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au 07 Jan 09 :
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pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Derrière la haine se cache l'amour
Par Sweety Lily
Originales  -  Romance/Humour
3 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 1     Les chapitres     12 Reviews    
Des points de vues divergents

Chapitre I


Deux mondes opposés

 

 

Point de vue de Anthony

 

Je le hais, je l’exècre, je le… bon, enfin, je ne l’aime pas, quoi. Cela fait une demi-heure que je tourne en rond dans le terrain désaffecté, mon refuge, un endroit exclusivement mien - et je l’aurais bien mériter, soit dit en passant, j’ai quand même dû me battre contre plus d'un! Et ça n’a pas été une partie de plaisir, mais le résultat est là ; personne n’ose plus s’approcher d’ici.

Je tape rageusement dans une grosse pierre et la douleur se propage dans mon corps, ce qui me vaut un grognement. Mais j’oublie vite mon mal, la haine ayant prit possession de mon esprit, déformant les traits de mon visage.

Dire que j’avais réussi à me faire une réputation dans le quartier qui faisait trembler les plus forts, et que lui, a fait partir en fumée tous mes efforts ! Dès la première fois, je ne l’ais pas senti avec ses airs de mannequins prétentieux.

C’était en cour d’année, en quatre mois après la rentrée, le jour même de son transfert dans notre classe. Il était venu me parler à l’intercours, alors que je regardais par la fenêtre, à moitié endormis et les pieds sur la table, et m’avais dit d’un air moqueur :

- Il paraît que tu emmerdes toute l’école, c’est vrai ?

Pour toute réponse, je lui fis un beau doigt d’honneur - ma spécialité – avec nonchalance.

- J’aurais cru que tu serais plus… grand.

Je n'avais pas envi de me battre, n'ayant pas bien dormis la nuit passée, ainsi j'avais décidé de laisser passer sa remarque, mais c’était le mot de trop; je ne pouvais laisser passer cette remarque sue ma taille. Je complexais déjà assez tout seul pour que l’on ne vienne en plus se moquer de moi. Je me levai donc, puis fendis l’air avec mon poing dans l’intention de défigurer son joli petit minois, mais il le réceptionna avec la paume de sa main, sans aucune difficulté.

Il éclata de rire.

- Ne me dis pas que c’est tout ce que tu vaux !

Je dégagea ma main, vexé, et frappa… dans le vide. Il avait poussé son visage à temps, et m’attrapa mon bras avec force quand je voulu le retirer, ce qui me fit gémir de douleur.

- Bon, bébé, me dit-il. Arrête de jouer aux grands et ne t’attaques pas à plus fort que toi. D’ailleurs, n’attaque personne, sinon, sache que je serais là et que je ne te laisserais pas faire.

Sur ce, il retourna à sa place, et toute la classe alla le féliciter, les garçons étaient admiratifs, et les filles, hystériques, se trémoussèrent devant lui. J’entendis même mes pseudos amis se moquer peu discrètement de moi.

Cela fait à peine deux semaines et cela a fait le tour du quartier, et il est devenu très populaire. On voit même des élèves d’autres lycées venir pour le voire « en vrai ». Quant à moi, je suis victime de moqueries, et si je frappe quiconque, je le vois rappliquer.

Lui, Gaël de Brast, aussi communément appelé « Perfect Man » par la gente féminine - surnom que je trouve, comme toute personne constituée normalement, très enfantin et laid . Benjamin d’une famille de trois enfants, fils du patron de la compagnie informatique Brast & Cie, le célèbre milliardaire. Premier en cours de toute l’école, soi-disant le plus beau des environs ainsi que le plus fort.

Depuis, chaque jour, j’essaye de me battre contre lui en arrivant au lycée, et autant dire que c’est peine perdue, étant donné que je n'ai encore jamais gagné. Mais ce matin, j’avais un plan, et j’étais absolument sûr de regagner ma réputation, et ma dignité par la même occasion.

Je fonçais donc pour la énième fois sur lui, à la seule différence près que je l’attaquais par surprise. Mais comme on dit, à la guerre comme à la guerre.

Donc, je me jetai sur lui, prêt à le frapper, quand il retourna et me mis un crochet droit, que je me pris en pleine figure.

Je fus projeté à terre, et quand, une fois que je fus assis sur mes fesses, je vis Gaël qui me regardait les yeux grands ouvert, le visage pâle.

Il regardait ma lèvre qui du côté droit était toute enflée, et d’où coulait un filet de sang.

J’entendis alors des personnes rire, et regarda autour de moi. Plus de la moitié du lycée étaient réunit autour de nous, et les réactions différaient selon les personnes. Certaines me pointaient du doigt en rigolant, d’autres me huaient, pouffaient, ou encore acclamaient Gaël.

J’entendis dire :

- T’as vu comme il à l’air minable ?

- Ouais, c’est clair ! Rigola une.

- En plus, il l’a pris par surprise.

- Quel lâche !

- Par contre, Gaël...

- Ouais, je vois ce que tu veux dire.

Et là, on me lança une canette sur la tête. Ce fut trop pour moi.

Je m’enfuis en courant, quand quelqu’un m’attrapa par le bras. C’était Gaël, qui s’excusait :

- Antho, je… je suis désolé.

Je dégageai mon bras.

- Je vois, en plus, tu veux faire genre que tu l'as pas fait exprès...

- Non, vraiment, c’était un réflexe, je ne voulais pas ! Ne m’en veux pas, s’il te plaît !

Je lui cracha dessus et lui cria en partant :

- Crève, je te hais. Et je t’interdis de m’appeler par mon surnom, on n'a pas élevé les cochons ensemble, que je sache !

Je forçai le passage de l’entrée quand un surveillant essaya de me rattraper, en vain. Malgré ma petite taille, je suis de loin le plus fort en course, j’ai battu tous les records de l’école.

Enfin, c’était avant l'arrivée de Gaël, évidemment !

Mais ce n’est pas le moment de penser à cela ; demain, je vais souffrir pour avoir oser cracher sur le beau visage de sa Souveraineté… Il faut dire qu’il est vraiment beau, en même temps. Avec sa peau légèrement halée, ses cheveux blonds à la limite du dorée qui s’arrêtent seulement à la moitié de son dos, attachés en queue de cheval, et des yeux bleus outremer. Et en plus, il est plus grand que moi, un mètre soixante-quinze, voir plus.

Me rendant compte des penser que je viens d’avoir, je rougis furieusement, et secoue la tête, honteux de mais pensés.

Je regarde ma montre et celle-ci affiche dix-neuf heures. Mes parents sauront à coups sûrs que j’ai séché les cours, alors mieux vaux y aller, déjà qu’il est tard…

Je jette un dernier regard à mon petit coin de paradis, et m’en vais.

En un quart d’heure j’arrive devant chez moi. J’habite dans les HLM derrière les quartiers riches depuis que l’entrepris a fait faillite, c'est-à-dire depuis l’année dernière. Mes parents font de gros efforts pour me payer mes études dans cette école privée, une des meilleures du pays, tout cela parce qu’ils me l’avaient promis. Même si mes résultats sont mauvais, ils ne changent pas de position.

Ce n’est donc pas toujours facile, économiquement parlant. Mes sœurs sont privées à cause de moi de toutes choses, donc avec mon argent je leurs achètes des petites choses. Surtout à mes deux petites sœurs : Océane et Oriane. Normalement, je ne devrait acheter des choses que pour elles, mais ma cher sœur Calypso, âgée de quinze ans, et ayant autant d’argent de poche que moi, est jalouse ! Donc, une foi par mois, je lui offre un cadeau.

Et encore, je ne compte pas ma grande sœur de vingt-cinq ans, Pearl, qui est partie faire ses études de professorat en Angleterre ! Lorsqu’elle vient pendant les vacances, elle vient squatter dans ma chambre, alors qu’elle à sa propre chambre ! Et elle fouille partout pour voir si je ne lui aurais rien caché de ma vie trépidante. Et quand elle va faire du shopping, je dois l’accompagner, porter les affaires, et payer ! C’est la pire de toute… avec Calypso.

Plongé dans mes pensées, je monte les neufs étages et ouvre la porte en annonçant :

- Je suis là !

- ‘Tho, ‘Tho !

Ma petite sœur Oriane arrive de la salle à manger en courant et se colle à mes jambes. Je la prends dans mes bras et sors deux bonbons de ma poche et lui en tends un.

- Il est pour qui, le bonbon ? Je lui demande.

- Moi ! dit-elle ravie.

- Et l’autre ?

- Moi !

Je rigole devant son air malicieux. Elle sait très bien qu’il y en a toujours un pour elle et un pour sa sœur jumelle Océane.

- Ce n’est pas plutôt pour Océane ?

- ‘Céane ? Non, moi, ‘Tho.

Je ne crois pas, vilaine.

Je l’embrasse sur le bout du nez, et vas dans la dans la salle à manger qui sert de cuisine et où ma mère se bat avec Océane pour la rasseoir à table, ce qui est peine perdue car quand elle me voit, elle se lance sur moi.

- Antho !

- Tiens, voilà un bonbon pour toi, petit démon ! Lui dis-je.

- Anthony, ne lui donne pas de bonbons pendant le repas ! Me gronde ma mère, le dos tourné, entrain de ranger la chaise.

Je lui souris, mais c’est sans compter ma blessure qui me relance et qui recommence à saigner.

Ma mère, qui s’est retourné, s’approche de moi, inquiète :

-Antho, c’est quoi, ça ?

- Rien maman, dis-je en espérant que cela va la calmer.

Mais c’est mal connaître ma mère.

- Chéri ! Anthony s’est encore battu, mais cette fois, il saigne et à un énorme hématome !

J’entends des pas précipités et un cri suraigu, ça, c’est sûr que ce n’est pas mon père.

- Antho ! Calypso, déboule dans la pièce et en voyant ma blessure s’affole.

-Il faut de la pommade, du coton, et du désinfectant, énumère-t-elle avant de se précipiter dans la salle de bains.

Elle revient avec le tout dans les bras et commence à me soigner. En même temps, elle en profite pour mener à bien son interrogatoire :

- Qui t’as fait ça ?

- Calypso ! Ça ne te regarde pas, lui dis-je froidement.

- Alors ? J’attends ! dit-elle sans se démonter.

Je soupire en sachant que le combat est perdu d’avance, elle ne lâchera pas l’affaire, elle serait même capable d’aller au lycée pour le demander!

- J’ai essayé d’attaquer l’autre et puis il s’est retourné et voilà le résultat, dis-je en maugréant.

- Attends, tu veux dire que tu t’es fais battre par quelqu’un, toi, Anthony Lack, en terminal L au lycée Prométhée, et dont le nom fait trembler même les plus grosses brutes du coin ?

- Ça, c’était avant qu’il n’arrive. Et je te prierais de ne pas me le rappeler…

- Et il est comment ? Physiquement, je veux dire ! Enchaîne Calypso sans m’écouter.

- Calypso ! Tu es irrécupérable. Eh bien je suis dans le regret de te dire que je n’ai jamais vu quelqu’un qui surpasse sa beauté, qu’il est le premier en classe et le plus fort depuis qu’il m’a battu, pourquoi ? Si c’est parce qu’il t’intéresse…

- Non, non.

Elle réfléchit quelques secondes, puis ajoute avec un grand sourire :

- Tu ne voudrais pas nous le présenter ? Et puis, c’est quoi son petit nom ?

Non mais elle le fait exprès ou quoi ? Je serre les points pour contrôler ma colère et me lève brutalement.

- Calypso, je le HAIS ! Tu ne peux même pas savoir à quel point, à cause de lui, je suis la risée du lycée, j’ai perdu mais amis… j’ai TOUT perdu ! Alors n’y pense même pas !

Mon ton l’a surpris, et Océane ainsi que Oriane tremblent.

Je me lève et sur le pas de la porte j’ajoute plus calmement :

- Maman, pour tu-sais-quoi, je m’excuse et sache que je ne recommencerais pas. Calypso, si tu veux vraiment le savoir, il s’appelle Gaël de Brast. Et je n’ai pas faim, alors mangez sans moi.

Sur ce, je ferme la porte. Je croise mon père dans le couloir et lui dit :

- T’es en retard.

- Tu ne manges pas ?

- Non, papa. Allez, dépêches-toi ou maman risque de te gronder.

Il a un faible rire, comme fatigué, qui creuse ses rides, et passe en m’ébouriffant les cheveux au passage, sans même faire de commentaire sur ma blessure.

Cela me fait mal au cœur de le voire comme cela. Une fois dans ma chambre, je sors un album photo de sous mon lit et regarde les photos. On avait tous l’air heureux à l’époque, mes parents avaient l’air si jeune et bien dans leurs peaux ! Mon père à les cheveux blancs alors qu’il à a peine la quarantaine, l’étincelle dans ses yeux a disparue et il a des rides comme en auraient un personne de soixante ans. Il est tout le temps dans son bureau à essayer de remonter la pente ou à trouver un autre travail. Ma mère, elle, fait des ménages à longueurs de journées. Elle a sans arrêt l’air fatigué et faible, mais elle sourit en permanence pour ne pas nous inquiéter.

Je ressasse toujours mes pensées quand j’entends des coups contre le mur. Je reconnais le code que nous avons établit Calypso et moi. Cela veut dire qu’elle s’inquiète pour moi. Je tape moi aussi mais pour lui dire que j’arrive et qu’elle m’ouvre.

Je me faufile hors de ma chambre et arrivé devant la sienne, elle m’ouvre.

Je vois tout de suite à son visage qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Je m’installe à côté d’elle sur son lit et lui caresse tendrement la joue.

- Qu’y a-t-il, ma princesse ? Raconte-moi tout.

Ses lèvres trembles, puis finalement elle se jette sur moi en sanglotant.

- Antho, je l’aime tellement, tellement !

Je vois, elle a un chagrin amoureux. Je passe ma main de ses cheveux, puis murmure, comme pour l’encourager :

- Et?

- Mais… mais… je t’aime encore plus ! Alors, je lui ai dis non ! Dit-elle en me serrant de toutes ses forces contre elle.

Là, je suis perdu ; je ne vois pas le rapport entre la personne qu’elle aime et moi.

- Calypso, quel rapport ?

- Je… c’est le frère de celui que tu détestes, Gaël, je suis désolée !

Sur le coup, je reste sur le cul. Si je m’attendais à ça !

En voyant le visage de Calypso dévasté par les larmes, cela me fait un pincement au cœur.

Mais j’essaye tout de même :

- Calypso, tu es une magnifique jeune fille, ne penses-tu pas que tu peux trouver mieux ? Lui dis-je en scrutant ses yeux noisette.

Pas comme si c'était vraiment difficile...

Elle hoche négativement la tête, et murmure :

- Je l’aime tellement.

Je lui sèche les larmes du revers de la main en soupirant intérieurement.

- Je lui laisse une chance. Dis-lui que si il veut sortir avec toi, il faut que je le rencontre pour savoir s’il te mérite, d’accord ?

Elle me fait un bisous sonore sur la joue, avec un grand sourire sur ses lèvres puis se jette sur son portable sans prendre la peine de me répondre.

Je sors donc et retourne dans ma chambre, et que vois-je ?

Deux adorables petites frimousses entrain de m’attendre sagement sur le lit.

Je leur demande :

- Maman sait-elle que vous êtes ici ?

- Chut ! Sorciè’e pas savoi’ ! Me dit Oriane.

- Sorcière veut manger les mignonnes petites filles! Ajoute Océane.

J’éclate de rire devant l’air innocent de ces deux adorables petites poupées.

Elles sont si mignonnes, avec leurs yeux et cheveux châtain clair. Comme le reste de la famille, à part Calypso et Pearl qui ont les cheveux blond vénitien.

A se demander si je n'ai pas été adopté ! En plus, ils sont tous grands dans la famille, alors que moi, je ne mesure même pas un mètre soixante. Calypso mesure quinze centimètres de plus que moi alors qu’elle a deux ans de moins que moi, c’est vraiment injuste !

Après un soupire résigné, je me jette finalement sur ces petites crapules qui attendent patiemment que j’atterrisse et les chatouilles. Au bout d’un quart d’heure, leurs yeux comment à papillonner et je les ramène dans leur chambre.

Une fois de retour dans la mienne, je regarde ma minuscule chambre pendant quelques secondes. C’est à peine si j’ai la place de bouger ; en face de la porte se trouve la fenêtre, en droite mon bureau, et à gauche mon lit. Les murs sont recouverts de moisissures et sont entre un blanc sal et un vert… ben sal aussi. Mes habits se trouvent dans le placard qui est relié à ma chambre et que ma sœur utilise aussi.

J’éteins la lumière et m’allonge habillé sur mon lit. Il ne me faut que quelques instants avant de tomber dans un profond sommeil.

 

 

ooOOoo


Point du vue de Gaël



- Yeah !

Je suis tranquillement assis à la cuisine quand mon petit frère Lionel arrive en courant et me fait le signe de la victoire.

Je soupire et lui demande non pas par intérêt pour sa petite personne, mais parce que je sais qu’il va rester ici à me regarder dans le blanc des yeux jusqu’à ce que je le lui demande :

- Quoi ?

- Calypso a dit oui ! Hurle-t-il hystérique.

- C’est merveilleux, dis-je en baillant. Mais il y a dix minutes à peine tu me disais qu'elle t’avait dit non.

- Oui, mais c’est à cause d’un problème avec son frère, mais elle ne m’a pas expliqué exactement, elle n’a pas eu le temps vu que sa mère voulait qu’elle se couche.

Et voilà qu'il se met à raconter sa petite vie minable et totalement inintéressante. Comme si je n'avais que ça à faire que de l'écouter.

- Bon, maintenant que tu m’as fait part de ta vie privée dont je n’ai absolument rien à faire, tu peux partir et me laisser savourer la tranquillité seul ?

- Dire que tu es censé être l’homme parfait, si tes fans savaient qu’en fait tu n’es qu’un petit prétentieux égoïste et narcissique ! En plus, je n’appellerais pas ça « savourer la tranquillité seul », mais broyer du noir dans son coin. Allez, raconte-moi tout, me dit Lionel en s’asseyant sur une chaise, soupirant comme si il avait affaire à un enfant capricieux, ce que je ne suis évidemment pas.

- Je n’en ais aucunement l’envi, et je tourne la tête pour le lui faire comprendre.

- Tu t’es pris un râteau ? demande-t-il, une note d’espérance dans la voix.

Je m’insurge face à cette idée complètement irréaliste :

- Ca ne va pas ? Tu me prends pour qui ? Disons que j’ai frappé une personne que j’apprécie énormément, alors qu’elle essayait de m’attaquer par derrière.

- T’en as beaucoup, toi, des amis qui t’attaquent par derrière ? Se moque-t-il.

- On n’est pas amis. Je crois qu’il ne m’apprécie pas trop. La première fois que je l’ais vu, je n’aurais peut-être pas du lui dire que c’était un emmerdeur ni lui dire qu’il était petit, dis-je en réfléchissant. Je crois que ça ne lui a pas trop plu.

Lionel me regarde comme si j’étais un profond imbécile et soupire de découragement.

- Tu es irrécupérable, grand frère.

Il m’énerve quand il me parle comme ça !

- Mais attends, je me suis excusé de l’avoir frappé ! Et tu sais ce qu’il a fait ? Il m’a craché dessus en me disant qu’il me haïssait, dis-je outré.

Non mais c’est vrai, quoi ! Il ne veut pas non plus que je lui baise les pieds tant qu’à y être ?

- En voilà un intelligent ! dit-il avec enchantement.

- Lionel !

- Oh, c’est bon, me dit-il.

- Non, ce n’est pas bon !

- Bon, allez, je te laisse.

Sur ce, il quitte la pièce en dansant – mal - comme un imbécile heureux. Ce qu'il est d'ailleurs.

- Tu pourrais t’excuser ! Je lui cris.

Après quelques minutes, je commence à m’ennuyer ferme. Je me dirige vers la salle réservée au home cinéma. Je mets le film « Kill Bill », mais le film m’intéresse tellement qu’au bout de cinq minutes, je dors à point fermé.

- Gaël, Gaël !

- Hum...

Voilà tout ce que j’arrive à dire à cet abruti que essaye de me lever pour que j’aille au lycée…

- Le lycée !

La personne qui n’est autre que mon frère aîné, Allan, sursaute.

Après s’être remis de la surprise, il me sermonne :

- Gaël, je t’ais déjà dis de ne pas te coucher ici, ce n'est pas un lit.

- Oui, oui, Allan. Désolé, mais je suis en retard, là ! Dis-je en regardant ma montre. Je vais chercher mon cartable et je file.

- Gaël !

Je ne l’écoute pas, et fonce à toute vitesse en direction de ma chambre. Je le prépare à toute allure, me déshabille pour mettre une chemise blanche et un jean, et sors en courant. Je ne m’arrête qu’une fois que je suis devant la décapotable de mon chauffeur personnel.

- Bonjour, maître Gaël, me dis d’ailleurs celui-ci.

Je ne lui répond pas, je n’en ais pas envi. Je pense plutôt à Anthony. J’espère qu’il sera moins énervé qu’hier ; bien que j’en doutes.

Il faudra que je fasse attention, ce matin, en arrivant, il risque de m’attaquer, et si je le re-frappe, il est certain que mes chances de le faire changer d’avis sur moi seront rendues à néant.

La seule chose positive dans tout cela, c’est que je suis sûr que personne ne se mettra entre nous, étant donné que tout le monde le déteste et sont fous de moi. En plus, d’après ce que j’ai entendu dire, il n’est pas à leur goût, physiquement. Et j’en suis ravi pour eux, parce que moi, oui, je ne partage pas. Même si je ne crois pas que pour l’instant, il soit d’accord sur le fait qu’il soit à moi. Mais bon, tout n’est qu'une question de temps.

J’arrive enfin à destination, et je sors avec classe et élégance.

Tout le lycée se met à hurler. J’entends des filles se badiner et me lancer des oeillade à la limite que la décence permet.

Certains garçons et filles viennent même me remercier ainsi que me serrer la main pour les garçons, car ils étaient victimes de brimades et autres. Une foule se créé alors autour de moi et parle avec animation, se plaignant et vantant mérite, jusqu'à ce que Anthony apparaît.

Cinq garçons l’attrapent avec violence ; un par les cheveux, deux autres par les épaules et les deux derniers le poussent vers moi. Ils le jettent à terre, et lui ordonnent :

- Excuses-toi ! Demande-lui son pardon pour lui avoir cracher dessus !

Je me retient de ne rien faire pour qu'ils le laissent tranquille lorsque Anthony relève la tête et lui dit avec un sourire moqueur :

- Vous ne disiez pas ça, il y a un mois, alors qu’il n’était pas là, vous étiez toujours à mes côtés, à me lécher les baskets !

L’un d’eux lui donne un coup de pied.

- Allez, excuse-toi !

Anthony s’agenouille et me baise les pieds, puis me dit en relevant la tête :

- Je vous prie de me pardonner, Monseigneur.

Les lycéens sont abasourdis par ses faits et gestes, tout comme moi. Anthony se relève, puis sors du cercle. Il s’arrête soudainement et me demande d’une voix ironique :

- Au fait, Monseigneur. Est-ce que les personnes de votre famille vous ressemblent au niveau du caractère ?

Mon esprit ayant fait arrêt sur image au moment où Anthony m’a embrassé les pieds, je me mets un certains temps à me rendre compte qu’il me parle, et plus encore pour que ce qu’il vient de me dire monte jusqu’au cerveau, pour enfin être décodé.

Une fois ceci fait, la question me prend au dépourvu; je ne m’attendais pas du tout à ce genre de question. Je réponds, incertain :

- Plus ou moins, pourquoi ?

Il éclate de rire, et se retourne en murmurant, alors que la sonnerie résonne :

- Ça risque de promettre.

Je ne comprends pas de quoi il veut parler, mais je suis ma classe qui se dirige vers notre salle de cours.

Une fois assis, je retourne vers mon activité préféré, qui est observer Anthony.

Aujourd’hui il a opté pour le t-shirt noir et le jean large, ainsi que tout ce qui va avec, c’est-à-dire son collier à pics noirs, et ses chaînes en argents aux poignées qui vont si bien avec son physique. Anthony à la peau blanche aussi pur que la neige, une taille d'un mètre soixante tout au plus, des cheveux noir de jais décoiffés intentionnellement avec du gel qui lui arrivent presque jusqu'aux épaules, et de magnifiques yeux améthystes, avec le contour de l’iris argenté.

Il est aussi un amateur de piercing ; il en a quatre à l’oreille gauche et trois à l’autre, tous des anneaux en argent. Et maintenant, il en a un à la langue, une boule violette, à ce que j’ai pu voir…

Bon, en fait, là, je ne le vois que de derrière, mais son postérieur est tout aussi agréable à regarder que sa mignonne petite face, alors je ne m’en plains pas trop. Surtout qu’à chaque fois que je le vois de devant, je vois sa lèvre entaillé et son pansement au coin de la lèvre, ce qui me rappel à quel point il doit me haïr pour ce que je lui ais fait.

Des murmures excités me sortent de ma contemplation, ce qui me met de forte méchante humeur. Je regarde la cause de ce brouhaha, et ce que je vois est notre professeur principal, monsieur Duclair, accompagné d’une femme d’une vingtaine d’année. Pas de quoi fouetter un chat… Enfin, si, d’après le filet de bave que je vois sur le coin de la bouche de mon voisin de classe.

Je prends la conversation en cour de route, histoire de savoir ce que cette femme fait ici :

- … et étant donné que votre ancien professeur d’anglais ne peut continuer à vous faire cour à cause de problèmes personnels, et que mademoiselle cherchait justement un poste, je vous présente votre nouveau professeur d’anglais, dit le chauve avec enthousiasme.

J’entends un bruit de chaise et vois Anthony en train de montrer du doigt la femme et balbutiant :

- T… Toi… C… C’est impossible !

Monsieur Duclair le réprimande férocement pour ce manque de politesse, tandis que moi je suis secrètement ravi, je craignais d’avoir affaire à une rivale, mais me voilà rassuré, il a l’air de l’aimer autant qu’il m’aime… Bon, arrêtons ces pensées néfaste avant que l’idée de me pendre ne me paresse être la meilleure solution. Allez, souris, Gaël, il y a des filles qui te regardent et semblent être inquiètes.

Après avoir terminer sa remontrance, le schtroumpf s’en va et nous laisse enfin.

Un long silence s’ensuit, les garçons n’ayant apparemment toujours pas récupérer leurs facultés de penser et ont la bouche grande ouverte, tandis que les filles boudent et regardent la jeune femme en chiens de faïences.

Ladite jeune femme dit alors :

- Vous n’avez pas besoin de m’appeler par mon nom de famille, appelez-moi Pearl. Cela mettra une meilleure ambiance pendant les cours.

Voyant qu'aucune objection ne s’ensuit, elle continue :

- Bien, nous allons donc commencer le cours. Ouvrez votre livre à la page 67…

Le cour se passe plutôt calmement, à part que la grande majorité des garçons se battent pour se faire interroger et que les filles restent muettes comme des carpes.

Pearl étant plutôt gentille, je commence à l’apprécier. Mais je déchante vite après que la cloche ait sonnée et que tout le monde range ses affaires.

Elle ose faire ça, et en plus devant moi ! Elle se permet de murmurer quelques mots à l’oreille de mon Anthony. Je sers les poings, essayant de calmer ma fureur croissante. Elle croise mon regard et je fais passer à travers mes yeux toute ma haine envers elle. Au lieu d’avoir peur, honte d’être surprise, ou autres comportements normaux après une telle conduite, elle me sourit, et commence même à glousser.

Je la regarde comme si elle était folle, et ramasse les affaires qui traînent sur mon bureau puis m’apprête à partir, quand j’entends :

- Non mais ça ne va pas ?

Et je vois Anthony sortir à toute allure de la pièce, le rouge aux joues.

Je lance un regard meurtrier et dis à Pearl avant de sortir :

- Vous ne l’aurez pas.

Mon fan-club me suit et me demande des explications sur mes propos quelques peu déplacés, et je réponds un sourire faux aux lèvres :

- Nous parlions de la surprise à la cantine qui a été promis à celui qui aurait le ticket gagnant.

L’explication leur suffit, et ils ne se demandent même pas comment elle peut être au courant alors qu’elle vient d’arriver.


Nous allons tous au labo de science, où je prie, comme depuis le début de l’année, que le professeur daigne enfin nous mettre ensemble, Anthony et moi, pour le T.P, ce qu’il ne fait toujours pas.

A la fin de ces trois heures, je me dis que ce n’est finalement pas si mal de ne pas être à côté de lui en physique, si je tiens encore à ma vie.

Quoique… alors que je sors de l'école, me viens cette idée de génie : personne ne voudra plus jamais se mettre à côté de lui, après qu’il ait failli faire exploser la classe. Et si je me propose, cela ne fera qu’accroître ma popularité !

Je suis entrain de me féliciter moi-même de mon idée, quand je fais tomber ma règle qui débordait de mon sac à dos. Je me retourne donc pour la ramasser, quand je vois quelque chose qui ruine ma bonne humeur, et me mets dans une rage intense.

Je me précipite alors dans ma voiture sans plus attendre, oubliant la règle.

Une fois à l’intérieur, je prends mon téléphone et compose un numéro :

- Allo, Anne ? Tu ne sais pas la nouvelle ? J’ai entendu une rumeur à propos de la nouvelle prof, tu sais, Pearl… Oui, c’est ça... tu crois que tu pourrais en parler dans le journal du lycée ?… Ok, je te raconte. Alors voilà…

Un sourire mauvais germe sur mes lèvres.

Je vous avais prévenus, professeur, je ne vous le laisserais pas, et pour cela, je me battrais.

 
 
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