en bas…
-Je n’ai pas oublié comment tu aimes, reprend-t-il.
C’est vrai. Je le hais pour ça.
-Tu es un salopard, je gémis pitoyablement.
-Oui mais un salopard qui sait te faire jouir, mon amour.
Sa main est trop douée et il se penche sur moi et pose sa bouche sur un de mes tétons. Je me cambre quand il le mordille. Il va me rendre cinglé !
-Tu vois, reprend-t-il avec tant de tendresse que j’ai envie de chialer. Je n’ai pas tué ta libido. Elle existe belle et bien…mais pour moi. Juste pour moi.
-Oui, oui, pour toi ! dis-je alors que sa main ou la mienne, je ne sais plus, se fait experte, se fait diabolique et me rends fou de plaisir.
-Viens, chuchote-t-il avant de me mordiller gentiment le lobe de l’oreille.
Je me tends complètement, les yeux grands ouverts et je jouis dans ma main.
Je reste comme ça, étalé sur le lit, le souffle court. Il n’y a que moi dans cette chambre.
Je suis fatigué…si fatigué de tout ça.
Et si seul…
A suivre…
Et bien voilà c’est fini pour cette fois.
La suite avec un POV de Harry.
Bisous à tous !
Artoung (B.B. Cat au pouvoir !)