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au 07 Jan 09 :
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La septième année.
Par haniPyanfar
Harry Potter  -  Romance/Action/Aventure
11 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 1     Les chapitres     17 Reviews    
Chapitre 1 : La Hyène blonde.

                                        La septième année.   

Auteur : haniPyanfar 

Déclaration :Les personnages et les lieux de cette histoire appartiennent à Madame J.K. Rowling. 

Genre : Romance – Aventure.  Cette fic prend en compte les livres  de 1 à 6. Elle donne ma version du tome 7. Elle est déjà parue sur un autre site mais j’ai changé le titre car il ne me convenait plus. L’histoire est la même, j’ai seulement copier / coller les chapitres trop courts par trois ou quatre. Personnages principaux : Harry Potter et Draco Malfoy. 

Rating :T. Ceci est une histoire d’amour entre deux garçons. Si vous n’aimez pas le yaoi ou si vous êtes homophobe, personne ne vous retient de force.  Une petite note préviendra quand le chapitre contiendra un lemon.

 

Bonne lecture.

   Chapitre 1 : La Hyène blonde.   

  Comme la plupart des maisons de sorciers d’Angleterre, le Terrier des Weasley était maintenant protégé par plusieurs sorts défensifs. D’abord un sort d’illusion lui donnait l’apparence d’une petite cabane branlante guère plus grande qu’une remise à outils de jardin. Pour y arriver en transplanant, il fallait visualiser la porte et son écriteau : « Le Château des courants d’air ». Sinon, on se retrouvait quelque part dans le désert du Kalahari où un hologramme de la véritable maison avait été installé. Il fallait aussi frapper selon un code convenu et prononcer un mot de passe. Enfin un sort Repousse Moldus éloignait les indésirables. L’époque était dangereuse et chacun se protégeait comme il pouvait.

  

  Crabbe et Goyle étaient debout devant la porte et se regardaient d’un air inquiet. Grégory portait dans ses bras un corps inerte enveloppé dans la cape du professeur Lupin. Le visage était dissimulé sous le capuchon et les pieds nus et sales dépassaient  du tissu noir un peu élimé au bord. Vincent détourna les yeux et se décida à frapper. Trois coups, deux coups, trois coups. Puis il prononça le mot : « Sécuritas » Madame Weasley demanda : « Qui est là ? » Il répondit : « Serpentard ».

  

  La porte s’ouvrit et Molly Weasley apparut. Son rond visage avait perdu sa gaieté. Le malheur avait frappé sa famille comme beaucoup d’autres. Grégory porta le corps jusqu’au canapé du salon pendant que Vincent expliquait : 

« Madame Weasley, c’est le professeur Lupin qui nous envoie. On ne peut mettre ce blessé à Sainte Mangouste, c’est quelqu’un de … très particulier. Le professeur vous demande de ne pas juger trop vite. Il ne peut venir vous expliquer la situation lui-même, la dernière nuit de pleine lune l’a terriblement fatigué. C’est. … »

    Mais Molly s’était déjà approchée du corps immobile. Le bras gauche pendait  dans une étrange position. Il portait plusieurs ecchymoses bleuâtres, une blessure mal refermée … et la marque des Mangemorts ! La baguette magique de Molly sauta dans sa main, elle la pointa devant elle en disant : « Qui est-ce ? » Grégory  découvrit le visage et le cri fusa : « Lui ! »  

  Lui ! Le Charognard  ! L’Ange Démon ! L’Exécuteur !  La Hyène blonde ! On lui donnait plusieurs noms et chacun d’eux répandait la terreur ! Lui ! … Draco Malfoy !!! … L’assassin de Ginny ! … La baguette de Molly se mit à briller d’une lueur verte  et sa bouche s’ouvrit pour lancer le sort impardonnable mais Vincent repoussa son bras au risque d’être lui-même touché en criant : « Non ! » Il y eut un instant de silence et Vincent reprit plus bas : « Non. Ce n’est pas lui. »

    Le jeune homme qui gisait sur le canapé avait un visage très pâle, ses yeux étaient fermés et ses cheveux blonds semblaient clairsemés. Grégory écarta la cape et Molly abaissa sa baguette magique à la vue du corps étendu. Ce pauvre enfant ne pouvait être Draco Malfoy, l’orgueilleux Mangemort qui apparaissait à la fin de chaque combat pour plastronner et rire en achevant les blessés. Il était maigre et sale, des marques bleues et saignantes apparaissaient sous ses vêtements en lambeaux, des restes de Doloris probablement, et Molly poussa un cri d’horreur quand Grégory lui montra son dos ensanglanté.  

   Des épaules à la taille, la peau était déchirée par des profondes marques de griffes. Le sang ne coulait plus mais les blessures avaient une vilaine apparence, elles étaient boursouflées, on aurait dit qu’elles étaient infectées par du poison. « Le professeur Lupin pense qu’il a été attaqué par un loup-garou. Heureusement, il n’y a pas de morsure. Mais même les griffes de loup-garou sont dangereuses. Si on ne le soigne pas tout de suite, il va mourir. C’est peut-être un Moldu, un sosie de Malfoy. Il n’a aucun pouvoir magique. Le professeur a eu beaucoup de mal à le ramener de la Forteresse Sombre en transplanant. Mais il vous expliquera tout par lui-même, il demande si vous voulez bien vous en occuper en attendant sa venue. »

   Madame Weasley rangea sa baguette magique et se mit à réfléchir. Les deux Serpentards attendaient en silence. Eux aussi étaient bouleversés. Ce pauvre malheureux pouvait-il être le fier Draco Malfoy, leur ancien camarade de classe ? Impossible ! Mais alors qui était-ce ? …

Molly, elle, se demandait si elle aurait le courage de le soigner. Il ressemblait vraiment trop à … l’Autre … Même teint blanc, même bouche bien dessinée, même blondeur malgré la saleté, même beauté … De quelle couleur étaient ses yeux ? Il ne les avait pas ouverts une seule fois …  Il devait souffrir … Il avait de la fièvre sans doute …

    Elle se décida. « Grégory, vous allez rester avec moi. Nous le mettrons dans la chambre de Percy. Nous ferons sa toilette et nous le soignerons. Il vaut mieux que nous soyons deux jusqu’au retour de mon mari. Vincent, vous retournez à Poudlard et vous faites votre rapport à la directrice. Ne dites rien à personne d’autre et surtout si Harry est là, ne lui en parlez pas. Sa réaction pourrait être violente. Nous y verrons plus clair quand Remus nous aura tout expliqué. »  

  Aidée de Grégory, elle installa le blessé à l’étage, elle lava le corps meurtri et soigna les plaies avec de l’essence de Murlap. Heureusement elle avait toujours à la maison les remèdes indispensables. Elle avait eu six garçons plutôt turbulents … et une fille … non, il ne fallait pas y penser ... Elle remarqua que les remèdes magiques n’agissaient pas aussi bien sur le blessé que sur ses fils. Un Moldu ?

    Il n’avait pas ouvert les yeux, il avait gémi quand elle avait soigné son dos, il avait moins de fièvre, il semblait en meilleur état. Le Serpentard ne disait  pas grand chose. Il n’arrivait pas à réaliser ce qui se passait sous ses yeux.  Il s’installa à côté du lit. Avant de descendre à la cuisine pour préparer du thé, Molly passa doucement la main sur la joue pâle du blessé et murmura :  « Dors, pauvre enfant. »

                                          OoOoOoOoOoO   

Venant de Godric’s Hollow, Harry et ses deux amis avaient transplané devant le portail de Poudlard. Ron et Hermione se rendirent dans leur chambre personnelle pour prendre un peu de repos en toute intimité : les trois derniers jours avaient été assez agités. Il était midi. Harry s’était arrêté devant la Grande Salle. Il regarda avec tristesse les huit portraits animés posés au bout des quatre longues tables : un garçon et une fille de chaque maison, tous jeunes, beaux et blonds, tous Sangs Purs. Ou étaient-ils maintenant ?    

Il leva les yeux vers la table des professeurs et ne vit ni Remus Lupin ni Minerva McGonagall. Mais Blaise Zabini lui fit signe de l’attendre. Il était assis à la table des Serdaigles prés de sa nouvelle petite amie Mandy Brocklehurst. Il vint vers Harry en lui faisant un grand sourire.

« Content de te voir. Qu’est-ce qui t’amène ? Tu as de bonnes nouvelles ?--Oui, je dois voir tout de suite le professeur Lupin et la directrice.  

-- Le professeur n’est pas là. Il est apparu ce matin dans la cheminée de notre salle commune. Heureusement, Théodore n’était pas encore descendu en cours. Il a dit qu’il était très fatigué après sa nuit de Loup Garou. Il reste au Q G de l’Ordre et ne rentrera que demain matin. Il a demandé à ce que Greg et Vince le rejoignent, il avait une mission à leur confier. Vince vient de rentrer, il est dans le bureau de McGo.

--Je les rejoins. Je te vois ensuite.  

-- Vous restez quelques jours ? Pansy voudrait parler à Hermione et Théo doit voir Ron à propos d’une nouvelle stratégie.

-- Nous restons deux ou trois jours sans doute. Nous avons de bonnes nouvelles. Nous avons reçu un renseignement qui semble fiable pour orienter nos recherches.

-- Toujours votre informateur secret ?

--Oui. Il est précieux. J’aimerais le connaître. Il prend beaucoup de risques pour nous aider. A tout à l’heure. »    

Harry se dirigea vers le bureau de la directrice. Il montait l’escalier tournant quand il entendit la voix de Vincent.

« … Il nous a demandé de le conduire au Terrier.

--Et Molly n’a rien dit en le reconnaissant ?

-- Elle a failli le tuer. Mais ça ne peut pas être lui. Il est dans un état épouvantable. Il n’a même pas ouvert les yeux.

--Si Harry l’apprend….

--Qu’est-ce que je ne dois pas apprendre ? »  

 Harry venait d’entrer dans le bureau, sans même penser à frapper à la porte. La directrice et  Vincent se figèrent, il y eut un instant de silence puis le Serpentard devint tout pâle. Il bégaya :

« Rien …Rien …Le professeur Lupin m’a dit …

--QUOI ? QUI EST AU TERRIER ? »  

  Les petits objets posés sur le bureau et sur les étagères se mirent à vibrer. La nouvelle magie de Harry se manifestait. Elle était apparue après son dix-septième anniversaire, après la tragédie. Il n’avait plus besoin de baguette magique. La puissance sourdait de tout son corps Il vibrait lui aussi et une aura brillante commençait à l’envelopper. Mais il avait appris à se maîtriser. Il regarda ses vis-à-vis stupéfaits, respira profondément et répéta :

« Qui avez-vous emmené au Terrier ? »  

Il était difficile de résister au Survivant, à l’Elu quand il manifestait sa nouvelle puissance. Vincent regarda la directrice puis parla à voix basse en baissant les yeux :

« Le professeur Lupin a ramené au Q G un jeune homme blessé, torturé plutôt. Il l’a trouvé dans les cachots de la Forteresse Sombre. Il y est allé hier pour la nuit des Loups-Garous. Il espérait avoir des renseignements sur les huit élèves enlevés par Vous-Savez-Qui. Ce blessé ressemble à … Mais ce ne peut pas être lui … Il n’a aucun pouvoir magique … On dirait un Moldu … Il est mourant … Il a été attaqué par un loup-garou … Son dos n’est plus qu’une plaie …

-- QUI EST-CE ?

-- Dra .. Draco … Ma .. Malfoy … »    

Il y eut un long moment blanc. Harry tentait de dompter sa magie qui lui échappait mais il n’y parvenait pas. Il partit  en courant, sortit du château, franchit le portail, visualisa l’écriteau et transplana.   

Madame Weasley venait de redescendre de la chambre avec le plateau à thé quand elle entendit le signal à la porte. Elle eut un instant de panique quand elle reconnut la voix qui disait «  Griffondor ». Harry … Que faire ? Elle ouvrit et tendit un bras pour l’arrêter mais n’y parvint pas. Il s’était déjà précipité en haut et ouvrait toutes les portes. Dans la chambre de Percy, il vit enfin ce qu’il cherchait. Il hurla :

« MALFOY ! »   

Grégory se leva et recula. Madame Weasley s’arrêta à la porte. Aucun des deux ne toucha Harry. Ils savaient que, dans l’état où il était, par ce simple contact, il les projetterait sans le vouloir contre les murs de la chambre. Il rayonnait de force, sa voix était puissante, ses yeux verts lançaient des éclairs. Il leva le bras et tendit la main vers le lit, vers le visage blanc qui reposait sur l’oreiller. Des étincelles crépitaient au bout de ses doigts.     Il hurla de nouveau : 

« MALFOY ! »

Il se passa alors quelque chose de bizarre : le blessé sursauta, ses joues se colorèrent, il eut un sourire  émerveillé et il s’écria d’une voix joyeuse :

 « HARRY ! »

Ses paupières palpitèrent comme s’il s’apprêtait à ouvrir les yeux. Mais Harry, aveuglé par la fureur, ne remarqua rien. Il cria encore :  

« DEBOUT  MALFOY ! TOI, TU PEUX TUER UNE PERSONNE A TERRE. PAS MOI ! OUVRE LES YEUX ET RELEVE-TOI ! »   

Le blessé répéta plus doucement : « Harry ! » et dévoila des yeux gris bleu au regard étonné. Il vit en face de lui un Ange redoutable auréolé de lumière et sentit sa volonté destructrice.  Aussitôt, la couleur déserta son visage, il eut l’air terrorisé, leva faiblement son bras droit comme s’il voulait se protéger d’un sort mortel et murmura :

« Non, non … Harry, je t’en prie … non, ce n’est pas moi …je t’en supplie, Harry  …ne me tue pas … ce n’est pas moi … écoute-moi … s’il te plaît, Harry … »   

Ce ne fut pas la voix faible qui frappa Harry et lui fit baisser le bras mais les mots. Il n’avait jamais entendu Malfoy supplier. Il l’avait entendu se moquer, plastronner, mépriser mais supplier jamais. Il tenta de se maîtriser, respira profondément et ne bougea plus. Son aura diminua, les étincelles cessèrent de crépiter au bout de ses doigts. Mais son visage resta fermé et son regard dur. Il y eut un long moment de silence. Les deux spectateurs, à la fois terrifiés et stupéfaits, étaient immobiles et muets.    Le blessé parla de nouveau : 

« Harry, je te le jure, ce n’est pas moi qui commets ces crimes … Je suis prisonnier depuis … je ne sais plus … longtemps... Il m’a pris ma magie … V Vol  Voldemort ... Il me torture ... » 

Harry l’arrêta d’une voix coupante :

« Qui es-tu ? »

La voix tremblante répondit : 

« Draco Malfoy » .

Aussitôt, Harry releva sa main et derrière lui, deux baguettes magiques apparurent. Le blessé eut l’air infiniment triste, il soupira, ferma les yeux et attendit le sort mortel. Mais Madame Weasley dit :

« Harry, nous devrions attendre Remus. »    

Et parce que c’était elle qui avait perdu sa fille, que c’était elle qui intercédait en faveur du blessé, Harry céda. Il ne lança pas le sortilège vert. A la place, un rayon bleu, un puissant sort de profond sommeil, sortit de sa main et enveloppa le jeune homme allongé. Il dit d’une voix dure :

« Je te tuerai demain. DORS MALFOY ! »   

   Harry rassura Madame Weasley, lui seul pouvait lever le sort  qu’il avait jeté sur Malfoy. Il ajouta froidement : 

« Il sera plus reposé demain quand nous l’interrogerons. »

Puis il regagna Poudlard  en pestant contre lui-même. Il aurait dû exécuter cet assassin tout de suite. Mais il n’avait jamais tué de sang-froid, même pas au combat, il préférait livrer les Mangemorts aux Aurors et les envoyer ainsi à Azkaban. Il se demanda s’il devait parler de Malfoy à Ron et Hermione. Le jeune homme roux risquait d’avoir la même réaction violente que lui. Il valait mieux qu’il aille s’expliquer  d’abord avec la directrice.

  

OoOoOoOoOoO

  

  Il y avait eu beaucoup de changement à Poudlard cette année. L’école avait failli fermer. Après la mort de Dumbledore, les membres du conseil d’administration redoutaient que les élèves n’y soient plus en sécurité. Mais l’enlèvement des huit enfants par les sbires de Voldemort les avait fait changer d’avis. Minerva McGonagall clamait haut et fort qu’il n’y avait pas de lieu plus protégé que Poudlard et à la rentrée, presque tous les élèves étaient de retour.

   Il n’en manquait que treize, les huit disparus, trois enfants d’origine moldue assassinés avec leur famille par des Mangemorts, Ginny et … Draco Malefoy. C’était le seul à avoir rejoint le camp du Lord Noir. Tous les autres Serpentards, écœurés par l’enlèvement de leurs camarades, avaient rallié l’autre camp, parfois contre la volonté de leurs parents, à l’instar de Crabbe, Goyle, Blaise Zabini, Théodore Nott, Pansy Parkinson et Millicent Bultrode.  

  La seule différence, c’était qu’il n’y avait pas eu de recrutement de première année. Les novices, surtout les enfants de Moldus ou les Sangs Mêlés qui ignoraient leurs possibilités, auraient pu être visés par le Lord Noir comme les trois élèves assassinés avec leurs parents pendant les vacances. Les enfants de Sang Pur avaient été mis à l’abri par leurs parents, soit dans leur famille lointaine en Australie ou en Amérique, soit confiés à des amis moldus avec interdiction de pratiquer la magie sous peine de se voir enlevés à leur tour.

    Si le Seigneur des Ténèbres avait cru terroriser les élèves avec les crimes et les rapts, il s’était lourdement trompé. Les enfants qu’il avait fait rafler appartenaient tous à des familles connues et appréciées.

Il y avait Cindy Leam et Damien Hunter, deux Serpentards de treize ans, élèves brillantissimes, Gloria Stemper et Donald Wilson de Serdaigle, très beaux et très intelligents, très aimés aussi pour leur bonne humeur constante, les adorables et terribles jumeaux Priscall, Rose et Eric, des Poufsouffles  toujours partants pour les blagues et les fous-rires et enfin Robin Wood et  Jane Scarlett, des Griffondors de deuxième année, champions de Quidditch, poursuiveurs dans l’équipe de leur Maison. Ils étaient tous beaux et blonds, de vrais portraits d’Anges. Personne ne savait pourquoi ils avaient été choisis.  

   Les enlèvements avaient été exécutés le même jour, le 31 juillet. Ils avaient donc été minutieusement préparés et cette date précise, le jour de la majorité du Survivant, devait avertir le monde sorcier de la déclaration de guerre : le Lord Noir contre l’Elu. Les Mangemorts par groupes de cinq ou six avaient brusquement attaqué les maisons où se trouvaient les enfants mais bizarrement, ils n’avaient tué personne, se contentant de stupéfixer les parents et d’emmener les filles et les garçons choisis après les avoir endormis.

    Il n’y avait eu qu’un mort, une morte plutôt, Ginny Weasley, et ce n’était sans doute pas prévu. Mais le Lord Noir avait vu là une  possibilité d’atteindre profondément son adversaire. Ginny et sa mère étaient sur le Chemin de Traverse, elles faisaient des achats pour fêter l’anniversaire de Harry. Cinq Mangemorts étaient apparus brusquement et avaient attaqué le salon de coiffure Stemper pour enlever Gloria.

 Ginny avait crié et avait fait un mouvement pour défendre sa camarade avant d’être stupéfixée comme les autres. Un Mangemort l’avait reconnue, il avait immédiatement transplané et alors que tout semblait terminé et que les gens reprenaient peu à peu leurs esprits, « Il » était apparu, protégé par les cinq Mangemorts, Lui, Draco Malefoy, si beau, si blond, si terriblement orgueilleux.

Il avait ri puis il avait pointé sa baguette sur Ginny et avait lancé l’Avada Kedavra sans que quiconque puisse réagir. Il avait ensuite disparu avec les autres et son rire résonnait encore sur le Chemin de Traverse quand Madame Weasley s’était précipitée sur sa fille en hurlant.  

   Le Seigneur des Ténèbres savait sans doute que Ginny avait été la petite amie de Harry, Il avait voulu le frapper en plein cœur et il avait réussi. Le jeune homme avait été désespéré. Pendant trois jours il avait pleuré, refusant de manger, de sortir de sa chambre, repoussant ses amis Ron et Hermione, criant que tous ceux qui l’aimaient étaient condamnés à mourir par sa faute. Et puis un matin, il était réapparu, calme et froid, le visage fermé, les yeux durs et sa nouvelle magie avait commencé à se manifester.

     Il y avait cette aura de puissance qui l’auréolait dès qu’il accomplissait un acte magique et il s’était aperçu très vite qu’il n’avait plus besoin de sa baguette, que ses mains seules suffisaient. Il utilisait d’instinct des sorts anciens presque tous oubliés et en inventaient de nouveaux chaque jour.

Il avait eu un peu de mal à canaliser cette nouvelle force mais il avait trouvé de l’aide auprès de Remus Lupin qui, par son état de Lycanthrope, avait des sens très développées. Un nouvel Harry Potter était né, celui qui d’après la prophétie, devait vaincre le Lord Noir.   

  Il y avait quelque revers à cette nouvelle puissance. Tous ses sentiments étaient exacerbés. Il ne fallait surtout pas mettre Harry Potter en colère car alors, les objets autour de lui se mettaient à vibrer, à voler même, les fenêtres et les portes claquaient et à l’extérieur, le vent se levait et tourbillonnait. Aussi, chaque jour, Harry faisait des exercices de relaxation et de concentration pendant une ou deux heures, en compagnie de Ron et d’Hermione  ou d’autres élèves quand il était à Poudlard.

     Mais il y était rarement plus de deux ou trois jours car lui et ses deux amis se concentraient sur la recherche des Horcruxes. Ils en avaient déjà trouvé un, le médaillon que R A B  avait subtilisé et remplacé dans la caverne au bord de la mer. Il se trouvait dans la maison de Sirius Black, 12 square Grimmaurd.

Au cours de ses recherches, Hermione avait fini par découvrir que R A B étaient les initiales du frère de Sirius, Regulus A Black  et elle s’était souvenu de ce médaillon impossible à ouvrir qu’ils avaient trouvé en nettoyant la maison. Ils avaient fouillé toutes les pièces pendant une semaine avant de le découvrir à la cuisine dans la cachette où Kréatur dormait avant d’être envoyé à Poudlard.  

   Ils avaient questionné l’elfe de maison et celui-ci avait fini par avouer qu’il avait accompagné son jeune maître « dans un horrible endroit souterrain », qu’il l’avait aidé à boire «une horrible potion », que le médaillon avait brûlé « d ‘une horrible façon » la main de son maître quand il l’avait touché, qu’il en était sorti « une horrible chose noire » quand il l’avait ouvert à la maison mais que son maître l’avait détruite avec « un magnifique jet de lumière blanche et or » sorti de sa baguette magique pendant qu’il prononçait ces « magnifiques paroles » …. Non, il ne s’en souvenait pas mais il y avait plusieurs mots et ça se terminait par « ras » …

    Il leur avait fallu un après-midi entier pour faire raconter à l’elfe tout ce qu’il savait. Même Hermione avait épuisé toute sa patience et finalement Harry avait été obligé d’user de sa puissance pour que Kréatur, tremblant comme une feuille, leur raconte comment  un Mangemort nommé Rookwood  avait tué le jeune maître d’un Avada Kedavra juste après la destruction de cette « horrible chose noire ».Ainsi, comme Dumbledore, Regulus ne s’était pas assez méfié du sortilège qui protégeait une partie de l’âme de Voldemort. Eux étaient prévenus, ils devraient prendre toutes leurs précautions.

Ils avaient eu un renseignement sur un autre Horcrux par un informateur anonyme, sans doute un proche du Lord Noir qui mettait sa vie en danger en le trahissant. Un corbeau avait apporté à Harry un parchemin indiquant que Vous-Savez-Qui aimait beaucoup les bonbons au citron, comme Dumbledore, et qu’il était possible que ce qu ‘il cherchait ait un rapport avec cette friandise.  

   Au bout de deux semaines de prospection dans tous les magasins de bonbons magiques d’Angleterre, ils avaient appris qu’à la fabrique de dragées de Bertie Crochue se trouvait une drôle de coupe en or. Elle trônait dans le bureau de Bertie à l’abri d’une vitrine. Tous les matins, celle-ci mettait des gants en peau de dragon, ouvrait la porte de verre et mettait dans la coupe une poignée de bonbons au citron en faisant attention de ne pas toucher la « chose noire » qui était au fond.

     Harry , Ron et Hermione se demandaient si ce n’était pas la coupe de Helga Pouffsouffle volée à Hepzibah Smith. La « chose noire » serait le quatrième Horcrux. C’était bien le genre de Voldemort de le mettre carrément dans une vitrine à la vue de tout le monde et il y avait sans doute un Imperium sur Bertie pour qu’elle le nourrisse de bonbons au citron. Dans quelques jours, les trois amis iraient visiter la fabrique de dragées et rendraient visite à la fameuse coupe.   

   Mais une telle expédition se préparait. C’est pourquoi ils faisaient étape à Poudlard. Ils avaient besoin des conseils de Minerva, de Remus, de Slug et même de Trelawney qui se révélait très utile en dehors de la divination. Elle avait noué une étrange relation avec Firenze puis avec les Centaures de la Forêt Interdite et elle était parvenue à réconcilier les frères ennemis.

     Elle allait souvent les voir, parlait toute seule et révélait des choses bizarres qui finissaient par avoir un sens pour elle et ses nouveaux amis. Ils n’étaient pas encore réconciliés avec les humains mais au moins ils n’étaient plus hostiles et n’avaient nulle intention de s’allier au Seigneur des Ténèbres.  

  Certains élèves aussi pouvaient aider Harry, Ron et Hermione dans leur quête. Ils ne savaient pas exactement ce que faisaient leurs camarades en dehors de l’école  mais  Harry leur avait dit qu’ils recherchaient une arme contre Voldemort. Tous les élèves s’étaient mis de la partie et ils avaient décidé, un peu contre l’avis de leurs professeurs, de faire aussi LEUR guerre.

    Ils concentraient leurs efforts sur les matières importantes, s’entraînaient comme au temps de l’A D , se spécialisaient dans différentes recherches et développaient chacun leurs aptitudes particulières. Harry était leur dieu et lui qui n’avait jamais été beaucoup aimé, sauf par quelques proches, était ému par leur soutien sans faille. Il en retirait un courage nouveau et un formidable désir de vaincre.  

 Il réfléchissait à tout cela en traversant les couloirs déserts. Sa crainte de nuire aux autres l’avait quitté à la mort de Ginny. Il n’était pas responsable de cette mort, de celles de Sirius, de Dumbledore, de ses parents. Le responsable, c’était ce fou, ce maniaque, cette ordure de Voldemort et lui et ses acolytes allaient payer pour ces crimes et pour tous les autres… Assassiner des Moldus sous prétexte que l’un des enfants était sorcier…c’était infâme.

    Il pensait au premier massacre, à toute cette famille de fermiers retrouvée baignant dans le sang, les yeux agrandis d’horreur. Même leur chien avait été tué  … Et il n’était resté que cette  fillette survivante qui avait décrit l’homme blond à la cape verte et argent, celui qui avait achevé son petit frère dans son berceau… Malfoy !…  

   La colère fit de nouveau vibrer les mains de Harry. Pourquoi ne l’avait-il pas tué tout de suite ? Ce n’était qu’un bourreau aux ordres d’un Sombre Génie du Mal. Il ne méritait aucune pitié. Demain, il ne se laisserait pas attendrir. Il le tuerait comme un serpent venimeux qu’on écrase d’un coup de talon.

    Pourtant, alors qu’il montait l’escalier en colimaçon pour aller dans le bureau de Minerva McGonagall, il revit dans un flash la tête blonde au regard si triste et à la voix suppliante posée sur l’oreiller dans la chambre de Percy et son cœur se serra. Pourquoi, seul de toute l’école, Draco Malfoy avait-il rejoint le Lord Noir ? Et pourquoi l’avait-il appelé Harry d’un ton si joyeux ? Le Survivant pensa alors en frappant à la porte de la directrice :  « On verra demain. En attendant, dors Malfoy. »  

OoOoOoOoOoO

    Le soir, Harry avait révélé à ses amis la présence du Serpentard au Terrier. La réaction de Ron avait été violente et Hermione avait eu beaucoup de mal à le faire patienter jusqu’au lendemain. En ce froid matin de décembre, ils étaient de nouveau devant la porte et son écriteau, en compagnie de Crabbe et Goyle, venus soutenir leur ancien camarade  en cas de besoin.    

 Ils trouvèrent le professeur Lupin assis à la table de la cuisine. Celui-ci demanda à Harry de lever le sort de sommeil qui pesait sur Malfoy. Lui-même n’y était pas parvenu, la magie de l’Elu dépassait maintenant la sienne. Madame Weasley. toujours généreuse, voulait que le blessé prenne un petit déjeuner et se prépare avant la confrontation. Harry obéit de mauvaise grâce, encouragé en cela par Ron, qui ne décolérait pas.    

Remus en profita pour leur expliquer comment il avait trouvé Malfoy évanoui et en piteux état dans les cachots souterrains de la Forteresse Sombre. Greyback, le plus terrible des Lycanthropes, y réunissait en cette nuit de pleine lune de nouveaux Loups garous adeptes du Maître des Ténèbres pour une nuit de ripailles et de débauches. Il avait promis la présence de femmes Louves et assurait que le Lord Noir lui-même viendrait recevoir l’hommage de ses fidèles.     

 Lupin avait pris la potion Tue-Loup qui lui permettait de rester lucide au milieu des autres. Le professeur Slughorn savait maintenant la préparer. Il y ajoutait une  potion de Force qui lui donnait une apparence redoutable. Dès qu’il avait pu pénétrer dans la Forteresse, il avait rôdé dans les souterrains à la recherche d’indices sur les enfants enlevés pendant les vacances. Il n’y avait aucun des gardes Mangemorts : ils avaient trop peur de se faire attaquer par un des Loups-Garous.   

Plusieurs prisonniers étaient enfermés dans des cellules fermées par une grille. Remus avait été stupéfait de reconnaître dans l’une d’elle Draco Malfoy, le Renégat. N’ayant rien trouvé d’intéressant sur les enfants, ne pouvant monter dans les étages supérieurs dont les portes étaient bloquées, il avait pensé que le jeune homme pourrait donner  de gré ou de force de précieuses indications. De toutes façons, il était recherché mort ou vif par tous les Aurors du ministère.   

 Au petit matin, il avait repris son apparence humaine. Il se transformait dès que la pleine lune se couchait alors que les autres Loups garous préféraient attendre le lever du soleil. Il avait pu ainsi ouvrir la grille, jeter sur Malfoy un sort d’immobilisation et le transporter jusqu’au lieu de transplanage. C’est au Q G de l’Ordre qu’il s’était rendu compte de l’état de son prisonnier : maigre, sale, blessé, en particulier dans le dos et en proie à une forte fièvre.    

Cela ne collait pas avec l’image triomphante que donnait le jeune Mangemort quand il apparaissait après les batailles. Mais Remus était épuisé après cette dure nuit. Il avait appelé Poudlard par les cheminées des salles communes et il était heureusement tombé sur Nott qui lui avait servi de messager.  

  Harry savait que le professeur Lupin prenait des risques insensés pour retrouver les enfants disparus. Leurs parents étaient résignés mais lui gardait espoir. Voldemort avait un but précis en les enlevant, il ne voulait pas les tuer sinon il l’aurait fait tout de suite. Ce n’était pas non plus un moyen de chantage car il n’avait fait connaître aucune exigence particulière. Remus espérait seulement qu’il ne voulait pas en faire des tueurs, des assassins comme Malfoy.

    Madame Weasley vint leur dire que le blessé était prêt à répondre à leurs questions. Elle avait apporté des sièges pour tout le monde. Harry fut surpris quand il entra dans la chambre avec les autres. Draco Malfoy ne ressemblait plus au malheureux  suppliant de la veille. Il était assis dans le lit, appuyé contre des coussins. Il avait repris son air aristocratique et regardait les arrivants d’un air froid et digne. Il portait un pyjama d’un des jumeaux, un vert, couleur de sa maison, et son bras gauche qu’il ne pouvait pas bouger était maintenu en écharpe par un carré de soie gris argenté plié en triangle.

    Ils s’installèrent tous et il y eut un long silence. Harry avait dompté sa magie. Ses mains ne vibraient pas. Le professeur Lupin parla le premier.

« Etes-vous Draco Malfoy ?

--Oui, je suis le vrai Draco Malfoy. »

Il y eut un grondement sourd. Ron se dominait avec peine. Hermione posa la main sur son bras. Remus reprit :

« Nous avons des questions à vous poser. Pour que nous croyions à vos réponses sans réserves, acceptez-vous de prendre du Véritasérum ? »

Le pâle et beau visage se crispa un peu. Il y passa de la surprise, de la souffrance peut-être, de la peur aussi. Mais il répondit sans hésiter :

« Oui, j’accepte. »   

 Sans qu’il sache pourquoi, Harry respira plus librement. Il n’aurait pas aimé avoir à utiliser sa puissance et à torturer son ennemi. Remus sortit de sa poche une petite fiole rempli d’un liquide incolore et la donna à Draco qui la but  en fixant le professeur dans les yeux. Il y eut un nouveau silence. Madame Weasley soupira. Grégory et Vincent s’agitèrent un peu sur leur siège. L’interrogatoire reprit.

« Pourquoi dites-vous que vous êtes le vrai Draco Malefoy ?

--Je suis le fils de Lucius et de Narcissa Malfoy. J’ai fréquenté Poudlard pendant six années dans la Maison Serpentard. Je reconnais ici mes camarades Vincent Crabbe et Grégory Goyle. Mais je ne suis pas celui qu’on appelle le Charognard ou la Hyène Blonde. »   

Sa bouche se tordit un peu, il eut une expression de dégoût ou de haine . Puis il reprit : 

« Celui-là, c’est l’autre. »

--Quel autre ? » C’était la voix de Madame Weasley. 

« Je vous ai reconnu sur le Chemin de Traverse quand vous avez tué ma fille. »

Sa voix tremblait.Un air de tristesse passa sur le visage de Draco. Il répondit :

« Madame, je n’ai jamais tué personne et c’est parce que j’ai refusé de tuer que je croupis depuis juillet dans les geôles de Voldemort. Oui, je peux prononcer son nom. Je le hais et je le maudis. L’autre, c’est  sa vengeance. »  

  Sa voix se brisa un peu. Dans le grand silence qui régnait tout à coup dans la chambre, il continua :

« Quand je me suis enfui de Poudlard avec le professeur Snape après la mort du professeur Dumbledore, Voldemort m’a convoqué à la Forteresse. Il m’a dit que cette mort le comblait et qu’il me donnerait bientôt un travail digne de moi. Mais il voulait avoir une preuve de mon allégeance.

Il allait envoyer un groupe de Mangemorts attaquer une famille de fermiers moldus dont l’un des enfants était sorcier. Il voulait que je tue moi-même le garçon. Cette marque d’obéissance devait établir définitivement mon statut de serviteur. J’ai refusé avec horreur et j’ai décidé alors que je ne serais jamais l’esclave d’un tel Maître »   

 Draco ferma un instant les yeux et Harry pensa fugitivement qu’il devait souffrir, à la fois dans son corps et dans son esprit. Mais le Serpentard reprit son récit d’une voix ferme. 

« Il m’a torturé tous les jours pendant une semaine et puis un matin, il m’a fait venir dans la salle ronde où il convoque ses Mangemorts. Il y en avait cinq déjà revêtu de leur costume noir et de leur cape, le visage masqué. Le sixième était jeune, il avait environ ma taille, sa cape était verte et argent et il ne portait pas de masque.

 Voldemort s’est approché de moi, il m’a fait tenir par deux Mangemorts et il a arraché une poignée de mes cheveux. Il les a ajoutés à une potion préparée dans un chaudron et il en a fait boire au jeune Mangemort. »   

Ils avaient déjà tous compris. Du Polynectar ! Pendant une heure, l’autre avait le visage de Draco et il tuait à sa place.

« Il a recommencé à chaque fois qu’il y avait une attaque et à chaque fois, l’autre venait faire son rapport devant moi et décrivait ce qu’il avait fait. J’ai ainsi appris que j’avais assassiné votre fille, Madame. Ce jour-là, Voldemort était particulièrement gai. Il m’a dit qu’il avait trouvé un magnifique moyen d’abattre le  soi-disant Survivant,  le minable Elu du monde sorcier, toi, Potter. J’étais désespéré, je voulais mourir mais il me gardait en vie, il jouissait de ma souffrance. »   

Il étaient tous stupéfaits de ce récit fait d’une voix qui se voulait calme et posée. Vincent reniflait et les yeux d’Hermione étaient brillants de larmes.

« C’est quand il a prononcé ton nom, Potter, que je me suis juré de résister, de ne jamais lui permettre de gagner. Je ne plierais pas les genoux devant lui. Même si le monde entier me prenait pour un assassin, moi, je savais que je n’en étais pas un. Je pouvais garder la tête haute. J’étais innocent des crimes dont on m’accusait. Alors, je vous le dis à tous, je suis Draco Malfoy et j’en suis fier. »   

 Soudain, Grégory se précipita vers le jeune blessé, il le prit dans ses bras et le serra contre lui en disant :

« Moi, je te crois Draco. Tu n’es pas un assassin. Je suis si content … si content … »

Le jeune homme grimaça, Son dos lui faisait mal. Il dit d’une voix froide, redevenant tout à coup le Prince des Serpentards de jadis :

« Pas de grandes démonstrations, Goyle. Un Serpentard ne se laisse pas aller à de telles effusions. »

Mais son petit sourire démentait ses paroles. Tout le monde se détendit. Le Véritasérum n’avait pas d’effet sur le caractère Malfoyen.  

  Un long moment passa. Draco avait fermé les yeux. Il essayait de se reprendre après ce récit douloureux. Grégory pleurait doucement sur l’épaule de Vincent qui lui tapotait le dos d’un air embarrassé. Madame Weasley et Hermione essuyaient furtivement leurs yeux. Seul, Ron gardait un air furieux. Il se  pencha vers Harry et dit à mi-voix : 

« Il ment ! Son Maître lui a donné une potion pour résister au Véritasérum. Il est ici pour nous espionner et nous vendre à V.. Voldemort. Son évasion a été trop facile. Si son Maître a besoin de ses cheveux pour le Polynectar, pourquoi n’était-il pas surveillé et protégé ? Qu’est-ce qu’il faisait dans les cachots ? Il risquait d’être attaqué par un Loup-Garou et c’est ce qui s’est passé d’après ce que tu m’as dit. Ne le crois pas et si tu ne veux pas le tuer toi-même, moi, je m’en chargerai pour l’amour de Ginny. »

    « On n’assassine pas par amour, Ron, mais par haine, dit le professeur Lupin. Ne laisse pas ces sombres sentiments envahir ton cœur. Nous nous battons contre les Ténèbres de toutes nos forces mais notre camp essaye de représenter le Bien. L’amour est l’une de nos forces. L’as-tu déjà oublié ? »

Il regarda Hermione. Celle-ci tendit la main, elle prit celle de Ron et la serra tendrement dans la sienne. Le jeune homme roux détourna la tête et n’ajouta rien.    Draco rouvrit les yeux et chercha Harry du regard. Celui-ci avait l’air plongé dans des réflexions personnelles assez moroses. Il fixait ses pieds et un ride marquait son front à côté de sa cicatrice. Le jeune blessé soupira et dit :

« Je manque à tous mes devoirs. Je n’ai pas encore remercié la personne qui m’a tiré de l’enfer. A qui dois-je une reconnaissance éternelle ? »

Harry sursauta. Ce ton … ce langage distingué … l’ancien Malfoy élégant et sûr de lui refaisait surface.

« Remercie le professeur Lupin, lui répondit-il. Il est réellement allé en enfer même si ce n’était pas spécialement pour toi. Je ne sais pas si j’aurais eu la même générosité que lui. Pourtant, tu ne l’as pas épargné autrefois. »   

 Mais Draco ne releva pas le sarcasme. Il s’adressa  au Loup Garou qu’il avait tant méprisé quand il leur enseignait la Défense contre les Forces du Mal.

« Monsieur, je vous remercie du fond du cœur de m’avoir tiré des griffes de Voldemort. Je suis prêt à me battre à vos côtés si vous m’acceptez. J’ai beaucoup changé … contrairement à d’autres … -- il regardait vers Harry et surtout vers Ron – Je sais que je ne suis plus bon à grand chose puisque j’ai perdu mes pouvoirs magiques mais je ferai tout mon possible pour vous aider. Je peux déjà vous dire tout ce que je sais sur la Forteresse Sombre et ceux qui y vivent.

--Traître ! murmura Ron.

--Je te fais remarquer que je n’y étais pas de mon plein gré.

--Mensonges ! Tu portes sa Marque sur ton bras. Tu lui appartiens corps et âme.--NON !!!

--TAISEZ-VOUS TOUS LES DEUX !!! »

La voix d’Harry stoppa net la dispute qui s’envenimait. Sa puissance magique l’auréolait de lumière et Draco, émerveillé, pensa :

« Merlin, qu’il est beau !  … Comme je l’aime ! … ».  

                                          OoOoOoOoOoO  

  Harry reprit rapidement son self-control. Il agissait en chef et les autres, même les personnes plus âgées comme Madame Weasley ou Remus Lupin, l’écoutaient et lui obéissaient. C’était venu tout naturellement quand il était sorti du désespoir après la mort de Ginny. Sa puissance égalait et sans doute dépassait celle de Dumbledore. Il regarda Draco Malfoy et demanda assez froidement :

« Comment as-tu perdu tes pouvoirs ? D’habitude, un sorcier sans magie dépérit puis meurt rapidement. Pourquoi es-tu toujours en vie ?

--Je ne les ai pas complètement perdus. C’est encore une vengeance de Voldemort. Il les a transférés dans ma baguette magique.

--Je vois. C’est un puissant sortilège de magie noire. Pourquoi a-t-il fait cela ? 

 --Mon père s’est évadé d’Azkaban cet été. Il s’est présenté immédiatement à la Forteresse Sombre. Voldemort m’a fait venir. Il m’a de nouveau demandé de me joindre à son armée. J’ai refusé. Mon père a insisté pour que j’accepte. J’ai pensé à tous ceux qui se battaient contre le Lord Noir et j’ai crié que je ne changerais jamais d’avis. Voldemort m’a menacé de me priver de mes pouvoirs. Mon père m’a dit : « Prends tes responsabilités, mon fils. » J’ai encore refusé. Alors Voldemort a pris sur son bureau ma baguette magique qu’il avait confisquée, Il a appuyé la pointe sur la Marque des Ténèbres de mon bras et …. »   

 La voix de Draco s’enraya. Il ferma les yeux et devint pâle comme un mort. Il revivait ce moment tragique où il avait cru mourir de douleur. Le Doloris n’était rien à côté de ce qu’il avait vécu à ce moment-là. Il avait eu l’impression que tous ses os étaient broyés, que le sang se retirait de ses veines, que sa tête éclatait. Il avait hurlé, hurlé puis il était tombé et s’était évanoui. Il s’était retrouvé sur le sol de pierre froide de son cachot, faible, perdu, privé de toute chaleur magique.   

«  Mes pouvoirs sont concentrés dans ma propre baguette, elle est encore reliée à moi. C’est pour cela que je suis toujours vivant  mais aussi vulnérable qu’un Moldu. Je n’ai pas revu mon père. Je sais seulement qu’il fait partie de sa garde rapprochée. Il y a toujours une centaine de Mangemorts parmi les plus fidèles présents dans la Forteresse. Mais ils craignent les Loups Garous. Ils se cachent les nuits de pleine lune. »   

Le professeur Lupin lui demanda :

« Qui a déchiré votre dos de ses griffes ?

--Greyback. Il n’était pas encore transformé en Loup Garou mais ses ongles restent griffus en permanence. J’étais trop près de la grille. J’essayais de protéger la fille moldue que les Mangemorts avaient jetée dans mon cachot la veille en me disant d’en profiter parce que je n’en aurais pas l’occasion de sitôt. Ils l’avaient battue, torturée, violée.

Je la tenais dans mes bras pour l’aider un peu mais elle était presque morte. Greyback est arrivé par derrière, il a attrapé le bras de la fille, il l’a tirée vers lui, je voulais qu’il la lâche alors il m’a attaqué … Les Mangemorts lui ont crié de me laisser tranquille parce que leur Maître me voulait vivant. Il a obéi en grondant mais c’était trop tard … »  

    La voix de Draco faiblissait mais il dit avec un petit sourire triste :

« Vous m’avez donné du Véritasérum et je vous raconte tous mes malheurs. Mais je ne dois m’en prendre qu’à moi-même. Je n’aurais jamais dû accepter cette Marque infamante. »Puis il ajouta à voix basse en regardant le professeur :« Avez-vous vu la fille ? Etait-elle encore vivante ?--Non, Draco. Elle ne souffrait plus. Elle était morte, dit Remus tristement.

--Ah … » dit le jeune homme en se crispant un peu.

    Le silence retomba dans la chambre. Ils étaient tous stupéfaits et horrifiés. Draco Malfoy, qu’ils étaient prêts à tuer sans merci, avait vécu des moments très durs et hors de cette maison, il était considéré comme le pire des assassins. Seul Ron doutait encore. Il grogna :

« Ce sont des histoires à dormir debout. Il cherche à nous tromper. »

Mais il y mettait déjà moins de conviction. Harry fit alors quelque chose qu’il faisait rarement. Il pénétra rapidement dans l’esprit de Malfoy par Légilimencie. Cela faisait partie avec l’Occlumencie de ses nouveaux pouvoirs. Il ne vit que sincérité et désir de convaincre … et aussi autre chose qu’il n’eut pas le temps d’approfondir.    

Madame Weasley s’était levée et disait :

« Il est presque midi. Laissons ce jeune homme se reposer un peu. Nous allons déjeuner puis nous reprendrons cette conversation. » 

Draco la regarda avec reconnaissance, il était épuisé. Il se reposa un peu puis Molly lui apporta un plateau repas. Elle avait pris soin de préparer sur une assiette des aliments coupés en petits morceaux pour que Draco n’aie pas de problèmes avec sa fourchette. Elle avait remarqué son bras gauche inerte. Qu’est-ce qui lui était encore arrivé ?    

En bas, les conversations allaient bon train. Ils étaient tous d’accord, même Ron qui ne voulait pas l’avouer, pour dire que Malfoy ne mentait pas. Maintenant, qu’allaient-ils faire de lui ? Monsieur Weasley était au courant. Sa femme lui avait parlé le soir à son retour du Ministère.  Lui aussi avait d’abord mal réagi, Draco ignorait combien de fois dans la journée il avait échappé à l’Avada Kedavra. Mais Bill et Fleur devaient venir en fin de semaine et Fred et Georges pouvaient apparaître à l’improviste. Le blessé ne pouvait rester dans la chambre de Percy.   

Ce fut Harry qui décida de le faire transporter à Poudlard mais cela ne pourrait se faire que le lendemain, il fallait d’abord en parler à la directrice. En attendant, ils retournèrent dans la chambre. Draco somnolait mais il se réveilla aussitôt qu’ils entrèrent. Il avait l’air moins tendu. Le professeur Lupin toussota un peu et dit :

« Nous pensons que vous êtes sincère mais … »

Il lui tendit une deuxième fiole de Véritasérum. Draco soupira et la but. Il faudrait du temps avant que les autres ne lui fassent de nouveau confiance.     Madame Weasley dit en montrant son bras gauche :

« Comment cela vous est-il arrivé ?

Il eut un sourire sans joie et dit d’une voix amère :

« Encore une histoire triste à raconter … »  

  « C’était il y a un mois peut-être. J’avais perdu la notion du temps. Je n’avais rien pour m’occuper. Tous les matins, deux Mangemorts me conduisaient dans une salle d’eau pour que je fasse une rapide toilette. L’après-midi, j’avais droit à une heure de promenade, toujours seul, dans une cour entourée de hauts murs.

J’avais essayé deux fois de m’enfuir mais il n’y avait aucune issue. A chaque fois, j’avais eu droit à plusieurs séances de Doloris. Mes seules distractions … si on peut appeler ça comme ça …c’était quand Voldemort me faisait venir pour que l’autre me raconte ce qu’il avait fait sous mon apparence.

    Et puis un jour, il m’a dit qu’il allait me montrer ce que j’avais perdu en refusant de lui obéir. Il m’a parlé de sa Couronne d’Or. Il m’a emmené tout en haut de la Forteresse, au dernier étage je pense. Nous étions derrière une porte vitrée, enfin ce n’était pas une vitre, c’était un miroir sans tain. Ceux qui étaient à l’intérieur ne nous voyaient pas.

Il a répété que c’était sa Couronne d’Or. Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire, je ne voyais qu’un groupe d’enfants blonds assis autour d’une table ronde, en train de faire leurs devoirs. Et puis j’ai reconnu deux élèves de Serpentard et les jumeaux Priscall et j’ai su  … »   

 Tous avaient sursauté, Hermione avait poussé un cri et le professeur Lupin s’était levé en disant d’une voix cassée :

« Tu as vu les enfants qu’il a enlevés cet été ? Est-ce qu’ils vont bien ? Combien étaient-ils ? Qui s’occupent d’eux ? Parle,  Malfoy ! 

Draco se rendit compte que dans son émotion, le professeur l’avait tutoyé, ce qu’il ne se permettait pas d’habitude. Il vit aussi que tous semblaient très intéressés. Il se tourna vers Harry et s’aperçut que celui-ci le regardait avec des yeux brillants. Il en eut chaud au cœur. Il allait pouvoir se rendre utile. Jusqu’à maintenant, il avait surtout eu l’impression de raconter ses malheurs.     Il reprit très vite :

« Ils sont  huit. Ils ont l’air en bonne santé. C’est …. ma mère qui s’occupe d’eux avec nos elfes de maison. J’ai vu aussi le professeur Snape …

-- Qui ? Lui ? Cet assassin ? » cria Ron.

-- Ne juge pas trop vite, Ron, dit Madame Weasley. Que fait-il avec les enfants ? reprit-elle en se tournant vers Draco.

-- Il leur donne des cours.

-- Des cours de magie noire ? gémit le professeur.

-- Non, non, je ne crois pas Ce sont des cours comme ils pourraient en avoir à Poudlard. Voldemort ne leur veut aucun mal. En fait, il veut se faire aimer d’eux.

-- Mais c’est pire, dit le professeur en prenant sa tête dans ses mains. Il va en faire ses disciples, de parfaits petits Mangemorts. Ils sont perdus.  Il vaudrait mieux qu’ils soient  morts. 

--Tu exagères, Remus, ils sont vivants tout de même, c’est une bonne nouvelle. Nous pourrons dire à leurs parents …

-- Dire quoi, Molly ? Que Draco Malfoy  nous a révélé que leurs enfants sont en vacances chez Lord Voldemort et qu’ils vont bientôt avoir sur le bras un joli tatouage ?

--Tu ne sais plus ce que tu dis … »

Harry se leva d’un bond.

« SILENCE ! » cria-t-il.   

Draco sentit son cœur se gonfler d’admiration. Cela faisait presque six mois qu’il survivait en pensant à Harry Potter. Au début, c’était par … haine, … mépris, … dégoût, … jalousie aussi peut-être, il ne savait plus. C’étaient encore ces sentiments ridicules qui le poussaient à se moquer depuis six ans du Survivant, du Griffondor trop gentil, de l’attrapeur de Quidditch si doué, du favori de Dumbledore.    

Puis en écoutant Voldemort et aussi ses sbires qui discutaient dans les couloirs de la Forteresse, il avait compris son combat et un nouveau sentiment s’était glissé dans son cœur. Il se réjouissait de ses victoires et chacune d’elles lui redonnait de la force face à ses tourmenteurs.

La nuit, il rêvait de lui, il revoyait son beau visage, ses yeux verts, ses cheveux en bataille, son air à la fois innocent et résolu. Un nouveau sentiment était né, fait d’admiration, de tendresse,… d’amour ? Oui, Draco aimait Harry et il avait peur que le Véritasérum ne lui fasse révéler  ses sentiments secrets.   

« Continue, Malfoy, » dit l’Elu d’une voix vibrante.

Draco respira profondément et reprit :

« Voldemort m’a dit qu’il voulait qu’on l’aime lui aussi. Il a donc choisi des enfants encore jeunes, appartenant à chacune des quatre Maisons et bien entendu de sang pur. Il leur fait donner une éducation de jeunes lords, c’est pourquoi il a fait venir ma mère. Je ne l’ai pas rencontrée, elle sait cependant que j’ai refusé d’obéir à son Maître, elle m’a envoyé un parchemin avec ces mots :  « Ce que je fais, je le fais pour toi, mon fils. » Voldemort m’a dit en ricanant qu’elle garantissait ma vie.   

Il m’a pétrifié derrière la porte puis, grâce à un sortilège, il s’est totalement transformé. Il portait une robe de sorcier verte brodée d’étoiles et de lunes, un magnifique masque d’argent, des gants de cuir noir très fin et ses cheveux blancs tombaient jusqu’à ses épaules. Il a traversé la vitre comme si c’était de l’eau et dès que les enfants l’ont vu, ils ont couru vers lui en riant. Il  leur a parlé doucement mais je n’ai pas entendu ce qu’il disait. Les enfants sont retournés s’asseoir et il s’est penché sur leurs travaux comme l’aurait fait un bon père de famille. Puis il est sorti.   

J’étais bouleversé. Il m’a dit alors qu’il avait choisi des enfants blonds parce qu’il voulait que je sois leur exemple, leur … capitaine. Je lui ai demandé par quel sortilège il obligeait les enfants à l’aimer. Il a ri.  « Felix Felicis, m’a-t-il répondu, et une légère potion d’Oubliette pour qu’ils ne pensent plus à leur parents. Ils me sont déjà très attachés. »    

Il m’a de nouveau demandé si je voulais le rejoindre. J’avoue que cette fois, j’ai hésité. Mais la veille, l’autre avait raconté comment les Mangemorts avaient fait déraillé un train de voyageurs et comment il avait achevé trois Moldus blessés. J’ai refusé. Il est entré dans une violente colère. Il a dit que la Marque  ne me servait plus à rien. Il a jeté un sortilège et mon bras est devenu inerte. »   

Un grand silence suivit le récit de Draco. Il pouvait voir sur tous les visages l’horreur et le désespoir. Pauvres enfants, soumis à un tel abus affectif … et on ne pouvait même pas avertir les parents ! Leur chagrin serait immense !   

  Cette fois, personne ne retenait ses pleurs sauf Ron qui crispait si fort ses poings que ses jointures étaient blanches et Harry qui ne versait plus de larmes depuis la mort de Ginny. Il se leva et s’approcha de Draco qui trembla intérieurement. Il défit le carré de soie qui soutenait son bras et posa sur la peau le bout de ses doigts.

«  Sens-tu quelque chose ? »demanda-t-il.

-- N … Non, »répondit Draco avec difficulté.

-- C’est un sortilège rare. Je ne connais pas le contre sort  mais je le chercherai. »

Le jeune homme blessé lui fit un sourire rayonnant.    Pendant ce temps, Hermione réfléchissait. Elle dit soudain :

« Harry, je sais ce qu’il veut faire. Il veut contrer la magie ancienne, celle qui a permis à ta mère de te sauver en donnant sa vie pour toi. Nous avons en face de nous une nouvelle arme. S’il parvient à ses fins, il sera protégé par l’amour de ces enfants Qu’allons-nous faire ?

-- Je ne sais pas encore. Vincent, Grégory, cessez de vous lamenter. Malfoy a raison, ce n’est pas le moment. Y a-t-il un groupe à Poudlard qui travaille sur les sortilèges d’amour ?

-- Oui, Pansy  avec cinq Poufsouffles et deux Griffondors.

-- Hermione, tu parles à Pansy mais sans lui révéler ce que nous venons d’apprendre. Vous êtes d’accord, je pense, pour que ceci reste entre nous pour le moment. »   

 Harry se tourna vers Draco et lui dit :

« Poudlard a beaucoup changé, Malfoy. Tu le verras par toi-même. Nous avons décidé de t’y emmener demain soir … à moins que tu ne préfères te faire assassiner dès que tu mettras le nez dehors ? Ton séjour sera secret pendant quelque temps. Es-tu d’accord ? »

Revenir à Poudlard était plus que tout ce que Draco avait pu imaginer. Il murmura un « Oui » presque inaudible.    Il était tard. Tous se levèrent et sortirent. Harry s’arrêta à la porte de la chambre, il réfléchit un instant, se tourna vers Draco et dit :

« Pourquoi m’as-tu appelé par mon prénom ? Tu ne l’as jamais fait avant. »

Draco rougit violemment. Il avait redouté une question de ce genre et il était toujours sous l’effet du Véritasérum. Il avoua :

« Quand j’étais prisonnier dans la Forteresse, je rêvais toujours que tu venais me délivrer. Je t’appelais et tu apparaissais. J’ai cru que je rêvais encore … »   

 Ce fut au tour de Harry de rougir. Il répondit sans regarder le jeune homme qui le dévorait des yeux :

« Tout le monde s’appelle par son prénom maintenant à Poudlard. Tu peux m’appeler Harry et si tu le permets, je t’appellerai Draco.

« A … Avec plaisir, dit une voix un peu tremblante.

-- Alors repose-toi. Merci pour ton aide. Dors bien Draco. »                                           

   

     
 
 
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