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Chapitre 6 : Les baguettes magiques. Arrêté par Justin Finch-Fletchey et Rose Zeller qui animaient le groupe des Patronus, Harry arriva à l’appartement dix minutes après Draco que Blaise avait accompagné jusque là. Le jeune Serpentard avait compris alors que ce n’était pas une fille que son ami allait rejoindre la nuit. Il avait sifflé d’admiration et promis le secret. Quand Harry entra dans le salon, il ne trouva personne. Il sourit et se dirigea vers la chambre. Draco était déjà couché, les mains sous la tête, les yeux fermés, recouvert d’un drap jusqu’au menton. Il ne dormait pas, c’était sûr. A quoi jouait-il ? Harry eut la réponse en repoussant le drap. Draco était nu, son corps magnifique s’offrait au regard de son amant. C’était la première fois que Harry pouvait admirer dans leur ensemble les longues jambes, le ventre plat, la poitrine musclée, le cou élégant, la blonde chevelure, le visage parfait de son Serpentard. Les yeux fermés et les bras repliés en l’air lui donnaient un air enfantin. Il était si beau que Harry resta pétrifié une bonne minute. Puis il se dit qu’il devait honorer cette splendeur offerte. Il s’agenouilla au bord du lit, souleva le pied délicat et y déposa un premier baiser. Il remonta la jambe, l’écarta un peu pour atteindre l’intérieur de la cuisse et atteignit le sexe qui déjà s’éveillait. Draco eut un long frisson quand les baisers parcoururent la hampe dressée et chatouillèrent la pointe sombre. Merlin ! Harry était doué ! Il apprenait vite et en plus, il n’hésitait pas à prendre des initiatives ! Ses mains s’étaient glissées sous ses reins et remontaient le long de ses côtes pendant que sa langue léchait le ventre et la poitrine, y laissant un sillon à la fois humide et brûlant. Son corps glissait sur le sien en une caresse sensuelle .Il atteignit le cou et brusquement mordilla la peau douce et l’oreille rose avant parcourir le visage de petits baisers rapides. Soudain, il s’arrêta, ses genoux vinrent encadrer les hanches de Draco et ses mains le clouèrent sur le lit en se posant sur les bras repliés. Le jeune homme blond ouvrit tout grands ses yeux gris couleur de nuages et il vit au-dessus de lui un beau brun aux yeux vert émeraude, au regard affamé. Le feu les brûla immédiatement. Ils restèrent un instant figés. Un sort murmuré fit disparaître les vêtements de Harry et ils sentirent leurs virilités se tendre et se durcir. Draco se cambra sous l’effet d’un puissant désir. Harry se souleva un peu et vint se placer au-dessus du sexe tendu. La verge dure passa sans effort l’anneau de chair et trouva sa place dans l’antre chaud qui l’attendait. Harry ne ressentit pas la douleur, il savait dompter ses muscles et ne voulait éprouver que du plaisir. Il commença à se mouvoir de haut en bas et de bas en haut, lentement puis de plus en plus vite tandis que Draco bougeait ses hanches au même rythme, en feulant comme un lion en cage. Oui, ce soir, la magie du Griffondor agissait si fort que les gémissements de plaisir de son Serpentard se transformaient en longs feulements d’amour. La plénitude leur vint en même temps. Epuisés, ils s’abandonnèrent, sans parler, sans bouger, au comble du bonheur. Harry glissa sur le côté, la tête sur l’épaule de Draco, ses bras entourant la taille mince. Vite recouverts par les couvertures, ils restèrent immobiles, si merveilleusement heureux que pour quelques instants, ils se crurent au paradis. Jamais Draco, pourtant rompu aux prouesses sexuelles, n’avait éprouvé autant de plaisir. L’amour avec Harry dépassait tout ce qu’il pouvait imaginer. C’étaient pourtant des gestes simples, deux jeunes gens se donnant totalement l’un à l’autre, sans artifices. Mais c’était incroyablement bon. Harry pensait vaguement que Draco aurait peut-être aimé que ce soit lui cette fois qui lui donne du plaisir mais il ne s’en sentait pas capable. L’amour physique était encore trop nouveau pour lui. Oserait-il seulement lui demander ses préférences ? Et maintenant, lui, était-il homo ? Ou bi peut-être ? Et surtout, aimait-il Draco d’un véritable amour ? Ils s’endormirent dans les bras l’un de l’autre, heureux tout simplement. Le lendemain, alors que Draco, au grand étonnement de son beau brun, allait à un cours d’ Etude des Moldus , une chouette blanche vint se poser près de Harry d’un vol incertain. Hedwige avait été blessée au mois de septembre. Des faucons dressés à la poursuite des hiboux porteurs de courrier l’avaient attaquée lors d’une mission. Elle avait réussi à atteindre son but mais son aile droite était en mauvais état. Harry l’avait donc laissée à Hagrid et ne l’utilisait plus pour ses messages. Elle était trop reconnaissable. Tout le monde savait que le Survivant avait une chouette des neiges. Il valait mieux ne pas l’exposer. Hedwige restait donc dans la volière de Poudlard mais rendait souvent visite au demi-géant qui lui donnait des friandises. Ce matin-là, elle apportait à Harry un mot de Hagrid. Il lui demandait de venir le voir le plus vite possible. Craignant qu’il ne soit arrivé malheur à Nagini, Harry partit aussitôt. Mais Hagrid le rassura. Le lait de Sombral avait fait son effet, Le serpent allait mieux .Il montra alors à Harry le panier qui avait servi au transport de l’animal. « Hier, je n’ai pensé qu’au pauvre serpent mais il y avait autre chose à l’intérieur. Regarde ! » Harry se pencha et vit au fond du panier un petit paquet enveloppé dans un morceau de peau de dragon. « Je n’y ai pas touché, dit le géant, il vaut mieux que toi, Ron et Hermione, vous vous en occupiez. Mets mes gants de protection pour le prendre. » Les gants de Hagrid auraient pu contenir dix mains de Harry mais celui-ci les rétrécit d’un geste. La magie faisait maintenant tellement partie de sa vie qu’il accomplissait des sortilèges presque sans y penser. Cette faculté lui était venue après l’assassinat de Ginny. La troisième nuit, alors qu’il plongeait dans un sommeil peuplé de cauchemars, il avait tout à coup ressenti à l’intérieur de lui une sorte de déchirement. Son esprit s’ouvrait, les sages indiens auraient dit que ses chackras s’illuminaient. Sa mémoire profonde, sa mémoire des premiers âges, faisait surface, révélée par la douleur terrible qu’il ressentait. C’était la douleur de trop. La barrière qui retient en chaque humain des savoirs anciens avait cédé pour lui. Il s’était réveillé … différent … Son chagrin l’avait quitté, remplacée par une force nouvelle, irrésistible, qu’il avait appris à discipliner, à utiliser, à dompter. Il y avait en lui deux Harry, l’ancien, timide, assez innocent, peu sûr de lui et le nouveau, celui qui assumait de tout son cœur son destin de chef de guerre. Il pouvait faire de la magie puissante sans baguette et pourtant trembler sous l’effet d’un rêve envoyé par son ennemi. Draco connaissait ces deux facettes du Survivant et il l’aimait dans sa force et dans sa faiblesse. Harry n’était pas un magicien surpuissant qu’on respecte et qu’on craint mais un être humain avec ses contradictions, avec son âme claire et avec son esprit tourmenté. Harry était une personne exceptionnelle et Draco l’aimait. Et Harry était aussi un simple humain et Draco l’aimait plus encore. Le paquet que le jeune sorcier souleva était à la fois léger et lourd, léger par son poids physique et lourd par la quantité de magie qu’il contenait. La peau de dragon faisait écran aux ondes mentales de détection de Harry. Il savait que le contenu était un objet magique mais ne pouvait deviner lequel. Il se tint prêt à réagir et déplia doucement l’enveloppe protectrice. Il fut rassuré et surpris. Le paquet renfermait une baguette magique qui avait manifestement déjà été utilisée pendant un certain temps. A la place de la main, le bois était un peu terni et il y avait de petites traces d’usure vers la pointe. Harry ignorait quel arbre avait fourni son bois mais à y bien regarder, cette baguette ne lui était pas inconnue. Où l’avait-il déjà vue ? A qui appartenait-elle ? Il passa sa main au-dessus sans la toucher et fut surpris du rayonnement magique qui s’en dégageait. La prendre à main nue pouvait s’avérer dangereux. Le jeune sorcier se demanda si cette baguette n’était pas un piège. Déjà l’arrivée de Nagini était bizarre … A moins que celui qui l’avait envoyé ne sache qu’il parlait le fourchelangue comme le Lord Noir … Mais cette baguette par dessus le marché … Il décida de demander leur avis à ses deux partenaires. Il replia soigneusement la peau de dragon et emporta le paquet au château. Ron et Hermione étaient dans la salle des professeurs et discutaient avec Remus Lupin qui avait une heure libre entre deux cours de Défense contre les Forces du Mal. Il avait demandé à Nymphadora Tonks de l’assister, particulièrement quand il devait affronter les nuits de pleine lune. La jeune Auror était une auxiliaire précieuse et aussi son amie de cœur. Elle avait réussi à convaincre son cher Loup-Garou qu’il avait droit au bonheur et qu’il fallait profiter de tous les bons moments que la vie apportait. La bataille finale était imminente et personne ne savait qui en réchapperait. Remus avait fini par céder et par lui avouer son amour. Il avait enfin l’occasion d’être heureux. Dès qu’Hermione vit la baguette, elle s’écria : « Je la reconnais ! C’est la baguette de Draco ! » Harry se frappa le front. Bien sûr ! Comment ne l ‘avait-il pas reconnu tout de suite ! Il avait pourtant eu maintes fois l’occasion de la voir quand ils passaient leur temps, Draco et lui, à s’insulter et à se menacer à tout bout de champ. Il sourit mais quand Ron tendit la main pour la toucher, Harry l’arrêta d’un geste. « Non ! Sa puissance magique est trop grande. Rappelez-vous ce que Draco nous a dit : Voldemort a aspiré ses pouvoirs et les a enfermés dans sa baguette. Le lord Noir l’a peut-être piégée avec un sortilège. -- Mais c’est notre espion qui nous l’a envoyée. Il le saurait si elle était piégée, dit Ron. Je crois plutôt qu’il a appris que Malfoy était à Poudlard et il lui renvoie son bien. --Appelle-le Draco, Ron, » dit Harry d’un ton qui tout à coup alerta Hermione. Elle le regarda d’un œil soupçonneux. Est-ce que par hasard … quelque chose se passait entre ces deux-là ? Mais Remus, qui était au courant de l’affaire, dit à son tour : «Je suis de ton avis, Ron. Mais qu’allons-nous faire ? Harry, ta magie te permet-elle de transférer les pouvoirs contenus dans cette baguette à Draco ? As-tu déjà fait ce genre de sort ? Connais-tu la formule ? --Non, répondit Harry. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il faut faire dans ce cas. Pour exécuter un contre sort, il faut connaître le sort. Aucun des sorciers qui m’ont légué leur mémoire ne l’a pratiqué. C’est de la magie noire. J’en suis désolé pour Draco. J’aurais tant aimé lui faire ce plaisir. » De nouveau, Hermione dressa l’oreille. Harry n’avait-il pas mis trop de tendresse dans ses paroles ? Mais Ron, avec le sang-froid qu’il avait acquis depuis qu’il assistait l’Elu dans sa quête des Horcrux, avait déjà trouvé une solution pratique. « N’y a-il pas un groupe qui se consacre aux baguettes magiques ? C’est le moment de faire appel à lui. » Puis après réflexion, il ajouta : « Je me demande seulement si c’est une bonne idée de redonner ses pouvoirs à Malfoy. J’ai toujours un doute sur son histoire. --RON ! SON NOM, C’EST DRACO ET IL NE MENT PAS ! » La voix de Harry avait changé et les objets aux alentours eurent une brève vibration. Hermione n’eut plus de doutes. Harry et Draco … C’était … Les pensées d’Hermione se bousculèrent dans sa tête. Finalement, elle se dit que c’était logique, que c’était … bien … mais qu’il était préférable que Ron ne se doute de rien. Elle reprit vivement : «C’est une excellente idée. Ron, tu recherches qui fait partie de ce groupe. Harry, ne dis rien à Draco tant que nous n’avons pas plus de renseignements. Ne lui donne pas de faux espoirs. Moi, je vais à la bibliothèque. Professeur, je crois qu’il est l’heure de votre cours » Ils s’éloignèrent. Harry regrettait déjà de s’être énervé. Pourquoi voulait-il tant faire plaisir à Draco ? Est-ce parce qu’il commençait à … l’aimer ? A la bibliothèque, Hermione passa plus de temps à réfléchir qu’à chercher des sortilèges. Harry avait besoin de soutien, d’affection. Bien sûr, Ron et elle étaient présents. Leur amitié était indéfectible. Mais ils s’aimaient et Harry se retrouvait seul. Est-ce que Draco l’aimait ? Oui, probablement. Elle se souvenait de la façon dont il avait dit son nom à son réveil chez Madame Weasley. Mais elle aussi avait un doute et ce n’était pas le même que celui de Ron. Malfoy avait haï Harry pendant six ans. son revirement était-il sincère ? Voulait-il se venger de lui, lui faire du mal parce qu’il le jalousait toujours ? Cherchait-il un moyen de se protéger, de profiter de la gloire de Harry pour se mettre à l’abri ? Son père et sa mère étaient des proches de Voldemort. Beaucoup de gens le prenaient toujours pour un assassin malgré l’article de Rita Skeeter. Hermione secoua sa tête aux cheveux ébouriffés. La situation était déjà difficile et de nouvelles complications apparaissaient à l’horizon … Terry Boot, Luna Lovegood et les deux frères Crivey appartenaient au groupe qui faisait des recherches sur les baguettes magiques. Terry avait fait une comparaison de toutes les baguettes de l’école. Il avait établi des statistiques. Le poil de licorne était utilisé dans vingt pour cent des cas. Le bouleau était le bois le plus employé. Certaines baguettes étaient uniques, par exemple celle de Harry en bois de houx avec sa plume de phénix. Seuls, les Serpentards avaient un nerf ou un ventricule du cœur d’un dragon. Celle de Draco Malfoy était en aubépine, c’était peu courant, elle mesurait 28 centimètres, c’était l’une des plus longues de l’école …. Il était intarissable. Luna prétendait que le Lord Noir utiliserait un sortilège pour attirer à lui les baguettes de tous les élèves et les priver ainsi de leur magie. Il les ferait brûler par ses héliopathes. Pour les protéger, il fallait les cirer avec de la cire d’abeille d’Abyssinie. Dennis Crivey, le petit frère de Colin, parlait peu mais c’était le plus savant de tous. Fils de Moldus, il avait été émerveillé de se découvrir sorcier. Les baguettes magiques, c’était sa passion. Il avait lu à la bibliothèque tous les ouvrages qui leur étaient consacrés. Il avait même soudoyé Madame Pince pour qu’elle le laisse aller dans la réserve de livres interdits. Le petit blond était comme son frère un véritable séducteur. Par hasard, il avait découvert que le mot Accio, répété deux fois au dessus d’une fleur et suivi de Odoraris, permettait d’aspirer son parfum. Quand il voulait séduire une fille, il promenait sa baguette sous son nez en prononçant Disaccio Disaccio Odoraris et le parfum ressortait pour enivrer sa conquête. Colin était homo, Dennis était hétéro et ils étaient frères, à la vie, à la mort. Parmi tout ce que Ron avait entendu dans le groupe, la proposition de Dennis était ce qu’il y avait de meilleur. Il en parla au professeur Lupin qui fut frappé de stupeur. Comment n’y avait-il pas pensé plus tôt ? La double incantation était une pratique courante en magie noire. Et ce petit galopin de Dennis Crivey avait retrouvé ça tout seul ! On devrait toujours faire confiance à l’esprit inventif des enfants. Maintenant, est-ce que c’était valable pour un sort aussi noir que celui consistant à aspirer les pouvoirs d’un sorcier ? De nouveau, ils se réunirent tous les quatre, Remus, Harry, Ron et Hermione, dans la salle des professeurs. La baguette de Draco était là, devant eux, emplie de force et de mystère. Harry ferma les yeux. Il se concentra totalement comme il avait appris à le faire depuis l’été. Il visualisa la scène dans son esprit : Voldemort pointant la baguette de Draco sur la marque des Ténèbres imprimée sur son bras. Il « entendit » la formule du sortilège et « vit » le flux magique affluer et se faire absorber par le bois. Il respira profondément et imagina le contraire, les pouvoirs refluant et se répandant de nouveau dans le corps de Draco. C’ETAIT POSSIBLE ! IL FALLAIT ESSAYER. Le professeur Lupin ne cacha pas qu’il y avait des risques. Le sortilège avait été jeté par un sorcier extrêmement puissant. Seul, un sorcier ayant une puissance équivalente pouvait tenter le contre sort. Harry découvrit alors qu’il était prêt à se mettre en danger pour l’amour de Draco. Avait-il bien pensé « pour l’amour » ? Il se sentit tout à coup plein d ‘allégresse. Son cœur se dilata et sa joie se refléta fugitivement sur son visage. Seule, Hermione y prêta attention. Ainsi elle n’avait pas rêvé. Harry aimait Draco puisque la simple évocation du beau Serpentard suffisait à l’illuminer. Et s’ils s’aimaient tout les deux, ils avaient raison d’en profiter tout de suite. Qui serait encore vivant à la fin de la guerre ? C’était la fin de l’après-midi, Draco était dans le bureau de Minerva McGonagall. Rufus Scrimgeour avait encore envoyé des parchemins à remplir. Cela concernait les lieux où les élèves pourraient se mettre à l’abri quand le Lord Noir attaquerait l’école. Le ministère ignorait que professeurs et élèves avaient l’intention de se défendre et non pas de se terrer dans les multiples cachettes de Poudlard. Draco proposait en souriant de signaler comme refuge la Chambre des Secrets, le lieu où Harry avait affronté Tom Jedusor et le basilic. Ce mot fit tilt dans l’esprit de Harry mais pour une autre raison. Cependant, l’heure n’était pas aux plaisanteries. Quand Harry eut expliqué à la directrice la raison de leur venue, les visages se firent graves. Draco devint blanc comme un linge. Il n’en croyait pas ses yeux et ses oreilles. Il regarda Harry d’un air paniqué quand celui-ci déplia avec précaution la peau de dragon. Il pensait à la terrible douleur qu’il avait ressentie quand Voldemort avait aspiré ses pouvoirs. Aurait-il la force de supporter une nouvelle fois cette torture ? Mais la vue de sa baguette , sa précieuse amie magique, lui donna du courage. Harry lui demanda : « Te souviens-tu de la formule prononcée par Voldemort ? --Oui, il a dit « Accio Magirem ». -- A-il dit une seule fois « Accio » ou deux fois ? Draco réfléchit. Son visage était toujours très pâle, il avait l’air terrifié en repensant à la scène. « Il l’a dit deux fois, je m’en rappelle, et sa voix était froide et coupante comme la glace. » Harry regarda en souriant ses deux amis et le professeur Lupin. « Il faudra remercier Dennis Crivey. Ecoute, Draco, je crois pouvoir te rendre ta magie. Mais je n’ai jamais pratiqué ce sort. Cela pourrait être dangereux pour toi comme pour moi. Acceptes-tu de prendre le risque ? --Dangereux pour toi ? Je ne veux pas qu’il t’arrive le moindre mal. Je préfère encore rester sans pouvoirs. --Mais je veux essayer ! Pour toi ! Tu es un sorcier, pas un Cracmol ! Nos amis m’assisteront. Ils se tiendront prêts à intervenir. --Et si je souffre trop comme la première fois et que je m’évanouis ? --Je peux t’endormir. Tu ne sentiras rien. --Et si la douleur faisait partie du sort ? --Aurais-tu peur, Malfoy ? » Cette appellation frappa Draco comme un coup de fouet. Il se redressa et dit d’un ton hautain : « Un Malfoy n’a jamais peur ! Tu peux pratiquer le sortilège. Je ne suis pas une mauviette. » Puis il ajouta d’une voix plus faible : « Mais je crois quand même qu’il vaudrait mieux que je sois allongé. … Harry, ne prends aucun risque pour toi. --Non, ne t’inquiète pas. » Il prirent toutes les précautions nécessaires. Minerva McGonagall créa au milieu du bureau un espace dégagé et fit apparaître un canapé assez grand pour que Draco puisse s’y allonger. Elle, Remus, Hermione et Ron se placèrent aux quatre coins de l’espace délimité, prêts à agir si nécessaire. Harry saisit la baguette sans la toucher, en laissant entre sa main et le bois l’épaisseur de la peau de dragon. Ils se regardèrent, les yeux dans les yeux. Ils se disaient silencieusement ce que leurs bouches ne pouvaient pas dire tout haut. « Je t’aime. J’ai peur. --Courage. Je t’aime aussi. » Harry posa la pointe de la baguette sur la marque des Ténèbres que le jeune homme blond avait sur le bras gauche. Il respira profondément, se concentra et dit : « DISACCIO DISACCIO MAGIREM ! » Le sortilège résonna haut et clair. Les quatre spectateurs se tendirent, prêts à lancer le « Finite Incantatum » si nécessaire. La baguette se mit à briller d’une lumière bleu électrique et à vibrer en produisant un léger bourdonnement. Draco se crispa, son corps s’arqua puis se détendit. Harry tint fermement la pointe sur la Marque noire qui tachait le bras très blanc. Il surveillait attentivement le visage de Draco. Mais ce ne fut pas la douleur qui apparut. Le jeune homme blond sourit et son visage s’illumina : à la place de la souffrance attendue, une douce chaleur l’envahissait. Il sentit la magie entrer en lui, se répandre dans tout son corps par ses veines et ses artères. Tous ses muscles se détendaient, sa tête devenait légère, son cœur battait à coups sourds et réguliers. A ses oreilles retentissait une musique envoûtante. Derrière ses paupières closes, des couleurs se mariaient et dansaient. Dans l’air flottait un parfum de fleur et de vanille … Il revenait … Il était de retour chez lui … Il entrait de nouveau dans le monde magique … IL ETAIT SORCIER ! Draco ouvrit les yeux en poussant un cri de joie. « Harry ! Harry ! Tu as réussi ! Je sens la magie en moi ! C’est magnifique ! Elle m’a tant manqué ! Oh ! Merci, Harry ! » Le jeune homme brun abaissa la baguette et sourit. L’effort pour lui avait été grand mais pas excessif. Sa puissance était égale à celle de Voldemort maintenant. Il avait à la fois « vu » et « senti » le flux magique quitter la baguette et passer dans le bras de Draco. Il avait surtout veillé à ne pas bouger avant la fin de l’opération. Les quatre autres personnes soupirèrent et se détendirent. Draco s’assit et tendit une main un peu tremblante vers sa baguette magique. Après avoir vérifié qu’elle n’était plus dangereuse et qu’elle était redevenue une baguette normale, Harry la lui tendit. Le jeune Serpentard la saisit délicatement, la caressa, la serra sur son cœur, l’embrassa. Les larmes lui venaient aux yeux mais il ne voulait pas les montrer. Il baissa la tête. Alors, Harry s’assit à côté de lui et le prit dans ses bras. La directrice qui connaissait les sentiments de Draco pour Harry dit alors : « Laissons-les. Ils ont tous les deux besoin de se remettre. --Viens Ron, dit Hermione au jeune homme roux qui regardait les deux garçons enlacés avec stupeur, je t’expliquerai. » Ils sortirent tous les quatre, encore un peu sonnés par le prodige auquel ils venaient d’assister. Ni Remus, ni Minerva, pourtant sorciers avérés, n’avaient eu l’occasion de voir un mage dépossédé de ses pouvoirs les récupérer ainsi. Encore une fois, les énormes possibilités de Harry les avaient surpris. En même temps, leur cœur se serra. Tant de pouvoir chez un jeune homme de dix-sept ans dont l’enfance avait été gâchée par un Mage Noir et qui devait porter sur ses épaules fragiles l’espoir de tout un peuple … « Draco l’aime, dit la directrice au professeur. Si seulement cela pouvait apporter un peu de bonheur à Harry ! » Hermione disait à peu près la même chose à Ron mais c’était plus difficile à admettre pour lui car il gardait le souvenir de sa petite sœur assassinée par le sosie de Malfoy. .Il ne dit rien mais ne parvint pas à se réjouir de la nouvelle. Dans le bureau, les deux jeunes amants étaient toujours enlacés et silencieux. Draco se tourna et vint s’asseoir sur les genoux de Harry, ses jambes repliées sous lui, ses cuisses encadrant les hanches de son compagnon. Il passa les bras autour de son cou pendant que Harry encerclait sa taille. Leurs fronts se touchèrent et ils ne bougèrent plus, unis en ce moment plus encore que quand ils faisaient l’amour. C’était leurs âmes qu’ils partageaient, leurs auras qui se confondaient, leurs forces qu’ils se donnaient. Ils ne surent pas pendant combien de temps ils restèrent ainsi, deux êtres réunis en un seul. Ils comprirent tout à coup que c’était leur destinée, ils étaient définitivement liés l’un à l’autre. Soudain, Harry releva la tête. Il regarda Draco dans les yeux puis il dit d’une voix étrange : « Si le Lord Noir t’a envoyé à moi pour me tuer, tu peux le faire maintenant. Je n’ai pas l’intention de me défendre. » Draco se leva d’un bond et cria : « Moi ! Te tuer ! Tu es fou ! Je t’aime, Griffondor entêté ! Combien de fois dois-je te le répéter ! Tu mériterais … tu mériterais … --Un baiser, mon beau Serpentard ? » Avec un cri sauvage, Draco se jeta au cou de Harry d’une telle force qu’ils tombèrent tous les deux du canapé et roulèrent sur le tapis. Déjà leurs lèvres se prenaient, leurs langues se caressaient, leurs mains se promenaient … Tout à coup, ils entendirent tout autour d’eux des « Tsss …Tsss … » et des « Hum … Hum … » Les portraits des anciens Directeurs et des anciennes Directrices de Poudlard les toisaient de haut d’un air sévère. Seul, Dumbledore leur souriait en leur faisant un clin d’œil. Ils se relevèrent, réajustèrent leurs vêtements en riant. D’un geste, Harry fit disparaître le canapé et remit le bureau en ordre. Ils sortirent, le cœur en joie. Draco s’amusait à jeter des sortilèges avec sa baguette retrouvée, Il fit voler quelques objets, changea la couleur des tentures devant les hautes fenêtres, alluma et éteignit les bougies des lustres … Il s’amusait comme un gamin. C’était si bon … Il en oublia rapidement l’étrange remarque de Harry. Celui-ci lui proposa d’aller voir Hagrid. Il lui parla de Nagini qui était arrivé à l’école, envoyé par il ne savait qui, en même temps que sa baguette magique. Il voulait savoir s’il allait mieux et s’il avait moins envie de mourir. Le serpent était enroulé devant la cheminée de Hagrid sur une couverture. Il leva la tête à leur arrivée et siffla. Draco l’avait vu à plusieurs reprise dans la salle ronde de la Forteresse Sombre. Nagini le reconnut et parla à Harry en fourchelangue : « Il est ici, lui aussi ? Mon Maître l’a fait souffrir plus d’une fois avec des Doloris. Quelquefois, ils étaient deux, l’un souriant, l’autre triste. Celui-ci a l’air heureux. Est-ce parce qu’il est avec toi ? Moi aussi je voudrais être heureux . Mais comment être heureux sans mon Maître ? --Aimerais-tu rester ici quand tu seras guéri ? Bien sûr, tu ne devras attaquer personne. --Je n’ai nulle part où aller puisque mon Maître me rejette. Alors ici ou ailleurs … » Harry fut content de voir qu’il ne parlait plus de mourir. Les bons soins de Hagrid avaient produit leur effet. Harry avait une idée en tête mais il fallait qu’il en parle à la directrice de Poudlard. C’était l’heure du dîner. Ils entrèrent ensemble dans la Grande Salle. La plupart des élèves remarquèrent leurs sourires complices puis Harry dit : « Mes amis, j’ai une bonne nouvelle à vous apprendre. Draco a retrouvé ses pouvoirs de sorcier. Il peut de nouveau suivre tous les cours de l’école. » Puis, à la grande surprise de tous, il entraîna le jeune homme blond à la table des Griffondors. Il y eut des murmures. Ils se firent plus insistants encore quand Draco emmena ensuite Harry à la table des Serpentards pour le dessert. La nouvelle était croustillante … Harry et Draco … Les ennemis de toujours … Les filles soupirèrent. Deux si beaux garçons, devenus inaccessibles … Mais ce n’était peut-être qu’une rumeur … Ils étaient amis tout simplement … Deux Griffondors faisaient la grimace. Ivon Dempsey avait fortement rougi quand les deux jeunes hommes s’étaient assis à leur table mais Harry n’avait heureusement rien remarqué. Ron n’arrivait pas à se faire à l’idée que ces deux-là étaient faits pour s‘entendre. Ce soir-là, dans l’appartement, ils commencèrent par une bataille à coups de sortilèges comme des enfants qu’ils étaient encore. Harry était évidemment le plus fort mais il dominait sa magie et laissait le plus souvent l’avantage à Draco. A la fin, ils s’écroulèrent sur le lit, recouverts peu à peu par les plumes des oreillers qui s’étaient déchirés à force de voler dans tous les sens. Là, ils redevinrent graves, ils s’embrassèrent, se caressèrent, s’aimèrent sans voir le temps passer. Epuisés, ils étaient allongés l’un contre l’autre. Le regard de Harry s’arrêta sur le bras blanc marqué par l’emblème des Ténèbres. Il soupira et dit : « Draco, Lord Voldemort est-il ton Maître ? » Le jeune Serpentard eut un violent sursaut et répondit : « NON ! Il ne l’est pas et il ne le sera jamais … Harry, si je porte cette marque, c’est parce que mon père avait échoué dans la mission que lui avait confié le Seigneur des Ténèbres. Tu le sais puisque cette mission te concernait. Il était à Azkaban et j’ai dû prendre sa suite. Cet été-là, ma tante Bellatrix m’a persuadé de le remplacer. Elle disait que son Maître s’en prendrait à ma mère si je ne lui obéissais pas. Je te haïssais et j’étais stupidement fier de faire partie des Mangemorts. On est si vulnérable quand on a seize ans et qu’on vous couvre de flatteries. J’ai été marqué au cours d’une cérémonie de magie noire. Mais j’ai vite compris que c’était une sinistre comédie. Te rappelles-tu le jour où tu m’as trouvé dans les toilettes de Mimi Geignarde ? Je pleurais parce que je m’étais engagé dans un mauvais chemin et que je ne savais pas comment revenir en arrière. Jamais je n’aurais pu tuer Dumbledore … Harry, tu me crois ? Je regrette tant ce qui s’est passé cette année-là. Si je le pouvais, j’arracherais de mon bras cette horrible marque. Mais elle est là pour me rappeler que j’ai failli à mon honneur. Voldemort n’est pas mon Maître. Je le hais pour ce qu’il m’a fait et pour ce que tu endures à cause de lui. Me crois-tu ? » Harry l’avait écouté sans l’interrompre. Les mots sonnaient juste. Il se retint d’utiliser la légilimencie pour vérifier qu’il n’y avait pas autre chose derrière ces aveux. Il regardait le visage pâli tourné vers lui. Les yeux verts couleur de jade ne quittaient pas les yeux gris couleur d’ardoise. Il ne voyait qu’amour et sincérité. Alors il sourit et caressa doucement le visage tendu vers lui. Puis sa main se posa sur la marque noire et Draco poussa un cri. La marque le brûlait, il avait l’impression que Harry avait posé un fer rouge sur son bras. Puis d’un coup, la douleur cessa et sa peau se mit à le picoter comme si on effectuait sur elle un tatouage. Il restait immobile, le cœur battant. La main sur son bras ne bougeait pas et Harry souriait toujours.Un long moment passa et la sensation de picotements cessa. Harry retira sa main et de nouveau Draco poussa un cri. Mais c’était de joie cette fois. L’horrible marque avait disparue. A la place se trouvait un petit dessin rouge et vert. Draco saisit sa baguette posée sur la table de nuit et dit : « Lumos. » Sous la lueur dorée, il vit dans un ovale un serpent vert enlaçant un griffon rouge, les emblèmes de leurs deux Maisons réunis en un seul. « On ne peut effacer totalement la marque des Ténèbres, on peut seulement la remplacer, dit Harry. Le dessin te plaît ? » Draco était muet de saisissement. Il regardait en silence son bras débarrassé de la marque infamante et sa gorge était bloquée par l’émotion. Que voulait dire Harry par ce dessin ? Il put enfin chuchoter d’une voix cassée : « Harry, pourquoi fais-tu tout ça pour moi ? » De nouveau le silence s’installa. Harry posa sa tête sur la poitrine de Draco puis il dit sans oser regarder celui qui depuis quelques temps faisait battre son cœur plus vite et plus fort : « Parce que je t’aime. » La réponse ne se fit pas attendre. « HARRY ! ENFIN ! » Il y eut des baisers sans fin, des caresses délicieuses, de « Je t’aime » murmurés et répétés comme une litanie, des plaisirs fulgurants, une double jouissance qui les mena au septième ciel …Il y eut deux beaux jeunes hommes qui oublièrent pour un instant la guerre et les menaces, qui vécurent un moment inoubliable , un de ces moments qui font que la vie est magnifique et éternelle. Quand enfin, ils furent au bord du sommeil, serrés dans les bras l’un de l’autre, ils se chuchotèrent : « Dors bien, amour. » «Toi aussi, Draco. » et ils plongèrent. La Forteresse Sombre retentissait de hurlements et d’imprécations. Le bruit avait même réveillé des enfants endormis au dernier étage pourtant bien protégé. Une dame vêtue d’une longue robe de soie claire passait parmi les lits, caressait des joues roses, souriait, apaisait les craintes. « Ce n’est rien, enfants, rendormez-vous. Le dragon s’est réveillé dans le souterrain du château. Il a faim. On va lui donner une branche de Feu de Sempremais et du Petroleum Arabasis. Dès qu’il sera rassasié, il se rendormira. Un jour, le professeur Snape vous racontera la légende du dragon Vert Gallois qui aima un Magyar à pointes, comment ils se sont connus au Tournoi des Trois Sorciers, comment un Boutefeu Chinois fut le témoin de leur mariage et comment un Suédois à museau court fut le parrain de leurs enfants. Dormez, mes petits. Oubliez la journée passée, soyez en forme pour demain. Faites de beaux rêves avec des chants et des rires. Soyez heureux. LARIRARE SIPARORE DEFINORE RARILARE ... » Dans la Salle Ronde, un Mangemort vêtu de noir pliait sous les Doloris et répétait sans fin :« Pardon, Maître … Pardon, Maître … »La journée avait été bonne pour les uns, beaucoup moins bonne pour d’autres. OoOoOoOoOoO Le lendemain, au petit déjeuner, la jeune Cornélia, la Pouffsouffle qui parlait aux araignées, s’approcha de Harry et lui dit : « La directrice m’autorise à manquer les cours de métamorphoses et d’enchantements aujourd’hui. De toutes façons, ils ne me servent à rien. Je lui ai dit que j’avais quelque chose à te montrer. Veux-tu venir avec moi dans la Forêt Interdite ? Je voudrais te présenter à mon saule. --Bien sûr, répondit Harry. A tout à l’heure, » ajouta-t-il pour Draco qui retournait pour la première fois à un cours de Défense contre les Forces du Mal. En chemin, la petite babillait. « Mes parents ne comprennent pas pourquoi j’ai été acceptée à Poudlard. Ce sont de très bons sorciers. Ma mère m’a acheté la plus jolie baguette de chez Ollivander. Elle est en bois de rose, tu sais. Mais je ne réussis rien avec elle. Pourtant, je l’ai cirée à la cire d’abeille d’Abyssinie. C’est mon amie Luna qui m’a conseillé de le faire. Mais ça ne marche pas. --As-tu essayé avec ton autre baguette ? --Oh non ! je ne la sors pas en classe. Les autres se moqueraient de moi. Je l’utilise pour soigner les animaux blessés. C’est comme ça que j’ai connu Zarog, l’araignée géante. L’une de ses pattes s’était coincée dans un trou et s’était cassée. Je lui ai mis une attelle et j’ai stoppé sa douleur. Elle m’a emmené jusqu’à leur camp. Leurs toiles sont très jolies et les bébés sont mignons. --Tu n’as pas eu peur ? dit Harry en repensant à son expédition passée et en frissonnant. --Non, j’avais parlé avec Zarog. Elle m’avait dit que je n’avais rien à craindre. --Comment fais-tu pour te faire comprendre ? --Je ne sais pas trop comment ça marche. Je prononce des syllabes en changeant le ton et je pense ce que je veux dire. Zarog comprend, elle me répond avec d’autres sons et mon cerveau pense ce qu’elle dit. --C’est un don très rare, tu sais. Tu es la seule personne que je connaisse à l’avoir. Tu as toute ta place à Poudlard. Tu n’es pas une Cracmol. Où se trouve ton saule ? --C’est de ce côté, dit-elle. Par là, c’est le sentier des Centaures. Là-bas, il y a le troupeau de Sombrals. Je peux les voir car j’ai vu mourir quelqu’un. Beaucoup plus loin vivent plusieurs Hippogriffes. Je n’ai aperçu de licorne vivante qu’une seule fois. Elle était magnifique. Les poils de sa crinière et de sa queue étaient dorés. C’est grâce aux Botrucs …tu sais ? les lutins des bois … que j’ai trouvé le saule à la licorne mais celle-là est morte depuis très longtemps. On ne voit plus que sa corne et ses sabots. Le reste est recouvert de terre et le saule a poussé au-dessus. Mais avant d’aller près du saule, il faut ramasser des cloportes. Il y en a plein dans ce vieux tronc d’arbre. Tu comprends, il faut faire un cadeau aux Botrucs, sinon, ils ne nous laisseront pas passer. --Tu es allée souvent toute seule dans la Forêt Interdite ? Tu sais que c’est dangereux. --Non, pas dans la journée. Il suffit d’être très poli avec les créatures que tu rencontres. Elles savent quand on les aime. Oui, j’y suis allée souvent. Je n’ai pas d’amie à part Luna. Alors, je vais me promener. J’aime bien les arbres et je leur parle aussi mais eux ne répondent que dans ma tête. --Et Graup, le géant, l’as-tu vu ? --Oui, mais je ne me suis pas approchée de lui. Il est trop grand, il aurait pu m’écraser sans le faire exprès. » Harry était stupéfait par tout ce que lui racontait cette petite jeune fille. Elle était extraordinaire et ne s’en rendait même pas compte. Il se promit d’en parler à Minerva McGonagall. Ils étaient arrivés au tronc d’arbre et Cornélia remplissait un bocal avec des cloportes sans aucun signe de dégoût ou de répugnance. Ils suivirent un sentier très étroit . Tout à coup, Cornélia s’arrêta, se mit à genoux. et commença à gazouiller : « Lo lé lo lé lo lo lé lo lé lé lo lo lé … » Les Botrucs apparurent et répondirent : « Toc toc toooc toc toccc … » Cornélia dit : « Je leur explique qui tu es. Même eux connaissent ta mission. Ils sont très mécontents car dans une autre forêt, très loin d’ici, plusieurs arbres à baguettes ont été déracinés. Ils souffrent chaque fois qu’on s’attaque à un arbre magique. Sais-tu qui est capable de déraciner des arbres sans raison ? » Harry pensa immédiatement aux géants. Il se dit qu’il pouvait le révéler aux Botrucs. Ainsi, ils ne feraient pas alliance avec les Forces du Mal. Il dit à la petite : « Dis leur que le Lord Noir a recruté des géants et que ce sont eux qui détruisent les arbres de l’autre forêt. » Les Botrucs s’agitèrent. Ils avaient l’air en colère. « Ils disent qu’ils ne les laisseront pas s’approcher de notre forêt. Le saule est beaucoup trop précieux pour être piétiné par des géants. Il n’en existe qu’un au monde. Viens, nous pouvons y aller. Les Botrucs te donne la permission de passer. » Ils avancèrent encore un peu et arrivèrent au bord d’une clairière. Harry s’arrêta, interdit. Devant lui se trouvait l’arbuste le plus extraordinaire qu’il ait jamais vu. Son tronc était court, épais, marqué de fissures et surmonté d’une sorte de grosse boule aplatie. De là partaient de multiples branches minces ayant à peu près la même longueur si bien que l’arbre ressemblait à une sphère presque complète, un peu comme un énorme pissenlit en graines. C’était bien un saule, il n’avait pas encore de feuilles car le printemps était encore loin mais les chatons blancs de ses inflorescences pointaient déjà le long des branches vertes. Le plus curieux venait de l’extrémité de chaque branche : trois brindilles s’y épanouissaient, les mêmes que ce qui servait de baguette à Cornélia. Elles étaient d’un brun doré et brillaient sous le soleil. En fait, l’arbre ressemblait à une grosse boule de lumière. En dessous, le sol était jonché de brindilles noires qui recouvraient d’un tapis le corps d’une licorne morte depuis longtemps. Sa robe avait disparue mais sa longue corne blanche et ses sabots étaient encore visibles. Les racines du saule s’enroulaient autour du défunt animal et c’était sans doute sa magie qui imprégnait l’arbre tout entier. Harry n’avait jamais rien vu de pareil. « Je vais demander au saule la permission de prendre une nouvelle baguette, dit la jeune fille. Elle n’est magique que six mois environ. Ensuite, il faut la changer. Tu pourras en demander une aussi si tu veux. Tu verras alors tes pouvoirs particuliers. Moi, c’est la possibilité de soigner et quelquefois de guérir. » Harry sourit, il avait déjà tant de pouvoirs magiques qu ‘il se demandait lequel pourrait encore lui être révélé. Cornélia s’approcha du saule et fit un grand salut puis elle dit : « S’il te plaît, saule-esprit de la licorne, puis-je … ? » Une branche se tendit vers elle et elle cueillit délicatement une des trois brindilles. « Merci, ajouta-t-elle, je promets de m’en servir pour le Bien. » Harry s’avança à son tour et l’arbre se mit à frémir en émettant un bruit léger. « Dis-lui ton nom, dit la petite, il veut savoir qui tu es. --Je m’appelle Harry Potter, » dit-il, un peu surpris de parler tout haut à un arbre, mais en compagnie de Cornélia rien ne semblait bizarre. Le saule frémit plus fort et tendit une branche vers lui sans qu’il ait besoin de poser la question. « On dirait qu’il te connaît, dit la petite, tu peux cueillir une baguette, le saule te l’offre. » Harry saisit doucement une brindille et la détacha de l’arbre. Il répéta la phrase de Cornélia : « Merci, je promets de m’en servir pour le Bien. » Toutes les branches ondulèrent en bruissant puis s’ immobilisèrent. Cornélia le tira par la main. Elle se dirigea un peu plus loin vers une grosse pierre plate et s’assit dessus. «Viens, dit-elle, on va essayer nos pouvoirs. » Elle s’était égratigné la main en longeant le sentier bordé de ronces. Elle posa la pointe de sa nouvelle baguette sur la petite plaie. Celle-ci se referma aussitôt. Harry pensa : « Rosareum ! » Une rose apparut, il l’offrit à la jeune fille qui rougit. « C’est la première fois qu’on m’offre une fleur. Je ne sais pas faire ce genre de sortilège. --Peut-être que si, dit Harry, as-tu déjà essayé avec cette baguette ? --Non, ce sont des sorts qu’on apprend en classe et je suis nulle. --Certainement pas. Tiens ta baguette en l’air et pense : « Rosareum ! » exactement comme quand tu parles avec Zarog. » Cornélia le regarda d’un air surpris puis elle essaya. Une toute petite rose apparut au bout de sa baguette. Harry se mit à rire. « Tu n’as pas pensé assez fort. » Mais la petite regardait la rose d’un air ébahi. « Je n’ai jamais réussi un sortilège aussi vite. Comment as-tu fait ? --Mais je n’ai rien fait du tout. Tu es tout simplement capable de réussir des sorts informulés. C’est rare à ton âge. La magie est présente en toi à l’état naturel, elle est seulement différente de celle des autres. Tu dois apprendre à t’en servir. Tiens, nous allons faire un concours de sortilèges. « Avis ! » ajouta-il. Et une flopée de petits oiseaux s’envolèrent du bout de sa baguette. Cornélia pensa : « Qu’ils sont mignons ! « Avis ! » Et elle eut le même résultat que Harry. Il y avait moins d’oiseaux mais ils étaient aussi jolis que les siens. Puis elle « pensa » la dernière formule apprise en classe : « Mariposa apparate ! » Un papillon apparut et se posa sur son bras. « Il est trop tôt pour les papillons , dit-elle. Il n’y a pas de fleurs. Evanesco ! » Et le papillon disparut. Elle se mit à rire. Puis elle essaya tous les sorts qu’elle ratait régulièrement et ils réussissaient … Elle était aux anges. Harry souriait. Il avait bien deviné la puissance de cette enfant. Il voulut faire un dernier test. Devant eux marchait un cloporte égaré. Il tendit la main en pensant : « Amplificatum ! » L’insecte devint énorme. Mais il ne se passa pas ce qu’il avait prévu. De la baguette de Cornélia sortit une brume rose et un bouclier de protection se forma devant elle. « As-tu pensé « Protego » ? demanda-t-il. --Non, répondit Cornélia, c’est venu tout seul. --« Reducto ! », dit-il et le cloporte reprit son apparence normale. Harry réfléchissait. Cette baguette magique avait d’elle-même un pouvoir de protection. Il n’était pas étonnant que la jeune fille se sente en sécurité dans la forêt. Elle était protégée par l’esprit de la licorne. Ces animaux aussi rares que mystérieux avaient des pouvoirs extraordinaires et encore mal connus. Il essaya autre chose. « Expelliarmus ! » dit-il. Mais la baguette ne s’envola pas de la main de Cornélia. Par contre, il reçut en retour une faible secousse. Depuis qu’il était devenu un sorcier extrêmement puissant, il était rare qu‘un sortilège réussisse à l’atteindre. Et voilà que non seulement il ne parvenait pas à désarmer une enfant mais c’était lui qui recevait un choc ! C’était vraiment inattendu. Il repensa au groupe d’élèves qui faisaient des recherches sur les baguettes magiques. La jeune fille avait bien des choses à leur apprendre. Il dit : « Tu devrais faire équipe avec Dennis Crivey. Il est passionné par les baguettes magiques. La tienne devrait l’intéresser. » A sa grande surprise, Cornélia devint rouge comme un coquelicot. « Oh ! … Heu ! … Je ne crois pas qu’il voudrait … heu …travailler avec moi … Je suis trop bête … et pas assez jolie … Il ne me regarde même pas … Je ne suis pas son genre de fille … » Harry sourit. Il eut un flash rapide : lui et Draco, lui si quelconque et Draco si beau, si aristocratique … Draco qui l’avait tant détesté et qui maintenant l’aimait … Il releva le menton de la petite qui avait baissé la tête. « Je suis sûr du contraire. Tu es jolie, tu sais, et tu possèdes une baguette unique au monde. Dès que tu auras montré à tous de quoi tu es capable, il te regardera avec d’autres yeux. Aie confiance en toi, Cornélia. Tu vas devenir la Pouffsouffle la plus célèbre de Poudlard. Viens, rentrons. Je dois parler de ce saule à Minerva McGonagall. C’est une découverte très importante. --Oh non ! Harry ! C’est un secret. Tu ne dois pas le révéler à personne. Si on connaissait son existence, beaucoup de gens viendraient pour voler des branches. Il mourrait. Harry, je t’ai fait confiance. Ne dis jamais où il se trouve. Je t’en prie … --Ne crains rien, Cornélia. Je ne révélerai jamais où pousse le saule. Je te le jure. Mais ces baguettes magiques peuvent nous aider dans notre combat contre les forces du Mal. Viens avec moi chez la directrice, tu lui diras ce que tu veux. Tu vois, tu es comme moi. Je ne voulais pas non plus être l’Espoir de notre monde. Pourtant je fais tout mon possible pour que notre camp soit vainqueur. Toi aussi, tu vas sortir de l’ombre. Il le faut. Nous avons besoin de toi. Mais le secret du saule restera ton secret. » Elle soupira et dit : « D’accord. » Elle avait heureusement une âme forte. |