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au 04 Déc 08 :
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pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Nine years and a wheel-chair
Par FeeVerte
Harry Potter  -  Romance/Drame
5 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     11 Reviews    
Chapitre II

¤ NINE YEARS AND A WHEEL-CHAIR ¤

(Neuf ans et un fauteuil roulant)

Rating :M ! Il faut que je mette un warning à cette fiction car elle est parfois un peu dure. Présence de sexe, parfois de violences, et pour les âmes sensibles n'aimant pas le drame... partez haha. De plus, il s'agit d'un slash, donc une relation homosexuelle entre deux hommes, donc vous êtes prévenus. Je me décharge de toutes responsabilitées.

Disclamer & Notes : Les personnages appartiennent à JKR et je n'écris pas dans un but lucratif.

Ce chapitre a été très laborieux à écrire pour moi mais il était nécéssaire pour la suite de l'histoire. Je rappelle, et c'est vraiment important ici, que cette fiction comporte des spoilers du tome 7.

Dans ce chapitre, je me suis permis de reprendre une scène du tome 7, extraite du chapitre sur le manoir des Malfoy. Si vous n'avez pas lu, ça ne vous empêchera pas de comprendre, car la scène est vue à travers les yeux de Draco... Oui, c'est un sacré défit, et je n'ai pas du tout l'intention d'égaler JKR ! C'est juste que je la réutilise pour lui donner un rôle différent dans mon histoire.

Chapitre II : Le secret des Malfoy

Lucius Malfoy en avait entendu des prophéties.

Des prophéties toutes plus inutiles les unes que les autres. Des sornettes, voilà ce qu'étaient les prophéties.

Alors, quand cette voyante s'était approchée de Narcissa, enceinte de six mois, Lucius l'avait ignorée, peu préoccupé par les prévisions apocalyptiques de ces gens. Narcissa, elle, avait toujours eu l'étrange fantaisie de vouloir connaître son avenir, et tous ces trucs stupides de bonne femme comme savoir lire dans les tasses de thé.

Mais la voyante était entrée dans une sorte d'état de transe qui terrorisa Narcissa. Lucius lui-même ne put rester impassible, et se leva de son bureau pour éloigner la voyante de sa femme. Dès qu'elle avait touché le ventre de Narcissa, elle s'était mise à produire des sifflements étranges et ses yeux ne furent plus que deux maigres pupilles noires. On aurait dit qu'un demon la possédait, et tandis qu'elle proférait ces paroles, Lucius serra plus fort sa femme tremblante dans ses bras.

« Maudit soit l'enfant... Maudit soit l'âme soeur de celui qui anéantira le Seigneur des Ténèbres... Car l'être divin consacrera corps et âmes à l'être mortel et y perdra la vie... »

1987.

Sept ans plus tard.

-Père.

C'était un petit cri, un murmure étouffé.

-Père...

Il suppliait. L'enfant suppliait, ses yeux gris fixés sur la silhouette fière qui se dessinait dans la pénombre. La silhouette, c'était lui, son père, Lucius Malfoy, lui qui l'avait enfermé dans sa chambre avec l'interdiction formelle d'en sortir. Et ce n'était pas la première fois.

Toutefois, cette fois était beaucoup, beaucoup plus longue que ses autres corrections. Cela faisait deux semaine que Draco y restait cloîtré, et personne n'avait le droit d'y entrer. Bien sûr, son père n'était pas méchant, alors il ne le laissait pas mourir de faim. La nourriture entrait et sortait dans la pièce grâce à la magie et lui-même pouvait sortir, uniquement dans le couloir pour aller aux toilettes. Draco n'osait jamais désobéir, car s'il posait ne serait-ce qu'un orteil pour descendre les escaliers du manoir, Lucius le saurait et prolongerait son isolement.

Une fois, lors d'une très vielle punition, il avait essayé de sortir quand ses parents étaient absents mais dès lors qu'il avait posé les pieds sur l'escalier, le sol était devenu rouge.

Rouge comme brûlant, bouillant, ardent. Rouge comme la braise.

Et l'enfant, dont la chaleur passait au travers de ses semelles, dut se jeter dans le couloir, ramenant ses jambes contre lui, horrifié. Les brûlures de troisième degrè qu'il garda les semaines suivantes lui rappelèrent qu'il ne fallait jamais sortir de sa chambre lors d'une punition, parce que son père avait posé un sort de magie noire.

-Père, se lamentait Draco, dont les yeux s'étaient embués de larmes silencieuses.

Lucius venait d'entrer dans sa chambre, vêtu de son habituelle robe de sorcier qui le saillait si bien, ses longs cheveux blonds raides retombant en cascade sur son dos. Ils étaient très fins, et aussi doux que de la soie. Narcissa adorait glisser sa main pour les caresser, chose assez surprenante disait-on, que la femme caresse les cheveux du mari. En revanche ceux de Draco étaient épaix et bien qu'ils soient raides eux aussi, ils n'étaient pas aussi lisses que son père, et à sept ans il avait du commencer à mettre du gel pour que ses cheveux ressemblent à quelque chose. Son père incarnait tellement la perfection qu'il voulait lui ressembler en tous points.

Il était gentil, il lui donnait toujours ce qu'il voulait, de l'affection, des bonbons, des cadeaux, de l'affection et encore de l'affection. C'était la richesse que Draco préférait.

Paradoxalement, Lucius savait être un père autoritaire et empêchait Draco d'être un imbécile imparfait, il lui avait appris à se tenir droit, à être digne, à paraître beau, et à ne pas faire de bêtises. Quand il faisait des bêtises, Draco était châtié, et il trouvait cela juste. La punition lui permettait de chasser le pêché et d'être meilleur. Meilleur aux yeux de son père. Meilleur aux yeux de sa mère. Meilleur... pour être aimé.

Mais cette fois, du haut de ses sept ans et de toute l'intelligence que son héritage culturel, économique, et social engendré par sa condition de Malfoy lui avait permis d'acquérir ; le garçon blond ne comprenait pas. Il ne comprenait pas ce qu'il avait fait de mal pour mériter une si longue punition. S'il voulait être meilleur, que son père lui dise son erreur ! Qu'il erradique le mal et qu'il puisse à nouveau profiter de l'amour de ses parents ! Qu'il puisse se promener dans le manoir librement et s'amuser à donner des ordres à ces stupides elfes de maison !

-Père, quand vais-je sortir ? murmura t-il timidement, n'osant pas lever les yeux vers son père, se tenant droit sur son lit.

Il y eut un moment de silence pendant lequel son père le toisait, et Draco sentit le lit s'afaisser à côté de lui. Puis une main glissa autour de son cou, et se posa sur son épaule. Le garçon en eut presque des larmes de bonheur : un instant, il avait cru que son père allait l'abandonner dans la noirceur de la chambre. Lui donnant un sursis de comprendre quelque chose qu'il ne comprenait pas...

-As-tu compris ton erreur, mon fils ?

La voix était douce et compréhensive, et Draco se sentit coupable de la réponse qui allait suivre.

-Non, père... Je suis désolé, père.

-Tu n'as pas essayé de comprendre, le réprimanda Lucius d'une voix froide, l'air visiblement mécontent. Qu'étais-tu en train de faire lorsque je me suis énervé, il y a deux semaines, et que je t'ai arraché la main pour te jeter dans ta chambre avec l'interdiction formelle d'en sortir et de chercher à nous voir ?

-Je...

Draco détourna le regard pour le poser sur la fenêtre, ses délicates joues blanches s'empourprèrent. Il avait pensé à cela, bien sûr, que son père lui en veuille à cause de ça, mais cela lui avait sembler tellement improbable qu'il avait oublié cette solution. Il déglutit toutefois et se força à répondre.

-Je regardais le garçon que j'aime.

-Dans ta réponse est le problème, Draco.

-Je... Je n'ai pas le droit d'aimer quelqu'un ? dit-il bêtement.

Il savait que ça ne pouvait pas être ça. Les Malfoy avaient le droit d'aimer. Lucius aimait Narcissa comme si elle était un trésor, et le peu de personnes appartenant à sa famille qu'il avait rencontrées aimaient, elles aussi. Un jour, son père lui avait dit qu'il trouvait les mômes amoureux stupides et insoucients ; mais jamais il n'avait été véritablement horrifié qu'un enfant en aime un autre. Dans les jardins d'enfants, Draco avait même eu quelques prétendantes, des petites filles qui voulaient l'embrasser et devenir sa « petite amie ». Lucius l'avait toujours encouragé à en choisir une, riant à gorge déployée lorsque Draco repoussait les pauvres filles avec classe et arrogance.

-Tu n'as pas le droit d'aimer un garçon, expliqua doucement Lucius, qui observa la réaction impassible de son fils avec attention.

Draco était profondément choqué à l'intérieur mais à l'extérieur, grâce à son éducation, il restait -casiment- de marbre.

-C'est mal. Ce n'est pas naturel. C'est profondément abject. Un homme doit aimer une femme, ainsi va la vie. Réfléchis, Draco, comment deux hommes ensemble pourraient-ils procréer ? Comment pourrions-nous conserver notre lignée de Sang-Pur (et tu le sais, le sang pur est précieux) si les hommes ne s'accouplent pas avec les femmes pour les rendre enceintes ? Les hommes ne donnent pas la vie. Deux hommes s'aimant ne donnent pas la vie. Bien sûr, il y a plusieurs sortes d'amour, mon fils. L'amour d'un père envers son fils...

Il esquissa un doux sourire en fixant Draco, et après un instant de silence, il poursuivit.

-Celui-la n'est pas sale. Il vient du sang. Cela signifie que tu as une part de moi en toi, que mon être vit à travers toi. C'est un amour profondément pur et beau, Draco, car il permet aux hommes de subsister en chaque coeur héritier, de générations en générations. C'est un amour utile. Celui de deux hommes inconnu, lui, est parfaitement inutile, insignifiant. Il n'a aucun but, aucune subsitance. Il n'est qu'illusions. Tu crois aimer ce garçon, mais tu te trompes.

Draco voulut répliquer que non, il ne se trompait pas, qu'il aimait réellement ce garçon, parce que quand il ne le voyait pas, il lui manquait. Et parce que quand il le voyait, il pleurait de ne pas pouvoir être près de lui.

Quand il l'avait vu la première fois, c'était à un supermarché, son père et lui étaient allés faire les courses dans un magasin moldu car ce jour-là était férier pour les sorciers, mais pas pour les moldus, et seuls leurs magasins étaient ouverts. Il devait avoir cinq ans. Au détour d'un rayon, un petit garçon brun dont les cheveux semblaient avoir pris mille volts le bouscula violemment et tous deux tombèrent sur les fesses. Draco grogna, mais sa voix se perdit dans sa gorge quand il vit ses yeux verts.

Verts.

Il aurait pu faire mille comparaisons mais toutes étaient trop fades comparées à la couleur de ces yeux. Et sans qu'il ne sache pourquoi, sans qu'il ne comprenne ce qui lui arrivait, son coeur se mit à battre la chamade et quelque chose cria en lui. Il ne savait pas quelle était cette force étrange, mais quelque chose déchirait son coeur : c'était lui.

Le garçon inconnu n'eut même pas le temps de le regarder qu'un homme vulgaire et plus gros que la largeur d'un rayon aggripa violemment son bras. Il lui retira ses lunettes qu'il jeta parterre et les écrasa sous son pied.

-Ca t'apprendra à être aussi maladroit, Harry ! aboyait l'homme tandis qu'un enfant tout aussi informe explosait de rire derrière lui. Son fils probablement. Si c'est pour être aissi empoté, tu n'as pas besoin qu'on te paie de lunettes.

Le dénommé Harry protesta et voulut voir la personne qu'il avait bousculée, afin de s'excuser, mais il n'y voyait plus rien. C'est à peine s'il distinguait une une forme floue étalée parterre, et déjà son oncle l'emportait comme un vulgaire sac à patates sur son épaule.

Harry oublia vite ce souvenir sans importance.

Draco, lui, ne pouvait pas oublier. Pas depuis qu'il avait vu ses yeux.

-Je vais t'expliquer ce qui est mal dans le fait que deux hommes s'aiment », reprit son père, rammenant Draco à la réalité. Ce qui est malsain, c'est la façon dont cet amour inutile est transmis à l'autre. Tu as beau avoir sept ans Draco, tu sais que les enfants ne se font pas en claquant des doigts, que les adultes ont recours à la sexualité. C'est un peu flou tout ça, mais tu en connais l'idée générale. L'homme et la femme se... touchent », hésita le père en cherchant ses mots. « Ce ne sont plus les lèvres qui se découvrent comme quand tu vois ta mère et moi s'embrasser. Ce sont les mains qui parcourent ton corps, les bouches qui embrassent partout, et... ta partie la plus intime qui ne fait qu'un avec celle creuse de la femme. Comme lorsqu'on assemble deux pièces d'un puzzle. Elles se complètent. Et, de cette fusion, de cet acte, naît un plaisir intense, le plaisir de transmettre l'amour. Mais lorsqu'il s'agit de deux hommes, les pièces ne peuvent pas s'assembler, car les hommes ont tous le même sexe. Bien sûr, il y a toujours des débauchés qui trouvent un moyen de s'enfi... de se compléter, grimaça t-il avec dégoût. Mais ces hommes ne sont pas dignes. Ils donnent à l'amour une dimension impropre. Ils ne font ça que pour le plaisir charnel, matériel du corps. Il n'y a pas d'amour. Pas d'amour entre deux hommes. Comprends-tu, Draco ?

-Je... je comprends, père. Je ne sais pas ce qu'il m'a prit de le regarder. J'ai dû le trouver beau, comme on apprécie une oeuvre d'art.

Lucius poussa un soupir de soulagement et prononça un sort qui irradia la chambre de lumière. Draco plissa des yeux, le temps de s'habituer à cette forte luminosité. Son père s'était casiment jeté dans ses bras, il le serrait si fort qu'il allait lui en briser les os et Draco fut surpris mais néamoins ravi de ce contact.

-Je suis fier de toi, déclara Lucius en caressant les cheveux de son fils. « Je n'aurais pas supporté de te laisser plus longtemps enfermé. Tu sais que tu dois apprendre de tes erreurs.

-Oui, père. Vous me donnez la meilleure éducation qui puisse exister, et je vous en suis reconnaissant.

Quand Lucius quitta la chambre, Draco baissa les yeux, penaud. La seule leçon qu'il avait retenu, c'est que c'était la façon d'aimer un homme qui était malsaine. Mais Draco n'avait que sept ans, alors il n'avait pas besoin de « s'emboîter » avec Harry. La seule chose qu'il voulait, c'était pouvoir le regarder, encore et encore. Et pouvoir veiller sur lui, l'éloigner de sa famille moldue...

Il s'en voulut de ne pas réussir à retenir la leçon de son père, mais fit semblant qu'il considérait l'homosexualité comme quelque chose d'abjecte, car il ne voulait plus être enfermé. Ainsi, ses parents seraient fiers de lui, même s'il mentait. Même si, à chaque détour d'une ruelle, il espérait au fond de lui recroiser les yeux verts.

15 Juin 1991 – Année de la rentrée à Poudlard

-Lucius, non, je t'en supplie..., sanglotait Narcissa Malfoy.

Vêtue d'une courte chemise de nuit banche en soie, la dame blonde serrait dans ses mains pâles le bras de son mari, suppliante. Assis à l'autre bout du lit, Lucius secoua la tête et se dégagea de son étreinte.

-Il le faut, Cissy, chuchota t-il en se levant. Je lui ai laissé le temps de l'oublier, mais il l'aime toujours... Il aime toujours ce sale fils de Sang-mêlé... Je n'ai plus le choix. Draco va entrer en première année à Poudlard en Septembre ; et il rencontrera forcément Potter. Nous ne pouvons pas laisser la prophétie se réaliser.

-Je... je sais tout ça, murmura t-elle, mais... il n'y a vraiment aucune autre solution ?

-Non. Ca ne me fait pas plaisir tu sais.

Lucius baissa la tête et Narcissa comprit que son mari allait craquer. Finalement, elle n'était pas la seule à être terrifiée pour son fils, seulement cela, elle avait souvent tendance à l'oublier. Elle se leva et d'un geste tendre, repoussa une mèche de cheveux de son mari pour la glisser derrière son oreille, puis l'embrassa tendrement.

-Allons-y, dit-elle d'une voix peu assurée.

Lucius lui prit la main et il parcourent le long couloir du manoir pour déboucher dans la chambre de Draco. Un balai reposait dans le coin, à côté du Miroir de Risèd. Draco dormait paisiblement dans son lit.

Le couple Malfoy s'avança vers le miroir et l'ex-mangemort tendit sa baguette :

« Revelatum »

Dans le Miroir, où Lucius et Narcissa se voyaient heureux avec leur fils ; une autre image prit place : la dernière que Draco avait visualisé.

Son désir.

Un homme brun aux yeux verts, avec une cicatrice en forme d'éclair sur le front était vêtu d'un costume noir élégant et enserrait Draco par derrière, lui chuchotant des choses douces à l'oreille. C'était l'image d'un Harry Potter, d'un Survivant bien plus âgé, un futur factice. Draco aussi était adulte dans cette image, vêtu tout de blanc, et il caressait doucement l'alliance à son doigt. Sur le côté du miroir, Lucius et Narcissa leur souriaent, acceptant l'homosexualité de leur fils.

Le vrai Lucius soupira et se détourna du Miroir.

Pendant de longues minutes, il psalmodia des chants cantiques sur le corps de son fils endormi et des ondes de magie noire se répandirent partout dans la pièce.

Draco était en train d'oublier tout souvenir d'Harry, de son amour, tout ce qui était lié à lui, si bien qu'il bougea dans son sommeil, parce que Harry venait de disparaître de son rêve.

Le sortilège d'Oubliettes avait été modifié pour qu'il n'efface qu'une seule personne des souvenirs du blond.

Quand Draco se réveilla, Lucius et Narcissa étaient à son chevet, inquiets.

-Draco ? Chuchota son père. Tu vas bien ?

-Oui... que se passe t-il ? Demanda t-il franchement, perturbé par la présence soudaine de ses parents en pleine nuit.

-Rien de grave. On avait envie de te voir, c'est tout, souffla sa mère en lui caressant les cheveux. C'est un beau balais que t'a fait cadeau ton père, dit-elle en désignant l'objet près du Miroir. Tu as toujours adoré voler.

-Tu pourras intégrer une équipe de Quidditch à Poudlard, et j'espère bien que tu battras le fils de James Potter, célèbre poursuiveur en son temps, soupira Lucius.

-C'est qui son fils ? Demanda Draco, intrigué.

-Harry... Harry Potter, tu sais, le Survivant, murmura Narcissa.

Leur fils les fixa, piqué par la curiosité.

-Non, je ne sais pas, grogna t-il. C'est quoi ce surnom très « je me la pète » ? Pff !

Lucius et Narcissa échangèrent un regard soulagé : le sortilège avait marché.

-Je te raconterai sa célèbre histoire tout à l'heure, déclara son père. Je vais t'apprendre à détester ce petit veinard. Mais en attendant, ta mère va nous servir de témoin, Draco. Seulement si tu es d'accord bien sûr.

Lucius descendit du lit et se mit à genoux devant Draco, choqué.

-D'accord pour... quoi ?

-Faisons un Serment Inviolable mon fils. Le Serment de toujours se protéger. Quoiqu'il arrive. Nous devons rester unis, par le sang.

Avril 1998 – Vacances de Pâques

Draco, Narcissa et Lucius discutaient dans le hall du manoir. Draco parlait surtout de Poudlard, de combien cet endroit était détestable, rempli d'incompétents. Et ses parents l'écoutaient, esquissant de temps en temps quelques sourires amusés.

En réalité, l'adolescent ne pensait pas ce qu'il disait. La mort de Dumbledore, la menace qui pesait sur sa famille, sa rencontre avec Lord Voldemort... sans oublier la solitude de sa septième année à Poudlard l'avaient usé. La vie avait eu raison du petit garçon arrogant et hautain qui martyrisait les Gryffondor. Désormais, il n'arrivait plus à penser du mal de quiconque ; ni même à se moquer des plus faibles.

Il était dégoûté. Dégoûté de lui-même, dégoûté de ne pas avoir ouvert les yeux plus tôt. Il avait tant de regrets... pourquoi n'avait-il pas compris la puissance des ténèbres lorsqu'il avait embrassé la volonté de Voldemort ? Il aurait tellement voulu réaliser, en sixième année, qu'être Mangemort ne sauverait pas son père. Qu'être Mangemort n'était pas un métier quelconque dont il fallait simplement en assumer les conséquences.

Etre Mangemort, c'était tuer. C'était manger la mort.

Son père aussi avait des regrets. Sa mère aussi. Il n'était pas le seul à être usé. Les Malfoy étaient probablement de ceux qui avaient perdu le plus dans cette guerre.

Cependant, s'il restait une valeur à cette longue lignée de Sang-Pur, c'était la fierté. Ils ne pouvaient compter que sur eux-même, se serrer les coudes. Ils étaient seuls, et en grand danger. Alors, pour éviter d'inquiéter ses parents, Draco tentait de rester égal à lui-même, plaisantant sur des sujets futiles -même si c'était délicat, car le Serpentard avait tendance à perdre beaucoup de son sang froid dans les situations difficiles. Et Merlin savait que cette situation était plus effrayante que tout au monde.

Une gargouille de pierre semblable à celle qui protégeait autrefois le bureau d'Albus Dumbledore était juxtaposée à la large cheminée de marbre blanc qui ornait le hall. Le visage de la gargouille se déforma soudain et ses lèvres s'étirèrent en un sourire moqueur, qui horripila Draco. La gargouille l'avait toujours terrorrisé quand il était petit...

-Des inconnus prétendent avoir capturer Potter... encore, déclara t-elle.

Lucius soupira tandis que Narcissa se levait avec élégance et se dirigeait déjà vers l'entrée.

Comme à chaque fois que quelqu'un annonçait la capture de Potter, Draco tressaillait dans son fauteuil.

-... Si c'est vraiment Harry Potter, il le reconnaîtra, disait la voix de sa mère.

Derrière elle, cinq personnes ligotées furent jetées à terre, suivies de deux Rafleurs. Draco fut soudain pris de panique mais resta de marbre. C'étaient Granger et Weasley ! Il y avait aussi un gobelin qu'il ne connaissait pas et un garçon qu'il avait déjà vu parmi les Gryffondor, Dean Thomas.

Draco ne fit même pas attention aux brèves paroles échangées, seule la voix de sa mère sonna comme un glas, comme une condamnation : « Draco, viens là. »

Il se leva de son fauteuil, tremblant, et s'approcha de la chose qui gisait sur le sol. Le sortilège avait rendu son propriétaire tout simplement horrible : il était gros, pourvu de boursufflures comme si une colonnie de guêpes lui était passée par dessus, et ses yeux n'étaient même pas humains... on aurait dit ceux d'un insecte répugnant, deux minuscules fentes noires derrière de grosses lunettes.

Pourtant, quelque part au fond de lui, il savait que c'était Potter.

-Alors, mon garçon ?

Fenrir Greyback. Draco sentit son sang se glacer. Le loup garou le répugnait...

-Eh bien, Draco ? C'est lui, c'est Harry Potter ? Coupa la voix de son père, impatient.

Lucius Malfoy regardait son fils avec attention. Si ce garçon était bien Harry, ils étaient sauvés ! Voldemort lui pardonnerait ses fautes et Lucius pourrait espérer protéger sa femme et son fils.

Heureusement qu'il avait pris la menace de la prophétie sur Draco au sérieux, et qu'il lui avait lancé le sortilège d'Oubliettes. Sinon... Draco les aurait sûrement trahi pour rejoindre le Survivant, son... âme-soeur.

Lucius frissona.

-Je... je ne suis pas sûr, réussit à articuler Draco.

Tremblant de peur, le jeune blond s'empêcha de croiser le regard du brun. L'effroi le gagnait, et il lui semblait que son coeur s'était glacé... Il n'écoutait même plus son père lui dire que s'il le reconnaissait, tout serait pardonné.

Soudain, Draco ferma les yeux.

Serra les poings.

... et prit la fuite.

Oh oui, pour fuir, il avait toujours été fort... Un lâche, voilà ce qu'il était... Mais pourquoi, putain, ses jambes cotonneuses refusaient-elles de bouger ? Pourquoi, à cet instant-là, alors qu'il se serait tailler les veines pour disparaître, restait-il pétrifié, les yeux mouillés, le souffle court ? Il aurait tellement voulu fuir ailleurs qu'en pensées. Ailleurs que dans son monde d'illusions. Il aurait voulu que son putain de corps lui obéisse ; plutôt que de chercher les yeux de Harry, plutôt que de mourir de frustration de ne pas les retenir.

-... Ce pourrait être la cicatrice, très étirée... Draco, viens là, regarde bien ! Qu'est-ce que tu en penses ? Disait Lucius, penché sur le visage d'Harry.

Draco ne répliqua pas.

Une force l'empêchait de se rebeller.

Même s'il hésitait à devenir un véritable Gryffondor et à prendre Harry par le bras pour le mettre en sécurité ; quelque chose en lui ne voulait pas. Comme s'il était lié à sa famille... bien au-delà des sentiments. Le serment Inviolable...

Effrayé, déchiré par ses sentiments contradictoires, Draco se redressa et, sentant les larmes perler au bord de ses yeux, il fit ce qui était parfaitement lui, parfaitement lâche : il tourna le dos. Le feu qui crépitait dans la cheminée fit fondre la neige dans ses yeux gris et l'eau perla sur ses joues...

Sa mère, juste en face de lui, l'observait. Elle comprit que son fils n'échapperait pas à la prophétie. Peu importe les défaillances de la mémoire, les serments, les efforts... L'amour de Draco était pur, il était écrit, et Lucius et Narcissa l'avaient souillé.

Esquissant un sourire triste, Narcissa plongea son regard dans celui troublé de son fils, et d'une voix complètement opposée à son expression, lança :

-Il vaudrait mieux être certains, Lucius. Absolument certains qu'il s'agit bien de Potter avant d'appeler le Seigneur des Ténèbres... Si nous nous trompons, tu te souviens de ce qu'il a fait à Rowle et Dolohov ?

-Et, la Sang-de-Bourbe, alors ? Coupa Greyback, visiblement mécontent. C'est qu'il espérait gagner ses Gallions, lui.

XxX

'Cissy ! Qu'es-tu en train de faire ?' s'exclama Lucius en pensées.

Sa femme, interpellée par la télépathie du mangemort, croisa son regard dément et frissona.

'Draco... Il ne va pas bien !' se justifia t-elle, la lèvre inférieure parcourue d'un léger spasme. 'Regarde-le ! Notre fils, Lucius ! Notre...'

'C'est pour lui que nous faisons tout ça ! Alors arrête, le seul moyen de le sauver, c'est de dénoncer Potter !'

La forme presque squelettique de la femme blonde se tourna vers Lucius, hésitante. Que devait-elle faire ?

'Cissy ! Il faut aller jusqu'au bout ! Ne lâche pas ! J'aime Draco, et je... t'aime...'

Le dernier mot soufflé dans un murmure (Lucius avait bougé les lèvres) fit revenir Narcissa à la réalité.

XxX

-Attendez, se reprit-elle. Oui, elle était dans la boutique de Madame Guipure avec Potter ! Regarde, Draco, n'est-ce pas cette dénommée Granger ?

Elle espérait que son fils reprenne le contrôle de ses émotions mais il leur tournait toujours le dos, et sa voix peu assurée le trahissait.

-Je... peut-être... oui.

-... Draco, regarde-le... criait Lucius.

Regarder qui ? Draco n'écoutait même plus. Pourquoi s'acharnait-on sur lui ? Tout ce qu'il pouvait répéter, c'était : « Oui. C'est possible. »

Non, ce n'était pas possible, c'était vrai. Vrai de Vrai.

C'étaient Potter, Weasley, Granger.

C'était Potter...

Une autre larme glissa sur sa joue et il l'essuya avec sa manche. Personne ne faisait cas de lui de toute façon : il pouvait bien se mettre à sangloter comme un porc ou à vomir tout son déjeuner que les vieux continueraient à se disputer et à parler argent.

XxX

Bellatrix était arrivée au manoir. Des Stupefix avaient fusé. Il était aussi question d'une épée.

Draco était complètement perdu dans ce cauchemar qui s'éternisait...

Hermione venait d'être jetée sur le ventre, tandis que les autres prisonniers avaient été acheminé vers la cave. Bellatrix agrippa les cheveux de la jeune fille et tira sa tête en arrière sauvagement, la rage déformant ses traits.

Il y eut une pluie d'Endoloris, et une pluie de cris déchirants.

Draco serrait sa baguette si fort dans ses mains que celles-ci devinrent rouges, cloquées. Il se mordait les lèvres à se faire saigner. Le Serment l'empêchait d'intervenir contre sa famille... Et il devait protéger Bellatrix, cette répugnante folle, sa... cousine...

Son coeur voulait une chose, son corps en voulait une autre.

Quand Hermione rampa à ses pieds, au comble de la déchirure, Draco sentit un sanglot lui échapper. Si fort qu'il avait dû réveiller tous les alentours.

-Il est facile de le savoir ! Fit Lucius. Draco, va chercher le gobelin, il pourra nous dire si l'épée est vraie ou pas !

Le Serpentard n'en avait rien à foutre de cette épée, à vrai dire il ne comprenait rien de ce qui se passait, mais il ne chercha pas à réfléchir et descendit dans la cave.

-Reculez-vous, dit-il fermement, avec la ferme intention de ne pas bégayer. Alignez-vous contre le mur du fond. Ne tentez rien, ou je vous tue !

Après avoir entendu des pas se reculer, Draco ouvrit la porte et d'un geste à peu près assuré, s'empara du Gobelin, décidé à ne pas croiser les yeux verts d'Harry.

C'était trop douloureux, et le pire, c'est qu'il ne comprenait pas pourquoi.

Il remonta avec le Gobelin et au bout d'un moment, Ron Weasley fit irruption dans le salon, hurlant un « NOOOON !! ». Harry suivait, tous deux ayant apparement réussi à se libérer.

Et tandis que les sortilèges fusaient de toutes parts, Draco ne put faire autrement qu'obéir au Serment...

Il devait... les protéger.

Lancer les lumières vertes.

C'est ce qu'il avait toujours fait, après tout.

Mais ça, Potter ne comprendrait jamais.

1er Août 2003 – Sydney, Australie

Des cris retentirent dans la nuit et Draco crut même entendre des gens parler dans une langue étrangère, d'une voix affolée. Lui, il restait sur le trottoir, figé d'horreur, imbibé de honte, glacé jusque dans les entrailles.

Harry..., s'étrangla t-il.

Sa mémoire choisit cet instant pour revenir au galop. Des flash, des images douloureuses...

Les scènes du passé revinrent tel un flot incontrôlable et Draco eut un haut le coeur lorsque ses yeux se posèrent sur Harry, étalé sur la route. Les jambes côtonneuses, il s'adossa à un mur et vomit son maigre repas.

Le sortilège d'Oubliettes venait de s'annihiler.

A suivre...

En espérant que ça vous a plu... Vos reviews me motivent énormément, même si ce n'est qu'un « j'aime », ça signifie que des gens lisent et ça fait chaud au coeur.

Je vous remercie pour votre soutien.

Bisous !

 
 
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