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Note: Hello gentes dames et joyeux damoiseaux, voici le chapitre deux de "Tout ce que tu voudras". J'ai profité de mes vacances pour l'écrire. Gros bisous à Imeldamizi en espérant que tu ailles vite mieux. Bisous aussi à Fanny, Baddy et BN (parce qu'elles roxxent toujours autant). Un grand merci au puissant et estimé Balthazar le sorcier pour sa correction. __________________________________________________________________________ Chapitre 2 : Tout est fini.... -C’est impossible. Harry eut un sourire moqueur devant la tête que tirait Malfoy. Il avait posé son dernier devoir de potion corrigé devant le serpentard. Un "Optimal" s’étalait en lettres rouges sur le coin en haut à gauche du parchemin. Le serpentard affolé était en train de relire son devoir, cherchant une erreur que le professeur Snape aurait ratée. -Match nul, encore une fois, annonça Harry rayonnant de sarcasme. Le prochain défi est pour moi. Malfoy leva ses yeux gris et glacés sur lui et la haine que Harry éprouvait pour ce type s’intensifia immédiatement d’un cran. Depuis qu’ils étaient revenus du voyage scolaire cinq mois auparavant, les défis entre Harry et Draco s'étaient succédés sans qu’aucun d’eux ne prenne le pas sur l’autre. Ils avaient, par exemple, parié sur celui qui ferait perdre le plus de point à la maison de l’autre (autant dire que les sabliers gryffondor et serpentard avaient été en chute libre, au grand dam des deux maisons concernées et pour le plus grand bonheur des poufssoufles et serdaigles). Après ça Harry avait lancé le défi contraire – pour se remettre dans les petits papiers de Hermione - et les deux maisons étaient revenues au sommet mais malheureusement encore une fois ex aequo. Les émeraudes et les rubis étaient rigoureusement du même nombre ce qui faisait enrager les deux jeunes hommes. Au concours d’alcool, ils avaient bu exactement le même nombre de verre de whisky pur feu, à la gorgée près précisément, avant de tomber dans l’inconscience. Au bras de fer, il avait été impossible pour eux de prendre le pas sur l’autre et ils avaient dû arrêter parce que le jury – Zabini et Weasley - en avait eu marre d’attendre qu’un des deux se décide à perdre et était parti dormir. Aux échecs, la partie avait été annulée parce que les pièces des deux concernées s'étaient jetées les unes sur les autres, arme en poing sans même écouter les instructions de leur propriétaire. Ils avaient alors décidé de les laisser se battre et de parier sur l’issue du combat. Mais à la fin, les deux rois, seuls survivants du massacre, épée scintillante à la main, s’étaient embrochés et étaient retombés dans un ensemble parfait. Le match nul fut prononcé d’une voix blasée par Ronald Weasley. Il y avait eu encore beaucoup de défis mais aucun gagnant, défis que d’un commun accord ils choisissaient chacun leur tour. Le dernier en date avait été lancé par Malfoy. Il avait parié à Potter qu’il aurait une meilleure note que lui à l’examen de potion. Mais il avait eu Optimal, exactement comme lui. Et Draco avait bien envie de lui faire bouffer son parchemin au balafré. Il ne restait plus qu'une semaine avant la fin de l'année et il fallait qu’ils se départagent avant cette date. Ça obsédait Draco plus que tout. -Je te tiendrai au courant du défi dès que j’aurais trouvé, annonça calmement Potter en reprenant son devoir. -Dépêche toi de trouver, grogna le blond, qu’on en finisse une fois pour toutes. -Ton impatience à perdre est touchante, railla Potter tout en commençant à partir. En passant, jolie cravate. Draco se contenta de pincer les lèvres tandis que le rouge et or se dirigeait vers sa dernière petite amie en date. C’était le grand jeu du balafré, mettre du rose dans la tenue de Draco – à cause du coup des béquilles -. Aujourd’hui c’était le tour de sa cravate. Au début le serpentard enrageait et se hâtait de redonner à ses habits-cheveux-chaussures-accessoires- leurs couleurs initiales mais à présent il laissait faire. Potter se lasserait bien avant lui de ce jeu de gamin et il n’allait pas lui donner encore plus d’importance en s’énervant pour ça. Il se leva, passa devant le couple affreux. Potter, le bras droit entourant les épaules de sa pouf…souffle, le regardait fixement, l’avertissant silencieusement qu’à la moindre remarque désobligeante, c’était à la baguette que ça allait se régler. Cela faisait deux semaines qu’il sortait avec cette fille de cinquième année. Une fille mignonne mais d’un ennui mortel et affublée de surcroît d'un nom de famille imprononçable : Kurizeuza-quelque chose. Sang mêlée, bien entendu, et qui ne l’ouvrait quasiment jamais – encore heureux ! - le véritable cliché de la petite princesse timide et adorable à elle toute seule. Ça ne l’avait pas étonné que Potter avec son complexe du héros jette son dévolu sur cette brave petite chose. C’était à gerber. Draco ne fit donc aucun commentaire en passant devant eux mais il mit son index dans sa bouche afin de montrer qu’il allait régurgiter son déjeuner. La poufsouffle baissa la tête, les joues rouges, et Potter le foudroya du regard. -Laisse tomber, l’entendit-il dire doucement à sa copine, ce n’est que Malfoy, il est con par nature. Draco n’entendit pas la réponse de la princesse en détresse et préféra aller faire un tour dans les cachots, le seul endroit du château où il faisait frais. Et c’était une bénédiction, car l’été cette année là était étouffant, moite et caniculaire. Il ne fut pas surpris de retrouver tous les serpentards ou presque dans la salle commune. Les élèves des autres maisons allaient volontiers dehors et Dumbledore avait autorisé la baignade dans le lac. Mais les cachots restaient bien plus agréables. Blaise n’était pas là, sûrement au club d’échec qu’il avait formé avec cet imbécile de Weasley. Draco n’arrivait pas à comprendre comment il avait pu se lier d’amitié avec le miséreux. Blaise lui avait bien raconté son histoire à propos de gamins moldus affreux et de monitrice de ski excitante mais Draco ne voyait pas vraiment le rapport. Ensuite, ils s’étaient aperçus – la belette et Blaise - qu’ils étaient tous les deux férus d’échecs et Blaise avait été profondément ravi de trouver quelqu’un à son niveau avec qui jouer. Puis après ça, ils avaient formé le club d’échec. Ils y avaient à présent une vingtaine de membres, toutes maisons confondues et Dumbledore leur avait attribué une pièce, qui de basique salle de classe était devenue un endroit douillet et confortable. -Draco, comment ça s’est passé ? lui demanda Pansy depuis son fauteuil par pure politesse. Vu la tête que tirait son ami, ce n’était pas encore aujourd’hui qu’il avait battu Potter. -Optimal, comme moi, lâcha-t-il en s’asseyant sur le canapé en velours vert. Du coin de l’œil, il vit la monnaie changer de main et décida de faire comme s’il n’avait rien vu. Potter et lui faisaient l’objet de paris à chaque nouveau défi. Au début il s’en était offusqué, mais à présent, comme pour sa cravate rose, il était juste blasé. Il tritura ladite cravate avec un air fatigué. -J’avais bossé comme un dingue pour cet examen, murmura-t-il comme pour lui-même. Comment a-t-il pu avoir une si bonne note ? -Il n’a pas pu tricher, répondit Pansy, pas avec le sort que nous a lancé Snape avant le devoir. Draco lui lança un regard noir qu’elle soutint sans ciller. -Sors avec moi, proposa-t-il soudainement au bout de quelques secondes. Il vit le regard de son amie s’écarquiller de surprise puis s’assombrir de manière inquiétante. -A quoi joues-tu ? siffla-t-elle. Il haussa les épaules. Ça faisait un moment qu’il y pensait. Se trouver une petite amie pour une durée un peu plus longue qu'un jour ou deux. Les autres l’ennuyaient vite, il se disait qu’avec Pansy ça pourrait être sérieux. Il n’était pas amoureux mais elle était plutôt jolie et ils s’entendaient bien ensemble. -Je suis sérieux, reprit-il un ton plus bas pour ne pas être entendu pas trop de monde. Je suis sûr que ça marcherait entre nous. On est pareil toi et moi ! -Oui Pansy, vous êtes pareils ! s’exclama Nott en s’affalant sur le canapé à côté de Draco. J’ai toujours pensé que tu étais bâtie comme un homme, maintenant, grâce à Draco j’ai la confirmation. -Va te faire foutre, siffla Pansy. Et toi Draco cesse un peu de faire le con. Je vais faire comme si tu ne m’avais rien demandé et on va en rester là. -Moi qui aurais cru que tu sauterais sur l’occasion, ironisa Nott. Le type que tu aimes te demande enfin de sortir avec lui et toi tu refuses ? -Je ne suis pas amoureuse de lui ! susurra Pansy. C’est mon meilleur ami et tu ne peux pas comprendre Nott, tu es incapable d’éprouver un seul de ces deux sentiments ! -Merlin m’en préserve ! railla Théo. Draco soupira en rejetant la tête en arrière, n’écoutant plus le reste de la dispute. Il venait de se faire jeter par Pansy et à part sa fierté un peu froissée, il en était même plutôt soulagé. Il aurait fini par perdre son amitié s’il se l’était faite. Il voulait une petite copine. Ce n’était pas les propositions qui manquaient mais il voulait quelqu’un qui donne le change. Une fille qui ferait que quand on la verrait avec lui on se dise : « Ah…avec elle ça doit être sérieux. » Il ouvrit les yeux et regarda, à l’envers donc, les filles de sa maison qui se trouvaient dans son champ de vision. Il n’en connaissait véritablement aucune. En fait, hormis son groupe d’ami, il n’échangeait que peu de parole avec les autres serpentards. Quant aux autres maisons, il ne valait mieux pas y penser. De toutes façons, à part les serdaigles, il n’envisageait pas de sortir une fille des autres maisons. Et puis c’était bien connu, les gryffondors allaient avec les poufsouffles et les serpentards avec les serdaigles. La preuve Potter sortait avec une pouf…souffle, bon il était aussi sorti avec une serdaigle en cinquième année…En fait Potty avait testé toutes les maisons à part – encore heureux - celle des serpentards. -Ce que tu peux être conne ! siffla Nott. Il s’était levé et s’était mis derrière le canapé, Draco avait devant ses yeux à présent la braguette de son ami. -Oh pauvre Nott, ça t’a froissé ce que j’ai dit sur ton papa ? demanda Pansy, l'air visiblement amusée. Draco referma les yeux, irrité, et releva la tête. Ces deux là étaient pires que Potter et lui. Leur mésentente avait commencé légèrement, en cinquième année mais deux ans plus tard c’était tout bonnement insupportable. Il avait cessé depuis longtemps de se mêler à leurs disputes, il y avait eu pourtant une accalmie en sixième année, aussi soudaine que mystérieuse, mais un mois plus tard c’était reparti de plus belle. En soufflant, il se leva, desserra sa cravate rose et sortit de sa salle commune, la baguette de Pansy avait commencé à crépiter et il ne voulait pas être là quand les premiers sorts allaient fuser. Il ne voulait pas aller voir Blaise parce que quand il était avec Weasley il était obligé d’être civil avec ce dernier. Et là, il n’en avait pas la force. A la bibliothèque il risquait de tomber sur Granger et dehors sur Potter et sa copine. Il décida d’aller dans sa chambre et de lire un bon bouquin mais il fut incapable de se concentrer sur son livre. Ses pensées étaient toutes tournées vers le balafré et le prochain défi qu’il ne manquerait pas de trouver. Il avait un mauvais pressentiment. °O°O°O°O°O°O°O° -Harry, tu ne te baignes pas ? Le jeune gryffondor leva la tête vers sa petite amie, qui dans son beau maillot de bain lui souriait avec douceur. Il réprima un soupire de frustration mais resta tranquillement assis sur la pelouse. Il la trouvait vraiment très sympa et jolie aussi, mais sa douceur était agaçante. C’était pourtant pour ça qu’il l’avait choisie, parce qu’elle était calme et gentille. Cho avait été celle qui l’avait pris pour un mouchoir géant. Ginny était pétillante mais en fin de compte ce qu’il avait ressenti pour elle avait été un mélange d’amitié et de désir et quand le désir avait été parti – « assouvi » était le mot juste mais ça donnait à Harry une image de lui qui le gênait - seule une franche camaraderie était restée. A présent c’était Amelia sa petite amie – la si gentille Amelia - et il savait déjà que ça n’allait pas durer. -Non, vas-y sans moi, répondit-il en se forçant à sourire, je te rejoindrai peut être plus tard. Elle eut une moue que Harry trouva à la fois adorable et agaçante et partit se baigner avec son groupe d’amies gloussantes, dont la plupart lui faisait de l’œil dès qu’Amelia avait le dos tourné. Il s’ennuyait avec elle. En plus elle venait le déranger alors qu’il cherchait un nouveau défi pour Malfoy et lui, et pour une connerie de baignade. Il arracha des brins d’herbe à côté de lui avec négligence et regarda aux alentours dans l’espoir de trouver une idée. Malfoy devait être au château, dans le nid de serpents qui lui servait de salle commune. Harry tourna la tête à l’opposé, vers la forêt interdite. Comme toujours depuis près de deux mois à présent, on pouvait voir à peu plus à droite du cœur de la forêt, des éclairs et des nuages gris. En tendant même l’oreille, on arrivait parfois à distinguer le bruit du tonnerre. Une Harpie Cataclysmique avait migré jusqu’ici et était à l’origine de cet étrange phénomène. Sûrement le seul lieu d’Angleterre – et d’une bonne partie de l’Europe aussi - où il faisait un temps affreux, dépourvu du moindre rayon de soleil. D’après ce que leur avait raconté Remus, la harpie avait été emprisonnée par un champ magnétique anti morts-vivants dans un périmètre de près de cinq cent mètres carré par les Aurors. Et s’ils l’avaient emprisonnée, ils ne l’avaient pas encore tuée, une unité d’élite étant en train de s’entraîner pour cette occasion. Les Harpies Cataclysmiques faisaient parties des monstres de niveau TDPH (Très Dangereux Pour l’Humanité), elles étaient bien plus malignes et puissantes que les Harpies communes. A mesure qu’il regardait la zone orageuse dans la forêt une idée démente s’empara de Harry. Il venait de trouver son défi. Quelque chose de géant. Quelque chose qui les départageraient à coup sûr. Sans plus se préoccuper de rien, il se leva et se dirigea vers le château. Il connaissait le mot de passe de la salle commune des serpentards, il l’avait entendu lors d’un de ses éternels espionnage de la fouine. -Raislin Majere, prononça-t-il d’un ton pressé. La porte s’ouvrit en grinçant un peu et il entra. -Qu’est-ce qu’il fout ici celui-la ? s’étonna Théo, interrompant sa dispute avec Pansy. La jeune femme se contenta de froncer les sourcils. Les discussions s’étaient tues et tous regardaient le héros du monde sorcier. C’était le seul dans la pièce qui avait l’air de ne pas trouver incongru qu’il soit au milieu de la salle commune des serpentards. Ces derniers avaient une hiérarchie à respecter. En l’absence de Draco et de Blaise, c’était à Pansy de gérer ce genre de cas. Théodore étant un des rares électrons libres des serpentards ne comptait pas. -Peut-on savoir comment tu es entré ici ? demanda Pansy en jetant un regard noir à Théo pour l’empêcher de dire une connerie comme « par la porte, je suppose ». Potter haussa les épaules. Il ne voyait pas Malfoy et c’était agaçant. -Où est-il ? questionna-t-il au lieu de répondre. -Ici c’est moi qui pose les questions ! siffla Pansy. Potter ne lui accorda même pas un regard. Si Malfoy n’était pas là, alors il ne voyait pas l’intérêt de discuter avec ses larbins. -Il est dans sa chambre de préfet, répondit calmement Nott alors qu’Harry s’apprêtait à sortir. -Le mot de passe ? demanda Potter. -Tu rêves si tu crois qu’on va te le donner ! s’insurgea Pansy en jetant un coup d’œil au mur sur sa droite. Et toi, Nott, mêle toi de ton cul ! Harry haussa les sourcils. Peu importe le mot de passe. Il se dirigea vers le mur que Pansy avait regardé et toqua bruyamment. -Sors de là Malfoy ! ordonna-t-il. J’ai le nouveau défi ! Quelques secondes plus tard, le mur s’ouvrait et un regard gris et courroucé se posait sur Harry. -Potter, susurra-t-il dangereusement, il me semble que tu t'es trompé de salle commune, la tienne c'est là où il y a les gens stupides et pauvres...Je ne vois personne ici de cette espèce. -Non je suis au bon endroit, le regard bovin typique des enfants issus de mariage consanguin c'est la marque de fabrique de nos bons vieux serpentards ça! Des murmures menaçants s'élevèrent derrière Harry mais il n'y fit pas attention. Il fixait Malfoy avec un petit sourire volontairement horripilant. -Tu sais ce qu'on dit, répondit le blond avec une nonchalance qui rivalisait très bien avec le sourire supérieur du rouge et or, "tout pourvu que ce ne soit ni des moldus, ni des sangs mêlés." Harry perdit son sourire, Malfoy retrouva le sien. C'était toujours comme ça entre eux, la balle allait de l'un à l'autre sans jamais véritablement se poser, sans jamais choisir son camp. -La harpie, lâcha le gryffondor, on part en chasse. Celui qui la tue a gagné. Qu'en dis-tu? Malfoy ne disait rien mais sa peau habituellement pâle sembla encore plus blanche. Dans la salle les serpentards se taisaient aussi, tous avaient la même chose en tête: Potter était cinglé de proposer quelque chose d'aussi dangereux. Et comme Draco Malfoy n'était ni stupide, ni suicidaire, il allait refuser, c'était obligé. Harry pensait aussi qu'il allait refuser, en fait, à bien y réfléchir, il espérait qu'il le fasse. Refuser un défi n'était en aucun cas considéré comme une défaite, en le faisant, Harry pourrait tout au mieux traiter Malfoy de couard et devrait chercher un autre défi. Oui, à présent que l'excitation de sa trouvaille était passée, Harry espérait sincèrement que Malfoy refuse, son défi était tout simplement trop dangereux. C'était leur vie qu'il venait de mettre en jeu. Et si celle de Malfoy ne valait pas bien lourd, Harry avait appris à aimer la sienne et avait adopté au cours de son existence, un instinct de survie surdéveloppé. Il pensait même que c'était le seul "superpouvoir" qui lui avait permis de franchir toutes les embûches qui s'étaient dressées sur sa route, ça et une foutue chance de cocu aussi (cette dernière expression imagée était de Malfoy mais Harry faisait parfois, à son grand dam, des choses comme reprendre les expressions de Malfoy ou se demander ce que lui pourrait bien dire dans telle ou telle situation). -Alors, reprit-il plein de morgue, on fait dans son froc rien qu'à cette idée Malfoy? Laisse tomber, je savais que tu n'avais pas les couilles pour un truc pareil. Je trouverai autre chose. Provoquer Malfoy n'était pas une bonne idée pour tasser discrètement cette histoire mais Harry n'avait pas pu s'en empêcher et il pensait sincèrement que le serpentard aurait assez de self contrôle pour ne pas répondre à sa pique. Il avait tort. -Je n'ai pas encore répondu il me semble, lâcha le blond froidement mais toujours aussi pâle. Ça ne m'étonne pas que tu proposes un truc pareil. Tu te prends pour un héros alors que tu n'es qu'un type banal avec une foutue chance de cocu. Harry grimaça à ce moment là, décidemment, il aurait presque pu écrire les répliques du serpentard et ça n'avait rien de rassurant. -C'est d'accord, reprit le serpentard. Je tuerai cette harpie et tu sais pourquoi Potter ? Tout simplement parce que je suis un sorcier nettement plus doué que toi. -Voyons Draco, commença Pansy affolée, c'est de la folie! Harry fixait les yeux gris, y cherchant le doute, mais il n'y trouva qu'une confiance décontractée, ce qui réveilla la sienne. -Je suis d'accord avec elle pour une fois, lança Nott. Voyons les gars, vous allez trop loin là! On ne dégomme pas une harpie cataclysmique en lui demandant poliment de bien vouloir se suicider-s'il-vous-plait, c'est un poil plus compliqué...faut la combattre et tout et tout...c'est dangereux ces bêtes là! -En effet, sourit Draco. Et avec un peu de chance, Potter va y passer cette fois. -Bizarre, murmura Potter avec le même sourire inquiétant, j'allais justement dire la même chose pour toi. -Que veux tu, je suis toujours numéro un. -Excuse moi, peux tu me rappeler qui a tué le seigneur ténébreux et qui au même moment pleurait dans son coin en tremblant? -Salopard, cracha Draco en pointant sa baguette sur Potter avec une rapidité surprenante. Cette fois les yeux gris luisaient d'une haine farouche, ils étaient fascinants ainsi. Le gryffondor ne prit pas la peine d'attraper aussi sa baguette. Malfoy aboyait plus qu'il ne mordait. -Allez garde tes forces boucle d'or, samedi après midi si tu n'as rien de prévu, on va dans la forêt interdite et tu pourras voir comment on tue un monstre. La leçon sera gratuite pour toi, j'ai toujours eu pitié des plus faibles. -Je viendrai, grinça Draco sans baisser sa baguette, mais méfie toi le balafré, il est fort possible que la harpie ne soit pas ton seul problème une fois là bas. -C'est une menace? s'étonna Harry. Draco leva un sourcil suggestif avant de l'attraper brusquement par les épaules et de le coller contre lui, de manière à ce que sa bouche puisse frôler son oreille. -C'est une mise en garde Potter, murmura-t-il lentement et son souffle chaud fit frissonner le gryffondor, si je suis poussé à bout, je peux perdre mon sang froid et faire des choses qui ne sont plus du tout fair-play. Harry avait les yeux grands ouverts sur le mur en face de lui et l'odeur de Malfoy envahissait ses narines comme un poison voluptueux. Il était dans ses bras, pour une menace de mort, certes, mais c'était répugnant et son corps réagissait au contact par des frissons de dégoût. Il n'avait qu'une seule envie, s'enfuir à toutes jambes mais ces dernières - les traîtresses ! - étaient devenues cotonneuses et son coeur pulsait bien trop rapidement. -Lâche moi, murmura-t-il à son tour car il n'avait même pas la force de le repousser. Draco prit ça pour un stoïcisme à toute épreuve et envia Potter à ce moment là. Lui se sentait comme une mouche engluée dans une toile d'araignée. Il se recula finalement mais cela lui demanda un effort qu'il ne comprenait pas. -A samedi, articula-t-il sèchement dans une grimace d’aversion adressée au gryffondor. Potter cligna des yeux et revint enfin au présent. Il avait l'impression d'avoir perdu quelque chose et que cette chose s'enfuyait loin de lui avec une rapidité affolante. Il hocha la tête, regarda plus longtemps qu'il n'aurait fallu les yeux gris un peu perdus et s'en alla sans faire attention au serpentard de sixième année qui lui donna un coup d'épaule quand il passa près de lui, ni à celui de cinquième année qui l'insulta derrière son dos. Il avait hâte d'être à samedi finalement, pour que ce qu'il se passait entre Malfoy et lui se termine enfin. O°O°O°O°O°O°O°O -Harry, n’y vas pas ! - Mêle-toi de tes affaires ! siffla le gryffondor en se dégageant de l’étreinte de sa petite amie. Le samedi était enfin arrivé et Harry attendait Malfoy devant la forêt interdite, essayant de ne pas trop s’énerver sur Amelia. Dès qu’elle avait appris ce qu’il comptait faire, elle ne l’avait plus lâché, essayant en vain de lui faire changer d’avis. Les amis de Harry avaient essayé aussi mais ils le connaissaient assez pour savoir que cela ne servait à rien. Quand il s’agissait d’un pari avec Malfoy, Harry devenait obtus et intraitable. -Je vais prévenir le professeur Dumbledore ! s’écria la jeune poufsouffle à bout de nerf. Tu vas te faire tuer ! Oh merlin ! -Calme ta copine Potter ! Elle va nous faire remarquer ! intervint une voix traînante. -Tu es en retard, répliqua Harry en se désintéressant cette fois complètement de sa petite amie. Malfoy avait le sourire aux lèvres et était habillé étrangement. Harry le détailla, il portait de véritables vêtements de combat sorciers. Le blond avait revêtu une tenue noire à la fois pratique et incroyablement classe qui devait cependant être truffée de protections magiques. Pas de cape mais un étrange couteau luisant contre sa cuisse et sa baguette pendait de l’autre côté. Le gryffondor qui était habillé comme un poudlarien moyen, envia immédiatement cette tenue. -Pansy a essayé de m’enfermer dans ma salle commune, répondit enfin le blond. J’ai dû passer par un autre chemin…un peu plus long. -Hermione a essayé de faire pareil, expliqua Harry, mais j’ai simplement menacé d’exploser la porte. Elle a horreur qu’on s’en prenne au matériel. -Je la comprends, tu es un barbare Potter. Peut-on y aller ? -Non Harry, s’il te plait ! s’interposa brusquement Amelia. Pense à moi…à nous ! Draco étouffa un bâillement. -Ne t’inquiète pas, répéta Harry pour ce qu’il lui sembla être la centième fois en quelques heures – il ferait payer Ron pour avoir informé la jeune femme, il s’en fit la promesse - Je ne risque rien, je reviendrai en un seul morceau. Tout va bien se passer. Il jeta un regard noir à Malfoy qui venait de lâcher un petit rire sceptique. -Oh Harry ! s’écria la poufsouffle en lui sautant au cou. Un peu désemparé, Harry la serra dans ses bras, le regard de Malfoy perdit alors son éclat amusé et ses lèvres se pincèrent, formant une ligne amère. Il regarda le baiser entre les deux tourtereau avec une étrange envie de hurler. Pourtant il n’en perdit pas une miette. Il y avait une sorte de curiosité malsaine qui le poussait à regarder comment Potter embrassait. Comment ses lèvres bougeaient sur les lèvres de sa copine. Comment ses yeux se fermaient alors et la façon dont ses mains restaient bien sagement sur la taille de sa partenaire. Ce furent les mains qui l’apaisèrent, aussi étrange que cela puisse paraître. Parce qu’avec une autre personne, les mains auraient pu bouger, palper, pétrir, les souffles se faire plus courts, les hanches se mouvoir instinctivement. Les gémissements se seraient alors élevés dans l’air, les dents auraient mordu, la bouche aurait sucé, la langue léché. Ça aurait été chaud, la bite de Potter aurait été dure… -Alors Malfoy ? Je croyais que tu étais pressé. Potter le regardait en fronçant les sourcils, il se trouvait à présent à un mètre de sa copine. Draco retint un tremblement. -Allons-y ! siffla-t-il en s’engageant dans la forêt. Marcher calmerait peut-être son début d’érection. La première heure dans la forêt interdite se passa en silence. Malfoy n’avait clairement pas envie de parler et Harry était perdu dans ses pensées. Un grognement les fit tous les deux sursauter, un petit chat sauvage volant les regardait d’un air menaçant, perché sur une branche. -On a peur de la bébête Potter ? se moqua Draco. -Tu as sursauté aussi, répondit Harry, alors ferme-la ! -Je t’imitais ! -Bien sûr. Un nouveau silence se fit avant que Draco ne reprenne la parole, tout en baissant la tête en passant près d’une branche basse, le chemin devenait de moins en moins tracé et bientôt il n’y en aurait plus du tout. Que des arbres, des animaux peu recommandables, Potter et lui. -Ta pouf…souffle est un peu collante, non ? demanda-t-il. -Arrête ! -Arrêter quoi ? -De mettre à chaque fois un temps d’arrêt entre "pouf" et "souffle" quand tu parles d’Amelia. -Je reprends juste ma respiration Potter. -C’est ça... Eh bien si tu ne veux pas la perdre définitivement ta respiration, arrête de l’insulter ! -Cesse de m’affubler de trucs roses et j’y penserai, répondit Draco immédiatement. Harry haussa un sourcil. -ça marche, commença-t-il en tendant la main vers le serpentard. Le blond l’attrapa et tira le gryffondor à lui, tout en lui broyant les phalanges. -Je te trouve bien impertinent de me tendre la main, siffla-t-il les dents serrées, après le coup du train. -J’aime te faire chier, répliqua Harry en souriant. Je savais que tu détesterais ça. Draco le lâcha alors en haussant les épaules. -Tu n’as pas répondu à ma question Potty ? Tu ne la trouves pas collante ta poufiasse ? Harry le foudroya du regard et se mit à espérer que la Harpie s’occupe du cas Malfoy. -Ben quoi ? reprit le serpentard. Tu ne voulais plus de temps d’arrêt. -En quoi ça t’intéresse ? demanda Harry finalement curieux. Tu veux te la faire ? -Une poufssoufle ? Une sang mêlée ? Et surtout une fille que t’as touché ? Je ne crois pas non. J’ai l’estomac bien trop fragile pour ce genre de truc. Si j’ai posé la question, c’est juste parce que je m’ennuyais Potty. Je me fiche de tes histoires de cœur. -Menteur, souffla alors le gryffondor avec un drôle de sourire et il passa devant lui. Ils marchèrent à nouveau en silence, Malfoy suivant Potter. Il était perdu au milieu de cette forêt et se demandait comment Potter faisait pour se repérer. Pour lui tous ses arbres se ressemblaient et avec le soleil qu’on voyait à peine à travers les branches, il lui était impossible de savoir s’ils étaient au Nord, à l’Est, à l’Ouest ou au Sud. Il se doutait juste qu’ils s’étaient bien trop enfoncés dans la forêt et qu’ils devaient se rapprocher de la harpie parce que le bruit du tonnerre était de plus en plus fort. Il n’aimait déjà pas la forêt interdite en temps normal mais là c’était de pire en pire. Il avait un très mauvais pressentiment. Inconsciemment, il mit moins de distance entre Potter et lui. Ils marchèrent encore plus de deux heures, il devait être prêt de dix-sept heures lorsqu’ils arrivèrent devant la barrière sorcière. L’orage qui sévissait à l’intérieur était presque assourdissant. -Voici le fameux bouclier anti morts-vivants, annonça Potter les yeux brillants, je vais enfin savoir la vérité sur toi Malfoy. -De quoi parles-tu ? grogna le blond qui lui ne ressentait pas la même excitation que Potter mais plutôt une appréhension qui le prenait aux tripes. -Si tu le passes, ça veut dire que tu n’es pas un vampire ! Le serpentard leva les yeux au ciel devant l’humour vaseux du survivant. -Très drôle ! siffla-t-il en passant de l’autre côté. Harry haussa les épaules et en fit autant. -Je me disais aussi qu’un crucifix serait trop facile pour avoir ta peau ! fut obligé de crier Harry une fois dans la zone orageuse. Il pleuvait à verse et ils furent trempés en moins d’une minute. Enfin… Harry fut trempé, car mis à part ses cheveux, Draco était au sec grâce aux protections qu’il avait placées sur son équipement. Il jeta un regard dédaigneux sur Potter dont la chemise détrempée collait à la peau et qui était obligé d’essuyer ses lunettes toutes les deux secondes. Le résultat de cette expédition ne faisait aucun doute. Il allait tuer la harpie et Potter allait enfin devoir le considérer autrement que comme un lâche. Qu’il lui rappelle sa situation pendant la bataille finale l’avait touché beaucoup plus qu’il ne l’aurait voulu. Il se rappelait très bien de l’instant où il avait croisé le regard vert. Les sorts pleuvaient de partout et il venait de voir sa mère tuer sa tante Bellatrix. Il avait couru pour aider Narcissa mais il était tombé sur un corps. Enfin, un corps l’avait fait tomber. Celui de Potter, étendu dans l’herbe. Immobile. Puis il avait entendu le rire de Voldemort. Il avait voulu aller vers le corps mais il n’en avait pas eu le temps. Voldemort l’avait fait voler plus loin. Il avait eu envie de vomir. Il avait cru que Potter était mort et l’espoir de Draco était mort aussi, instantanément. Il s’était mis à pleurer, hurlant le nom du balafré, se dirigeant en titubant vers lui, cessant de se battre, frissonnant. Les bras serrés contre son corps comme si ça pouvait calmer le froid intense qu’il ressentait. Puis quand il avait été assez près les yeux verts s’étaient ouverts d’un coup, emplis de détermination et de rage et il lui avait crié de se bouger, de se battre, de faire… -Attention derrière toi ! Potter venait de hurler et Draco eut le bon réflexe de se baisser, l’arbre derrière lui se fit couper en deux avec une netteté inquiétante. Il ne prit pas la peine de remercier le balafré et se tourna vers la harpie. Elle avait fait vite pour les trouver. La première chose qui lui vint à l’esprit en la voyant fut de maudire Potter et ses idées débiles jusqu’à la centième génération. Ils allaient y passer, c’était obligé. Elle avait le teint verdâtre, ressemblait vaguement à une femme en train de moisir, et surtout… elle n’avait pas l’air contente du tout. Elle n’avait pas dû apprécier d’être enfermée si longtemps. Potter et lui devaient lui faire l’effet d’une sympathique façon de passer le temps en se défoulant un peu puis peut être aussi d’inconscients amuse-gueules. Il jeta un regard noir au responsable de sa future mort mais écarquilla les yeux en le voyant enlever sa chemise. -Ce n’est pas le moment pour te mettre à l’aise Potter ! hurla-t-il halluciné. Mais le gryffondor ne l’écouta pas, il attrapa une branche posa sa chemise dessus et jeta un sort sur le tout. La chemise se mit alors à voler dans une direction opposée. La harpie poussa un hurlement qui glaça le sang de Draco et poursuivit le morceau de tissu. -Elle est attiré par les couleurs vives, expliqua le gryffondor, je ne suis peut être pas équipé mais je me suis renseigné ! -Tu veux dire que Granger s’est renseignée ! grinça Draco. Potter se contenta de hausser les épaules et poursuivit la harpie discrètement, ne semblant pas perturbé par le fait d'être torse nu au milieu de l’orage le plus violent qu’ait jamais connu Draco. -Ce type est dingue ! siffla le blond entre ses dents. Les éclairs semblaient danser au dessus d’eux et Draco craignait à tout moment qu’un arbre ne leur tombe dessus. C’était miraculeux que ce ne soit pas déjà fait. La chemise de Potter cessa vite d’intéresser la créature mais quand elle se retourna, elle reçu un crucio du gryffondor en pleine poitrine qui sembla glisser sur elle. Elle répliqua en lui balançant une rafale de vent qui l’envoya valser quelque mètres plus loin. -Quel idiot ! maugréa Draco en le voyant à moitié assommé qui essayait de se relever. Il courut sur la harpie tout en sortant le couteau de sa ceinture et eut le temps de le lui enfoncer dans le bras avant qu’elle tente de lui arracher la tête. Fort heureusement, il glissa dans la boue et échappa de peu à ce sort. Il se releva rapidement, érigea un bouclier devant lui, serra les dents lorsque la foudre se mit à tomber sur lui mais ne relâcha pas sa concentration, ce qui aurait fait tomber ses barrières. Dès que la Harpie cessait de le foudroyer il en profitait pour lui jeter des sorts, le reste du temps, il restait derrière son bouclier magique. Bouclier qui ne tiendrait pas ad vitam eternam, il en avait peur. Harry se releva difficilement, il s’était cogné à la tête. Heureusement qu’elle était dure. Il regarda son torse couvert d’égratignure avec étonnement puis sembla se souvenir qu’il avait une harpie à tuer. Il ramassa sa baguette qui était tout près et boitilla sur quelques mètres avant d’apercevoir Malfoy et la Harpie. Il n’avait jamais vu le serpentard ainsi, aussi concentré, aussi…intense, il en oublia presque son rôle dans tout ça. Malfoy risquait bien d’avoir la harpie à l’usure et de la tuer avant lui. Il ne pouvait pas laisser faire ça. -Diffindo ! hurla-t-il. Le sortilège de découpe toucha la jambe de la harpie qui poussa simplement un rire horrible en délaissant Malfoy pour mieux s’occuper de lui. -Heu…pardon ! tenta-t-il avec une grimace comique. Draco leva les yeux au ciel, il n’y avait que Potter pour faire de l’humour dans un moment pareil. Il fut soulagé lorsqu’il le vit enfin ériger un bouclier. Pas qu’il s’inquiétât pour le balafré mais ce dernier avait une fâcheuse tendance à se jeter dans les ennuis sans même prendre des précautions basiques. Cela dura encore deux heures. Ils étaient tous épuisés. La Harpie commençait elle aussi à de faire plus lente, moins précise. La fin était proche. Le bouclier de Draco s’effrita au moment où la harpie se jetait sur lui. Il l’évita de justesse mais fit tomber sa baguette. -Merde ! lâcha-t-il angoissé. -Relève-toi ! cria Potter en l’attrapant par le bras. Il avait couru jusqu’à lui mais ses yeux étaient fixés sur la harpie. -Elle est trop forte ! s’essouffla Draco en s’appuyant contre lui. -Non, elle est à bout, sourit Potter cruellement et cela choqua Draco. Je vais l’achever. Le serpentard écarquilla les yeux, voyant sa victoire lui échapper et posa sa main sur la baguette de Potter. -Adava Kedavra ! hurla-t-il Potter avait crié en même temps que lui. Ils virent avec stupeur deux lumières vertes se diriger sur la harpie et la toucher exactement en même temps. -Ce n’est pas possible ! geignit Draco et au même moment l’orage cessa brusquement. La Harpie venait de mourir. -Pourquoi as-tu touché ma baguette ! Pourquoi avoir jeté le sort !? s’exclama Harry hors de lui. -Tu croyais peut être que j’allais te laisser la victoire sans rien faire ! répondit Draco. Le gryffondor secoua la tête, plein de colère. -Tu ne comprends pas ! cria-t-il. C’était notre dernière chance ! C’est la fin ! Bientôt Poudlard sera derrière nous et rien n’est réglé ! Draco l’observa tandis qu'il cherchait sa chemise, il était couvert de boue et de sang et ses yeux verts luisaient dangereusement. -Ce n’est pas fini, lança-t-il. Potter fit volte face et le foudroya du regard. Draco eut envie de reculer d’un pas mais fort heureusement ne le fit pas. -Bien sûr que si ! -Non ! cria Draco d’une voix rauque. Ça ne sera fini que quand l’un de nous aura gagné Potter ! La fin de Poudlard ne changera rien à ça ! Rien ne changera jamais rien à ça ! Maintenant arrête de geindre, et attend toi à quelque chose de grandiose pour le prochain défi ! Potter le fixa un instant avant de baisser la tête. Draco comprit qu’il souriait et qu’il ne voulait pas le lui montrer. Tant mieux, il ne voulait pas le voir. Ils revinrent à Poudlard en s’insultant durant une bonne partie du trajet. Rien n’avait changé. Et pour l’instant c’était tout ce qui comptait. °O°O°O°O°O°O°O°O°O° Harry était en train de regarder les bagues de fiançailles lorsqu'il entra. Il entendit son pas bien avant de le voir. Il l'avait entendu bien trop de fois à Poudlard pour pouvoir l'oublier, ce pas là. Un pas allongé, assuré, le pas de quelqu'un qui est sûr de lui. Il garda les yeux fixés sur les bagues dans la vitrine tandis que l'odeur de Malfoy lui parvenait, il était juste derrière lui. -Potter, dans une bijouterie de luxe, j'aurai décidemment tout vu dans ma vie! souffla-t-il presque dans son cou. Harry regretta de ne pas avoir trouvé son écharpe avant de sortir dehors, ça lui aurait évité de sentir ce souffle chaud sur sa peau. Il se retourna avec un ennui profond et eut un sourire intérieur en voyant que Malfoy semblait agaçé qu'il n'ait pas l'air plus surpris que cela de l'entendre murmurer à son oreille dans la plus belle bijouterie sorcière de Londres en ce froid après midi d'hiver. Draco avait vu Potter dans la vitrine alors qu'il se rendait à un rendez-vous avec Blaise qui voulait lui présenter sa nouvelle copine. Première fois que Blaise prenait cette peine et rien que ce fait intriguait Draco au plus haut point. Il venait de finir ses révisions et une silhouette bien connue avait attiré son regard dans la bijouterie "Précieuse Attirance". Cela allait bien faire deux mois qu'il ne l'avait pas croisé, la dernière fois c'était à la bibliothèque de l'université et ils s'étaient presque battus. Potter faisait l'école des Aurors et Draco en était à sa seconde année de droit, ils avaient presque vingt ans à présent mais se comportaient encore comme des adolescents en colère en présence l'un de l'autre. Ils se voyaient assez souvent, parce que leurs amis respectifs étaient devenus amis mais entre eux rien n'avait changé. Après le fiasco de la harpie, il n'y avait plus eu de défis et c'était à Malfoy d'en trouver un. Mais l'ancien serpentard était fatigué de ce jeu idiot et commençait à croire que le destin avait voulu que Potter et lui soient constamment à égalité. C'était rageant mais même Draco Malfoy ne pouvait pas lutter contre le Destin. Et puis, cette situation lui convenait, taquiner Potter régulièrement lui suffisait. Il avait peur qu'un pari avec un vainqueur l'arrache de cette situation et que Potter n'ait plus de raison de lui laisser une place dans sa vie après cela. Pas qu'il soit amoureux du balafré ou un truc de ce genre - plutôt crever ! - mais il avait besoin que Potter le considère, qu'il ne l'oublie pas. Draco était son meilleur ennemi après tout, le plus fidèle, le plus enjoué, toujours partant pour de nouveaux coups de pute et bien plus résistant que tous les Voldemorts du monde. Et il comptait bien garder cette place de choix. Au moins aussi longtemps que sa haine envers Potter ne se serait pas tarie. -Alors Potty? -Alors quoi, la fouine? demanda l'ancien gryffondor en le détaillant. -Que fais tu ici? Tu n'as pas des cours de sauvetage-de-veuves-et-d'orphelins à suivre? -Jamais le jeudi après midi, répondit Potter. Et toi? Pas de cours de comment-plumer-les-gens-et-plaider-la-cause-des-tueurs-en-série? -Jamais le jeudi après midi, l'imita le blond moqueur. J'adore ta vision de mon futur job, reprit-il, un tel cynisme de ta part est presque flatteur. -Je savais que tu étais bizarre Malfoy, faut qu'on t'insulte pour que tu prennes ton pied. -Non, ça c'est juste quand c'est toi qui le fait. Harry esquissa un sourire froid. Il se serait volontiers engagé dans une joute verbale avec blondy boy mais aujourd'hui ça tombait plutôt mal. Il était pris par le temps. -Tu n'as toujours pas répondu à ma question, reprit Malfoy, que fais-tu ici? Tu cherches un cadeau de noël pour Granger ou la mini belette? Dans ce cas tu te trompes d'endroit Potty, ici ce sont les bagues de fiançailles, les colliers sont de l'autre côté. -C'est une bague de fiançailles que je cherche, répondit Harry soudainement mal à l'aise, ce soir je demande ma copine en mariage. Il y eut un silence, Draco digérerait la nouvelle et Potter n'osait pas le regarder. L'ancien serpentard n'était même pas au courant que Potter avait une copine. D'habitude ce genre de nouvelles faisait la une des journaux. Et ça faisait bien cinq mois qu'ils titraient que Potter était célibataire. L'année précédente il avait bien eu trois ou quatre copines - toutes avaient d'ailleurs nom de famille imprononçable, à croire que c'était ce qu'il l'attirait chez elles - et les médias avaient à chaque fois été sur le coup. Soudainement ce ne fut plus du choc mais de la colère que Draco ressentit. Potter se moquait de lui, il ne pouvait pas être sérieux! -Peut-on savoir qui est l'heureuse élue? demanda-t-il brusquement distant. -Elle s'appelle Anna. -Anna... Anna tout court ou elle a aussi un nom de famille du genre de ceux auxquels tu nous as habitués ? Draco faisait un effort sur lui même pour garder son calme mais il avait envie de foutre son poing dans la figure du balafré. Il ignorait pourquoi sa réaction était si violente, il fallait vraiment qu'il garde son sang froid. -Bonnefoy. Elle s'appelle Anna Bonnefoy, lâcha Potter en le regardant dans les yeux cette fois. -C'est une plaisanterie! s'exclama Draco sans pourvoir s'en empêcher. -Une coïncidence! répliqua Potter avec force, il se demandait pourquoi il se sentait si mal à l'aise et si hargneux en même temps. C'était faux bien entendu, ce n'était pas une coïncidence. Il y avait un peu plus de quatre mois, Dean Thomas leur avait dit au cours d'une soirée qu'il y avait une élève dans sa classe d'art qui s'appelait Bonnefoy et ça les avaient tous bien fait rire et ils avaient imaginé cette fille en l'exact opposé de Malfoy: gentille, douce, aimable, humble et plein d'autre qualité dont le serpentard était dépourvu. Et puis deux jours après, poussé par la curiosité Harry était allé attendre Dean à la fin d'un de ses cours et il avait vu Anna. Deux jours plus tard ils sortaient ensemble. Elle n'était pas comme il se l'était imaginé au début, elle avait plus de points communs avec Malfoy qui ne l'aurait voulu et un caractère bien trempé. Harry était tombé sous son charme au point de vouloir l'épouser. Il se disait qu'il était temps pour lui de franchir le pas, ses parents s'étaient mariés au même âge après tout. Il se croyait amoureux d'elle mais il ne l'était en réalité que de l'image que lui renvoyait son couple. -Bonnefoy, siffla Malfoy, si ça t'amuse après tout! Alors tu as choisi la bague? Le ton de Malfoy était toujours aussi sec ce qui décontenança un peu Potter. -J'hésite, murmura-t-il en se penchant sur les bagues, entre ces deux là. Il pointa son doigt sur deux bagues, l'une d'elle était toute en finesse avec des petites émeraudes, l'autre était sertie d'un rubis unique et d'une taille respectable. -Elles n'ont rien en commun, constata Malfoy, et tu as un goût horrible... -Elle aime ces deux pierres, expliqua Harry, moi personnellement, j'aurais pris une bague avec un… -Diamant, coupa le blond la tête penchée sur les bagues, oui c'est le choix que j'aurais fait aussi. Et puis le diamant ne symbolise-t-il pas l'amour pur? Harry haussa les épaules, il n'en avait aucune idée et ce genre de considération l'ennuyait assez. -Bien, reprit Draco, je vole la verte et toi la rouge. -Pardon? -Nouveau défi, expliqua Malfoy comme s'il s'adressait à un attardé. Celui qui se fait prendre a perdu. -Tu veux que je vole une bague! s'exclama Harry s'attirant des regards curieux des autres clients. -Moins fort, siffla le blond, mais c'est ce que je veux oui. Ça peut être amusant... -Amusant? chuchota Harry énervé. Tu es taré! Il n'y a rien de drôle à faire ce genre de truc! Mais qu'est ce que tu fous bordel! Malfoy avait attrapé les deux bagues, il en mit nonchalamment une dans sa poche, attrapa la main de Harry et y déposa la seconde. -Tu t'es trompé, constata Harry dans un état second, tu as pris la rouge... -Alors tu es d'accord? demanda simplement le blond qui n'avait pas lâché sa main. Et parce que ça faisait plus d'un an qu'il attendait que Malfoy daigne lui lancer un nouveau défi, plus d'un an qu'il se demandait ce qu'il allait bien pouvoir trouver, quelque chose de détonnant, de complètement fou... Harry sut qu'il allait accepter. Il eut un sourire malin alors qu'une excitation bien connue remontait déjà le long de sa colonne vertébrale et s'étendait à toutes ses terminaisons nerveuses. -ça marche, murmura Harry en refermant ses doigts sur la bague. Draco haussa les sourcils, amusé, s'éloigna de quelque pas et se mit à crier. -Au voleur! cria-t-il en pointant Potter du doigt. Ce type a volé une bague!! -Connard! s'exclama Harry en passant devant lui en courrant vers la sortie. Il avait une envie de rire toute à fait malvenue et derrière lui, il entendait Malfoy qui courait aussi et qui, lui, riait franchement. Ils étaient dingues. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi vivant. Il venait de tourner la seconde rue, courant toujours à perdre haleine lorsque Malfoy le rattrapa. -Plus vite Potty, cria-t-il, ils sont justes derrière! Harry jeta un bref coup d'oeil par dessus son épaule et aperçu deux vigiles et deux Aurors qui leur couraient après, il redoubla de vitesse et dépassa Malfoy. Ce dernier l'attrapa par le manteau pour ne pas rester en arrière et ce geste brusque fit perdre l'équilibre à Harry qui tomba et entraîna Malfoy dans sa chute. -Décidemment, encore cette fâcheuse position, eut le temps de commenterle blond sur lui avant qu'un "Petrificus Totalus" ne les immobilise tout les deux. "Et encore une fois match nul" pensa Harry qui avait perdu son sourire. °O°O°O°O°O° -Comment ça demain! s'énerva Draco. Mais on vient de payer la caution! -Désolé, répliqua l'Auror de garde, le propriétaire de la boutique ne porte pas plainte mais la loi veut que les délinquants passent au moins une nuit en cellule. -Des délinquants!? reprit le blond énervé. Mais c'était une blague! Vous savez que c'est Harry Potter et son ami que vous enfermez là! -La loi est la même pour tout le monde, sauf votre respect monsieur Potter, répondit l'Auror en se tournant vers Harry. Harry lui jeta un regard noir mais ne bougea pas du fond de la cellule où il avait migré à côté d'un type qui n'avait pas dû se laver depuis trois ou quatre mois. Le directeur de l'école des Aurors était passé une heure plus tôt pour lui annoncer que ce qu'il venait de faire lui avait valu son renvoi de l'établissement. Bien sûr, il pourrait y retourner l'année d'après mais il devrait recommencer son cursus depuis le début… En gros il venait de perdre deux ans de sa vie à cause de Malfoy-je-suis-un-connard-de-bordel-de-merde de première-et-si-je-pouvais-mourir-le-monde-et-Harry-Potter-s-en-porteraient-bien-mieux. Donc passer la nuit dans une cellule était bien le cadet de ses soucis et Sa Majesté Malfoy le faisait doucement rigoler avec son air d'aristo révolté. -Tu sais que les moldus ont une base secrète où ils torturent les nôtres pour savoir comment on prépare la moussaka sorcière? Harry renifla mais ne répondit rien à son voisin qui en plus de dégager une odeur insupportable, semblait aussi avoir quelques cases en moins. Ils étaient cinq dans la cellule : Malfoy qui, les mains enserrant les barreaux parlementait en vain avec le gardien, son voisin cinglé et puant, un homme d'une cinquantaine d'année emmitouflé dans son manteau noir qui n'avait pas dit un mot et un jeune qui était habillé bien légèrement pour un mois de décembre, on voyait même son nombril à cause de son t-shirt trop court et trop moulant et il ne cessait de couver Malfoy des yeux. Harry se demanda s'il devait lui dire qu'il perdait son temps et que Malfoy, même s'il était plein aux as, n'était pas du genre à batifoler avec des prostitués, et encore moins des prostitués mâles. Mais après tout Malfoy était assez grand pour se débrouiller tout seul et ça pourrait être divertissant de le voir se faire draguer par un mec. -Tu aurais pu appuyer un peu plus mon plaidoyer, lança sèchement Malfoy en revenant vers lui. -C'est toi le futur avocat, grogna Harry, et t'es pas doué. Il s'attira un regard noir. -Moi je t'ai trouvé très éloquent, j'aurais été à la place du gardien, je t'aurais libéré et juste après j'aurais commencé un régime, ce type pèse au moins vingt kilos de trop. Draco se retourna vers le type qui venait de parler en soupirant. Il aurait préféré ne pas avoir à discuter avec les déchets de la société, surtout si ceux là se croient drôle et irrésistible. -Désolé sac à morpion, on n'est pas sur le trottoir là alors ferme la, je ne suis pas intéressé. -Homophobe! s'exclama le jeune homme vexé en serrant les poings. Les types comme toi méritent tous de crever. -C'est ça on lui dira! répondit Draco en éjectant du seul banc de la cellule le clochard puant. Pas croyable les gens de nos jours, ils veulent nous baiser et l'instant d'après nous tuer. Je crois que notre société actuelle supporte mal la critique. Potter haussa les épaules, toujours aussi maussade. -Arrête de bouder Potty, tu as perdu deux ans d'études, ce n'est pas la mort...Tu fais exactement la même tête que le vieux shnoque en face, je parie qu'il est rentré tranquillement du boulot ce soir, un peu plus tôt que prévu, pour faire une surprise à sa femme et qu'il l'a trouvée au pieu avec le voisin. Suite logique : coup de sang, il sort sa baguette et tue les amants. Fin de l'histoire, quarante ans de prison ferme normalement, trente s'il tombe sur un bon avocat avec possibilité de dix ans de sursis... -Le "vieux shnoque" a simplement utilisé trois sorts de magie dans le Londres moldu, grogna le cinquantenaire. De plus mon couple va très bien merci et je sors demain. -On ne peut pas avoir raison à tous les coups, annonça Draco avec un sourire faussement contrit. Mon dieu Potter, reprit-il plus bas, les gens ici sont vraiment susceptibles. -Lâche-moi, répondit simplement l'ancien gryffondor. -Ils ont des salles de tortures où ils nous interrogent pour avoir le secret de la moussaka sorcière! s'exclama le puant. Draco le fixa, évaluant quelque chose connu de lui seul, mais Harry pouvait aisément savoir ce qu'il devait penser. Les trois autres personnes de la cellule n'allaient pas lui tenir le crachoir, il ne restait que le vieux fou et pour Malfoy avoir un public avait toujours été important. Même si ce public n'était pas des plus fameux. -Vous m'en direz tant! s'exclama alors l'ancien serpentard et une discussion animée s'engagea entre les deux hommes au grand dam des trois autres. Harry pensa qu'il était maudit. Finalement la prison ce n'était pas insupportable mais la prison avec Malfoy ça l'était tout de suite et à un niveau de haute compétition. Le lendemain, la copine de Harry arriva à la première heure dans la prison, l'ancien gryffondor en fut mortifié. Malfoy la jaugea des pieds à la tête avec un dédain volontairement flagrant. -C'est Hermione qui m'a avoué que tu étais là! s'exclama-t-elle immédiatement. Mais qu'est ce qui t'a pris? -Un pari idiot, avoua Harry mal à l'aise, avec Malfoy. L'ancien serpentard ricana sans quitter des yeux cette Bonnefoy aux grands yeux bleus. -Alors c'est lui, Malfoy, renifla-t-elle en posant son regard pour la première fois sur le blond. Les yeux bleus et gris rivalisaient de mépris. -Elle n'est pas un peu grosse? demanda Draco à Potter avec un sourire mauvais. -Je vois qu'il n'est pas seulement blond à l'extérieur, répliqua-t-elle avec morgue. Harry poussa un soupire de soulagement lorsque le gardien leur ouvrit enfin la porte. L'animosité entre Malfoy et Anna était une chose à laquelle il ne s'était pas attendu. -Potter, c'est à ton tour, pour le nouveau défi, n'oublie pas! lança l'ancien serpentard en passant devant le couple et en bousculant un peu la jeune femme. Harry hocha la tête tandis que la fille regardait Malfoy comme si elle allait lui arracher les yeux. Dans le hall, les amis de Draco l’attendaient. Harry entendit même Pansy s'exclamer combien ça avait dû être affreux de dormir dans ce taudis. -Harry, il faut qu'on parle, dit alors Anna en l'attrapant par le bras. Elle l'entraîna d'office dans une salle vitrée mais insonorisée. -Je t'écoute, dit-il en apercevant du coin de l'oeil Malfoy qui regardait dans leur direction. -J'ai entendu Malfoy te parler de défi, commença-t-elle. -Tu sais, on a ce genre de défis depuis l'école, dit-il en haussant les épaules, rien de grave. -Je suis au courant, poursuivit-elle en fronçant les sourcils. Et comment peux tu dire que ce n'est rien de grave alors que tu t'es retrouvé en prison! Cette histoire avec ce type n'a que trop duré, il faut que cela cesse! Harry la regarda, sans comprendre pourquoi elle montait sur ses grands chevaux. Malfoy et lui ne faisaient rien de mal, sauf à eux même, parfois. -Tu t'énerves pour rien, répliqua-t-il, Malfoy et moi c'est une vieille histoire qui ne sera réglée que lorsqu'un de nous d'eux aura pris le pas sur l'autre. C'est comme ça... -Et quel est le dénouement du pari ? Il se passe quoi si l'un de vous gagne? -Le gagnant demande ce qu'il veut à l'autre... -Ce qu'il veut?! S’offusqua la jeune femme. S'il te demande de sauter d'un pont tu le feras!? -Il faudrait déjà qu'il gagne pour ça! Siffla Harry. On dirait que tu n'as pas confiance en mes capacités. -Et toi tu n'as pas répondu à ma question! S’énerva-t-elle. Je n'aime pas ce type! Je n'aime pas la façon que vous avez de vous regarder! Et je n'aime pas le jeu malsain qui est le vôtre! -Tu racontes n'importe quoi! Je le regarde comme quelqu'un que je déteste et c'est réciproque, crois moi. Si tu veux tout savoir, j'étais à la bijouterie pour te trouver une bague de fiançailles lorsque je suis tombé sur lui. J'ai l'intention de te demander en mariage! Harry regarda Anna qui secouait la tête en souriant amèrement. -On m'avait prévenu, dit-elle doucement, mais je pensais qu'on disait ça par jalousie. Harry, tes histoires d'amour n'ont aucune chance de marcher tant que tu laisses Malfoy faire partie de ton entourage. Aucune fille ne veut la seconde place. Je n'en veux pas en tout cas. Et je ne veux pas t'épouser non plus. Je ne suis pas prête pour ça et toi non plus si tu veux mon avis. -Qu'est ce que tu racontes? -Rien, je te dis juste que c'est fini entre nous. Je ne veux pas d'une relation avec une ombre qui plane sur mon couple. Ça ne marchera pas. Je ne t'aime pas assez pour supporter le truc qu'il y a entre Malfoy et toi. -C'est de la haine! fit Harry en serrant les dents. C'est tout ce qu'il y a. -Si tu le dis, fit-elle tristement. Je suis désolée, reprit-elle avant de s’en aller brusquement, les larmes aux yeux. Harry la regarda partir avant de recroiser le regard gris à travers la vitre et il sentit un flot de haine s'emparer de lui. Il venait de perdre deux ans d'études et sa copine - la première qui comptait vraiment - à cause de Malfoy. Excédé, il attrapa son manteau et s'en alla à grand pas hors de la prison. Malfoy avait regardé Potter et l’autre pimbêche parler et ça n'avait pas eu l'air d’être une discussion très joyeuse. Il n'avait pas pu s'empêcher de sourire lorsqu'il avait vu la fille partir avant Potter en lui jetant un regard noir mais il avait perdu son sourire lorsque Potter était passé à son tour devant lui sans même l’honorer d’un coup d'oeil. -Qu'est ce qui lui prend? questionna-t-il tout haut. Il vient de se faire larguer ou quoi? -On dirait bien, approuva Nott, elle n’a pas l'air commode la brunette... Draco eut un reniflement de dédain avant de se mettre à courir après Potter. Les autres serpentards s'entre regardèrent avec étonnement. -Qu'est ce qu'on fait ? demanda Pansy. Théo lui serra la main et la porta à ses lèvres. -Je suis curieux moi, pas vous? demanda-t-il. Blaise approuva. Pansy, elle, regardait Théo un peu choquée et les joues rouges, mais elle ne lâcha pas sa main lorsqu'ils se décidèrent à suivre Draco. Potter n'était pas allé bien loin, il marchait d'un pas colérique qui fit sourire Draco. L'ancien gryffondor avait toujours été un sanguin. -Hé Potter! fit-il enjoué en posant une main sur son épaule. -Dégage! siffla le brun en virant sa main violemment tout en continuant son chemin. -Attend, reprit le serpentard en remettant sa main sur l'épaule nerveuse, ne t'énerve pas. Elle t'a largué et alors, ce n'est pas la fin du monde! Potter fit alors volte face et lui donna un coup de poing qui atteignit sa mâchoire et l'envoya par terre, l'instant d'après l’ancien gryffondor le relevait par le col et le plaquait contre un mur. Draco, sonné, ne pouvait que cligner des paupières bêtement en se demandant ce qui prenait à Potter et pourquoi ses yeux verts étaient emplis de larme de rage. -J'en ai marre de toi Malfoy! hurla le brun tout contre son visage. Tu sais quoi ?! J'ai un nouveau défi pour toi! Tu dégages de ma vie! On ne se voit plus, ne se parle plus, on n'existe plus l'un pour l'autre! C'est d'accord? C'EST D ACCORD? Potter pleurait à présent et l'étranglait à moitié. -D'a...d'accord, bégaya l’ancien serpentard affolé par l'état de rage dans lequel se trouvait le brun. Ce simple mot eut l'air de le calmer complètement car il le lâcha. Draco, les jambes flageolantes, se laissa glisser sur le sol. -Je ne veux plus jamais te voir, pourriture! lança Potter d'un drôle de ton puis il cracha par terre, manquant de peu la chaussure droite du blond, avant de transplaner. L'instant d'après les amis de Draco accouraient vers lui et l'aidaient à se relever. Ils n'avaient assistés qu'à la fin de la dispute. -On a un nouveau défi! lança Draco en s'époussetant d'un ton faussement enjoué, les jambes bizarrement tremblantes. Il essuya ses yeux du revers de la manche en se demandant pourquoi ils étaient si humides. -Tout est fini, reprit-il en repoussant doucement Pansy qui inspectait sa mâchoire. Et cette fois, il ne parvint même plus à avoir l'air enjoué. Parce qu'il venait vraiment de comprendre ce que Potter avait proposé et ce qu'il avait accepté dans un excès de panique. Il transplana chez lui et s’exila dans sa salle de bain. Il tremblait encore même une fois sous le jet d'eau brûlante. Tout était fini. A suivre... Oui parce qu'en fait tout n'est pas fini^^(rha Draco est d'un pessimiste parfois) J'espère que vous avez passé un bon moment. Le suite arrive bientôt (enfin on va essayer) Gros bisous à tous Artoung (qui a un bébé chat qui roxx!) |