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Chapitre 9 : La bataille de Poudlard. Vendredi 13 mars. Beau temps, sec et froid. Quelques nuages glissent lentement dans le ciel clair. Dans le parc de Poudlard. Les Aurors sont arrivés la veille à la tombée de la nuit. Ils ont installé leur quartier général et préparé leurs lignes de défense et d’attaque. Ils sont une cinquantaine, ce sont des combattants aguerris. Harry en a vus certains au Ministère mais beaucoup lui sont inconnus. Nymphadora Tonks est avec eux. Elle lui présente deux sorciers venant de Durmstrang et une sorcière de Beauxbâtons. Ils représentent leurs écoles et sont venus défendre Poudlard en souvenir du Tournoi des Trois Sorciers. Kingsley Shacklebot n’est pas là. Il assure la défense du Ministère. Rufus Scrimgeour a tenu compte des avertissements de Minerva McGonagall. Tous les lieux magiques sont sous protection et tout s’est mis en place pendant la nuit pour ne pas éveiller les soupçons de l’ennemi. Gringotts se défendra avec ses propres armes. Bill Weasley a réussi à convaincre Ragnok, le chef des Gobelins, de rejoindre leur camp. Il ne sait pas exactement comment les petite êtres magiques vont agir mais il est sûr de leur détermination et de leur force. Deux Médicomages ont été envoyés par Sainte Mangouste, Basileus, le fils de Madame Pomfresh et Magdalena Farinelli, une imposante sorcière au visage souriant et aux cheveux d’un superbe blond roux. Elle domine tout le monde d’une bonne tête et sa voix est d’une puissance rare. Ce sont de bonnes nouvelles. Dans la grande Salle. Au petit déjeuner, la directrice lit une proclamation du Ministre ordonnant aux élèves de se mettre à l’abri dans les endroits protégés de Poudlard et souhaitant bonne chance aux professeurs. Une dernière fois, Minerva parle aux élèves avec douceur. Il est encore temps pour eux de renoncer à la lutte. Personne ne leur en voudra. La guerre n’est pas une affaire d’enfants. Elle ne doute pas de leur courage mais connaît leurs limites. C’est la plus jeune élève de l’école qui lui répond, une Serdaigle nommée Virginia Scott. S’il faut choisir entre se battre avec l’espoir de gagner ou se résigner et accepter l’esclavage, alors il vaut mieux se battre. Tous ses camarades applaudissent. L’affaire est entendue. Le professeur Slughorn fait distribuer les petites gourdes de Felix Felicis en rappelant que l’effet sera court et qu’il faut donc choisir le bon moment pour l’utiliser. Le professeur Flitwick monte sur sa chaise et proclame : « Que Rowena Serdaigle, Godric Griffondor, Salazar Serpentard et Helga Pouffsouffle protègent l’école qu’ils ont fondée ! » La professeur Chourave lance un « Yip yip hourra ! » qui fait vibrer toute la Salle. Il est dix heures, heure solaire. Tous les élèves montent se préparer dans leur dortoir. Ils mettent l’uniforme de leur Maison, à l’exception de vingt d’entre eux qui portent des tenues de sport moldue avec l’écusson de leur Maison cousu sur la poitrine et d’une quinzaine d’autres qui enfilent leur costume de Quidditch. Tous revêtent leur cape noire car l’attente sera longue et il ne fait pas très chaud dehors. Les baguettes magiques sont rangées dans une poche intérieure avec la petite gourde de Felix Felicis. Dennis Crivey a réparti les baguettes de saule en veillant à ce que chaque groupe en ait une. Les visages sont graves pourtant il y a des rires, des plaisanteries, des poursuites dans les couloirs. C’est une atmosphère assez particulière faite à la fois de sérieux et de malice. Les professeurs et la directrice, portant eux aussi la marque de leur Maison, sont réunis dans la Grande Salle. Ils ont l’air très déterminés. Ils doivent former la deuxième ligne de défenses juste derrière les Aurors. Par petits groupes, Maison par Maison, les élèves les rejoignent. Il y a sur les grandes tables des sandwichs, de la brioche, des petits gâteaux et des boissons chaudes, du thé, du café, des infusions. Chacun se restaure s’il en a envie mais maintenant, l’appréhension gagne du terrain. Il est onze heures. Certains élèves sortent, regardent vers le parc et écoutent les rumeurs à l’extérieur de l’école. On commence à entendre des bruits confus, des cris, des appels. Dobby envoie quelques elfes épier ce qui se passe dehors. Ce sont les Mangemorts qui commencent à arriver et qui hurlent des injures et des moqueries envers ceux de l’école. Il y a des remous dans la Grande Salle. Harry vient d’arriver avec Ron et Hermione. Draco a déjà rejoint le groupe de Pansy , de Blaise et de Vincent. Grégory fait partie de l’équipe de sport moldu. Théodore est au commandement, il est rejoint par Ron. Hermione reste avec les jumelles Patil. Millicent accompagne un groupe de Pouffsouffles. A l’extérieur, Madame Pomfresh et les deux Médicomages finissent d’installer tout leur matériel sous une grande tente blanche qui servira d’infirmerie. Au début de la bataille, Harry la protègera par un sort qui interdira à toute personne armée d’y pénétrer. Sous une autre tente, Winky et les autres elfes entassent des paniers remplis de nourriture et des tonnelets de boisson. Tout doit être prêt à l’extérieur de l’école car la fermeture des portes aura lieu à midi moins une. Pendant la bataille, Poudlard restera inviolé. Il est onze heures trente. Les habitants de Pré-au-lard transplanent devant la porte de l’école et se précipitent à l’intérieur. Madame Rosmerta, Aberforth Dumbledore et deux autres hommes portent des petits tonneaux de Whisky Pur Feu pour le réconfort de tous. En bas, les pubs sont grands ouverts. Peut-être que certains assaillants vont être trop ivres pour se battre. Il y a aussi quelques boissons droguées et « La Tête de Sanglier » doit exploser quand quelqu’un touchera à certain tonneau de bièraubeurre. Il est onze heures quarante. Tout le monde est en place. Les groupes composés d’élèves des quatre Maisons ayant de treize à dix-huit ans forment une ligne en arc de cercle allant de la tente de l’infirmerie jusqu’au bord du lac. Ils sont assez loin des Aurors et des professeurs. Il n’est pas question pour eux de se jeter dans la bataille. Ils obéissent strictement aux consignes données . Ils ont tous répété à plusieurs reprises les diverses formes d’attaque et de défense. Ils ont mis toute leur confiance en Théodore qui a l’art de la stratégie et le sens du commandement. Il est onze heures cinquante. A l’extérieur, les moqueries et les injures se font plus fortes. Les Mangemorts réclament à cor et à cri la levée des sortilèges qui protègent le château. Ils sont tous assez jeunes mais ils ne sont que six ou sept à avoir fréquenté Poudlard dans leur jeunesse. La plupart d’entre eux viennent d’obscures écoles de magie où ils n’ont appris que le strict nécessaire. Mais il y a aussi des sorciers puissants qui ont mal tourné. Leur chef est très grand et très gros. Il vient de Durmstrang et a été banni de son pays pour une histoire de meurtre qui n’a jamais été élucidée. Il est onze heures cinquante cinq. Un vent léger s’est levé. Il apporte des odeurs de printemps et de terre mouillée. Dans le parc comme au dehors, le silence s’est fait. Les secondes s’égrènent trop vite ou trop lentement. Soudain une voix amplifiée par un Sonorus retentit. « HARRY POTTER !!! » Harry est seul en haut des marches du perron. Il amplifie sa voix et répond : « JE SUIS LA. » « HARRY POTTER ! JE TE RAPPELLE QUE TU NE DOIS TE BATTRE QU’AVEC MOI ET QUAND JE LE DECIDERAI. A CETTE SEULE CONDITION, AUCUN SORT MORTEL NE SERA DIRIGE CONTRE LES ELEVES DE L’ECOLE. » « JE LE SAIS ET JE SUIS D’ACCORD. » « ELEVES DE POUDLARD , PASSEZ LE PORTAIL ET REJOIGNEZ VOTRE LORD. IL NE VOUS SERA FAIT AUCUN MAL. DES QUE LA BATAILLE COMMENCERA, IL SERA TROP TARD. HARRY POTTER SERA VAINCU , IL MOURRA. ET VOUS DEVREZ AFFRONTER MA COLERE. VENEZ ! IL EN EST ENCORE TEMPS. » La réponse est unanime. « NON !!! » « SERPENTARDS ! ECOUTEZ LA VOIX DE VOS PERES ! » « THEODORE ! PANSY ! GREGORY ! VINCENT ! MILLICENT ! BLAISE ! » « NON !!! » « DRACO ! » « NON ! » « HARRY POTTER ! REGARDE ENCORE UNE FOIS SOUFFRIR ET MOURIR TES AMIS ! » Harry ne répond rien. La volonté de nuire est trop évidente. Midi solaire moins deux. Tout le monde est immobile. Les cœurs battent la chamade. Minerva McGonagall lève la main et fait un grand geste. La lourde porte et les fenêtres se ferment hermétiquement. Une grande bannière descend lentement devant la tour d’astronomie. Elle représente le blason de Poudlard avec les quatre animaux : le lion, le serpent, l’aigle et le blaireau. Ce sont les elfes qui l’ont confectionnée. Midi moins une. Aurora Sinistra consulte sa montre astronomique. Elle compte les dernières vingt secondes. A dix, la directrice et Harry commencent à lever les sortilèges de protection. A zéro, toutes les barrières sont tombées. Il y a un instant de silence … et c’est la ruée. Il est midi, heure solaire. La bataille a commencé. OoOoOoOoOoO Pour chaque événement, il y a trois périodes : l’ « avant », le « pendant » et l’ « après ». L’ « avant » , c’est cette période où l’on compte les mois, les jours, les heures et même les secondes, cette période faite d’espoir si l’événement est heureux ou de peur si au contraire on le redoute, cette période incertaine où l’on se demande parfois si on va vivre jusqu’à ce que cela se produise. Le « pendant » finit toujours par arriver. Il est tel qu’on l’avait rêvé ou il est totalement inattendu. Il passe. Quelquefois on a à peine le temps de s’en rendre compte qu’il est déjà passé. Et tout de suite on est dans l’ « après ». Cela s’est passé ainsi lors de la bataille de Poudlard. C’est étrange comme le temps peut être élastique. Avant le midi solaire, les minutes semblaient des heures. Mais dès que les barrières magiques furent levées, le temps se mit à faire des bonds. Midi une minute Une centaine de Mangemorts foulent la pelouse du parc. Sur un bref signe de leur chef, ils hurlent en chœur leur cri de guerre : « MORDMORDRE ! ». Après un instant de stupeur, les défenseurs lancent : « POUDLARD ! » Le premier éclair de sortilège vient du camp Mangemort. Ils portent tous une robe de sorcier noire renforcé sur la poitrine d’un corselet de cuir. Leurs mains sont gantées. Certains portent des masques effrayants. Ils attaquent violemment les Aurors qui reculent sous le nombre mais ils sont repoussés à plusieurs reprises grâce aux professeurs et aux habitants de Pré-au lard. Les sorts volent des deux côtés, bleus, jaunes, violets, rouges, quelques verts. Midi quarante Un ordre bref, une vingtaine de Mangemorts font mouvement vers les élèves qui semblent changés en statues. C’est ça, la guerre ? Ces cris, ces jets de lumière, ces corps qui tombent des deux côtés, ce sang qui commence à tacher de rouge la douce herbe du début du printemps ? Théodore, Ron, Hermione et Millicent crient ensemble : « Attention ! ».Et c’est à leur tour de ne plus voir le temps passer, de se battre, encore et encore, avec tous les sortilèges qu’ils ont appris. Les vingt jeunes gens adeptes des sports moldus entrent en scène. Leurs attaques rapides déstabilisent les assaillants qui ne sont pas préparés à ce genre de riposte. Ils se font désarmer comme des débutants et crient leur rage. L’attaque tourne court. Le temps fait un bond. Une heure cinq minutes. Un cri au bord du lac. Plusieurs élèves sont entourés par des êtres fantomatiques sortis de l’eau. Des Inferis … Ils essayent de les entraîner avec eux. C’est une traîtrise. Le Lord Noir a dit : « Pas de sorts mortels » mais il envoie des morts vivants pour terroriser les jeunes gens et peut-être les noyer. Des mains de Harry sort un long trait de feu. Les Inferis reculent mais ils emmènent avec eux un garçon et la fille qui va tous les dimanches jouer avec le calmar Géant. Elle avait choisi cette place pour être à côté de son animal favori. .Bien lui en a pris ! Les eaux se mettent à bouillonner. Les sirènes et les strangulots apparaissent. Et les immenses tentacules attrapent les corps morts, les secouent comme de vulgaires pantins et les jettent au loin dans les eaux du lac. Les êtres aquatiques se chargent de les entraîner au fond et de les y enchaîner. Les deux jeunes gens regagnent la rive à la nage. De loin, Harry leur jette un sort de séchage. Aucune protestation ne vient de la part du Lord Noir. Il a essayé, Harry a répondu à sa provocation. Un point partout. Il y aura pendant tout le combat des moments comme ceux-là. Peu de gens les verront tous. En fait, seul, Harry, perché sur le perron, immobile, attendant l’attaque du Maître des Ténèbres, sera le témoin de tous ces faits et gestes. Cela fait partie du plan de Voldemort. Il pense ainsi affaiblir son adversaire par la vue de tous les mauvais coups encaissés par son camp. Il sous-estime grandement la force d’âme du Survivant. Celui-ci a déjà tant souffert qu’il sait réagir positivement à ces basses manœuvres. Une heure trente, une pause. Les Mangemorts reculent jusqu’aux limites de Poudlard emportant une dizaine de blessés gravement atteints et laissant deux des leurs sur la pelouse. Un certain nombre d’entre eux sont hors de combat. Ils n’ont plus de baguettes. La tactique d’attaque avec les balais a fonctionné à merveille. Les membres des équipes de Quidditch sont super rapides. Ils ont survolé les rangs ennemis à une telle vitesse qu’aucun sortilège ne peut les atteindre. Eux par contre ciblent les Mangemorts presque à coup sûr. Ils lancent des Expelliarmus, les baguettes magiques ennemis volent et Harry s’aperçoit que quelques elfes se font un plaisir de les trouver dans l’herbe et de les ramener dans l’autre camp où elles sont enfermées dans un coffre de fer. Tant de bravoure chez de si petits êtres ! Tout à coup, Harry se sent plein d’admiration pour eux et aussi pour Hermione qui veut qu’on les traite en créatures libres. Aucun mort du côté de Poudlard mais quatre Aurors, deux habitants du village, les professeurs Sinistra et Slughorn ont des blessures sérieuses. Il n’y a que quelques blessés légers parmi les élèves. Du haut du perron, Harry a bien observé le combat. Les Mangemorts ont utilisé des sorts assez faciles, sans aucune trace de magie noire. Mais Ron et Hermione étaient particulièrement visées. Tout à coup, la voix amplifiée reprend : « ALORS, HARRY POTTER, QU’EST-CE QUE CA FAIT DE VOIR TOMBER SES AMIS ? » Voldemort est quelque part mais il reste invisible. Harry doit être sans arrêt sur ses gardes. « MONTRE-TOI, TOM JEDUSOR, ET JE TE LE DIRAI. » « OH NON ! JEUNE INSOLENT ! C’EST QUAND JE VEUX, COMME JE VEUX. ET APPELLE-MOI MYLORD CAR JE SUIS TON MAITRE ET CELUI DE TOUS CEUX QUI SONT ICI. » « NON ! TU N’ES LE MAITRE QUE DE CEUX-LA … ET ENCORE … FINITE FINITE IMPERIO ! » Il y a des remous dans les rangs de Mangemorts. Plusieurs d’entre eux semblent se réveiller. Ils regardent de tous les côtés puis jettent leur baguette et tentent de fuir mais ils sont vite rattrapés. « TU ME PAYERAS CA , POTTER ! » dit la voix devenue grinçante. Une heure 50, nouvelle attaque. Les Mangemorts sont moins nombreux mais plus féroces. Un nuage noir se pointe à l’horizon. Les Détraqueurs … C’est le moment de voir si la machine inventée par Elisabeth Colwin fonctionne. Greg lance le moteur de l’Anglia postée à l’orée de la Forêt. Mais les Détraqueurs passent assez loin d’elle. Des Patronus fusent. Un Lapin, une Loutre, un Faisan, une Grenouille et soudain, un Tigre, une Licorne, un Loup, un Buffle … Les Détraqueurs reculent. Et il se produit une chose étonnante. Le son d’un cor de chasse retentit. Toute la troupe de fantômes de Sir Patrick Delaney - Podmore arrive. On les distingue à peine dans la lumière du jour mais ils repoussent les Ombres noires vers la machine moldue qui rugit . Et beaucoup de Détraqueurs se transforment en petites billes noires qui tombent au sol. Les autres s’enfuient. Les elfes de maison se précipitent, ramassent les billes et les enferment dans un tonnelet percé d’un petit trou. Le chef des Aurors a assisté de loin à la scène. Il pense déjà à l’utilisation de la machine pour éliminer définitivement les Détraqueurs. La jeune fille qui dirige le rayon de destruction est un Génie … Milieu d’après-midi. On ne compte plus les heures. Le temps n’a plus d’importance. Nouvelle pause. Les Mangemorts ont morflé. Ils sont en débandade malgré les hurlements de leur chef. Ils se battent par habitude alors que leurs adversaires se battent pour défendre leur territoire. Ces derniers y mettent donc plus de hargne et plus d’acharnement. Les elfes passent parmi les combattants, apportant des boissons et de la nourriture. Winky et Léonny proposent discrètement un petit verre de Whisky Pur Feu à ceux qui paraissent épuisés. En face, l’intendance n’a pas suivi. Les Mangemorts n’ont même pas d’eau pour se désaltérer. Certains désertent pour aller boire dans les pubs ouverts de Pré-au lard. On entend soudain une explosion. Le baril piégé de la Tête de Sanglier vient d’exploser, faisant une vingtaine de victimes. La voix amplifiée ne s’est plus manifestée. Lord Voldemort est allé voir comment se passaient les autres attaques qu’il a lancées. Ce n’est pas bon pour lui. Partout ses partisans étaient attendus. Il a subi de grosses pertes. Il commence à se douter de la trahison de quelqu’un de son entourage. Mais QUI ? Sa fureur est terrible. Tout à coup, Dobby transplane près de Harry qui suit le combat avec douleur et espérance. Il est tout blanc et essoufflé comme s’il avait couru à toute vitesse. « Les géants arrivent. Ils ne sont plus que deux. J’ai réussi à faire boire de la potion violette à l’un d’eux et je me suis fait poursuivre par les autres. Ils en voulaient aussi mais je n’avais pu emporter qu’une seule gourde. Le troisième dort en ronflant si fort qu’on l’entend jusqu’ici. » Deux énormes géants arrivent en effet en courant et en soufflant. Soudain, l’un d’eux s’arrête. Il est assailli de toutes parts par de minuscules branchettes brunes, des botrucs très en colère. De leurs deux doigts coupants comme des lames de rasoir, ils attaquent ses yeux et ses grands pieds. Ils s’acharnent sur les talons, coupant petit à petit les tendons d’Achille, jusqu’à ce que la grosse masse de chair s’écroule sur le sol en se débattant et en hurlant. David a vaincu Goliath. Dobby en profite pour reprendre une gourde de potion et aller la verser dans la bouche grande ouverte. Graup et Hagrid sortent de la forêt où ils attendaient l’arrivée des géants. Ils n’ont pas trop de mal à vaincre le dernier. La grosse masse d’armes de Graup l’assomme pour le compte. Les derniers Mangemorts font retraite à la vue de leurs nouveaux et gigantesques adversaires. Vers cinq heures, pause générale. Les blessés affluent vers la tente blanche. Trois morts à Poudlard : un Auror touché par un Avada Kedavra, un habitant de Pré-au lard atteint en plein cœur par un sort de magie noire inconnu et Argus Rusard, mort en héros. Il s’est jeté devant Madame Pince attaquée par un Mangemort. Il a brandi sa baguette de saule. Le nuage rose a protégé la bibliothécaire mais lui a été touché par un sort mortel. Harry a été témoin de la scène et son cœur s’est serré. Pauvre Rusard, dont les élèves se sont si souvent moqué … Les élèves de deuxième et troisième années ont magnifiquement réussi leur travail particulier : lancer le contre-sort chaque fois qu’un grand de leur groupe était touché par un sort. C’était leur mission et ils s’y étaient préparés avec beaucoup de sérieux. Millicent et Parvati sont les élèves les plus touchées, la première a reçu un Doloris en pleine tête en protégeant Owen Green, la seconde se trouvait à côté d’Hermione souvent attaquée par plusieurs Mangemorts en même temps. La voix amplifiée retentit de nouveau. Elle est beaucoup moins triomphante que la dernière fois. Les choses se passent mal sur les autres fronts. L’attaque de la banque Gringotts a laissé un souvenir cuisant. Voldemort y avait envoyé son dragon Vert gallois, pensant terroriser les petits êtres magiques. Mais les Gobelins ont fait monter leur propre dragon des souterrains, une femelle Feudor de Hongrie. Les deux animaux se sont lancé des flammes de différentes couleurs. C’est leur manière de communiquer. La femelle voulait des bébés. Elle a proposé le mariage au mâle Vert gallois qui n’a pas dit non et ils sont descendus ensemble dans les souterrains, laissant plantés là les Mangemorts qui se sont fait taillés en pièces par les Gobelins en furie et les habitants du Chemin de traverse, menés par Fred, Georges et Monsieur Stemper, le père de Gloria. La voix retentit. « LA BATAILLE NE FAIT QUE COMMENCER , HARRY POTTER. COMBIEN DE MORTS AS-TU DEJA SUR LA CONSCIENCE ? » « JE VAIS AVOIR LA TIENNE SI TU N’AS PAS PEUR DE TE MONTRER. » « PEUR ? TU OSES M’ACCUSER D’AVOIR PEUR ? C’EST TOI QUI DEVRAIS TREMBLER, C’EST MAINTENANT QUE JE VAIS ENVOYER MES MEILLEURS COMBATTANTS ALORS QUE TES TROUPES SONT EPUISEES ET DECIMEES. TOI ET TES AMIS SERPENTARDS , VOUS ALLEZ AFFRONTER MES VAILLANTS GUERRIERS, MES VRAIS MANGEMORTS. APPARATE !!! » Cinq heures trente, le ciel devient plus sombre. La nuit approche. Quarante neuf Mangemorts apparaissent, formant un carré parfait de sept assaillants par côté. Ce sont tous des anciens, leur masse sombre est impressionnante. Ils ne sont pas masqués. Devant se trouvent des visages connus. La voix les interpelle. « CRABBE ! PARKINSON ! NOTT ! GOYLE ! ZABINI ! BULTRODE ! APPELEZ VOS ENFANTS! ET VOUS SERPENTARDS, OBEISSEZ A VOS PERES ! » Les élèves interpellés sortent des groupes, un peu pâles. Mais la réponse est unanime : « NON ! » « ALORS TUEZ - LES ! » « NON ! » C’est la voix amplifiée de Harry. « CE SONT LEURS PARENTS. ILS ONT SUR LEURS ENFANTS DROIT DE VIE ET DE MORT. » « Père ! crie Théodore Nott. N’écoute pas ce fou. Il n’est pas ton Maître. C’est un Tyran, un Mégalomane. Il se sert de vous pour prendre le pouvoir mais il ne respecte personne. Vous n’êtes rien pour lui. Il vous envoie à la mort sans un regard, sans un regret. Réveille-toi, père. Il est encore temps. » Sa voix a résonné dans un silence soudain. Les Mangemorts ne font aucun geste. Pas un seul n’a levé sa baguette vers les enfants aussi immobiles que s’ils avaient été stupéfixés. Alors la voix s’élève à nouveau. « LUCIUS MALFOY, VIENS COMMANDER TES TROUPES. » Un cinquantième Mangemort apparaît devant les autres. Il a des cheveux blancs mi-longs, des yeux pâles et Draco lui ressemble. Il a le même air aristocratique, le même port de tête. L’homme porte une robe de sorcier verte brodée d’argent. Son corselet de cuir porte un blason orné d’un serpent. Il est magnifique. Et, baguette en main, aux côtés de Pansy et de Blaise, Draco se met à trembler. Six heures et quart. La nuit est tombée. Harry regarde Draco et Draco regarde son père. Lucius Malfoy ne regarde personne. Il lève son bras armé de sa baguette magique et l’abaisse d’un geste élégant. D’un bloc, les Mangemorts chargent. Lui ne bouge pas. Autour de lui, la bataille fait rage. Soudain, un rayon vert et Sybille Trelawney s’effondre. Un hurlement de rage retentit à l’orée de la Forêt Interdite. Firenze le Centaure a bandé son arc et d’autres Centaures sortent de la Forêt. Les flèches pleuvent sur les assaillants qui reculent. On sent un flottement dans les rangs . Un sifflement strident et des Sombrals jaillissent d’entre les arbres, toutes ailes déployées. Ils tombent en piqué sur les Mangemorts qui cette fois commencent à courir dans tous les sens. Buck et une dizaine d’hippogriffes leur barrent la route. Les hommes en noir lancent des sorts n’importe où, n’importe comment. Les Aurors et les autres défenseurs les évitent facilement. Les Stupéfix , les Impedimenta, les Expelliarmus fusent vers les Mangemorts. Paniqués par la soudaineté de la riposte, certains ont le malheur de courir vers le saule cogneur qui a l’air endormi. Deux chats sont assis sur une racine et l’un d’eux appuie sur un nœud bien particulier. Le saule se réveille et ses branches balaient violemment les imprudents qui se sont approchés de lui. La plupart des Mangemorts battent en retraite. Ils ont dépensé toute leur énergie d’un coup. Ils sont devenus mous comme le pense leur Maître. Ils s’arrêtent et baissent leurs bras armés. Lucius Malfoy n’a pas bougé. Un croassement se fait entendre. Un corbeau sort de la maison de Hagrid. Son vol est incertain, une de ses ailes bat moins fort que l’autre. Mais il se dirige droit vers Lucius Malfoy et se pose sur son épaule. Il y a un sourd grondement. Professeurs et élèves de Poudlard sont stupéfaits. Une voix joyeuse s’élève . Draco. « Père, tu es avec nous ? --Je suis là, mon fils. Pour toi. » Un terrible hurlement. Lord Voldemort vient de comprendre qui l’a trahi. Mais il ne veut pas encore apparaître. C’est trop tôt pour que son plan réussisse. Il veut agir après la dernière vague d’attaquants, lorsque ses ennemis seront en déroute. « LUCIUS MALFOY, TU ME LE PAYERAS ! » hurle-t-il. « Je sais, » répond le sorcier à la robe verte d’une voix tranquille. Et il se dirige vers Harry Potter qui est aussi surpris que les autres. « Pour l’amour de mon fils, » dit-il et il se range à ses côtés. Six heures trente. Au-dessus de la Forêt Interdite, la pleine lune commence à apparaître. On entend vers le portail une rumeur confuse. Dobby apparaît devant Harry. Il crie d’une voix aiguë : « Greyback ! Les Loups Garous ! Ils sont ivres. » C’est la débandade totale parmi les assaillants. Remus Lupin se précipite vers le saule cogneur. Il vient de boire une gourde de potion Tue-Loup et sa potion de Force. Il fait signe aux chats qui immobilisent le saule. Il crie aux Mangemorts : « Lâchez vos baguettes magiques et entrez ici. Vous serez à l’abri. » La crainte des Loups-Garous est si forte que tous lui obéissent. Ils se retrouvent un peu serrés prisonniers dans la Cabane Hurlante. Les élèves savent ce qu’ils doivent faire maintenant. Ils se regroupent , formant un demi-cercle compact, les plus jeunes au centre. Devant eux, les adultes et les Aurors. La seule défense contre les Loups Garous, c’est d’être en nombre. Ils n’attaquent que des individus isolés. ILS ARRIVENT. Une trentaine. Greyback est déjà transformé. Les autres sentent leurs museaux s’allonger peu à peu, leurs bras et leurs jambes devenir pattes, le poil les recouvrir. Ils n’y peuvent rien. C’est un mauvais coup du destin. Ils ont été mordus, ils cherchent à mordre. Ils commencent à hurler à la lune qui monte dans le ciel. Devant eux, une masse sombre, des gens agglutinés les uns aux autres. Une mauvaise cible. Une petite silhouette isolée qui court pour rejoindre le groupe. Cornélia a fait tomber sa baguette de saule et s’est arrêté un instant pour la ramasser. Un bond. Greyback est sur elle. Elle crie. Le Loup Garou la tient par le bras. Il se lèche les babines. Elle a l’air si jeune, si tendre. Une victime de plus. Il n’a pas le temps d’ouvrir sa grande gueule rouge. Une masse noire lui tombe dessus. Il est renversé au sol et sent à son cou une violente morsure. Zarog. Et brusquement, une armée d’araignées géantes déferlent sur les Loups Garous. Etrangement, elles ne cherchent pas à tuer mais elles visent les cous et mordent. Les Loups Garous s’effondrent les uns après les autres. Ils gisent à terre et ne bougent plus. Alors, sans plus s’occuper des autres personnes totalement stupéfaites, les araignées se retirent dans la Forêt Interdite et disparaissent. Il y a un grand silence et puis il y a un miracle. Les Loups Garous se transforment de nouveau. Ils reprennent peu à peu leur forme humaine. Ils se redressent lentement, se regardent d’un air étonné. Ils sont … guéris ? …guéris !!! C’est un remède ancestral, totalement oublié depuis mille ans. L’alcool qu’ils ont bu et qui imprègne leur corps, combiné avec le venin d’Acromantule injecté au cou, guérit la Lycanthropie Remus Lupin qui venait de boire sa potion de Force fabriquée à base d’alcool de cynorhodons a été mordu comme les autres. Lui aussi se regarde avec des yeux éblouis. Enfin ! Enfin, il est délivré de son enfer. Il faudra utiliser cette découverte pour sauver le plus de malheureux possible. Le plus difficile sera d’obtenir le concours des Araignées Géantes. Tout s’est passé en quelques secondes, une minute au plus Les ex-Loups garous se lèvent en titubant un peu. Ils vont s’asseoir près du portail de l’école. Remus s’adresse à eux pour leur expliquer ce qui se passe. Ils ne se souviennent même pas qu’ils étaient venus là sur l’ordre de Voldemort pour livrer bataille contre Poudlard. Harry se détend. Il est à l’origine du miracle mais il ne le révélera à personne. La recette du remède a jailli d’un coup de sa mémoire profonde. Il a simplement profité de circonstances favorables. L’ivresse des Loups Garous. La présence des Araignées Géantes venus veiller sur leur jeune amie Cornélia « pi pa ». Il a influencé leur cerveau pour qu’elles mordent au cou, provoquant la guérison. Maintenant, il reprend sa concentration. La journée a été dure pour lui, plus dure encore que s’il avait combattu seul une centaine de Mangemorts. Rester immobile, ne rien faire, voir ses amis souffrir, voir mourir la pauvre Trelawney … et les autres. Mais il était lié par sa promesse et les étudiants de Poudlard s’en tirent bien. Il n’y a pas de grands blessés parmi eux, juste des plaies insignifiantes. Beaucoup ont eu la bonne idée de boire la Felix Felicis au bon moment. Ils sont un peu sonnés mais ils se tapent dans le dos et se sourient . Pourtant le pire est encore à venir. Le duel n’a pas eu lieu. Les Aurors ont perdu cinq des leurs et certains blessés sont gravement atteints. Il y a moins de pertes parmi les habitants de Pré-au lard. Les Mangemorts s’attaquaient plutôt aux Aurors, leurs pires ennemis. Chez les professeurs, c’est la consternation. Sybille Trelawney est étendue sur un lit de camp, sous la tente infirmerie. Elle est toute blanche. Son visage est apaisé et on peut ainsi s’apercevoir qu’elle était belle. Firenze est à ses côtés. Il a l’air très triste et ne cesse de répéter : « Ma sœur de cœur est morte. J’avais vu un signe étrange dans les étoiles. Mais les signes parlent un langage incompréhensible. Je n’ai pas compris le message. » Sur le lit voisin repose Argus Rusard. Miss Teigne s’est installée sur sa poitrine. Elle ne bouge pas. Elle a compris qu’il était mort. Les animaux de compagnie sentent ces choses-là. Elle reste près de celui qui l’a toujours aimée et protégée. Elle ronronne doucement. Soudain, la paix fragile qui s’est abattue sur le parc est déchirée par la voix retentissante. « A NOUS DEUX , HARRY POTTER.JE TE DEFIE EN DUEL. NOUS NOUS BATTRONS JUSQU'A TA MORT. J’ARRIVE AVEC MES AMIS. TU PEUX APPELER LES TIENS. » Il est sept heures. Le parc s’illumine de centaines de torches flamboyantes. Lord Voldemort apparaît. Il est debout sur la tombe blanche de Dumbledore, au bord du lac. Il porte une magnifique robe de sorcier verte brodée de lunes et d’étoiles d’argent. Son horrible visage est dissimulé derrière un masque. Il porte des gants noirs en cuir fin et ses cheveux blancs descendent jusque sur ses épaules Il est magnifique. Puis apparaissent l’un après l’autre huit enfants blonds, beaux comme des anges, souriants, vêtus de blanc et d’or.. Ils se placent devant la tombe face aux élèves et aux adultes qui se rassemblent devant l’école autour de Harry. Une dame vêtue d’une longue robe de velours vert brodée d’argent prend place à côté d’eux . Narcissa Malfoy . Un homme portant une longue cape noire surgit à son tour. Quand il repousse le capuchon, des cris et des injures retentissent et Harry retient sa magie à grand peine. Severus Snape. Enfin sortent de derrière la tombe, à droite, Bellatrix Lestrange et à gauche, Peter Pettigrow. Ils se placent de chaque côté de leur Maître. Il règne tout à coup un grand silence. Toute l’école est stupéfiée par plusieurs choses. D’abord par l’audace de Voldemort qui foule aux pieds la tombe de l’ancien directeur, son pire ennemi. Par la splendeur du Lord Noir venu combattre dans toute sa gloire. Par l’arrivée à ses côtés des sorciers les plus détestés du monde. Et surtout par la présence souriante de leurs huit camarades. Ils n’ont pas changés. Ils sont toujours aussi beaux. Ils semblent heureux de vivre. Les jumeaux Priscall ont cet air coquin qui charme tous ceux qui les côtoient et qui fait qu’on leur pardonne toutes leurs bêtises. Cependant, ils regardent leurs anciens camarades et ne semblent pas les reconnaître. Leurs yeux sont vides. Harry parle à son tour : « TOUS CEUX QUI SONT PRES DE MOI SONT MES AMIS. MAIS J’APPELLE EN PARTICULIER RON WEASLEY, HERMIONE GRANGER , NEVILLE LONDUBAT ET DRACO MALFOY. » Le Lord Noir éclate de rire. « C’EST TOUT CE QUE TU AS TROUVE ? UN TRAITRE A SON SANG, UNE SANG-DE-BOURBE ET UN INCAPABLE ? TU ACCEPTES MEME LES MANGEMORTS ? ENFIN IL Y A UN EX - MANGEMORT. JE NE T’OUBLIE PAS, LUCIUS MALFOY. TON EPOUSE AU MOINS M’EST RESTEE FIDELE. » Harry reprend : « QUE FONT ICI CES ENFANTS ? » « CE SONT MES FILLES ET MES FILS SPIRITUELS . ILS M’AIMENT. JE TE PRESENTE MA COURONNE D’OR, HARRY POTTER. » « PERSONNE NE PEUT VOUS AIMER DE SON PLEIN GRE. CES ENFANTS SONT SOUS IMPERIUS » « OH NON HARRY POTTER. TU EN AURAS LA PREUVE TOUT A L’HEURE. MAIS A PROPOS, IL Y A ICI QUELQU’UN QUI N’EST PAS TON AMI MAIS LE MIEN. » Il fit un grand geste de son bras droit et dit : « APPROCHE DRACO MALFOY » Draco qui s’était placé à côté de Ron paraît frappé par la foudre. Il se tourne vers Harry, sourit, se retourne vers le Mage Noir et dit : « Oui, Mylord. » D’un pas léger, il s’avance vers Voldemort et s’incline profondément. « DIS-NOUS, DRACO MALFOY, QUI EST TON MAITRE ? » « Je vous appartiens, Mylord. » « C’EST BIEN ..PRENDS PLACE A MES COTES » Draco se tourne gracieusement et va s’installer à côté de Bellatrix Lestrange. Et le cœur de Harry commence à se briser. |