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au 04 Déc 08 :
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Nacht und Nebel
Par Morphine
Originales  -  Surnaturel/Erotique
3 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 2     Les chapitres     8 Reviews    
Since 1876

 

Dresden, 1876.

 

Il était une fois, dans les rues de Dresde. Un endroit que l’on appelle « Die Hölle ». L’Enfer. Par ce qu’il recèle tout ce qui est possible d’anges déchus près à vous damner pour une pièce en or.

 

«  Willst du mich? Ich wäre klug.

«  Was ist dein Name?

« Nacht.

« Mir ist… Nebel.

 

Vincent, un garçon brun aux cheveux presque lisses et aux vêtements bourgeois eu un sourire d’enfant. Joseph, le prostitué en face de lui eu un frisson et se mordit les lèvres.

 

«  Ich wäre dein Meister, Nacht. Für immer.

«  Ja. Für immer.

 

Paris, 1938.


« Nicéphore, pourriez vous s’il vous plait me passer le sel ?

« Oui bien sûr, tenez.

 

Nacht eu un sourire charmant et prit la salière, effleurant pas mégarde les doigts de son invité. Nebel à l’autre bout de la table, ne manqua rien du spectacle. Un sourire étendit ses lèvres minces et il se tourna vers sa voisine de gauche.

 

« Vous disiez donc à propos de l’avancée allemande ma chère ?

« Vincent, vous n’êtes pas très attentif…

« J’étais perdu dans votre contemplation.

 

La jeune femme eu un gloussement et considéra l’homme en face d’elle. Brun, les cheveux un peu long il est vrai, mais très beau, et pour ne rien gâcher, très riche. Dans la vingtaine, les yeux bleus cobalt et un sourire désarmant. Il jeta un coup d’œil à son deuxième hôte, le cousin de son voisin de table. Les deux maîtres de maison se nommaient Vincent et Joseph Hölle.

Sentant le regard de la femme rousse sur lui, Nacht releva la tête pour croiser son regard et lui sourit. La parisienne se dit que si elle avait eu à choisir entre les deux cousins, elle aurait été bien en peine en vérité ! Joseph était châtain clair, ses cheveux étaient eux aussi long mais bouclés et retenus en un catogan lâche. Ses yeux étaient d’un vert surprenant. Secouant un peu ses douces boucles rousses, et reprit sa conversation.

 

«  J’avais cru comprendre que vous étiez d’ascendance teutonne à dire vrai.

«  C’est tout à fait exact. Mon nom ne laisse pas réellement de doute ne pensez vous pas ?

 

La jeune femme acquiesça et gratifia l’assemblée d’un nouveau gloussement. Nacht leva légèrement les yeux au ciel et se pencha vers l’homme à sa droite.

 

«  Dites moi Nicéphore, soyez honnête, comment trouvez vous mlle *** ici présente ?

 

L’homme d’une quarantaine d’années se rengorgea et rougit légèrement, tortillant un peu le bout de sa moustache.

 

«  Sur une table où se côtoient tant de beautés, je pense qu’elle ne déparait pas.

 

Il accompagna cette phrase d’un regard concupiscent à l’encontre de son interlocuteur qui eu la convenance de rougir.

 

«  Allons mon ami, pas en public… Tenez, parlons plutôt de cette nouvelle effarante qui nous est arrivée hier… L’Autriche, annexée par l’Allemagne * !!

 

Nebel détourna son regard de l’homme châtain et sourit à sa voisine. Décidemment, cette guerre qui s’annonçait était sur toutes les bouches… Dès la semaine prochaine, Nacht et lui partaient pour les états unis d’Amérique. New York, terre d’accueil. Il avait une certaine hâte de voir les fameux gratte-ciel art déco qui s’élevaient depuis 1930 dans le firmament de la ville. Un sourire étira ses lèvres, et il repris un peu de poisson.

 

 

New York, 1967.

Nacht soupira. Les hommes ne reculeraient donc devant rien. C’était la guerre, le Viêt-Nam brûlait sous les feux des bombes au Napalm et aujourd’hui, près de 200 000 personnes défilaient dans les rues. Les slogans montaient jusque sa fenêtre. Il y a deux ans, deux personnes s’étaient immolées pour protester. Il ferma les yeux et respira à fond. Central Park sous ses yeux grouillait d’étudiants, qui détruisaient leurs papiers militaires… Les mains de Nebel se frayèrent un passage sous son débardeur en résille et il soupira.

«  N’y pense pas Nacht, ils ne sont rien par rapport à toi et moi.
«  J’ai peur de devenir comme eux. Et si tu ne voulais plus de moi ?

La main de Nebel lui pinça la peau des flancs et il gronda dans ses oreilles.

«  Cesse donc de dire des choses ridicules. Ca me met en colère lorsque tu dis ce genre de choses.
« Et si ça arrivait ?

Nebel fronça les sourcils et frappa violement Nacht sur l’épaule.

«  Arrête ça ! Stop ! Tu pense que je vais t’abandonner, mais qui a peur ici ?

Il s’acharnait sur le torse de Nacht, qui faisait une bonne tête de plus que lui. Le frappant sans relâche.

«  Tu sais très bien que celui qui ne survivra pas c’est moi !

Dans un élan de fureur plus grand que les autres, il gifla son amant, imprimant la marque de ses ongles dans sa joue. Celui-ci recula d’un pas sous l’impacte et regarda Nebel avec des yeux surpris. Ce dernier venait de s’asseoir dans un fauteuil et le regardait sombrement.

« Mais…
« Pas de mais… Viens !

Nebel écarta doucement les jambes et Nacht s’avança vers lui, s’agenouillant à ses pieds. Nacht était aux anges. Des déclarations d’amour comme ça, il n’en avait pas souvent… Alors, avec une tendresse infinie, il déboutonna le pantalon de Nebel qui sentit les larmes lui monter aux yeux. Il passa sa main dans les cheveux châtains de son amant et appuya un peu sur sa tête.

«  Allez…

Ses yeux se fermèrent tandis que les lèvres de son compagnon s’occupaient de lui de la plus douce des façons.

 

A suivre.



* 13 mars 1938 : Anschluss. Hitler proclame l’annexion de l’Autriche à l’Allemagne. L’Autriche est réduite à la condition de simple « marche » du Reich, l’Ostmark, administrée par un Statthalter, gouverneur dépendant de Berlin - Les réactions de la France et du Royaume-Uni se limitent à une protestation verbale.

 
 
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