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ATTENTION ce chapitre est un lemon. Il contient des scènes de sexe explicite entre deux garçons. Le rating passe à M. Disons que si vous avez moins de 16 ans, lâchez votre ordi, sortez votre téléphone portable et envoyez des S.M.S. à vos copains et copines ou alors respirez un bon coup avant de lire et dites-vous que faire l’amour par amour, c’est une belle chose. Chapitre 5 : Et Harry aima Draco … Harry serrait sur sa poitrine un petit parchemin déroulé, sa première vraie lettre d’amour si on exceptait la déclaration foireuse de Ginny lors de sa deuxième année : « Ses yeux sont verts comme un crapaud frais du matin … » et les billets enflammés qu’il recevait le jour de la Saint Valentin et qu’il ignorait en riant. La Saint Valentin, c’était hier et Draco avait pensé à lui. Trois mots, trois petits mots : « Harry, je t’aime. » et il fondait de bonheur. Il avait hâte de revenir à Poudlard mais hélas, ce ne serait pas pour tout de suite. Il regarda la chambre qu’il occupait dans le « B. and B. » où ils avaient atterri la veille, une vraie chambre de jeune Moldu avec ses affiches de foot, ses raquettes de tennis, ses disques et ses jeux vidéos. Ron et Hermione dormaient à côté dans la chambre d’hôtes, entièrement décorée de petits rideaux roses et de napperons de dentelle. Mais tous les trois avaient l’habitude de ces endroits hors du temps où ils faisaient halte au cours de leurs missions. Ron, en vrai sorcier de sang pur, était parfois surpris par l’aspect kitch des décors mais pour Harry et Hermione, c’était familier. La tante Pétunia aussi aimait les napperons de dentelle. Cette fois pourtant, ils avaient dû faire appel à la magie. Ils étaient allés voir ce Seigneur Mangemort qui se croyait tout permis. Il était âgé et d’une obstination sans bornes. Il avait fallu que Harry se fâche pour qu’il entende raison. Quand les objets avaient commencé à vibrer, que portes et fenêtres claquèrent avec bruit, il avait enfin consenti à donner des vêtements et la liberté aux elfes de maison qu’il martyrisait et à rendre l’argent qu’il avait extorqué à ses fermiers et à ses locataires. Mais il avait la rancune tenace et il avait prévenu son Seigneur et Maître, Lord Voldemort. Le lendemain, alors qu’ils s’apprêtaient à transplaner pas très loin du lieu où ils avaient passé la nuit, Harry, Ron et Hermione avaient vu arriver deux étranges Moldus : l’un portait un costume complet de chasseur mais il avait de hautes bottes de pêcheur, l’autre était en habit de cérémonie noir mais à la place de chapeau haut-de-forme, il arborait un casque jaune d’ouvrier de chantier. C’était à ces tout petits détails qu’on repérait les sorciers déguisés. Les trois amis étaient de taille à les affronter mais ils préféraient ne pas se faire remarquer. Ils avaient donc transplané aussitôt puis pour être sûrs de n’être pas suivis, ils avaient encore transplané deux fois de suite. Mais désormais, ils ne pourraient plus fréquenter les « B. and B. », Voldemort les ferait surveiller. Harry soupira. Leur prochaine étape était le Ministère de la magie et il savait déjà qu’il serait difficile de convaincre Rufus Scrimgeour et les autres. Pourtant, il n’y avait aucun doute : trois Géants remontaient vers le nord et même si les témoins étaient peu nombreux et si leurs proches les traitaient de vieux gâteux, quatre papys revenant d’un pub avaient bien vu un porte-containers au large et trois grosses masses qui flottaient sur l’eau : des géants qui s’approchaient de leur plage. Les petits vieux n’en démordaient pas. Les émissaires de Voldemort avaient donc réussi à attirer des alliés dans le camp de leur Maître. Harry se prépara. Il rangea la lettre dans sa poche intérieure, tout près de son cœur et partit retrouver Ron et Hermione. Eux trois au moins savaient s’habiller correctement en Moldus. Ils payèrent l’aimable hôtesse avec des livres anglaises que Harry avait échangé contre des gallions à Gringotts. Gringotts, encore un problème à régler, des négociations à entamer. Hermione était sûre que si on concluait avec les Gobelins un nouveau traité leur accordant la liberté pleine et entière et le statut de personnes magiques, ils se rangeraient immédiatement à leur côté. Pourquoi étaient-ils tenus en quasi esclavage ? C’étaient des êtres remarquablement intelligents et très habiles de leurs mains. Mais cela dérangeait beaucoup de monde, surtout des gens influents. Dolorès Ombrage disait partout que c’étaient des créatures répugnantes comme les elfes de maison, les sirènes , les centaures et bien sûr les Loups-Garous et elle avait des partisans ou du moins des gens disposés à l’écouter et même à la suivre dans ses raisonnements d’un autre temps. L’ennemi était à leur porte et certains semaient la zizanie à loisir. L’entrevue au Ministère fut telle que Harry l’avait imaginée. Des géants en Angleterre ? Impossible, ils avaient tous été exterminés. Ils passèrent à Godric‘s Hollow mais aucune nouvelle ne les y attendait. Le corbeau noir n’avait pas apporté de messages. L’Ordre du Phénix n’avait pas besoin d’eux. Alors Harry se dit qu’il était temps d’aller faire un tour à Poudlard. Il voulait discuter de stratégie, récapituler les forces de l’école, demander aux différents groupes s’ils avaient des nouveautés à présenter, rechercher des élèves ayant des pouvoirs spéciaux comme la petite à l’araignée géante … Il voulait revoir son Serpentard. Ils arrivèrent le samedi en fin de matinée. Les élèves étaient encore en cours, les couloirs étaient vides. Ils montèrent jusqu’au bureau de la directrice, croisant Peeves qui se faisait discret en présence de Harry. Il n’avait pas oublié le jour où le jeune sorcier, excédé par ses farces, l’avait ligoté sur une chaise pendant des heures. Les élèves, ravis de son impuissance, lui avaient jeté à la figure des tomates et des trognons de choux. Douce vengeance contre le petit homme qui ne cessait de les harceler. Harry vit Draco au déjeuner à la table des Serpentards, lui s’asseyant aux côtés de ses amis à celle des Griffondors. Ils se sourirent, se firent un signe de la main signifiant « A tout à l’heure ! » Mais Harry était pris par toutes sortes de réunions et d’obligations. En fin d’après-midi seulement, ils se croisèrent au détour d’un couloir. Harry tenait à la main la carte des Maraudeurs. Des groupes d’élèves passaient à côté d’eux. Harry dit rapidement :« Je te cherchais. Viens ce soir dans mon appartement.--Juste pour dormir ? souffla Draco--Non, » répondit le jeune homme brun avec un sourire. Et il se dirigea vers le professeur Lupin qui l’attendait un peu plus loin. Après le dîner, quand Draco entra dans le salon, Harry se leva du canapé où il attendait en tremblant un peu. Ils se regardèrent. Ils n’eurent pas besoin de paroles. Ils firent chacun deux pas et se retrouvèrent dans les bras l’un de l’autre, leurs lèvres soudées par un profond baiser, leurs deux corps rivés ensemble. Ils entrèrent dans un paradis de lumière où ils étaient merveilleusement seuls Le château et ses habitants avaient disparu. Il ne restait qu’eux et l’amour Ils se dirigèrent vers la chambre de Harry tout en se dépouillant l’un l’autre de leurs encombrants vêtements et en échangeant de multiples baisers. Ils ne portaient plus que leur boxer quand les jambes de Harry heurtèrent le bois du lit. Il tomba en arrière, entraînant Draco au dessus de lui. Le jeune homme blond ne demandait que ça et commença à embrasser, à caresser le visage puis le cou et la poitrine qui s’offraient à lui. Ses caresses et ses baisers provoquaient chez Harry des secousses de plaisir. Il gémit soudain quand Draco mordilla ses tétons. Ses mains s’accrochaient aux doux cheveux blonds, se crispaient sur les épaules rondes, erraient sur la peau laiteuse du dos. Il n’était que plaisir et quand il sentit sa magie se manifester en lui, il la domina aisément. Les lèvres de Draco descendaient plus bas, ses mains repoussaient l’élastique du boxer, sa langue traçait des cercles autour du nombril puis en titillait le centre. Il descendit encore un peu puis leva la tête pour fixer Harry dans les yeux. Le regard vert ne le quittait pas, Il y lut la joie, la curiosité, le désir aussi et il reprit son exploration amoureuse. Il sentit contre sa joue le sexe dressé, descendit encore, posant des baisers le long des cuisses fermes, puis il remonta et sa bouche toucha les bourses tendres. Sa langue caressa, se promena, lécha. Ses lèvres se posèrent sur la verge dure, remontèrent jusqu’à la pointe rouge et tout à coup, sa bouche avala le membre tendu et entreprit de le caresser du haut en bas et du bas vers le haut. Harry se tordit un peu et poussa un cri. Le plaisir était fulgurant, au delà de tout ce qu’il avait pu imaginer dans son ignorance. Draco était superbement doué et l’amour qu’il portait à Harry le poussait à multiplier les préliminaires. Il voulait que sa première fois soit inoubliable. Il remonta jusqu’à son visage, écouta la respiration saccadée, posa son front sur celui du jeune homme brun dont les yeux brillaient comme des diamants verts. Ils avaient tous les deux besoin d’un instant de pause pour écouter leurs cœurs battre à l’unisson. Soudain, Harry poussa Draco de côté et se mit au-dessus de lui. Il voulait mener le jeu à son tour. Il apprenait vite. Le jeune homme blond le laissa faire, heureux que sa leçon d’amour ait un tel succès. Il se laissa embrasser, mordiller lécher. D’habitude, il ne laissait personne profiter de son corps mais c’était Harry et il était si heureux … Mais il voulait aller plus loin et de nouveau, il s’allongea sur le corps nu de Harry. Il était nu lui aussi et leurs deux virilités dressées se touchèrent. Elles étaient aussi brûlantes l’une que l’autre. Les yeux gris couleur d’orage fixèrent les yeux verts couleur d’eau profonde. Le temps s’arrêta et Draco sut que le moment était venu. Il glissa ses genoux entre les jambes allongées sous lui, faisant s’ouvrir les cuisses dures. Harry gémit et se crispa. Draco posa de nouveau ses lèvres sur les siennes, sa langue pénétra dans la bouche entrouverte et l’explora, attirant ainsi l’attention de Harry. C’était le moment délicat, son jeune partenaire était vierge et sans doute ignorant de ce qui allait se passer, de la douleur avant le plaisir. Sans lâcher Harry des yeux, Draco posa des baisers rapides sur son visage, son cou, sa poitrine. L’une de ses mains entoura le sexe dressé et le caressa tandis que l’autre se glissait entre les fesses dures. Un doigt passa l’anneau de chair puis deux puis trois. Harry eut mal, il cria et se tordit mais Draco accentua les caresses pour le distraire de la douleur. Puis les doigts se retirèrent et Harry se sentit vide tout à coup. Mais cela ne dura pas longtemps. A son tour, le sexe érigé de Draco passa la barrière et entra en entier dans son intimité. Il aurait dû souffrir car c’était la première fois mais en fait, passée une douleur rapide, il se sentit merveilleusement bien. Il se sentit … entier. Il avait trouvé la moitié qui lui manquait. Il remua légèrement, attirant son partenaire encore plus en lui. Draco commença un mouvement de va-et-vient dans l’antre chaud que son sexe comblait et vint frapper un point précis, provoquant en Harry un plaisir fulgurant. Il gémit et le son assourdi les libéra tous les deux. Le jeune homme blond accéléra son mouvement. Chaque coup de rein était source de plaisir partagé. La sueur coulait le long de son dos. Il donnait de l’amour comme il ne l’avait jamais fait, lui qui pensait d’abord à son propre plaisir quand il invitait des filles ou plus récemment des garçons à partager son lit. Harry gémit de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il jouisse et que son essence s’écoule sur son ventre. Draco se tendit et jouit à son tour quand l’anneau de chair se resserra soudain sur son sexe Puis il s’écroula sur le corps de son partenaire. Il leur fallut du temps pour que leur souffle saccadé s’apaise un peu. Draco se retira doucement de l’intimité de Harry et enfouit son visage dans son épaule. Ils ne bougeaient plus, ne disaient rien mais leur immobilité et leur silence parlaient pour eux. C’était un moment si extraordinaire qu’ils avaient du mal à émerger. Draco avait réalisé son rêve : faire l’amour à Harry , il espérait que le bonheur qu’ils venaient de vivre lui donnerait définitivement le cœur de son beau brun. Celui-ci ne savait pas encore si ce qu’il éprouvait pour Draco était de l’amour ou si c’était seulement une attirance physique mais une question l’effleura : était-ce cela, être homo ? Si oui, alors, sans aucun doute, il l’était. Mais la fatigue le terrassa soudain. Son corps venait de vivre un moment très éprouvant et il avait dû en même temps dompter sa magie qui menaçait de s’inviter à la fête. Draco aussi était épuisé d’avoir retenu longtemps sa passion et son désir pour donner à son jeune amant le plus de bonheur possible. Harry sentit qu’il était temps pour eux deux de dormir. Il lança sur eux un léger sort de nettoyage, fit apparaître deux pyjamas qui les recouvrirent sans qu’ils aient besoin de bouger et attira sur leurs corps enlacés les draps et les couvertures. Il s’installa confortablement dans les bras de Draco et cala sa tête sur son épaule. Avant de plonger dans le sommeil, il voulut lui faire savoir tout le plaisir qu’il lui avait procuré. Ne sachant trop que dire, il murmura à son oreille : « Merci. » Ce n’était pas tout à fait ce que le jeune homme blond avait espéré . Alors, ce fut lui qui le dit pour eux deux. : « Je t’aime … Dors, Harry. » OoOoOoOoOoO Harry était du matin, Draco ne l’était pas. Le jeune homme brun se réveilla donc le premier. Les yeux fermés, il écouta. Il y avait quelque chose de bizarre. Il entendait une autre respiration que la sienne. Où était-il ? Lui, Ron et Hermione étaient souvent en déplacement. Le matin, il devait parfois faire un effort pour se rappeler où il se trouvait. Puis le souvenir lui revint et il se réveilla tout à fait. Il ouvrit les yeux. Draco était allongé à côté de lui. Il était si beau dans son abandon que le cœur de Harry fit un bond dans sa poitrine. Ce visage apaisé … Ces yeux clos … Ces blonds cheveux étalés sur l’oreiller … Un Ange endormi, voilà à quoi ressemblait Draco ce matin-là. Harry resta un long moment à l’admirer. Il se rappelait de ce moment magique où ils s’étaient donnés l’un à l’autre. Il eut soudain envie de tendre la main, de le réveiller, de l’embrasser, de … Mais non, Harry n’était pas …pas encore … dominé par la passion. Une réunion importante avec les préfets de Maisons et certains professeurs était prévue après le petit déjeuner. Il décida de laisser dormir son bel Ange blond, d’aller prendre une douche et de se préparer. Il vit, répandues en désordre sur le sol, leurs vêtements de la veille. Avec un sourire, il les rassembla d’un simple geste de la main, attira à lui de la même façon de quoi se changer et passa dans la salle de bain. Il était sous la douche quand il sentit une présence derrière lui. Deux bras l’encerclèrent, une tête se posa sur son épaule, un corps nu se colla au sien. Des dents mordillaient son cou et une voix enjôleuse murmurait à son oreille : « Déjà levé, amour ? Il est trop tôt. Viens, je voudrais te dire bonjour d’une façon qui te plaira, j’en suis sûr. Viens, j’ai très faim de toi. Après, tu demanderas à Dobby de nous apporter le petit déjeuner. C’est dimanche, nous pouvons passer la matinée au lit … » En même temps, il promenait ses mains sur la poitrine, sur le ventre de Harry. Il saisit le sexe qui déjà s’érigeait et commença des mouvements de va-et-vient très suggestifs. L’eau cessa de couler, leurs respirations s’accéléraient, le désir prenait possession d’eux d’une manière irrésistible. Harry voulut parler mais les mots s’arrêtèrent d’eux mêmes. Il s’appuya au mur de la douche, baissa un peu la tête et ne protesta pas. Il en avait envie autant que Draco qui posait des baisers sur ses épaules. Les caresses se faisaient plus rapides. Harry sentait derrière son dos la virilité brûlante du beau blond qui avait maintenant plus l’air d’un Démon tentateur que d’un Ange. Il soupira puis gémit quand le sexe dur le pénétra avec lenteur. Bien sûr, il eut mal, son intimité se souvenait encore de la veille mais c’était passager car ce qui venait ensuite le comblait de plaisir. C’était pareil et pourtant c’était différent mais c’était aussi fort, aussi magique que la première fois. Magique … Merlin ! Harry n’avait pas réussi à dompter complètement sa magie. Elle rayonnait doucement par tous les pores de sa peau. Draco la sentait et en était enivré. La magie lui manquait cruellement et le fait de partager un peu celle de Harry le comblait de bonheur. Ils se séparèrent. Leurs jouissances avaient eu lieu presque en même temps. Harry se retourna et regarda le visage levé vers lui. Etait-ce une impression ou de l’eau coulait sur les joues de Draco ? Ils étaient immobiles et reprenaient leur souffle, appuyés à la paroi de la douche. Ils ne se quittaient pas des yeux. Puis tout à coup, Harry revint à la réalité. Il était censé participer à une réunion et au lieu de cela, il faisait l’amour avec son beau blond ! Il sortit de la douche en trombe, prit à peine le temps de se sécher et s’habilla d’un revers de main. Le temps de dire « A tout à l’heure ! » et il avait déjà quitté l’appartement. Draco traîna un peu, ce n’était pas de tout repos d’avoir le Sauveur du monde sorcier comme amant. Il remit ses vêtements de la veille et se rendit rapidement dans le dortoir des Serpentards pour se changer avant d’aller prendre son petit déjeuner. Il tomba sur Blaise qui le harcela de question. « C’est qui cette fille pour qui tu as découché ? C’est qui hein ? C’est qui ? » Mais Draco ne dit rien et garda toute la matinée un air rêveur. Il ne savait pas que quelqu’un l’avait surpris alors qu’il sortait de l’appartement, les cheveux encore humides, les vêtements un peu froissés, le sourire aux lèvres. Au détour du couloir, un Griffondor venant à la rencontre de Harry l’avait vu passer. Draco avait tout à fait l’air de quelqu’un qui vient de faire l’amour et comme seul le célèbre Griffondor logeait dans cette partie du château, le jeune visiteur avait aussitôt sauté à des conclusions extrêmes. Harry était bi comme Malfoy qui ne cachait pas sa double préférence sexuelle. Ce dernier avait embobiné l’Elu sans doute pour lui extorquer des faveurs et il l’avait rejoint dans son appartement en usant avec lui du célèbre charme Malfoy. Le Griffondor un peu trop curieux était l’un des quatre garçons qui avait envoyé une lettre ailée à Draco le jour de la saint Valentin. Il eut un méchant sourire et vit immédiatement le parti qu’il pouvait tirer de sa découverte. Pendant ce temps, la réunion avait commencé dans l’une des salles de classe vide. Il y avait la directrice, les professeurs Slughorn, Lupin, Chourave et Flitwick, responsables des quatre Maisons, les préfets en chef, Suzanne Denver de Serdaigle et Reginald MacBerlan de Serpentard et les huit préfets et préfètes de chaque Maison. Harry avait demandé la présence de Hagrid et chose étrange, le professeur Binns, le fantôme, s’était invité tout seul. Harry annonça d’emblée la mauvaise nouvelle : l’arrivée des géants. Ainsi la bataille finale était proche et elle promettait d’être terrible. De combien d’alliés aussi dangereux Voldemort disposait-il ? Il fallait imaginer les ressources de l’ennemi et voir comment y faire face. Trois géants ? Hagrid se gratta la tête. Son demi-frère Graup avait grandi et forci depuis son arrivée. Petit à petit, il se civilisait. Il parlait assez bien l’anglais et logeait dans une grande caverne de la Forêt Interdite. Mais même si maintenant il savait manier toutes sortes d’armes comme une énorme épée tranche-montagne ou un lourd fléau d’armes, il ne pouvait faire face à trois de ses congénères, même avec l’aide de Hagrid. De plus, les Géants avaient une peau épaisse et résistaient aux sortilèges communs. Mais ils avaient un point sensible : comme Achille, ils étaient vulnérables au talon. C’était une piste à explorer. Les Détraqueurs aussi posaient problème. Presque tous les élèves de cinquième, sixième et septième années pouvaient produire des Patronus mais repousser les Noirs Esprits ne suffisait pas, il fallait les détruire ou au moins les affaiblir. Ce fut à ce moment qu’il y eut la première bonne nouvelle de la réunion. Une Serdaigle et un Pouffsouffle avaient présenté ensemble une solution. Elizabeth Colwin, la Serdaigle, était la fille de deux Moldus, professeurs de sciences à l’Université et elle était surdouée en physique. Elle avait failli ne pas venir à Poudlard car ses parents auraient préféré qu’elle suive une filière classique. C’était elle qui avait pris la décision. Elle regrettait seulement une chose : le château n’avait pas l’électricité. Elle prétendait avec raison qu’il fallait utiliser les bonnes inventions des Moldus. Elle avait découvert que les Détraqueurs n’avaient pas de consistance réelle. Ils étaient seulement l’expansion d’un champ de force. Elle prétendait que si elle avait disposé d’une source d’électricité, elle aurait pu réaliser un contre-champ qui neutraliserait les Détraqueurs et les transformerait en une petite bille d’énergie facile à capturer et à détruire. C’était là qu’intervenait Greg Larnegan, le Pouffsouffle. Eperdu d’amour pour la brillante Serdaigle, il lui avait proposé de l’ « éclectricité ». Il avait fait ami-ami avec une machine moldue déglinguée qui roulait en ferraillant dans la Forêt Interdite. Il avait eu l’occasion de la réparer un jour où elle avait été blessée par la chute d’un arbre. Elle avait des gros yeux « éclectriques » et il avait trouvé comment ils fonctionnaient. Greg était un sorcier de Sang Pur et il avait des mains magiques de mécanicien. La vieille Anglia d’Arthur Weasley l’avait pris en amitié, il la bichonnait, la réparait, lui parlait et elle l’emmenait parfois en promenade dans des coins perdus de la Forêt Interdite. Elizabeth avait tout de suite vu le parti qu’elle pouvait tirer de la batterie de la voiture. Elle avait en tête les plans de son invention et la proposait comme arme pour la bataille. Ce fut avec joie qu’on lui donna toute latitude pour son travail. Reginald dit en riant que ces deux élèves étaient des « Saturday-Sunday »,ces élèves qui occupaient leur week-end à des hobbies un peu spéciaux. Harry repensa alors à la fille à l’araignée. Ah oui ! Cornélia Dellaz ! Pauvre petite ! Presque une Cracmol ! Elle parlait aux animaux et prétendait qu’ils lui répondaient … Une amie de Luna Lovegood … Mais Harry s’insurgea. Il avait vu cette jeune fille parler avec une araignée géante. Il fallait la contacter et lui demander comment elle avait fait … Puisqu’on en était aux élèves qui avaient d’étranges pouvoirs, Reginald, le préfet en chef, parla des deux Serpentard qui voyaient les Sombrals. Le plus jeune, un deuxième année qui avait vu mourir ses parents dans une violente explosion de chaudron, affirmait que les étranges chevaux-dragons venaient le voir quand il sifflait. Suzanne évoqua la Griffondor qui allait tous les dimanches et par tous temps jouer avec le calmar géant du lac. Elle prétendait que son arrière-arrière grand-mère était une ondine. Elle avait les pieds et les mains légèrement palmés. En quoi cela pouvait-il aider l’école à se défendre contre Voldemort, ils l’ignoraient encore mais cela rassurait de récapituler ses forces. Ils mirent en commun toute la matinée tout ce qui à leurs yeux pouvait constituer une défense contre l’attaque de Voldemort. Madame Pomfresh faisait provision de remèdes. Poudlard avait acquis des balais neufs très performants. Le professeur Slughorn avait confectionné un petit chaudron de Felix Felicis. Ils auraient tous besoin de chance le jour de la bataille. Binns assura d’une voix d’outre-tombe que tous les fantômes qu’il connaissait seraient présents, même la Veuve Pleureuse et le club des Chasseurs Sans Têtes de Sir Patrick Delaney-Podmore. Et ils ne seraient pas dans le camp du Lord Noir parce que celui-ci refusait de mourir. Draco et Harry se virent à peine au déjeuner, ils se firent juste un petit signe de loin, un geste qu’un Griffondor intercepta. Cela le conforta dans ses hypothèses. L’après-midi, le jeune chef de guerre fit le tour des groupes qui se spécialisaient dans des recherches particulières. Il assista au cours de sports de combat moldus que le Maître japonais enseignait. Il fut époustouflé. Les élèves étaient très bons et s’exerçaient avec acharnement. Au club des runes anciennes, Blaise lança quelques piques sur les sortilèges d’attraction qui avaient dû ensorceler Draco. Le beau blond avait découché la nuit précédente. Blaise lançait des paris sur la fille qui avait pu le harponner. Harry sourit vaguement. Quand il était plongé dans les préparatifs de la bataille, il ne pensait pas à son Serpentard favori et heureusement ! Cela aurait nui à sa concentration …Il n’y pensait pas ou alors juste un petit peu … le temps d’un flash … Draco … Il retrouva son beau blond dans le groupe de Pansy, celui qui s’occupait des anciens sortilèges d’amour, des sorts comme celui qui avait protégé le Survivant de l’Avada Kedavra de Voldemort. Il y avait dans la bibliothèque un vieux grimoire tout poussiéreux, très instructif mais écrit en latin. Draco avait appris cette langue dans sa jeunesse, avant ses onze ans. C’était très utile pour les noms des plantes et beaucoup de sortilèges avaient une version latine, compréhensible par tous les peuples sorciers. Le latin était depuis le Moyen âge une langue universelle. Draco avait donc proposé son aide. Eleanora Bockfeld, une très jolie Pouffsouffle du groupe, avait découvert une page relative aux philtres d’amour, ceux qu’on faisait boire à une personne dont on voulait se faire aimer. Leur effet ne durait jamais longtemps et on pouvait les contrer en murmurant des incantations. En apprenant cela, Harry eut une pensée pour les huit élèves enlevés par Voldemort. Si Hermione avait raison, si le Lord Noir voulait se faire aimer d’eux pour assurer sa protection, on pourrait peut-être les sortir d’affaire quand ils seraient libérés … après la guerre … s’ils gagnaient … Harry encouragea vivement la jeune fille à continuer son étude. L’après-midi passa vite et elle était épuisante pour Harry qui devait faire face à de nombreuses obligations. A l’heure du thé, il regagna son appartement pour faire une pause. Draco l’y attendait avec Dobby, Winky et un plateau chargé de réconfort. Harry s’effondra sur le canapé et après le départ des elfes de maison, le jeune homme blond prit dans ses bras le beau brun épuisé. Il caressa ses cheveux, posa des petits baisers pointus dans son cou, murmura les paroles gentilles qu’on dit à un enfant qui a trop présumé de ses forces. Draco comprenait la fatigue de Harry. Il ne pensait pas que le métier de Survivant, d’Elu, de Chef de guerre soit aussi usant. Tous ceux qui l’entouraient faisaient sans cesse appel à lui et il se donnait sans compter. Personne ne prenait en charge sa fatigue et sa peine. Sa magie avait beau être grande, trop grande pour un jeune homme de dix-sept ans, elle finirait par s’altérer, le laissant sans défense. C’était trop lourd à porter pour une personne seule. Draco sut à cet instant ce qu’il allait faire pour Harry. L’aimer, le protéger, lui donner de la force, même si ce n’était pas payé en retour. Tout en berçant son jeune amant à moitié endormi, Draco se fit cette promesse. Il aimerait Harry. Toujours. OoOoOoOoOoO A la fin du dîner, Harry fit signe à Draco de le rejoindre dans le Grand Hall. Il lui dit : « Attends-moi dans l’appartement, j’en ai encore pour une heure environ. --Attendre, toujours attendre, répondit Draco d’un ton boudeur. Je n’en ai peut-être pas envie. --Ah ! C’est dommage ! Demain c’est lundi, les élèves et les professeurs ont cours. J’aurais aimé faire la grasse matinée avec toi. Mais si ça ne te tente pas … » Ils se regardaient en souriant. C’était agréable de se taquiner un peu. « A tout de suite, » chuchota le beau blond et il s’éloigna, seul pour une fois. Un Griffondor se rendit compte de son absence alors que Harry rejoignait Théodore. Ils devaient discuter de stratégie. Le jeune Serpentard était un excellent tacticien. Il avait conçu des plans pour défendre l’école. Pendant ce temps, Draco se dirigeait vers l’appartement, le sourire aux lèvres. Tout à coup, au détour d’un couloir, il fut stoppé par un jeune homme, un Griffondor de sixième année, qui pointait sa baguette sur lui. Draco pâlit mais il ne montra pas sa peur soudaine. Il était sans défense et savait que plusieurs élèves doutaient de son innocence. Mais il fit face au danger avec l’air hautain de l’ancien Malfoy. « Qui es-tu ? Que veux-tu ? » demanda-t-il froidement. L’autre le regardait d’un air mauvais. « Ne prends pas ce ton avec moi , dit-il. Je m’appelle Ivon Dempsey. Je t’ai envoyé un message pour la saint Valentin. Tu n’as pas daigné répondre. Non, tu t’attaques à quelqu’un de bien plus important que moi. Tu veux corrompre Harry. Tu veux mettre le Sauveur du monde dans ton tableau de chasse. Tu lui feras du mal pour l’affaiblir. C’est peut-être ton Maître qui te l’a ordonné ? Mais je ne te laisserai pas faire. » Il jouait avec sa baguette magique. Draco tressaillit quand il la pointa sur sa gorge. Il ne pensait pas que le jeune homme lancerait sur lui un Sortilège Impardonnable mais les élèves de l’école étaient surentraînés en prévision de la guerre et il pouvait lui faire très mal. Il décida de répondre par le mépris. « Tu appartiens à la Maison Griffondor et tu attaques quelqu’un de désarmé, comme un lâche ? » Son jeune adversaire rougit de colère. « Et toi, cracha-t-il, combien de pauvres gens sans défense as-tu attaqués et tués pour le compte de ton Maître ? --Je n’ai tué personne, » répondit Draco avec dignité. Le jeune homme se rapprochait et malgré lui, Draco recula. Il se trouva bientôt dos au mur. L’autre s’avançait toujours et la pointe de sa baguette magique se posa sur la poitrine de Draco. Il y avait dans ses yeux une drôle de lueur. Il dit d’une voix rauque : « Tu me plais beaucoup, Malfoy. J’aimerais bien goûter à ton charme irrésistible. Que dirais-tu d’aller faire un petit tour avec moi dans une classe vide ? Tu aimes les garçons à ce qu’il paraît. Moi aussi, surtout les beaux blonds dociles. Passe devant et entre là. C’est la salle où Firenze donne ses cours de divination. On se croirait dans une forêt. Tu vas aimer, j’en suis sûr. » Il semblait pris de folie. Soudain, il cloua Draco au mur en posant ses mains sur ses épaules et écrasa ses lèvres sous les siennes. .Révulsé par cette attaque, Draco le repoussa avec force. La colère le prit. Il lança : « Bon, on va régler ça à la manière moldue. » Et il lui envoya son poing en pleine figure. L’autre ne s’attendait pas à cette réponse brutale. Il tomba et Draco voulut en profiter pour fuir. Mais son adversaire était rapide et bien entraîné. Il lança un sortilège de Bloque-Jambes et Draco tomba à son tour, traversé par une douleur fulgurante. Déjà l’autre était sur lui et le frappait au visage. Puis il se releva et dit d’un ton dur : « Tu vas me le payer. Endolo … » Mais il ne termina pas le sortilège. Une petite voix résonnait dans le couloir. « Pi pa pa pi pi pa pi … » Cornélia Dellaz s’avançait vers eux, les yeux en l’air. « Fiche le camp, cracmol. » dit le Griffondor avec hargne. La petite regarda les deux garçons avec un air étonné. Elle vit Draco à terre, crispé par la douleur et son adversaire avec sa baguette magique pointée. Elle sortit de sa poche un mince morceau de bois. On aurait dit une souple branche de saule. Elle fit un mouvement du haut en bas, une grosse araignée descendit au bout d’un fil et atterrit sur la tête du Griffondor. Celui-ci hurla et s’enfuit en courant. La petite s’accroupit près de Draco. « Il t’a fait du mal ? dit-elle. Montre-moi. » Trop surpris pour refuser, Draco releva le bas de son pantalon. Le sortilège avait laissé sur son mollet une large marque violette. La petite pointa son bout de branche en murmurant une incantation. La marque resta mais la douleur s’arrêta aussitôt. « Ce sera bientôt guéri, dit-elle. Pour la couleur, mon saule ne peut rien faire. » Elle saisit la grosse araignée qui était tombée à terre, la posa sur son épaule, se releva et s’éloigna en murmurant son léger babillage. « Pi pi pi pa pi pi pi … » Draco se releva et la regarda partir d’un air stupéfait. Puis il eut froid et peur. Le Griffondor pouvait revenir. Il se dépêcha de gagner l’appartement et s’effondra sur le canapé, devant le feu allumé par les elfes dans la cheminée. De toutes les paroles que son adversaire avaient dites, celles qui l’avaient le plus touché, c’étaient celles concernant Harry. Des élèves restaient donc persuadés de son attachement à Voldemort et le soupçonnaient d’agir pour lui. Il se recroquevilla, ramenant ses genoux vers sa poitrine, serrant ses jambes entre ses bras, son visage pâli posé sur ses cuisses. C’est ainsi que le trouva Harry au retour de sa réunion. Le jeune homme blond ne l’avait pas entendu entrer. Il tressaillit quand il sentit une main sur son épaule. Il releva vivement la tête et Harry vit des traces de larmes sur ses joues. Il dit en s’asseyant à côté de lui et en le prenant dans ses bras : « Draco, qu’est-ce que tu as ? Tu es malade ? » Le Serpentard s’accrocha à son cou et cacha son visage dans son épaule. Il répondit par une autre question. « Harry, crois-tu que je t’aime ou penses-tu que je veux profiter de toi ? Crois-tu que je pourrais un jour te faire du mal ? » Le jeune homme brun lui releva le visage, essuya avec son pouce les traces de larmes et regarda Draco droit dans les yeux. « Non, Draco, je te crois quand tu dis que tu m’aimes. » Puis il regarda son vis-à-vis plus attentivement et ajouta : « Quelqu’un t’a agressé et t’a dit des mensonges. On t’a fait du mal. Dis-moi qui c’est. Il va avoir de mes nouvelles … » Déjà la magie sortait de ses mains en étincelles. Draco se jeta dans ses bras et dit : « Non, non, ça n’a pas d’importance du moment que tu me crois. Je t’aime Harry, n’en doute jamais. » Il tremblait. La réaction à son attaque se faisait sentir. Le fait que le Griffondor l’ait agressé sexuellement avait pour lui moins d’importance que les accusations de trahison. « Viens, murmura tendrement le beau brun à son oreille, nous avons des choses plus intéressantes à faire que de pleurer. » Il passa un bras autour de sa taille, l’autre à la pliure de ses genoux, il se leva, portant Draco comme s’il ne pesait rien, se dirigea vers sa chambre et le déposa sur le lit avec douceur. Il entreprit de le déshabiller, posant des baisers partout où la peau si blanche se dévoilait. Bientôt, il n’y eut plus sur le lit que deux jeunes hommes qui riaient, se chatouillaient, s’embrassaient, se dénudaient, deux corps resplendissants qui se cherchaient, se trouvaient, s’enlaçaient dans un véritable hymne d’amour. Puis quand Draco entra en Harry, ils sentirent ensemble qu’ils ne faisaient plus qu’un, qu’ils étaient intimement liés l’un à l’autre et qu’aucune mauvaise parole ne parviendrait plus à les séparer. Allongés l’un en face de l’autre, chaudement recouverts par les couvertures, ils se regardaient en souriant. Harry demanda : « Tu as fait une mauvaise rencontre dans le couloir ? » Draco sentit qu’il valait mieux ne pas parler du Griffondor. Celui-ci avait sans doute fait un coup de folie. Il détourna la conversation. « Une mauvaise et une bonne. Figure-toi que j’ai rencontré la petite qui parle aux araignées géantes. Elle a une baguette magique assez bizarre et elle sait faire des choses étonnantes. Elle connaît des incantations qui font disparaître la douleur Elle n’a rien d’une Cracmol. --La douleur ? Quelqu’un t’a blessé ? » De nouveau, la magie sourdait par sa peau. Draco ferma les yeux. Il sentait le rayonnement de l’aura qui entourait Harry. Il s’en rassasiait. La magie lui manquait terriblement et pas seulement parce que son absence le laissait sans défense. La magie pour un sorcier, c’était la moitié de lui-même. Il se demandait comment il pouvait survivre en en étant privé .Il reprit en mentant un peu : « Non, je me suis fait mal en tombant. Il faut absolument que nous parlions à cette petite. Elle a des pouvoirs qu’elle utilise d’instinct. Elle en a peut-être d’autres. Je pense qu’il faut l’aider à se révéler à elle-même. Elle est différente des autres. La traiter de Cracmol ! Quelle ineptie ! » De nouveau, Harry comprit que Draco faisait allusion à son agression. Mais cette fois, il ne dit rien. Il finirait bien par avoir le fin mot de l’affaire. Le lendemain, ils prirent leur petit déjeuner ensemble puis Draco dit en souriant : « Je t’ai attendu hier toute la journée. Aujourd’hui, c’est toi qui vas devoir patienter. J’ai un double cours de potions à dix heures. » Harry sursauta. Il n’avait pas pensé que Draco était maintenant un élève comme les autres. Mais il ne pouvait lui demander de rester avec lui. Il dit alors : « Je viens avec toi. Je serai ravi de te voir en action. Tu as toujours été le meilleur en potion. » Draco était ennuyé, son agresseur de la veille pouvait se trahir. Mais c’était une façon de lui montrer que lui et Harry s’entendaient bien. Les Serpentards et les Griffondors virent donc arriver ensemble les deux icônes de l’école. Le professeur Slughorn était ravi. Mais Ivon Dempsey n’était pas là. Vers onze heures, le concierge vint dire à Draco que la directrice le demandait. Draco confia en souriant l’achèvement de sa potion à Harry qui rit jaune Il suivit Rusard jusqu’à l’escalier tournant. Il eut la surprise de trouver dans le bureau, face à Minerva McGonagall, le Griffondor trop hardi qui rougit violemment en le voyant entrer. La directrice dit : « Monsieur Malfoy, Monsieur Dempsey ici présent est venu m’avouer qu’il avait commis une mauvaise action hier. Il veut vous parler. » Draco regarda froidement son jeune agresseur. Celui-ci prit la parole en bégayant un peu. « Monsieur Malfoy … je … je vous demande pardon pour mes paroles et mes actes d’hier … Je ne sais pas ce qui m’a pris … Je vous en prie … Ne me gardez pas rancune … Je suis prêt à faire toutes les punitions que vous me donnerez … S’il vous plaît … Oubliez … » Autrefois, Draco l’aurait poursuivi de sa haine jusqu’à la mort. Mais il vit sa sincérité et ses remords. Il réfléchit un instant et dit : « Je veux un parchemin de un mètre cinquante entièrement couvert de la phrase : -On n’embrasse pas quelqu’un sans sa permission.- Vous le donnerez à la directrice avant samedi. Et que cela vous serve de leçon. » Puis il s’approcha du jeune Griffondor qui commençait à mieux respirer et lui asséna une bonne gifle. « Et ça, c’est pour avoir douté de mon amour pour Harry ! » Ivon Dempsey quitta la pièce d’un air penaud. Finalement, il s’en tirait à bon compte. La directrice et Draco se regardèrent en souriant. Ils s’entendaient bien depuis que le jeune homme blond lui servait de secrétaire. Elle dit simplement : « Ainsi vous aimez Harry. Qui aurait cru cela alors que vous vous êtes détestés pendant six années ? Et lui, vous aime-t-il ? » Draco baissa la tête et dit un peu tristement : « Je ne sais pas. » Il repartit vers le cachot où avait lieu le cours de potions. Il rit beaucoup en voyant que Harry avait totalement raté sa préparation. Il n’était pas le seul. Neville essayait de remuer une boue malodorante, le chaudron de Pansy avait fondu, seul Vincent avait produit un joli liquide violet qui, d’après Slug, pouvait immobiliser un géant adulte pendant une semaine si on arrivait à lui en faire boire une gourde. Le soir, quand Harry et Draco regagnèrent l’appartement, ils virent que la fenêtre était ouverte. Dobby donnait à boire et à manger à un corbeau noir qui avait déposé sur la table un morceau de parchemin roulé et qui reprit son envol dès qu’il les vit entrer. Harry aurait voulu le caresser, le remercier mais l’étrange oiseau ne lui en laissait jamais le temps. Il prit le message et l’ouvrit. « Trouvez-vous demain vers midi devant le portail du château. Un colis vous parviendra par Portoloin. La présence de Rubeus Hagrid serait utile. » Pas de signature, un message concis, quelques mots brefs, l’espion secret n’était pas bavard. Mais il n’avait jamais menti, il ne s’était jamais trompé dans ses prédictions. L’Ordre du Phénix lui faisait confiance. Le lendemain, Harry, Ron, Hermione et Hagrid attendaient donc à l’entrée de Poudlard le Portoloin promis. Ron et Hermione n’étaient pas restés inactifs pendant ces trois jours. Ron travaillait avec Théodore Nott et les jumelles Patil à la mise au point des défenses de l’école. Bien sûr, les professeurs seraient en première ligne avec les Aurors du Ministère mais l’organisation des élèves leur revenait. Ils avaient prévu des groupes de protection, de défense, d’attaque, de diversion, exploitant au mieux les aptitudes de chacun. Théo avait le sens du commandement, Parvati et Padma avaient des idées complémentaires, Ron voyait la situation dans son ensemble. Leur armée se chargerait des alliés de Voldemort pendant que Harry se concentrerait sur son combat avec le Seigneur des Ténèbres. Hermione faisait des recherches continuelles à la bibliothèque. Dès qu’un problème se posait, elle cherchait toutes les solutions possibles. Elle travaillait aussi avec certains groupes, par exemple celui de Pansy qui avait retrouvé des sortilèges anciens concernant le pouvoir de l’amour sous toutes ses formes, les sorts et contre sorts qui s’y rattachaient. Il y avait aussi ce groupe composé de Serdaigles et de Griffondors qui s’intéressait à la fabrication, l’usage et les propriétés des baguettes magiques. Depuis qu’Ollivander avait disparu du Chemin de Traverse avec toutes ses réserves, il était difficile de se procurer une baguette de bonne qualité. On disait même que celles que vendait Wilhem, son concurrent direct, étaient ensorcelées par Voldemort. Il était presque midi quand les quatre personnes qui attendaient devant le portail sentirent arriver une brusque bourrasque et un colis volumineux atterrit devant eux. En fait de colis, c’était un très gros panier rond avec un couvercle, cerclé par plusieurs cordes nouées entre elles. C’était lourd et encombrant. La présence de Hagrid se justifiait. Il porta le panier jusqu’à sa maison puis ils se regardèrent. Qu’y avait-il là-dedans ? Pouvait-on l’ouvrir sans risques ? Harry se concentra. Il ne sentait pas d’ondes dangereuses mais quelque chose de vivant était enfermé à l’intérieur. Ils prirent tous les trois leur baguette magique en main, Hagrid saisit son parapluie rose et Harry dénoua les cordes d’un geste de la main. Il souleva un peu le couvercle, baguette brandie, et referma aussitôt en s’écriant : « Un serpent ! » Ce panier était un couffin qui servait dans les pays chauds à transporter des reptiles. Mais voyant que rien ne bougeait, il ouvrit un peu plus le couvercle et le spectacle qui s’offrit à leurs yeux leur fit pousser un cri de stupeur. Un très gros serpent était lové à l’intérieur du couffin. Il ne bougeait, pas et portait de multiples blessures. Harry le reconnut. C’était celui qui avait attaqué Monsieur Weasley dans le couloir du Ministère. C’était Nagini. Hagrid rugit : « Pauvre bête ! » et sans plus attendre il prit doucement l’animal et le déposa sur son lit. Nagini leva doucement la tête et siffla. Le demi-géant regarda autour de lui et se précipita vers une étagère où étaient rangés des bocaux, des fioles, de petites amphores. Il en saisit une et versa dans sa main un peu du liquide gras qu’elle contenait. « De l’huile d’olive, du thym et des clous de girofle, dit-il. C’est un désinfectant et cela soulagera sa douleur. Comment peut-on se montrer aussi cruel envers un si bel animal ?Il y a des gens qui n’ont pas de cœur. --Hagrid, dit doucement Harry en gardant sa baguette devant lui, c’est Nagini, le serpent de Voldemort. --Et alors ! Il est blessé , Harry, il faut le soigner. » Et il entreprit de masser, très légèrement malgré ses énormes mains, le corps immobile du serpent. Harry rangea sa baguette et s’approcha du lit. Il entendit Nagini se plaindre. « J’ai mal. Laissez-moi mourir. » Il lui parla alors en fourchelangue. « Qui t’a blessé, Nagini ? --Mon Maître. Il ne m’aime plus. »Puis il redit : « Je veux mourir. » Et tout à coup, il ouvrit les yeux et siffla : « Tu me comprends ? Tu parles ma langue ? Oui, je te reconnais. Tu étais dans le cimetière quand mon Maître est revenu à la vie. Tu es celui qui doit le tuer, celui qu’on appelle le Survivant. » Les autres écoutaient sans comprendre. Ron et Hermione baissèrent leur bras armé de leur baguette. Harry reprit : « Qui t’a envoyé ici ? -- Je ne sais pas. Je m’étais caché dans ce panier. Je voulais mourir. Et je me retrouve ici. Où suis-je ? Qui sont ces gens ? --Tu es à Poudlard. Voici Hagrid qui s’occupe des créatures magiques et voici mes deux amis. -- A Poudlard ? Chez les ennemis de mon Maître ? Vous allez me torturer vous aussi ? --Non, Nagini. Si tu n’attaques personne, on ne te fera aucun mal. Tu as déjà assez souffert. --Je n’aurais même pas la force d’attaquer un rat. Je voudrais juste dormir. --Alors, dors tranquille, Nagini. Hagrid va s’occuper de toi. » Le serpent ferma les yeux et reposa sa tête sur le lit. Hagrid avait fini d’enduire ses blessures d’huile. Harry leur expliqua rapidement sa conversation avec Nagini. « Rentrez au château, dit Hagrid. Mais passe me voir ce soir Harry. Tu lui demanderas s’il a besoin d’autre chose, de la nourriture par exemple. J’ai des souris en réserve, je peux aussi attraper quelques grenouilles … » Les trois amis s’en allèrent avant de défaillir en imaginant leur grand ami donnant tendrement la becquée à un énorme serpent pourvu de deux redoutables crochets venimeux. Ils étaient un peu rassurés en pensant que c’était leur espion qui leur avait envoyé cet étrange cadeau.. Mais qu’est-ce qu’ils allaient bien pouvoir en faire ? C’est en sortant de la maison de Hagrid que Harry réalisa soudain quelque chose. D’après ce qu’avait dit Dumbledore, Nagini était censé contenir l’un des Horcrux de Voldemort. Or celui-ci l’avait blessé si fort que le serpent risquait de mourir. L’ancien directeur de Poudlard se serait-il trompé ? D’ailleurs, pouvait-on mettre une partie d’une âme humaine dans le corps d’un animal ? Harry en parla à ses deux amis. Ils se regardèrent silencieusement. Ils n’avaient aucune réponse à ces questions. Ron vit plus loin. Si le Horcrux n’était pas en Nagini, alors où était-il ? Ils regagnèrent le château sans parler, en ruminant tous les trois de sombres pensées. Le déjeuner était presque terminé quand ils entrèrent dans la Grande Salle. Harry vit la fille à l’araignée assise toute seule au bout de la table des Pouffsouffles. Il pensa à ce que Draco lui avait dit à son propos. Justement, le jeune Serpentard venait vers lui. Ils se sourirent et se dirigèrent vers la petite esseulée. « Draco m’a dit que tu avais soulagé sa douleur, » lui dit Harry d’une voix douce pour ne pas l’effrayer. Elle pouvait être impressionnée de voir près d’elle les deux personnes les plus en vue de l’école. Mais elle leva des yeux innocents et répondit sans embarras : « C’est normal. Il souffrait. Ma baguette agit sur la souffrance. C’est elle qui décide. --Peux-tu me la montrer, demanda Harry en s’asseyant près d’elle. Elle lui tendit une mince branche qu’elle avait sortie de sa poche. Harry l’examina un court instant et lui dit : « Elle ne vient pas de chez Ollivander. Où l’as-tu achetée ? » Elle sembla tout à coup gênée. Elle reprit sa baguette et la rangea. « Oh ! Vous voulez parler de celle-là, dit-elle en sortant d’une autre poche une baguette tout à fait ordinaire. Elle ne me sert pas à grand chose. Je rate tous mes sortilèges avec elle. C’est pour ça que les autres me traitent de Cracmol. --Non , non, reprit Harry, c’est la première qui nous intéresse. Où l’as-tu eu ? » Cette fois, la petite détourna la tête. « C’est un secret, chuchota-t-elle. Mais à vous, je veux bien le dire. Elle vient de la Forêt Interdite. -- Là où tu rencontres les araignées géantes ? --Vous m’avez vue avec Zarog ? Elle est gentille, vous savez. Je l’ai soignée quand elle s’était cassé la patte. Je vais quelquefois dans la Forêt pour lui dire bonjour. Mais non, le saule n’est pas sur ce chemin. -- Le saule ? Quel saule ? Pas le saule cogneur tout de même ! --Non, celui-là est dangereux. Le mien, c’est le saule à la licorne. » Cette fois, elle baissa la tête et se tut. Harry et Draco se regardèrent. Cette petite cachait bien des secrets. Ils virent aussi que tous les élèves encore présents dans la Salle les observaient curieusement. Harry caressa d’un doigt la joue de la petite et murmura :« Nous en parlerons plus tard. » Il se dirigea vers la table des Griffondors et s’installa près de Ron et d’Hermione. Draco sortit. Il ne voulait pas interférer dans le travail particulier que faisaient les trois amis ensemble. Toute l’école savait que Harry avait une mission à remplir et que Ron et Hermione l’aidaient dans sa tâche. Ils portaient les espoirs de tout un peuple. Le soir, Harry retourna voir Hagrid et Nagini. Le serpent se reposait, il semblait en meilleure forme. « As-tu besoin de quelque chose ? demanda Harry à Nagini qui avait levé la tête à son approche. --Non, répondit le serpent, le géant m’a donné du lait à boire. Je n’en avais pas bu depuis des années. C’était bon. --C’est du lait de Sombral, dit Hagrid. Une femelle m’a laissé en prendre un peu quand j’ai dit que c’était pour quelqu’un de malade. C’est une boisson très fortifiante. » Il ajouta d’un air furieux : « Sais-tu, Harry, qu’on lui a arraché ses crochets à venin ? Le pauvre petit ne ferait pas de mal à un véracrasse ! » Harry était plutôt content de cette bonne nouvelle. Ce n’était pas l’avis de Hagrid mais ce dernier avait une conception particulière des animaux dangereux. Le jeune sorcier s’assit près du serpent. Il caressa la peau écailleuse et la magie sortit doucement de ses doigts. Nagini soupira : « Tes mains me font du bien. Avant, mon Maître aussi me caressait. Mais maintenant, il ne s’intéresse plus qu’aux enfants blonds de la Forteresse. Un jour, je l’ai suivi et je suis entré dans la salle où ils étudiaient avec leur professeur. Ils ont eu peur en me voyant. Mon Maître m’a chassé et quand il est revenu en bas, il était très en colère. J’ai eu beau dire que je ne leur aurais fait aucun mal, il m’a immobilisé et il a enlevé mes crochets à venin. Je ne suis plus rien pour lui. Je veux mourir. » Ainsi Nagini avait vu les enfants capturés par Voldemort. Harry lui aurait bien demandé ce qu’il savait sur eux mais le sujet était douloureux pour le pauvre abandonné. Il y avait toutefois une autre question qui lui brûlait les lèvres et il ne savait trop comment dire. « Nagini, ton Maître t’a-t-il confié un trésor à garder, quelque chose qui serait très important pour lui ? Tu peux parler sans crainte. Il ne te sera fait aucun mal. » Mais le serpent secoua la tête. « Je ne trahirai jamais mon Maître. Je l’aime trop. Il m’a adopté il y a longtemps. Il était jeune alors et voyageait en Inde pour apprendre la magie des Swamis. L’homme qui m’avait capturé me maltraitait. Il m’a acheté. Il parlait mon langage, comme toi tu le parles. J’ai été son ami, son confident, son serviteur. J’allais partout avec lui. Quand il a disparu le jour où il a attaqué un homme, une femme et leur bébé, je me suis caché dans une grotte et j’ai hiberné. Puis un jour, j’ai senti qu’il m’appelait. Il était en compagnie d’un petit homme au visage de rat. J’étais fou de joie. Il m’aimait alors je lui ai obéi J’ai fait tout ce qu’il me demandait. J’ai tué pour lui. Et maintenant, il me rejette. Mais malgré tout, je ne le trahirai jamais. C’est pour cela que je veux mourir. » Harry était muet de stupeur. Le serpent lui avait révélé beaucoup de choses dans son étrange langage. Ainsi, il était présent quand ses parents avaient été tués. Pourtant, le jeune sorcier ne lui en voulait pas. Ce n’était qu’une pauvre créature éperdue d’amour pour un Mage Noir devenu sans pitié. Il caressa une dernière fois le corps blessé et dit : « Mourir ou vivre, tu choisiras demain. Dors, Nagini. » Le titre de ce chapitre est emprunté à une fic superbe de la Grande Artoung. Avec toute mon admiration et tout mon respect. Un B. and B. ou Bed and Breakfast est une sorte d’auberge anglaise où on peut dormir et prendre un petit déjeuner.. . |