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NE FERME PAS LES YEUX Disclaimer : Tout appartient à la fabuleuse JK Rowling. Je ne fais que m’amuser à mettre ses personnages dans différentes situations, mais je les lui rends après.
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo CHAPITRE QUATRE : HOME SWEET HOME. oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo Harry ouvrit un œil et il vit qu’il était 18 heures. Il se tira difficilement du lit et descendit en direction du salon, où il entendait la télévision hurler une chanson qu’il détestait particulièrement. Draco était tranquillement installé sur le tabouret du piano, dans ses habits de la veille, absorbé dans la lecture d’un grimoire de défense contre les forces du mal. Harry dû avouer que l’image était angélique, si on occultait les beuglements d’une chanteuse à moitié nue, provenant de la télévision. Ne plus jamais rien entendre. Cette pensée était presque physiquement douloureuse pour le Procureur. Ne plus jamais entendre la musique. Ni le souffle de la personne qu’on serre contre soi. Ne plus connaître le luxe suprême de dire « je n’aime pas cette chanson » parce que dans le monde de la surdité, toutes les chansons sont les mêmes. Elles sont muettes. Harry savait que les sourds pouvaient sentir les vibrations de la musique, mais ils ne pouvaient pas l’entendre. Une chanson, pour Harry, se composait d’un texte, d’une rythmique, et d’instruments savamment mis ensemble pour créer une harmonie particulière. Draco ne pourrait jamais plus écouter une musique et se sentir touché par la mélodie. Avait-il seulement déjà été touché par quoi que ce soit ? Et dans la pratique ? Ne plus entendre le réveil. Comment se lever à l’heure ? Comment savoir qu’un bébé pleure dans la chambre d’à côté ? Comment appeler au secours si on se blesse chez soi ? Bien entendu, il existait une multitude d’aménagements possibles pour compenser la perte d’audition, mais ces aménagements, souvent onéreux, n’arrivaient pas simultanément avec la surdité. Il y avait un temps d’attente, suivi d’un temps d’apprentissage. Harry avait du mal à imaginer comment il réagirait en perdant soudainement l’ouie. Et comment Draco avait-il réagi ? Harry avait-il le droit de l’interroger à ce sujet ? Il prit une feuille de papier qu’il roula en boule et il la jeta sur Draco, pour lui signifier sa présence. Draco leva lentement le nez et il gratifia Harry d’un sourire goguenard. « Cette fille chante aussi mal qu’elle en a l’air ? Demanda Draco en montrant Britney Spears qui se touchait amoureusement les seins. Alors Potter, de retour parmi les vivants ? - Forcément, avec le bordel que tu fous, répondit Harry en baissant le son de la télévision. Tu joues du piano ? - Disons que je jouais. J’adorais l’idée que mes doigts puissent produire des sons aussi beaux, sans l’aide de la magie. Et toi, tu joues ? - J’essaie, mais c’est un massacre. Pire encore que lorsque je chante. Tu veux bien tenter de me jouer quelque chose ? - Non. - Tu as faim ? - Oui. - Tu comptes uniquement me répondre par oui ou par non ? - Non. » Harry fit signe à Draco de le suivre dans la grande cuisine et il sortit une pizza qu’il réchauffa au micro ondes. Son invité le détailla des pieds à la tête avec un sourire franchement amusé. « Quoi ? Demanda Harry en sachant parfaitement de quoi il s’agissait. - Non rien. J’adore ton pyjama. Les rayures roses sont très seyantes sur toi, elles affinent ta silhouette, répondit Draco en éclatant d’un rire silencieux. Elles te grandissent aussi. On dirait presque que tu atteins les 1m 50. - Figure toi que je n’avais pas trop le goût du défilé en me couchant tout à l’heure et j’ai enfilé le premier pyjama qui m’est tombé sous la main. Il s’avère que c’était ce truc infect que m’avait offert cette grande folle de Dean Thomas. De plus, sache que j’ai la bonne taille, puisque je mesure entre un mètre et deux mètres ! Et toi, pourquoi n’as-tu pas mis les habits que j’avais laissés pour toi dans la salle de bains ? - Parce qu’ils sont trop larges et les jambes de pantalon trop courtes, répliqua Draco en mordant dans sa pizza. Et puis, je ne porte pratiquement que des cols roulés en hiver. Je suis frileux. - T’es pas frileux, t’es chiant, constata Harry en engouffrant un énorme morceau de pizza. Je n’ai pas de cols roulés, j’ai l’impression qu’on m’étrangle quand j’en porte. - Un col cheminée alors ? Et arrête de parler la bouche pleine Potter. C’est écoeurant et ça rend la lecture sur les lèvres vraiment trop difficile. - Excuse de moi de crever de faim ! Et non, Draco, je n’ai pas de pull à col cheminé. Si tu veux, nous irons t’en acheter un stock demain. Content ? Il y a beaucoup de choses dont nous devons parler. Des précisions, des règles à instaurer. Tout d’abord, la maison est magiquement programmée pour que tu ne puisses pas sortir si tu n’es pas avec moi. - J’avais remarqué, merci, marmonna Draco en relevant une mèche de cheveux qui cachait son front, révélant ainsi une énorme bosse violacée. J’ai déjà essayé de m’enfuir…deux fois. » Harry lui fit un petit sourire désolé et il s’approcha pour regarder la blessure de plus près. Il fut soulagé de constater que ce n’était rien de grave mais le contact des cheveux blonds sur ses doigts le troubla au-delà des mots. Jamais il n’avait touché de chevelure masculine aussi soyeuse. C’était une sensation étrange, pas vraiment désagréable. Il baissa les yeux et il s’aperçut que Draco n’avait mangé qu’un ridicule petit morceau de pizza. « Tu veux autre chose ? Demanda-t-il en montrant l’assiette encore pleine de Draco à l’aide de son menton. - Merci, j’ai assez mangé. Je n’ai pas un grand appétit. - C’est le moins qu’on puisse dire, remarqua Harry. Tu ne manges pas, tu picores. Bref, je veux que tu participes aux tâches ménagères et à la cuisine. Ne pense pas une seconde que je vais aller travailler toute la journée et jouer les esclaves en rentrant le soir. - En gros, tu attends de moi que je soies ton elfe de maison…Rêve. - Tu préfères Azkaban peut être ? Quoi d’autre ? Ah oui, la télé. S’il te plait, mets le son au minimum parce que je déteste être réveillé de cette façon. A part ça tu es libre de faire ce que tu veux mais sache que mon projet prend en charge la réhabilitation des détenus, par conséquent, si tu veux suivre les cours par correspondance de l’Université des Sorciers, je ne peux que t’y encourager. - Connard ! » S’écria Draco en se levant d’un bond et en se dirigeant dans le salon où il se plongea dans la lecture du manuel de défense contre les forces du mal. Harry se précipita sur ses talons et il se posta devant lui en lui ordonnant de le regarder. Draco, ne leva évidemment pas les yeux. Au contraire, il les ferma. Il vit son père éclater de rire suite à une remarque sarcastique de Draco à l’encontre du père de Théodore Nott. Il avait tellement envie de voir son père, de savoir s’il était encore en vie ou non. Bien sûr, Lucius Malfoy était un Mangemort de la pire espèce, mais il n’avait jamais failli en tant que père. Peut être avait il été un peu trop exigeant mais il connaissait son fils et son intelligence hors du commun, qui lui valait de se reposer sur ses acquis au lieu de travailler. Si tout était à refaire, Draco n’aurait pas échangé son père contre un autre, mais il aurait tué Voldemort de ses propres mains pour éviter que Lucius ne se plonge jusqu’au cou dans les ennuis. Draco n’adhérait plus aux idées intolérantes de sa famille mais il aimait son père et celui ci le lui avait toujours rendu au centuple. S’il avait su, Draco aurait passé moins de temps à faire des caprices et plus de temps à parler avec lui et avec sa mère. En attendant, il ne pouvait croire qu’il logeait chez celui que son père avait tant de fois tenté de tuer. Deux bras puissants le soulevèrent brusquement du canapé et il se retrouva plaqué contre le mur, son menton fermement maintenu entre le pouce et l’index de Harry. Draco ouvrit les yeux et il le fixa avec haine. « Ne ferme pas les yeux quand je te parle ! J’attends une explication pour ce qui vient d’arriver, cracha Harry avec hargne. Maintenant Malfoy ! - Je t’emmerde Potter. Ne sois pas aussi prompt à te mettre de grandes claques d’auto satisfaction dans le dos parce que, tu n’es pas en train de me sauver ! Ton projet est une aberration ! J’en rirais si je n’avais pas les lèvres gercées. Tu fous ma vie en l’air ! Pourquoi Voldemort ne t’as-t-il pas tué en même temps que tes putains de parents ! » Harry se rendit compte que son poing était parti seulement au moment où il rencontrait la mâchoire de Draco. Le blond tomba sur le coté et il se releva rapidement, prêt à l’attaque. Il tenta de frapper Harry mais celui-ci était plus véloce. Le coup porté à son estomac lui coupa littéralement le souffle. Il s’écroula à genoux, en se tenant le ventre. Harry le saisit par les cheveux pour l’obliger à lever la tête et il lui montra sa bouche. « Regarde bien mes lèvres, Malfoy, et enregistre ce que je vais te dire. TU. N’ES. PAS. DE. TAILLE. CONTRE. MOI. Tu comprends ? » Il retourna dans la cuisine pour manger une pomme. Un verre passa à quelques centimètres de son visage et finit sa course contre le mur. Il se retourna vivement et il vit Draco, essoufflé, tremblant de rage. « J’avais une vie ! Cria-t-il. J’avais des amis ! Les choses étaient enfin posées pour moi, pour la première fois depuis des années ! J’étais le meilleur dans tout ce que j’entreprenais. Le meilleur barman. Le meilleur gigolo. Le meilleur étudiant. Et j’y croyais. Je croyais vraiment que j’avais un avenir autre que celui de trembler et de ne pas pouvoir avaler grand-chose à cause du nœud que j’ai constamment à l’estomac à force de me savoir poursuivi par les Mangemorts. Et toi…Toi tu arrives avec tes deux amis merdiques, ton costume de grand couturier, ton projet risible et tu m’arraches à tout ce que j’ai, tu me voles mes pouvoirs magiques, pour finalement jouer le grand prince en me proposant de prendre des cours à l’Université des Sorciers ! J’allais déjà à l’Université avant que tu rappliques et que tu ruines tout ! Je me tire d’ici. » Il sortit en trombes et Harry lui courut après, plus par curiosité que par peur qu’il puisse réellement s’en aller. Draco tenta d’ouvrir la porte d’entrée et il fut projeté en arrière par un mur magique. Il recommença et le résultat fut le même. Il ouvrit la fenêtre du salon en marmonnant qu’il trouverait un moyen de partir mais il fut, une fois encore, rejeté en arrière. Il tomba lourdement sur la table basse en verre qui se brisa sous l’impact. Il se releva et Harry comprit qu’il allait encore essayer. Il le retint fermement par les épaules. Draco se débattit avec la force du désespoir et Harry dû faire appel à tout son sang froid pour ne pas simplement assommer la furie qui luttait contre lui. Il le lâcha en haletant et il le vit, au bord de l’évanouissement, regarder partout autour de lui pour trouver une issue. « Draco, tu ne peux pas partir, déclara doucement Harry. Je suis désolé d’avoir réduit tes espoirs à néant mais je n’ai fait que mon travail. Laisse moi approcher de toi, tu as des morceaux de verre plantés dans le dos. Je vais les enlever. » Draco voulut lui ordonner de ne pas le toucher mais il sentait le verre imprimé dans sa peau et cela était assez douloureux pour qu’il ravale sa fierté, le temps que Harry l’aide. Il hocha la tête et Harry retira les bouts de verres. Draco sentit son souffle faire naître des frissons dans son cou et il s’éloigna un peu. « Enlève ton pull, ordonna Harry d’une voix tremblante. Je dois nettoyer les plaies et jeter un sortilège pour qu’elles se referment en une nuit. - Non, répondit Draco. Ça ira comme ça. - Tu vas avoir des cicatrices si je ne peux pas jeter le sortilège. » Draco darda sur lui un regard blasé. « Si tu savais comme je m’en fiche, lança-t-il. - J’ai loupé un épisode. Draco Malfoy, sa majesté des beaux gosses, n’a pas peur d’avoir de vilaines cicatrices sur sa belle peau diaphane ? Fais attention, ça va briser l’harmonie de ton corps parfait, ironisa Harry. - Parfait, oui. Tu as vu mon bras pourtant…cette brûlure disgracieuse. » Harry le regarda sans savoir quoi dire. Puis il opta pour la vérité. « Draco, ça ne t’enlaidit pas. - C’est là que tu te trompes. Et je n’ai pas à parler de ça avec toi, tu es le geôlier et moi, le prisonnier. Le méchant Mangemort devenu sourdingue après avoir dynamité Dumbledore. » Draco tourna la tête et son regard tomba sur une image qui le fit sursauter. A la télévision, ses amis montraient des photographies de lui, dans le journal de vingt heures. Une boule se forma dans sa gorge et il sentit la fatigue et la peur avoir raison de ses barrières. Son masque de glace tomba, pour laisser place à une grande tristesse. Harry suivit son regard et il monta le son pour mieux entendre. « Il s’appelle Mark Matthews et il a 25 ans. Regardez bien sa photo, » demandait une jeune femme brune qui tentait de garder un visage digne malgré les traces évidentes de larmes sur ses joues. « Rajah, murmura Draco. Tu vas me manquer. » « Mark Matthews travaillait hier soir dans la boite de nuit la plus en vue de Londres lorsque les ravisseurs, déguisés en policiers se sont présentés et l’ont arrêté pour trafic de drogue et prostitution, motifs inventés de toute pièce selon des sources proches de la victime. » Disait la journaliste. « Sean O’Maley, magnat de la presse et propriétaire de plusieurs casinos et discothèques en Europe, offre une récompense de 50 000 livres à quiconque pourra aider la police à retrouver le jeune homme. » « Qui que vous soyez, déclarait un homme âgé d’une cinquantaine d’années, je vous demande de faire attention à Mark. Je paierai n’importe quelle rançon mais rendez nous notre ami. » « Alors c’est lui ? » Demanda amèrement Harry en sachant que Draco, les yeux rivés sur l’écran, ne l’entendait pas. « Il n’est pas terrible. C’est le vieux avec lui que tu couches ? Un vrai prince, dis-moi. Prêt à payer le prix pour retrouver son jouet préféré. Putain Malfoy, tu es aussi bon que ça au lit ?» « Nous vous rappelons que Mark Matthews est sourd, soulignait la journaliste, et qu’il a comme signe distinctif, le symbole tibétain de protection contre l’ennemi tatoué dans le bas du dos et un piercing au sourcil gauche. - Je vous en prie, laissez Mark s’en aller, » implorait un jeune homme Noir que Harry reconnut comme étant une des personnes qui essayaient d’empêcher les policiers d’emmener Draco le jour de son arrestation. « Devon, » chuchota Draco en sentant monter des larmes de frustration. Il respira profondément, se voulant discret mais Harry l’entendit et il se demanda pourquoi il avait soudain envie de protéger le jeune infirme…Probablement à cause de l’infirmité, justement. « J’ai pris la liberté d’envoyer un hibou au Ministère, reprit Draco en serrant les dents, les yeux toujours rivés sur l’écran. Je leur ai demandé de ne pas soumettre Sean au sortilège d’oubli. Parce que je savais que mes amis aussi me rechercheraient, et je ne veux pas qu’ils m’oublient. » Harry tendit la main pour la poser sur son épaule et, ainsi, obtenir l’attention de l’ancien Serpentard. « Mon innocence sera bientôt prouvée et je retournerai vivre parmi eux, poursuivit Draco. C’est pourquoi je vais vous aider. Nous allons aller chercher mes affaires chez Sean… - Le vieux porc ? Coupa Harry. - Arrête avec ça ! - Excuse moi mais l’idée que ce mec ait posé les mains sur toi me dérange. Ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien. C’est peut être parce que tu as mon âge ou que tu as l’air tellement…physiquement, tu as toujours représenté la perfection la plus pure pour moi, parce que tu étais toujours habillé et coiffé impeccablement. Et lui… » Il soupira, ne sachant pas vraiment ce qu’il racontait. « Annonce la suite de ton plan, mais je te préviens, je t’accompagnerai, ou alors ce seront les Aurors. - Tout mais pas Hurlu et Berlue. J’irai donc expliquer à mes amis que les policiers se sont trompés, qu’ils m’ont relâché et que j’ai vu là l’opportunité de quitter Sean. - Le vieux porc. - Arrête immédiatement avec ça ! Je leur dirai que j’ai rencontré l’homme de ma vie et que je m’en vais avec lui. - Ouais, ça peut marcher. Ça peut être marrant de te voir jouer les amoureux transis face à moi. Je vais adorer ça. Alors comme ça, tu as un piercing ? » Draco haussa les épaules, et il s’excusa, le temps de prendre une douche car les blessures de son dos risquaient de s’infecter. Il resta un long moment sous le jet d’eau, essayant de se souvenir du doux bruit que faisait le ruisseau qui passait sous les fenêtres de sa chambre, au Manoir Malfoy. Le son qui lui manquait le plus était celui de la pluie qui battait contre les fenêtres et contre le sol de sa terrasse. Ce son l’avait toujours apaisé. Même lorsqu’il fulminait d’avoir encore perdu contre Harry, la pluie parvenait à tout lui faire oublier. La voix de sa mère lui manquait aussi. Pas la voix qu’elle utilisait en parlant en public, froide et sévère, mais la voix qu’elle prenait en s’adressant à lui ou à son père. Elle était douce et chantante. Elle lui réchauffait le cœur quand il se sentait triste. Une vague de nostalgie menaçait de le submerger, alors il arrêta l’eau et il sortit de la douche. Il passa un boxer noir prêté par Harry et il ne pu s’empêcher de se dire que le brun était devenu incroyablement bien bâti lorsqu’il constata que le sous vêtement était trop large au niveau de la taille et des cuisses. Il se glissa ensuite dans le peignoir dont il remonta le col pour protéger sa gorge. On frappa un coup à la porte mais Draco, bien évidemment, ne l’entendit pas. Harry entra avec appréhension. Il avait, lui aussi, pris une douche et il portait un jean et un pull noir qui moulait avantageusement sa musculature parfaite. Voyant que Draco était décent, il lui tendit une pile de vêtements. « Je leur ai jeté un sortilège de rétrécissement, ça devrait aller. - Hum…heu…Potter, pourrais tu…Comment dire…rétrécir aussi le boxer ? - Bien sûr Malfoy. Il ne faut pas être gêné d’avoir une petite… - Tu te fous de moi ! Je suis extrêmement gâté de ce coté là, crois moi, s’offusqua Draco sans pouvoir contrôler le rougissement de ses joues. Je parle des cuisses et de la taille…il ne faut pas être gêné d’avoir du bide et un gros cul, Potter. » Harry éclata de rire et Draco se joignit à lui assez rapidement. « Je vais te demander de retirer ton boxer, lança Harry en rougissant lui aussi. Parce que sinon, je vais effectivement rétrécir ton extraordinaire… » Draco fit descendre le boxer sur ses longues jambes et il pu le remettre 30 secondes plus tard, à la bonne taille. « Montre moi ton dos à présent, pour que je guérisse tes coupures. » Harry était conscient des bleus et des marques rouges qu’il avait fait naître sur le visage de Draco et il s’en voulait beaucoup, même s’il pensait que Draco avait largement cherché la bagarre. Il fut stupéfait de voir Draco ouvrir son peignoir en gardant la tête soigneusement baissée, et passer le jean sur ses jambes interminables. Harry constata que Draco avait une musculature très fine et marquée, malgré sa maigreur. A la vue de son torse pâle, il tourna la tête, en se demandant s’il n’était pas en train de devenir fou et si son Projet Potter était une bonne chose. Après tout, le jeune sourd l’avait qualifié de « risible. » Draco saisit un pull noir et il se tourna vers Harry. « Ok, si tu n’as pas de col roulé, as-tu au moins une écharpe ? On gèle ici. » Harry revint avec l’écharpe et une furieuse envie de coller la tête de Draco dans le four, histoire de le réchauffer un peu. Le blond avait disparu de la salle de bains et Harry le retrouva dans le bureau, en train de regarder les livres de la bibliothèque. Harry lui tendit l’écharpe qu’il enroula autour de son cou. Harry passa ensuite sa baguette sous le pull du blond, comprenant que ce dernier ne voulait pas lui montrer ses blessures, et il jeta le sortilège de guérison. Il montra finalement les livres du doigt. « Tu trouves ton bonheur ? - Tu as des livres très intéressants, reconnu Draco. J’aime beaucoup ce que tu as fait de cet endroit. C’est spacieux et éclairé…rien à voir avec le temps où l’Ordre du Phénix se réunissait. Qu’as-tu fait de la vieille Black ? - Remus Lupin a trouvé une formule pour faire basculer le tableau dans une dimension parallèle. Plus ça va et plus tu m’intrigues, Draco. - Et encore, tu n’as rien vu, ironisa le blond en faisant claquer sa langue. Prends le pour ce que ça vaut, Potter, mais je suis désolé d’avoir fait cette remarque abjecte sur tes parents. C’était une bénédiction pour nous tous que tu aies survécu à l’attaque de Voldemort. » Harry resta bouche bée et il ne trouva pas de réponse. De toutes façons, Draco n’en attendait pas, dans la mesure où il avait déjà tourné le dos pour prendre un livre de Dostoïevski. Il quitta la pièce en murmurant un vague « Je n’avais jamais eu le temps de lire le deuxième tome des Frères Karamasov. Bonne nuit » et il monta dans sa chambre. Harry s’installa sur le sofa en cuir et il se servit un plein verre de gin. Petit à petit, une chaleur réconfortante l’envahit et il se surprit à penser à tous ces gens qui refusaient de donner de l’argent aux SDF, sous prétexte qu’ils allaient acheter de l’alcool avec. Qu’est ce que ça pouvait leur faire ? Ils rentraient chez eux, allumaient le chauffage et le tour était joué. Les SDF avaient souvent recours à l’alcool pour se donner l’illusion d’avoir chaud, qui pouvait les en blâmer ? « Mais toi, Harry, tu n’es pas SDF, marmonna-t-il en se resservant un verre. Tu n’as pas besoin de ce truc pour avoir chaud. » Sa mémoire l’emporta devant cette arcade maudite où son parrain avait perdu la vie. Les trois premières années qui avaient suivi son décès, Harry était parvenu à ne pas trop y penser, à enfouir tout cela dans un coin sombre de sa mémoire. C’était la guerre et il avait dû lutter pour sa survie et celle de ceux qu’il aimait. Il n’avait pas eu de temps à consacrer au travail de deuil. Mais le déni n’avait pas pu durer éternellement et depuis, Harry revoyait sans cesse les dernières minutes de la vie de Sirius et un profond sentiment de culpabilité lui serrait la gorge à longueur de journées. Harry secoua la tête, but une longue gorgée de gin et il s’intima l’ordre de changer de sujet. Il prépara mentalement la journée du lendemain, au cours de laquelle Draco et lui iraient tenter de calmer ses amis Moldus. Décidément, cet homme était un mystère, capable des pires remarques, comme des meilleures. Harry préféra monter dans sa chambre d’un pas chancelant, car cela aurait été du plus mauvais effet si Draco l’avait trouvé le lendemain avachi dans la bibliothèque, la bouteille de gin à la main. A suivre… Merci d’avoir lu jusqu’ici. |