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Chapitre 2 : Retour à Poudlard. Draco était bien, très bien même. C’était l’après-midi, il était à Poudlard, il voyait le ciel par la fenêtre et Merlin savait que le ciel lui avait manqué dans les souterrains de la Forteresse. Il était couché dans une chambre décorée de vert tendre et cette nuit, comme dans ses rêves les plus fous. Harry lui était apparu alors qu’il était en proie à un horrible cauchemar. Oui, cet après-midi, Draco se sentait bien, très bien même. La veille au soir, Crabbe et Goyle ... ah non, il fallait dire Vincent et Grégory maintenant … enfin ses anciens acolytes de Serpentard l’avaient aidé à transplaner depuis la maison des Weasley jusqu’au portail du château. Ils l’avaient tenu à deux car ce n’était pas facile depuis qu’il avait perdu ses pouvoirs. Draco se demandait même comment le Professeur Lupin avait réussi à le faire la nuit d’avant. Il lui en était d’autant plus reconnaissant. Hé oui, il n’était plus l’orgueilleux et méprisant fils Malfoy, on change quand on passe plus de cinq mois dans un sombre cachot froid et humide. Harry les attendait au portail. Il les avait précédés dans les couloirs déserts en consultant souvent une carte qui semblait indiquer s’ils risquaient de rencontrer quelqu’un. La présence de Draco devait demeurer secrète. Ils étaient arrivés devant le portrait d’une sorcière aux cheveux blancs. Cra …Vincent et Grégory l’avaient transporté dans la chambre puis ils étaient partis. Harry lui avait dit qu’il pouvait dormir tranquille. Lui allait à une réunion dans la salle commune des Serdaigles, il reviendrait très tard. Draco était exténué, il s’était endormi aussitôt. Et puis le rêve avait commencé. Voldemort s’avançait vers lui, ses yeux rouges le fixaient, ses longs doigts se tendaient vers son visage et sa voix sifflante disait : « J’ai besoin de tes cheveux … besoin de tes cheveux … tes cheveux … » Draco reculait, levait la main pour se défendre en criant : « Non … non … » Mais le Lord Noir ricanait … Et tout à coup, les ténèbres se dissipaient . Harry apparaissait et le délivrait de son cauchemar. Draco regardait d’un air étonné le jeune homme penché vers lui, ne sachant pas s’il rêvait encore ou si c’était la réalité. Harry était toujours habillé. Il revenait manifestement de sa réunion. Il lui avait dit : «Réveille-toi, Draco, tu fais un cauchemar. Je t’ai entendu crier quand je suis arrivé dans le salon. Est-ce que ça va ? --Oui … je crois … mais qu’est-ce que tu fais là ? --Hé bien, je vais me coucher. Ma chambre est en face de la tienne … Ah ! Je vois qu’on ne t’a rien dit. On t’a installé dans l’appartement que j’occupe quand je suis à Poudlard. Ainsi, personne ne s’inquiètera des allées et venues. Tu vas sans doute recevoir quelques visites. Pourquoi criais-tu « Non ! Non ! » --Voldemort voulait m’arracher des cheveux. » C’était alors qu’il s’était passé cette chose extraordinaire. Draco en avait encore chaud au cœur. Harry s’était assis sur le lit à côté de lui et lui avait souri en disant : « Voldemort a fait fort pour préparer son Polynectar. Je t’aime mieux avec ton ancienne coiffure. » Il avait posé ses deux mains sur la tête de Draco. Celui-ci avait senti une douce chaleur le pénétrer et ses cheveux avaient de nouveau caressé son front et son cou. Harry avait ajouté d’un ton un peu moqueur : « Ne mets surtout pas de gel demain pour te coiffer. Sinon, j’interromps le sortilège. » Draco s’était presque étouffé de joie. Il aimait ses cheveux d’un blond pâle, doux comme de la soie et Voldemort n’y était pas aller de main morte pour les arracher. Le jeune homme avait eu brusquement envie de passer ses deux mains derrière le cou de Harry, de l’attirer vers lui, de l’embrasser … Les lèvres souriantes, rouges comme des cerises, étaient une tentation irrésistible. Mais sa main gauche avait refusé d’obéir et Draco n’avait pas bougé, il n’avait même pas pensé à dire merci, il s’était contenté de fixer Harry qui se redressait et sortait en laissant une veilleuse près de son lit et en lui souhaitant bonne nuit. Merlin et Morgane ! Que c’était bon d’aimer une personne aussi craquante que Harry ! Le reste de la nuit avait été paisible. Au matin, on avait frappé à sa porte et une voix enjouée avait annoncé : « Petit déjeuner ! » Le jeune homme brun, déjà prêt à descendre dans la grande salle, avait ouvert et il avait ajouté : « Je vais te présenter mes deux elfes de maison, Dobby et Winky. Tu connais déjà Dobby, Il a épousé Winky le jour d’Halloween, il y a eu plusieurs mariages d’elfes ce jour-là. Tout le monde essaye d’être heureux quand on est menacé par une guerre. Ils s’occuperont de toi en mon absence. Ron, Hermione et moi, nous partons en mission cet après midi. Attention ! Ce sont des elfes libres. Tu devras les payer, cinq noises par semaine, chacun. Je leur avais offert cinq mornilles mais ils ont refusé en disant que c’était trop. » Harry riait franchement et Draco se joignit à lui. Par Salazar, cela faisait des mois qu’il n’avait pas ri. Le brun avait ajouté : « Ce sont eux qui ont préparé et décoré ta chambre. Ils ont retrouvé la malle où étaient rangées les affaires que tu avais laissées ici … heu …après ton départ. Tout est rangé dans le placard. Tes parchemins et tes plumes sont sur le bureau. Tu devras commander les livres de septième année, les tiens sont périmés. Dobby peut s’en occuper … -- Mais puisque j’ai perdu mes pouvoirs, il est impossible que j’étudie les sortilèges, la métamorphose ou la Défense contre les Forces du Mal… » Il y avait eu à ce moment deux « plop » et les elfes étaient apparus, portant un grand plateau garni de toutes sortes de bonnes choses. Dobby n’avait pas pu s’empêcher de trembler à la vue de Draco. Après tout, la veille encore, tout le monde le prenait pour le pire des assassins. La théière, la tasse et la carafe de jus de citrouille s’étaient entrechoquées. Il avait bégayé : « Bonjour, maître Draco … Monsieur … » C’était après le départ de Harry, alors qu’il savourait un petit pain au chocolat, que Draco s’était soudain rappelé une phrase : « Ron, Hermione et moi, nous partons cet après-midi. » Et tout à coup, il avait eu l’appétit coupé. Harry partait en mission, une de ces missions dangereuses dont parlaient les Mangemorts dans les couloirs des souterrains. Le cœur de Draco s’était serré. Il venait juste de rejoindre celui qu’il aimait et il risquait de le perdre. Puis il s’était apaisé. Harry était calme et souriant. Il ne ressemblait plus au gamin timide des premières années. C’était un homme maintenant, quelqu’un en qui des sorciers de tous âges avaient confiance, un chef de guerre qui était redouté par l’autre camp et qui avait l’autorité et le charisme indispensables à la réussite de son combat. Harry était une belle personne tant sur le plan physique qu’au niveau moral. Draco s’était senti heureux. L’Elu ne l’avait pas dédaigné, il lui avait parlé et souri, il avait même utilisé sa magie pour lui. Le jeune homme blond décida d’avoir foi en Harry comme les autres et peut-être … peut-être de faire sa conquête. Après son petit déjeuner, Draco avait réussi à faire sa toilette et à s’habiller. Il flottait un peu dans ses anciens vêtements. Il n’avait pas mis de gel sur ses cheveux de nouveau doux et abondants. Il avait fait une grimace en voyant dans le miroir son dos marqué de longues griffures rouges. Epuisé par ce simple effort, il s’était installé sur le canapé devant la cheminée où brûlait le feu allumé par les elfes … Cinq noises la semaine ! Chacun ! … Même pas le prix d’un paquet de bonbons ! … Il somnolait quand la directrice, Minerva McGonagall était entrée, accompagnée du Professeur Slughorn, le responsable de la Maison Serpentard depuis la fuite du Professeur Snape. Ils l’avaient interrogé sur la Forteresse et ses habitants. Slug avait paru très intéressé par la potion que le Lord Noir donnait aux huit enfants. A son avis, la proportion de Felix Felicis devait être très faible dans sa préparation. Il y avait certainement autre chose. Il allait faire des recherches. La directrice demanda à Draco quels cours il comptait suivre. Messieurs Crabbe et Goyle seraient contents de l’aider à rattraper son retard. Elle fut très surprise quand il mentionna l’Etude des Moldus dans son choix. Il avait pensé à la pauvre fille presque morte dans ses bras. Elle s’était montrée courageuse face aux Mangemorts. Ils l’avaient enlevée lors de l’attaque d’un village. Elle leur avait résisté longtemps avant de succomber sous les coups. Les Moldus n’étaient pas si méprisables qu’il le croyait. D’ailleurs, il en était presque un maintenant, un genre de Cracmol … Slughorn l’avait encouragé à continuer l’étude des potions. Cet art n’était pas réservé aux sorciers. Après tout, les Borgia italiens étaient de célèbres empoisonneurs moldus et la plupart des femmes-sages brûlées comme sorcières au seizième siècle en Europe étaient seulement d’excellentes guérisseuses Draco aimait les potions. S’il n’avait pas été un Malfoy, il aurait souhaité être apothicaire. Il voulait aussi étudier les plantes et les herbes médicinales en Botanique et continuer les cours d’Astronomie pour connaître l’influence des astres sur les cycles de la vie. Les deux professeurs et l’élève avaient discuté pendant un moment puis tout à coup, la directrice avait sursauté. Elle avait dit à Draco qu’elle avait oublié quelque chose d’important. « Monsieur Malfoy, avait-elle ajouté, je dois vous signaler que les comptes de votre famille à Gringotts sont bloqués et que votre château est mis sous séquestre par le Ministère. Mais ne vous inquiétez pas. L’école offre une bourse aux étudiants démunis. Voici dix gallions pour vos frais de rentrée. Cela devrait suffire. » Draco avait éclaté de rire. Dix gallions ! C’était autrefois son argent de poche pour une semaine ! Mais il n’avait aucun regret, aucune amertume. Il valait mieux être pauvre et libre que riche et esclave. Il avait surtout pensé : « Pauvre, libre et près de Harry plutôt qu’esclave de Voldemort. » Un peu après les professeurs, Madame Pomfresh était arrivée dans le salon. Elle avait examiné les multiples blessures, ecchymoses et griffures qui marquaient de rouge et de bleu le corps de Draco. Elle avait palpé les côtes saillantes et le bras inerte. Elle avait hoché la tête. Certaines marques s’effaceraient vite mais son dos garderait sans doute de vilaines cicatrices.. Seule, l’essence d’aigremoine pouvait les faire disparaître et c’était un produit presque introuvable. Elle en avait juste une goutte au fond d’une fiole. Pour son bras, elle ne pouvait rien faire, c’était un trop puissant sortilège. Par contre, elle allait lui préparer une potion qui lui donnerait des forces et le remplumerait un peu. Draco, qui connaissait les remèdes efficaces mais peu agréables de l’infirmière, avait grimacé. Puis Madame Pomfresh l’avait laissé, elle devait lui envoyer les différentes potions par Dobby ou Winky. C’était l’après-midi et Draco repensait à tout ce qu’il avait appris. Les nouvelles s’étaient succédées, des bonnes et des mauvaises. Cela l’ennuyait vraiment de garder des cicatrices sur son dos. Il aimait son corps, il se savait beau et toutes ses petites amies lui faisaient des compliments sur la blancheur et la douceur de sa peau. Dire qu’il s’était tant moqué de la cicatrice de Harry ! Il l’appelait autrefois le Balafré … Quelle bêtise ! Celui à qui Draco pensait entra à ce moment dans le salon, accompagné de Ron et d’Hermione. Ils s’apprêtaient visiblement à quitter Poudlard. Harry se dirigea vers sa chambre, ses deux compagnons de route l’attendaient. Ron était silencieux, il avait l’air déterminé, il paraissait plus mûr, plus adulte. Il tenait Hermione par la taille et tous les deux se regardaient avec amour. Quand Harry revint, revêtu d’une cape de voyage, ils échangèrent quelques mots, dirent au revoir au blessé et sortirent.Au moment de les suivre, il dit à Draco : « Tu peux changer le mot de passe de l’entrée si tu veux. Tu es ici chez toi. Soigne-toi bien. A bientôt. --Sois prudent, » souffla Draco soudain très triste. Ce fut plus tard le soir, alors qu’il revoyait le beau couple formé par Ron et Hermione, que Draco se rappela une phrase de Harry : « Tout le monde essaye d’être heureux quand on est menacé par une guerre. » Lui aussi voulait être heureux et son bonheur, il l’avait choisi : c’était Harry. Alors il se redressa. Il était un Malfoy, que diable ! C’était fini de se résigner, fini de dormir ! Lui, Draco, dernier des Malfoy, il voulait Harry Potter et par Salazar Serpentard lui-même, il l’aurait. OoOoOoOoOoO Et Draco se mit à attendre Harry. Vincent et Grégory vinrent le voir le soir après le dîner. Il leur demanda de l’aide pour les cours qu’il avait choisis. Vincent pouvait l’aider en Botanique. Il était devenu un expert en plantes guérisseuses, comme Neville Londubat. « Ah ! pensa Draco, Neville est à Gryffondor et c’est un ami de Harry. » Il demanda des précisions. Le Serpentard se mit à parler avec animation de la nouvelle organisation de l’école : les Maisons n’étaient plus rivales comme autrefois, des groupes d’élèves s’étaient formés par affinités, Neville, lui et quatre Pouffsouffles se spécialisaient dans la pharmacopée. Ainsi, ils pourraient être utiles pour soigner les blessés pendant la guerre. La professeur Chourave leur donnait volontiers des leçons particulières. Ils étaient toujours les bienvenus dans les serres. Grégory préférait le vol sur balai. Il était maintenant très bon au Quidditch. Mais il prenait aussi des cours de combats moldus. Un sorcier japonais installé en Angleterre venait à Poudlard une fois par semaine et enseignait à une équipe de vingt élèves, toutes maisons confondus, des techniques très efficaces d’attaques et de défenses qui surprenaient les sorciers peu habitués à ce genre de sport et donnaient un avantage certain aux nouveaux combattants. C’était Hermione Granger qui avait suggéré cette méthode lors de son premier passage à l’école en septembre. Draco allait de surprise en surprise. Des sports moldus ? A Poudlard ? Cela faisait peut-être partie du cours qu’il avait choisi : Vie et mœurs des Moldus vues du côté sorcier. Vincent lui signala que c’était la spécialité de Théodore Nott et de sa petite amie Parvati Patil. « Comment ? pensa Draco, Théo, un Sang Pur, avec une Gryffie ? Le monde tourne à l’envers ! » Il faudrait que McGo l’autorise à venir le voir. Y avait-il d’autres surprises en vue ? Oui. Blaise étudiait les runes anciennes pour retrouver dans les grimoires de la bibliothèque des sortilèges oubliés. C’était une idée de Harry et elle avait beaucoup de succès. Vincent dit en riant que Blaise en profitait pour draguer parmi les filles de toutes les Maisons. En ce moment, il était avec Mandy Brocklehurst, une mignonne brunette de Serdaigle. Beaucoup de couples s’étaient formés depuis la rentrée. L’exemple avait été donné par Ron Weasley et Hermione Granger. Ils étaient officiellement fiancés. Ron avait dit devant tous les élèves réunis que l’amour était une Force et qu’il ferait barrage contre les Ténèbres. Ainsi, lui, Vincent, était le copain attitré de Hannah Abbot. Il ajouta d’un air un peu gêné que d’autres avaient choisi l’autre bord mais que c’était tout à fait admis. Draco regarda le Serpentard d’un air surpris. Grégory dit alors : « Il veut parler de moi et de quelques camarades. Nous sommes homos et nous ne nous en cachons pas. J’aime Colin Crivey et il m’aime aussi. » --Félicitations, Grégory. Je suis heureux pour toi. J’ai moi-même flirté avec pas mal de filles et avec des garçons aussi. » Ils se mirent à rire. Du temps de sa sixième année, Draco avait une solide réputation de bourreau des cœurs. « Et Pansy ? Que devient-elle ? --Oh ! dit Vincent en détournant la tête, elle ne t’a pas attendue … Elle croit toujours que c’est toi le … enfin … la … Elle est avec Ernie MacMillan, le préfet de Pouffsouffle. --Ne t’inquiète pas, Vincent. Il n’y a jamais rien eu de sérieux entre elle et moi. Notre mariage était un souhait de nos parents mais c’est tout. Et Millicent ? --Elle n’a pas de petit ami. Elle s’est découvert une âme maternelle. Elle s’occupe avec beaucoup de gentillesse des deuxièmes et des troisièmes années qui sont un peu déboussolés par les évènements. Qui aurait cru ça de notre redoutable camarade ? » Draco posait ces questions mais en fait, une seule brûlait ses lèvres. Il demanda le plus innocemment qu’il put : « Et notre futur Sauveur, le Balafré, a-t-il une copine ? » Grégory répondit d’un ton vif : « Ne parle pas comme ça de Harry, Draco. C’est vraiment quelqu’un de bien. Il nous donne de l’espoir et Merlin sait que nous en avons besoin. Le Lord Noir est très puissant. S’il s’attaque à l’école comme il en a l’intention, nous devrons combattre. Ses Mangemorts, ce sont nos parents, tu te rends compte ? Ton père et ta mère sont parmi ses fidèles. Tu sais ce que ça t’a coûté de refuser de te joindre à eux. Alors, pense à ce qui se passera s’ils sont vainqueurs ! -- Tu dis qu’ils vont attaquer l’école ? Comment le savez-vous ? --Nous avons un espion parmi eux. Personne ne sait qui c’est. Il envoie des messages par un corbeau noir. C’est peut-être un ancien Pouffsouffle. Mais l’attaque n’est pas pour maintenant. V …Vol … Voldemort regroupe ses forces. --Tu oses prononcer son nom ? --C’est difficile mais j’y arrive. Harry dit qu’un simple mot ne doit pas nous faire peur …Mais il est très tard, nous allons te laisser dormir. Je demanderai demain à McGo si je peux mettre nos amis dans la confidence. » Grégory et Vincent se levèrent pour partir. Draco soupira puis se résigna à poser une deuxième fois la question : « Harry a-t-il une petite amie ? » Vincent eut un air compatissant. Il répondit : « Tu penses à la mort de Ginny ? Tu n’y es pour rien. Mais Harry ne l’a pas remplacée. Il est seul. Dors , Draco. » On lui répétait toujours la même chose : « Dors, Draco. » Draco n’avait pas du tout envie de dormir. Il souriait en se glissant dans ses draps verts. Ainsi Harry était seul, donc il avait une petite chance. Mais Harry était-il homo ou hétéro ? Jusqu’à maintenant, il était sorti avec Cho Chang et avec Ginny Weasley. Cela ne prouvait rien. Lui avait découvert récemment qu’il était bi. Et puis il y avait le célèbre charme Malfoy. Et puis Harry lui avait parlé gentiment. Il avait pris la peine de faire repousser ses cheveux et il avait même plaisanté sur son habitude d’utiliser du gel … Harry …Harry … Quel nom agréable à dire et à redire dans sa tête … Draco eut un sursaut. Il était en train de virer Poufsouffle. Ses ancêtres Serpentards devaient se retourner dans leurs tombes. Enfin …C’était si bon … Le lendemain Draco eut une longue conversation avec Dobby Après le petit déjeuner, il fit venir l’elfe de maison et lui donna d’abord sa liste de livres puis il lui demanda s’il pouvait commander d’autres choses. L’elfe lui répondit que cela ne posait aucun problème. « Dobby a beaucoup voyagé quand il a quitté le château Malfoy, Monsieur. Dobby connaît le monde. Dobby a des amis partout. Que désire Maître Draco ? » Le jeune homme sortit alors une série de petits parchemins. Il souhaitait renouveler sa garde-robe, il avait besoin de divers produits de toilette, en fait, il voulait plaire à Harry. Il avait retrouvé dans sa malle une bourse contenant 500 gallions. A Poudlard, il avait toujours avec lui cette réserve d’argent pour ses fantaisies, il était le Prince des Serpentards et devait tenir son rang. Cette somme allait bien lui servir. Il commanda trois robes de sorcier dont une en velours vert brodée d’argent, une cape d’hiver, des gants de cuir fin. Puis comme Dobby lui disait que Maître Harry portait souvent des vêtements moldus, il ajouta des « jinns », des « pullovers », des « tisheurts »et des « baskettes ». Enfin il choisit des pyjamas de soie noire et des sous-vêtements élégants et confortables. Il passa un moment très amusant quand Dobby entreprit de prendre ses mesures en montant sur un tabouret puis sur le bureau pour être à la bonne hauteur. Winky notait tout sur un parchemin. Les elfes lui faisaient des compliments sur sa stature. « Tout à fait comme celle de Maître Harry, en un peu plus mince, Maître Draco devrait manger plus. Maître Draco voulait-il de la brioche ? Maître Harry adorait la brioche et aussi la tarte à la mélasse. » C’était Maître Harry par ci, Maître Harry par là, les elfes vouaient au Griffondor une véritable adoration. Draco apprenait ainsi sur lui des détails surprenants. Dobby parla de la maison des Dursley où il était allé un été. Il décrivit l’oncle Vernon , la tante Pétunia et le gros Dudley en roulant de grands yeux. Il avait vu Harry trimer dur pour obéir à leurs ordres et ne recevoir en échange qu’un morceau de pain et du fromage. Ainsi la vie du Survivant n’avait pas été facile dans sa prime jeunesse. Draco comprenait soudain pourquoi Harry était si maigre et si mal habillé et pourquoi il passait toutes ses vacances à l’école. Il eut une pensée reconnaissante pour la famille Weasley, pour Ron et Hermione qui lui avaient donné leur amitié. Lui aussi avait voulu l’attirer dans son clan mais c’était seulement parce que Harry était un personnage célèbre dans le monde sorcier. Maintenant, c’était pour une tout autre raison qu’il souhaitait retenir son attention. Dobby promit à Draco qu’il aurait tout ce qu’il avait commandé en moins d’une semaine. Il bombait le torse et se redressait autant que sa petite taille le permettait. Il avait gardé l’habitude de porter des chaussettes dépareillées et plusieurs bonnets de laine tricotés par Hermione. Winky, par contre, était habillée de noir comme les anciennes soubrettes, avec tablier blanc brodé et bonnet orné de dentelle. C’était l’uniforme des elfes femelles libres de Poudlard mais elles étaient peu nombreuses malgré les efforts d’Hermione Granger et de son Association de Défense des Elfes de Maison. Le temps passa. Draco reprenait des forces. La directrice avait autorisé ses amis d’avant à venir le voir. Cela n’avait posé aucun problème. Tous avaient accepté la version de leur camarade . Ils avaient été horrifiés par la vengeance de Voldemort. Ils avaient ainsi été confortés dans leur choix. On ne pouvait suivre un tel Maître. Leurs parents étaient aveugles ou alors étaient-ils trop vieux pour réagir ? En leur for intérieur, ils étaient rassurés par l’histoire de Draco. Il s’étaient toujours demandé comment leur Prince, leur chef, avait pu, seul de toute l’école, choisir de servir le Maître des Ténèbres. Ils étaient maintenant soulagés et heureux. Draco travaillait beaucoup. Ses blessures guérissaient mais comme l’avait dit Pompom, les cicatrices restaient apparentes. Personne ne les avaient vues sauf Vincent et Grégory mais ils gardaient le secret. Ils n’avaient pas non plus révélé ce qu’ils savaient à propos des huit enfants disparus. Il était inutile de causer aux parents une peine supplémentaire. Le professeur Lupin était allé les voir et leur avait donné malgré tout de l’espoir. Leurs fils et leurs filles étaient vivants et en bonne santé. Tout serait fait pour les délivrer. Ils ne couraient aucun danger dans l’immédiat. C’étaient de bonnes paroles mais elles étaient peu efficaces. Draco portait son bras gauche en écharpe. Il avait commandé plusieurs carrés de soie, noir, vert, argent et même rose très pâle. Winky l’aidait à les plier en triangle et à les attacher derrière son cou. C’était une chose très dure à supporter, ça et le fait de devoir rester enfermé dans l’appartement de Harry. L’école n’était pas au courant de sa présence et tous, sauf ses amis Serpentards, le considéraient encore comme le plus abominable des assassins. Le jeune homme en souffrait mais ne le montrait pas. Il était entré par curiosité dans la chambre de Harry. Il n’y avait pas trouvé grand chose à part quelques vêtements. Sur le bureau était posé un livre que Draco ne connaissait pas, un roman moldu : « Le Seigneur des Anneaux ». Il l’avait feuilleté et avait remarqué d’étranges écritures. Les Moldus s’intéressaient-ils aussi aux runes anciennes ? C’était fascinant. Il demanderait à Harry la permission de le lire. Il s’apercevait que le Griffondor envahissait ses pensées et que maintenant, tout pour lui tournait autour de Harry. Pourtant, il avait remarqué quelque chose : le fait d’évoquer Harry provoquait en lui une bouffée de chaleur irradiante dans tout son être et pas seulement au niveau de son sexe comme c’était le cas autrefois quand il désirait une fille ou plus récemment un garçon. Son esprit, son cœur, son corps tout entier s’enflammaient ensemble à la simple évocation du sourire de Harry, de la voix de Harry, des mains de Harry sur ses cheveux, de la magie qui sortait de Harry, de la seule présence de Harry. Est-ce que c’était ça, l’amour ? Draco n’avait jamais rien connu de semblable et il attendait le retour du jeune Griffondor plus que tout autre chose dans sa vie. OoOoOoOoOoO Ce fut alors qu’une histoire délirante, assez confuse et racontée de diverses façons se répandit dans Poudlard et dans tout le monde sorcier : La fabrique de bonbons de Bertie Crochue avait été visitée par des cambrioleurs. Une coupe d’une grande valeur avait été dérobée et remplacée par une vulgaire copie. La Gazette du Sorcier en faisait ses choux gras. L’expédition, menée par Harry, Ron et Hermione, avait été relativement simple mais les repérages avaient pris du temps. La fabrique de dragées et de bonbons se trouvait au milieu d’une forêt impénétrable pour les Moldus. Elle était protégée par un haut mur pourvu d’une seule porte gardée par des trolls des montagnes. Il n’y avait à l’intérieur que deux humains, Bertie, arrière arrière arrière petite-fille de la fondatrice de la fabrique et un contremaître moustachu à l’air arrogant, en fait un Mangemort chargé de surveiller la fameuse coupe. Tout le travail était effectué par des elfes de maison uniquement vêtus d’un rectangle de drap blanc en guise de pagne. Ils préparaient le sirop de sucre, le faisaient cuire dans de grands chaudrons, mélangeaient les parfums et les couleurs, décoraient les emballages sans jamais arrêter les chaînes de production car les équipes se relayaient sous le régime des trois-huit. Il devait y avoir plus de cent elfes au travail jour et nuit. Hermione avait été outrée. Tant de petits esclaves … pour satisfaire la gourmandise d’enfants sorciers ! … Elle et Ron s’étaient faits passer pour des agents du Ministère venus contrôler la production des fameuses dragées. Il y avait eu, paraît-il, des plaintes : pas assez de bonbons au goût de poubelle dans les paquets. Ils avaient bien sûr changé leur physionomie. Ils se jetaient l’un à l’autre un sortilège de transformation : Hermione devenait une blonde à l’air revêche, Ron un boutonneux aux cheveux noirs. Dans le bureau de Bertie, ils avaient repéré la coupe et, profitant d’une absence de la directrice, Hermione l’avait prise en photo avec un appareil moldu pour éviter les traces de magie. Puis ils avaient fait faire une copie par des artisans gobelins. Ils avaient remplacé la « chose noire » décrite par Kréatur par un petit serpent en gélatine de réglisse, une friandise que les enfants sorciers adoraient. C’était Harry qui avait procédé à l’échange des coupes. Une nuit, caché sous sa cape d’invisibilité, il était entré dans la fabrique pendant que Ron et Hermione attiraient l’attention des trolls de garde en faisant bouger sous leurs yeux de grosses pierres. Il avait créé une perturbation dans la chaîne de fabrication en faisant tomber plusieurs paquets de dragées. Le contremaître était arrivé en hurlant des injures aux malheureux elfes. Il en avait profité pour entrer dans le bureau vide car à cette heure-là, Bertie dormait dans son appartement . C’était la partie la plus difficile du plan. La coupe était extrêmement dangereuse. Il ne fallait à aucun prix la toucher à mains nues. Harry se souvenait de la main noircie de Dumbledore quand celui-ci avait récupéré la bague des Gaunt. Il avait mis des gants en peau de dragon et avait préparé une petite caisse en cèdre doublée d’une feuille de plomb pour le transport. Il avait ouvert la vitrine par un « alohomora » renforcé, il avait mis la coupe dans la caisse par lévitation, l’avait remplacée par sa copie et avait transporté son dangereux chargement avec de multiples précautions. La sortie avait été délicate. Ron et Hermione l’attendaient à la lisière de la forêt mais ne pouvaient prévoir à quel moment il sortirait. Harry avait donc usé d’un subterfuge. Il avait ouvert la lourde porte en produisant un long grincement et avait projeté devant lui l’image d’un fantôme couvert de chaînes et poussant d’horribles gémissements. Les trolls, qui n’étaient pas réputés pour leur courage face aux fantômes, avaient reculé et Harry, toujours caché sous sa cape d’invisibilité, avait pu rejoindre ses deux amis sans encombre. Ils formaient tous les trois une formidable équipe de combat. Ils savaient se répartir le travail. A Hermione les idées, à Ron la force et la ruse, à Harry la magie. Ils se comprenaient parfaitement et se faisaient confiance. Ils avaient transplané jusqu’au Q.G.de l’Ordre du Phénix, square Grimmaurd. Ils avaient enfermé la coupe dans une vitrine semblable à celle de Bertie et il avait prévu une grande quantité de bonbons au citron pour nourrir le Horcrux de Voldemort. La seule question qui se posait maintenant, c’était : « Comment le détruire. » Car ils n’avaient pas encore trouvé quelle était la fameuse phrase composée de plusieurs mots et terminée par « ras » évoquée par Kréatur. Ils avaient cherché dans la bibliothèque des Black , riche en livres de magie noire mais ils n’avaient rien trouvé jusqu’à présent. C’était pour cela que Harry était venu à Poudlard. Sans donner trop de précisions, il voulait lancer une recherche sur les contre sorts produisant une vive lumière blanche et détruisant un objet magique de grande puissance. La réserve de livres interdits de la bibliothèque était accessible aux élèves de septième année. Il mettait en pratique ce qu’il avait lui-même enseigné aux quatre Maisons au début de l’année scolaire : « Travaillez ensemble. Ne vous concurrencez pas. Ne vous disputez pas. Les résultats n’en seront que meilleurs. » Il avait été entendu et ça avait marché. Oh ! Poudlard n’était pas devenu par miracle une école idéale, il y avait encore des tensions entre les Maisons, en particulier entre Serpentards et Griffondors, surtout lors des matchs de Quidditch, mais les progrès étaient parfois surprenants. Harry pensait avec raison que son absence et celle de Malfoy atténuaient les dissensions. Ils s’étaient trop détestés pendant six ans. Mais ils avaient changé tous les deux. Ils y avaient été obligés, Draco à cause de son emprisonnement, lui à cause de la guerre. C’est pourquoi, le jour d’avant Noël, en début de matinée, Harry entra dans le salon de son appartement. Il portait encore sa cape de voyage. Draco, lui tournant le dos, sortait de la salle de bain. Il n’était vêtu que du bas de son pyjama de soie noire. Il savait que Harry devait venir mais il ne l’attendait pas si tôt. Il sursauta et rougit violemment. Il y eut un moment de silence. Harry avait tout de suite remarqué les cicatrices apparentes sur le dos de Draco. Il s’excusa très vite d’être entré sans prévenir. « Tu n’as pas changé le mot de passe du tableau de Séphora. J’ai dit l’ancien machinalement et la porte s’est ouverte … Heu … Tu vas bien ? « Oui, répondit Draco d’une voix étouffée, je suis content de te voir … Heu … Excuse-moi, je vais m’habiller. » Il passa devant Harry pour entrer dans sa chambre. Il était terriblement gêné à cause de son dos blessé. Mais le jeune homme brun l’arrêta d’un geste. « Madame Pomfresh n’a pas réussi à faire disparaître tes griffures ? D’habitude, elle soigne très bien ces choses-là. Est-ce parce que c’est un Loup Garou qui les a faites ? -- Non, elle s’en occupera plus tard. Elle n’a plus assez d’essence d’aigremoine … Heu …Tu restes pour la Fête de Noël ? --Oui. Ron et Hermione ont besoin d’un peu de solitude. Je suis venu seul. En fait, nous avons un problème et je vais demander à toute l’école, professeurs et élèves réunis, de nous aider dans la mesure du possible. Mais je te retiens inutilement. Tu vas prendre froid. A tout à l’heure. » Draco entra dans sa chambre, complètement paniqué. Son cœur battait la chamade, il avait chaud, froid, il ne savait plus. Il s’assit sur son lit et tenta de retrouver son calme. Harry … Il était là … Il en avait tant rêvé … Merlin ! Il était encore plus beau que dans son souvenir. Et lui se sentait si laid, si diminué …Et puis tout à coup, il se redressa. Il n’avait pas à avoir honte de ses cicatrices, elles étaient normales parce que c’étaient des blessures de guerre. Dans les cachots de Voldemort, il avait entendu des Mangemorts parler de Bill Weasley qui avait été défiguré par Greyback lors de l’attaque de Poudlard. Pourtant, il s’était marié avec Fleur Delacour, la superbe demi-Vélane, qui avait participé au Tournoi des Trois Sorciers. Ses cicatrices à lui étaient cachées, contrairement à celle de Harry qui le faisait reconnaître partout où il allait. Il décida de ne plus s’en préoccuper et sur un coup de tête, il sortit des vêtements moldus que Dobby avait commandés pour lui chez Morgan et Benson, les couturiers cracmols. Ils lui allaient particulièrement bien. Ils moulaient son corps mince et redevenu sexy depuis que les elfes lui apportaient d’abondants plateaux de nourriture. Il mit un pull vert foncé en laine et soie qui faisait ressortir son teint blanc et sa blondeur et un pantalon noir à taille assez basse qui dessinait parfaitement ses fesses et ses cuisses. Il laissa quelques mèches de cheveux rebelles glisser sur son front et ses tempes. Bien sûr, il ne mettait plus de gel. Il appela Winky pour qu’elle noue l’écharpe argent soutenant son bras autour de son cou. Millicent lui avait dit un soir en lui rendant visite que ça lui donnait un air attendrissant. Il avait failli la mordre. Un Malfoy n’est pas attendrissant ! Mais il était « civilisé » maintenant, il lui avait souri : Le sourire est un bon moyen de montrer les dents à un adversaire. Draco, dernier héritier des fiers Malfoy, se regarda dans son miroir et se trouva beau. Ce fut aussi ce que pensa Harry quand il revint du bureau de Minerva McGonagall. Il avait toujours envié la grâce aristocratique de Draco mais là, il le trouva tout bonnement renversant. Lui-même s’estimait quelconque. Il ne remarquait pas les regards langoureux des filles et leurs gloussements sur son passage. Il croyait, et c’était à moitié vrai, que c’était à cause de sa célébrité. Mais depuis les dernières vacances, il s’était transformé en un homme de belle prestance, au beau visage et sa puissante aura de magie fascinait tous ceux qu’il rencontrait. Il restait cependant assez réservé. C’était la guerre. Il jouait son rôle de chef avec foi et constance. Il n’y avait pas de place dans sa vie pour les amours faciles. Draco était dans le salon, occupé à lire un parchemin indiquant les ingrédients d’une potion de Régénération très intéressante. Il espérait que Slughorn lui permettrait de la préparer prochainement. Mais il n’était pas sorti de l’appartement depuis son arrivée et certains jours, il tournait en rond comme un fauve en cage. Aussi fut-il très surpris quand Harry lui proposa une promenade. Le Griffondor lui tendit en souriant une grande pièce d’étoffe scintillante et, comme Draco le regardait avec étonnement, il dit : « Mets-la. Elle te protègera des regards. C’est ma cape d’invisibilité. » Grand Salazar ! Le Serpentard n’en avait jamais vue ! Elle glissa doucement sur ses épaules et il ne se vit plus dans le miroir près de la porte. Ils parcoururent les couloirs en silence. Il n’y avait presque personne. Tout le monde préparait la fête. Ils surprirent juste Anthony Goldstein et Padma Patil qui flirtaient dans un coin sombre et au détour d’un couloir, ils furent témoins d’une scène amusante : Miss Teigne, la chatte de Rusard, et Pattenrond, le chat orange d’Hermione, quelle avait confiée à ses camarades de chambre, avançaient côte à côte en miaulant. Ils avaient l’air en grande conversation. Les deux promeneurs sortirent du château et se dirigèrent vers la Forêt Interdite. Draco appréciait vraiment de se retrouver au grand air. Il était content d’avoir mis sa cape d’hiver car il faisait froid dehors. Ils avancèrent un peu sous les arbres, pas trop loin, ce n’était pas la peine d’attirer les Centaures, les Sombrals ou les Acromantules. Ils s’assirent au pied d’un arbre et parlèrent de tout, de rien, de leurs amis, des cours de Draco, des années passées. Ils étaient bien tout simplement, heureux d’être ensemble comme de bons camarades. Harry se sentait apaisé, sans les contraintes qui pesaient habituellement sur lui. Draco était au paradis, jouissant avec bonheur de ces moments hors du temps réel. Le soir tombait, ils se levaient pour rentrer quand ils entendirent un bruit étrange. Harry remit la cape d’invisibilité sur les épaules de Draco, ils se dissimulèrent derrière un arbre. Une voix de petite fille prononçaient d’étranges syllabes : « Pi pi pa pi pa … pa pi pi pi pa …pa pi pa pa pi pi pa … » Un crissement syncopé lui répondait : « Cri cri cri crisss cri cris … » Ils faillirent pousser un cri. Une élève de deuxième ou troisième année, une Pouffsouffle d’après son uniforme, suivait le sentier accompagnée d’une araignée géante. Elles semblaient se parler et passèrent à côté d’eux sans les voir. Arrivée à la lisière de la forêt, la petite tendit la main et caressa une patte de l’araignée puis toutes les deux disparurent dans l’obscurité. Draco tomba dans les bras de Harry. Il avait une peur bleue des araignées et tremblait comme une feuille. Le Griffondor ne rit pas, il avait déjà eu affaire aux araignées géantes et savait combien elles étaient dangereuses. Quel pouvoir particulier avait cette fillette pour les approcher ainsi sans se faire dévorer ? Il serra seulement Draco contre lui et se sentit tout à coup troublé. Il entendait à travers la cape la respiration rapide du jeune homme et percevait les battements affolés de son cœur. Il tapota son dos et murmura des paroles apaisantes. Il eut soudain un bref vertige. Le corps abandonné contre lui était doux, chaud, vibrant et il ne le laissait pas indifférent. Il le repoussa doucement. Ils rentrèrent. |