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au 07 Jan 09 :
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pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
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La septième année.
Par haniPyanfar
Harry Potter  -  Romance/Action/Aventure
11 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 3     Les chapitres     17 Reviews    
Sortilèges

                                            Chapitre 3 : Sortilèges.   

 En arrivant dans le Hall totalement désert, Harry murmura à Draco qui marchait à ses côtés sous la cape d’invisibilité : 

« Je viens de penser à quelque chose. Viens avec moi à l’infirmerie. »

Ils entrèrent et virent la salle vide. Personne n’avait la mauvaise idée de passer le réveillon de Noël en compagnie de Pompom et la dévouée infirmière aurait été fâchée de rater la fête. Avec la guerre omniprésente, on ne perdait aucune occasion de s’amuser. Harry sourit à Draco et lui dit :

«Assieds-toi. Je vais détacher ton foulard et tu ôteras ton pull. Je veux te faire un cadeau de Noël. »   

 Draco sursauta et le regarda d’un air stupéfait. Le Griffondor avait-il perdu la tête ? Mais Madame Pomfresh arrivait et Harry lui demanda l’essence d’aigremoine.

« Il y en a très peu mais vous avez des mains guérisseuses. Cela devrait suffire, »dit-elle en lui tendant un minuscule flacon en verre bleu.

Draco comprit et son cœur se gonfla de joie. Un cadeau de Noël … un cadeau merveilleux, oui …    Il enleva sa cape, son pull et le léger tee-shirt qu’il portait en dessous et s’assit sur un tabouret, son dos nu et blessé tourné vers Harry qui s’était installé derrière lui sur un autre siège.   

Il n’y avait vraiment qu’une goutte de produit mais quand elle tomba dans la main de Harry, celle-ci se mit à briller légèrement et l’essence d’aigremoine remplit toute sa paume. Une odeur agréable se répandit dans la pièce. Madame Pomfresh dit :

« Il y a un effet secondaire mais vue la très faible quantité, c’est négligeable. Je vous laisse. J’ai un petit travail à faire. »   

Harry frotta ses mains l’une contre l’autre et commença doucement à masser le dos de Draco. Celui-ci se tendit immédiatement . Son cœur se mit à battre très fort, il entendait les pulsations sourdes dans ses oreilles. Son ventre se tordit, il sentit une douleur familière  envahir son sexe. Il n’avait pas imaginé une seconde ce qui était en train de se passer. Les caresses de Harry lui faisaient perdre la tête. Il eut peur tout à coup de se mettre à gémir et mordit violemment ses lèvres.   

Il comprenait à peine ce que Harry lui disait.

« Ne t’affole pas. Il n’y en a pas pour longtemps. Elles commencent à disparaître. Si tu as mal, dis-le moi…  Peut-être sens-tu une sorte de brûlure …  C’est la première fois que j’utilise l’essence d’aigremoine … »   

Puis la voix de Harry devint rauque. Il murmura quelques mots indistincts et se tut. Lui aussi se sentit bizarre. Sous ses mains, la peau de Draco était incroyablement douce. Les marques rouges s’effaçaient une à une. Il voyait  se profiler les muscles durs sur les côtes encore un peu saillantes. Il effleurait la taille fine, l’épaule ronde. En même temps, l’odeur enivrante de l’aigremoine lui montait à la tête.   

Draco n’était pas en meilleur état. Il planait quelque part entre ciel et terre. L’infirmerie n’existait plus. Il n’y avait autour de lui que le silence et une lumière dorée. Il était vraiment au paradis.   

La dernière griffe était située juste en haut de l’épaule gauche. Harry l’effaça doucement, tendrement et il sentit monter en lui un désir irrésistible. Il se pencha et posa ses lèvres sur le haut du bras inerte de Draco.   

Celui-ci revint brutalement sur terre. Il poussa un cri de surprise, se retourna vivement vers Harry et posa sur lui un regard stupéfait. Le Griffondor se méprit sur la réaction du Serpentard. Il rougit violemment, recula, ouvrit la bouche mais aucun mot n’en sortit.   

Madame Pomfresh revint à ce moment et les trouva tous les deux face à face, immobiles et  silencieux. Elle devina aussitôt qu’il y avait un problème et s’exclama :

« Allons bon ! Votre magie est trop puissante, Monsieur Potter. Vous avez déclenché l’effet secondaire. »

Et comme aucun des deux ne réagissait, elle ajouta :

« Le phénomène d’attraction … Vous savez, bien sûr, que l’aigremoine est une plante qui entre dans les sortilèges d’amour. Je ne pensais pas qu’elle agirait sur vous. Rassurez-vous, l’effet est passager. En tous cas, vous avez fait un travail remarquable. Monsieur Malfoy, vous pouvez remercier Monsieur Potter. Votre dos est parfait … Harry, n’êtes- vous pas trop fatigué ? »   

Le jeune homme ne répondit pas. Il y eut deux soupirs et ils n’avaient pas du tout la même signification.  Harry était soulagé : son brusque désir de poser ses lèvres sur la peau de Draco était seulement dû à l’essence d’aigremoine. Ce n’était pas une chose consciente, ce n’était donc pas grave. Il allait lui faire des excuses.    

Draco, lui, était en proie à une grosse déception. Il avait ressenti le baiser de Harry et  cela lui avait causé en même temps une grande joie et une profonde surprise : une secousse électrique avait parcouru son bras et il avait senti ses doigts bouger faiblement. Harry avait embrassé son épaule, peut-être commençait-il à l’aimer? En même temps, quelque chose s’était passé. Il n’osait espérer  … quoi … un mieux ? une guérison ?    

Ils se regardaient toujours en silence quand tout à coup, Harry pâlit et porta la main à son front en gémissant sourdement. Madame Pomfresh se précipita vers lui en disant :

« Vous avez fait un trop gros effort après toutes ces journées de voyage. Allongez-vous un moment, Harry. Monsieur Malfoy, pouvez-vous regagner seul votre chambre ? 

« Laisse-moi, Draco, lui dit le jeune homme. Je te rejoindrai tout à l’heure. »  

Draco n’osa insister pour rester. Harry désirait probablement être seul. Il se rhabilla, se dissimula sous la cape, ce qui ne sembla pas troubler l’infirmière, et sortit. Il ne rencontra heureusement personne et arrivé dans le salon, il s’écroula sur le canapé.     Mais la tension dans son corps était trop forte. Il se releva soudain et passa dans la salle de bain. Il avait besoin d’une douche, brûlante ou glacée, il ne savait pas. Il voulait chasser de son souvenir l’odeur de l’aigremoine, la douceur des mains de Harry sur son dos, la brûlure de son baiser … mais il n’y arrivait pas. Il se caressait en répétant doucement :  « Harry … Harry … » Il devenait fou.    

L’heure du dîner arriva et Harry ne revint pas. Dobby et Winky apportèrent un plateau copieusement garni de «… foie gras … goûtez, Maître Draco, c’est français, c’est divin … », de dinde rôtie aux marrons et aux oranges confites, de petites pâtes en forme de papillons nappées d’une sauce crémeuse, de tomates cerises, de pudding et de sorbet à la framboise … 

« Le préféré de Maître Harry … Et à ce propos, il m’a chargé de vous dire qu’il rentrera très tard et que vous devriez vous coucher sans l’attendre. Il est invité à une cadeaux-partie dans la salle commune des Gryffondors … Mais vos amis  Serpentards passeront vous voir … Quel dommage que Maître Draco ne puisse descendre dans la Grande Salle … Les sapins sont superbes, il y a des petites fées avec des clochettes partout … Les Pouffsouffles ont préparé un spectacle … Une élève de Serdaigle chantera des chants de Noël … »   

Dobby et Winky parlaient, parlaient et Draco les entendait à peine. La douche n’avait pas calmé son tourment intérieur. Il avait cependant contemplé avec ravissement son dos immaculé. Maintenant, il grignotait  les délicatesses du réveillon en souhaitant de toutes ses forces être avec les autres dans la Grande Salle, sous le plafond étoilé, rire et chanter avec ses camarades et non pas être une sorte de pestiféré qui devait rester caché, un assassin dont tout le monde avait peur, un Prince déchu que personne n’aimait …   

Draco broyait du noir mais la venue en deux groupes de ses amis de Serpentard l’avait déridé. Ils lui avaient offert de menus cadeaux, c’était la mode cette année, on échangeait des petits objets à moins d’une mornille, achetés pour la plupart chez Honeyduke ou dans la nouvelle boutique des jumeaux Weasley à Pré-au Lard. Draco n’avait pas été prévenu, du coup, il n’avait rien prévu mais il pensa aux échantillons de produits de beauté joints à la commande que Dobby avait faite pour lui chez « Cendrillon sorcière » .     

Il distribua donc du shampoing au jus de citrouille « Garanti sans colorant », du parfum « Larmes de Crocodile », des savonnettes pour bébé dragon ….  Il reçut un pois sauteur du Mexique, un carnet renifleur pour y écrire ses peines de cœur « Il pleure à ta place ! » un  sachet de Chocogrenouilles … des babioles qu’il aurait autrefois méprisées et qui maintenant lui faisaient plaisir.     

Mais quand ses amis furent partis et qu’il se retrouva seul, il perdit le sourire. Il se déshabilla, se coucha et comme il n’avait pas sommeil, il se mit à lire.    Un léger coup à sa porte fit bondir son cœur. Harry … Il était revenu …

« J’ai vu la lumière sous ta porte. Tu ne dors pas ? Je viens m’excuser pour tout à l’heure. On n’embrasse pas quelqu’un sans sa permission. C’est à cause de l’aigremoine … »   

Harry se tut soudain.  Draco le regardait avec un sourire aux lèvres et des yeux brillants.

« Harry, surtout ne t’excuse pas. Sais-tu ce qui s’est passé quand tu m’as embrassé ? J’ai senti quelque chose dans mon bras et je suis sûr que mes doigts ont remué … Peux-tu … Acceptes-tu … de le refaire … juste pour voir … si c’est vrai … si je n’ai pas rêvé … »

Pour la première fois de sa vie, Draco bégayait un peu    Le visage de Harry s’éclaira. Il se sentait mal à l’aise depuis la scène de l’infirmerie. Jusqu’à ce moment, il avait considéré Draco comme un camarade, un ancien ennemi avec qui il pouvait  maintenant discuter en ami. Mais depuis qu’il l’avait vu dans ses habits moldus qui moulaient ses formes de façon si sexy, il était troublé.   

Déjà quand il l’avait tenu dans ses bras après leur rencontre avec la fille et l’araignée, il avait senti en lui un changement. Et le baiser sur l’épaule de l’infirmerie n’avait rien arrangé.   

Harry ne pouvait analyser ce qui lui arrivait. A part ses deux flirts avec Cho et Ginny, il était plutôt ignorant des choses de l’amour. Il ne savait pas comment réagir face aux avances dont il était parfois l’objet. Il était timide et réservé, assez innocent  pour ne pas voir des allusions sexuelles dans ses rapports avec les autres.   

Il ne pensa pas du tout à ce qui pouvait se passer s’il touchait de nouveau le corps de Draco. Pour lui, l’effet de l’essence d’aigremoine était dissipé et il était simplement content d’aider le jeune homme  dans sa recherche. Il accepta aussitôt.   

 Draco s’assit au bord du lit et ôta sa veste de pyjama. Sa peau paraissait laiteuse dans la lumière tamisée. Harry s’installa à sa gauche , il  le regarda dans les yeux pour y chercher une approbation puis il se pencha et posa ses lèvres en haut du bras inerte.   

Ils sentirent la secousse tous les deux en même temps. Draco poussa un cri de joie . C’était vrai, il n’avait pas rêvé. Harry pouvait faire quelque chose pour lui. Le jeune Griffondor réfléchissait. Il connaissait la force de sa nouvelle magie mais c’était la première fois qu’il avait à faire ce genre de contre-sort. Il se tourna vers Draco et lui dit :

« Je crois comprendre. Voldemort t’a jeté un sortilège de haine, il faut le détruire par de l’amour, peut-être par des baisers.  Je peux essayer si tu veux. »

 S’il voulait ! … C’était peu dire !    Harry souleva le bras nu et Draco ferma les yeux en mordant ses lèvres. Son doux supplice commença. La magie du jeune sorcier se manifesta dès le premier baiser sur l’épaule. La chaleur suivait le chemin de ses lèvres le long du bras, jusqu’au coude, jusqu’au poignet, sur le dessus de sa main …

Quand Harry embrassa chacun de ses doigts, le jeune Serpentard trembla et sentit son cœur s’emballer, son cerveau se vider, son sexe durcir. Il ne put retenir un gémissement de plaisir.    

Harry s’arrêta et regarda son visage. Ses joues étaient rouges et sa bouche gonflé comme un fruit. Il s’en dégageait une sorte d’aura de volupté que Harry n’avait jamais vue . Brusquement, lui aussi s’embrasa. Le même feu les brûlait.    

Il reprit le bras de Draco et commença à le remonter, la paume, l’avant bras si tendre noirci par la Marque qu’il évita, le creux du coude, le haut jusqu’à l’aisselle chaude … Lui aussi tremblait, son sang battait à coups redoublés contre ses tempes, son ventre se contractait, il n’était que désir et sa magie devenait lumineuse.    

Quand enfin il s’arrêta et se redressa, Draco ouvrit les yeux et le regarda comme s’il voyait un dieu et par Merlin, à cet instant, c’en était un. Il baissa les yeux sur son bras et le vit bouger et se soulever. Il remua ses doigts comme s’il les voyait pour la première fois.    

Il y eut un moment de silence puis il poussa un véritable rugissement de joie. Il noua ses bras au cou de Harry, l’attira vers lui et posa ses lèvres sur la bouche rouge qui le tentait depuis déjà si longtemps.  

                                                          OoOoOoOoOoO   

Le baiser prit Harry par surprise. Les lèvres de Draco étaient à la fois douces et exigeantes. Au bout de quelques secondes, elles firent réagir celles qu’elles emprisonnaient totalement. Harry  se sentit envahi par la chaleur qui se dégageait du baiser brûlant.

Sa bouche s’ouvrit , la langue de Draco se glissa dans le passage et caressa la sienne. Ils se perdirent tous les deux dans une sorte d’extase passionnée.    Harry n’avait jamais connu de telles sensations, ni avec Cho, ni avec Ginny. C’était son âme que le jeune Serpentard aspirait. Il ne désirait qu’une chose : que ce baiser ne finisse jamais.

Draco, lui, n’était plus sur terre. S’il s’était écouté, il aurait allongé Harry sur son lit et il lui aurait fait l’amour sans plus attendre. Mais il eut un flash ultra-rapide.

«  Non, pas comme ça, pas avec Harry. Il n’est pas prêt. Je l’aime, je ne veux pas profiter de lui. »   

Draco était célèbre pour la perfection de ses baisers. Il avait la réputation de conquérir les filles en les embrassant une seule fois. Elles étaient ensuite dans un tel état de langueur amoureuse qu’il pouvait passer à l’acte sexuel dans la demi-heure qui suivait. C’était le « célèbre charme Malfoy », qu’il avait maintes fois utilisé l’année précédente.    

Et Harry était devant lui comme un agneau innocent devant un loup affamé. Il avait refermé ses bras autour du torse nu de Draco et sentait leurs deux cœurs s’affoler en même temps.   Au bout d’un temps qui leur parut une éternité, le souffle leur manqua, leurs lèvres se séparèrent mais ils restaient très proches, front contre front, les yeux dans les yeux. Les prunelles grises se reflétaient dans les deux iris verts. Ils ne parlaient pas, ils savouraient un silence fait des mille pensées qui les traversaient.   

Draco mordillait tendrement la bouche gonflée de Harry. Il souriait, il dominait à grand peine le flot de son désir mais il se serait frappé plutôt que d’effrayer le jeune homme qu’il aimait et qu’il tenait contre lui.   

Enfin, ils parvinrent à se détacher l’un de l’autre. Draco leva doucement sa main gauche libérée de son sortilège, il caressa du bout des doigts les lèvres rouges et murmura :

«  On n’embrasse pas quelqu’un sans sa permission mais ça, c’était un cadeau de Noël. »

A son tour, Harry leva le bras et passa le dos de sa main sur la joue de Draco en chuchotant :

«  Le plus beau cadeau de toute ma vie. »    

Il se leva et sortit de la chambre, un peu sonné, ne réalisant pas encore ce qui venait de se passer. Draco brûlait dans son sexe et dans son cœur. Il s’étendit à plat ventre sur le lit, mordant le coussin, attendant que la fraîcheur de la chambre fasse retomber la tension de son corps. Il était à la fois insatisfait et heureux et surtout maintenant, il avait de l’espoir. Ils eurent du mal l’un comme l’autre à s’endormir.   

                                          OoOoOoOoOoO 

Draco se réveilla brusquement. Il devait être trois heures du matin. Il n’y avait aucun bruit dans la pièce et pourtant, il savait que quelque chose n’allait pas. Il venait de rêver que Harry l’appelait. Il se précipita dans le salon et entendit à travers la porte des cris et des gémissements dans la chambre en face de la sienne. Il entra et vit à la lueur d’une veilleuse le jeune Griffondor se tordre sur son lit, en proie à une violente douleur. Il s’élança vers lui en criant :

« Harry ! Harry ! Qu’est-ce que tu as ? »     

Mais le jeune homme ne semblait pas l’entendre. C’est alors que Draco remarqua la cicatrice de son front. Elle était rouge et brillait étrangement. Il pensa aussitôt : 

« Voldemort ! Il lui envoie un cauchemar ! »

Il saisit Harry et le secoua rudement en criant :

« Réveille-toi ! Allez ! Réveille-toi ! Ne te laisse pas faire ! »   

 Harry ouvrit des yeux blancs, des yeux qui ne voyaient rien. Il se débattait toujours. Draco toucha son front, il était brûlant. Alors, il fit ce qui lui sembla le plus approprié : il gifla Harry d’une main ferme.    

Dans un sursaut, le jeune homme brun se réveilla et vit à son chevet un Draco blanc comme un linge. Instinctivement, parce qu’il avait appris à faire face à toutes les attaques, il se redressa, leva la main et les étincelles de magie crépitèrent au bout de ses doigts.   

Ils restèrent immobiles. Puis Harry se laissa retomber en arrière avec un air … apeuré ? Oui, Draco sentit brusquement que Harry Potter, le Héros du monde sorcier, l’Elu, le Survivant, le grand Harry Potter avait peur. Il en fut profondément ému.    

Le poids du destin sur les épaules de ce jeune homme était très lourd et il était seul pour l’affronter. Il n’avait pas choisi d’être chef de guerre, ce rôle lui avait été imposé. L’avenir de leur monde dépendait d’un sorcier de dix-sept ans, certes courageux mais si jeune, si fragile !   

Alors, l’amour que Draco lui portait prit tout son sens. Harry était un enfant innocent et lui un jeune homme aguerri, façonné par toute une lignée de sorciers puissants, ayant derrière lui des expériences de toutes sortes, sans pouvoirs peut-être, mais fort et protecteur.   

Le Serpentard prit le Griffondor dans ses bras. Il le berça tendrement en disant les paroles gentilles que sa mère, Narcissa Malfoy née Black, lui murmurait à l’oreille quand il se réveillait au milieu d’un cauchemar. Et quand il sentit contre lui le corps de son amour se détendre et son souffle devenir régulier, il le reposa, le recouvrit chaudement et dit simplement :

« Tout va bien maintenant. Tu n’as plus rien à craindre. Dors Harry. »   

 Quand ils se retrouvèrent dans le salon en fin de matinée, ils se regardèrent gravement. Ils ne parlèrent pas du baiser, c’était un cadeau précieux, il devait rester secret. Mais Harry confirma à Draco qu’il avait bien fait un cauchemar ayant Voldemort pour centre.  

« D’habitude, je ferme mon esprit mais la journée d’hier était particulière. Il en a profité pour m’agresser. Il est furieux parce qu’il a compris que j’avais levé son sortilège. Sa double vengeance tombe à l’eau. Nous te croyons innocent, il a perdu son pouvoir sur toi. Mais je ne pense pas qu’il sache où tu es caché. »  

 Draco eut un tremblement. Il préférait mourir plutôt que retourner dans les cachots de la Forteresse Sombre. Il s’exclama soudain :

« Et ma baguette magique ? Il l’a en sa possession ! Est-ce qu’il peut s’en servir contre moi ?

-- Je ne crois pas. Poudlard est protégé par des sorts puissants. C’est Dumbledore qui les a installés. Voldemort ne peut les vaincre.

-- Pourtant, son projet est d’attaquer l’école.

-- Nous ne nous laisserons pas faire. Nous nous défendrons. Nous avons des armes contre lui. Justement, je dois aller voir Trelawney et Firenze dans le parc.

-- Cette vieille folle ?

--Tout le monde peut être utile. Ce qu’elle dit n’est pas toujours sensé mais depuis qu’elle est amie avec Firenze, on dirait que les dons de divination de sa famille réapparaissent. Elle ne prédit plus ma mort mais ma victoire, c’est déjà beaucoup mieux. Je vais la voir. Je te raconterai. A tout à l’heure. »   

Le temps passa. Les elfes vinrent avec le plateau du déjeuner. Dobby sauta de joie en voyant que Draco pouvait se servir de son bras gauche. Il cria d’une voix nasillarde :

« Maître Draco est guéri ! Maître Draco est guéri ! »  

Autrefois, je jeune homme l’aurait sévèrement puni.  Maintenant, il se contenta de lui jeter un coussin à la tête en riant. Le monde avait changé. Harry était devenu son ami, plus peut-être. Où était-il ? Pourquoi ne revenait-il pas ?   

Draco vit tout à coup la cape d’invisibilité posée sur le canapé. La tentation était trop forte. Il s’en recouvrit et sortit. Il n’y avait personne dans les couloirs. Il eut l’explication en arrivant à la porte de la Grande Salle. Les professeurs et tous les élèves étaient là et Harry leur parlait.   

Immobile à côté de la porte, Draco commença par l’admirer. Merlin ! Qu’il était beau ! Comme il savait captiver son auditoire ! Puis il s’intéressa aux paroles prononcées d’une voix claire et posée.   

«  … Nous recherchons une arme contre Voldemort, la formule d’un sortilège permettant de détruire ou au moins de neutraliser un objet magique très puissant. Cette formule se compose de plusieurs mots et se termine par « ras ».Elle doit produire une vive lumière blanche et or. Si cela évoque quelque chose pour vous, un événement, une lecture, un souvenir même vague, je vous demande de le dire au préfet de votre Maison. Ne faites rien par vous-même. Cela peut avoir un rapport avec la magie noire. Soyez prudents, il ne s’agit pas de risquer votre vie mais de gagner la guerre … »   

Draco admirait cette façon simple de présenter les choses et de mettre chacun devant ses responsabilités. Puis il vit les élèves se lever et discuter entre eux. Les Maisons se mélangeaient, des groupes se formaient.   

Il était temps pour Draco de regagner l’appartement sous peine de se faire bousculer par le flot des élèves. Il ne rencontra que Miss Teigne qui le suivit un moment. Pouvait-elle le voir malgré la cape ? Ou peut-être juste le sentir ?    

 Il réfléchissait. Un sortilège blanc et or ? Quel dommage qu’il ne puisse aller dans la bibliothèque Malfoy ! Il y avait là des milliers de livres, certains très rares. Tous les sortilèges de magie noire y étaient référencés.   

Il croisa le Moine Gras et Nick Quasi Sans Tête. Même les fantômes de Poudlard se prenaient au jeu. Le Baron Sanglant se joignit à eux en disant d’une voix sépulcrale :

« Je connais bien un sortilège rare mais il produit une lumière noire et argent. Ce n’est certainement pas le bon … »

   La Dame Grise dit d’une voix triste : 

«  Cela fait si longtemps que j’erre dans ces couloirs que j’ai oublié toutes les formules, mêmes les premières que j’ai apprises dans mes livres de jeunesse. Pourtant on dit qu’on se souvient toujours de son enfance … »

 Ils ne firent pas attention à Draco qui arriva à l’appartement sans encombre.

    Harry revint en fin d’après-midi. Il dit en riant :

«  Trelawney me poursuit depuis une demi-heure. Elle a soi-disant eu une vision. Un démon vert lui proposait la formule en échange d’un baiser. Elle me demandait si elle devait accepter. J’ai répondu très sérieusement par l’affirmative. En ce moment, elle cherche son démon vert dans la Forêt Interdite avec Firenze. Ces petits moments de folie font apprécier la vie. Oh ! Je pars demain rejoindre Ron et Hermione. J’ai reçu  un message par hibou tout à l’heure. Nous avons un problème … »

Il se tut en voyant l’air désolé de Draco. Mais le Serpentard se reprit très vite. Un Malfoy ne montre pas ses émotions. Son visage redevint impassible, son attitude digne et froide. Harry retint un sourire : c’était typique de l’ancien Draco, le mépris en moins. Mais lui aussi eut une bouffée de nostalgie. Il n’avait pas passé un jour aussi heureux depuis longtemps, depuis le mariage de Bill et de Fleur peut-être ?   

Il partit le lendemain matin. Exceptionnellement, il avait pris son petit déjeuner avec Draco. Ils avaient parlé de tout et de rien, pas de la guerre. Cela détendit Harry. Au moment de partir, il se retourna, regarda le jeune Serpentard, revint sur ses pas et posa un baiser rapide sur ses lèvres en disant :

« A bientôt, mon démon vert. »   

Puis il sortit avant que Draco ne réagisse. Il n’avait pas dit quand il pourrait revenir. Et de nouveau, le beau jeune homme blond se mit à attendre le beau jeune homme aux yeux verts en travaillant avec acharnement pour ne pas voir le temps passer trop lentement à son gré.  

  Les nuits étaient plus difficiles que les jours. Les rêves de Draco devenaient érotiques. Il se réveillant souvent en sueur, le sexe dur, avec le souvenir de Harry nu et gémissant de plaisir dans ses bras. C’était normal à son âge sans doute mais c’était surtout frustrant.

   Ou alors, les paroles de Trelawney, reprises par Harry, le hantaient … Mon démon vert … Mon démon vert …  Miss Teigne lui mordillait les pieds en miaulant pour appeler Rusard, son maître …Les fantômes se jetaient l’un à l’autre des sortilèges blancs, or, noirs, argent … La Dame Grise lisait en pleurant un livre pour enfants avec de belles images … Elle suivait une phrase avec un doigt transparent et disait :

« Le voilà, je l’ai trouvé … »

   Et puis une nuit, alors que le Harry qu’il embrassait en rêve se transformait en Mimi Geignarde en prononçant  des mots sans suite entrecoupés de « ras », il se réveilla avec une image .très précise dans la tête. Tout était vrai. Ce livre existait et la phrase était dedans. Il avait la réponse.   

                                                             Flash back  

Le jeune Draco, 11 ans, beau, riche, arrogant, fils unique et très aimé de Lucius et Narcissa Malfoy, rejoint son père qui l’a fait mander dans la bibliothèque du château. Il est surpris de le trouver devant un panneau ouvert qui laisse apparaître une petite pièce secrète remplie de vieux livres, de parchemins et d’objets divers. Lucius la désigne d’un geste élégant et lui dit :

« Mon fils, tu vas entrer à Poudlard à la rentrée prochaine. J’aurais préféré Durmstrang mais ta mère ne souhaitait pas te voir partir si loin. Il est temps pour toi de connaître les secrets de notre château. En voici un : notre réserve de livres de magie noire. Pour l’ouvrir ou la fermer, il faut appuyer trois fois sur l’œil de ce petit serpent. Je vais y mettre ce livre. Bien sûr, tu ne dois parler de ceci à personne. »   

 Draco regarde avec surprise ce que son père s’apprête à ranger. C’est un exemplaire de « Mes premiers duels », un livre pour jeunes enfants montrant en images les sorts les plus simples : Accio, Impedimenta, Tarentallegra, Rictusempra, Stupefix, Expelliarmus avec à la dernière page le Finite qui les annule.   

Le jeune garçon aime beaucoup ce livre. Les images montrent toujours deux jeunes sorciers , l’un vêtu de blanc, l’autre de noir. Lorsqu’on pose le doigt sur le nom du sort, les deux petits sorciers l’exécutent. Tous les enfants  de famille sorcière ont lu ce livre au moins une fois dans leur jeunesse. Il n’a rien de maléfique.   

 « C’est ce que tu crois, Draco. Cet exemplaire est réservé aux enfants de Sang Pur, en particulier à ceux qui ont des parents Serpentards. Il est recommandé de le ranger quand les enfants vont à l’école des sorciers, sinon, ils pourraient y découvrir un sortilège secret que  très peu de gens connaissent. Mais toi, tu es l’héritier des Malfoy. Je vais te le montrer. »  

Lucius ouvre le livre à la dernière page et pose la pointe de sa baguette magique sur  le sorcier vêtu de noir, le préféré de Draco. Celui-ci jette alors un sort qui envoie un jet de lumière noire et argent. Le Finite s’efface en bas de la page, il est remplacé par une suite de mots qui semblent flamboyer et le sorcier blanc disparaît de la page sans laisser de traces. Lucius lève sa baguette et dit alors « Finite ». L’image primitive se reforme.   

« Si quelqu’un  prononce ce sort à haute voix, il détruit son adversaire corps et âme. Il n’en reste rien. Si c’est le sorcier blanc qui l’exécute, la lumière est blanche et or. Elle ne détruit pas le corps, seulement l’âme Je ne te le montre pas.  A quoi bon détruire une âme ? Nous avons les Détraqueurs pour ça. Et l’âme n’est pas visible. On ne sait donc pas si le sort a réussi.    

Le blanc et le noir doivent symboliser le genre de magie pratiquée par le sorcier. Ces sorts anciens sont bien étranges. Ils perdent peu à peu leur raison d’être. Notre Maître vénéré, le Lord Noir, s’y était intéressé autrefois. Mais il a disparu et ne reviendra sans doute jamais.    

A ce propos, les objets qui sont en haut sur cette étagère lui appartenaient. Je ne sais pas quoi en faire. Enfin, on verra. Ah ! Que je regrette le temps où j’étais l’un de ses Mangemorts préférés ! »  

                                                  Fin du flash back    

Draco revoyait très précisément le livre. Tous les détails concordaient. Il devait en parler à quelqu’un. Il ne pouvait pas sortir car Harry avait emporté la cape d’invisibilité. Il décida d’envoyer Dobby prévenir discrètement l’un de ses amis, le premier qu’il trouverait.   

Ce fut Blaise qui arriva entre deux cours. Draco lui demanda s’il avait encore dans ses affaires de jeunesse son exemplaire de « Mes premiers duels ».  Blaise avait une particularité :  il répondait toujours à une question par une autre question. Il demanda :

« Pourquoi ? Maintenant que tu as récupéré ton bras, tu veux te remettre à la magie enfantine ? Et à propos, tu ne nous as jamais dit comment tu avais fait … »

 Mais Draco le coupa avec impatience.

« Avertis les autres. Venez tous ce soir. Je crois que j’ai une piste pour le sort mystérieux que Harry recherche. »

Blaise siffla  joyeusement.

« Cent points pour Serpentards ! Enfoncés, les Griffies et les Serdies ! Et je ne parle pas des Pouffies qui pataugent lamentablement. Nous serons tous là ce soir. »

Hé oui, il fallait se faire au langage en abrégé de Blaise. En effet, ils étaient tous présents et pleins d’impatience. Mais ils firent la grimace quand Draco parla du livre sans donner trop de précisions.

Un sort important caché dans un livre pour enfants ! Pansy et Théo doutaient ouvertement. Vincent et Grégory ne se rappelaient même pas s’ils l’avaient lu. Millicent ne l’avait pas vu dans sa chambre depuis ses six ans.   

Mais Draco insista. Ce fut alors qu’ils se rendirent compte d’une chose bizarre : aucun d’eux n’avait plus le livre en sa possession.   

 Dès le lendemain, ils firent le tour des élèves de Sang Pur de leur âge et de toutes les Maisons. Le livre était introuvable. Ils élargirent leurs recherches aux élèves de Sang Mêlé puis à des camarades plus jeunes. Rien. « Mes premiers duels » avait disparu sans laisser de traces.   

Quand ils demandèrent à Madame Pince, la bibliothécaire, si elle en avait un exemplaire, elle leur répondit avec dédain qu’il n’y avait pas « ça » dans une école aussi renommée que Poudlard. Blaise voulut  en acheter un  à la librairie de Pré au Lard mais le stock était épuisé. On faisait beaucoup mieux maintenant, lui répondit-on.   

C’était comme si « quelqu’un » et « quelqu’un de très puissant » avait décrété un embargo sur le livre recherché. Alors là, Draco et tout son groupe trouvèrent ça plus que bizarre.    

Millicent eut alors une idée. Elle avait un petit protégé, Owen Green, un deuxième année de Serdaigle, qui avait perdu ses parents dans un accident trois ans auparavant et qui vivait depuis chez sa tante cracmol et son oncle moldu. Il avait peut-être encore le livre, ses tuteurs qui l’adoraient n’auraient jamais eu l’idée de jeter un objet appartenant à leur neveu chéri.     

 Au détour d’un couloir, l’adolescent timide se vit soudain entouré par de grands Serpentards qui ne lui avaient jamais adressé la parole. Il prit peur et faillit s’évanouir mais Millicent le rassura. Avait-il par hasard en sa possession un exemplaire de « Mes premiers duels » ?    

Et ce fut le coup de chance. Non seulement il l’avait gardé mais il était dans sa malle au pied de son lit. C’était sa mère qui lui montrait les différents sortilèges quand il était petit. Il y tenait beaucoup. Mais il accepta de le prêter quand on lui dit que c’était pour aider Harry.   

Draco bouillait d’impatience. Il voulait revoir Harry de toutes ses forces. On était déjà fin janvier. Dans la Gazette du Sorcier  que Winky lui apportait fièrement tous les matins, il était souvent question de combats entre les Aurors ou les membres d’un « groupuscule de résistance nommé Ordre du Phénix » et les Mangemorts du Maître des Ténèbres. 

 Le journal ne prenait pas franchement partie pour l’un ou l’autre camp à l’inverse du Chicaneur qui affichait sa préférence pour Harry de façon si outrée que Voldemort lui-même en riait, si on peut appeler ça rire. Enfin, il le laissait tranquille au grand soulagement de sa fille Luna qui craignait pour la vie de son exalté de père.

Harry était souvent présent sur les lieux de bataille, remontant ainsi le moral des troupes. Le faux Draco, lui, était invisible au grand soulagement du vrai mais sa réputation de tueur sanguinaire perdurait. Les mères qui voulaient faire obéir leurs petits enfants les menaçaient du « Charognard »ou tout simplement de « Draco Malfoy » et la menace faisait son effet.    

Le jeune Serpentard l’avait lu dans « Sorcière Hebdo » et ça lui avait fait très mal. Il se demandait combien de temps encore il devrait rester caché et comment il ferait pour retrouver son honneur perdu.   

 Mais ses pensées noires s’envolèrent quand Harry annonça son arrivée pour le lendemain. Il se prépara avec beaucoup de soin, mettant les vêtements moldus qui moulaient si bien son corps et attachant ses cheveux redevenus longs sur sa nuque pâle. Il fit dire à Harry qu’il voulait le voir le plus vite possible.    

Il avait préparé son coup et quand Harry entra dans l’appartement, il l’accueillit d’un joyeux « Bonjour, mon démon rouge et or » qui fit tressaillir Harry. Puis comme le jeune homme brun lui demandait pourquoi il l’avait fait venir, il eut un sourire plein de malice, digne de l’ancien Draco.   

 « Un baiser contre la formule. C’est  la vision de Trelawney. Qu’en dis-tu ?

--Et si tu te trompes ?

--Je te rendrai ton baiser.

--Monsieur Malfoy est très drôle. Je demanderai bien plus.

--Quoi par exemple ? » fit Draco d’une voix assourdie en se rapprochant.    

Harry perdit pied. Il n’avait pas l’habitude des joutes amoureuses. Draco se rapprocha encore et Harry se retrouva dos au mur. Il bégaya :  « Je … Je … » Mais le Serpentard avait posé ses deux mains de chaque côté de son visage. Ses lèvres se rapprochaient. Il en avait tellement envie, il attendait depuis si longtemps …    

 Il captura celles du Griffondor et n’eut pas à insister beaucoup pour que son prisonnier rende les armes. Leurs deux corps se touchèrent et ils oublièrent  le monde extérieur.    Leur baiser se fit profond. Leurs langues se mêlèrent.  Leurs sexes durcirent, si proches, séparés seulement par une barrière de tissu. Cette fois, Harry était pleinement conscient de ce qu’il faisait.    

 Curieusement, il avait très peu pensé à Draco pendant leur séparation. Il était trop occupé … ou il ne voulait pas y penser. Mais maintenant qu’ils étaient soudés l’un à l’autre, il ne pouvait plus nier son trouble. Draco l’attirait irrésistiblement. Il se donnait à lui sans retenue aucune.   

Et le jeune homme blond en profitait pour passer ses mains sous son pull et pour caresser son dos, des épaules à la taille. C’était bon, doux, chaud, c’était Harry et c’était le bonheur. Puis ils se séparèrent et le jeune homme brun rendit sa malice à Draco. Il pencha légèrement la tête de côté et dit :

«  J’ai donné le baiser. Et la formule ? »  

  Alors, le Serpentard lui expliqua tout. Il ouvrit le livre à la dernière page. Harry sortit sa baguette magique dont il se servait peu depuis que la magie sortait directement de ses mains. Il respira profondément et toucha le sorcier noir de la pointe de sa baguette. Le sorcier blanc disparut tandis que des mots s’inscrivaient à la place du Finite.

     Il leva le sort et toucha ensuite le sorcier blanc. L’autre parut alors se faner, s’étioler, mollir. Il finit par s’écrouler sans forces mais vivant. Il avait toujours son corps mais son âme avait disparu. Il n’était plus qu’une coquille vide. En même temps, des mots flamboyaient sous le dessin, les paroles du sortilège qui allait permettre à Harry de détruire les Horcrux, les morceaux d’âme de Voldemort.   

Harry regarda Draco assis à côté de lui sur le canapé. Le livre toujours ouvert à la dernière page reposait sur la table basse. Le Griffondor prit dans les siennes les mains du Serpentard et dit d’une voix vibrante :

«  C ‘est exactement ce que je recherchais. Merci Draco.

--C’est tout ? Je n’ai pas droit à un petit baiser ?

--Tu l’as eu d’avance.

--Ce n’est pas cher payé. J’ai trahi mon père pour toi.

--Es-tu de son côté ou du nôtre ?

--Harry, je suis avec toi. Allez, embrasse-moi.

--Ce n’est pas un jeu, Malfoy, dit le Griffondor en lâchant les mains du Serpentard.

 Draco sentit la douleur et la colère lui tordre le ventre. Harry l’appelait Malfoy comme du temps où ils se détestaient ! Il dit d’une voix dure :

«  Je ne joue pas, Potter. Je réclame  mon dû.

--Ne te conduis pas comme un enfant gâté, Malfoy. Demande-moi quelque chose que je puisse  vraiment te donner. Que veux-tu ?

-Toi ! Je te veux, toi ! Je t’ … »

 Mais le mot resta dans sa gorge. Draco n’avait jamais dit « Je t’aime » à personne et sa voix se cassa brusquement. Harry recula un peu et répondit après un instant de silence pesant :

«  Ce n’est pas possible et tu le sais très bien. Je ne suis pas homo.

--Tu n’en sais rien du tout ! »

  Harry fit mine de se lever mais Draco attrapa ses mains pour le retenir.  

« Attends ! Ne t’en va pas ! Je vais te demander quelque chose de facile … Viens dormir avec moi cette nuit, juste dormir, rien d’autre. Je ne ferai rien. Je ne te toucherai pas …On bavardera …On se racontera toutes nos bêtises du temps où on se détestait … Je te regarderai et je serai heureux … Et si Voldemort t’envoie un cauchemar, je pourrai te donner encore une fois une bonne gifle. Tu la mérites après tout … Harry …Je suis seul depuis si longtemps … Je ne pense qu’à toi, je ne travaille que pour toi … Juste une fois, Harry, et je te laisserai tranquille, je te le jure. »   

La voix était rauque. Les yeux brillaient trop fort. Les lèvres tremblaient un peu. Harry détacha ses mains de celles de Draco et dit :« Je verrai ». Puis il sortit.  Il n’avait pas dit « Non ». Le jeune homme blond respira. Dire « Non », c’est dire « Peut-être ».Dire  « Je verrai », ça voulait dire « Oui ».

Mais le beau jeune homme brun ne vint pas. Et Draco ne dormit pas.

     

 

                             

 

                                                                 
 
 
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