|
DISCLAIMER : Je ne suis pas JK Rowling donc rien ne m’appartient, à part l’intrigue de cette fic. Un grand merci à Lemoncurd pour ses corrections, à Artoung et Chardon pour m’avoir donné leur avis, à Anagrammes, pour tout le temps qu’elle m’a accordé, ses corrections, sa patience étant donné qu’elle connaît les 5 chapitres et qu’elle attend la suite depuis décembre !
CHAPITRE DEUX : PROJET ET STUPEUR DU PROCUREUR. O Ron avait accompagné Draco dans une cellule. Celui-ci avait à peine parcouru la liste des avocats et il avait griffonné un mot pour le passer autour de la patte d’un hibou dont il ignorait la provenance. Il avait refusé le téléphone que Ron lui tendait, prétextant qu’il préférait la bonne vieille méthode. Ron avait soupiré mais n’avait pas insisté, car il savait que Draco devait gagner du temps au Ministère, le seul endroit où il pouvait être en relative sécurité, étant donné que son retour dans le monde sorcier signait son arrêt de mort. Même s’il était envoyé à Azkaban, il ne survivrait pas deux jours à cause des Mangemorts qui lui en voulaient de s’être sauvé. Ron soupira, pris entre sa conscience professionnelle et son envie de montrer à un Draco sans le sou, qui était le plus riche à présent. Un coup d’œil au jeune homme qui se tenait devant lui, les paupières closes, et Ron préféra se retirer sans rien dire. Etrangement, il avait du mal à se souvenir qu’il n’avait plus seize ans en présence du blond. Draco devait jouer la montre, le temps de trouver une solution et, surtout, ne pas se plaindre du comportement violent des Aurors. Peut être que s’ils savaient qu’ils lui devaient leur maintient en poste, ils seraient un peu plus arrangeants et ils lui permettraient de gagner plus de temps. Il doutait que le Ministre apprécie l’idée que ses Aurors calment les récalcitrants à coup de Doloris et encore moins celle que le Procureur les laisse faire sans sanctionner. Il lui semblait que le monde sorcier était familier et inconnu à la fois. Il n’aimait pas être là, il n’aimait plus ce monde où tout devait être blanc ou noir, sans jamais de nuance. Mais surtout, son estomac se nouait à l’idée de passer, ne serait-ce qu’une minute, à Azkaban. Il n’avait pas peur de mourir, c’était la douleur qu’il craignait et il était certain que les anciens amis de son père prendraient un malin plaisir à le torturer. Il sentit la terreur envahir lentement son corps, s’insinuer dans chaque pore de sa peau et il s’intima l’ordre de ne surtout pas céder à la panique. Il devait penser à autre chose, à n’importe quoi d’autre. Potter, Procureur. Que l’ancien Gryffondor ait choisi ce métier ne le surprenait même pas. Il était tiraillé entre l’envie de le rendre fou (il était sidéré de constater qu’il avait toujours la faculté de lui faire perdre son calme, même après toutes ces années) et celle de coopérer. La seule chose qu’il savait était que Potter était très séduisant, qu’il avait beaucoup de classe et qu’il avait en lui une sauvagerie contenue qui lui donnait un certain charme. Contrairement à Ron et Neville, Harry était impressionnant, bien plus adulte, plus dangereux. Ses deux amis, pris dans leur désir de vengeance, semblaient avoir arrêté leur développement émotionnel à 15 ans. Draco hésitait entre en être amusé, ou inquiet. Celui qui le surprenait le plus était Ron. Draco ignorait pourquoi mais il l’aurait imaginé comme un adulte calme, plein d’humour et sociable, apprécié de tous. Or c’était tout le contraire. En tout cas pour ce que Draco en avait vu. Celui qui lui posait soucis était Neville. Le gentil Gryffondor timide était devenu revanchard, sa souffrance ressortait sous forme de violence et Draco l’imaginait capable du pire. Il avait l’impression que Neville le rendait responsable de tous ses malheurs et Draco ne niait pas qu’il lui avait mené la vie dure à l’école. Ça avait été sa façon à lui de s’amuser à l’époque. Mais il refusait d’endosser la responsabilité pour ce que sa famille lui avait fait subir. Il s’allongea sur le dos, un bras pour soutenir sa tête, une jambe sur le matelas, l’autre encore posée sur le sol, et il ferma les yeux, épuisé par ces dernières 24 heures. Son monde l’accueillit à bras ouvert et il s’y réfugia sans attendre, caressant son ventre pour se calmer un peu. Il le haïssait et l’adorait tout à la fois. Il s’y sentait en sécurité et en danger. C’était un monde calme, paisible et tumultueux dans lequel il se retranchait souvent, juste en fermant les yeux, inconscient de toute l’agitation qui l’entourait. Il y rencontra son père, fort et protecteur, qui lui expliquait comment se comporter parmi les puissants de ce monde. Le sommeil s’empara de lui alors qu’il luttait pour ne pas s’endormir. Harry se présenta dans sa cellule une demie heure plus tard et il n’eut pas le courage de le réveiller. Il resta un instant, interdit devant l’image presque attendrissante du blond en train de dormir, ses lèvres sensuelles légèrement entrouvertes, son pull remontant sur son ventre plat à la peau diaphane. Son visage était paisible, presque angélique, en totale contradiction avec sa personnalité. S’il avait su à quel point la référence aux anges ennuyait Draco, il aurait fait la remarque à voix haute, juste pour l’énerver. Draco semblait fragile et Harry comprit ce qui attirait ses riches clients : sa beauté surréelle alliée à cette illusion de fragilité et à ses manières aristocratiques. Il était de ceux qui pouvaient bouder comme des enfants ou parler avec la froideur et la désillusion d’un vieux roublard. Et puis il semblait jeune, bien plus jeune que son âge réel et cela devait plaire. Ces porcs qui aiment la chair fraîche ont dû s’amuser avec toi, pensa Harry en fronçant les sourcils. Il avait du mal à accepter l’idée que son ancien ennemi, auquel il aimait penser comme à un enfant gâté, ait pu se vendre à des hommes bien plus âgés, se laisser toucher et leur faire Merlin savait quoi. Draco laissa échapper un léger gémissement puis il bougea un peu, relevant ainsi une partie de son pull, découvrant des cotes trop apparentes. La respiration de Harry s’accéléra. Il se sentait mal, sans savoir pourquoi. « Malfoy, réveille toi, dit-il d’une voix sèche. » Le prisonnier ne bougea pas d’un pouce, trop absorbé par ses rêves dans lesquels Harry ne figurait pas. Il s’approcha et il le secoua doucement. « Réveille toi Malfoy. Quelqu’un veut te voir. » Draco ouvrit lentement les yeux et il toisa longuement Harry. « Il me faut des habits. Je refuse de rester dans ces fringues pleines de boue et qui sentent la cigarette, » déclara-t-il froidement en constatant que Harry avait revêtu une robe de sorcier qu’il n’avait pas fermée, qu’il s’était débarrassé de sa cravate et qu’il avait ouvert deux boutons de sa chemise verte foncée, laquelle sortait de son pantalon. « Tu n’es pas à l’hôtel ici, » répliqua Harry en déboutonnant son pantalon. Draco se leva d’un bond, regardant désespérément autour de lui pour trouver une issue. Harry l’observa un instant, dubitatif, puis soudain, il comprit. Il fit un pas en arrière et il sursauta en voyant un profond dégoût sur le visage du blond. Harry lui lança un regard qui exprimait sa surprise et son indignation. « Non mais ça va pas Malfoy ! Tu croyais vraiment que je voulais coucher avec toi ? Ici, sur mon lieu de travail de surcroît ? Tu débloques. Je ne suis pas branché filles de joie en plus. » Draco ne répondit pas, il était habitué à ce genre d’insultes et il fut presque déçu que Potter ne soit pas plus original. Il se contenta de regarder méchamment Harry, pendant que celui-ci faisait ce pour quoi il avait déboutonné son pantalon : il remit correctement les pans de sa chemise à l’intérieur. « Ne prends pas tes rêves pour des réalités, » ajouta Harry. Il lui sembla que Malfoy ne l’écoutait pas. Le dos tourné, il scrutait la pièce. « Tu n’as pas idée à quel point je te déteste, Potter » dit il d’une voix incroyablement douce. Harry resta silencieux, abasourdi par le timbre de cette voix. Il n’y avait rien à ajouter, Draco venait d’énoncer un fait et cela n’attendait aucune réponse. La seule chose qui l’étonnait était cette voix presque caressante, qu’avait pris le prisonnier pour s’adresser à lui. On était loin de la voix dure et mordante avec laquelle il parlait à Harry lorsqu’ils étaient élèves à Poudlard. Tout cela était étrange, il sentait un problème avec le blond mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il préféra s’en laver les mains, Malfoy ne méritant pas qu’on s’attarde sur son cas, et il contempla le dos de Malfoy avant de répondre : « Tu n’as pas idée à quel point je m’en fous, Draco. La Terre ne s’arrêtera pas de tourner parce qu’on ne peut pas s’encadrer. Vois tu, il y a quelques heures, je voulais te faire vraiment mal, me venger de tout ce que tu nous avais fait subir, mais tu es derrière les barreaux et ça me suffit. Tu as été libre assez longtemps alors que tu ne le méritais pas. Maintenant, suis moi en salle d’interrogation. » Harry sortit de la cellule mais Draco ne bougea pas. Harry le saisit par le bras et il serra jusqu’à ce qu’il voit clairement la douleur percer son masque glacial alors que Draco se tournait vivement vers lui. « Ecoute moi bien Malfoy, je n’ai pas que ça à faire alors quand je te dis de me suivre, tu t’exécutes sans broncher, est ce clair ? - Très clair, cracha le blond. Je vois que tu es toujours aussi violent qu’à Poudlard, tu n’as pas changé malgré tes costumes à 300 galons. » En gardant son bras dans sa main, Harry le traîna presque jusqu’à la salle d’interrogation où Hermione Granger, avocate de son état, attendait son client potentiel avec une impatience qu’elle parvenait à peine à contenir. Dès qu’elle vit la lèvre coupée, le bleu en formation sur le visage de Draco et ses vêtements boueux, elle fixa Harry, Ron et Neville avec un regard assassin qui impressionna même Draco. « Que lui est il arrivé ? Demanda-t-elle d’un ton sec. - Il est tombé, » répondit Neville en scrutant nerveusement le prisonnier qui lui, observait Hermione avec intérêt. Draco la trouva jolie à sa manière. Elle était élégamment habillée mais ses cheveux étaient toujours emmêlés, et il émanait d’elle une puissance magique qu’elle n’avait pas à l’école. Elle ne quittait pas des yeux la main de Harry, toujours serrée autour du bras de Draco. « Je voudrais que tu relèves ta manche, Draco, ordonna-t-elle. S’il a la marque de tes doigts sur la peau, Harry, tu auras des ennuis, je peux te l’assurer. » Harry marmonna en le lâchant et Draco n’entendit pas ce qu’il disait. Il retint un soupir de soulagement en constatant que Granger avait une conscience professionnelle à toute épreuve. « Il n’a pas serré fort, alors je ne lèverai pas ma manche, Granger, articula-t-il de sa voix traînante. - Je veux être seule avec M. Malfoy, lança-t-elle. Maintenant ! - Je vous laisse dix minutes, pas plus, tonna Harry en faisant un signe de tête à Ron et Neville qui le suivirent à l’extérieur. - On dirait Moi avec Crabbe et Goyle, » remarqua Draco en montrant du doigt la porte fermée alors qu’un sourire amusé dansait sur son visage. Hermione ne pu réprimer un petit rire. Elle fixa Draco quelques instants, surprise par la beauté de son sourire. Elle ne l’avait jamais vu sourire autrement que méchamment et elle dû admettre qu’il était devenu un très bel homme différent du gamin anguleux qu’il était à l’adolescence. Enfin, elle posa la question qui lui brûlait les lèvres. « Pourquoi m’avoir choisie comme avocate ? Pourquoi une ‘Sang de Bourbe’ ? - Parce que tu dois être la meilleure, soupira Draco comme si c’était une évidence et qu’il avait autre chose à faire que de répondre à des questions idiotes. Tu as toujours eu l’esprit critique et tu n’as jamais accusé les gens à tort, contrairement à tes amis. Je pense que tu es suffisamment intelligente pour entendre ma version des faits et me représenter avec clairvoyance. Enfin, si tu acceptes bien entendu. - J’accepte parce que je sais que personne d’autre ne voudra te défendre. En sept ans, le monde Sorcier t’a déjà reconnu coupable sans procès. Ron m’a dit ce qu’il savait sur ton séjour chez les Moldus mais ce que je veux connaître, ce sont tes explications sur la mort de Dumbledore. Je veux que tu me dises honnêtement ce qu’il en est. - Je n’ai rien fait. - Ok, il va falloir que tu m’aides un peu Draco, dit elle en soupirant. C’est trop maigre comme explication. Je ne tiendrai pas vingt secondes avec ça devant la Commission. Fais un effort sinon je te laisse te débrouiller tout seul. Etais tu Mangemort ? - Non, je n’ai jamais voulu m’agenouiller devant Lui…ironique quand on sait que j’ai commencé à gagner ma vie dans le monde Moldu en m’agenouillant devant d’autres. - Je suis désolée Draco, ça n’a pas dû être facile. - Pas de problème, il y a pire comme métier, Auror ou Procureur par exemple, et puis ça payait vraiment très bien. Je me faisais en une soirée de quoi vivre confortablement tout le mois. Il faut arrêter de me prendre pour une victime. Je vois tes amis, ils sont si fiers, si persuadés de ma déchéance, mais j’ai choisi de me vendre aux plus offrants, par pure cupidité. J’étais une marchandise de luxe, je n’ai jamais eu à racoler, et on ne m’a traité qu’avec le plus grand respect. Je n’ai rien subi, je n’ai jamais été soumis. C’est moi qui contrôlais tout, moi qui dominais la relation car sans moi, les clients n’avaient rien à se mettre sous les mains. Alors passons les ‘je suis désolée Draco’ et entrons dans le vif du sujet. Je n’ai jamais été Mangemort, je n’ai trahi personne à part les Mangemorts et c’est pour cela que je me cachais dans le monde Moldu ; parce que ceux qui sont libres veulent me tuer. Le souci, c’est que seuls Dumbledore et Rogue étaient au courant de mon appartenance à l’Ordre du Phénix. - Je ne te crois pas, lança sèchement Hermione. Seuls les adultes ayant quitté l’école avaient le droit de faire partie de L’ordre… - Tu es d’une naïveté presque touchante ma pauvre Granger. J’étais le fils du bras droit de Voldemort, ça m’ouvrait pas mal de portes. L’Ordre avait besoin de mon aide et j’aurais pu avoir une couche culotte et une tétine dans la bouche, Dumbledore m’aurait quand même intronisé dans l’Ordre. Il fallait faire certains sacrifices et, visiblement, le vieux n’avait pas trop de scrupules à me demander d’aller aux réunions de Voldemort. De l’autre coté aussi, être le fils de Lucius Malfoy me donnait certains privilèges, comme celui de ne pas me faire marquer comme du bétail. Il avait confiance en moi parce que j’étais et je suis toujours malveillant, et, honnêtement Granger, si tu avais eu le choix entre mettre ta vie entre mes mains ou épouser Rusard, tu aurais préféré la seconde solution. - Affirmatif. Alors tu as fait partie de l’Ordre mais seuls Dumbledore et Rogue étaient au courant ? - Oui. Comment aurais-je pu savoir que Rogue était dans l’Ordre autrement ? Pour les autres, Tonks, Lupin, les Weasley et j’en passe, j’étais une silhouette cachée. Aucun d’eux ne m’a jamais vu sans la capuche qui recouvrait tout mon visage. - Hum…peut être pourraient ils reconnaître tes mains ou ta voix, ça vaut le coup d’essayer. Si bien entendu, tu dis la vérité. Ok, venons en à Dumbledore. On a retrouvé ton collier dans les décombres de la cabane hurlante, près de son corps. Il y avait aussi un autre corps calciné qui n’a pas été identifié jusqu’à présent. On savait que ce n’était pas toi car tu es plus grand que lui. Qui était ce ? » Draco mit une main devant ses yeux et il respira calmement. Il était fatigué, sale, il avait faim, il avait peur. Il n’avait aucune envie de revivre ces instants où toute sa vie avait basculé. « C’était MacNair. Il était venu pour me tuer, le jour où la dernière bataille devait avoir lieu, mais Dumbledore est arrivé, il m’a sauvé. Il y avait quelqu’un dehors, sûrement le père de Crabbe vu la voix. La dernière chose dont je me souvienne, c’est que la cabane a explosé et que le corps de Dumbledore a été soufflé par la force de la déflagration. Fin de l’histoire. - Comment t’en es tu sorti ? - Mon père. Il était venu me prévenir que Voldemort était au courant de ma trahison. Il a jugé bon de m’envoyer me cacher chez les Moldus et voilà. Ne me regarde pas comme ça Granger, dit-il en lui décrochant un sourire alors que ses yeux exprimaient surtout de la tristesse. Mon père avait beau être un Mangemort des plus loyaux, il était surtout un père, et mes parents m’ont toujours fait passer avant leur putain de Maître, du moins, c’est ce que je me plais à croire. - Ton histoire tient la route. Je vais voir le professeur Rogue pour qu’il confirme ton appartenance à l’Ordre du Phénix. - Personne ne l’écoutera…Granger, je voudrais que tu parles à ma place. Je n’ai aucune crédibilité pour les gens de la Commission de toute façon. Les mêmes qui mangeaient dans la main de mon père vont me cracher dessus. Il faut aussi que tu les empêches de m’envoyer à Azkaban en attendant mon procès, parce que sinon, les Mangemorts qui sont là bas vont me tuer. Je suis jeune, beau et intelligent, ce serait du gâchis. Peut être pourraient ils me garder enfermé dans leurs cellules ici, au Ministère ? Et je ne peux pas parler lors de mon procès, je ferai certainement des erreurs qui me coûteront très cher alors à partir de maintenant, je suis muet. - Hors de question. J’aurai besoin de ton témoignage devant la Commission. Je voudrais que tu me montres tes avant bras. - Non, je ne témoignerai pas, insista-t-il en relevant sa manche droite qui dévoila un avant bras lisse et blanc, sans tatouage breveté Voldemort. - L’autre bras aussi. - Non, répondit il en serrant son bras contre son torse. - Ok, alors crève Malfoy. » Elle se leva et, alors qu’elle allait partir, Harry entra, suivi des deux Aurors. Hermione lança un regard vers la glace qui occupait tout un pan de mur et elle se gifla mentalement de n’avoir pas pensé qu’elle pouvait être sans teint. Ils avaient tout entendu. Elle avait beau avoir le plus grand respect pour Arthur Weasley, il commençait à la fatiguer avec ce nouveau système judiciaire. Le Ministre passait son temps devant la télévision et cela l’inspirait considérablement. Tout le monde connaissait sa passion pour les Moldus mais il prenait exemple sur eux sans vraiment connaître leurs lois. Dans le monde Sorcier, le Procureur avait tout pouvoir et il pouvait, sans aucun problème, interférer dans la relation entre un client et un avocat, ce qui mettait Hermione hors d’elle. Chez les Sorciers, si Harry Potter le décidait, le secret professionnel n’existait pas. Et même si Harry devait, pour la forme, demander la permission à l’Auror en Chef pour avoir des hommes disponibles dans une enquête, il gardait malgré tout le contrôle. En effet, la loi stipulait que le Procureur pouvait recourir à tous les moyens mis à sa disposition pour rendre la justice équitablement. En clair, si l’Auror en chef refusait, Harry pouvait l’obliger à accepter. Le Ministre de la Justice Magique n’avait pas plus d’emprise sur le Procureur d’ailleurs, ce qui rendait Hermione malade. Chacun pouvait bafouer les lois, à condition de faire partie du Ministère. Hermione était heureuse que Harry soit Procureur, car il gardait, malgré sa dureté, un grand sens moral, mais elle craignait qu’il décide un jour d’arrêter et qu’il soit remplacé par un fou, assoiffé de pouvoir. Elle lança un coup d’œil vers Draco et elle se demanda ce que lui, aurait donné en tant que Procureur. L’expérience aurait certainement été désastreuse pour le Monde Sorcier. En attendant, Harry et les deux Aurors venaient de piétiner le secret entre une avocate et son client, se moquant royalement des droits potentiels de Draco. Et ils avaient raison, puisque la loi ne lui accordait aucun droit. « J’en ai marre de ton numéro Malfoy ! Tonna Ron en saisissant le bras gauche de Draco pendant que Neville levait sa manche. Neville ouvrit de grands yeux et il recula avant de revenir pour le gifler. « Tu étais Mangemort ! Tu vas aller à Azkaban ! - Neville tu n’as pas à le frapper ! Hurla Hermione en s’interposant. » Harry s’approcha lentement et il empêcha Draco de redescendre sa manche. Il contempla pendant un long moment la brûlure qui partait dix centimètres au dessus du poignet pour arriver au coude. Draco baissa la tête et ses yeux ne quittèrent pas les doigts de Harry, qui caressaient la brûlure. Il se sentait humilié et sa joue chauffait, ayant presque aussitôt pris la marque rouge de la large main de Neville. Il détestait sa blessure hideuse et il faisait tout pour la cacher. Il portait des manches longues même en été et il ne supportait pas de la regarder. Il ferma les yeux, se retranchant dans son monde. Il se concentra pour y faire apparaître une vaste étendue neigeuse qui l’aida à se relaxer. On le secoua vivement et il ouvrit un œil sur les lèvres de Potter qui remuaient élégamment. « Je n’ai pas essayé de faire disparaître la Marque des Ténèbres si c’est ce que vous croyez, déclara Draco. Voilà pourquoi je ne voulais pas vous montrer mes bras. Je savais quelle serait votre réaction. En réalité, j’ai été brûlé dans l’explosion de la Cabane Hurlante. - Admettons, déclara Harry en se levant pour faire les cent pas. - Comment ça, « admettons » ! S’exclama Ron. C’est une preuve de sa culpabilité ! - Absolument pas ! Cria Hermione. - Taisez vous, » ordonna Harry qui tournait le dos à tout le monde. Il aimait adopter cette attitude un peu dédaigneuse face aux suspects. Il s’était rendu compte, en trois ans de pratique, qu’il impressionnait aisément les gens lorsqu’il ne les regardait pas et qu’il leur parlait d’une voix trop calme, trop posée, comme une menace d’explosion. Etrangement, il voulait impressionner Malfoy, lui montrer qu’il était quelqu’un d’important et que cela était justifié. Il voulait lui montrer qu’il était en haut, et que Malfoy était en bas. « Je pense que Malfoy est le candidat idéal pour tester le projet que j’ai soumis au Ministre il y a deux mois. - Tu débloques ? Questionna Ron en avalant difficilement sa salive. - Non. Nous ne savons pas s’il est réellement coupable et, s’il a effectivement trahi Voldemort, il mourra dès qu’il mettra le pied à Azkaban. Même chose s’il reste dehors. Les sorciers sont tous persuadés qu’il est coupable, et les Mangemorts encore libres vont vouloir se venger. Vous devez enquêter sérieusement, Neville, Ron, sinon je demanderai au Ministre de vous retirer le dossier Malfoy. Peut être pourrez vous faire parler les anciens Mangemorts emprisonnés à Azkaban. - Oh mon Dieu, Harry ! S’exclama Hermione. Tu ne doutes pas de sa culpabilité ! Tu veux juste un cobaye pour ton projet ! - Tu n’en sais rien Herm. Mon travail, c’est l’accusation alors je suis déjà bien gentil de t’aider. Et oui, ce projet me tient à cœur. Vous rendez vous compte qu’on envoie des gens qui ont commis des délits mineurs, ou qui sont encore assez jeunes pour reprendre leurs vies en main, au milieu de criminels qui leur apprendront ce qu’est la vraie violence ? Je ne sais pas pour vous, mais moi ça m’empêche de dormir. C’est pour cela que mon idée de reprendre les pouvoirs magiques aux accusés et de les garder enfermés dans des maisons dans lesquelles ils pourront être encadrés me tient particulièrement à cœur. Je sais que ça peut marcher. - Ok, Harry, capitula Neville. Trouve moi une personne sur cette planète qui supporterait ce connard. - Il n’y en a pas, avoua Harry. C’est pour cela qu’il viendra chez moi. Si sa vie est vraiment en danger, il ne pourra pas être plus en sécurité qu’avec moi et, dans le cas contraire, il ne pourra pas mieux se faire botter le cul que par moi. C’est mon projet, c’est aussi à moi de le tester. Comptes tu t’y opposer Hermione ? - Non, je pense que l’idée est excellente. Mais Harry, ton projet parle de réhabilitation et de services rendus à la communauté. Comment comptes tu lui faire faire ça ? Il avait une vie, il faisait des études et il n’a plus rien qui le retient ici. - Il fera le ménage et la cuisine chez moi, déclara très sérieusement Harry. - Comment ose tu ! Cria Hermione en bondissant de sa chaise pour aller le rejoindre. Je refuse qu’il soit ton esclave ! - Tu vas faire quoi ? Créer la Société de Libération du Pauvre Draco Malfoy ? Il est hors de question que je l’héberge et qu’il n’en foute pas une rame ! J’estime que je suis déjà bien sympa de ne pas purement et simplement le balancer à Azkaban, parce que, Herm, toutes les preuves sont contre lui ! - Ah oui ! Et le fait qu’il connaisse les noms de certains membres de l’Ordre du Phénix, ça n’est pas une preuve de son appartenance à ce même ordre ? - Non, ça prouve juste que les Mangemorts étaient bien renseignés ! Rétorqua Harry.» Il se rendit soudain compte que Malfoy n’était pas intervenu une seule fois dans la conversation. Pas un seul sarcasme n’avait été lancé alors qu’il y avait largement matière à le faire. Il était de plus en plus intrigué par le comportement du prisonnier. « La conversation ne t’intéresse pas Malfoy ? » Demanda-t-il avec une voix dure. Il se retourna et vit que Draco le regardait avec un dédain phénoménal. « Tu as perdu ta langue, ou tu n’as rien écouté ? Interrogea Harry avec un sourire sans joie. - Détrompe toi, Potter. Je suis tout ouïe, ironisa Draco en faisant mine de bailler. - Ok, ne te dérange surtout pas pour baiser les pieds de Harry alors qu’il se casse la tête pour sauver ton petit cul, » intervint Ron. Les prunelles grises et troublantes de Draco n’avaient pas quitté Harry et Ron s’impatienta. La respiration de Harry s’accéléra et son cerveau se mit à tourner à plein régime. Il ne pouvait pas le croire. C’était impossible. Même Hermione n’avait rien remarqué. Il était abasourdi. Il s’approcha doucement de Draco et il plongea ses magnifiques yeux verts intenses dans les troublantes prunelles grises. Son cœur se mit à battre plus vite alors qu’il se perdait dans les traits fins de son vis-à-vis. Il avait enfin compris quel était le problème mais il se demanda pourquoi Draco ne voulait rien dire. Il avait besoin de savoir. « Ron, Neville, Hermione, je voudrais que vous nous laissiez seuls quelques instants, » dit il sans quitter Draco des yeux. Harry le vit tressaillir, une lueur d’inquiétude passa sur son visage mais il reprit rapidement son air glacial. Hermione s’opposa à la requête du Procureur mais Ron la tira à l’extérieur. Harry referma la porte derrière ses amis et il prit sa baguette magique. Draco fit un sourire mauvais. « Tu vas me tuer, Potter ? » Harry lança un sort afin qu’un épais mur de pierre recouvre le miroir sans teint, juste au cas où les autres auraient été aussi curieux que Ron, Neville et lui quelques minutes plus tôt. Il poussa la table et il prit une chaise pour s’installer en face de Draco. Leurs genoux se touchèrent et Draco écarta les jambes afin d’éviter ce contact. Il se mit à caresser son ventre sous son pull pour se sécuriser, comme il l’avait fait plusieurs fois depuis son arrestation. Il était nerveux. Son anxiété était presque palpable. Il s’humecta les lèvres du bout de la langue et Harry retint son souffle. Il n’était pas censé trouver cela excitant. Harry passa son doigt sans s’arrêter au dessus de sa lèvre supérieure, comme il le faisait souvent lorsqu’il réfléchissait. « Tu veux que je te dise Malfoy ? Je vais te donner ma recette de la choucroute melba. » Draco le fixa avec une haine impressionnante mais il ne répondit pas. Harry cessa de jouer avec sa lèvre supérieure et il fit un petit sourire au blond qui ne le lui rendit pas. « Qu’en penses tu, Draco ? - Je ne vois pas de quoi tu parles, déclara-t-il sèchement. » Harry tendit une main pour caresser sa joue mais il se ravisa en voyant l’air horrifié de l’ancien Serpentard. « C’est tout à fait ça, Draco, remarqua Harry. Tu ne voispas de quoi je parle…parce que tu ne peux pas lire sur mes lèvres si j’ai le doigt dessus. Pourquoi nous as-tu caché ta surdité ? » A suivre… Bon, et bien je pense me faire encore une fois traiter de sadique, qu’en dites vous ? Merci d’avoir lu jusque là et à bientôt pour la suite. |