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Note : Vous êtes nombreux a m’avoir dit que cette histoire vous faisait penser à « Jeu d’Enfant » (film que pour ma part j’ai adoré^^) Vous avez raison, même si au départ ce n’était pas voulu, cette histoire ressemble dans les grandes lignes à ce film. En fait au départ ce devait être un OS mais ça a dérapé sur ce thème à cause d’une scène qui ne quittait plus mon petit cerveau et que vous verrez dans ce chapitre. Voilà toute l’explication. Quoiqu’il en soit, si vous n’avez pas vu ce film je vous le conseille vivement. Il roxx ! Et j’espère aussi que ma fic ne vous fait pas non plus « trop » penser au film car ce n’était pas mon intention de faire un remake hp de ce film. Je n’aime pas trop le « on refait exactement le même truc mais avec d’autres persos » et je suis pour l’innovation. Mon dieu, je crois que c’est ma première note aussi sérieuse ! Je dois être malade ! Promis la prochaine fois je vous bassine à nouveau avec mon bébé chat :p Un gros bisou à Imeldamizi Et heu… ce chapitre n’a pas été corrigé donc pardonnez-moi par avance des fautes que vous trouverez. Chapitre trois : Dérapages Ce ne fut qu’un an plus tard que l’étrange relation qui liait Harry et Draco reprit du service et qu’elle bascula un peu plus tard, brutalement et irrémédiablement d’une façon que ni l’un ni l’autre n’avait prévu. Cette année là pour Noël, Ginny et Blaise, qui formaient un couple depuis un peu plus d’un an, avaient décidé d’organiser le réveillon dans leur toute nouvelle maison. Ils y avaient emménagés seulement depuis deux semaines et en profitaient pour pendre la crémaillère en même temps. Tous les invités étaient très élégants, la soirée venait à peine de commencer. Harry discutait avec Fleur et Bill lorsque des conversations animées s’élevèrent derrière lui. Il se retourna et sentit son cœur louper un battement tandis que Malfoy passait la porte d’entrée. Ginny l’avait prévenu qu’il serait là mais jusqu’au bout il avait cru que Malfoy tiendrait le pari et l’éviterait. Et parallèlement jusqu’au bout il avait espéré se tromper. Cela faisait plus d’un an qu’il ne l’avait pas vu. La dernière fois, il l’avait frappé et insulté. La dernière fois il lui avait fait promettre de sortir de sa vie. Ses cheveux étaient plus courts que dans les souvenirs de Harry mais ça lui allait bien. Ça dégageait son visage et lui donnait un air un peu plus cool, moins mystérieux. Comme s’il était conscient d’être épié et sans cesser de parler avec Blaise, Malfoy leva alors ses yeux sur lui. Eux n’avaient pas changé, ils n’avaient rien de cool. Ils étaient toujours gris, froids et distants. -Oh Draco, mon chéri ! s’écria la mère de Blaise s’approchant d’une démarche féline et sensuelle vers le blond. Les yeux de Draco quittèrent les siens et se réchauffèrent en se posant sur la beauté voluptueuse qu’était la génitrice de Zabini. Selon Harry elle avait plutôt l’air d’être sa grande sœur. -Miranda ! susurra Malfoy en lui faisant un baise main. Comme d’habitude, vous resplendissez. Quel est votre secret ? La mère de Zabini se mordit la lèvre inférieure d’un air faussement gêné –et totalement torride- ce qui fit lever les yeux au ciel de son fils. -Voyons Draco, dit-elle amusée, on ne demande pas ce genre de chose à une Lady. Je suis ravie de te voir ici, cela manquait de gens intéressants ! Elle pointa du menton la masse des Weasley qui parlait plus loin, près du sapin. -Je vois ce que vous voulez dire, sourit Malfoy d’un air entendu, et si je vous servais un verre de champagne ? Il doit bien y avoir cela sur le buffet. -Avec plaisir, ronronna quasiment la femme. Harry les regarda passer devant lui sans qu’ils ne lui accordent aucun regard. -Rha, soupira Blaise à ses côtés, Maman se croit toujours obligé de jouer à ce jeu avec Draco ! Et lui adore ça ! -Ils couchent ensemble ? demanda Harry brusquement. -ça ne va pas non ! s’exclama Blaise en le foudroyant du regard. T’es un dingue Potter ! Harry lui lança un sourire d’excuse mais Blaise se contenta de maugréer quelque chose qui ressemblait à une insulte avant de partir rejoindre Ginny. -Bravo Potter ! fit une voix amusée derrière lui. Harry se retourna en soupirant vers Parkinson. -Il est doué, confirma Nott en prenant la jeune femme par la taille. Je sens que ce Noël va être intéressant. Alors ça t’a fait quoi de le revoir ? -Je ne vois pas de quoi tu parles, mentit Harry froidement. -Allons Potter, pas à moi ! Un an sans le voir…est-ce que ton petit cœur de héros ne s’est pas emballé, même un tout petit peu ? -Il est resté aussi régulier qu’une horloge Nott. Et ton ami a perdu le pari. Dommage pour lui… -Que vas-tu lui demander ? questionna Pansy en glissant discrètement sa main sur les fesses de son petit ami. -Vous verrez bien ! Mais sachez déjà qu’il va payer pour tout ce qu’il m’a fait. En réalité Harry n’avait encore aucune idée de ce qu’il allait faire faire à la fouine. Et ça ne semblait pas plus intéresser Parkinson et Nott qui avaient préféré s’embrasser à pleine bouche plutôt que d’écouter sa réponse. -Harry ! l’interpella Ron angoissé. C’est décidé ! Ce soir, c’est le grand soir ! -De quoi parles-tu ? demanda Harry choqué, sans quitter des yeux les Parkinson et Nott qui semblait décider à ce rouler la pelle la plus monumentale de cette fin d’année. -Erk, arrête de regarder ça, c’est dégueu ! grimaça Ron. -Je sais, ça m’a coupé l’appétit, confirma Harry. -On vous emmerde, siffla Nott du bout des lèvres avant de reprendre là où il en était. Harry frissonna et préféra se retirer dans un coin avec son meilleur ami. -Décidé quoi ? redemanda Harry une fois qu’ils furent tranquilles. -De faire part de mes sentiments à Hermione. -C’est vrai ? s’enthousiasma le brun les yeux brillants. -…même si je vais me prendre la claque de ma vie, poursuivit-il dépité. Mais Blaise a fait le pari que je n’avais pas les couilles de lui dire. -Vous avez parié quoi ? demanda Harry compatissant. -Il doit me donner ses places pour la coupe du monde de quidditch cet été si je gagne…Et si je me débine il va lui-même en parler à Mione…et ça sera la honte suprême. -Tu n’as pas trop le choix. -Exact…et j’ai très envie d’assister à la coupe. Ils échangèrent un sourire. -Tu m’emmèneras ? demanda Harry l’air de rien. -C’était prévu, ria Ron. Harry espérait que Ron avoue enfin à Hermione qu’il l’aimait et pas seulement pour aller voir la coupe du monde. Mais autour de lui, les couples semblaient surgir de partout et celui de ses meilleurs amis était, pour lui, le plus logique, le plus attendu. Nott et Parkinson, Blaise et Ginny, même les gorilles de Malfoy étaient venus accompagnés. Et du côté des gryffondors, à part Ron, Hermione et lui, tous ceux qui étaient là ce soir avaient quelqu’un. Et même si ce n’était que pour une soirée, ils n’étaient pas venus seul. Harry se demanda pourquoi il n’avait pas demandé à une des filles de son entourage de l’accompagner. Sur le coup, il n’avait pas eu envie de faire encore une fois la une de la presse mais à présent il regrettait. Il aurait peut être été plus sûr de lui avec quelqu’un à son bras. Peut-être que Malfoy lui aurait parlé s’il avait eu une fille à ses côtés. Malfoy détestait le voir heureux. La voix de Ginny le sortit de ses pensées en décrétant qu’il était l’heure de passer à table. Le repas se passa dans la bonne humeur, Malfoy et lui étant volontairement placé loin l’un de l’autre. Le blond était assis entre Mme Zabini et Pansy et semblait comme un coq dans une basse courre. Harry lui était en bout de table, à côté de Ron qui se servait un nouveau verre dès qu’il repensait à ce qu’il devait dire à Hermione. Pas une fois le blond n’avait daigné regarder dans sa direction. Son arrogance, alors même qu’il était le perdant de leur petit jeu, mettait Harry dans une colère froide. Il aurait pu au moins lui parler, ou juste poser les yeux sur lui. Mais non rien, ni insulte, ni rire mesquin, ni haussement de sourcil supérieur. Par contre pour palabrer devant les autres, il était toujours aussi fort. Harry le haïssait toujours autant. Un an sans le voir ne l’avait pas empêché de penser à lui. A certains moments il avait même regretté d’avoir lancé ce défi stupide, aussi dérangeant que cela puisse paraître. Malfoy lui avait manqué. Horriblement et douloureusement. Mais la réciproque ne semblait pas se vérifier. Le blond avait l’air de l’avoir oublié. -Et bien, je vais le rappeler à mon bon souvenir, grogna-t-il frustré. -De quoi parles-tu ? demanda Ron qui avaient les joues rouges à cause de l’alcool. -De rien. -Je peux te réciter mon discours, j’ai changé quelques trucs ? supplia Ron les yeux larmoyants. Harry souffla et acquiesça. Ça ne ferait que la sixième fois de la soirée. °O°O°O°O°O° -Par pitié Weasley, tiens toi droit ! grogna Nott en s’écartant du rouquin qui venait de s’appuyer sur lui. -Où…où est Mione ? demanda l’ancien gryffondor en essayant de ne pas tomber. -Pas au fond de ton verre en tout cas, lança Draco qui venait de déballer son dernier cadeau. Merci Pansy, cette écharpe est divine ! -Elle est assortie à tes yeux, expliqua la jeune femme, comme ça tu seras le plus beau ! -Comme si ce n’était pas déjà le cas, rétorqua l’ancien serpentard d’une vois traînante. Draco avait passé une bonne soirée, malgré le nombre affolant de Weasley présents au réveillon. Il n’avait insulté aucun d’entre eux et pourtant cela aurait été si facile. Il n’y avait qu’à voir ce pochtron de Weasley qui faisait une cible parfaite, mais Blaise ne lui aurait jamais pardonné. Et puis revoir Potter avait été comme respirer à nouveau après des mois passé à étouffer. L’ancien gryffondor n’avait pas changé. Il semblait toujours aussi impulsif et sa haine à son égard avait l’air, merci Salazar, intacte. Cela faisait des mois que Draco s’était préparé à cette soirée, à ce moment où il le reverrait. Il savait déjà par cœur ce qu’il allait lui dire. Il ne s’était juste pas attendu à ce que ses jambes faiblissent lorsqu’il avait croisé les yeux verts. Heureusement que la mère de Blaise avait pu lui servir de prétexte pour s’éloigner. Mais à présent la soirée se finissait et Draco n’était toujours pas allé lui parler. Son beau discours semblait ne plus vouloir sortir de ses lèvres. Il ne pensait vraiment pas que le revoir soit si dur à gérer. Depuis plus d’un an il ne cessait de penser à ce qu’il allait lui dire, depuis que Potter avait lancé ce gage stupide, lui ne rêvait plus que de le revoir. Il lui semblait que loin de l’atténuer, leur séparation forcée avait renforcé la haine et la rancœur qu’il éprouvait envers le héros du monde sorcier, le valeureux petit pote Potter, le cogneur fou ! Il avait passé des jours et des nuits à revivre leur dernière discussion. A tout changer dans sa tête. A faire en sorte qu’il n’accepte pas le défi du balafré. Qu’il lui rende son coup de poing…Qu’il lui fasse comprendre qu’on ne se débarrassait pas de Draco Malfoy aussi facilement. Que sa haine envers lui, ne lui appartenait pas, qu’il ne devait même pas essayer de la contrôler. Que c’était en eux. Qu’il n’avait pas le droit de lui demander une chose pareille. Oui, Potter n’avait pas eu le droit de lui faire ça. Plus d’un an sans le voir…C’était le défi le plus dur qu’il n’eut jamais à réaliser…mais il avait tenu. Et maintenant c’était l’heure des comptes. Il se dirigea vers Potter, qui était dans un coin de la pièce, un verre à la main, en train de l’observer. Il avait fait ça toute la soirée. Draco avait senti son regard posé sur lui, ne perdant aucun de ses gestes, de ses sourires, cherchant la faille. Mais ce soir, il n’y aurait aucune faille. Il leva la tête et pour la seconde fois de toute la soirée, ses yeux s’encrèrent aux yeux verts. Il pouvait au moins reconnaître au balafré qu’il avait des yeux vraiment saisissants. C’était dur de se détourner de ses yeux là et impossible de les oublier. Merlin, il se souvenait même de ses yeux lors de leur première rencontre dans cette boutique de vêtement. C’était la première fois qu’il en voyait des aussi verts, aussi brillants, ça l’avait subjugué un court instant. Pour l’instant le regard de Potter était assombri et Draco avait du mal à être à l’aise quand le vert des yeux de son ennemi se fonçait à ce point. Ça laissait toujours présager l’arrivée d’une tempête. -Joyeux Noël, fit Draco en allant s’appuyer à côté de lui. -Comment veux-tu qu’il soit joyeux si tu es là ? répondit Potter en enlevant ses lunettes pour les nettoyer. Draco fut content d’entendre sa voix. Il se mit même à sourire. -Tu m’as manqué Potty, avoua-t-il d’un ton involontairement doux. Les yeux verts, qu’aucunes vitrines n’obstruaient plus, s’écarquillèrent un peu puis un sourire ironique pris place sur les lèvres de l’ancien gryffondor. -Tu as perdu, répondit Harry. A la minute même où tu as mis les pieds dans cette maison, tu as perdu. -Non. -Bien sûr que si ! -Non, répéta Draco en se penchant près de lui. Tu sais aussi bien que moi que ton défi était une impasse. Soit je venais et je perdais, soit je passais le restant de ma vie à t’éviter et aucun de nous ne gagnait jamais. Ce n’était pas juste. -Personne a dit que ça devait être juste, répliqua Harry en fronçant les sourcils. -Tu es un gryffondor ! -Etait. -Tu en es toujours un quoique tu en dises. Et tu vas être Auror. Voyons Potter, la justice et toi êtes quasiment mariés ! -Es-tu en train de me demander de ne pas considérer ta présence ici comme le signe, pourtant évident, de ta défaite ? finit par lâcher le brun, énervé. -Je ne le demande pas, je l’exige. J’ai passé un an sans te voir, un an à tenir le défi. L’année est révolue, j’estime à présent que ce défi l’est aussi. -Et qui te donne le droit d’estimer une chose pareille ? railla l’ancien gryffondor. Tu as du toupet de changer les règles du jeu à ta convenue ! Tu as perdu ! Ai au moins les couilles de l’admettre ! -Ne sois pas vulgaire, répliqua Draco sans se départir de son calme. -Ma vulgarité est la dernière chose qui devrait t’inquiéter ce soir, siffla Harry. Je suis à deux doigts de te foutre mon poing dans ta grande gueule de con ! -On ne vous apprend pas, chez les Aurors, à faire usage de la force qu’en dernier recours ? s’étonna Draco moqueur. Tu devrais le savoir pourtant, tu refais ta première année, si je ne m’abuse… -Salopard ! -Reste calme Potty ! Je suis venu ce soir, qu’à la condition que tu acceptes une trêve pour la soirée. Voilà ce que je te propose. Soit tu admets que respecter les termes de ton défi pendant un an équivaut à une annulation et donc que c’est maintenant mon tour de trouver un défi. Soit on oublie que je suis venu ici. Je refuse la défaite, tu refuses le match nul et cette fois-ci je passerais le reste de ma vie à tenir le pari. Tu ne me verras plus jamais…et si jamais tu le fais, je considérais que c’est toi qui a perdu car crois moi je ferais tout mon possible pour ne plus jamais croiser ta tête de binoclard ! Harry déglutit. Malfoy lui proposait d’annuler le défi. De recommencer comme avant…Comme lorsqu’il se sentait vivant. Ça ou le néant. Car le blond était sérieux, Harry le connaissait trop pour ne pas le comprendre. Passer le reste de sa vie sans Malfoy, sans le voir, lui sembla soudain bien trop dur à supporter. L’année dernière il avait lancé le défi sous le coup de la colère et il avait toujours pensé que lui ou Malfoy viendrait voir l’autre, viendrait perdre…Un an c’était très long mais toute une vie, c’était impossible. Il savait qu’il ne pouvait pas continuer comme ça. Il eut envie de frapper Malfoy pour ça, pour être à ce point important dans sa vie. Un homme que l’on déteste autant, on devrait être content de le quitter, d’être sur de ne plus jamais le voir… Pourquoi fallait-il qu’avec Malfoy cela soit différent ? Pourquoi fallait-il qu’il est tant besoin de lui ? -Alors Potter ? Qu’en dis-tu ? -Je… -Mioooooooneuh Oh ma Mioooooooneuh ! Je t’aiiiiimeuh et je t’adooooooreuh ! Harry et Draco se retournèrent dans un bel ensemble, vers l’origine du cri. Ronald Weasley, complètement saoul, chantait sur la table, son amour pour Hermione Granger. La jeune femme, rouge comme une tomate, tentait de le faire descendre, tandis que les jumeaux Weasley sifflaient des encouragements à leur frère. Harry se mit à sourire. Ron ne semblait plus pouvoir s’arrêter. C’était sûrement la déclaration la plus géniale de tout les temps. « Tu m’as manqué, Potty » C’est ce qu’il lui avait dit. Harry ne savait pas pourquoi juste maintenant il repensait à cette phrase, peut être parce que Malfoy à côté de lui attendait sa réponse. Il se mit à applaudir avec les autres, lorsque Hermione grimpa sur la table aussi, pour faire descendre son meilleur ami, tout en lui expliquant qu’elle l’aimait aussi mais qu’ils seraient mieux pour parler, en bas. -Tu m’as manqué aussi, murmura-t-il sans quitter des yeux le nouveau couple. Le prochain défi est pour toi Malfoy. Et il s’en alla, sans le regarder, pour féliciter ses amis. Il souriait. Draco souriait aussi et il ne grimaça même pas en s’apercevant que Potter venait de changer sa belle écharpe grise en un rose fluo tout à fait répugnant. °O°O°O°O°O°O° -Harry ! s’exclama Ginny en serrant les dents. Ça faisait bien…un jour qu’on ne t’avait pas vu ! -Je sais, je peux entrer ? demanda Harry en rentrant de force, tout en lui mettant dans les mains l’assortiment de petits gâteaux qu’il venait d’acheter. -Fais comme chez toi, marmonna la jeune femme morose. -Merci ma belle, répondit l’ancien gryffondor en se dirigeant vers le salon. Nous étions en mars et cela faisait cinq ans que Blaise et Ginny s’étaient embrassés pour la première fois. La jeune femme s’en rappelait comme si c’était hier, il n’y avait eu qu’un baiser, échangé presque par hasard, au détour d’un couloir de Poudlard. Elle se rappelait qu’elle avait giflé le serpentard juste après, elle était en cinquième année et à cette époque elle sortait avec Harry. Mais ce baiser l’avait troublé bien plus que tous ceux que son petit ami daignait lui octroyer. Cinq ans jour pour jour aujourd’hui. Elle se demandait si Blaise s’en souvenait. Sûrement pas…mais elle n’aurait pas l’occasion de lui demander avec les deux sangsues du week-end. Harry et Malfoy. Chaque samedi et chaque dimanche c’était pareil depuis Noël. Harry prétextait de lui rendre visite et Malfoy de rendre visite à Blaise mais ce n’était qu’une excuse. Ils se cherchaient, avec autant d’ardeur qu’un attrapeur cherche le vif d’or. Et ils se trouvaient chez eux, s’incrustants sans gêne, gâchant leurs week-end… Blaise avait dit que ça allait leur passer mais cela faisait presque trois mois…et invariablement les deux jeunes hommes s’invitaient chaque week-end Ginny Weasley –prochainement Zabini, du moins si leurs amis ne tuaient pas d’ici là leur vie de couple- commençait à en avoir marre. Et ce n’était bon pour personne lorsqu’elle perdait patience. Elle prit une grande respiration, essayant de rester zen et s’engagea à son tour dans le salon. Blaise la regarda, criant à l’aide silencieusement. Malfoy avait allongé ses jambes devant lui et sirotait son thé tout en lançant des insultes à Harry qui lui, assis en face du blond, souriait méchamment et répliquait du tac au tac. Au moins au début, ils ne faisaient pas comme chez eux, mais à présent, ils prenaient vraiment leur aise. Comme si c’était normal de venir déranger un jeune couple toutes les semaines. Ginny avait toujours pensé que les dimanches étaient faits pour s’envoyer en l’air toute la journée, ne pas sortir de la chambre à coucher et mourir de plaisir encore et encore. Elle n’aurait jamais cru devoir assister aux si prévisibles querelles Potter-Malfoy dimanche après dimanche... et le samedi aussi. En plus, ce dimanche-ci c’était spécial. Cinq ans jour pour jour que l’adolescente qu’elle était alors était tombée sous le charme de l’homme qui partageait aujourd’hui sa vie. -…t’acheter de nouvelles lunettes Potter, poursuivit la voix de Malfoy, la sortant de ses pensées, ta nouvelle copine est hideuse ! -Ce n’est pas ma copine et je ne te demande pas ton avis ! siffla Harry. -Tu devrais car tes goûts en matière de filles ont toujours laissé à désirer, sans vouloir te vexer Weasley. -Draco, intervint Blaise en fronçant les sourcils. Tu commences à… -Laisse, coupa Ginny qui en avait trop entendu, je peux me défendre toute seule. Vous faites chier les mecs ! Oui, toi aussi Harry. J’en ai marre de vous voir squatter chez moi tous les week-ends ! Trouvez-vous un autre endroit pour vous voir, là je sature ! Harry la regarda, vraiment étonné, mais Malfoy sembla furieux. -Calme-toi la rouquine, gronda-t-il, je viens voir mon meilleur pote, pas Potty ! Maintenant si tu veux jouer à la furie et m’empêcher de … -Arrête Draco ! soupira Blaise. Ne termine pas ta phrase ou je vais finir par m’énerver et ça serait con qu’on se dispute à cause d’une connerie. Ginny a raison, on vous aime bien mais pas assez pour assister à vos disputes tous les week-ends. Pas assez pour gâcher mes samedis et mes dimanches avec vous alors que je pourrais tranquillement faire l’amour avec la femme de ma vie. -Pitié, épargne-nous les détails de ta vie sexuelle, grogna Draco. Ginny, elle, souriait de toutes ses dents à son amant. Décidemment Blaise et elle était sur la même longueur d’onde. -J’ignorais, qu’on vous embêtait, murmura soudainement Harry visiblement contrit, je suis désolée Ginny poursuivit-il en se levant. Je ne vous dérangerai plus. Blaise soupira alors que Malfoy levait les yeux au ciel. -Mais non, sourit Ginny soudainement adoucie en passant une main amicale dans les cheveux noirs de l’ancien gryffondor. Je te demande juste de prévenir avant de passer et de nous demander si ça ne nous dérange pas. Je t’adore Harry et j’aime quand tu viens me voir mais… -C’est bon, sourit le gryffondor un peu gêné, tu as tout à fait raison. J’ai été un peu envahissant. -C’est surtout qu’aujourd’hui ça fait cinq ans jour pour jour que j’ai embrassé mon amour pour la première fois ! annonça Blaise. -Tu t’en souviens ! s’exclama Ginny en lui sautant au cou. -Tu t’en souviens ? fit Draco médusé, pour qui une telle chose était incompréhensible. Mais ni Blaise, ni Ginny ne lui répondirent, ils étaient trop occupés à s’embrasser. -Heu…je vais y aller, tenta Harry, encore désolé pour le dérangement…heu…salut. -Ils s’en foutent Potter, déclara Malfoy tranquillement en enfilant son manteau. Attend-moi, je pars aussi, puisque apparemment je suis de trop. C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent dehors dans un silence pesant que Draco fut le premier à rompre. -Penser qu’on venait chez eux juste pour se voir est ridicule ! lança-t-il en arrangeant son écharpe grise qu’il avait eu à Noël. -Ne m’en parle pas, j’étais dégoûté dès que je te voyais chez eux, répondit Harry en grimaçant parce que deux jeunes filles sur le trottoir d’en face dévisageaient l’ancien serpentard. Quelle idée aussi d’habiter en face d’un lycée ! -Idem. J’espérais à chaque fois que tu ne serais pas là. -Encore heureux. Toujours pas de défi à me proposer ? -Patience Potty, sourit Draco, tu verras bien quand ça arrivera. -Dis plutôt que tu es à cours d’idée. Tu as toujours manqué sérieusement d’imagination. -ça dépend pour quoi, susurra le blond. Mais Potter ne sembla pas comprendre l’allusion, par contre il avait blêmit soudainement. -Qui a-t-il ? demanda Draco un peu inquiet. L’ancien gryffondor le regarda, ses yeux verts grands ouverts. -Blaise… -Quoi Blaise ? s’énerva le blond. -Il a dit que ça faisait cinq ans jour pour jour qu’il avait embrassé Ginny… -Oui et alors ! -Alors…à cette époque, Ginny était ma petite amie…Ton pote n’a vraiment aucun scrupule ! Malfoy éclata de rire. Il n’y avait que Potter pour être outré par un truc qui s’était passé il y avait la moitié d’une décennie. -Je le trouve plutôt courageux moi ! Tenter sa chance alors qu’on a comme rival nul autre que Harry Potter, le grand et valeureux héros du monde sorcier ! Et puis Blaise n’a jamais été du genre à s’embarrasser de ce genre de détails. Les petits copains ce n’était pas un problème pour lui. Harry se mit à sourire aussi avant de se rendre compte qu’il plaisantait avec Malfoy. Qu’ils avaient une discussion civilisée pour la première fois. Malfoy devait aussi venir de se rendre compte qu’ils s’engageaient sur un terrain miné car il cessa aussi de sourire. Les deux jeunes hommes se fusillèrent du regard. -Je vais y aller, fit Harry froidement, tu me feras signe quand tu auras un défi à me proposer. -C’est ça, répondit le blond de sa voix traînante. Je vais faire en sorte que ce soit le dernier. Harry hocha la tête sombrement avant de partir. Draco se demanda ce qu’il lui avait pris de rire ainsi avec ce crétin. Potter n’était pas son ami et ne le serait jamais. °O°O°O°O°O°O°O° Trois semaines plus tard, Hermione organisait son anniversaire dans un dancing moldu où la musique était réputée pour être bonne. Le côté sorcier de ses invités avait l’ordre de se comporter comme des moldus ordinaires. Ça amusait la plupart d’entre eux (surtout les Weasley), mais d’autres tiraient un peu plus la tronche. Harry avait vu Malfoy entrer avec Zabini et Ginny mais il était resté dans son coin de la pièce, à l’écart de tout, dans l’ombre. Il se demandait pourquoi il était ici. Zabini avait dû le forcer à venir. Déjà, il toisait les moldus avec un mépris soigneusement étudié. Il tourna la tête un instant vers lui et Harry crut qu’il était découvert mais de là où il était Malfoy ne pouvait distinguer qu’une forme vaguement humaine, posée sur un canapé. Il voulait pourtant que Malfoy le découvre, qu’il vienne lui montrer que Harry restait la personne qu’il détestait le plus au monde. L’ancien gryffondor le détailla avec un agacement croissant. Malfoy était et resterai toujours égal à lui-même. Il affichait son élégance coutumière avec suffisance. Il ne faisait pourtant pas tâche dans ce décor simpliste et au milieu des autres invités, non c’était le contraire…comme si d’un seul coup, les autres devenaient moindre. Comme s’il aspirait l’importance des personnes autour de lui pour se l’approprier. Aux yeux de Harry, la salle devenait insipide et inintéressante, il pensait que cela faisait cet effet à tout le monde. Malfoy-monsieur-je-me-la-pète devait mettre un point d’honneur à faire ce genre d’effet. Un point d’honneur à devenir le centre du monde. Ce que Harry pouvait le haïr. Toute son attention était donc fixée sur le serpentard, de la même façon qu’un chat fixerait sa prochaine proie. Attentif, il le suivait des yeux, plissant les siens comme il le faisait toujours lorsqu’il était mal intentionné. Sa soudaine mauvaise humeur était bien entendue dû à l’arrivée de la fouine. Il adorait Mione mais il n’allait pas s’attarder à sa soirée. Dès que ça ne ferait pas trop impoli de partir, il s’en irait. Mais avant ça, Malfoy allait enfin le voir et ils se foutront sur la gueule, peut être même qu’il y aurait un défi. Peut être même qu’il écraserait Malfoy cette fois-ci et alors il lui demanderait…Il ne savait toujours pas ce qu’il lui demanderait…mais il savait que ce serait douloureux et humiliant. -Je peux m’assoire ? Harry quitta à contre cœur l’ancien serpentard des yeux pour se tourner vers la personne qui venait de d’interrompre son observation. C’était une fille, de son âge. Elle était jolie. Tout à fait son type de femme. -Bien sûr, répondit-il avec un léger sourire charmeur. Ça faisait trois mois que Harry n’avait pas eu de relation sexuelle et ce soir il avait envie de se défouler. Cette fille ferait l’affaire sauf si Malfoy lui proposait un défi, là il lâcherait sans remord une nuit de sexe contre n’importe quel défi avec le blond. L’excitation était cent fois plus intense quand il s’agissait de sa haine envers Malfoy et à la fin, il en ressortait reposé, léger, entier, comme après un coït, sauf qu’il ne jouissait pas physiquement. Voilà, c’était exactement ça, chaque défi avec Malfoy était une saloperie de bonne baise mentale. -Je suis une cousine éloignée d’Hermione, Margaret, se présenta-t-elle en lui tendant une main parfaitement manucurée, mais mes amis m’appellent Maggie. Il la détailla plus attentivement, cheveux noirs, grands yeux marrons chauds, jolie bouche, joli corps emballé dans une petite robe de soirée à la fois sexy et élégante. Elle savait y faire, ça c’était sûr son maquillage était léger et efficace et son parfum discret. -Harry, un ami d’Hermione, répondit-il en serrant délicatement la main douce de Maggie. -C’est la première fois que je vois autant de ses amis, elle est très discrète de ce côté-là, c’est dommage… Elle le couvait des yeux, Harry se permit un sourire amusé. Ça allait être facile. -J’aurais aimé aussi connaître sa famille avant, dit-il, vous êtes tous vraiment sympathiques. -Oh il ne faut pas te fier à ce que tu vois, comme dans toutes les familles, on a nos lourdingues aussi ! Tiens regardes ! dit-elle en lui désignant du menton deux jeunes hommes en train de bouger sur la piste. -Mes chers cousins, Herbert et Victor…reprit-elle, à eux deux ils ont l’intelligence d’un mollusque. Encore que le mollusque a le mérite de ne pas trop la ramener alors qu’eux… -Je vois le genre, sourit Harry, de ce sourire qui faisait ressortir ses fossettes que Ginny avait affectueusement nommées « les voleuses de cœur » à l’époque où ils sortaient ensemble. Il ne voulait voler aucun cœur ce soir, il se contenterait d’une autre partie de l’anatomie de la demoiselle. Beaucoup moins romantique, certes, mais tellement plus attractif. La soirée battait son plein et Draco commençait à avoir marre du groupe de moldu qui papillonnait autour de lui. Enfin, il ne pouvait pas trop leur en tenir rigueur, il savait qu’il était la personne la plus cool de cette piteuse soirée. Mais cela restait des moldus…inférieurs et insipides. Comme la plupart des sorciers, ceci dit. Il ne pouvait pas leur en vouloir d’être si décevants. C’était dans leur nature. Il était venu simplement parce qu’il savait que Potter serait de la fête. Il respectait Granger mais pas au point d’aller à sa soirée d’anniversaire moldue, non s’il était venu, c’était pour Potty. Il savait qu’il était là mais n’avait pas encore chercher à le retrouver. Il voulait prendre ses marques avant. Il voulait savourer l’attente qui précédait toujours leur affrontement. C’était comme un long préliminaire, avant l’acte. Il ignorait que Potter s’était fait presque la même comparaison quelques heures plus tôt. Depuis qu’il l’avait revu à Noël après leur si longue séparation, Draco n’avait toujours pas trouvé de défi adéquat pour eux. Ceux qui lui venaient étaient toujours trop fades, ou déjà vus. Ils méritaient mieux. Ils méritaient quelque chose à leur hauteur…pour que la chute de Potter ne soit que plus douloureuse. Il lui en voulait tellement pour le coup du « Dégage de ma vie ! » qu’il fallait qu’il trouve quelque chose qui rende la monnaie de sa pièce au balafré. Tout n’était qu’une histoire de surenchère dans leur étrange et violente relation. Et alors qu’une moldue lui demandait pour la troisième fois si « une boisson lui ferait plaisir parce qu’elle allait en chercher une pour elle », il eut envie de le voir. Pas de défi ce soir, mais au moins se retrouver en face de lui. Après tout depuis que Blaise les avait chassé de chez lui, ils ne s’étaient pas revus. Il s’en alla du groupe des moldus, sans un mot. Croisa Blaise et Weasley qui riaient sûrement à une de leur nouvelle blague idiote. Ces deux là étaient désespérants. Contourna la piste de danse et s’arrêta en plein chemin. Sur la piste, il y avait Potter. Et il y avait une fille qui s’accrochait à son cou tout en se déhanchant contre lui. Un flot de haine s’incrusta immédiatement dans l’estomac de Draco et il regarda le couple avec une attention accrue. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait Potter danser. Pas la première non plus qu’il le voyait avec une fille mais cette fois il se sentait floué. Potter était sensé l’attendre et exiger l’affrontement. Il était sensé être dans le même état d’esprit que lui. Et Draco n’avait pas du tout envie de batifoler. Il ne comprenait pas comment Potter pouvait lui faire un coup pareil. Il l’avait fait passer, ni plus ni moins, au second plan. Derrière une moldue d’une banalité affligeante. Elle était assez jolie, il est vrai, mais des filles comme elle il y en avait des tas. Draco n’avait qu’à se baisser pour en avoir. Son regard se durcit alors que la fille s’éloignait de Potter pour se diriger vers le bar. Il suivit l’ancien gryffondor, empli d’une rancœur qui empoisonnait ses sens. -Potter qui drague, siffla-t-il en s’affalant à côté de son ennemi. J’en aurais vu des horreurs pendant ma vie mais cette fois, c’est le bouquet. -Dégage, grinça Harry qui n’était pas étonné de l’avoir vu arriver comme une fleur. Les deux sorciers avaient les yeux fixés sur la moldue qui venait de boire un verre cul sec au bar et en commandait un autre. -Je comprends qu’elle ait besoin de boire, se moqua Draco, elle doit avoir envie d’oublier que tu l’as touché, en plus l’alcool est un bon désinfectant. -Ne la ramène pas trop Malfoy, d’après les rumeurs le seul truc qui touche ce qui te sert de bite, c’est ta main droite! Etre puceau à ton âge, c’est un peu pitoyable. -Pardon ? s’insurgea Draco qui ignorait que de telles inepties circulaient sur son compte. Ce n’est pas parce que sa vie privée ne s’étalait pas dans les journaux comme celle décadente de Potter, qu’il n’en avait pas. -C’est bien ce que je disais, vas-y mollo avec la branlette, ça rend sourd. -Mieux vaut être bien branlé que mal baisé, connard, répliqua l’ancien serpentard. Cette fille, que tu convoites, il suffirait que je claque des doigts pour qu’elle te tourne le dos. Cela fit rire Harry. -Tu es tellement arrogant, à tel point que je suis sûr que tu y crois toi-même aux conneries que tu peux sortir. -C’est le défi, lâcha soudainement Malfoy. -Pardon ? Cette fois Harry avait les yeux fixés sur le blond. De grands yeux écarquillés. Il avait dû mal entendre… -C’est le défi, répéta Malfoy lentement. Celui de nous deux qui finit la nuit avec elle, a gagné. D’accord ? Harry était figé. Jouer sur ce tableau là, était interdit. Enfin Harry avait toujours pensé que c’était interdit, c’était une règle implicite entre lui et le serpentard. C’était aller trop loin. C’était trop intime…Les règles venaient de changer et il l’ignorait. Il devait refuser le défi. Un défi refusé n’était pas synonyme de défaite… -C’est… « ridicule »voulut-il dire mais ce qui sorti de sa bouche à ce moment là fut…. « d’accord ». Draco avait lancé le défi sans réfléchir, énervé par les insultes de Potter. Il avait regretté immédiatement après. Puis il avait été sûr que Potter allait refuser. Il l’aurait charrier là-dessus en lui disant que c’était parce qu’il avait peur de perdre et serait rentré chez lui, point à la ligne, fin de la soirée. Mais Potter avait dit « c’est d’accord » et Draco ne pouvait plus reculer sans passer pour un lâche. Alors, tant pis, il séduirait la moldue sous le nez du balafré. Il allait l’humilier en lui piquant son coup d’un soir. A mesure qu’il y réfléchissait, l’envie que Draco avait de la moldue grandissait. Elle était devenue le défi et chaque partie de son corps se languissait déjà d’avoir dans son lit la copine de Potter. Elle en aurait pour son argent. Il allait la baiser dans toutes les positions possibles, mais ça serait Potter qu’il baiserait, au sens figuré du terme cette fois. A chaque fois qu’elle jouira dans ses bras ce sera une victoire de plus contre le balafré. Elle serait pour un soir au centre de sa passion, ignorant qu’elle doit cela à Potter. Les pensées de Harry ressemblaient –encore une fois- étrangement à celles de Malfoy. Margaret, qui était jusqu’alors qu’une façon agréable de passer le temps, venait de devenir un trophée qu’il ne pouvait pas ne pas avoir. Il la lui fallait comme il lui avait fallu les vifs d’or au temps de ses matchs de quidditch contre la fouine. Il devait la posséder parce que Malfoy la convoitait aussi. Elle revint finalement avec deux verres. Elle lui en tendit un en souriant. -Bonsoir, fit la voix de Malfoy à sa droite, je crois qu’on ne s’est pas présenté. Je m’appelle Draco Malfoy… Harry vit alors les yeux de la fille se poser sur l’ancien serpentard et reconnu sans aucun doute possible –et avec une certaine hargne- l’éclair de fascination qui y passa. -Margaret, se présenta-t-elle d’une voix un peu faiblarde. -Malfoy était avec nous au collège, intervient Harry, mais il n’était pas un ami d’Hermione. Il a un problème avec les filles meilleures que lui. -Ah oui ? s’étonna la moldue en fronçant les sourcils. -J’avoue, sourit Malfoy après un regard noir en direction de Potter. J’étais jaloux de son intelligence, mais c’est ce qui m’a poussé à me dépasser. Me mesurer à elle était la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Vous êtes de la même famille non ? Vous avez le même regard pénétrant, mais le tien est beaucoup plus troublant. -Il s’agit de ma cousine, répondit Margaret en sirotant son verre pour se donner une contenance alors que Harry levait les yeux au ciel. -Je crois que je vais lui dire ce que je pense de sa façon de nous cacher sa si charmante cousine, susurra Malfoy en se penchant sur elle. C’est un véritable crime qu’elle a commis… La jeune femme gloussa, Harry serra son verre à s’en faire mal. -Dis-moi Maggie, s’interposa-t-il, est-ce que tu veux bien faire de moi l’homme le plus heureux du monde et m’accorder une nouvelle danse ? -C’est dans mes cordes, sourit la jeune femme, si tu me fais encore la danse du robot. -S’il le faut, soupira Harry comiquement avant de se mettre à danser par à-coup faisant rire la fille aux éclats. Elle le tira par le bras, riant toujours et l’entraîna sur la piste. -C’est quoi cette danse ridicule ? s’insurgea Draco à haute voix, avant de vider d’une traite le verre que Potter avait laissé. Potter et lui n’avait pas du tout la même technique de drague. Lui cherchait à troubler et Potter à faire rire. Il n’avait jamais eu de problème pour avoir une fille mais il ne savait pas faire rire sur commande. Son humour était plus noir, plus caustique, moins extravagant –moins débile surtout !-. En voyant de loin la fille rire encore à un truc que Potty venait de lui chuchoter, Draco se dit que finalement ça n’allait pas être si simple que ça. Le balafré savait y faire à sa manière. Femme qui rit, à moitié dans ton lit, disait le proverbe, mais l’autre moitié serait pour lui, puis ce sera la fille toute entière. Avec détermination il se leva et rejoignit le couple sur la piste. Deux heures que cela durait, qu’elle voltigeait d’une paire de bras à une autre. Le blond et le brun. Draco était sexy, charmant, délicieusement entreprenant. Harry était drôle, mignon et incroyablement chaud. C’était comme devoir choisir entre la vanille et le chocolat. Si opposés et pourtant accordés ensemble ils pouvaient faire des merveilles. Margaret n’était pas femme à laisser passer une telle occasion. Elle n’avait aucune envie de choisir. Elle voulait les deux. Avec un sourire, elle se pencha vers les deux garçons, assis sur le canapé en face d’elle, et leur fit part de son projet pour le reste de la nuit. -J’ai envie de vous deux, en même temps, murmura-t-elle chaudement, je suis dans un hôtel à deux rues, d’ici, on y va ? Elle posa ses mains sur leur cuisse et remonta légèrement en une douce caresse. Draco qui avait les yeux fixés sur cette main qui montait sur la cuisse de Potter –ignorant presque qu’on lui faisait la même chose- fut outré au-delà des mots. Est-ce qu’il avait bien entendu ? Elle lui proposait un plan à trois…avec Potty !!!? Harry eut un geste de recul qui échoua puisqu’il était assis sur un canapé. La cousine d’Hermione était sacrément délurée –Malfoy venait aussi de trouver à la moldue un qualificatif mais c’était beaucoup moins poli que « délurée »et considérablement plus imagé- elle voulait qu’ils fassent un truc à trois. En dehors du fait que Harry n’avait jamais fait de partouze, que s’il devait le faire, ce serait avec plusieurs filles et aucun mec, il faudrait qu’il soit cinglé pour accepter cette proposition. Avec Malfoy, bordel ! Il se demanda si le blond avait déjà fait ce genre de chose, il pensa que oui, peut être pas avec un mec dans le lot –sûrement pas, s’il était gay ou bi, Harry le saurait- mais c’était bien le genre à aimer être dans un lit avec plein de filles à poil tout autour. Enfin, de toute façon, le blond allait refuser, Harry en était sûr, et donc il pourrait finir tranquillement la soirée avec Maggie et gagner le défi. Il n’avait plus qu’à attendre que Malfoy insulte la cousine d’Hermione. Contrairement à ce que Harry pensait de lui, Draco n’avait jamais organisé ou participé à des orgies d’un raffinement plus que douteux. Il aimait l’amour « propre », il était de la vieille école à ce niveau là. Une fille et un lit, ça lui convenait parfaitement. Il s’apprêtait donc à remettre la présomptueuse moldue à sa place quand il perçut du coin de l’œil le léger sourire victorieux de Potter. Draco connaissait bien ce sourire, c’était celui que le balafré avait juste avant d’attraper le vif d’or sous son nez. -Pourquoi pas ? répondit-il en attrapant le poignet de la fille dont la main commençait l’air de rien à se diriger sur la braguette de Potter. A la place, il le porta à sa bouche et l’embrassa doucement. A côté de lui, Potter faisait une drôle de tête. Il allait craquer avant lui, Draco s’en fit la promesse. Jamais Potter ne serait capable de coucher avec eux deux à la fois, lui non plus ceci dit, mais Potter ferait demi-tour en premier. Draco allait gagner le défi, ce n’était qu’une question de temps. A quoi jouait ce con ? Harry était agacé par la tournure que prenait le défi. Malfoy se croyait malin, peut être ? Il pensait vraiment qu’il allait baisser les bras aussi facilement ? « Ne me sous-estime pas, Malfoy » pensa-t-il froidement. -Qu’est-ce qu’on attend ? demanda-t-il faussement enthousiasme, en attrapant la fille par la taille pour qu’elle se détache enfin de l’ancien serpentard. Après un regard noir, Malfoy se leva à son tour. Le voyage jusqu’à l’hôtel fut étrange. La moldue marchait devant en papotant toute seule –sans que cela eut l’air de la déranger-, Harry et Draco, maussades, fermaient la marche. -Abandonne, ordonna Malfoy à voix basse à l’ancien gryffondor, pendant que la fille racontait sa vie inintéressante. Elle avait trop bu, cette s... -Tu rêves connard, siffla Harry sur le même ton, toi par contre tu devrais arrêter là. C’est une moldue je te rappelle. Je croyais que tu y étais allergique… -Je préfère encore lui faire sa fête que te concéder la moindre victoire sur moi, le balafré ! -Tu n’en auras pas l’occasion. -Les garçons, nous sommes arrivés ! J’ai du whisky dans la chambre, on va bien s’amuser. -Je n’en doute pas une seule seconde ! répliqua Malfoy ironiquement en arrivant à la hauteur de la cousine de Granger, devant l’hôtel. Elle ricana et Harry comprit qu’elle avait dû un peu trop boire. Il eut l’espace d’un instant honte de ce qu’il faisait. Une fois que Malfoy aura dégagé, il la mettrait gentiment au lit. Mais Malfoy ne semblait pas encore décidé à se retirer. Il entra dans l’ascenseur avec un léger air angoissé qui amusa grandement Harry. Il était sûr que sa victoire n’était qu’une question de seconde à présent. Il perdit son sourire cependant lorsque devant la porte de sa chambre, au milieu du couloir, Margaret sembla se souvenir qu’elle les avait amené pour faire l’amour et qu’elle embrassa Malfoy avec une fougue étonnante. Après une seconde de crispation, le blond répondit au baiser et Harry sentit une chape de plomb prendre place directement dans son estomac. Il se sentit partir, il ne pouvait pas assister à ça…il ne pouvait… Il eut juste le temps de faire un pas en arrière lorsque Margaret l’attrapa par la nuque et l’embrassa à son tour…juste après avoir embrassé Malfoy. Il avait les yeux écarquillés de stupeur, pourtant il répondit au baiser comme il n’avait jamais répondu à aucun baiser. Se demandant jusqu’à quel point le goût de cette fille était celui de Malfoy. Il voulait savoir ! Connaître le goût de Malfoy à travers cette bouche féminine. C’était le seul intérêt à ce baiser mais il était encore trop tôt pour lui d’analyser ce fait. Malfoy les sépara et s’empara de la bouche de la jeune femme avec la même passion que Harry en avait mis, avec la même envie, et son regard était fixé sur l’ancien gryffondor. Un regard empli de défi et de quelque chose de nettement plus ardent. Harry déglutit et ouvrit en tremblant la porte devant lui. La seconde d’après il était plaqué contre le mur par la cousine d’Hermione qui poussa un gémissement. Derrière elle se trouvait Malfoy, qui dégrafait déjà sa robe. Les mains blanches du serpentard frôlèrent celles de Harry qui avait pris la poitrine de la moldue en coupe. Harry dégagea vivement ses mains et se laissa embrasser dans le cou. Les baisers de cette fille ne lui faisaient rien mais savoir que Malfoy avait les doigts posés sur elle, le rendait fou de rage. Il ne savait pas pourquoi. Il supposait que c’était parce qu’il ne voulait pas que Malfoy gagne le défi. Il enleva sa chemise quand il s’aperçut qu’elle était en soutien gorge, le reste de sa robe était bloqué par ses hanches. -Laisse-moi faire ! grogna-t-elle impatiente en l’aidant à passer la chemise par-dessus ses épaules. L’instant d’après elle avait sa bouche posé sur son torse, Harry sentait les yeux de Malfoy glisser sur lui et ça le brûlait plus que la langue de la fille. Qu’est ce que je suis en train de faire ? pensa-t-il dans un état second en regardant le blond ôter lui aussi sa chemise. Il avait envie de pousser la fille et de caresser ce ventre pâle…de sucer ces tétons déjà tendus…de glisser sa main dans ce pantalon. Il ferma les yeux pour chasser ces pensées dérangeantes de son esprit. Il fallait qu’il se concentre sur elle. Draco écoutait –s’abreuvait de -chacun des soupirs de Potter, enragé que ce soit elle qui en soit la cause. Il cessa de caresser la moldue, ce n’était pas elle qu’il voulait toucher. Il attrapa la main droite de Potter et la posa sur son ventre brûlant. L’ancien gryffondor entrouvrit les yeux pour le regarder mais ne retira pas sa main. Il la laissa là, tout comme il se laissait embrasser par cette inconnue, mais ses yeux ne le quittaient plus. Draco l’entendit même grogner lorsqu’il se décida à enlever complètement la robe de la moldue et la main sur son ventre se contracta un peu. -Allons sur le lit ! proposa la jeune femme avec impatience en se tournant vers l’ancien serpentard pour l’aider à retirer son pantalon. Son mouvement fit couper le contact entre les deux hommes et la main de Harry quitta le ventre pâle. Malfoy avait ses doigts plongés dans la chevelure brune de Margaret et l’embrassait à pleine bouche, le pantalon sur les chevilles. C’en fut trop pour Harry qui se plaça derrière le serpentard. Il posa ses mains sur son dos, bien à plat. Fut ravi de le sentir frissonner, puis se fut sa bouche qu’il posa sur le corps pâle et dur et il frissonna lui aussi. -Potter, gémit le blond entre la supplication et l’impatience. Encouragé, Harry passa ses bras autour de son ennemi et descendit ses mains, jusqu’à son caleçon. Il avait totalement oublié Margaret, il n’y avait plus que Malfoy qui comptait. Draco lui n’avait pas oublié la fille, il aurait été difficile de le faire, vu la façon dont elle se collait à lui, mais il n’était électrisé que par le touché de Potter et quand il sentit une main un peu rugueuse se faufiler dans son caleçon, il se retourna dans un grognement rauque et embrassa Potter comme il rêvait de le faire depuis une éternité. C’était sauvage et violent, c’était comme Potter. Draco n’avait jamais été aussi excité par quelqu’un. Il en perdait toute réserve. -On va sur le lit ? proposa la fille un peu inquiète par la tournure des évènements. Elle s’était reculée à présent et regardait la scène sentant que la soirée commençait à l’échapper. Imaginer Potter dans ce lit avec cette fille obscurcit la raison de Draco pour de bon. Si Potter devait finir dans un lit ce soir, c’était le sien. Sans un regard en arrière, sans un mot, il les fit transplaner directement dans son salon. Potter n’eut pas l’air perturbé par ce changement puisqu’il s’empressa de lui enlever son caleçon…. O°O°O°O°O Hermione le réveilla le lendemain matin de bonne heure, en ne prenant même pas la peine de frapper à sa porte d’entrée, elle transplana directement dans sa chambre. -Harry qu’est-ce qu’il t’a pris bon sang ! hurla-t-elle presque. Il était habillé comme la veille, sauf que sa chemise était déboutonnée. Merlin, il n’avait même pas pris de douche. Il aurait dû pourtant se désinfecter après que… -De quoi parles-tu ? demanda-t-il en se levant. -De ma cousine ! Vous avez transplanés devant elle ! Une moldue Harry ! Harry avait complètement sorti la cousine de Hermione de son esprit. -Désolé, marmonna-t-il. -J’ai du lui jeter un sort d’oubliette ! Mais qu’est ce qu’il t’a pris ? Tes défis avec Malfoy sont… -Je suis désolé ! répéta Harry agacé. Il s’était tendu dès que Hermione avait prononcé le nom de l’autre. Pourquoi avait-t-il fait ça bon sang ? Ils avaient… Fini de se déshabiller chez Malfoy, rapidement, avec une sorte de rage incontrôlable. Ils étaient restés tout le temps dans le salon. Il y avait un tapis près du canapé… -Je me fiche que tu sois désolée ! J’ai dû passer le reste de ma soirée à rassurer ma cousine ! Et je n’ai pas eu d’autre choix que de lui effacer la mémoire. J’en ai marre de tout ça Harry. Tu fais ce que tu veux avec la fouine mais tu ne mêles pas ma famille à vos plans foireux ! -ça a dérapé, souffla Harry, ne t’énerve pas, j’ai mal à la tête. -Je vais te faire un café, souffla finalement Hermione. Va te laver en attendant, ça te rafraîchira peut être les idées. Harry acquiesça et se Mit à genoux. Les mains de Malfoy étaient dans ses cheveux. Il l’embrassait sur le ventre, partout où il pouvait, dans une frénésie qu’il ne s’expliquait pas. Il savait juste qu’il devait goûter cette peau et que les gémissements de Malfoy allaient achever de le rendre fou. Il l’avait embrassé à « cet endroit là » aussi. Et il avait cru qu’il allait jouir sur le champ, juste parce qu’il était entrain de faire ça à Malfoy. dirigea vers la salle de bain. Il se rendit compte que ses mains tremblaient et qu’il ne pouvait s’empêcher de repenser à ce qu’il s’était passé chez Malfoy. Il secoua la tête, inutilement, les pensées étaient toujours là, se déshabilla, régla l’eau et quand elle fut assez chaude il se glissa dessous. Il Fut poussé sur le sol, brusquement. Ses lèvres avaient été obligées de quitter l’érection de Malfoy. Il lui fallait autre chose à embrasser. Il eut vite de quoi faire lorsque la bouche impérieuse de l’ancien serpentard se posa sur la sienne. Ils ne parlaient pas, ils n’étaient pas assez conscients de se qu’ils faisaient pour le faire. Puis Malfoy lui avait écarté les cuisses… attrapa son shampoing, s’en servit une dose généreuse et commença à se laver les cheveux. Il arrêta au bout d’un moment et de rage envoya son poing dans le mur. L’instant d’après, il se pliait en deux sous le coup de la douleur, tenant son poignet avec son autre main, des larmes de rage et de souffrance au coin des yeux. Il avait envie de hurler. De tuer Malfoy. A la place seul un unique sanglot sortit de sa gorge. Il regarda sa main, pour voir les dégâts qu’il venait de causer. Elle saignait un peu mais elle avait déjà enflée et commençait à devenir violette. Il ne réussit pas à déplier complètement les doigts et supposa qu’il avait du se casser quelque chose. Au moins la douleur l’empêchait de penser à la soirée de la veille. Il fallait qu’il oublie où il allait devenir cinglé. °O°O°O°O° Draco n’avait pas dormi de la nuit. Après le départ de Potter, il avait pris une douche. Une longue douche, jusqu’à ce que l’eau soit glacée. Puis il avait envoyé un hibou à Blaise, parce qu’il était complètement paumé. Et parce que c’était la seule personne à qui il voulait parler. Et à peu près au même moment où Hermione faisait éruption chez Harry, Blaise frappait à sa porte. Et si ce matin là, Harry garda tout pour lui et alla jusqu’à se faire mal volontairement, Draco lui raconta tout à son meilleur ami. D’une voix éteinte et perdue, que Blaise ne lui avait jamais entendu, il raconta qu’il avait fait l’amour à Potter. Qu’il avait aimé ça. Qu’il était perdu et qu’il était même possible qu’il soit… A suivre… Oui, moi aussi il est possible que je sois…chiante. Mais j’assume. C’était l’avant dernier chapitre, j’ai tenté un nouveau style de lime (enfin pour moi) décalé^^ c’est assez rigolo (toujours pour moi) à écrire. Bisous à tous Artoung |