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au 07 Jan 09 :
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pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
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La septième année.
Par haniPyanfar
Harry Potter  -  Romance/Action/Aventure
11 chapitres - Complète - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 7     Les chapitres     17 Reviews    
Le sixième Horcrux.

  

                                          Chapitre 7 : Le sixième Horcrux.  

  Harry regardait dormir son bel Ange blond. Ils avaient parlé, ri, et puis, après les paroles, était venu le temps des baisers, des caresses, de l’amour.

  Maintenant, il tenait Draco dans ses bras, serrant contre lui le corps mince et chaud, écoutant la respiration tranquille, admirant le visage délicat et les cheveux si doux. Il se demandait encore par quel miracle le Prince des Serpentards était tombé amoureux de lui alors qu’il était si quelconque.    

Car enfin, à part le fait qu’une prophétie l’avait désigné comme l’adversaire du Maître des Ténèbres, il n’avait rien d’exceptionnel. Il était un puissant sorcier, oui, mais il devait ses pouvoirs à une succession de malheurs.    

Il était mince et la pratique du Quidditch avait musclé son corps mais d’autres garçons étaient mieux bâtis que lui. Et il ne savait pas s’habiller avec classe. Son visage était marqué d’une cicatrice, ses cheveux étaient toujours en bataille. D’ailleurs, Draco ne s’était pas privé de se moquer de son apparence pendant six ans  . La seule chose positive, c’était qu’il ne portait plus de lunettes. Il avait utilisé très vite ses nouveaux pouvoirs pour corriger sa vue. Et il avait les beaux yeux verts de sa mère.    

Et puis, il avait beau être le Survivant, l’Elu du monde sorcier, il n’était pas si courageux que ça, un peu aventurier peut-être, il n’était pas Griffondor pour rien, mais il n’avait pas une âme de Superman. Il lui arrivait d’avoir peur, de redouter le jour où il devrait combattre le Lord Noir, affronter son destin, tuer ou mourir.     

Harry  n’avait aucune idée de sa beauté, de son charisme, de l’ascendant qu’il possédait sur les autres, de l’aura bienfaisante qui se dégageait naturellement de lui. Il ne se rendait pas compte qu’il était devenu un jeune homme de belle prestance qui attirait irrésistiblement la sympathie et la confiance. Il se voyait encore comme le garçon maladroit et mal aimé qu’il avait été pendant ses premières années à Poudlard, le Survivant à la cicatrice. Extérieurement, il montrait un visage calme et serein. Intérieurement, il n’avait pas confiance en lui.   

Il revoyait Draco, hautain jusqu’au mépris, dominateur, séducteur, admiré par tous les élèves de sa Maison et par beaucoup d’autres, garçons et filles, si beau, si élégant, sachant réagir bien et vite en toutes circonstances, possédant cette grâce aristocratique propre aux familles nobles et riches … Tout l’opposé de lui, pauvre garçon sans grande éducation et sans esprit … Mais Draco avait changé. Il était maintenant aimable et attentionné. Il disait qu’il l’aimait et il le prouvait avec passion et avec tendresse. Six mois passés seul dans un cachot, à endurer des souffrances tant physiques que morales, pouvaient-ils transformer autant une personne ?    

 Lui, Harry, avait conservé ses deux facettes, il se sentait à la fois faible et fort, mais Draco semblait avoir tout oublié de son ancienne personnalité. Enfin, Harry ne s’en plaignait pas car maintenant, il aimait son beau Serpentard et ne l’aurait pas voulu différent.   

Pourquoi se posait-il tant de questions cette nuit au lieu de dormir tranquillement  comme son jeune amant ? Il posa sa joue contre les cheveux de soie et repensa à la conversation qu’ils avaient eu, Cornélia, Minerva  et lui dans le bureau de la directrice.  

  La jeune fille avait trouvé un moyen de taire le véritable emplacement du saule. Elle avait dit qu’il y avait un arbre magique dans le domaine des Acromantules et que sa baguette venait de là. Personne sauf elle  ne se hasarderait dans cette partie de la Forêt Interdite.

   Elle avait exécuté quelques sortilèges qu’elle ratait toujours auparavant et Harry avait montré que la baguette protégeait celui ou celle qui s’en servait, peut-être pas d’un sort très puissant mais des  sorts les plus communs. La directrice avait recommandé à la jeune élève de se servir uniquement de sa baguette de saule et d’en faire la démonstration à ses camarades de classe. Elle trouvait aussi excellente son idée de faire partie du groupe des baguettes magiques.    

Cornélia avait beaucoup rougi en disant cela. Harry avait souri, il avait évoqué le tendre sentiment de la petite pour Dennis Crivey quand il s’était ensuite retrouvé seul avec Minerva McGonagall.   

Puis il en était venu aux choses sérieuses : Nagini serait bientôt guéri, qu’allait-on faire de lui ? On ne pouvait le remettre en liberté car si son Maître le retrouvait, il le tuerait. L’animal ne pouvait aller dans la Forêt Interdite, les araignées et les serpents ne se supportaient pas. Harry proposa donc d’offrir à Nagini l’asile de l’école et plus précisément de le loger dans la Chambre des Secrets, l’ancien repaire du Basilic.     Nagini était beaucoup plus petit que le monstre de Salazar Serpentard, il n’était plus dangereux puisque Voldemort lui avait arraché ses crochets venimeux. Il pourrait se nourrir de rats. Il suffisait de prévenir les élèves pour qu’ils n’aient pas peur en cas de rencontre imprévue.    

La directrice n’était pas très enthousiaste mais elle ne voyait pas non plus d’autres solutions. A moins de le renvoyer en Inde, dans son pays ? A court de réflexions, bercé par la respiration paisible de son compagnon, Harry finit par s’endormir.    

Le lendemain, pendant que Draco se rendait en potions et en sortilèges, il rejoignit Ron et Hermione et leur proposa d’aller faire un tour dans la Chambre des Secrets pour voir si Nagini pourrait y demeurer. Personne n’y était allé depuis leur aventure quatre ans auparavant.    

Hermione qui avait été pétrifiée par le Basilic ne la connaissait pas. Ron n’était pas entré dans la Chambre, il avait été stoppé par l’éboulement provoqué par Gilderoy Lockhart. Mais Harry se souvenait fort bien de la salle voûtée soutenue par des piliers et décorée de serpents de pierre.   

Mais avant, ils se rendirent à la maison de Hagrid pour parler au serpent. Ils le trouvèrent endormi sur une couverture dans le jardin potager. Harry fit signe à ses amis de ne pas bouger. Puisque Nagini dormait, il voulait se livrer à une petite expérience.     Il voulait sonder par légilimencie le cerveau du serpent en parlant Fourchelangue, comme le faisait Cornélia avec les  animaux. Il pensa :

« Ton Maître t’a-t-il confié un de ses Horcrux ?

Il entendit la réponse dans sa tête.

« Qu’est-ce qu’un Horcrux ?

--Une partie de son âme.

--Alors non, il n’a pas pu le faire. C’est un sortilège impossible. »   

Le serpent bougea, il se réveillait. Il siffla :

« Tu m’as parlé ?

-- Je voulais te demander si tu allais mieux. Je vois que Hagrid t’a installé dehors. Tu es presque guéri maintenant. Nous cherchons un endroit pour te loger. Je connais un souterrain qui a déjà servi pour un serpent. L’obscurité te dérange-t-elle ?

--Au contraire ! Je vois aussi bien la nuit que le jour. 

--Alors, c’est parfait. »  

En repartant vers le château, Harry confia à Ron et Hermione ce qu’ils avaient déjà deviné : le sixième Horcrux n’était pas en Nagini. C’était pourtant une idée de Dumbledore. Tout le monde pouvait donc se tromper, même le plus puissant des sorciers.   

Ils se rendirent  dans les toilettes de Mimi Geignarde. Celle-ci le accueillit avec joie.

« Cela fait bien longtemps que vous n’êtes pas venus me voir. Que me vaut ce plaisir ?

--Nous allons dans la Chambre des Secrets. »    

Comme la première fois, Harry fit basculer le lavabo et ils se laissèrent glisser dans le gros tuyau jusqu’au souterrain. L’éboulement bloquait toujours le passage mais Harry utilisa ses pouvoirs pour déplacer quelques pierres et consolider la voûte. Ils arrivèrent devant le mur orné de deux serpents.

Harry siffla : « Ouvrez ! » Et la Chambre apparut, noire, froide, humide.    Harry leva la main et pensa : « Illuminate ! » Plusieurs torches enflammées éclairèrent la salle. La statue géante de Salazar Serpentard apparut au fond et devant elle se trouvaient les restes du Basilic. La dépouille de l’animal avait disparue, seule la peau s’étalait sur le sol.    

Ils s’approchèrent tous les trois suivis de Mimi que la curiosité avait menée jusque là. Ron rompit le silence en disant :

« Cette peau est très intéressante.

 --Oui, dit Hermione, J’ai lu qu’elle était aussi dure et aussi résistante qu’une peau de dragon. Nous pourrions utiliser celle qui est dans le tunnel pour fabriquer des gants ou des boucliers. »   

Les voix résonnaient bizarrement. Harry demeurait silencieux. Ils revoyait le combat qui l’avait opposé au Basilic. Il s’avança vers la tête du serpent et vit les yeux que Fumseck le phénix avait crevés pour l’aider à se défendre. Tout à coup, alors qu’il était au pied de la statue, une autre voix se fit entendre, une voix grave, lente, solennelle : 

                                       BIENVENUE A MON HERITIER.  

Ils sursautèrent, se mirent dos à dos et scrutèrent tous les recoins de la salle, s’attendant à voir apparaître … qui ? … Voldemort ? … Tom Jedusor ? …Salazar Serpentard lui-même ?…   Ron et Hermione avaient leurs baguettes en main. Mimi avait poussé un cri et s’était sauvée au plus vite. Harry était attentif au moindre mouvement mais il ne se passa rien. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Où était l’héritier de Serpentard ?    

Ils restèrent immobiles un moment puis se détendirent. Ce devait être une voix magique, un mécanisme qui se déclenchait quand quelqu’un pénétrait dans la salle. Pourtant, Harry ne l’avait pas entendue la première fois qu’il était venu ici. Il faut dire que Tom Jedusor, l’héritier de Salazar, par sa mère Merope Gaunt, était déjà là. 

 Soudain sa cicatrice le brûla si fort qu’il poussa un cri en portant la main à son front. Il recula, s’éloignant ainsi de la statue et la douleur s’arrêta aussitôt. Il se passait quelque chose de bizarre.     Tous ses sens en alerte, Harry se rapprocha de la statue. La voix magique résonna de nouveau et la cicatrice recommença à brûler. Il s’éloigna, la douleur cessa. Il dit :

« Ron, approche-toi de la statue. »

Il ne se passa rien.

« Essaye aussi, Hermione. »

Il n’y eut aucun résultat. Il se rapprocha de nouveau, la voix retentit, la cicatrice le brûla. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Harry n’était pas l’héritier de Serpentard. Aucun sorcier de la lignée de son père n’était allié avec un descendant de Salazar Serpentard ou alors d’une façon très lointaine. Les sorciers de Sang Pur étaient tous plus ou moins apparentés à la suite de mariages. Et les ascendants de sa mère étaient moldus.   

Ah ! C’était sans doute à cause de sa cicatrice. C’était Voldemort qui en était le responsable.  Voldemort qui avait pratiquement disparu après avoir voulu le tuer … Voldemort qui n’était pas mort mais qui survivait à peine … qui devait boire du sang de licorne pour garder un semblant de vie … qui n’avait retrouvé un corps qu’après un puissant sortilège de magie noire … Voldemort qui avait pris son sang pour revivre … Quel était le lien entre lui et Voldemort, héritier de Serpentard ? Sa cicatrice et son sang.  

Au fur et à mesure qu’il réfléchissait, Harry sentait le froid et la peur s’insinuer en lui.  Se rendant à peine compte que ses deux amis le regardaient avec angoisse, il «visionnait » une scène lointaine : 

Voldemort tuait son père, puis sa mère qui cherchait à le protéger … 

Voldemort lançait sur lui l’Avada Kedavra … 

L’amour de sa mère s’interposait comme la brume rose de la baguette de saule … 

Le sort ricochait vers Voldemort qui pensait sans doute à la formule du Horcrux qu’il comptait installer dans la maison de ses parents … 

Le Horcrux, la sixième partie d’âme, se libérait de Voldemort et allait se planter sur son front en formant un éclair indélébile … 

Le Grand Mage Noir s’effondrait car il était pris par surprise et n’avait pas prévu cette circonstance… 

Il devenait cette chose horrible et rabougrie, ne pouvant ni tenir une baguette magique ni lancer le contre sort …

Il devait s’enfuir pour ne pas être découvert … 

Et Nagini dans un coin qui avait vu toute la scène  …   

Harry poussa un terrible cri de désespoir et tomba à genoux sur le sol de pierre. Ron et Hermione se précipitèrent vers lui. Il avait la tête dans ses mains. Il était en état de choc. Il ne pouvait plus ni parler ni penser. Il avait trouvé où était le dernier Horcrux. 

IL ETAIT EN LUI. 

OoOoOoOoOoO

  

  Les trois amis étaient dans l’appartement. Ils avaient eu beaucoup de mal à revenir de la Chambre des Secrets par le tuyau toboggan. Harry était si bouleversé par sa découverte qu’il avait dû chercher longuement un moyen simple de remonter dans les toilettes de Mimi Geignarde.

   Finalement, Hermione avait suggéré une série d’escaliers que le jeune sorcier avait matérialisés. En haut, ils s’étaient regardés avec angoisse. Harry était pâle comme un mort. Ron et Hermione se demandaient pourquoi il avait réagi de cette façon en entendant la voix de la Chambre.

Maintenant, après les explications de Harry, ils réfléchissaient chacun de leur côté et leurs pensées étaient sombres. Ron doutait encore. Et plus le temps passait, plus il admettait que Harry avait raison. Mais pouvait-on être sûr que cette hypothèse était la bonne ? Comment reconnaître la présence du Horcrux au front de Harry ?   

Hermione avait tout de suite admis cette vérité. Ses pensées allaient plutôt vers une autre question : comment extraire le Horcrux de la cicatrice sans risquer de blesser ou même de tuer Harry ? On ne pouvait utiliser le sortilège caché dans « Mes premiers duels » Son âme serait atteinte en même temps que le morceau d’âme de Voldemort et serait détruite aussi.   

Harry était complètement anéanti. Pourquoi, mais pourquoi devait-il encore subir une nouvelle horreur ? Ainsi une partie de Voldemort était plantée en lui depuis l’attaque qui avait vu périr ses parents. Elle était là, tapie dans l’ombre, comme une bête immonde, silencieuse, aux aguets, prête à envahir son esprit et à le pervertir. Elle lui avait envoyé la souffrance. Elle déclenchait ces cauchemars qui l’assaillaient quand il ne fermait pas assez son esprit. Il était maudit.   

Draco arriva sur les entrefaites et à la vue de Harry effondré sur le canapé, il se précipita vers lui et le prit dans ses bras. Harry posa son front contre l’épaule accueillante sans ressentir de soulagement. Il ne pouvait rien dire à Draco car le problème des Horcrux était un secret que seuls partageaient Ron et Hermione. Ni  Remus, ni  même Minerva n’étaient  au courant.    

 Harry aurait bien voulu pouvoir pleurer pour soulager la tension qui ravageait son corps et son esprit mais le secours des larmes lui était refusé depuis la mort de Ginny. Il se laissa donc bercer par les mots doux et les marques de tendresse du jeune Serpentard. Ils se rendirent dans la Grande Salle pour déjeuner mais ils n’avaient guère faim.    

Ils ne firent pas attention au regard malveillant qui les suivit dans les couloirs. Depuis quelque temps, quelqu’un les surveillait de loin en leur souhaitant tout le mal possible.    Ce fut seulement après le repas, alors que Draco partait en cours d’Etude des Moldus que Ron proposa à Harry d’aller vérifier son hypothèse sur place, à Godric’ s Hollow.  

  Les épreuves de l’année passée avaient mûri Ron. Il ne ressemblait plus à un gamin maladroit et timide. Son corps s’était considérablement développé, il était plus grand et plus costaud que Harry. Il en imposait par sa prestance et la force qu’on discernait en lui.

 Il avait été un excellent gardien de l’équipe de Quidditch de Griffondor, tous ses coéquipiers reconnaissaient sa valeur. Il était loin le temps où il se considérait comme l’éternel second derrière Harry. Dans leur association, il était la force et la ruse. Il savait commander et organiser.  Harry se reposait sur lui pour prendre au bon moment les bonnes décisions. L’idée s’imposait d’elle-même. Il fallait aller sur place et réfléchir à la terrible éventualité évoquée par Harry : Voldemort était en lui à l’état de Horcrux.

    Ils n’attendirent pas le retour de Draco. Le jeune Griffondor savait que la séparation serait encore plus difficile s’il revoyait son beau Serpentard avant son départ. Il lui laissa une petite lettre et après avoir averti la directrice de Poudlard, ils sortirent de l’école et transplanèrent.  Draco trouva à son retour l’appartement vide et un message :

« Nous devons nous absenter pour quelques jours. J’essayerai d’être là pour le week-end. Je t’aime. Harry. »

Cette nuit-là, Draco dormit dans le lit qu’ils avaient partagé, serrant contre lui l’oreiller qui avait gardé le parfum de son amour.  Cette nuit-là aussi, le jeune homme fit un terrible cauchemar qui le laissa en sueur et la respiration sifflante au milieu de la nuit. Le Maître des Ténèbres tenait son bras où la marque noire avait disparue, remplacée par un tatouage rouge et vert. Il disait d’une voix dangereusement douce :

« M’as-tu trahi, Draco Malfoy ? Veux-tu la mort de ton père et de ta mère ? »

 Quand Draco s’éveilla brusquement, il crut entendre les mots résonner dans la chambre. Seul dans le grand lit, il attendit longtemps que les battements de son cœur se calment. Il ne put se rendormir que tôt le matin. 

                                          OoOoOoOoOoO 

  A leur arrivée à Godric’s Hollow, les trois compagnons se rendirent dans un lieu que les Moldus du pays appelaient « Le champ du sorcier » et qu’ils évitaient soigneusement. A leurs yeux, ce n’était qu’un pré envahi de broussailles et de mauvaises herbes. On disait qu’il était rempli de serpents venimeux.

    Mais pour Harry, c’était le lieu où autrefois se trouvait la maison de ses parents. L’ennui, c’est que le Secret n’avait pas été levé et que c’était toujours Peter Pettigrow qui en était le Gardien. Etant le fils de James et de Lili Potter, Harry pouvait voir ce qui restait de la maison. Ron et Hermione ne le pouvaient pas. Ils espéraient tous les trois que Harry trouverait un moyen pour briser le sortilège.  

 La maison était en ruines. Le toit s’était à demi effondré, l’escalier menant à l’étage était apparent. Harry  voyait la maison mais ne pouvait s’en approcher. Seul le Gardien du Secret aurait pu lui dire quels mots penser pour entrer.

 Pour entrer dans la maison des Black à Londres, il fallait penser à son adresse : 12 square Grimault. Quelle pouvait être l’adresse de la maison des Potter ? Godric’s Hollow était un village. Les rues n’avaient pas de nom, les maisons pas de numéros. Ici, on désignait les maisons par le nom du propriétaire. Celle qu’ils avaient louée s’appelait « Le cottage de la veuve Hunter ».

 Ils essayèrent donc de penser à plusieurs appellations diverses incluant ou non le nom des Potter mais rien ne fonctionna. Ils allaient abandonner quand tout à coup, ils entendirent le bruit caractéristique d’une arrivée par transplanage. Ils furent immédiatement sur leurs gardes. Ils reculèrent derrière un buisson et les baguettes jaillirent dans leurs mains.

 Quatre personnes se matérialisèrent devant la porte de la maison, quatre hommes recouverts chacun d’une ample cape noire. Des Mangemorts ! Les sorts de stupéfiction les enveloppèrent avant qu’ils aient eu le temps de réaliser qu’ils n’étaient pas seuls.  Harry , la main tendue encore crépitante de magie, suivi de Ron et d’Hermione, s’avança vers les corps immobiles et il reconnut avec stupeur l’un des sorciers : c’était Peter Pettigrow !

     Les trois autres étaient de jeunes Mangemorts inconnus. Harry leur jeta un sort d’Inconscience. Ils ne verraient et n’entendraient rien de la suite des évènements. Ron avait déjà paralysé Peter avec un sort d’Entraves. Hermione avait ramassé les baguettes magiques. Ils se regardèrent. Que faisaient ces Mangemorts à Godric’s Hollow ? 

Ce fut comme d’habitude Hermione qui fit une suggestion :

«Voldemort s’affole, Harry. Il sait que tu as découvert et détruit  ses Horcrux. Il veut mettre le dernier à l’abri. Il croit qu’il est dans la maison de tes parents. Et si tu t’étais trompé ? Le Horcrux n’est peut-être pas dans ta cicatrice. Il faut interroger Pettigrow. »

 Harry tendit la main et dit :

« Enervatum ! »

Peter ouvrit les yeux et la terreur se lut sur son visage. Le jeune sorcier ajouta :

« Je te préviens, si tu essayes de te transformer en rat pour t’échapper, tu mourras sur le champ.

--Non, non ! Ne me tuez pas ! Je ne peux plus me transformer depuis que j’ai une main d’argent.

--Que venez-vous faire ici ?

-- Mon Maître m’a donné une mission à remplir.

-- Et ceux-là ?

-- Ils doivent me surveiller et me protéger.

-- Que dois-tu faire ? 

--Mon Maître me tuera si je le dis.

   --Moi, je peux te tuer tout de suite. N’oublie pas, Queudver, tu me dois déjà une vie. Sirius et Remus auraient pu t’achever dans la Cabane Hurlante. C’est une dette sorcière. Elle est imprescriptible. Réponds à mes questions et ta dette sera effacée.  Par contre si tu meurs sans l’avoir acquittée, tu ne trouveras jamais le repos. Tu erreras pour toujours entre la vie et la mort. Tu ne seras même pas un fantôme, juste un esprit errant et tourmenté. Je te donne une chance »  

  Peter se tortilla un peu. Ron et Hermione tendirent leurs baguettes vers lui. Il dit :

«  Que voulez-vous savoir ?

--D’abord les mots qu’il faut penser pour entrer dans la maison. 

-- C’est facile, c’est « la maison des Potter tout au bout du chemin ».

--Traître, siffla Ron, tu les as vendus à Voldemort. 

-- Je ne pouvais pas faire autrement, gémit le petit homme, il était trop puissant.

--Et toi trop lâche …

-- Silence, Ron, ce n’est pas le moment des reproches, reprit Harry. Toi, fit-il en regardant Peter d’un air dur, dis-nous quelle est cette mission que tu as à remplir. 

-- Mon … Mon Maître m’envoie chercher un …un objet qui se trouve dans cette maison.

--Quel objet ?

--Je ne sais pas. Un … un objet magique … Je sentirai sa puissance à distance … Je dois le prendre en me servant de gants en peau de dragon … et le rapporter à … mon Maître … Je vous jure que je ne sais pas ce que c’est … Il est dans la chambre du bébé au premier étage … »    

Les yeux de Harry se foncèrent tout à coup. Il venait de comprendre quelque chose.

« Tu étais là quand Voldemort a tué mes parents. Tu étais dehors. Tu as entendu ma mère crier. Tu es entré dans la maison, tu as vu que j’étais encore vivant et que ton Maître avait disparu …  Sa robe de sorcier et sa baguette étaient par terre, tu les as ramassées, tu ne savais pas quoi en faire et puis tu as entendu du bruit. Alors tu t’es caché et tu t’es transformé en rat pour t’échapper. C’est cette robe et cette baguette que tu lui as rendues dans le cimetière.  TU ETAIS LA ! TU AS TOUT VU ! C’ETAIENT TES AMIS ET TU LES AVAIS TRAHIS ! TU LES AVAIS VENDUS A CET ASSASSIN, TON MAITRE ! TU ES LA PIRE DES ORDURES, QUEUDVER !   

-- OUI JE LES AI TRAHIS ! J’ETAIS JALOUX DE LEUR BONHEUR ! JE N’ETAIS RIEN A COTE D’EUX ! JAMES , LILI, SIRIUS , REMUS  ! ILS ETAIENT QUATRE AMIS POUR LA VIE ET MOI, J’ETAIS JUSTE UNE PIECE RAJOUTEE , UNE PERSONNE SANS IMPORTANCE !  TOI, TU AS DES AMIS. CES DEUX-LA SE FERAIENT TUER POUR TOI. ON DIT MEME DANS LA FORTERESSE SOMBRE QUE DRACO MALFOY EST FOU DE TOI.     MAIS TU NE SAIS PAS DE QUOI LES GENS SONT CAPABLES PAR JALOUSIE, PAR ENVIE. TOI AUSSI ,ON TE TRAHIRA. TU PERDRAS LA GUERRE ! TU PERDRAS TOUT ! TUE-MOI SI TU VEUX MAIS C’EST MON MAITRE QUI GAGNERA ! ET POUDLARD SERA DETRUIT … ET … ET … »   

 Le petit homme tomba à terre, pris de convulsions. Il se tordait en tous les sens, il bavait, ses yeux étaient révulsés. Les étincelles vertes qui crépitaient aux doigts de Harry s’arrêtèrent. Au prix d’un violent effort de volonté, il  dompta sa magie mortelle prête à s’échapper.  Celui qui avait trahi ses parents ne méritait que du mépris. Lui, Harry, fils de James et de Lili, n’allait pas devenir un assassin à cause de cette larve humaine. Il avait mieux à faire. 

La maison apparut aux yeux de Ron et d'Hermione quand ils pensèrent la phrase révélée par Queudver. Mais Harry y entra seul. Ses deux amis restaient auprès des prisonniers pour parer à toute éventualité. Queudver s’était enfin calmé. La porte s’ouvrit dès que Harry posa la main sur la poignée.

 L’intérieur était sombre, les volets étaient fermés. Une odeur de renfermé et de moisi flottait dans l’air. Harry avança avec précaution, sans toucher à rien comme le lui avait recommandé Hermione. L’objet dangereux pouvait se trouver n’importe où. Mais le jeune sorcier pensait qu’il était à l’étage.   

Le rez-de-chaussée était poussiéreux et en désordre. Dans la cuisine, de la vaisselle était encore posée sur la table, un chaudron pendait dans la cheminée aux bûches à demi consumées. Par contre, dans la salle à manger, les meubles étaient renversés : c’était là sans doute que Voldemort avait tué James, le père de Harry.    

 Le jeune homme monta l’escalier. C’était étrange, il n’avait pas peur, il n’était pas triste. Tout se passait comme dans un rêve. La tragédie s’était déroulée seize ans auparavant, le souvenir semblait s’être dissous au fil du temps.    

En haut, Harry trouva d’abord la chambre de ses parents. Tout y était tranquille. Le lit et les autres meubles étaient recouverts d’une fine couche de poussière. La pièce voisine avait été sans nul doute le théâtre d’une scène violente. Le lit d’enfant et la commode gisaient, renversés au milieu de la pièce. Des débris, des petits vêtements, des jouets étaient dispersés sur le plancher.    

Harry s’était arrêté au seuil de la chambre. Il n’en avait pas gardé un souvenir précis. En tous cas, la poussière accumulée ne montrait aucune trace de pas. Personne n’était entré ici depuis le drame. Harry fit des yeux le tour de la pièce. Il ne voyait aucun objet magique. Cette chambre aurait très bien pu être celle d’un enfant moldu. Il voulut visualiser la scène qui s’était passée là mais cette fois, son cœur s’emballa et une brusque douleur lui tordit le ventre.    

Comme si des Détraqueurs étaient présents, il entendit dans sa tête les cris de sa mère et le rire glacé de Voldemort. Il vit l’éclair vert frapper sa victime et le corps sans vie glisser doucement vers le sol, là, juste à côté du lit.  Puis des prunelles de Serpent le fixèrent et au deuxième éclair vert, il sentit son front brûler tandis que juste à côté de son pied, quelque chose  se mettait  à briller : c’était une petite pierre, un galet sculpté en forme de lion, l’objet représentant Griffondor que le Lord Noir avait choisi pour y cacher son Horcrux. Mais y était-il ou, comme  le supposait Harry, le sort avait-il dévié de sa course et atterri sur son front ?    

Le petit lion était le seul objet qui n’était pas recouvert de poussière. Harry ne se souvenait pas de lui. Il ne lui appartenait pas. Voldemort avait dû l’apporter pour réaliser son noir sortilège. Il brillait faiblement, il devait être protégé par un puissant enchantement. Mais il ne s’en dégageait pas une aura sombre comme c’était le cas pour la coupe de Helga Pouffsouffle ou la petite éponge noire de l’aquarium des cerveaux.    

Harry comprit alors que le Horcrux ne s’y trouvait pas. Voldemort avait commis une grande erreur et il ne le savait pas. Il envoyait son fidèle serviteur chercher un objet magique et ce n’était pas le bon.   

Le jeune sorcier redescendit en effaçant derrière lui les traces de son passage. Quand Peter Pettigrow entrerait dans la maison à son tour, il ne s’apercevrait de rien. Il sortit et expliqua son plan à ses partenaires. Il allait jeter sur les quatre Mangemorts un sort d’Oubli très court et les libérer de leurs entraves. Ils se réveilleraient en pensant qu’ils venaient juste de transplaner. Queudver accomplirait sa mission pour son Maître. Celui-ci croirait avoir récupéré son Horcrux. Et tout serait pour le mieux.   

 Ron et Hermione ne dirent rien mais pendant l’absence de Harry, ils avaient envisagé le pire. La cicatrice de Harry était plus que la Marque qui faisait de lui « l’égal » de Voldemort, elle était un poison dont il fallait se débarrasser. Mais comment ? Tout en ruminant de sombres pensées, ils regardaient de loin les Mangemorts se réveiller. Peter Pettigrow entra seul dans la maison, un bon moment passa avant qu’il ne ressorte, tenant dans ses mains recouvertes de peau de dragon un objet que l’un des Mangemorts fit disparaître dans un sac. Puis ils transplanèrent et tout redevint tranquille.    

 Les trois amis se rapprochèrent de la maison et Harry dit sombrement :

« Plus personne n’entrera ici. Je vais faire disparaître cet endroit maudit. Les habitants du coin ne l’appelleront pas pour rien le champ du sorcier. »   

Il leva la main. Un puissant nuage bleu nuit enveloppa les ruines. Ils virent les murs s’effondrer très lentement, se désagréger, se transformer en une poussière impalpable qui flotta quelques instants et retomba doucement. C’était fini, la maison des Potter avait définitivement disparu. Ron y vit un mauvais présage.   

Ils passèrent la soirée à envisager plusieurs plans pour débarrasser Harry du Horcrux. Mais à chaque fois, le danger mortel d’atteindre le jeune sorcier en voulant détruire le morceau d’âme du Lord Noir rendait le contre sortilège impossible. D’ailleurs, Harry se disait qu’il ne fallait pas agir trop vite. Tant que Voldemort penserait avoir récupéré son Horcrux, il se croirait invincible.    

La nuit, seul dans son lit, Harry pensa à Draco. Son amour et sa chaleur lui manquaient. Le jeune homme blond lui devenait indispensable. Que deviendrait-il s’il l’abandonnait ou pire s’il le trahissait ?  

                                                    OoOoOoOoOoO   

Le lendemain, ils décidèrent d’aller faire un tour Square Grimault avant de rentrer à Poudlard. Ils trouvèrent sur place plusieurs membres de l’Ordre, l’air assez soucieux. Emmeline Vance et Hestia Jones discutaient à voix basse.

Maugrey Fol Œil avait son visage des mauvais jours, Dedalus Diggle, Elphias Doge et Kingsley Shacklebolt étaient assis à la table de la cuisine et regardaient sans les voir les bouteilles de Bièraubeurre posées devant eux. Arthur Weasley et Nymphadora Tonks étaient présents eux aussi. Ils parurent tous surpris de leur arrivée. Tonks s’écria :

« Vous êtes déjà là ? Nous venons juste de vous envoyer un hibou. Vous avez fait vite ! --Que se passe-t-il ? demanda Harry, devenant immédiatement attentif.

--Nous avons reçu un message de notre espion secret. Le corbeau noir a laissé une lettre sur la table de la cuisine. Il a dû passer par la cheminée. Tiens, lis, » dit Arthur Weasley  en tendant à Harry un parchemin déroulé.   

Il n’y avait que quelques mots :

« Le Maître des Ténèbres a rassemblé ses troupes. La bataille est proche. » 

« Il fallait s’y attendre, dit Ron en passant le rouleau à Hermione. Si les géants sont arrivés à la Forteresse Sombre, Voldemort ne peut plus attendre longtemps. D’après ce qu’Hagrid nous en a dit, ils sont agressifs et toujours prêts à la bagarre. Notre espion ne nous dit pas grand chose. Où la première attaque va-t-elle avoir lieu, c’est toute la question . »   

Ils discutèrent une partie de la matinée. Kingsley expliqua que les Aurors étaient prêts au combat. Ils avaient même des renforts venus de France et de divers pays nordiques. L’article de Rita Skeeter avait éveillé les consciences. Si le Seigneur des Ténèbres gagnait la bataille d’Angleterre, il étendrait sa puissance à d’autres contrées. Déjà il recrutait des partisans parmi les fortes têtes et les repris de justice de tous les pays. 

 Où se déroulerait la première bataille ? Emmeline Vance pensait au Ministère de la magie. De là, Voldemort contrôlerait tout le pays. Mais c’était l’endroit le plus protégé du monde sorcier. Le Mage Noir perdrait un grand nombre de Mangemorts au combat.   

Arthur Weasley pensait au chemin de traverse ou à Pré au lard, le village sorcier. Là, Voldemort ne rencontrerait pas beaucoup de résistance. Les sorciers qui y vivaient  étaient des civils, pas des combattants et l’attaque répandrait la terreur parmi la population.    

Hermione répéta encore qu’il fallait s’entendre avec les gobelins de Gringotts. La banque était un lieu stratégique et n’avait aucune défense. Les gobelins n’avaient pas le droit d’utiliser la magie. Leurs pouvoirs étaient limités par une loi très ancienne que le Ministère refusait de modifier. C’était injuste.Quelques personnes sourirent. Hermione avait de drôles d’idées. Les gobelins, les elfes de maison, les Centaures …Et puis quoi encore. Le Lord Noir n’attaquerait pas une banque comme un vulgaire bandit !

 Cependant, Harry décida d’aller rendre visite l’après-midi au Ministre de la Magie. Rufus Scrimgeour le fit attendre une heure avant de le recevoir. Il trouvait que le Survivant se mêlait de trop de choses qui n’étaient pas de son ressort. Il expliqua d’un ton impatient qu’il avait préparé un décret approuvé par ses conseillers pour l’évacuation des familles vers des refuges souterrains en cas de conflits.    

« Vous voulez que tout le monde prenne la fuite devant l’ennemi ? Vous ne leur demandez pas de se défendre ? Vous voulez seulement qu’ils aient peur ? Voldemort n’aura aucun mal à les soumettre dans ce cas. Croyez-vous vraiment que les gens sont tous des lâches ? Donnez-leur du courage au lieu de les terroriser. Ils se battront pour leur famille, pour leurs biens, pour leur liberté. Pas tous peut-être mais au moins quelques-uns. Ils résisteront, la peur au ventre, mais ils résisteront. C’est un décret de lutte que vous devez faire, pas un appel à la débandade … »   

 Mais Harry avait beau parler avec passion, les yeux dans ceux du Ministre, la magie crépitant au bout de ses doigts, il voyait bien qu’on le prenait pour un rêveur, un idéaliste qui ne connaissait rien à la vie. Il partit en disant qu’au moins Poudlard se défendrait et juste avant que la porte de son bureau ne se referme, Rufus Scrimgeour lui lança d’un ton mauvais :

« C’est ça et vous serez de nouveau responsable de la mort de vos amis ! »   

 Lorsque Harry répéta ces paroles terribles à Ron et Hermione, le jeune sorcier roux  entra dans une rage noire.

«  Ce sont tous des lâches. Ils ne méritent pas ce que tu fais pour eux. »  

 Mais Harry posa sa main sur son bras et dit :

«  Je ne le fais pas pour eux mais pour nous. Quand tout sera fini, ou nous serons tous morts ou nous pourrons vivre en paix. Je n’ai plus peur d’attirer le malheur sur les autres. Je me bats parce que c’est mon devoir, parce que c’est tombé sur moi et qu’il faut le faire. Mais je vous le jure, quand tout sera fini, si nous nous en sortons, je ne penserai plus qu’à une chose : être heureux auprès des gens que j’aime. » 

   Instinctivement, sa pensée s’envola vers Draco et son cœur se serra. Ce rêve  paraissait impossible et pourtant il ne pouvait s’empêcher d’imaginer une vie heureuse où ils seraient ensemble, lui et son amour, loin de la guerre et des tourments, dans une maison tranquille, avec des amis, des  … enfants ?  Harry secoua la tête. Ses pensées devenaient délirantes.   

Ils décidèrent de rester à Londres pour la nuit et de repartir à Poudlard le lendemain. Ils parlèrent de nouveau du Horcrux. Harry se livra à une petite expérience qui se révéla fort douloureuse. Il mit sa main à quelques centimètres de son front et murmura : « Tom Jedusor. » Un éclair de douleur traversa son front. Ainsi, il n’y avait plus de doute à avoir. Le Horcrux était bien dans son front, lové sous la cicatrice.   

Pourtant, pour la première fois depuis qu’il le savait, Harry n’en fut pas désolé. Au moins, il n’avait plus à le chercher. Si la bataille était proche ainsi que leur espion l’avait dit, il trouverait bien un moyen de le détruire. A Poudlard, ils chercheraient tous les trois un contre sortilège. Hermione n’avait pas fini d’aller à la bibliothèque ! Ron trouverait une ruse. Lui fermerait encore plus son esprit, surtout la nuit au moment des rêves.

    La nuit … Draco … Un Ange blond endormi dans ses bras … Un amant lui répétant qu’il l’aimait … Un corps magnifique lui faisant l’amour avec passion … Un ami avec qui rire et parler … Une moitié de lui enfin trouvée … Draco … Cette nuit-là, Harry s’endormit en souriant et aucun cauchemar ne vint le hanter.   

Ce ne fut pas le cas dans le dortoir des Serpentards. Dans son lit, un jeune homme blond hurlait et se tordait de douleur sous le regard anxieux de ses camarades qui ne parvenaient pas à le réveiller. Quand enfin il ouvrit les yeux, il ne se rappela pas le sujet exact de son rêve mais il sut que le Maître des Ténèbres avait tenté de pénétrer dans son esprit et qu’il avait peut-être réussi. Et Grégory eut beau lui dire avec douceur : « Dors, Draco » il resta éveillé le reste de la nuit, affolé à l’idée de revivre ce rêve.  

  Harry, Ron et Hermione quittèrent Londres très tôt le lendemain. Ils transplanèrent jusqu’au portail de Poudlard et entrèrent dans le grand Hall au moment où les élèves arrivaient pour prendre leur petit déjeuner avant le début des cours.

   Draco, accompagné de Blaise et de Grégory, était parmi eux. Dès qu’il vit Harry, il se précipita vers lui avec un cri de joie et lui sauta au cou. Surpris, Harry referma ses bras sur lui et sentit contre sa joue les cheveux doux comme la soie du jeune homme blond. Puis il se rendit compte du silence qui régnait soudain dans le Hall. Tous les élèves présents les regardaient avec des yeux ronds,  immobiles et muets.  

   Ron détourna la tête. Seule, Hermione souriait. Harry repoussa légèrement Draco en murmurant son nom d’un ton de reproches. Leur couple se donnait en spectacle et lui souhaitait plutôt la discrétion. Mais quand il vit le visage pâli du jeune Serpentard, il comprit qu’il s’était passé quelque chose. Déjà Draco rougissait et s’écartait de lui.  Harry prit rapidement sa décision.Tenant la main de son jeune amant, il fit face aux élèves rassemblés et leur dit simplement :

« Draco et moi, nous nous aimons. »

Puis il se tourna, lui donna un baiser léger sur les lèvres et le serra dans ses bras.  Autour d’eux, il y eut de nouveau du bruit et du mouvement. Mais ils n’y prêtèrent pas attention. Draco murmura :

 «  Je suis si heureux de te voir. Est-ce que … tu restes un peu ?

--Oui, répondit Harry tout contre son oreille. Mais je dois aller tout de suite au bureau de la directrice. A tout à l’heure. »

  Quand Draco entra dans la Grande Salle, les conversations animées s’arrêtèrent un instant puis reprirent de plus belle. L’annonce publique de sa relation avec l’Elu du monde sorcier était une sorte de bombe. C’était dans ces circonstances que le sang-froid et la fierté des Malfoy se révélaient indispensables. Ses amis Serpentards le félicitèrent chaleureusement. Il s’assit et baissa les yeux.  

 A la table des professeurs, Remus Lupin le regarda avec attention. Ce coup d’éclat le surprenait  mais la vérité aurait de toutes façons finit par éclater. Et puisque Tonks lui avait dit que la bataille finale était proche, les deux jeunes hommes avaient raison de s’aimer au grand jour. Les temps sombres approchaient. La vie … la mort … qui savait ce que l’avenir leur réservait ?

   Minerva McGonagall  était déjà au courant de la lettre apportée par le corbeau noir. Harry lui annonça alors qu’il avait décidé de rester à l’école jusqu’au jour fatidique. Il était presque sûr que c’était à Poudlard que le Lord Noir choisirait de l’affronter, dans ce lieu chargé d’histoire, où Dumbledore ne régnait plus mais où son ombre restait présente. Voldemort voulait une victoire éclatante et il n’y avait pas meilleur endroit pour affirmer sa puissance.   

 Encore une fois, la directrice sentit son vieux cœur saigner en regardant Harry, si jeune, si beau, si innocent. Il lui restait une dernière épreuve à affronter, une terrible épreuve. Y survivrait-il ?   Si Minerva avait connu le secret que Harry cachait, elle aurait vu que le poids était bien plus lourd encore qu’elle ne le croyait.

   Draco et Harry se croisèrent plusieurs fois dans la journée. Ils prirent leur repas en s’asseyant l’un près de l’autre, à la table des Serpentards ou à celle des Griffondors. Déjà tout le monde s’habituait à les voir si proches. Mais Draco avait cours toute la journée. Ils ne purent passer beaucoup de temps ensemble.  

 Harry rejoignit Hermione et Ron à la bibliothèque. Ils  passèrent une partie de la journée à chercher dans quelles sections ils pourraient trouver des renseignements. Hermione se plongea dans un gros traité concernant les sorts d’expulsion ou de rejet. Elle se demandait si elle n’aurait pas dû aller dans une bibliothèque moldue. Les non-sorciers avaient beaucoup écrit sur les maux de l’âme.

                                   OoOoOoOoOoO LEMON OoOoOoOoOoO  

  Harry et Draco se retrouvèrent enfin seuls assez tard le soir. Ils s’assirent devant la cheminée et Harry, se souvenant de la pâleur de Draco le matin à son arrivée, lui demanda ce qu’il avait. Il craignait que quelqu’un ne l’aie à nouveau agressé. Quand le jeune Serpentard lui parla de son rêve, il le prit dans ses bras.

« Ne crains rien, lui dit-il, tu ne portes plus sa marque. Il ne peut  rien contre toi. »

Ils s’embrassèrent et ils oublièrent tout ce qui n’était pas eux. Dans la chambre éclairée de la lueur dorée d’une veilleuse, ils étaient nus tous les deux. Harry était allongé sur le ventre, la tête tournée de côté. Il regardait Draco qui s’était assis sur ses cuisse et qui avait entrepris un savant massage sur son dos.  

 C’était des effleurements très légers, du bout des doigts, traçant des lignes ondulées ou circulaires sur les épaules, le long de la colonne vertébrale, sur la taille, au creux des reins. Les pouces appuyaient par moment sur des points précis provoquant des sensations fulgurantes et fugitives et Harry gémissait doucement, se demandant vaguement où Draco avait pu apprendre à donner du plaisir de cette délicieuse façon.  

   Quand les mains se posèrent sur ses fesses en caresses plus accentuées, il eut un cri sourd et se retourna. Les yeux de jade s’élargirent et les yeux d’ardoise pâlirent.  Les douces caresses reprirent, accompagnées cette fois de multiples baisers. Déjà Harry désirait plus et  il appelait son jeune amant d’une voix rauque. Mais Draco voulait faire durer le plaisir. Il avait rêvé de ces retrouvailles et multipliait les préliminaires.

Cette fois, c’étaient ses ongles qui dessinaient  des lignes et des chemins sur la peau de son amant, très doucement, sans faire la moindre marque. Ils suivaient les côtes, effleuraient le sternum, s’arrêtaient sur  le cœur battant la chamade.  

 Harry commençait à se tordre sous la caresse savante et sa voix était de plus en plus rauque. Sa tête se tournait à gauche, à droite. Il se mordait les lèvres et il ne pu retenir un cri plus fort quand les mains se posèrent sur son ventre puis descendirent , dessinant une arabesque jusqu’à l’aine et s’arrêtant juste à côté de son sexe érigé.

    Les pouces caressèrent doucement les bourses puis un ongle remonta la verge dure jusqu’à la pointe sombre. Harry n’y tint plus. Ses mains qui étaient restées crispées sur les draps s’accrochèrent aux hanches de Draco et il commença à onduler, réclamant … plus … tout … Ses yeux se perdaient, sa tête se vidait, son sexe vibrait. Il n’était plus que jouissance.

 Alors Draco n’attendit plus. Lui aussi était au bord de l’explosion. Ses genoux se glissèrent entre les cuisse de son partenaire qui noua ses jambes à sa taille, il mouilla trois doigts de sa salive et sans quitter des yeux le visage rouge et extasié de Harry, il le prépara rapidement puis entra en lui.   

  La première sensation était toujours un peu étrange mais très vite, il avaient tous les deux l’impression d’être … entiers. Ils respiraient de plus en plus fort, de plus en plus vite et en même temps, ils bougeaient leurs hanches. Draco allait et venait, frappant toujours le point du plaisir. Harry allait à sa rencontre, ne retenant plus ses cris et ses gémissements. Ils explosèrent presque en même temps dans un dernier râle et retombèrent sans forces.

 Pendant un long moment, ils n’avaient fait qu’un. Ils eurent peine à se séparer. Ils ne parlaient pas. Draco avait glissé ses bras autour de la taille de Harry et sa tête reposait sur son épaule. Ils étaient en sueur et se recouvrirent d’un geste. Leurs respirations se faisaient plus tranquilles, leurs cœurs se calmaient. Dans la pénombre dorée, ils savouraient  chacun la présence de l’autre. 

Draco fut le premier à s’endormir. Harry, lui, repensait au cauchemar que son compagnon avait fait la nuit précédente. Le Maître des Ténèbres essayait de l’atteindre par l’intermédiaire de Draco, c’était sûr. Il recommencerait sans aucun doute. L’amour était sa force mais aussi sa faiblesse. Harry posa ses lèvres sur les doux cheveux blonds et murmura :

« Dors bien, amour. Fais de beaux rêves. »

Et il sombra à son tour.

                                                   OoOoOoOoOoO  

  Les jours passèrent. C’était la première semaine de mars, les crocus et les perce-neige pointaient au bord de la Forêt Interdite. Les élèves travaillaient avec ardeur car la directrice ne leur avait pas caché la nouvelle. Lord Voldemort s’apprêtait à livrer bataille au grand jour et non plus sournoisement comme il le faisait jusque là.

   Harry, Ron et Hermione n’avait toujours rien trouvé pour détruire le Horcrux. Aucun rêve n’était venu troubler le sommeil de Draco.   

Puis un jour, en fin de matinée, alors que Harry revenait de chez Hagrid, il vit un point noir grossir dans le ciel. Il eut immédiatement l’impression qu’il se passait quelque chose de bizarre. L’oiseau qui se dirigeait vers lui ne volait pas droit, il avait l’air blessé et épuisé. Il reconnut soudain le corbeau noir de leur espion.

 Visiblement, il avait été attaqué, sans doute par les faucons chasseurs de Voldemort. Quand il se posa près de Harry, son aile droite resta ouverte , les plumes étaient ébouriffées et l’extrémité pendait jusqu’à terre. Mais le précieux message était encore accroché à sa patte.  

  Harry prit la pauvre bête dans ses mains, récoltant au passage un coup de bec car il lui avait probablement fait mal, et il retourna en vitesse chez Hagrid. Nagini, presque guéri, siffla en les voyant entrer.

«  Que fait ici cet oiseau de Mangemort ?

-- Tu sais à qui appartient ce corbeau ? dit Harry plein d’espoir.

-- Je ne connais pas son nom, ils se ressemblent tous avec leur robes noires et leurs masques. Mais c’est un fidèle de mon Maître. Méfiez-vous de lui. Traître un jour, traître toujours.

-- Il nous a beaucoup aidé jusqu’ici, dit Harry en détachant le message.

--Je m’occupe de l’oiseau, dit Hagrid. Va vite retrouver Ron, Hermione et les autres. Ce message sent les mauvaises nouvelles à plein nez. »

Ils déroulèrent le parchemin dans le bureau de la directrice. Le message était assez long et visiblement écrit à la hâte.

« Le Maître des Ténèbres a l’intention d’attaquer le même jour plusieurs lieux magiques. Il compte sur la désorganisation des défenses pour vaincre. Son premier objectif est le Ministère de la Magie. Ensuite viennent le Chemin de Traverse, la banque Gringotts, les journaux, la poste des hiboux, Sainte Mangouste, Pré au Lard et d’autres endroits de moindre importance. Il réserve ses meilleures forces pour Poudlard. Il veut écraser la résistance et obliger les élèves à se soumettre. Que le Survivant prenne garde ! Il … »

 Le message se terminait là. L’encre n’avait pas eu le temps de sécher et bavait un peu. Mais le texte était clair et son sens redoutable.

« A-t-il tant de partisans pour vouloir attaquer partout en même temps ? dit Hermione d’une voix un peu tremblante.

--Non, peut-être pas, reprit Remus qui avait pâli. Mais imagine la panique qu’il va créer. Les Aurors vont courir dans tous les sens pour répondre aux appels de détresse des gens. Ils ne pourront faire face à toutes les situations dangereuses. Les Mangemorts en profiteront pour les éliminer les uns après les autres …

-- Il faut prévenir Rufus Scrimgeour, dit la directrice.

--NON ,dit Harry. Il faut attendre. Nous ne savons pas quel jour l’attaque aura lieu. Inutile de semer nous-mêmes la panique. C’est peut-être ce que Voldemort cherche après tout.  

--Mais puisque le corbeau est blessé, il ne peut rejoindre son maître. Merlin tout puissant, ajouta Ron, pourvu qu’il n’ait pas été surpris en envoyant ce message ! »

   Ils se regardèrent tous avec horreur. Si leur espion s’était fait surprendre, ils ne donnaient pas cher de sa vie et sa mort se ferait dans d’atroces souffrances … Ils décidèrent de prévenir au moins tous les membres de l’Ordre du Phénix. Ils pourraient prendre quelques mesures défensives.  

 Et ce fut le dimanche 9 mars. Il était midi. Les élèves et les professeurs déjeunaient dans la Grande Salle. On n’entendait que le bruit des fourchettes, les conversations animées, quelques rires. Il y eut tout à coup une sorte de bourrasque. Une fenêtre s’ouvrit en grand et IL entra.  

  Un hibou grand duc aux yeux d’or, au magnifique plumage noir pointillé de blanc, au bec et aux serres d’un rouge sang entra majestueusement, tourna une fois au-dessus des têtes levées vers lui et se posa devant Harry.

 A l’une de ses pattes était attaché un parchemin roulé, fermé par un ruban noir et cacheté de cire. L’oiseau hulula et son cri était  sinistre. C’était le messager du Maître des Ténèbres.   

           

                             
 
 
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