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au 04 Déc 08 :
1070 comptes dont 378 auteurs
pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Nine years and a wheel-chair
Par FeeVerte
Harry Potter  -  Romance/Drame
5 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 2     Les chapitres     11 Reviews    
Chapitre I
 

¤ NINE YEARS AND A WHEEL-CHAIR ¤

(Neuf ans et un fauteuil roulant)

Couple : Harry Potter / Draco Malfoy

Rating :M ! Il faut que je mette un warning à cette fiction car elle est parfois un peu dure. Présence de sexe, parfois de violences, et pour les âmes sensibles n'aimant pas le drame... partez haha. De plus, il s'agit d'un slash, donc une relation homosexuelle entre deux hommes, donc vous êtes prévenus. Je me décharge de toutes responsabilitées.

Notes : Je rappelle que cette fiction comporte des spoilers du tome 7, alors ceux qui ne veulent vraiment pas savoir, ne lisez pas, ou prenez le risque. Les spoilers ne sont pas énormes mais tout de même...

Chapitre I : Accidents de parcours

Draco remua... Il tendait une main tremblante vers le miroir en face de lui et sanglotait... Il sanglotait...

Et Harry se sentit mourir face à cette scène.

Harry regardait Draco comme s'il ne l'avait jamais vu auparavant. Il n'aimait pas ressentir ces sentiments envers le mangemort. Tristesse, compassion ... pitié ?

Oui, ce devait être cela, ce sentiment qui formait un etau autour de son coeur.

Et inconsciement, Harry se sentit soulagé. Dans une telle situation, n'importe qui aurait pitié d'une personne -ou plutôt d'une chose- si maigre, si mal en point, si... Il n'y avait pas de mots pour décrire l'état de Malfoy en ce moment.

Il n'était même plus lui-même...

La seule fois où Harry avait vu Malfoy pleurer c'était lorsqu'il lui avait lancé le Sectusempra dans les toilettes en sixième année. Le blond, lorsqu'il était lui-même, avait toujours eu suffisement de fierté pour ne pas montrer ses larmes aux autres et pour se sortir de toutes circonstances embarassantes.

- Malfoy, allez, relève-toi !

Si Hermione avait été à sa place, elle aurait murmuré des choses réconfortantes à Malfoy, comme « tout va bien maintenant », ou « tu n'as plus rien à craindre ». Mais Harry n'était pas doué en relations humaines et surtout pas en relations Malfoyiennes.

- Malfoy..., supplia t-il.

Décidément, voir son ennemi dans cet état ne lui allait pas du tout. Il se releva, étrangement fébrile, et d'un geste maladroit, saisit la main du blond dans la sienne.

Malfoy aurait dû réagir. Ils s'étaient toujours détestés ! Il aurait dû se reculer comme si la peste l'avait touché. Mais non, il gardait sa main dans la sienne, sa main si fragile qu'Harry avait peur de briser comme on a peur de briser de la porcelaine. Pire que tout, le blond ne le regardait même pas.

Il avait les yeux perdus dans le miroir et Harry se demanda même s'il avait remarqué sa présence...

- Malfoy putain réagis !! cria t-il en le secouant, les larmes aux yeux. Tu ne vas pas mourir quand même !

Pourquoi voulait-il revoir une lueur de vie dans ces prunelles grises ? Pourquoi en avait-il besoin ?

Draco devait... vivre...

Ce qu'il ressentit à cet instant le figea d'horreur. Son coeur battait si vite qu'il allait s'en déchirer la cage thoracique.

- Ce n'est pas parce que tu es fils de Mangemort que tu en es un, d'accord ! Je le reconnais ! T'es content ? Ce n'est pas parce que tu es un petit con arrogant que tu es un meurtrier comme Voldemort ! Ce..., tenta difficilement Harry. Ce n'est pas parce que le Survivant te déteste que tu dois mourir.

Harry soupira de dépit. Pris d'une soudaine idée, il se décala devant le miroir et en cacha la vue au blond.

- Tu le reconnais au moins...

Malfoy venait de se redresser sur ses avants-bras, et une grimace de douleur passa sur son visage.

- Quoi ? demanda Harry, bouleversé. Tu... tu m'as entendu ?

- Hm... ouais, souffla t-il en le fixant droit dans les yeux, le regard étrangement vide. Juste la fin. Juste que tu veux que je crève mais comme tu l'as si bien dit, ce n'est pas parce que tu le veux que ça doit se faire. Mais ça te ferait bien plaisir, Potter, alors... dégage et épargne-moi ta pitié de merde !! cracha t-il en lui broyant la main.

Mais sa main était si frêle qu'Harry eut un hoquet de surprise. Il pouvait en sentir les os. Comme s'il serrait la main d'un squelette. Et sa voix... la voix du blond faisait peur, elle était rauque, beaucoup trop rauque...

- Aguamento, murmura t-il, faisant apparaître un verre d'eau dans son autre main.

Il le tendit à Malfoy qui le balaya d'un geste brusque de sa main libre. Le verre se brisa et l'eau se répendit parterre.

- Laisse-moi, supplia t-il en desserant sa poigne. S'il te plait...

Après les sanglots, après la crise, il ne lui restait plus que les larmes... juste quelques fines larmes qui perlèrent sur ses joues, et son coeur qui se serrait si douloureusement. Il ferma les yeux. Tout plutôt que de voir le regard de Potter.

Et il trembla. Il avait si honte...

Il trembla comme une feuille...

Son corps en ressentait le manque. Il ressentait le manque du miroir, il voulait... juste regarder encore, juste quelques secondes, c'était vital...

- Non, fit sérieusement Harry.

Les mains du blond se serrèrent en poings et son visage, bien que baissé, trahissait jusque dans ses rides d'expression la rage qu'il contenait. Harry aurait dû partir. Mais il restait là, devant lui, agenouillé, attendant une nouvelle insulte, une nouvelle dispute. Il voulait que Malfoy se déchaîne contre lui. Encore. Toujours.

- ... Va t'en.

Le blond avait détourné le regard, la voix étrangement rauque.

- Va t'en Potter, répéta t-il.

- Non.

- Casse-toi j'te dis !

- Depuis quand j'obéis à un Malfoy ?

- Va te faire foutre Potter ! Toi et tes préjugés ! hurla Draco en se levant totalement cette fois et en remontant son pantalon. Tu...

Ses yeux étaient brillants de rage et ses joues étaient rouges, rougies par la honte.

- Non après tout, reste je t'en prie... Admire le spectacle Potter ! Admire la déchéance de ta plaie humaine, Draco Malfoy ! Vois-tu dans quel état je suis ? Regarde Harry, je suis maigre à en crever, j'ai envie de mourir mais j'ai même pas le courage d'aller me jeter ! Je suis sali d'insultes et d'humiliations, et je me suis fait rentré des objets dans le cul ! Quel divertissement ! Tu dois bien te régaler, c'est sûr qu'après avoir tuer Voldemort, ta vie doit être terne, malgré quelques chasses de mage-noir par-ci par-là. Oh mais un Malfoy dans cet état, ça c'est distrayant, ça ça vaut le détour ! Allez, contemple Harry ! REGARDE MERDE !

Saisissant le menton d'Harry dans sa main droite, Draco le força à croiser son regard. Car le Survivant ne le regardait plus en ce moment. Il tentait de fuir... fuir cette douleur lancinante dans sa poitrine... fuir cette question étrange qui planait au dessus de lui depuis ce soir...

Pourquoi le haïssait-il ?

- Bon sang, réalisa Harry avec horreur, reprenant le fil de ses pensées. Tu es drogué ! Dumbledore m'avait dit que c'était un objet dangereux mais...

Il soupira, puis inspira et ferma les yeux. Une seconde plus tard, l'objet disparut.

Malfoy avait l'air horrifié.

- J'ai mis le miroir en lieu sûr, et maintenant je t'emmène à Saint Mangouste. Tu as besoin d'être soigné, Malfoy.

Sans attendre l'avis de son vis-à-vis, Harry le fit transplaner. Draco n'eut pas le temps de résister -et de toute façon, il n'en avait pas la force-, qu'il sentit le sol se dérober sous ses pieds et une sensation de froid horrible dans les entrailles. Le voyage acheva ses dernières forces et il s'évanouit dans le hall d'entrée de l'hôpital, rattrapé de justesse par le survivant...

Un an plus tard...

1 Août 2003

Harry Potter marchait paisiblement dans un parc, les mains dans les poches de son pantalon trop grand pour lui mais dans lequel il se sentait si bien. Ses yeux verts, encadrés de ses si « sexy » lunettes ovales, s'attardaient sur les gens, les arbres, le ciel... sans jamais fixer quelque chose de précis. En réalité, sa vision était aussi trouble que son coeur. Il avait une étrange envie de pleurer depuis qu'il se balladait dans ce parc parce qu'il se sentait si mal.

C'était la lassitude.

L'épuisement.

Harry était à bout de tout, à bout de nerfs, à bout de patience, à bout de force et surtout de courage.

Il n'avait plus le courage de sauver son couple.

Tout était fini avec Ginny.

Du moins, c'est ce qu'avait titré la presse à scandale. Mais combien de fois ce verbe fatidique avait-il été utilisé les concernant ? Harry aurait dit peut-être trois, voire quatre. En réalité, son couple allait toujours aussi mal et pourtant il l'aimait. Pourtant elle l'aimait. Alors pourquoi ? Pourquoi tout était si compliqué ? Pourquoi sa vie ne pouvait-elle pas être simple ?

Hier soir, Ginny l'avait mis à la porte avec cet éternel refrain « tout est fini ». Et pourtant Harry était toujours revenu. Mais... mais ce qui le rendait si vide à présent, c'est que cette fois, il avait pris une autre décision. Il ne reviendrait pas.

Il ne le voulait même plus.

Il avait besoin d'être loin d'elle... Loin, le plus loin possible, pour faire le point, pour revivre. Après tout même si son couple était au plus bas ; sa vie ne l'était pas.

Aujourd'hui plus que tout au monde, il se sentait enfin digne. Il était fier d'être Harry Potter. Bien sûr, les fantômes de son passé s'amusaient à l'arracher à ce sentiment chaque nuit, dans ses cauchemars, dans ses rêves étranges où il voyait tous les morts qu'il n'avait pu sauver. Il avait souvent rêvé de la dispute qu'il avait eue avec Lupin concernant son enfant et le fait qu'il soit lâche, qui pourtant datait de si longtemps à présent. Il s'était senti stupide au réveil. Stupide de ne pas avoir profiter de sa présence et d'à la place l'avoir recouvert de mots si honteux. Souvent, trop souvent même, il se disait des choses malsaines à lui-même.

Il se disait qu'il se détestait. Il se disait qu'il était... con, nul, faible, lâche, stupide, salaud, pourri. Il se disait que si le corps humain pouvait pourrir de la même sorte qu'un aliment, il serait quelque chose de décomposé et d'affreux. Au lieu de ça, son corps ne se dégradait pas, il renvoyait même l'image contraire de ce qu'il se savait vraiment être : quelqu'un de beau. Alors Harry souriait doucement lorsqu'on lui disait que c'était une belle personne... parce que les gens étaient aveuglés par son physique.

Toutefois, depuis un an, Harry avait un peu fait la paix avec lui-même. Un peu, mais c'était mieux que rien. Ce qui était étrange quand il y pensait, c'est que Malfoy n'y était pas pour rien... Tout avait commencé par lui. Le voir se faire agresser par des Aurors avait changé toute la donne. Il n'avait pas cessé de le haïr du jour au lendemain bien sûr, mais Hermione l'encouragea à soutenir Malfoy et surtout à voir plus loin que le bout de son nez.

Malfoy avait changé.

Et pendant tout ce temps, Harry s'était trompé. Il avait haï, frappé, insulté, quelqu'un qui ne le méritait pas. Un innocent. Il avait méprisé un innocent qui ne demandait rien d'autre que pouvoir se reconstruire en paix après la guerre... Alors Harry s'était senti honteux, profondément mal à l'idée de s'être trompé ainsi et il n'était pas sûr de pouvoir revenir en arrière. Alors il ignorait Malfoy dès qu'il le croisait (mais il ne l'insultait plus, c'était déjà ça). Il prenait régulièrement des nouvelles du blond pour savoir si sa thérapie se passait bien, demandant à l'accueuil de l'hôpital Saint Mangouste, ou se référant directement à Hermione (qui s'était, aussi étrange que cela puisse paraître, rapprochée de Draco).

Il ne pouvait pas se pointer auprès du blond, après toutes ces années de haine, et lui présenter de plates excuses. A quoi cela servirait-il ? Le mal était fait. Et Malfoy se serait sûrement senti obliger de le pardonner -après tout, Malfoy était devenu quelqu'un de bien et de très poli selon Hermione. Harry ne voulait pas de cela. Il voulait que ce soit sincère... Mais une victime ne pardonnait jamais sincèrement son agresseur. Il était bien placé pour le savoir, malheureusement.

Et puis un jour, alors qu'il se rendait à Saint Mangouste et qu'il demandait des nouvelles de Malfoy, sa voix retentit dans son dos, le faisant sursauter.

- Alors Potter, on s'inquiète ? railla le blond. C'est gentil de passer me voir. Tout à fait gryffondorien, mais tu n'étais pas obligé tu sais.

Draco Malfoy était toujours aussi beau, songea Harry avec désespoir. Son attirance physique pour le beau blond ne s'était décidemment pas calmée, c'était même le contraire maintenant qu'il le savait aussi beau à l'intérieur qu'à l'extérieur.

- Si j'avais été obligé Malfoy, je ne serais pas ici, dit-il plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.

Il n'arrivait pas à parler normalement avec lui, c'était trop tôt et tous deux le savaient.

- Tu as raison. J'espère juste qu'Hermione n'a pas interféré en ma faveur, plaisanta le blond, passant une main nerveuse dans ses cheveux. Je n'aime pas forcer les gens.

- Je t'ai dit que je suis ici de mon plein grès.

Harry trouvait que parler ainsi avec Malfoy était complètement irréel. Mais le blond ne semblait pas éprouver la même chose de son côté... il semblait même très à l'aise, comme s'il parlait à un vieil ami. Et le coeur d'Harry se serra.

Malfoy avait tout d'un ange. Un ange qui a été attiré par l'enfer, glissa une voix en Harry et il se secoua.

- Soit. C'est dans ta nature après tout de t'inquiéter pour les autres, Potter.

- Je ne me suis jamais iquiété pour toi..., marmonna sombrement le héros, de plus en plus mal à l'aise.

Le blond eut soudain un sourire étrange qui troubla Harry au plus haut point. Un sourire... triste ?

- Je sais... Moi non plus Potter, je ne me suis jamais inquiété pour toi. Ainsi nous sommes quitte, sourit Draco. J'allais te demander pourquoi tu es venu prendre de mes nouvelles dans ce cas ? Pourquoi tu t'inquiètes maintenant ?

Les yeux gris de Malfoy se plantèrent dans les siens, le fixant intensément, comme s'il cherchait à lire en lui. Harry détourna le regard pour le poser n'importe où ailleurs, n'importe quel endroit lui permettant de cacher sa gêne. Il se sentait si mal. Le blond était si parfait, si gentil avec lui... Et lui, tout ce qu'il avait envie de dire, c'était :

Je ne m'inquiète pas pour toi Malfoy, qu'est-ce que j'en ai à foutre ?

Et sa conscience qui lui chuchotait perfidemment : si tu es là Harry, c'est parce que tu es un parfait petit connard qui cherche juste à être gentil avec tout le monde, à être le héros sauveur de monde, afin de cacher l'horreur qu'il est au monde entier. Et elle n'avait pas tord...

Pourquoi était-il là ? Il n'en avait rien à foutre de Malfoy après tout.

Le voir diminué, à moitié violé, ne l'avait même pas touché.

Le fait de le savoir au département des drogues magiques à Saint Mangouste ne l'avait même pas affecté. Il ne prenait casiment jamais de nouvelles de lui, peut-être une à deux fois par semaines, c'est tout.

Au lieu de ça, il se contenta de répliquer :

- Pourquoi n'apelles-tu plus Hermione la « Sang-de-bourbe » ?

- Parce que je l'aime ? risqua Draco en souriant innocement.

- Qu.. quoi ?

- Retiens ta bouche, Potter, tu ressembles à une carpe. Je déconnais bien sûr. Cette fille est accroc à la belette Weasley, quel mauvais goût franchement, grimaça le blond. Au sinon, je vais bien... Je m'en remets, doucement mais sûrement...

Harry hôcha la tête, ne sachant pas trop quoi dire d'autre. Puis, au bout d'un long moment de silence, il se décida enfin.

- Je vais y aller.

- Merci...

- Y'a pas de quoi, marmonna t-il, pressé d'en finir.

Il se retourna et s'apprêta à partir quand il sentit une main sur son épaule le retenir. Il fit volte-face, pour tomber sur un Draco visiblement mal à l'aise. Cela le rassura un peu, il n'était pas le seul à ne pas avoir l'habitude de ce genre... « d'échange ».

- Je voulais dire... Merci... pour m'avoir sauver, chuchota t-il. Je te suis redevable... même si sur le coup, je te maudissais de ne pas te mêler de ton cul.

- Tu ne m'es redevable de rien, Malfoy. Je ne fais pas les choses pour recevoir en échange.

C'est ce que tu aimerais bien croire, siffla la voix en Harry, avant d'éclater d'un rire mesquin.

- Et moi je déteste avoir des dettes, fit Malfoy sérieusement. Nous serons donc obligés de nous revoir... en tant qu'amis ?

Harry regarda cette main tendue dans le vide, cette main qui n'attendait que lui... depuis toujours. Depuis leur première année... alors Harry décida de la saisir.

Il avait tant de choses à se pardonner et Malfoy lui offrait une occasion en or de commencer.

Ainsi nacquit leur fragile amitié...

Après cela, Harry eut envie de changer les choses dans sa vie, afin de ressentir le même soulagement que lorsqu'il avait serré la main de Malfoy. Il voulait, tout comme le blond, avoir la chance de se reconstruire. Il donna beaucoup d'argent à des associations caricatives, se défonça dans son métier d'Auror pour sauver toujours plus de personnes, redoubla de gentillesse avec les gens et fit tous les efforts du monde pour satisfaire sa femme, celle qu'il aimait le plus au monde.

Ainsi, l'estime qu'il avait de lui-même était un peu remontée et il pouvait même désormais sourire à Draco Malfoy sans sentir une boule étrange lui compresser l'estomac... la honte.

Oui, au moment où Harry se promenait dans ce parc, en ce mois chaud d'août, alors qu'il avait à présent vingt-trois ans, il se sentait en accord avec lui-même.

Aussi la voix qui lui parlait si souvent auparavant s'était tû.

Elle ne lui dit pas que ce soir, ce qu'il allait faire était totalement honteux.

Elle ne lui dit pas que tromper était déguelasse.

De toute façon, Harry ne voulait plus l'écouter.

Sa décision était prise. Il allait coucher avec un homme.

Homme qu'il ne tarda pas à voir... un certain journaliste sorcier répondant au nom de Wyatt Taylor. Un petit blond qu'il trouvait très attirant, pas autant que Draco Malfoy certes, mais bon. Wyatt était amoureux de lui au moins. Ce n'est pas comme s'il trompait Ginny avec le premier trou qui passe.

Et puis, qui parlait de tromper ? Ne l'avait-elle pas foutu à la porte ?

- Bonsoir Harry...

Loin de là, son meilleur ami était loin de se douter des actions d'Harry. Ron Weasley s'accrochait comme une arapède à sa fiancée qu'il aimait depuis longtemps, maintenant... Ils étaient bien, dans leur petite maison située dans la banlieue de Londres, non loin de l'appartement de Ginny et d'Harry, et non loin du Terrier. Il était si bien, affalé sur leur canapé, Hermione plaquée entre ses jambes lisant tranquillement un de ses énormes dictionnaires impossible à lire pour le commun des mortels. Il était si bien qu'il aurait presque pu se transformer en Panterrond et se mettre à ronronner de plaisir.

Il caressait doucement les cheveux de la jeune brune et quand il faisait cela, il se sentait serein. Mais ce soir il ne l'était pas. Il était plutôt excité, très exité même. Pas sexuellement parlant (... j'ai lu dans les pensées de certains haha). Non, il était euphorique, car sa fiancée venait de lui annoncer une nouvelle qui avait mis son coeur en fête.

Elle était enceinte.

Il allait être père.

Ron se demanda pourquoi elle était réticente à annoncer cette merveilleuse nouvelle. Lui, il avait tiré une de ces tronches ! Sa machoîre était tombée jusqu'au sol. Ce n'étaient que les sanglots d'Hermione qui l'avait finalement ramené à la réalité. Elle avait été si effrayée de sa réaction... et s'il ne voulait pas de cet enfant ? Après tout, c'était un accident. Ils n'avaient pas prémédité d'en avoir un, ils n'y étaient tout simplement pas prêts, aussi s'étaient-ils promis d'en avoir une fois qu'Hermione aurait fini ses études et que la vie de Ron serait plus calme. Lui avait un train de vie impossible pour élever des enfants : en plus d'être Chef adjoint des Aurors au Ministère de la magie dirigé aujourd'hui par son père, il était aussi devenu goal pour l'équipe des Canons de Chudley à temps partiel. Il grimaçait parfois en repensant aux débuts difficiles qu'il avait eu en Quidditch à Poudlard mais son actuelle célébrité lui faisait immédiatement retrouver le sourire.

Qu'importe son train de vie, il se démerderait pour être auprès de son gosse.

Mais voir les pleurs de sa femme, lire la terreur dans ses yeux, l'avait profondément touché. C'était un des aspects qu'il adorait chez Hermione : malgré les années, elle restait toujours aussi sensible, elle gardait toujours ce coeur en or qui leur avait si souvent ouvert les yeux, à lui et à Harry. Elle avait toujours été d'une main secourable, que ce soit grâce à son intelligence que ces deux crétins étaient loin de posséder ; ou encore grâce à son don pour les relations humaines. Ron se demandait souvent pourquoi elle ne travaillait pas dans le social, plutôt que de s'emmerder la vie avec toutes ces potions et cet arithmancie...

Car Hermione voulait devenir Potionniste, et pas n'importe quelle Potionniste s'il vous plait ! Elle voulait se spécialiser dans la médecine, pour devenir Potionniste Guérisseuse, et travailler dans la Recherche Sorcière. Elle avait bien sûr déjà obtenu le premier niveau de Potionniste, celui dit « classique », s'effectuant sur trois ans, un parcours permettant de faire nombre de potions assez complexes et diverses. C'était en général ce parcours que choisissaient les Professeurs de Potions, comme le bon vieux Snape enterré six pied sous terre l'avait fait des années avant elle. Mais pour être Potionniste Guérisseuse, il fallait dix ans d'études ! Dix ans ! Ron se disait souvent que sa femme était bien plus courageuse que lui et Harry réunis affrontant une armée de mangemorts, qu'elle était bien une Gryffondor, et des fois il se disait plutôt que sa femme était complètement masochiste pour aimer autant les études.

A croire que tout existait dans le monde.

- T'arrêtes un peu de remuer ? bougonna la voix qu'il aimait tant.

Hermione ferma son livre et tourna son visage vers Ron, l'air soudain grave. Comme si elle venait de réaliser quelque chose de grave.

- Oh Merlin, souffla t-elle.

- Quoi ?! s'affola le rouquin. T'as des contractions ? T'as mal quelque part ? s'inquiéta t-il.

- Crétin, soupira t-elle en lui donnant une tape sur la tête. Des contractions à même pas un mois de grossesse ?

Ron se sentit vraiment crétin sur le coup et eut un bête sourire d'excuse qui voulait dire « j'suis con, c'est pas de ma faute ».

- Je vais te forcer à lire des livres sur la paternité toi, tu serais capable de mettre de la bière dans le biberon de mon bébé et de lui faire subir tes soirées télévisions-pop corn-Quidditch au lieu de lui faire son rot ! plaisanta t-elle. Enfin, si j'ai réagi comme ça c'est juste que je viens de prendre conscience d'une chose... Harry n'est pas au courant, murmura t-elle en posant doucement une main sur son ventre. Je veux qu'il soit le premier à savoir.

- Moi aussi, approuva Ron. Mais... hier soir, il a rompu avec Ginny, il ne doit pas être dans son assiette... je me sentirais stupide de débarquer comme une fleur et de lui balancer ainsi mon bonheur à la figure. Car je ne pourrais me retenir de me pavaner comme un pauvre idiot tant je suis content ce soir.

Hermione lui adressa un sourire chaleureux, qu'elle perdit bien vite après quelques secondes de silence.

- Harry n'est jamais dans son assiette de toute façon...

- Tu t'inquiètes trop 'Mione, on en a déjà parlé. C'est normal que sa vie ne soit pas un parfait conte de fée après tout ce qu'il a vécu, le contraire aurait été suspect. Au moins on est sûr qu'il ne joue pas un jeu avec nous, il ne se cache pas derrière des sourires et on sait qu'il va mal. Mais il faut relativiser. Qui n'a pas des problèmes de couple ? Qui ne fait pas des cauchemars sur la guerre ?

- Des problèmes de couple ? Tu appelles ça comme ça, toi ? grimaça la jeune femme, se décalant pour pouvoir regarder Ron dans les yeux. Moi je pense que tu es aveuglé, Ron. Tu es aveuglé parce qu'à tes yeux, Harry est l'homme parfait pour Ginny. Il est ton frère de coeur, alors c'est normal que tu veuilles qu'ils restent ensemble. Tu veux le meilleur pour ta soeur. Mais est-ce vraiment le meilleur pour ton meilleur ami ?

L'ancienne Gryffondor se leva, et commença à faire les cent pas devant le canapé.

- Ce n'est pas de simples scènes de ménage comme toi et moi en avons, comme tous les couples. Eux, c'est carrément destructeur. Est-ce que tu sais depuis combien de temps ils n'ont plus couché ensemble, Ron ? Sept mois ! Tu te rends compte ? Et tu sais pourquoi ? Parce qu'ils n'en ont même plus envie, ils sont brisés à l'intérieur, trop occupés à tenter de survivre. Ginny peut encore être sauvée, elle, elle va beaucoup mieux, mais Harry... il sombre de jour en jour. Tu ne le vois donc pas ? Ce ne sont pas de simples cauchemars, ce sont des fantômes qui le hantent ! C'est après lui qu'il en a, et il se fait du mal tout seul, en portant tous les maux sur ses épaules. Je crois qu'il... par merlin, chuchota t-elle, sentant les larmes lui monter aux yeux. Je crois qu'il est en train de faire une sorte de dépression... une profonde dépression. Et on n'a rien vu ! Moi je croyais juste que, juste qu'il allait très mal mais je priais pour que ça passe, que ça ne soit qu'une passade...

Ron s'était levé et la serrait déjà dans ses bras, tentant de la réconforter, de lui dire qu'elle en faisait trop. Il pensait sincèrement que c'étaient ses hormones qui la travaillaient, comment auraient-ils pu être aveugles à ce point sur leur propre meilleur ami ? C'était impossible !

- Et son obsession pour Malfoy, tu trouves ça normal toi peut-être ? Détester quelqu'un à ce point ? C'est fini maintenant, ça lui a passé, mais même cinq ans après qu'il ait tué Voldemort, il fixait sur lui. Ce n'est pas sain, Ron, reconnais-le. Harry a dû se rendre à l'évidence depuis qu'il a vu Malfoy être victime, il a dû calmer son obsession et ouvrir les yeux. Mais bon sang ! Qui va être son prochain puching-ball maintenant ? Sur qui va t-il déverser toute la rage et toute l'horreur qu'il contient en lui ? Qui sera le prochain sur la liste ? Moi, je n'ai pas envie d'attendre pour le savoir ! Je vais voir Harry et lui parler !

Hermione ne comprenait vraiment pas pourquoi elle se mettait dans un tel état mais elle se sentait si mal. Elle était peinée de ne pas avoir rempli son rôle d'amie correctement. Harry était comme son frère. Elle avait toujours été fille unique mais souvent elle se disait qu'elle avait de la chance de l'avoir lui, parce qu'elle l'aimait plus que tout au monde, elle l'aimait autant qu'elle aimait Ron, d'une façon différente bien sûr. Mais ils restaient le trio. Et rien ne devait le briser.

Jamais.

Ils en avaient trop bavé pour en arriver là.

Peut-être était-ce la pression qui l'avait fait craquer, le stress de devenir mère du jour au lendemain, de ne pas savoir s'y prendre. Le stress de rater ses prochains examens décisifs. Le stress de voir Harry si malheureux ou encore le stress imminent de cette « troisième guerre » que tout le monde présageait... On ne pouvait plus lire désormais les journaux sans en entendre parler.

Elle s'apprêtait déjà à partir que le roux tentait de la retenir, perplexe.

- 'Mione, il est deux heures du matin, on ne va pas le déranger à cette heure quand même. Et puis où crois-tu qu'il soit ? Ginny l'a mis à la porte. Il a encore dû squatter un hôtel et demain quand il se sera remis les idées en place, il reviendra vers elle...

- Tu ne comprends rien, s'énerva t-elle et sans attendre, elle transplana.

Le rouquin soupira et maudit sa femme et son têtutisme inné. Il utilisa un sortilège assez simple qui lui permit de transplaner au même endroit qu'Hermione, sans avoir connaissance du lieu. C'était très pratique pour suivre un ennemi dans son métier d'Auror.

Ils se trouvaient à présent dans une ruelle sombre et Ron reconnut les deux maisons qui entouraient le 12, square Grimmaud. Hermione murmurait le mot de passe permettant de divulger à leurs yeux l'ancien quartier général de l'Ordre du Phoenix, aujoud'hui déserté et légué définitivement à Harry Potter.

- Il vient toujours ici quand il se sent seul..., expliqua t-elle tandis qu'ils pénétraient dans l'immeuble.

La même obscurité qu'avant sa rénnovation baignait dans le 12, square Grimmaud.

- Il s'ennivre de ténèbres, comme si c'était une drogue... Draco parvenait à survivre de son drame de la même façon au manoir Malfoy, il y a un an.

Draco Malfoy...

Le sourcil de Ron se leva, sceptique, tandis qu'il suivait sa femme dans les escaliers, appelant Harry. Hermione l'utilisait un peu trop souvent comme exemple ce Serpentard-là. Il se sentit jaloux l'espace d'une seconde, et s'il y avait anguille sous roche ? Non, c'était impossible, la brune l'aimait, il n'allait pas se remettre à douter de lui maintenant quand même. Et puis, elle utilisait toujours le nom de « Draco » dans la même phrase que celui d' « Harry ». Voyait-elle quelque chose que personne d'autre ne voyait les concernant ? Arrivait-elle à mettre un mot sur le lien étrange qui unissait Harry Potter et Draco Malfoy ?

Haine obsessionelle... ?

Amitié... ?

Indifférence...?

Un bruit le ramena à la réalité.

Et un heurt.

Ron venait de percuter Hermione de plein fouet, qui s'était figée sur le pas de la porte de la chambre d'Harry. C'était elle qui avait produit le bruit... un cri... Elle avait la main sur la bouche, l'air horrifié , et la même expression s'afficha sur le visage du rouquin quand il suivit son regard.

Un bloc de glace était tombé dans la poitrine du Survivant.

Il regarda alternativement ses meilleurs amis, puis son amant, Wyatt, qui était en pleine séance de fellation. Il serra ses poings sur le bureau contre lequel il était appuyé, et détourna le regard, honteux.

- Sortez, dit-il sèchement.

Le couple semblait complètement assomé et la voix d'Harry se fit plus douloureuse lorsqu'il lança un « Cassez-vous ! » avec toute la force d'un coeur brisé.

Ron et Hermione ne se firent donc pas prier.

Ils étaient en état de choc.

Lorsque Harry fit partir le journaliste, il était plus dépité que jamais. Hermione et Ron l'attendaient patiemment en bas et pendant un instant, il eut presque l'impression de redevenir adolescent. Ce soir, sa bisexualité s'était confirmée et il n'avait même pas eu le temps de l'accepter qu'il fallait déjà qu'il la justifie. Bien sûr, cela faisait un bout de temps maintenant qu'il avait commencé à regarder des mecs du coin de l'oeil, juste regarder, et apprécier, mais il n'aurait jamais cru être homosexuel à l'époque. Ce n'est que son véritable penchant pour Malfoy (qu'il faisait un peu plus que regarder) qui lui avait ouvert les yeux. Et puis maintenant qu'il en voulait tellement à Ginny, il avait moins de remords à regarder les autres.

Ce soir il avait pris conscience d'une chose importante : après avoir passer une charmante soirée au restaurant, il avait été excité par Wyatt. C'était sombre. C'était dépravé. Mais c'était là. Et il avait choisi un endroit tout aussi sombre pour lui faire l'amour, ou pour le baiser, sifflait perfidemment la voix en lui, qui était réapparue, pour son plus grand désespoir.

Seulement, pas une seule seconde il n'avait envisagé la possibilité d'être surpris.

Il était toujours à l'abris avec sa solitude, au 12, square Grimmaud.

Et là, il allait devoir affronter la carpe Weasley et les serments de sa chère « 'Mione ».

Il était fatigué, et comme il s'en doutait, il se prit une tempête de reproches de la part de sa meilleure amie.

- Mais Harry, qu'est-ce qui t'a pris ? disait-elle.

Elle n'avait rien dit sur le fait qu'il soit avec un homme. De toute façon, Hermione l'avait deviné, sûrement avant que lui-même ne s'en rende compte. Elle était très intelligente cette fille. Ron pour sa part restait silencieux, et Harry pensa justement qu'il était en état de choc. C'était comme si lui, un jour, il se réveillait un matin et voyait un journaliste faire une fellation à Ron... Il y avait de quoi être choqué.

Ensuite, il n'écouta plus vraiment ses serments, et il ne comprit pas comment Hermione avait atteri dans ses bras, en pleurs, le suppliant de la pardonner. Une heure plus tard, après leur avoir assurer que tout allait bien, qu'il avait juste besoin d'être seul, ses meilleurs amis le laissèrent enfin.

Epuisé, il monta dans sa chambre avec la ferme intention de dormir et si possible, de ne plus jamais se réveiller. Quand quelque chose attira son attention...

La carte à l'ennemi.

Une parfaite imitation de celle des maraudeurs qui lui permettait de répérer ses principaux ennemis (c'était pratique pour les mages noirs qu'il recherchait) dans le monde entier.

Le point de « Draco Malfoy » venait de s'effacer de l'Angleterre pour réapparaître en Australie, juste à côté de celui de « Blaise Zabini ». Il ne recherchait plus Malfoy puisqu'ils étaient amis désormais ; mais il n'avait toujours pas levé son nom de la carte, peut-être par flemme, peut-être pas. Et le voir coller à celui de Zabini piqua sa curiosité.

Harry avait transplané à l'endroit exact où se trouvait Draco Malfoy, quelque part à cent kilomètres de Sidney, en Australie. Il suffisait de dire à la carte « adresse de Draco Malfoy » et celle-ci l'écrivait en toutes lettres, à côté du point le désignant.

L'Auror vit le blond entrer dans une petite maison toute propre, acceuilli par son hôte Blaise Zabini. Il les vit pénétrer dans la cuisine et se cacha derrière la fenêtre entrouverte. Il sortit de son blouson une paire d'Oreilles à rallonge qu'il gardait toujours sur lui pour les missions d'espionnage. George avait spécialisé l'invention des Weasley, qui était désormais plus longue, et surtout transparente, donc très pratique.

- ... Potter ! entendit-il et cela piqua davantage sa curiosité.

- Calme-toi Blaise, semblait soupirer Malfoy, la voix lasse. Je sais ce que je fais avec Potter.

- Mais enfin Draco, ça fait des années que nous ne nous sommes plus vus, j'ai cru... j'ai cru que tu étais mort pendant tout ce temps ! Tu ne donnais plus de nouvelles à personne... Pansy, Theo, Greg... Tout le monde s'inquiétait pour toi ! Et un jour en ouvrant le journal, que vois-je ? « Draco Malfoy, l'héritier de l'ancien mangemort Lucius Malfoy, a été persécuté par la célèbre Organisation des Anti-Mangemorts. Il est désormais soigné au département des drogues magiques à l'hôpital Saint Mangouste pour surdose de Miroir de Risèd. », railla Blaise. Et ensuite, qu'ai-je l'honneur de lire ? « Malfoy et Potter, une amitié naissante ? » « L'héritier Malfoy tente de se reconstruire après son traumatisme, on le voit désormais dans les grandes soirées mondaines du Ministère. » « Draco Malfoy a aidé la très célèbre Hermione Granger, amie du Survivant, à concocter une potion qui pourrait révolutionner la médecine sorcière, même si celle-ci n'est pas encore Potionniste Guérisseuse. »

Il y eut un long silence pendant lequel Harry se rapprocha un maximum de la fenêtre, le souffle coupé. Il sentait qu'il allait découvrir quelque chose d'important sur Malfoy... un peu comme le jour où il l'avait espionné sur le Chemin de Traverse, dans la boutique Barjow et Beurk. Sauf que là, il n'avait pas du tout envie d'entendre quelque chose de désagréable... Ca lui faisait même très peur... Parce qu'il avait accordé sa confiance à Malfoy. Parce que depuis qu'il avait "couché" avec Wyatt, il avait accepté son homosexualité et accepté aussi d'être attiré par Malfoy physiquement. Il commençait même à accepter d'être attiré par lui un peu plus que physiquement...

- Je fais le lèche, murmura enfin le blond d'une voix emprunte de méchanceté. Ca ne se voit pas ? Il faut bien trouver des moyens pour survivre, Blaise, particulièrement pour nous, anciens Serpantards. Et j'ai compris que j'avais plus de chances de sauver mes fesses en rejoignant le bon côté. Un peu comme mon père l'avait fait avant que Potty ne réssucite le Seigneur des Ténèbres.

- Draco, je me pose une question... Pourquoi ne pas refaire ta vie loin d'eux ? Prendre un appartement comme moi, loin du passé. Je serais ravi que tu sois à l'autre bout du monde avec moi, ici, en Australie et on pourrait aller surfer... Je me suis découvert une vraie passion pour ce sport.

Harry ne le vit pas sourire mais cela s'entendait à sa voix...

- Je t'apprendrais, et on passerait du temps ensemble sur la plage, en bons vieux amis. Loin de toute cette horreur qui nous a trop longtemps pourri la vie... Car c'est en train de te pourrir la vie, Draco. Je suis d'accord avec toi, sur le fait que Potter et tout le gratin sorcier soit de la merde en décomposition et qu'il ne faut pas leur faire confiance, mais ne nous abaissons pas à leur niveau, fuyons ce cauchemar tant qu'il est encore temps. Pour être honnête, je ne te reconnais même plus... Ta haine pour Potter était si maladroite, si drôle, quand nous étions enfants. Aujourd'hui elle me fait peur, tes yeux m'effraient.

- Mais ce n'est qu'un connard !! s'énerva Malfoy, la voix étrangement rauque, comme s'il contenait toute sa colère en lui. J'ai mes raisons de le haïr ! Qu'importe ce que tu en penses ! Avoir une nouvelle vie ? Je veux bien, moi ! Je ne demande que ça ! Mais si tu lis autant la presse, tu devrais savoir qu'en un an j'ai subi six attentats de l'ODAM ! Et si Saint Potter et son amitié de pacotille que j'ai créée n'avaient pas été là pour me sauver, je serais mort à l'heure qu'il est.

- Calme-toi, Draco...

Les paroles de Blaise semblèrent avoir son effet puisque seul le silence lui répondit, avant que le blond ne reprenne plus calmement :

- Tu sais ce qui me fait le plus plaisir dans tout ça ? Ce n'est pas de pouvoir sauver mon cul. Car honnêtement, je n'en ai plus rien à faire-

- Draco ! s'horrifia le black.

- ... c'est qu'en me servant de Potty, je le baise bien profond. Tu ne peux pas immaginer à quel point je peux me foutre de sa gueule quand il est tout gentil avec moi ! Quand il se fait un complexe d'infériorité par rapport à moi, j'ai envie de jouir. Je le lis dans ses yeux : le grand Harry Potter m'envie, il envie ma prestance, il envie ma force de vivre, ma gentillesse, il me croit parfait. Alors qu'en réalité...

Malfoy laissa sa phrase en suspense mais elle n'avait pas besoin de mots pour être comprise. Puis Harry entendit une chaise râcler le sol.

- Je vais te laisser Blaise.

La conversation coupa court et les serpentards se firent des adieux qu'Harry aurait presque pu trouver émouvants s'ils n'étaient pas des pourritures finies.

Malfoy...

Harry se mordit la lèvre inférieure pour ne pas hurler de rage...

Ce fils de pute l'avait trompé ! Pendant tout ce temps, il y avait cru !

« Malfoy est bon, Harry ».

Mon cul ouais !

Il allait l'enterrer six pied sous terre comme son enfoiré de père, et au moins, il aurait enfin la paix avec cette famille de sang-pur corrompue jusqu'à la moêle.

Il aurait dû le faire depuis longtemps... mais personne ne voulait l'écouter, bien sûr !

Tout le monde croyait encore qu'il faisait une obsession comme en sixième année !

Et qui avait raison cette année-là, hein ? Et aujourd'hui, qui avait raison encore ?

Ses yeux brillaient de haine quand il s'interposa devant Malfoy qui sortait de chez Blaise.

Il allait montrer à la population sorcière le vrai visage de cet homme !

- Malfoy... chuchota t-il en souriant doucement.

Le blond sursauta de surprise. Il le toisa un instant du regard. Potter affichait ouvertement le mépris sur son visage. Très bien, soupira t-il intérieurement. Fini la pseudo-amitié...

- Potter... tu m'as suivi je suppose ?railla t-il.

- En effet.

- Je t'obsède à ce point ?

- En effet, ironisa Harry.

Le blond soupira puis croisa les bras sur sa poitrine, comme s'il s'ennuyait.

- Et maintenant ? Que comptes-tu faire, Potty ?

- Te tuer ? suggéra Harry en sortant de sa poche sa baguette. Je débarasserais le monde d'un Mangemort de plus.

- Je n'ai pas la marque.

- C'est tout comme.

Malfoy eut un sourire moqueur.

- On ne change pas ses habitudes, hein ? On entend que je trompe sa si vénérée seigneurie Potter avec mon jeu de parfait comédien, et quelles conclusions en tire t-on ? Que je tue des gens ! Que je suis un assassin. Je vois que ton sens de la justice est toujours aussi aiguisé, Potty.

- Va te faire foutre, Malfoy ! J'ai peut-être des défauts mais toi...

- Moi quoi ?! s'énerva t-il, perdant de sa superbe. Tu ne m'as jamais laissé de chance ! C'est toi qui a commencé à me juger en première année en me refusant ta main ! hurla t-il en frappant Harry sur l'épaule, faisant reculer d'un pas l'ancien Gryffondor. C'est toi qui m'a toujours haï plus que de raison ! continua t-il en le faisant reculer encore. Moi je t'enviais, c'est tout ! Je voulais tellement être comme toi à Poudlard, tu étais toujours si parfait ! « Potter par ci, Potter par là » ! Et ça n'a pas changé, des années après c'est toujours la même rangaine.

Des larmes avaient commencé à couler sur le visage du blond et Harry ne lisait plus que douleur et rage dans ses yeux gris, yeux qui lui firent perdre la tête, qui lui firent perdre toute notion de la réalité tandis qu'il était toujours repoussé en arrière par la main de Malfoy qui s'acharnait sur lui, comme si les coups étaient capables de réduire un tant soi peu sa haine et sa douleur.

- C'est toi qui a envoyé mon père en prison ! Le seul qui voyait en moi autre chose qu'un raté ou qu'une pourriture ! Il y avait ma mère aussi qui m'aimait, mais en condamnant mon père, tu l'as aussi brisée et cela je ne te le pardonnerai jamais, Potter.

Il donna encore un coup et Harry se laissa faire comme un pantin, tentant d'analyser les paroles du blond, mais n'y parvenant pas. Il réussissait à le faire sentir coupable. Ce connard le faisait culpabiliser !

- C'est toi qui a continué à fixer sur moi même après la guerre ! A croire que j'étais un mini-Voldy. Méritais-je vraiment les coups que tu m'as donnés ? Mais Potter, ouvre les yeux, cracha Malfoy en empoignant son menton dans sa main droite et en enfonçant les doigts dans sa chair pour le forcer à le regarder, ton truc sur moi c'est malsain ! T'as un problème dans ta tête !

Et Malfoy lui donna un ultime coup. Cette fois, ce fut un coup de pied dans le ventre et il y mit toute sa force. Harry recula d'au moins trois pas, se pliant sous la douleur. Ils ne s'étaient même pas rendus compte qu'ils approchaient la chaussée depuis tout à l'heure. Ni que la pluie les trempait jusque dans les sous-vêtements.

Et tout se passa en un éclair.

Un claxon, un bruit de crissement de pneus, un heurt, puis un corps volant dans les airs.

Le corps de Potter.

Des cris rententirent dans la nuit et Draco crut même entendre des gens parler dans une langue étrangère, d'une voix affolée. Lui, il restait sur le trottoir, figé d'horreur, imbibé de honte, glacé jusque dans les entrailles.

- Harry..., s'étrangla t-il.

A suivre...

Notes :Ce chapitre a été réédité. En effet, je l'ai écrit alors que j'avais prêté mon septième tome et j'ai dit que le journaliste avec qui couchait Harry était Colin Crivey. Or, Colin meurt durant la bataille de Poudlard. J'ai donc remplacé son nom par « Wyatt Taylor ». Désolée pour cette bêtise.

Fiou ! C'est fini ! Yeaaah ! J'ai cru que je n'y arriverais jamais, j'vous jure. J'ai toutes les idées en tête mais c'est tellement trop « bien » dans mon esprit que les mots pour le décrire sont fades et ne me paraissent jamais parfaits. Ca vous fait ça aussi ? Franchement c'est horrible.

J'espère que ça vous a plu, que vous vous êtes pas trop ennuyés, et que vous avez tenu jusqu'au bout XD. Votre soutien m'est particulièrement important pour cette fic.

Ps : Mais oui, Harry et Draco seront heureux aussi, one day... (rires).

Bisous.

 
 
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