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au 07 Jan 09 :
1117 comptes dont 390 auteurs
pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Alles, Ich und Du
Par KuroiMamba
Tokio Hotel  -  Romance/Erotique
1 chapitre - Rating : T+ (16ans et plus)
    Chapitre 1     3 Reviews    
L'interview.

Petite explication indispensable : dans cette première partie, l’intégralité de l’interview est réelle. Toutes les réponses des jumeaux sont vraies, les leurs, quoi. Elle est tirée d’un numéro du magasine Bravo, et la traduction est la mienne, par contre. Je n’ai pas réussi à la trouver traduite en français alors comme, après tout, c’est un peu mon boulot de tout façon... Je l’ai traduite.

Donc c’est clair, seule la traduction de l’interview (dont je n’ai pris que les questions vraiment utiles à l’histoire même si elles étaient toutes très Twincest...) et le récit autour m’appartiennent !

Le second chapitre racontera les suites, l’influence de l’interview sur les jumeaux...

Bonne Lecture à vous tous, et Joyeux Anniversaire à ma chère complice DjK’, voilà ton cadeau petite insulaire. Sweet seventeen !

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« L’interview »

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La tête rejetée en arrière, le regard rivé sur les nuages, Bill éteint sa cigarette dans un soupir, la jetant au loin. Seul sur ce parking privé derrière leur hôtel de Dortmund, il songea que même après tout ce temps, il était impossible à qui que ce soit de s’habituer à toute cette médiatisation. Après une dizaine d’interview, chacune de vingt minutes tout au plus, chacune ressassant les mêmes questions ridicules, il n’avait pu se retenir de demander une pause.

Aucun des autres ne l’avait suivi, notamment parce que Gustav et Georg avaient été autorisés à regagner leur chambre. Cette dernier interview, celle pour laquelle il était attendu, leur était réservée, à lui et à son frère. Tom, lui, avait préféré s’enfermer dans sa bulle de beats hardcore ; enfonçant ses écouteurs dans ses oreilles, il s’était recroquevillé sur le canapé de la suite et avait vaguement regardé Bill sortir.

Machinalement, le brun lissa ses cheveux du bout des doigts et pénétra à nouveau dans l’hôtel au bras de Saki, qui l’avait accompagné, comme toujours, comme partout...

Regagnant la suite luxueuse de l’avant dernier étage, il constata en observant l’horloge murale, petit bout d’acier design, qu’il leur restait une dizaine de minutes avant l’arrivée de la journaliste. Avec un sourire contrit, il pria donc le plus gentiment possible toute personne de quitter la pièce. Il avait envie qu’on les laisse seuls.

Saki, habitué, ne s’en formalisa pas le moins du monde, ce qui ne fut pas le cas du reste du staff, certains haussant un sourcil offensé en observant le brun qui ne cessa pourtant pas de sourire.

Tom, son IPod toujours rivé sur les oreilles, cligna doucement des yeux, observant ce mouvement de foule dont il ne connaissait pas l’origine. Peu intéressé, il planta un regard interrogateur dans celui, impatient, de Bill. Le brun regardait les dernières personne présentes passer la porte. Il remercia Saki d’un geste de la main avant de réaliser que son frère cherchait son regard.

Les yeux de Tom étaient perçants. Bill, à nouveau naturel, relâcha les muscles de son visage, et son frère put facilement y lire une profonde lassitude. Doucement, le brun s’assit à ses côtés. Soudain, il se sentit mieux. Il s’étonna à nouveau de la façon dont lui et Tom pouvaient parfois se sentir si proches sans même se toucher. Ses paupières mi closes, il finit par se détendre un peu, se laissant aller à des pensées aussi diverses que l’heure du concert du lendemain ou encore la couleur des yeux un peu particulière de Gustav.

La voix de son frère le sortit rapidement de sa torpeur.

« Tu as fait dégager tout le monde. »

Ce n’était pas une question, seulement une affirmation. Le guitariste n’attendait aucune réponse. Il constatait seulement la situation à haute voix. Bill le savait et se contenta de hausser les épaules.

« Tu te sens prêt ? » ajouta le blond, cette fois à l’intention de son frère.

Bill jugea bon d’ouvrir complètement les yeux pour lui répondre.

« J’appréhende. Et toi ? »

« Aussi. »

Le brun se tourna vers son jumeau pour constater que celui-ci avait retiré ses écouteurs et se triturait pensivement les mains.

« Après tout, ça nous changera. » finit-il par souffler, sa langue jouant légèrement avec son piercing.

Bill ne le quitta pas des yeux. Il pouvait sentir toute la tension mêlée de curiosité qui habitait son frère. Tom cessa de regarder dans le vague et lui rendit son regard avant d’esquisser un sourire.

« Comment est-ce qu’il a formulé ça, déjà... ? »

« Qui, David ? » interrogea Bill sans baisser les yeux.

« Oui. »

« Il a dit que ce serait une interview un peu spéciale... au sujet de nous deux. Je crois que le terme exact c’était de notre ‘lien’. »

Le blond aquiesca, et Bill se détourna à nouveau. Lui aussi se posait des questions. Il referma finalement les yeux et sourit légèrement lorsqu’il entendit le rire, nerveux, de Tom franchir ses lèvres.

« C’est pas comme si on allait apprendre quelque chose, après tout... » murmura le guitariste, plus pour lui même qu’autre chose, mettant un terme à la conversation.

 

+++

 

Un peu moins d’une demi heure plus tard, la journaliste avait pris place sur le fauteuil blanc qui faisait face aux jumeaux. Autour d’elle, deux photographes les avait mitraillé, leur demandant quelques sourires surjoués, et attendaient à présent la moindre réaction intéressante de l’un ou de l’autre.

Tom, les mains croisées sur le ventre, le dos confortablement enfoui dans les gros coussins gris perle du sofa ; Bill, une main sur chaque genou, la lèvre inférieure pincée entre ses petites dents, les yeux fixés sur le magnétophone qui, posé sur la table basse, enregistrerait chaque question et chaque réponse, afin que la journaliste ait tout loisir de les transformer à sa guise, plus tard...

Après avoir griffonné une dernière note sur son bout de papier, la jeune femme leva les yeux et leur adressa un sourire sincère qui ne manqua pas d’étonner le chanteur.

« On vous a parlé du thème de l’interview je suppose... ? » demanda-t-elle d’une voix douce.

« Oui. » répondit simplement Tom, prenant son frère de vitesse. Bill aurait répondu beaucoup plus longuement, tout en sachant que ce n’était pas nécessaire.

« Alors on peut commencer. »

Bill tenta de se détendre et sans savoir vraiment pourquoi, se retint de regarder son frère. Il se concentra.

« Les garçons, rentrons directement dans le vif du sujet. Pouvez-vous me dire ce qui fait que votre lien est si particulier ? »

Pris de court, Bill écarquilla les yeux et décida de réfléchir. C’était une question importante... Alors qu’il levait les yeux au plafond pour trouver une réponse correcte, il fut surpris d’entendre Tom répondre presque tout de suite :

« Nous sommes si différents et si semblables à la fois. On n’a pas l’air de jumeaux, pourtant nous sommes des âmes sœurs. Quand je regarde Bill, je sais ce qu’il pense. Je sais quand il a un problème, même s’il n’est pas là. »

Le brun se garda bien de baisser les yeux, conscient qu’il devait être en train de rougir. Pourtant, il ne savait pas pourquoi. Il savait déjà tout ça. Il se persuada rapidement que seule la situation était gênante : cette femme était une inconnue. Soudainement conscient qu’il lui fallait dire quelque chose, il laissa sortir les seuls mots qui lui venaient à l’esprit :

« Il y a une connection très forte entre nous. »

La journaliste lui sourit doucement, et enchaîna.

« Vous vous habillez et vous comportez très différemment tous les deux. Qu’est ce qui vous rend semblables ? »

Cette fois, Bill s’empressa de répondre en premier, ses yeux bien rivés dans ceux de son interlocutrice.

« En ce qui concerne le caractère, on est tous les deux très têtus. »

« Et persistants. Quand on a une idée en tête, on fait tout pour qu’elle se réalise. »

Tom avait spontanément complété sa phrase. Retenant un sourire, Bill s’étonna tout de même que son jumeau prenne tant la chose au sérieux. Il décida de donner un peu de légèreté au tout.

« A part ça, on déteste tous les deux les brocolis, et on adore les pizzas. Mais le plus important, c’est qu’on rit énormément ensemble. Il nous suffit de nous regarder... » souffla-t-il, évitant pourtant soigneusement de regarder le blond.

« Et qu’est ce qui est différent dans votre caractère ? » poursuivit la jeune femme, regardant clairement Tom.

« Je suis juste plus cool, plus calme. Je réfléchis longtemps avant de prendre une décision. Bill se contente de suivre son cœur. »

Bill sourit encore à cette allusion. C’était absolument vrai. Cette interview commençait à lui plaire.

« Ok... Tout va bien, jusque là ? Je peux continuer ? »

Sans ce concerter, les jumeaux se contentèrent tous les deux de hocher la tête en signe d’approbation.

« Bien. Y a-t-il des choses que vous faites l’un sans l’autre ? »

Tom sourit. Bien sûr qu’il y en avait, mais peut-être pas tant que ça. Voyant le dos de son frère se soulever légèrement, il décida de le laisser répondre, ce que Bill ne tarda pas à faire.

« Aller aux toilettes, prendre un bain, prendre une douche... » Le brun rit, arrachant un nouveau sourire à son frère sans même le savoir. « A part ça, rien. »

Tom sourit encore un peu plus en réalisant que son frère n’avait pas dit « dormir ». Cela faisait pourtant quelques mois depuis la dernière fois qu’ils avaient dormi ensemble. Mais le brun ne considérait toujours pas que c’était quelque chose qu’ils faisaient séparément.

« Est ce que vous vous manquez quand vous êtes séparés ? »

Cette fois, la réponse vint si rapidement à Tom qu’il se hâta de prendre la parole. Il se souvenait d’une anecdote....

« Oui, absolument. Quand nous avions six ans, nous étions en colonie de vacances. On dormait dans des tentes, tout ça. Bill avait le mal du pays et est rentré à la maison... »

A ces mots, Bill se tourna vivement vers le guitariste avec l’intention de le fusiller des yeux. Mais en voyant ses joues rosées et son air concentré qui aurait du être moqueur, il se ravisa et se contenta de protester, regardant à nouveau la journaliste.

« C’est faux ! C’était dans l’autre sens ! Notre mère a du récupérer Tom ! Je suis resté là bas une semaine sans lui. »

A son tour, le blond s’offusqua, lui donnant une tape sur l’épaule.

« N’importe quoi ! Bref, tout ça pour dire qu’on était séparés et qu’on se manquait énormément. On était contents quand on s’est revu. »

Tom sourit à nouveau à ce souvenir. Ce jour là, Bill et lui s’étaient sautés dans les bras et avait refusé de se lâcher jusqu’à la fin de la semaine suivante, dormant étroitement serrés l’un contre l’autre. Visiblement, Bill s’en souvenait aussi, car il s’était brièvement tourné vers lui. Le brun s’était retenu de lui sourire tendrement, sentant déjà crépiter les appareils photos. Mais l’intention y était, et il pouvait jurer que Tom l’avait senti.

La journaliste poursuivait inlassablement :

« Je m’excuse mais quand je m’adresserai à vous individuellement, je me permettrais de vous tutoyer, pour que ce soit bien clair pour nos lecteurs. Donc, qu’est ce qui te plaît / te rend fier / te satisfait chez ton frère, Bill ? »

Cette fois, le brun prit quelques secondes de réflexion, la pression retombant progressivement.

« J’admire le fait qu’il soit un si bon guitariste et qu’il travaille autant pour ça. Je suis aussi heureux qu’il soit le frère que tout le monde rêverait d’avoir. Je peux compter sur lui à 100%. »

Etrangement, il put jurer qu’il avait senti Tom frémir. Alors il ajouta :

« Ma confiance en lui n’a aucune limite. »

Tom ne savait pas trop quoi penser. Evidemment, il savait cela. C’était seulement... étrange... d’entendre son frère le dire. Bill avait toujours sur choisir ses mots, en témoignait son talent pour écrire leurs chansons. Mais lorsqu’ils lui étaient adressés, Tom trouvait les mots de Bill encore plus pertinents, plus... beaux. Bientôt, la question suivante le tira de sa réflexion. Attentif, il sentit brièvement les yeux de Bill se poser sur lui.

« Même question au sujet de Bill, Tom ? »

Le guitariste laissa sa langue jouer avec son piercing quelques secondes avant de répondre, conscient que ses mots ne seraient de toute façon jamais les bons.

« Bill est plus mis en avant que moi. J’admire la façon dont il gère tout ça. Il ne se laisse pas avoir et reste vrai envers lui même. Bill est né pour être un leader. A part ça, je peux aussi parler de tout avec lui, tout lui dire. »

Tom savait d’avance que sa réponse était pâle, vide, creuse comparée à celle de son frère. Mais cette question était trop privée, trop personnelle, trop difficile. Et il savait que Bill le savait. Le brun ne lui en tiendrait pas rigueur.

Effectivement, Bill, qui n’avait pas raté le moindre mot, se crispa légèrement puis au bout de quelques secondes, se détendit à nouveau. Son frère n’avait pas su exprimer ce qu’il pensait réellement. Ou n’avait pas voulu....

« Tom, t’inquiètes tu pour Bill ? »

Bill songea qu’à l’instant présent, c’était lui qui s’inquiétait pour Tom. Les questions devenaient vraiment intimes. Enfin il lui semblait... Il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter à l’idée d’un Tom, impulsif, quittant la pièce sans vouloir répondre. Pourtant la voix du blond s’éleva calmement dans la pièce.

« Oui, parce qu’il est très agréable (presque dans le sens de influençable ici, qui souhaite plaire à tout le monde). Je crois que tous les chanteurs sont comme ça. Il faut qu’il fasse attention à ne pas s’effondrer. Je m’inquiète aussi qu’il ne supporte pas la longue tournée. C’est pour ça que j’essaye de prendre soin de lui et que je lui apporte du thé. »

Bill secoua doucement la tête. C’était tout Tom : il avait dit quelque chose de touchant, alors il lui fallait terminer sur une note triviale. Qu’est ce que le thé venait faire là dedans... ?

« Prenez-vous soin l’un de l’autre quand vos parents sont absents ? »

Sur sa lancée, Tom poursuivit.

« Oui, en tournée je dis tout le temps à Bill « Mets un sweat, avant d’attraper la mort ! » Et pourtant on ne campe même pas, petite poule mouillée ! »

Les deux garçons rirent franchement, ainsi que les quelques autres personnes présentes dans la pièce. Pourtant, ils évitèrent à nouveau de se regarder, et Bill ajouta :

« Le chanteur est toujours le chaton fragile du groupe. Les autres peuvent monter sur scène en ayant un rhume, mais pas moi. C’est pour ça qu’ils prennent tous soin de moi. Mais quand Tom est malade, je prends aussi soin de lui. »

Tom plongea à nouveau dans ses souvenirs. Il se rappelait avoir été si malade qu’il ne pouvait rien avaler sous peine de tout vomir. Cela avait duré plusieurs jours, et Bill, normalement terrorisé par les vomissements, était resté près de lui tout le temps, veillant à ce qu’il boive des litres de d’eau de peur qu’il ne se déshydrate. Si bien que leur mère avait du forcer le brun à boire lui aussi, car il en oubliait totalement de prendre soin de lui-même.

« Tom a une attitude très cool, mais est-ce qu’il lui arrive aussi d’être émotif, Bill ? »

La curiosité du guitariste augmenta. Il avait hâte d’entendre la réponse de son frère à ce sujet.

« Tom a un grand cœur. Il peut être amoureux, émotif ou triste, tout comme moi. On est très similaires sur ce point. C’est seulement qu’il ne le montre pas comme moi. Il ne se lâche qu’à la maison. »

Le brun avait vu juste, et pour le lui confirmer, le blond ajouta :

« Les deux seules fois où j’ai pleuré dans ma vie, Bill était là. »

Et ce fut au tour de Bill de plonger dans des souvenirs encore très présents. Il se rappela Tom, totalement effondré devant une lettre de la première et seule fille pour laquelle il avait ressenti quelque chose. Après coup, le guitariste avait juré qu’il ne s’agissait pas d’amour. Pourtant, Bill se souvenait l’avoir vu souffrir si fort qu’il avait eu pour la première fois le sentiment que Tom aimait quelqu’un plus que lui. Son cœur se serra à cette pensée.

« Vous dites-vous l’un à l’autre combien vous vous appréciez ? »

La réponse vint spontanément à Bill.

« Bien sûr qu’on se dit qu’on s’aime, s’adore, et évidemment qu’on se prend parfois dans les bras etc. Mais pour être honnête, on en a pas besoin. On sait ce qu’on signifie pour l’autre. »

A nouveau, Tom admira la formulation de son frère. Il n’aurait pas su dire mieux. Il songea même qu’il n’aurait tout simplement pas su répondre autre chose que « Oui. »

« Que feriez vous pour l’autre ? »

En même temps, les jumeaux frémirent. Tous deux avaient redouté cette question, connaissant pourtant parfaitement la réponse. Tom commença à paniquer légèrement. Bien sûr qu’il savait très bien ce qu’il en pensait, mais il était incapable de le dire. Bill sentit l’anxiété du blond et trouva rapidement son regard. Dans les yeux chocolats, il perçut à la fois de la peur et un profond désarroi. Lentement, il attendit que le guitariste se rassure, et finit par trouver l’approbation dans son regard. Bill devrait répondre pour eux deux.

« Tout, absolument tout. On voudrait même mourir l’un pour l’autre. »

Tom se mit à trembler imperceptiblement. Il ferma les yeux et inspira lentement, ce qui provoqua le premier flash de toute l’entrevue. Un photographe avait remarque son changement d’attitude. Le blond se reprit alors, affichant un sourire faussement indifférent.

« Une chanson bonus de votre nouvel album s’appelle ‘In Die Nacht’. Dans cette chanson, vous parlez de vouloir vivre seulement ensemble, tous les deux. »

Bill fut à nouveau bouleversé par la perspicacité de la journaliste. Bien sûr, on leur avait déjà posé des questions sur cette chanson. Mais pas après autant d’interrogations si pertinentes, si appuyées, si... intimes. Il avait pourtant envie de répondre.

« C’est vrai. » souffla-t-il. « On voulait absolument écrire une chanson sur notre lien. On veut même mourir ensemble. L’idée que seulement l’un de nous puisse mourir nous est insupportable. On ne peut pas imaginer vivre sans l’autre. »

A ces mots, bien que toujours sous le choc, Tom ne put s’empêcher d’ajouter :

« C’est une idée tellement dingue que l’un de nous puisse mourir et laisser l’autre derrière... »

Curieusement, ces mots eurent plus d’impact que la question sur Bill, qui s’empressa de préciser pour clore le sujet :

« Je ne veux pas trop penser à ça. Mais quand il faudra partir, on partira ensemble. »

Pourtant, la professionnelle fut intriguée par l’air sérieux qu’arboraient maintenant les deux frères, et décida de continuer, à tâtons, dans cette voie.

« Heu... et... qu’est ce qu’il se passera lorsque quelque chose arrivera à l’un d’entre vous... ? »

Tom n’avait définitivement pas la force de répondre à cette question. D’un signe négatif de la tête, il le fit comprendre à la journaliste, qui se tourna vers Bill. Le brun était perturbé par la question mais sentait qu’il n’aurait peut-être plus jamais l’occasion de... de parler de ça devant Tom. Alors il soupira longuement, prit une grande inspiration et finit par se révéler :

« J’imagine toujours le cas suivant – On se tient sur le rebord d’une falaise et quelqu’un nous dit « L’un de vous doit sauter et ne pourra jamais revenir. » On saute tous les deux, aucun doute là dessus. C’est sûr à 100%. »

Cette interview était réellement éprouvante, et le brun baissa légèrement les yeux. Soudain, il sentit la main de Tom se refermer brièvement sur la sienne, qu’il avait nerveusement posé à ses côtés, sur le sofa. Son frère exerça une légère et discrète pression sur le bout de ses doigts avant de retirer sa main. Personne n’avait remarqué, en témoignait l’absence de bruit de flash.

« Dans votre nouvelle chanson, « Spring Nicht », Bill chante l’histoire de quelqu’un qui ne veut plus vivre. Tom, que ferais tu si Bill en venait à penser de la même façon ? »

Cette fois, Tom ne pouvait pas y échapper. Mais la question lui sembla moins difficile. Bill s’exprima pourtant le premier, lui épargnant ce qu’il n’aurait sur dire :

« Si l’un de nous ne veut plus vivre, l’autre ne veut plus non plus. »

« Quand Bill va mal, je vais mal. » enchaîna le blond. « Mais bien sûr que je ferais tout pour le sauver. Si quelqu’un le peut, alors c’est moi. »

Ces paroles rappelèrent une anecdote à Bill, qui commença à la raconter tout haut sans vraiment s’en rendre compte :

« Une fois, j’étais à l’hôpital. Lorsque je me suis réveillé de l’anesthésie, Tom était là. Il est resté assis près de mon lit toute la journée et s’est endormi... » Soudain, il réalise qu’il parlait à haute vois et précisa un peu. « Je voulais seulement voir mon frère. Personne d’autre que lui ne peut m’aider dans une situation pareille. »

La journaliste nota quelque chose pour la toute première fois. Jusque là, le magnétophone avait été suffisant. Mais elle ressentait quelque chose de plus en plus particulier flotter dans la pièce. Elle poursuivit, sachant que le temps qui lui était imparti n’était plus très long.

« Voulez-vous vivre ensemble ? »

La question était simple, plus légère, alors Bill répondit avec le sourire.

« Oui, on ne peut rien imaginer d’autre. Peut-être vivre à côté l’un de l’autre, ou dans des maisons collées et reliées par une porte. »

L’idée était si enfantine que la journaliste ne put se retenir de rire. Tom fronça légèrement les sourcils et sourit à son tour. La fin de l’interview était proche, il pouvait le sentir. Il se détendit un peu.

« N’êtes-vous pas jaloux quand l’autre a une petite amie ? »

Bill, un verre d’eau dans la main, faillit s’étouffer en buvant. La première réponse qui lui était venue était : « Bien sûr que si ! » Heureusement, il avait alors la bouche pleine. Il espéra que Tom allait répondre, mais comprit d’un bref coup d’œil que celui-ci n’avait pas grand chose à dire. En effet, songea Bill, lui n’avait jamais été confronté à cette situation... Seul Tom avait réellement eu une ‘petite amie’ à proprement parler...

 

« Absolument pas. » finit par affirmer le brun. C’était la première fois qu’il mentait depuis le début, et il se demanda si son frère l’avait deviné. « On est heureux pour l’autre. Si une fille est importante pour Tom, alors je l’accepterai, peu importe ce que je pense d’elle. »

 

Tom trouva que ça sonnait faux. Mais pour la première fois depuis longtemps, il n’aurait su dire si Bill mentait vraiment. Perturbé, il répondit à son tour :

 

« Qui plus est le lien que l’on peut avoir avec une fille est très différent de celui entre nous. Je ne peux pas imaginer faire confiance à une fille comme je fais confiance à Bill. Et je ne passerais pas moins de temps avec lui si j’avais une petite amie. Elle devra absolument accepter ça. »

Le cœur de Bill manqua un battement. Tom n’avait jamais prononcé ses mots dans aucune de leur discussion. Et Bill, s’il l’avait espéré, n’avait jamais songé que son frère pouvait réellement penser de cette façon. Tom était un tombeur... Le brun eut du mal à réaliser ce qu’il venait d’entendre, et dut se concentrer pour ne serait-ce qu’entendre la question suivante, qui lui était adressée.

« Et si une fille disait « Ton frère ou moi ! » ? »

Bill n’eut pas besoin de réfléchir outre mesure.

« Si elle a quelque chose contre mon frère, alors je ne peux pas l’aimer. Je ne laisse personne se mettre entre nous. »

Un silence s’installa alors, de quelques minutes, qui parurent aux jumeaux une éternité. Cette interview les bouleversait beaucoup plus que prévu, et chacun se demandait intérieurement à quoi allait ressembler leur prochaine discussion, songeant déjà à mille moyens de la repousser le plus possible...

Enfin, la journaliste leva les yeux de ses quelques notes et leur sourit pour la dernière fois :

« Et bien, c’est la dernière question ! Pouvez-vous aimer quelqu’un d’autre de la façon dont vous vous aimez... ? »

Tom sentit que pour une fois, il n’y avait pas foule de choses à dire. Alors il se contenta de répondre :

« Non. »

Agréablement surpris par la spontanéité de son frère, Bill se sentit tout de même obligé de préciser quelque peu.

« Nous aimons nos parents, évidemment. Mais le lien que nous avons est vraiment quelque chose de spécial. On se connaît depuis le ventre maternel ! Personne ne peut être plus proche que ça... »

 

+++

 

La suite était enfin presque vide. A l’extérieur, la nuit était tombée, comme le constata Bill en allumant enfin une cigarette. C’était au moins la trente cinquième fois qu’il se retrouvait sur ce parking sinistre. Saki discutait dans le couloir juste derrière la porte, et sa grosse voix couvrit le bruit des pas qui s’approchaient.

Bill entendit seulement la lourde porte d’acier s’ouvrir et vit s’avancer son frère. Instinctivement, il baissa les yeux. 

« Tu m’allumes une clope, bitte ? »

Le brun s’exécuta et tendit la cigarette au guitariste.

« Danke. »

Le silence qui suivit était inhabituellement lourd. Lorsque les jumeaux choisissaient de ne pas parler, le vide avait généralement quelque chose d’apaisant. Mais pas ce soir là.

Tom s’appuya nonchalamment sur le capot d’une voiture et observa distraitement les étoiles qui commençaient à apparaître en cette nuit de début d’été. C’était leur unique nuit dans cet hôtel : demain, à la suite du concert, il leur faudrait regagner le bus et partir sur les routes. Gustav et Georg vivraient avec eux à longueur de journée. Pas que cela le dérangeait... Il trouvait seulement cela ironique que quelques heures après de telles... révélations, ils se retrouvent tous les deux dans la situation la moins intime du monde.

Des moments à deux, ils n’en auraient plus avant un moment.

Alors le guitariste posa les yeux sur son jumeau. Le brun tirait longuement sur sa cigarette, les yeux également levés vers le ciel... Ses traits étaient tirés, mais ses yeux vifs, pleins de doutes. Tom se lança, extirpant Bill de ses pensées :

« Engel ? »

C’était le nom qu’il lui donnait lorsque son frère allait mal. A cette appellation, Bill tressaillit imperceptiblement et lui lança un regard interrogateur. Alors Tom murmura :

« Ca t’ennuierait qu’on dorme ensemble, cette nuit ? »

Bill écarquilla les yeux. La dernière fois qu’ils avaient dormi ensemble... c’était plusieurs mois auparavant... Bill avait fait un cauchemar et s’était glissé dans le lit du blond, mais ce dernier dormait d’un sommeil lourd, et il ne l’avait remarqué qu’au matin... Depuis le brun n’avait plus vraiment osé demander. Et le fait que son frère en prenne l’initiative le... ravissait.

« Non, bien sûr. Ca... fait longtemps. »

« Je sais. »

Tom écrasa sa cigarette et s’approcha de son frère pour lui prendre la sienne et la jeter le plus loin possible. Bill l’observa. Tom voulait ajouter quelque chose.

« Merci. »

Bill ne savait pas exactement de quoi il s’agissait, mais il hocha la tête, et le remercia à son tour, dans un murmure. Alors le guitariste lui décocha un magnifique sourire et d’un signe de tête, l’invita à entrer dans l’hôtel. Ce soir, ils dîneraient avec quelques amis pour leur dernier soir en Allemagne...

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Voilà ! Que dire ?

Pour ceux d’entre vous qui avaient déjà lu l’interview, j’espère que vous avez apprécié et que vous imaginiez un peu les choses comme ça ! Pour les autres, j’espère que vous avez su apprécier toute l’ambiguïté de cette interview qui je le rappelle est entièrement réelle !!

Seconde partie cette nuit ou Vendredi, le jour de l’anniversaire de la miss ! Selon ma motivation et vos réactions !

Bonne soirée et n’hésitez pas à reviewé ! Bizoux !

 
     
     
 
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