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Chapitre 4 : La destruction du Horcrux Draco attendit mais Harry ne vint pas. Le jeune homme blond passa une partie de la nuit à donner des coups de poing dans son oreiller et dans le bois du lit, à sangloter, recroquevillé sur lui-même, à laisser des larmes de chagrin ruisseler sur ses joues. Il finit par s’endormir et se réveilla au matin, résolu à se montrer fort et digne. Il oublierait Harry, c’était décidé. Mais il craqua quand Winky lui apporta la Gazette du Sorcier avec un air agité. Un gros titre barrait la première page : LE MINISTERE DE LA MAGIE ATTAQUE PAR LES MANGEMORTS. En pages intérieures, le journal expliquait à grands renforts de détails que la veille, dix Mangemorts avaient tenté de pénétrer dans le département des Mystères mais ils avaient été arrêtés par les Aurors au terme d’une bataille qui avait duré des heures et avait fait plusieurs blessés de part et d’autre. Les Mangemorts étaient à Azkaban et Harry Potter lui-même, accompagné de ses amis Ron Weasley et Hermione Granger, était allé à Sainte Mangouste au chevet des Aurors blessés. Selon son habitude, la Gazette était du côté des vainqueurs et les couvrait de louanges. Draco respira mieux. Harry n’avait pu le rejoindre parce qu’il avait dû regagner Londres de toute urgence. Ses amis Serpentards vinrent discuter de l’événement avec lui. Chacun y allait de son hypothèse mais le mystère demeurait entier. Pourquoi cette attaque ? Que recherchait le Lord Noir au Ministère ? Draco leur expliqua que Harry avait trouvé le sortilège qu’il recherchait et les chargea de rendre son livre au jeune Owen avec les remerciements du Survivant. Malgré les questions de Blaise, il ne donna pas plus de précisions .Et il se remit à attendre son Griffondor. Harry révéla à Ron et Hermione le succès de sa visite à Poudlard mais ne parla pas de l’étrange comportement de Draco. Ils décidèrent d’expérimenter le sortilège. Protégé par ses gants en peau de dragon, Harry sortit la coupe d’Helga Pouffsouffle et la posa au milieu du salon après avoir poussé les meubles d’un simple geste de la main. Il pointa sa baguette magique sur la « chose noire » qui palpitait au fond et prononça le sort d’une voix forte. « NIL JARO JARONIL SARONIL SIRAS » La « chose » se tordit, ils entendirent un son aigu qui allait en s’affaiblissant et le Horcrux de Voldemort disparut irrémédiablement. Cela semblait si simple maintenant qu’il connaissait la formule. Harry eut une pensée pour Draco. L’avait-il attendu ce soir-là, alors que, prévenu par un hibou, il rentrait précipitamment à Londres ? Au même instant, dans sa Forteresse Sombre, le Maître des Ténèbres hurlait, traversé par une douleur semblable à un coup de poignard et il sut que Harry Potter avait découvert son secret. Il fallait absolument que ses Mangemorts entrent au Département des Mystères. La première expédition avait échoué, il devait en préparer une deuxième. Il aurait dû agir dès que la coupe exposée dans la fabrique de bonbons de Bertie Crochue avait été volée. Le Survivant était fort, très fort. Mais il le vaincrait, il le ferait tant souffrir qu’il le supplierait de l’achever. En attendant, il allait se venger sur quelqu’un ou sur quelque chose. Dommage que ce débris humain de Draco Malfoy ait disparu ! Son regard tomba alors sur son serpent, Nagini. Harry, Ron et Hermione se rendirent au Ministère. Rufus Scrimgeour les reçut lui-même. Mais il n ‘avait aucune information supplémentaire à leur donner. Les Mangemorts avaient été repérés au moment où ils arrivaient devant la porte donnant sur la pièce circulaire. Aucun d’eux n’avait révélé quelle était leur mission. Ils étaient soumis à un puissant sortilège de Bloque-Langue. Le ministre assura que la protection du Ministère allait être renforcée. Harry demanda à descendre au Département des Mystères pour y faire lui-même une enquête. Après tout, lui et ses amis y étaient déjà allés. Ils savaient ce qu’ils pourraient y voir. Le Ministre accepta avec réticence. Le Survivant, l’Elu prenait trop d’importance à son goût. Ils prirent donc l’ascenseur grinçant et au bout du long couloir, ils se retrouvèrent devant la porte noire. Que de mauvais souvenirs ils avaient laissé là ! Passée la salle circulaire, ils visitèrent les différentes salles qu’ils connaissaient déjà. Tout avait été réparé, nettoyé, remis en état mais, par exemple, il manquait de nombreuses prophéties. Seules, les étiquettes étaient remises en place. Harry put revoir celle de Trelawney qui concernait Voldemort et lui. Les retourneurs de temps avaient regagné leur armoire, l’oiseau voletait dans sa cloche de verre. Le voile palpitait sous l’arcade de pierre en bas des gradins. Le cœur de Harry se serra … Sirius … « Quelles salles n’avons-nous pas visitées, demanda Ron. --Celle des planètes et celle des cerveaux, » répondit Hermione. Cette dernière avait laissé un bien mauvais souvenir au jeune homme roux. Harry se demanda fugitivement pourquoi il avait utilisé l’essence d’aigremoine pour Draco plutôt que pour Ron. Les cicatrices causées par les tentacules du cerveau étaient encore visibles sur sa peau blanche mais il ne semblait pas s’en soucier … Draco … Le Serpentard avait dû l’attendre ce soir-là. Il s’excuserait de son départ précipité quand il regagnerait Poudlard. Pourquoi cette demande absurde … « dormir avec lui … » et cette façon impérieuse de dire « Je te veux, toi». Evidemment, il avait été d’un grand secours pour découvrir le sortilège mais ce n’était pas une raison pour … Le sortilège pour détruire les Horcrux … Les Horcrux … Un Horcrux ayant un rapport avec la Maison Serdaigle … Soudain, Harry repensa à la réunion dans la salle commune où il avait demandé aux élèves ce qui pouvait symboliser leur Maison ou qui aurait un rapport avec la fondatrice, Rowena Serdaigle. Il y avait eu plusieurs propositions, toutes plus intelligentes les unes que les autres, et c’était Mitch Larsen, un deuxième année aux grands yeux noirs en amande, qui avait suggéré : « Notre point fort, c’est le cerveau , non ?» La vérité évidente sortait toujours de la bouche des plus jeunes. Harry s’était arrêté, la magie sortait de lui en aura de lumière. La dérive de ses pensées l’avait mené à une sorte de transe. Il entendait à peine Ron et Hermione lui parler d’un ton inquiet. Le cerveau … La salle où dans un immense réservoir flottaient des centaines de cerveaux … Et Voldemort qui envoyait ses Mangemorts au Département des Mystères … Se pourrait-il que … ? Harry sortit de ses pensées et expliqua rapidement à ses amis l’intuition qu’il venait d’avoir. Ils cherchèrent la salle et après plusieurs détours, ils contemplèrent de nouveau l’immense aquarium d’eau verte où flottaient les sortes de méduses blanchâtres aux longs filaments ondulants. Ron frissonna. Drôle de souvenir … Ils tournèrent autour du grand réservoir, essayant d’apercevoir quelque chose d’anormal, un petit serpent noir comme dans la coupe peut-être … Mais ils ne virent rien de spécial. Ils avaient beau écarquiller les yeux, se pencher, tourner autour, il n’y avait que de l’eau verte et des objets blancs. Ils allaient abandonner leurs recherches, ce n’était peut-être pas une bonne idée après tout, quand Harry posa sa main sur la paroi de verre. Le liquide frémit et les cerveaux se figèrent. La magie agissait sur le contenu de l’aquarium. L’idée jaillit d’elle-même. « Accio, Horcrux ! » cria Harry. L’eau verte se mit à bouillonner, les masses blanches s’enfuirent et une sorte de petite éponge noire arriva lentement et se colla à la paroi sous la main de Harry qui recula aussitôt. Il connaissait la puissance du sortilège qui protégeait le Horcrux et se demandait s’il pouvait l’atteindre à travers la paroi de verre. Voilà, il avait trouvé. Maintenant, il fallait découvrir un moyen de détruire cette chose répugnante avant que Voldemort ne vienne la récupérer. Elle était de nouveau dissimulée au milieu des cerveaux. La cachette était très ingénieuse. On ne pouvait utiliser le sortilège à travers le verre, le réservoir risquait d’exploser. Harry eut la vision fugitive d’une centaine de cerveaux s’enroulant autour d’eux avec leurs longs tentacules. Comment les Mangemorts étaient-ils censés récupérer le Horcrux ? Peut-être étaient-ils seulement chargés de vérifier sa présence ? Il en parla à ses deux amis. Leur trio fonctionnait à merveille. Hermione suggéra d’aller voir Kingsley Shacklebolt, l’Auror qui faisait partie de l’Ordre du Phénix. Il avait lutté contre les dix Mangemorts et n’avait que quelques blessures légères. Harry lui demanda si l’un des assaillants portait un récipient, une boîte, quelque chose pouvant servir au transport d’un objet. L’Auror le regarda avec surprise. Il chercha dans sa mémoire puis dit en riant : « Non, ils n’avaient rien de semblable mais leur chef avait dans sa poche une paire de chaussettes. Un frileux sans doute … S’il l’avait conservée ? … Oui, elle devait être dans un des tiroirs du bureau … Ah ! Voilà ! … Vertes avec des étoiles d’argent … Un coquet, ce Mangemort … S’il pouvait les lui donner ? Bien sûr, il n’en avait pas l’usage … Attention ! Il pouvait y avoir un sort de Puepieds ou de Poussedurillons … » Kingsley riait mais Ron prit les chaussettes avec précaution. Elles n’avaient apparemment rien de spécial mais quand il les retourna à l’envers, il eut un mouvement de surprise et les fourra rapidement dans sa poche. Un coup d’œil à Harry et à Hermione, il n’en fallut pas plus pour qu’ils se comprennent. Ils remercièrent, s’attardèrent un peu pour ne pas éveiller les soupçons et rentrèrent à Godric’s Hollow en transplanant depuis le Hall. Là seulement, ils pouvaient discuter sans crainte d’être entendus. Des sorts puissants protégeaient la maison qu’ils avaient loués dans ce village où les parents de Harry avaient habité. L’intérieur des chaussettes était doublé d’une fine peau de dragon de couleur verte. On n’y faisait pas attention au premier regard mais voir plus loin que les apparences étaient la spécialité de Ron. L’une des chaussettes devait servir à attraper et à transporter le Horcrux. C’était l’avis de Harry et il y en avait deux pour ne pas attirer l’attention. Kingsley lui même, pourtant Auror averti, s’y était laissé prendre. Neuf Mangemorts étaient chargés de combattre les Aurors, leur chef devait se rendre dans la salle des cerveaux et faire le travail. Mais il n’en avait pas eu le temps. Comptait-il attendre la fin de la bataille et sortir discrètement ensuite ? Cela voulait dire que Voldemort était prêt à sacrifier ses fidèles pour récupérer son Horcrux. Le vol de la coupe lui avait fait peur. Il allait certainement faire une autre tentative. Ils devaient agir vite. C’étaient les suppositions de Hermione. Elle avait pensé juste. Le soir même, un corbeau noir se posa sur le rebord de la fenêtre. Il tenait un parchemin dans son bec. Leur espion inconnu leur annonçait que Voldemort enverrait le lendemain une nouvelle équipe de Mangemorts. Ils seraient déguisés en Harpies désireuses de discuter avec leur représentante au Ministère. Personne n’aimait les Harpies. Elles sentaient trop mauvais. On les laisserait passer sans y regarder de trop près. C’était un bon plan. Harry se demanda encore une fois qui était cet espion, ce proche de Voldemort qui le trahissait quasiment sous son nez. Pourvu qu’il ne se fasse pas prendre ! Son sort serait terrible Ils passèrent la soirée à peaufiner leur plan. C’était facile maintenant qu’ils avaient de quoi transporter le Horcrux presque sans danger. C’est alors que Ron, le rusé, eut une idée géniale : remplacer le vrai Horcrux par un faux comme R.A.B. l’avait fait pour le médaillon. Cela égarerait les recherches de Voldemort. Ils se regardèrent et se sourirent. Leur entente dépassait la simple amitié. Faire une farce au puissant Lord Noir leur réchauffait le cœur et ils avaient bien besoin de ça en cet affreux temps de guerre. Ils se rendirent au Ministère le matin à la première heure. Harry, protégé par un masque et des gants en peau de dragon, fit glisser très doucement la petite éponge noire par dessus le bord de l’aquarium jusque dans la chaussette. Il la ferma avec un indestructible poil de licorne pendant que Ron remettait à l’eau une copie inoffensive colorée en noir par un sort d’Hermione. Harry enveloppa la chaussette d’un morceau de peau de dragon qui la rendait inrepérable. Ils transplanèrent au Q.G. de l’Ordre car leur refuge de Godric’s Hollow devait rester secret, ils ne pouvaient donc y pratiquer un sortilège très puissant. Les Mangemorts déguisés en Harpies essayèrent vainement d’attraper l’éponge noire qui flottait au milieu des méduses blanches. L’un d’eux mit un bras dans l’eau verte et se fit attaquer par les cerveaux en colère. Personne ne s’occupa d’eux quand ils transplanèrent. Harry avait demandé aux Aurors de les laisser repartir. Ce nouvel échec ébranlerait la force de Voldemort. La colère de leur Maître fut terrible. Elle s’abattit sur eux et sur Nagini qui, malheureusement pour lui, se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Harry détruisit le Horcrux à l’aide de la formule magique et le Lord Noir n’en sut rien car la peau de dragon étouffa le cri de mort du morceau d’âme. Cette nuit-là, ils dormirent bien, Hermione dans les bras de Ron, et Harry en rêve dans les bras de Draco qui posait sur son corps de petits baisers irrésistibles. OoOoOoOoOoO C’était un samedi de Février, tôt le matin. Draco dormait encore, flottant dans un rêve où Harry lui faisait sur tout le corps des petits baisers irrésistibles. Il crut que le songe délicieux se prolongeait quand il entendit derrière sa porte une voix qui disait : « Un petit déjeuner à deux, ça te dirait ? » Il répondit « Oui » d’une voix ensommeillée et vit la porte s’ouvrir sur Dobby et Winky portant un grand plateau chargé de bonnes choses, suivis de Harry ayant encore sur les épaules sa cape de voyage. Draco se redressa brusquement, les yeux ronds et la bouche ouverte, il y eut un instant de silence puis il remonta d’un geste vif jusqu’à son menton le drap qui avait glissé. Harry éclata de rire. Et c’était si bon de l’entendre rire que le jeune homme blond, pour une fois tout décoiffé, se mit à rire à son tour. Entre deux hoquets, Harry parvint à dire : « Je n’en veux pas à ta vertu mais aux délicieux petits pains au chocolat qui sont sur ce plateau. Tu m’invites ? Je vais poser mes affaires dans ma chambre et je reviens …si tu es d’accord, bien sûr. » Draco était plus que d’accord … bien sûr. Il jaillit de son lit, fouilla son placard pour trouver sa plus belle robe de chambre, disciplina ses blonds cheveux d’un coup de peigne précis et s’installait à la table mise quand Harry entra. Il rougit et trembla. Par tous les dieux, le beau brun était magnifique. Il portait des habits moldus, un jean à taille basse et un pull noir qui moulait agréablement son torse. Depuis qu’il en portait, Draco aimait ce genre de vêtements qui donnaient aux minces jeunes gens de leur âge une allure très sexy. Restes de son rêve érotique, des pointes de feu parcoururent son corps à toute vitesse. Draco bénit sa position assise et sa robe de chambre qui dissimula son … hum … état gênant. Mais il se força au calme quand Harry prit place en face de lui. Cette fois, il ne laisserait pas passer sa chance. Ils s’offrirent un long moment de paix et de légèreté. Le brun s’excusa pour son départ précipité. Draco ne demanda rien. A vrai dire, la seule présence de Harry le comblait. Mais il ne se doutait pas de la surprise qu’il lui réservait. A la fin du petit déjeuner, alors qu’ils fumaient tous les deux une cigarette moldue, le jeune homme brun, très souriant, dit à son vis-à-vis : « Tu sais ce qui se passe cet après-midi ? --Bien sûr ! C’est le fameux match de Quidditch qu’on attend tous les ans, Serpentard contre Griffondor. Ce n’est pas gentil de retourner le couteau dans la plaie. D’ici, je ne peux rien voir. J’avais pensé à aller dans la tour d’astronomie avec des jumelles que Dobby m’a procurées mais je pense que tu vas me le déconseiller. --A la tour d’astronomie ! Malheureux ! A chaque match, des élèves dont les Maisons ne sont pas concernées se retrouvent là-haut pour flirter ! Tu ne ferais pas dix pas sans heurter un couple enlacé. J’ai mieux pour toi. » Draco se redressa et se pencha vers Harry : « Qu’est-ce que tu as en tête ? Je ne peux pas y aller à visage découvert. Je vais me faire lyncher. As-tu lu les derniers articles de la Gazette des Sorciers ? Personne n’a vu mon double depuis deux mois, pourtant, je fais toujours aussi peur. » Harry pencha la tête et sourit plus encore. Draco pensa : « Je vais lui sauter dessus … Je vais l’embrasser jusqu’à ce qu’il perde le souffle … Je vais lui faire l’amour là, tout de suite, sur le tapis … jusqu’à ce qu’il crie mon nom … qu’il gémisse … qu’il me dise qu’il m’aime … » Il n’avait pas vraiment entendu ce que Harry lui disait puis des mots traversèrent son esprit embrumé : « cape d’invisibilité ». Il réagit aussitôt : « Je me ferai piétiner ! Tu sais comment sont les supporters des équipes. --Pas si tu es avec Hagrid. --Hagrid ! Il m’assommera d’un coup de poing. --Pas si je lui dis que tu es innocent. --Il te croira, comme ça, sur parole ? --Oui. Je lui demanderai de veiller sur toi et il le fera. » Draco était à la fois très heureux d’aller au match ( cette fois, Serpentard était sûr de gagner : l’équipe mené par Grégory était plus forte que celle de Griffondor qui avait perdu son attrapeur vedette Harry, son gardien prodige Ron … et sa poursuiveuse intrépide Ginny …) et malheureux parce qu’il crut que Harry voulait ainsi payer sa dette. Mais depuis qu’il avait repris des forces, il avait aussi récupéré une partie de l’esprit « Malfoy ». Il était fier. Il n’allait pas s’abaisser à quémander quelque chose qu’on ne voulait visiblement pas lui donner. Il fit donc un grand sourire et voulut remercier mais sa langue dérapa et il dit sur un ton qui rappelait assez l’ancien, le méprisant Draco Malfoy : « Merci, Potter. » Harry sentit le changement d’atmosphère et en fut peiné. Merlin ! Qu’il était difficile de comprendre Draco ! Il avait espéré lui faire plaisir et au contraire, il avait réveillé de vieux démons. Il soupira, se leva et dit : « A tout à l’heure, j’ai plusieurs personnes à voir et d’abord, Minerva McGonagall. Je suis passé te voir en premier. » Il sortit et le jeune homme blond, intérieurement désolé, faillit se donner des claques. Ils se revirent seulement en début d’après-midi. Ils allèrent jusqu’à la maison de Hagrid, Draco étant caché sous la cape et c’était fort heureux car ils croisèrent beaucoup de supporters en rouge et or ou en vert et argent, prêts à en découdre comme au bon vieux temps. A la grande surprise de Draco, le demi-géant accepta tout simplement la version de Harry. Il s’installa à côté de lui tout en haut des gradins, là où ils ne seraient pas bousculés. Et SERPENTARD GAGNA LE MATCH PAR 250 A 70 !!!!! Harry était parti soutenir les Griffondors dans la défaite. Les Serpentards vinrent fêter la victoire avec Draco. Puis ils regagnèrent leur salle commune où la bièraubeurre puis le whisky Pur Feu firent leur apparition. Après le dîner agrémenté des félicitations de Dobby qui n’était pas sectaire et partageait les joies de Maître Draco comme celles de Maître Harry, le blond jeune homme se dit qu’il était inutile de se faire des illusions. Il se mit en pyjama, se coucha et prit un livre. Vers minuit, on frappa doucement à sa porte et Draco, muet de stupeur, vit entrer dans sa chambre un Harry en pyjama qui lui dit en souriant : « Je viens dormir avec toi, juste dormir … si tu veux toujours. » S’il voulait ! Il se damnerait pour cela ! Il recula pour faire de la place, ouvrit les draps et son bel amour se glissa à ses côtés sans le toucher, juste pour dormir … D’abord, ils discutèrent, ils rirent beaucoup de leur ancienne stupidité, Ils burent du whisky Pur Feu que Harry avait apporté, à la victoire, à la défaite, puis ils s’endormirent, chacun allongé sagement de son côté. Mais depuis sa captivité, Draco avait le sommeil léger. Il se réveilla soudain. Harry avait bougé. Il murmura quelque chose, se retourna et se blottit contre lui, la tête sur son épaule. L’envie était trop forte et puis c’était le Griffondor qui avait commencé. Le Serpentard referma ses bras sur le jeune homme endormi et ne bougea plus. Les cheveux bruns lui chatouillaient le nez, ils remuaient à chaque souffle de Draco qui sentait la tension monter en lui de minute en minute. Il effleura une mèche vagabonde tout en pensant les mots d’amour qu’il ne pouvait dire tout haut. Il ne sut pas si Harry faisait de la légilimencie dans son sommeil mais une voix chuchota dans son cou : « Vas-y, montre-moi, prouve-le moi. » Les yeux verts s’ouvrirent. Les yeux gris ne les quittaient pas. Les deux visages étaient graves. Ils ne souriaient plus, ne parlaient pas. Alors, Draco se pencha, posa ses lèvres sur celles de Harry et commença à les mordiller, à les suçoter. Puis il embrassa son cou juste sous l’oreille, suivit le chemin de l’artère battante et s’arrêta à la hauteur du col qu’il écarta. La peau était douce, un peu dorée. Il traça une ligne de baisers sur la clavicule puis il se redressa, attendant visiblement une réaction à ces premières tentatives. Mais Harry ne bougeait pas. Ses yeux s’étaient juste un peu voilés, son souffle s’accélérait. Il ne faisait aucun geste, il avait l’air d’ « écouter » son corps. Draco eut une brusque intuition. Il murmura : « C’est ta première fois ? » Un hochement de tête lui répondit. Oh Merlin ! C’était trop ! Draco reprit, incrédule : « Ni avec Cho, ni avec Ginny, ni avec une autre ? » Un « Non » chuchoté résonna à son oreille comme un gong de victoire. Harry lui offrait sa virginité, c’était lui qui allait initier celui qu’il aimait aux joies, aux délices, aux folies de l’amour. Un cadeau à recevoir, un autre cadeau à donner. Draco remonta son visage à la hauteur de celui de Harry et posa de nouveau ses lèvres sur les siennes. Mais le baiser se fit profond. Leurs langues se frôlèrent, s’enroulèrent, se goûtèrent. La passion du Serpentard se déchaîna soudain. Sa bouche exigeante descendit le long du cou puis plus bas sur la poitrine tandis que ses mains impatientes déboutonnaient la veste de pyjama et l’écartaient pour dénuder la peau, révéler les muscles et les tétons qui déjà durcissaient. Il caressait, léchait, embrassait, mordillait chaque parcelle du corps qui se découvrait et à ses oreilles retentissaient des gémissements de plus en plus forts comme autant de signes de victoire. A leur tour, les mains de Harry se glissaient sous sa veste et parcouraient son dos, se crispant sur ses épaules pendant que son corps se tendait vers celui de Draco. Tout à coup, sa magie se mit de la partie. Il rayonna et Draco sentit la force et la chaleur se dégager du corps qu’il explorait. C’était si bon ! La magie lui manquait tellement ! Il passa ses mains derrière le dos de Harry et l’attira tout contre son corps avec ardeur. Sa virilité dressée se frotta contre la cuisse de Harry et il sentit celle du jeune homme brun se durcir contre son ventre sous la mince épaisseur de tissu. Il déplaça sa main et voulut la glisser sous l’élastique du pantalon mais à ce moment, il ressentit une brusque secousse. Harry parut se réveiller et recula en disant à haute voix : « Non ! » Draco murmura d’une voix rauque : « Harry ! Ne m’allume pas pour me repousser ensuite. » Il avait l’impression qu’il allait perdre la tête. Mais Harry répéta plus fermement : « Non ! Arrête Draco, je ne peux pas, c’est trop tôt … » Il se mit tout à coup à bégayer : « Tu ne comprends pas … Ma magie est en train de m’échapper … Je ne savais pas … C’est si …fort …si …bon … Je dois me dominer … La prochaine fois, je saurai … Ce n’est pas ma faute … Draco … Je t’en prie … Je ne suis pas prêt … » Plus que les paroles, ce fut le ton de détresse qui permit au jeune homme blond de se reprendre. Il était en sueur, tout son corps était tendu, sa virilité le brûlait mais Harry avait peur. Il retomba à côté de lui, serrant les poings, se mordant les lèvres au sang mais il ne bougeait plus et ne disait rien. Un long moment de silence passa Draco réalisa soudain quelque chose. Harry avait dit « La prochaine fois … »Tout n’était pas perdu. Il fallait attendre, ça, il savait le faire. Mais sa voix était toujours rauque quand il murmura : « Harry, tu me mets au supplice. As-tu au moins aimé ce que nous venons de faire ? » La réponse fut longue à venir. Harry se dominait. Puis il répondit à voix basse : « Tu veux savoir si je suis homo ? Je n’en sais encore rien. Mais j’ai beaucoup aimé ce que tu m’as fait. » Il avait repris sa maîtrise de lui-même et vit que ce n’était pas le cas de Draco. Il tendit la main vers lui. Ce fut à Draco de reculer. « Non, Harry. Ne me touche pas ou je ne réponds plus de moi. » Mais le jeune homme brun posa tendrement sa main sur son front. Elle était fraîche, presque froide. Le jeune homme blond se sentit tout de suite mieux. Il posa ensuite sa main sur son cœur et celui-ci cessa ses battements désordonnés et reprit un rythme normal. Enfin, il fit un dernier geste qui stupéfia Draco. Le prude Harry, qui avait eu peur d’une caresse pour lui trop osée, posa sa main sur son sexe douloureux. Le corps de Draco se tendit comme un arc et retomba doucement. Le soulagement avait été immédiat. « Tu sais faire ça ? murmura-il. C’est un sortilège rare. Je ne connais personne d’autre capable de le faire. --Je peux faire ça et beaucoup d’autres choses. Ce sont des souvenirs qui me viennent de générations d’anciens sorciers. C’est comme s’ils étaient inscrits dans ma mémoire profonde et qu’ils remontent à la surface quand j’en ai besoin. Enfin là, c’était plutôt toi qui en avais besoin. » Il ajouta d’une voix un peu bizarre : « As-tu eu beaucoup d’aventures ? Tu dois me trouver ridicule. Je ne suis même pas beau. Je ne sais pas ce que tu me trouves. Peut-être veux-tu juste te distraire un peu ? » Encore une fois, Draco fut surpris par l’innocence, presque la naïveté de Harry. Dire qu’il ne se trouvait pas beau ! Il soupira, recula pour mettre un espace suffisant entre eux et dit : « Non, Harry. Ce n’est pas un jeu. Je t’ … Dors, Harry. » OoOoOoOoOoO C’était le dimanche matin. Deux très beaux jeunes hommes, l’un brun, l’autre blond, dormaient paisiblement dans un grand lit quand un « plop » retentit dans leur chambre. Dobby ne vit que le brun et s’écria d’une voix aiguë : « Maître Harry ! Maître Harry ! Enfin je vous trouve ! Dobby a une très mauvaise nouvelle. » Il déplia devant lui la Gazette du Sorcier et dit : «Maître Draco est mort. » Harry se redressa brusquement en criant : « Quoi ? » Une autre tête apparut à côté de la sienne et Dobby devint vert, blanc, gris, jaune en balbutiant : « M … M … Maître … D… Dra …Draco … » Et il tomba à la renverse. Harry fit venir le journal à lui d’un petit geste de la main. Un grand titre barrait la première page : DRACO MALFOY ENFIN TUE PAR UN VALEUREUX AUROR. Une phrase écrite en plus petit précisait : « L’âme damnée de Vous-Savez-Qui, la Hyène blonde a trouvé son maître. » Plusieurs pages intérieures étaient consacrées aux articles. Il y avait une interview du jeune héros, le récit du drame, des commentaires d’importants personnages du Ministère et une photographie animée de Draco agitant sa baguette magique, en fait une ancienne photo d’école. Harry était heureux de sentir le corps du Serpentard bien vivant derrière lui. Draco au contraire était désespéré. « Comment vais-je faire reconnaître mon innocence maintenant ? Il est mort sous mon apparence, il ne se retransformera pas. Pour tout le monde et pour toujours, je serai celui qui a achevé deux femmes et un enfant sur le quai d’une station de métro après une explosion dans un wagon. Harry, qu’est-ce que je vais devenir ? » Le Griffondor se tourna vers lui. Le visage de Draco était pâle et ses yeux brillaient trop fort. C’était une terrible nouvelle qui lui tombait dessus après la nuit qu’il venait de vivre. Harry n’eut pas besoin de réfléchir longtemps. Il fallait contrer la vengeance de Voldemort. Il dit en passant doucement un doigt sous les yeux trop brillants : « Tu vas ressusciter aujourd’hui même … à Poudlard …et le monde sorcier va connaître ta juste valeur. » Le jeune homme blond sourit alors même qu’une larme vite effacée s’échappait malgré lui de ses magnifiques yeux gris bleu. « Comment vas-tu faire ? Les élèves et les professeurs vont recevoir ce matin la Gazette du Sorcier à l’heure du courrier, dans la Grande Salle. --Justement. Nous allons y aller ensemble prendre notre petit déjeuner. --Tu … tu es sûr ? Je vais me faire tuer une deuxième fois. » Mais Harry prit un air résolu. Il sortit du lit et dit : « Fais-moi confiance. Prépare-toi, je viens te chercher dans un quart d’heure. Tout le monde sera là. Ne crains rien, je serai à tes côtés. --Un Malfoy n’a jamais peur, Potter … Mais là, je te l’avoue, Harry, je ne suis pas tranquille. » Le jeune homme brun lui sourit puis se pencha sur Dobby, toujours évanoui. Il lui tapota le nez et les gros yeux effarés de l’elfe s’ouvrirent comme des soucoupes. Il bégaya : « Maître Draco est bien vivant ? Je vais vite à la cuisine rassurer Winky et aussi Kréatur qui sanglote près de la cheminée en disant que le Maître des Ténèbres a perdu son fidèle serviteur. Il plaint ses pauvres parents et en même temps il est fier que Maître Draco soit mort au combat. Il devrait épouser Léonny, elle l’aime et elle lui remettrait les idées en place. » Il disparut dans un « plop ». « Qui est Kréatur ? --L’elfe de maison de la famille Black, la famille de ta mère. Il est pour le Lord Noir. On ne peut rien y faire. Prépare-toi vite. Fais-toi beau, » ajouta-t-il tendrement. « Je suis beau naturellement, Potter, »répondit Draco en se levant. Le Serpentard tenait à avoir le dernier mot. Dobby avait raison quand il évoquait Voldemort et les parents de Draco. Le Lord Noir était responsable de l’explosion qui avait eu lieu le samedi après-midi dans le métro londonien. Les Moldus parleraient d’un attentat terroriste mais le monde sorcier reconnaîtrait la marque des Ténèbres. Des Mangemorts se trouvaient sur les lieux du drame et surtout Draco Malfoy était apparu à son habitude à la fin de l’opération pour achever les blessés. Erreur de sa part ou volonté de Voldemort de se débarrasser de lui ? Il était resté plus longtemps que d’habitude, les Aurors étaient arrivés très vite et l’un d’eux, une jeune recrue qui venait d’une famille moldue, l’avait reconnu. Il avait lancé l’Avada Kedavra avant que le Mangemort ait le temps de transplaner. L’Ange Démon était recherché mort ou vif et beaucoup d’Aurors pensaient sans le dire tout haut « Mort de préférence ». On avait donc félicité le jeune héros, la Gazette du Sorcier le couvrait de louanges, il allait sûrement recevoir la Médaille de l’Ordre de Merlin de Première Classe. Le corps de l’infâme Draco Malfoy serait incinéré et ses cendres dispersées. Il ne méritait pas une sépulture après tous les crimes qu’il avait commis. C’était ce que répétaient les représentants du Ministère, en particulier Dolorès Ombrage et Percy Weasley dont on se demandait bien ce qu’ils faisaient encore là. Mais les intrigants et les flatteurs ont toujours leur place partout. Ils sont inamovibles, comme les moules accrochées à leur rocher. Voldemort avait bien sacrifié volontairement le faux Draco Malfoy. Il avait conservé du Polynectar et une poignée de cheveux et avait envoyé le jeune Mangemort sur les lieux de son crime plus tard que d’habitude avec ordre de tuer le plus de monde possible. Les Aurors auraient ainsi le temps d’arriver et de le tuer. Et si jamais ils se contentaient de l’arrêter, ce qui était peu probable vue la haine que le jeune homme inspirait, il se transformerait de toutes façons mais ne pourrait rien révéler car il était soumis au sort de Bloque-Langue. Lord Voldemort dans toute sa splendeur avait convoqué Lucius et Narcissa Malfoy. Il leur avait dit qu’il avait offert à leur fils une mort glorieuse à son service. Cela valait mieux pour lui que de moisir dans les cachots de la Forteresse puisqu’il avait refusé de se joindre à son armée. D’ailleurs, le vrai Draco était certainement déjà mort puisqu’il avait disparu depuis plus de deux mois, le jour de la grande réunion des Loups-Garous. Ceux-ci l’avaient sans doute attaqué et déchiqueté. Il avait dit tout cela sans un mot de regret, sans aucun sentiment vis-à-vis des parents. L’âme de Voldemort avait presque disparu. Il ne ressentait plus rien excepté pour une seule chose : sa Couronne d’Or. Pourtant, il savait que le vrai Draco était vivant, il l’avait « senti » quand Harry avait pratiqué le sortilège sur son bras. Lucius et Narcissa Malfoy avaient remercié leur Maître vénéré avec reconnaissance, l’avaient profondément salué et étaient repartis à leurs occupations habituelles. Lucius avait regagné sa petite cellule d’habitation, privilège d’un Mangemort de haut grade, et avait caressé longuement son corbeau noir, l’animal qu’il avait soigné quand il l’avait trouvé blessé dans la cour d’Azkaban, qu’il avait apprivoisé et dressé et qui l’avait aidé à s’évader de sa prison. Il était un des cinq serviteurs du Maître à avoir le privilège de veiller à sa porte, la nuit, quand le Mage Noir dormait et parlait tout haut pendant ses rêves. Narcissa était montée au dernier étage de la Forteresse. Elle s’occupait avec beaucoup de soin et de patience de huit adolescents de treize à quinze ans environ, tous Sangs Purs, beaux et blonds comme Draco. Son Maître lui avait dit qu’il voulait faire de son fils le chef de cette petite troupe mais que celui-ci avait refusé. Depuis l’été dernier, elle avait donc reporté toute son affection sur les enfants. Elle veillait à leur bien-être, aidée de ses elfes de maison, leur donnant tous les matins une potion qui les rendait heureux de vivre et tous les soirs une tisane pour que leur sommeil soit paisible. Elle passait chaque nuit dans le dortoir des filles et dans celui des garçons, se penchant sur chaque lit et murmurant à l’oreille de chacun des sortilèges de beaux rêves. Les enfants se réveillaient toujours en forme et d’excellente humeur. Le Lord Noir était très content d’elle. C’était le professeur Snape qui préparait les potions et les tisanes. Lord Voldemort avait en lui toute confiance car il n’avait pas hésité à tuer Albus Dumbledore, le sorcier le plus puissant du monde, l’ennemi juré des forces des Ténèbres. Le professeur donnait aussi des cours aux adolescents et ses anciens élèves ne l’auraient pas reconnu tant il se montrait bienveillant envers les têtes blondes, la Couronne d’Or de son Maître. Bien sûr, il ne leur enseignait que des matières inoffensives mais il le faisait bien et les enfants l’aimaient beaucoup. C’étaient ses seules occupations. Il ne participait pas aux attaques. De temps en temps, ils se rencontraient tous les trois. Narcissa préparait du thé et ils devisaient tranquillement de tout et de rien, surtout pas de la guerre, des difficultés rencontrées par leur Maître pour recruter de nouveaux partisans qu’il devait aller chercher loin de l’Angleterre, des ennuis causés par les Aurors ou ces terroristes de l’Ordre du Phénix, de la résistance des élèves de Poudlard qui avaient refusé de rejoindre l’armée sombre, oui, même les Serpentards. Non, de tout cela ils ne parlaient pas, enfin pas vraiment, juste pour déplorer la longueur et la rudesse de la guerre qui opposait le Bien et le Mal. Où était le Bien, où était le Mal, ils ne le disaient pas. Quelquefois, dans les couloirs de la Forteresse, ils croisaient Nagini, le serpent du Lord Noir. Le pauvre animal n’était plus que l’ombre de lui-même. Il avait eu la mauvaise idée de se plaindre en Fourchelang, sifflant que son Maître le délaissait pour ne s’occuper que des jeunes sorciers du dernier étage. Depuis, il était en disgrâce et subissait le courroux de Lord Voldemort. Il encaissait des Doloris plus souvent qu’à son tour et rôdait tristement dans les couloirs. Il aimait vraiment son Maître et c’était bien le seul. A Poudlard en ce dimanche matin, la Grande Salle bourdonnait de conversations, de rires, d’exclamations. A la demande de Harry, les professeurs et les élèves étaient tous réunis. Les journaux apportés par les hiboux passaient de mains en mains. Tout le monde était joyeux, avec un peu de réserve de la part des professeurs. Seule, Trelawney qui n’était pas au courant de la présence de Draco à l’école hochait la tête en proclamant : « Je vous l’avait bien dit ! » Harry, vêtu sobrement d’une robe de sorcier noire, apparut à la porte de la Grande Salle. Tous les regards se tournèrent vers lui. Le bruit cessa. Le jeune Elu, l’Espoir de tous, prit la parole : « Mes amis, vous avez appris la nouvelle par la Gazette du Sorcier et vous vous réjouissez. Je dois cependant vous révéler un secret. Draco Malfoy n’est pas mort. » Il y eut des cris, des jeunes Pouffsouffles se mirent à pleurer. Sur les visages passaient des expressions de désespoir, de colère et de haine. Seuls, quelques Serpentards paraissaient soulagés. Harry leva les mains et continua : « Celui qui a été tué à Londres est un sosie. Le vrai Draco Malfoy est ici, à Poudlard. Mais rassurez-vous, ajouta-t-il rapidement en voyant une Serdaigle s’évanouir et plusieurs Griffondors brandir leurs baguettes, il y est depuis déjà deux mois et n’a jamais tué personne. Il était prisonnier de Voldemort et pour avoir refusé de le servir, il était enfermé dans un cachot. Le Lord Noir se servait de Polynectar et envoyait un sosie tuer à sa place pour se venger de lui. C’est le professeur Lupin qui l’a délivré et nous l’avons caché à Poudlard pour le protéger. Il est innocent de tous les crimes dont on l’accuse. » Le silence était si profond qu’on aurait entendu une fée voler. Le professeur Lupin se leva et dit : « Je confirme ce que dit Harry. J’ai trouvé Draco Malfoy dans les souterrains de la Forteresse, blessé et très faible. Nous avons décidé de le ramener à Poudlard en secret. Voldemort a voulu se venger en envoyant son sosie hier dans le métro de Londres où le jeune Auror l’a tué. --Madame Pomfresh l’a soigné, ajouta la directrice. Il a beaucoup souffert pendant sa détention. Pourtant il n’a pas cédé devant Voldemort. Il a été courageux et digne de la Maison Serpentard. --D’ailleurs, continua le professeur Slughorn, certains de ses amis étaient au courant de sa présence. Ils l’ont aidé à rattraper les cours et je les en remercie. Je suis heureux de voir que pas un seul Serpentard n’a suivi la voie des Ténèbres. » Les professeurs souriaient, les élèves se tournaient les uns vers les autres et commençaient à murmurer. Harry reprit alors : « Je dois cependant vous mettre au courant de quelque chose qui vous montrera jusqu’où est allé Voldemort dans sa vengeance. Il a privé Draco de ses pouvoirs magiques. Notre camarade est aussi démuni qu’un Moldu. Ce qui est plus courageux encore que le reste, c’est qu’il avait le choix : il aurait pu obéir à Voldemort et rester sorcier. Il a préféré être sans pouvoirs mais libre. C’était un choix difficile mais il l’a fait. Je vous demande d’accueillir Draco Malfoy comme il se doit. » Harry s’écarta de la porte et le jeune homme blond, que tous ici croyaient connaître sous un si mauvais jour, Draco Malfoy, le nouveau héros du monde sorcier, entra. Il y eut un « Oh ! » de stupéfaction. Draco s’était arrêté à l’entrée de la Grande Salle. Il était beau à couper le souffle et il portait des vêtements moldus : un jean qui moulait ses hanches minces, un pull bleu qui faisait ressortir ses yeux gris et même des baskets, sobres et de grande marque, mais moldues tout de même. Ses cheveux clairs descendaient gracieusement dans son cou. L’Ange blond, le beau Draco Malfoy, le Prince des Serpentards était de retour.A l’intérieur de lui, il mourait de peur mais rien ne transparaissait sur son visage impassible. Le silence dura quelques brefs instants puis il sourit, non pas d’un sourire méprisant comme autrefois mais un vrai sourire franc et sincère. Cela fit comme un choc dans la salle. D’un coup, Grégory se leva à la table des Serpentards et se mit à applaudir, immédiatement suivi par tous ses camarades. Les Pouffsouffles puis les Serdaigles se mirent de la partie, d’abord timidement puis franchement. Les Griffondors furent les derniers à suivre , imitant Harry qui souriait lui aussi. Tous les professeurs applaudissaient, même Trelawney qui répétait une deuxième fois : « Je vous l’avais bien dit » sans se rendre compte qu’elle se contredisait elle-même. Blaise et Vincent se précipitèrent vers Draco et l’entraînèrent à leur table. Tout le monde se mit à parler en même temps. On lui souhaitait la bienvenue comme s’il sortait d’une longue maladie. Ses proches lui donnaient des tapes amicales dans le dos. Des deuxièmes et des troisièmes années qui normalement n’auraient jamais osé lui adresser la parole le félicitaient, une fille voulut même l’embrasser mais se fit repousser sans ménagement par Pansy. C’était un joyeux charivari et Draco était un peu ahuri par toutes ces démonstrations d’amitié. Il n’aurait jamais cru qu’on lui ferait une telle fête. Quand enfin tout se calma, qu’il eut devant lui son thé préféré et des muffins appétissants, il leva les yeux, cherchant Harry du regard. Les yeux gris et les yeux verts se rencontrèrent et le même sourire fleurit sur leur lèvres. Tout s’était bien passé. Le Seigneur des Ténèbres avait raté sa vengeance. Draco Malfoy était vivant et bien vivant. Plus encore, il avait regagné l’estime des siens. Et c’était à Harry qu’il le devait. Le jeune homme blond se demanda s’il avait déjà été aussi heureux qu’aujourd’hui. Il eut malgré tout un pincement au cœur en pensant à son père et à sa mère. Il aurait bien voulu leur faire savoir qu’il était sain et sauf mais il se voyait mal envoyant un hibou à la Forteresse Sombre. Il n’en eut pas besoin. Dès la fin du petit déjeuner, des courriers partirent dans toutes les directions, chaque élève tenant à raconter cette extraordinaire histoire à ses parents. Au début de l’après-midi, Rita Skeeter elle-même se fit annoncer. Elle travaillait maintenant pour le Chicaneur et avait retrouvé toute sa superbe. Se souvenant que c’était dans ce journal que Harry avait raconté le retour de Voldemort, Draco lui accorda une interview. La plume à papotes remplit joyeusement son office et l’annonce du retour et de l’innocence du beau Draco fit le tour du pays et se répandit même en France à Beauxbâtons et dans les pays nordiques à Durmstrang. La forteresse Sombre retentit des hurlements de rage du Maître des Ténèbres. Personne, sauf les enfants de la Couronne d’Or, ne fut épargné. Bellatrix Lestrange, la farouche groupie et Peter Pettigrow, l’homme à la main d’argent eux-mêmes, plièrent l’échine sous les insultes. Lucius et Narcissa Malfoy durent demander pardon à genoux pour avoir mis pareil dégénéré au monde. Severus Snape reçut quelques coups lui aussi et il dut assister impuissant au supplice de Nagini que Voldemort ne supportait plus et qui reçut tant de Doloris qu’il ne pouvait plus relever la tête. Seul son Maître le comprit quand il siffla tristement qu’il voulait mourir. Le lendemain, on le chercha dans toute la Forteresse mais il avait disparu. Puis le Maître des Ténèbres se calma. Il regagna son bureau et entreprit de préparer la guerre. Il récapitula ses forces. Il avait environ mille Mangemorts mais ils n’étaient pas tous aptes au combat. Les plus anciens, ceux qu’il avait recrutés lors de sa première prise de pouvoir, ne pensaient qu’aux avantages acquis. Ils devenaient mous, presque lâches. Et il avait du mal à recruter des jeunes sorciers en Angleterre. Il fallait aller les chercher de plus en plus loin et leur promettre de nouveaux avantages. Le jour de la bataille finale, il voulait attaquer plusieurs objectifs en même temps pour vaincre sur toute la ligne. Il lui faudrait diviser ses forces et trouver de bons chefs. Mais il garderait les meilleurs combattants pour conquérir Poudlard. Il désirait plus que tout soumettre ces jeunes gens qui complotaient contre lui, en particulier le Balafré qui lui avait toujours échappé. Et dire que Malfoy l’avait rejoint, lui, au lieu de lui faire allégeance ! Sa haine revint. Bon, il pouvait compter sur plusieurs alliés. Trois Géants arrivaient par le sud, semant un peu la désolation sur leur passage, mais jusqu’à maintenant, les Moldus croyaient à une succession de tempêtes. Il avait réussi à capturer au Pays de Galles un dragon vert gallois et à l’amener dans la Forteresse où il hibernait pour le moment. Les Chimères et les Harpies étaient de son côté ainsi que Greyback et toute une troupe de Loups Garous, tous jeunes et avides de batailles. Il avait aussi les Détraqueurs. Ceux-ci s’impatientaient. La prison d’Azkaban leur manquait car ils y trouvaient des sorciers à tourmenter et des âmes à aspirer. Alors, de temps en temps, Voldemort les lâchaient contre des Moldus et il y avait des catastrophes, des épidémies, des révoltes. Jusqu’à présent, personne n’avait le pouvoir de les détruire, seulement de les éloigner avec des Patronus. Mais un sorcier de l’autre camp pouvait découvrir un sortilège pour les faire disparaître définitivement. Et bien sûr, il avait les Inferis … Enfin, en ce moment, ses émissaires essayaient de convaincre les Gobelins de se ranger à ses côtés. Ceux-ci tenaient la banque Gringotts. S’il pouvait mettre la main sur l’argent sorcier, il priverait ses adversaires de ressources et les forcerait à capituler. Mais jusqu’à présent, ils n’avaient pas eu de succès. Bill Weasley faisait de la propagande pour son camp. Dire que l’un de ses anciens Mangemorts avait réclamé sa femme Fleur, la demi Vélane, comme prise de guerre s’il gagnait la bataille !!! Ils n’avaient plus aucune ambition, seulement des goûts de pouvoir et de profit. Le Lord Noir ruminait sa rage et sa déception. Reconquérir sa puissance était plus difficile qu’il ne le pensait. A l’école au contraire, la journée avait été très joyeuse. Théodore avait demandé à Draco s’il voulait de nouveau partager leur dortoir. Le jeune homme avait accepté en se disant qu’il pourrait de toutes façons retourner dans l’appartement de Harry quand celui-ci viendrait à Poudlard. La compagnie lui manquait, les jeux , les rires et les blagues entre garçons du même âge en particulier. Et puis, il sentait obscurément qu’il aurait besoin de protection maintenant que sa présence à l’école avait été révélée. Tant que Harry était là, il n’y aurait pas de problème mais son ancienne réputation avait la vie dure et il était maintenant sans défense même face à un jeune deuxième année. On allait donc revoir la bande à Malfoy dans les couloirs du château. Harry approuva sa décision. Sur les entrefaites, Ron et Hermione arrivèrent dans la soirée.. Ils avaient appris que dans le sud du pays, un seigneur Mangemort se croyait revenu au Moyen Age et tourmentait ses serviteurs et toutes les personnes qui habitaient sur ses terres. C’était le genre de mission que Harry et ses amis avaient accepté de remplir pour le Ministère. La renommée du Survivant lui donnait une grande autorité morale et il faisait entendre raison à ceux qui abusaient de leur position sociale ou de leur pouvoir. Du coup, il annonça à Draco qu’il quittait Poudlard le lendemain avec ses amis. Mais pour la dernière nuit. il ne vint pas « juste » dormir dans la chambre voisine de la sienne. Harry se montrait amical avec Draco mais sans plus. La nuit du « juste dormir » l’avait troublé plus qu’il ne croyait mais à y bien réfléchir, il pensait avoir eu une sorte de coup de chaleur. Il n’était pas homo ou ne disait-on pas « gay » ? il en était seulement à se poser la question. Cependant, juste avant son départ, alors que Ron et Hermione l’attendaient dans le grand Hall, il vit la tristesse du Serpentard qui lui disait au revoir dans le salon. Il vint vers lui, mit ses mains en coupe autour de son visage et l’embrassa sur les lèvres sans approfondir. Draco le prit dans ses bras et le serra très fort contre lui. Ils ne dirent rien et se séparèrent. Harry partit et Draco resta mais ils avaient au cœur le même désir de se revoir et de continuer ce qui avait commencé entre eux. Draco s’installa dans les dortoirs des Serpentards et de nouveau, il attendit le retour de son Griffondor. Il ne se doutait pas que Grégory et Vincent l’avaient percé à jour. Ses yeux brillaient trop fort quand il prononçait le nom de Harry. Cela ne dérangeait pas ses deux amis. Il était loin le temps où les anciens ennemis s’injuriaient ou se battaient au détour des couloirs. La menace de guerre soudait les élèves de Poudlard comme jamais depuis la fondation de l’école. Et puis ce fut le 14 février, le jour de la saint Valentin, la fête des amoureux. OoOoOoOoOoO Cela commença au petit déjeuner. Dans la Grande Salle, des petits cœurs explosifs flottaient un peu partout. C’était l’une des dernières inventions de Fred et Georges. Dès que des amoureux passaient près d’eux, ils explosaient en lançant une poignée de confettis puis ils reprenaient leur forme et recommençaient un peu plus loin. Il y avait donc beaucoup de petits « pschitt » et beaucoup de confettis partout. L’autre invention remarquable des jumeaux, c’étaient les lettres ailées. Les amoureux écrivaient leurs déclarations sur des petits parchemins, les roulaient et les attachaient avec un ruban spécial. Dès que le ruban était noué, il lui poussait des petites ailes. Il suffisait de murmurer le nom de l’ élu(e), pour que le parchemin s’envole, se dirige vers la personne désignée et se pose gracieusement devant son assiette. Il y avait tellement de lettres ailées ce matin-là au petit déjeuner qu’il se produisait des collisions. Certains ou certaines recevaient tant de parchemins que le tas ressemblait à une petite montagne. Il s’y ajoutait parfois des boîtes de chocolat. Enfin, c’était un tohu-bohu général. Draco fut surpris de recevoir autant de messages. Il n’était réapparu que depuis quelques jours et son succès ne se démentait pas. Il déroulait les lettres et lisait en souriant les déclarations, les propositions de rendez-vous, les petits mots gentils. Beaucoup de messages venaient des filles de Serpentard, plusieurs de Pouffsouffles, quelques uns de Serdaigle et un seul de Griffondor, de Lavande Brown, qui le regardait de loin d’un air énamouré. Il eut aussi la surprise de recevoir quatre lettres de garçons, sa position de bisexuel étant plus ou moins connue parmi ses camarades. Il souriait mais lui ne pensait qu’à Harry. Le séjour des trois Griffondors dans le sud de l’Angleterre se prolongeait. Minerva McGonagall avait dit à Draco que Ron, Hermione et Harry avaient remarqué les étranges marques laissées par de soi-disant tempêtes. Ils faisaient une enquête pour connaître le fin mot de l’affaire. La directrice avait demandé l’aide de Draco. Comme il suivait moins de cours que les autres, elle lui avait proposé de devenir son secrétaire. Le Ministère envoyait sans arrêt à l’école des formulaires à remplir et elle manquait de temps car elle avait repris ses cours de métamorphoses. Heureux de se rendre utile, Draco avait immédiatement accepté. Il avait écrit un message à Harry pour la saint Valentin. Mais comme il ne savait pas où l’envoyer, il l’avait posé sur son oreiller. Le Griffondor le trouverait à son retour. Il avait décidé de lui dire qu’il l’aimait vraiment, qu’il voulait vivre avec lui pour toujours et qu’il l’aimerait toute sa vie même si lui, Harry, n’était pas homo. Mais étrangement, Draco ne savait pas comment dire ces choses-là. Alors il avait seulement écrit : Harry, je t’aime. Draco. Il avait roulé le parchemin, avait noué le ruban et avait murmuré le nom. Il savait que Harry était trop loin pour le recevoir. Ce genre de courrier ne marchait que si les deux personnes étaient présentes dans la même pièce. Mais la magie de Fred et de Georges était peut-être plus forte que prévue ou quelque chose de mystérieux s’en mêla. Dans la nuit , alors que Draco dormait en faisant des rêves dorés où Harry avait un rôle bien particulier, une nuit où quelques mots murmurés dans son sommeil firent sourire Grégory et Vincent, ses voisins de lit, une nuit simple et tranquille donc, le parchemin disparut en produisant un rayon de lumière. Harry le trouva au matin sur son oreiller dans la chambre du « Bed and Breakfast » de Miss Harriet Simson où lui, Ron et Hermione étaient descendus la veille. Il le déroula et la surprise le cloua sur place. |