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¤ NINE YEARS AND A WHEEL-CHAIR ¤ (Neuf ans et un fauteuil roulant) Couple : Harry Potter / Draco Malfoy Rating :M ! Il faut que je mette un warning à cette fiction car elle est parfois un peu dure. Présence de sexe, parfois de violences, et pour les âmes sensibles n'aimant pas le drame... partez haha. De plus, il s'agit d'un slash, donc une relation homosexuelle entre deux hommes, donc vous êtes prévenus. Je me décharge de toutes responsabilitées. Notes : Cette fic fait suite au 7ème tome donc il y a forcément des spoilers. Elle se situe avant l'épilogue... que vous pouvez oublier. Ma première HPDM que je dédie à Hi.ka.ri Tsukiyo, je t'adore grande puce, j'espère que ce cadeau te plaira. Chapitre IV : Premiers contacts Draco s'était attendu à beaucoup de choses. Il avait immaginé tout un tas de réactions qu'auraient pu avoir Potter en le voyant. De la haine dans ses beaux yeux verts, de la tristesse, de la peur... ou un je-ne-sais-quoi d'autre. Mais ça, c'était tout simplement impensable. De la part d'un Gryffondor... De la part de Potter ! Inadmissible. Comment le héros du monde sorcier, celui qui avait plus de courage que toute la planète entière avait-il pu... fuir ? Draco en avait perdu sa langue. La veille, il s'était immaginé tout un discours. Il s'efforçait à être gentil devant le miroir de sa salle de bain. Il se disait que s'il devait vivre cloîtré avec Potter pendant une durée indéterminée à Poudlard, autant que les choses se passent bien. Et puis il en avait envie. Mais jamais, au grand jamais, il n'aurait pensé que Potter partirait à toutes jambes. Ou plutôt, en poussant son fauteuil comme un dératé, sous le regard ébahi d'Hermione. Draco s'était senti blessé mais n'avait rien dit... Il trouvait déjà le fait que Potter accepte de vivre près de lui était un progrès en soi. -Il... il est encore un peu perturbé je crois, avait essayé de justifier sa meilleure amie avec un pauvre sourire. Le blond avait hôché la tête, cachant sa déception. Que s'était-il immaginé ? Que Potter allait lui sauter dans les bras ? C'était lui qui l'avait poussé sur la route tout de même ! Son assassin comme disaient les autres ! Harry quant à lui faisait tourner les roues de sa chaise sans s'arrêter, jusqu'à l'épuisement. Il avait ainsi quitté la Grande Salle, parcouru toute une aile entière du château et était arrivé devant un pan de mur effondré. Une partie en reconstruction du château. Celle où Fred était mort... Et il se souvint des sanglots de George, de la peine de Ron, de sa propre douleur. Il eut envie de pleurer, son coeur se comprimait dans sa cage thoracique. C'était horrible. Comment avait-il pu ne serait-ce qu'immaginer revivre ici ? L'endroit de tous ses cauchemars ? Et comment avait-il pensé être capable de le revoir ? Lui qui s'était promis de rester digne... De faire semblant qu'il allait bien, que l'accident n'était que du passé. Il ne voulait pas que Malfoy se moque de lui et maintenant c'était sûrement raté. En l'apperçevant, il n'avait pu s'empêcher de détaler. Il avait peur... Peur parce qu'il le trouvait encore plus beau, plus attirant qu'auparavant. Peur parce que ce n'était pas normal. Il aurait dû être dégoûté... -Allons Monsieur Malfoy, tenez-vous tranquille ! Draco jeta un regard daidaigneux à l'infirmière Pomfresh. Celle-ci semblait indignée tandis qu'elle serrait étroitement dans ses mains le bras fin du Serpentard. -Il ne s'agit que d'un simple prise de sang, expliqua t-elle. -J'ai horreur des piqures et je n'en ai pas besoin ! grimaça t-il. Je croyais que j'étais ici pour guérir psychologiquement, pas pour qu'on me fasse un bilan santé tous les jours ! -Pourtant vous en auriez bien besoin, répliqua t-elle sèchement. Vous pesez seulement 59 kg pour 1mètre79. C'est bien peu. Et vous avez des cernes à faire peur Monsieur Malfoy, je suppose que vous ne dormez pas beaucoup... -C'est psychologique ! cracha t-il énervé. Oui je ne vais pas bien dans ma tête et c'est pour ça que je suis là. Maintenant est-ce que je peux retourner dans ma chambre ? Je dois ranger mes... Soudain, quelqu'un frappa à la porte et le blond se tendit. Pour l'instant, il n'y avaient que trois personnes dans ce maudit château car le personnel médical qu'avait embauché Hermione ne devait emménager que la semaine suivante. Ce ne pouvait donc être que... -Monsieur Potter, fit l'infirmière avec un large sourire en tirant le rideau derrière lequel se cachait Draco. Cela fait bien longtemps... Vous avez l'air en forme ! -J'essaye, dit le Gryffondor avec un faible sourire. -Puisque vous êtes là, asseyez-vous auprès de M.Malfoy, je dois vous faire une analyse de routine. Mme Pomfresh tira le rideau blanc et Harry put voir son ancien ennemi se recroqueviller sur lui-même, évitant soigneusement de croiser son regard. Toute la journée, le brun avait tenté de l'éviter en restant bien enfermé dans sa nouvelle chambre (il avait récupéré celle de préfet en chef des Gryffondor, même s'il se sentait bien seul là-bas, c'était sa maison). Harry se mordit la lèvre à la vue de Draco Malfoy et tenta de calmer les pulsations de son coeur. L'infirmière esquissa un mince sourire avant de poser une main sur le bras des deux jeunes hommes, les faisant légèrement sursauter. -Harry, Draco... Je sais ce qui vous est arrivé. Je me souviens encore lorsque vous étiez gamins, toutes ces fois où l'un de vous deux sortait d'un match de Quidditch avec un bras cassé ou des os à ressouder. Je me souviens de deux petits garçons de onze ans qui se coursaient sur un balai, si innocents. Comment en êtes-vous arrivés là ? A cette question, Harry et Draco détournèrent le regard dans les directions opposées, mals à l'aise. Depuis quand cette vielle peau faisait dans le rayon de la psychologie ? Songea Draco avec agacement. Cela ne la regardait pas ! -Je vous demande, moi, si vous avez une vie sexuelle ? Si Madame Pomfresh parut choquée, elle n'en laissa rien paraître. Les lèvres d'Harry quant à elles trahirent un léger tressautement, signe qu'il retenait difficilement un sourire. Pompom avec un homme en train de... Non, il ne valait mieux ne pas y penser. Malfoy lui jeta un drôle de regard et ce n'est qu'à ce momen-là qu'il comprit qu'il n'avait pas suivi la conversation. -...Monsieur Potter, je vous disais de vous mettre sur ce lit à côté de M.Malfoy. Je dois vous allonger. -Je..., bégaya Harry, se sentant honteux comme à chaque fois qu'il disait ça. J'ai besoin d'aide... pour me hisser... D'habitude les lits sont moins hauts... Alors que Madame Pomfresh s'apprêtait à l'aider, Malfoy la devança, attrapa les deux bras d'Harry ignorant son regard choqué et le força à se tenir droit sur ses jambes. Celles-ci falgeolèrent un peu et avant que Harry ne s'écroule, il sentit un bras s'emparer de sa taille et l'autre de ses genoux. Malfoy le souleva non sans grimacer et le posa doucement sur le lit. Le brun le fixa abasourdi tandis que Malfoy reculait, gêné. -Désolé..., murmura t-il avant de se détourner pour sortir précipitemment. Draco referma la porte derrière lui, troublé. Que lui avait-il pris ? Il avait fait ça sur le coup d'une impulsion... Il en avait eu envie. Le porter dans ses bras. L'aider dans sa souffrance. Draco secoua la tête, c'était uniquement parce qu'il se sentait coupable qu'il agissait ainsi. Pour rien d'autre. Harry de son côté poussa un soupir à s'en fendre l'âme. Il ne voulait pas de la pitié du blond ni de sa charité. Deux jours passèrent et Harry se demandait sérieusement s'il avait bien fait d'accepter de vivre à Poudlard. Il se sentait plus seul que jamais dans ce château désert et il avait eu largement le temps d'installer ses affaires. Evidemment, il aurait pu se promener pour s'occuper. Toutefois il n'y arrivait pas. Il y avait encore quelque chose en lui qui lui hurlait de ne pas le faire, car chaque lieu était raccroché à un souvenir passé. Et ça lui faisait mal. Lui qui avait voulu enterrer Poudlard se retrouvait les pieds dans la tombe. L'infirmière avait dû quitter le château pour le reste de la semaine car elle était occupée à prodiguer des soins et elle lui avait vivement conseillé de parler à Malfoy. Cependant Harry ne voulait pas... Pas pour l'instant. Pour lui dire quoi ? A leur stade, les mots étaient inutiles. Déplacés. C'était la première fois qu'il se retrouvait dénué de toute aide et il avait réalisé le lendemain de son arrivée que son handicap risquait de mettre ses nerfs à rude épreuve. En effet; depuis son accident, il avait été aidé à l'hôpital pour se laver, ensuite il avait vécu au Terrier et Ron était toujours là pour ça. La honte qu'il ressentait à chaque fois d'être si dépendant des autres, même dans sa toilette, était toujours présente, vive. Il avait souvent l'impression d'être un poid et c'est pourquoi il serrait les poings et contenait sa rage. Il prenait tout sur lui avec courage. Même s'il devait faire tous les efforts du monde pour y arriver... Pour prendre sa douche, le deuxième jour, Harry avait dû faire des acrobaties pour réussir à enlever son pantalon. Il s'était ensuite relevé grâce à la force de ses bras, et ne parvenant pas à tenir en équilibre, il s'était laissé tomber sur le carrelage glacé de la cabine de douche. La chute avait été un peu douloureuse mais il avait serré les dents et endurré. Il s'était lavé les jambes molles étendues devant lui, parterre. Pour se relever, il avait dû redoubler de force pour se hisser sur le fauteuil avec les bras. En tout, il y avait passé pas moins d'une heure et demi. Mais sa seule autre option était complètement inenvisageable... Demander de l'aide à Malfoy pour se laver, et puis quoi encore ? Et puis il n'allait pas déranger Ron et Hermione, ses deux meilleurs amis de toujours. Pour une fois qu'ils avaient droit au bonheur. Au matin du quatrième jour, fatigué de passer ses journées à dormir et à ruminer ; l'ancien Gryffondor eut réellement l'envie de s'aérer et sortit de son dortoir, priant pour ne pas croiser Malfoy faisant une promenade de santé. Il avait bien vu que physiquement Malfoy était loin d'être au mieux de sa forme et il se doutait que le fait d'être traité d'assasin par le monde entier ainsi qu'avoir été violé deux ans plus tôt n'était pas pour rien dans son état de santé. Cependant prendre de ses nouvelles comme s'il ne s'était rien passé... Comme si Malfoy ne lui avait pas dit toutes ces choses ce soir-là... Non, c'était impossible. Il crut halluciner lorsqu'il le vit à la bibliothèque, plongé dans un bouquin, l'air si calme, avec ses lunettes de vue qui lui donnaient un air intello. Depuis quand le blond portait-il des lunettes ? Draco avait entendu un bruit et malheureusement pour lui, son regard avait croisé le sien avant qu'il n'eut le temps de s'enfuir en roulant à toute vitesse. -Mal...Malfoy, bégaya t-il en rougissant. Réalisant cette étrange réaction physique, Harry se sentit honteux comme jamais et ses joues prirent feu violemment. Il baissa les yeux et serra les accoudoirs de son fauteuil en s'efforçant de ne pas déglutir. C'était horrible... Ce malaise... Pourtant, il en avait parlé avec la psy ! Elle lui avait dit qu'il ne devait pas se sentir gêné la prochaine fois qu'il rencontrerait son « agresseur ». Qu'ils devraient parlé comme des gens civilisés. Et lui, il ne pouvait s'empêcher d'avoir cette réaction stupide. Il ne savait même pas pourquoi. Il était en train de se couvrir de ridicule. -Potter, répliqua le blond affichant un rictus méprisant sur les lèvres. Ton accident aurait-il également endommagé ta capacité déjà limitée à parler correctement ? Harry crut qu'un plomb lui tombait dans l'estomac. Malfoy se foutait de lui ! Après ce qu'il lui avait fait ! Il osait ! Et pourquoi avait-il fait semblant d'être gentil à l'infirmerie ? Pourquoi l'avait-il porté ? Mais bon sang, sur quel pied dansait ce mec ?! -Tu n'es qu'un connard, s'emporta t-il en le fixant d'un regard noir. Pourquoi as-tu accepté de vivre avec moi ? Pour me rabaisser dès qu'on est seuls ? Comme ça devant tout le monde tu pourras te faire passer pour quelqu'un de bien et par derrière tu m'enverras valdinguer avec les voitures et les camions c'est ça ? Harry crut voir un voile de tristesse passer dans les yeux gris mais il dut rêver car pas moins d'une seconde plus tard, le sourire de Malfoy s'élargissait de plus en plus, comme s'il s'amusait. -Les raisons qui m'ont convaincu de vivre ici ne te regardent pas, déclara t-il tranquillement en allant quitter son livre sur une étagère. -Comment peux-tu faire comme si de rien n'était ? -Les apparences Potter, les apparences. Je suis quelqu'un de très sensible, je ne suis pas un connard contrairement à ce que tu penses. Je... j'ai agis méchamment pour me protéger, c'est tout. Je suis désolé d'accord, soupira Malfoy tandis qu'Harry écarquillait grand les yeux. Partons sur de bonnes bases tu veux ? Si on doit se croiser à Poudlard autant qu'on évite de s'entretuer, rigola t-il nerveusement. -Je ne te promets rien Malfoy, concéda Harry après quelques secondes de réflexion. Je ne te fais pas confiance, si j'ai accepté c'est seulement pour Hermione. Mais je t'en prie, explique-moi ce que le grand méchant Sauveur a pu faire pour que tu aies besoin de te protéger... Le brun ne put s'empêcher d'esquisser un sourire lorsqu'il vit le blond tomber de haut. Eh oui, il avait capté cette information. Il n'était pas si bête. -Alors ? -Rien, jeta glacialement Malfoy en se dirigeant vers la sortie. Fous-moi la paix avec ça et va te ballader ! -Et là, tu te protèges encore c'est ça ? Tu vois, je ne suis pas handicapé de la parole à ton grand damn, sourit le brun en voyant Malfoy blêmir, la main sur la poignée de la porte. Tu as encore quelque chose à me reprocher ? Tu es apparement la personne qui me trouve le plus de tords si j'en juge tout ce que tu m'as dit le soir de l'accident... Vide ton sac maintenant, histoire que la prochaine fois que tu aies besoin de le vider, tu ne me coupes pas les jambes avec. -Arrête, murmura le bond sans le regarder. Arrête... -Non, je n'ai pas envie d'éviter la conversation. Ca fait plus de six mois que c'est arrivé, il faut en parler. -Pas envie Potter ? Mais qui a fuit en pissant dans son froc en me voyant hein ?! hurla Malfoy en se détournant, une expression illisible dans les yeux gris. Qui n'a pas répondu à mon origami ? Qui a rougi de dégoût en m'apperçevant dans la bibliothèque ? A mesure qu'il parlait, l'ancien Serpentard s'était approché d'un pas dynamique et il posa ses deux mains sur les accoudoirs du fauteuil, regardant Harry droit dans les yeux. Ce dernier frissona. Cette lueur... Il y avait tant de tristesse et de rage... -Dé... Dégoût ? Bégaya t-il peu intelligemment, perturbé par leur proximité. -Dégoût, tout à fait Potter, je te répugne ! Tu rougis de honte bordel ! Tu ne contrôles plus tes réactions quand je suis là ! Tu t'immagines que ça me fait plaisir ? Bon sang, mais quand est-ce que tu vas comprendre que je ne l'ai pas fait exprès ! J'ai honte moi aussi, je me sens mal à un point que tu ne peux l'immaginer ! Je ne suis pas un meurtrier ! Je ne suis pas Voldemort ! Draco reprit son souffle difficilement, se retenant de pleurer. Toute sa culpabilité remontait en lui comme un magma en fusion et il avait envie de faire comprendre à Potter qu'il était désolé. Qu'il ne l'avait pas voulu... En plus son coeur battait si vite en regardant Potter, comme lorsqu'il l'aimait enfant. Ce n'était pas normal et il n'aimait pas ça. Harry quant à lui n'était pas mieux. Ses yeux ne pouvaient s'empêcher de dévorer les lèvres du blond, d'observer sa respiration rapide. Il avait même un léger grain de beauté sur le comissure droite... Il se rappela alors toutes les fois où il avait trouvé Malfoy attirant, si troublant. Quand il le poursuivait en sixième année. Bien après la chute de Voldemort, quand il le poursuivait encore en tant qu'Auror. Et même maintenant, avec la peau sur les os le blond lui plaisait. L'attirait... comme un aimant. Et comme avec une attirance magnétique, Harry ne put s'empêcher de fermer les yeux et d'effleurer sa bouche avec la sienne. Le souffle de Draco se figea et ce dernier agrandit les yeux de stupeur. Au moment où il allait répondre au baiser, se maudissant pour en avoir envie ; Potter se recula et s'enfonça dans son siège, puis fit tourner ses roues et s'apprêta à sortir, dos à son ennemi. -Tu vois, si tu m'aurais répugné, je n'aurais pas fait ça. Tu t'es trompé Malfoy, j'ai juste besoin de temps... Laisse-moi le temps de digérer les choses... -Po-Potter ! Murmura Draco en avaçant d'un pas, les poings serrés. Je... je sais pourquoi tu ne m'as pas répondu au nouvel an... Un vulgaire papier, ça ne pardonne rien hein ? Prenant une profonde inspiration, Draco se rappela ce que lui avait dit Blaise. -Je te demande pardon... Je suis sincèrement désolé... Je n'ai jamais voulu ce qui s'est passé. Tu m'as sauvé de la Salle sur Demande en feu pendant la Bataille et moi la seule chose que je fasse pour te remercier c'est te rendre paraplégique. J'ai une double dette envers toi. Harry ne savait pas pourquoi il pleurait mais il se félicita pour réussir à parler d'une voix où son trouble ne transparaissait pas : -...Merci. Il s'écoula moins d'une semaine avant que la psychologue qu'avait employée Hermione n'arrive à Poudlard, rompant enfin la solitude d'Harry qui croisait très rarement Malfoy. A vrai dire, il ne l'avait pas revu depuis l'épisode de la bibliothèque. A croire qu'ils s'évitaient. Le gryffondor ne fut cependant que peu emballé par l'arrivée de la jeune femme car pour lui, s'entretenir avec une psy, c'était reconnaître qu'il avait un problème. Et le brun n'avait accepté de venir ici que pour faire plaisir à Hermione... pas parce qu'il était dérangé du cerveau. Harry prit donc place en face de l'inconnue qui était assez jolie d'ailleurs. Une rouquine aux yeux bleus pétillants et possédant des formes agréables. Intérieurement, l'idée d'être attiré par une femme le rassura sur son hétérosexualité qui semblait être intacte. -M. Potter, fit-elle en ouvrant un dossier sur son bureau et en le fixant intensément. Je vous écoute. Le brun, décontenancé, cligna des yeux. Il avait pensé qu'elle lui donnerait des médicaments ou qu'elle lui sortirait un savon selon lequel « une expérience telle que la sienne était forcément traumatisante » mais elle ne fit rien de tout cela. -De quoi voulez-vous parler aujourd'hui ? Harry gigota, mal à l'aise. Et s'il demandait de partir ? Pour être honnête, il n'avait aucune envie d'étaler sa vie ni ses sentiments à une parfaite étrangère. Il ne le faisait pas avec ses propres amis alors avec elle... -Selon Hermione, il paraît que je ressemble à une certaine Ginny. Vous trouvez ? -Heu...., répondit franchement Harry, réfléchissant sérieusement à la question. Un peu, oui. -C'est la soeur de votre meilleur ami, si je ne me trompe. Parlez-moi d'elle. Le brun soupira mais quelque part, il fut rassuré qu'on ne le force pas à parler de son accident ou de Malfoy. Avec un brin de nostalgie, il se mit à narrer sa rencontre avec la rousse, comment elle était tombée amoureuse de lui et lui aussi à son tour en sixième année, la guerre qui les avait séparé, et comment ils s'étaient remis en couple ensemble. Mais maintenant... Harry s'arrêta dans son récit, grimaçant. -Vous l'aimez toujours ? demanda la psychologue. -Je...je ne sais pas. On a eu beaucoup de problèmes tous les deux et on a mal géré la fin de la guerre. Je lui reproche tellement de choses que je ne sais même plus où en sont mes sentiments. De plus je... Harry se mordit la lèvre, se demandant s'il pouvait parler de ça. Après tout, il n'avait encore pu évoquer le sujet avec personne et vider son sac lui ferait peut-être du bien. -Je crois que je suis gay...souffla t-il en détournant le regard. -Vous croyez ? s'étonna la jeune femme. Vous n'en êtes pas sûr ? -Pas vraiment, non. Ginny m'énervait tellement que je n'arrivais plus à la désirer, c'est comme si un feu s'était éteint. Toutefois je regarde encore les jolies filles... -Vous pouvez être bisexuel, monsieur Potter. L'un n'empêche pas l'autre. Ce qui m'étonne c'est que vous semblez perdu à ce niveau-là. Qu'est-ce qui vous fait douter ? Avez-vous déjà essayer d'être avec un homme ? Là était justement le problème. Harry n'avait pas essayé d'être avec un homme, et il n'en avait pas l'intention. C'était trop.. bizarre. Parfois, il se demandait même d'où venaient ses doutes, lui qui n'avait jamais ressenti la moindre chose pour un garçon et s'était toujours senti cent pour cent hétéro. Etait-il possible de découvrir son homosexualité si tard, comme dans les films ? L'ancien gryffondor doutait sérieusement... Secouant la tête en signe de négation, Harry souffla un grand coup et essaya de mettre de l'ordre dans ses pensées. -Pour être honnête, je n'ai jamais désiré un homme... Ses yeux verts se posèrent sur ses cuisses, soudain très interessantes. Voilà, c'était dit. La psy devait le prendre pour un fou maintenant. -Alors d'où viennent vos doutes dans ce cas ? essaya de comprendre patiemment la jeune femme. -Il... il y a un homme, dit-il nerveusement en se triturant les ongles, qui m'a fait... hm... quelque chose, que j'ai beaucoup apprécié... -Une chose d'ordre sexuel ? Harry hôcha la tête, resongeant à l'incroyable fellation de Wyatt Taylor. C'était le soir de son accident, juste avant. Il ne savait pas ce qu'il lui avait pris mais il avait juste eu envie d'essayer ça avec un homme. Ce jour-là il avait détaillé quelques hommes dans la rue et il s'était convaincu que le spectacle lui plaisait. Avec du recul, Harry n'en était plus si sûr... Sur le coup, il avait été pris d'une impulsion, et comme chaque fois que ce côté de sa personnalité ressortait ; Harry était prêt à tout pour les assouvir. Il avait un souvenir cependant très gênant : il avait comparé les hommes à Malfoy. Et dans la bibliothèque, il avait pensé qu'il était beau. En réalité, Malfoy était le seul homme qui l'attirait physiquement mais pour lui cette réalité était simplement impossible. -Selon cette « chose », cela aurait pu très bien être une femme qui vous procure la caresse. Est-ce que les femmes peuvent faire ce genre de choses ? Comprenant où voulait en venir la psychologue, Harry se sentit perdre pied. Oui, n'importe qui aurait pu lui faire ça à part Wyatt. -La question est de savoir pourquoi vous avez choisi un homme plutôt qu'une femme pour faire cette chose. Pensiez-vous à quelqu'un à ce moment-là...? Fouillant dans sa mémoire, Harry se rappela ses jambes hâlées butant contre le bureau derrière lui, le pantalon sur les chevilles. Il se rappela de son empressement à subir les caresses de Wyatt, un journaliste qui lui faisait des avances depuis bien longtemps. Il se remémora avec plus de difficultées ses mains plongées dans la chevelure blonde de l'homme et ses pensées étaient tournées vers... Malfoy. Horrifié, Harry sentit son coeur battre plus rapidement puis tenta de se calmer. D'accord il avait pensé à son ennemi à ce moment-là mais c'étaient des pensées de haine. Il se disait combien il détestait Malfoy et les caresses buccales de Wyatt devenaient de plus en plus meilleures sur son sexe. Il se disait que Malfoy était un salopard et que son amitié n'était sûrement qu'hypocrisie, et il gémissait tandis que les succions se faisaient plus rapides. Il aurait pu penser à Malfoy en jouissant mais Hermione et Ron étaient entrés dans la chambre juste avant. -Oui, souffla t-il. Mais je ne pensais pas à lui sexuellement parlant (Harry frissona à cette pensée). J'étais en train de le haïr dans ma tête. La psychologue écarquilla doucement les yeux, plutôt surprise de la révélation du jeune homme. Depuis quand un hétéro allait baiser un homme en pensant à quelqu'un qu'il détestait ? Harry Potter lui semblait franchement perturbé. Un petit hibou sortit de l'horloge accrochée sur le mur, annonçant ainsi la fin de la séance. Le brun soupira de soulagement et s'apprêtait à sortir lorsque la voix de la jeune femme le héla. -M. Potter, pourquoi n'essayerez-vous pas une relation sérieuse avec cet homme ? Je parle bien sûr de celui qui vous a fait cette chose, précisa t-elle. Si vous ne le désirez pas, vous serez certain quant à votre bord sexuel. Et puis... vous m'avez l'air bien seul dans ce château. Harry hôcha vaguement la tête et sortit de la salle, poussant son fauteuil. Sortir avec Taylor ? C'était une idée... De plus, il était sûr que le journaliste n'aurait rien contre, au vu de la façon dont il s'était inquiété quand il avait appris qu'Harry était devenu paraplégique. Il stoppa net en apperçevant Malfoy adossé contre le mur en face, semblant perdu dans ses pensées. Harry repensa à ce qu'il avait dit à la psy... Oui. Mais je ne pensais pas à lui sexuellement parlant. J'étais en train de le haïr dans ma tête. Même pour jouir il avait besoin de Malfoy maintenant. Il ne manquait plus que ça ! Il allait sérieusement falloir qu'il règle son problème avec l'ancien serpentard, car ce dernier lui bouffait la vie. Et c'était comme ça depuis ses onze ans... Il y avait vraiment quelque chose d'anormal entre eux. A la fin de la deuxième semaine à Poudlard, Harry se sentait nettement mieux. Il avait sympathisé avec la psy et elle était toujours d'une bonne écoute. Ils ne parlaient cependant pas de son éventuelle homosexualité car le brun avait promis de revoir Wyatt et d'essayer une relation avec le jeune homme. Ils avaient passé en revue son enfance dans le placard à balais, les Dursley, les affrontements contre Voldemort, toutefois Harry évitait toujours soigneusement de parler de Malfoy. La rouquine savait qu'ils se connaissaient puisqu'elle suivait également Malfoy dans ses séances de psychologie ; et il était impossible qu'elle ne sache pas leur relation victime-assassin qui avait fait les premiers titres dans les journaux depuis août. Durant la troisième semaine, Wyatt vint souvent à Poudlard et Harry appréçia grandement sa compagnie, découvrant un homme avec beaucoup d'humour et très attentioné. Il ne s'était plus fait « beau » pour quelqu'un depuis longtemps et essayait de se persuader que Wyatt pouvait être autre chose qu'un bon ami. Ayant marre de douter sur son désir, et ne souhaitant pas faire attendre le journaliste plus longtemps ; à la fin du mois il invita Wyatt dans sa chambre et s'allongea avec précaution sur son lit, s'aidant de ses bras. -Merci de ne pas avoir pitié... déclara t-il souriant, ravi que le journaliste ne s'empresse pas de l'aider comme si paraplégique était synonyme d'handicapé. -De rien Harry. Le brun sentit son coeur s'emballer, conscient que ce qui allait suivre n'avait rien à voir avec ce qu'il avait toujours fait avec Ginny (sa seule expérience sexuelle d'ailleurs...). Ses yeux verts trahirent son inquiétude et Wyatt s'assit près de lui, prenant tendrement sa main dans la sienne. -Tu vas bien ? Le brun hôcha fébrilement la tête puis prit son courage à deux mains et se mit à retirer son t-shirt sous le regard ébahi du journaliste. Puis il posa ses mains sur sa propre braguette et la dézippa, mais faire descendre le pantalon le long de ses jambes était une autre paire de manches. -Là, je veux bien que tu m'aides, rigola t-il nerveusement. -Ha...Harry ? Tu es sûr ? demanda fébrilement Wyatt, qui était définitivement tombé amoureux du sauveur du monde sorcier (il avait eu le coup de foudre lors de sa première interview il y a quelques années). -Oui...Embrasse-moi, murmura t-il en effleurant ses lèvres. Il plongea dans deux yeux noisettes brillants de désir et de douceur et une bouche s'empara de la sienne, indéniablement masculine. Elle était tendre malgré ça et même si c'était étrange avec un homme, ce n'était pas non plus désagréable. Il se rappela lorsqu'il avait effleuré les lèvres de Malfoy dans la bibliothèque mais chassa bien vite ce souvenir de ses pensées. La langue qui venait de s'insinuer entre ses lèvres le surprit mais Harry se laissa faire, sans protester. Le baiser était bon... Il se sentait aimé, il sentait la chaleur de quelqu'un, l'impression de briser cette solitude qui l'opprimait même dans les bras de Ginny. Il guida alors les mains de Wyatt vers son boxer pour lui signifier qu'il était prêt à plus, même s'il n'arrivait pas encore à avoir une érection. Cela allait venir, il en était sûr... La porte claqua soudain brutalement et Malfoy apparut, une colère sans nom vrillant ses yeux gris. -Mais qu'est-ce que tu fous Potter ! s'exclama t-il en tirant le journaliste en arrière. Harry se redressa, un peu sonné, et Wyatt s'éclipsa sous le regard noir de l'ancien serpentard, préférant les laisser seuls. Le grand blond avait l'air furibond... -Est-ce que tu es débile ? cracha Malfoy en le dévisageant de haut en bas, du dégoût dans la voix. Les yeux verts se voilèrent d'incompréhension et de douleur. -Encore une de tes autres faces Malfoy ? Tu me demandes pardon, tu m'ignores et ensuite tu reviens à la charge c'est ça ? Casse-toi, se ressaisit Harry en cachant son boxer à l'aide de son pantalon. Tu n'as rien à faire dans ma chambre !! Malfoy se tendit avant de soupirer, l'air las. -Je ne suis pas venu ici pour t'insulter... Mais bon sang, qu'est-ce qui te prend de coucher avec un journaliste ? Tu veux que tout le monde sache où je suis ? -Pardon ? hallucina l'ancien gryffondor, perdu. -Parfaitement Potter. Aux dernières nouvelles je suis toujours menacé par tes fans qui n'ont pas supporté ce que je t'ai fait et pour te raffraîchir la mémoire, j'ai également l'ODAM aux trousses. Tu te souviens, la gentille organisation d'aurors qui veulent punir les méchants mangemorts et qui m'ont... Malfoy s'interrompit et détourna les yeux, honteux. -Peu importe, murmura t-il. Il est hors de question que le projet Poudlard soit dévoilé et qu'on découvre que j'y ai trouvé asile. Harry avait failli s'attendrir lorsqu'il avait entendu le blond parler de son viol cependant la suite le refroidit instantanément. Il ne comprenait pas pourquoi sa colère était si grande... -Asile ? siffla t-il entre ses dents. C'est pour ça que tu m'évites, t'en as rien à foutre de l'idée d'Hermione, se « reconstruire ensemble ». Tout ce que tu veux c'est un endroit pépère où tu seras protégé. Tu es toujours aussi lâche Malfoy ! Dégage maintenant ! -Ne me traite pas de lâche ! Tu n'es pas mieux dans ton genre Potter. Toi aussi tu m'évites, alors ne repose pas la faute sur moi. Les paroles du blond lui faisaient mal parce qu'elles étaient vraies... -Envoie toi en l'air qui tu veux Potter, mais évite les journalistes. Immagine qu'il déballe vos ébats sexuels dans les journaux, tu seras content après ? -Merci de t'inquiéter pour moi Malfoy mais je baise avec qui je veux et maintenant DEGAGE !! La voix d'Harry était étrangement partie dans les aigues et Malfoy sursauta, choqué. La haine dans les yeux verts lui déchira le coeur et le blond recula, fébrile. Sa main trouva la poignée derrière lui et il l'ouvrit avant de sortir précipitemment, le souffle coupé. Il extirpa des cachets blancs de sa poche et se précipita vers les toilettes pour les avaler. Dans sa chambre, Harry craquait, pleurant à chaudes larmes. Il était à bout de nerfs. Et peut-être que, finalement, il allait beaucoup moins bien qu'il ne le disait... A suivre... Et voilaa, vous y êtes arrivé ! Bravo pour votre courage XD. Encore un peu de courage pour écrire une review ? Je voulais préciser que je ne connais pas grand chose de la paraplégie alors je suis désolée si j'aborde ce sujet de façon banale, j'en avais juste besoin pour l'histoire. Bisous à tous, je vous aiiime ! Pady. |