manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Questions
Concours Résultats
ManyChat ManyBash
Plume&Crayon ManyBlog
Goodies Nous aider
  Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Dessins-Animés Films
Jeux Livres
Musiques Originales
Pèle-Mèle Séries
~ Concours ~ ~Défis~
  ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Angoisse
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspence Tragédie
 
     

     
 
au 04 Déc 08 :
1070 comptes dont 378 auteurs
pour 1405 fics écrites
contenant 3595 chapitres
qui ont générés 7287 reviews
 
     

     
 
Ne Ferme Pas Les Yeux
Par BlackNemesis
Harry Potter  -  Romance/Suspence
9 chapitres - Rating : M (18ans et plus)
    Chapitre 7     Les chapitres     25 Reviews    
Vivre ensemble

NE FERME PAS LES YEUX

DISCLAIMER : j’emprunte des personnages et un univers qui appartiennent à JK Rowling dans un but non lucratif, et je les lui rends ensuite.

Un grand merci à Vif d’Or et à BadAngel pour leur relecture de ce chapitre et leurs corrections (sans parler des « cuillère ! » que Baddy a gentiment distillé en caractères gras dans mon chapitre - les fans de Kaamelott retrouveront là ce que le roi burgonde dit à Arthour)
Merci à Chris et à Warriormeuh pour la relecture et les avis éclairés.

J'espère que l'attente pour ce chapitre n'aura pas été trop longue. Pas que je considère cette fic comme indispensable et que je vous imagine, torpillés d'angoisse en attendant la suite, mais parfois quand on commence à lire une histoire, on aime bien se dire qu'elle aura une fin

o

CHAPITRE SEPT : VIVRE ENSEMBLE

ooooooooooooo

Lorsque la jeune femme sortit du bureau de Harry, accompagnée de son tortionnaire de mari, il était déjà tard. Harry était en colère et inquiet. En colère parce qu'il avait travaillé dur pour sortir cette femme des griffes de son mari qui la battait sans vergogne ; inquiet parce qu'elle venait de lui annoncer qu'elle abandonnait les poursuites pour retourner vivre avec cet homme qui se servait d'elle comme d'un punching ball. Il ne comprenait pas sa décision et il avait l'impression que le fait pour lui de laisser tomber cette affaire signifiait cautionner les agissements scandaleux de ce bourreau qui se cachait derrière le soit disant trop grand amour qu'il éprouvait pour sa femme. Il avait peur aussi. Peur que sa prochaine rencontre avec Miranda se passe à la morgue le jour où Desmond aurait frappé trop fort, une fois de trop. Il ne pouvait pas la forcer à maintenir sa plainte, il ne pouvait pas la sauver malgré elle, mais il refusait de rester assis en attendant la suite.

Il avait déjà connu trop de cas similaires et il ne voulait plus se considérer comme responsable de la mort de quelqu'un d'autre. Il soupira en se servant un Whisky, puis il alluma une cigarette qu'il fuma rapidement, en inspirant de longues bouffées. Il devait aider Miranda à s'en sortir mais comment ? Il lui avait déjà fait rencontrer des femmes qui avaient vécu le même calvaire qu'elle, il avait même menacé Desmond des pires représailles...Il était impuissant et il détestait cette sensation.

Miranda représentait tous ces gens que Harry n'avait pas pu sauver. Elle était une mission pour lui, et il avait échoué, une fois de plus.

"Que dois-je faire, Sirius ?" Supplia Harry en écrasant sa cigarette.

Chaque victime portait en elle une part de Sirius pour Harry et rendre justice aux vivants lui permettait de mieux supporter les fantômes qui gravitaient autour de lui. Il était fatigué, déprimé de voir que toute l'énergie qu'il dépensait ne faisait pas revenir les morts pour autant.

Il quitta son bureau pour se rendre dans celui de Théodore Nott. Le jeune homme était en train d'emballer un livre dans un paquet cadeau.

"Miranda est retournée avec son connard, lança Harry en s'affalant sur une chaise.

- Je sais, je l'ai vue sortir avec ledit connard, répondit Théo d'un air maussade. Elle est amoureuse et apparemment c'est vrai, l'amour rend aveugle.

- J'aimerais qu'il puisse la rendre immortelle aussi.

- Si tu veux, je peux dire à Kingsley de surveiller leur maison. S'il prend Desmond sur le fait, on n'aura pas besoin du témoignage de Miranda.

- C'est ce que je venais te demander justement. Kingsley est le meilleur Auror qu'on puisse avoir et les membres de la Commission ont énormément de respect pour lui.

- Je crois aussi qu'il est le mieux placé pour gérer les choses. Ron est le fils du Ministre, sa voix sera entendue mais pas forcément écoutée, et Neville est incontrôlable.

- Il est un peu à fleur de peau, c'est vrai, mais il fait bien son boulot.

- Harry, je sais que tu veux croire à ce que tu dis, mais Neville est un électron libre. Il faut que tu te décides à agir parce qu'il perd trop souvent pied en ce moment et le fait de le protéger va te décrédibiliser à la longue. Puisqu'on parle de lui, je ne veux pas qu'il approche de Draco, il a trop de griefs contre lui et contre sa famille.

- Tu me donnes des ordres maintenant ? Ecoute, Neville a énormément bossé sur le cas de Malfoy et c'est quand même ce travail acharné qui nous a permis de l'arrêter. Il serait injuste d'évincer Neville maintenant que Draco est là. Je tiens Neville à l'oeil et au moindre faux pas, je le dessaisirai de l'enquête mais pour l'instant...

- Pour l'instant quoi ? Coupa Théo. Il a déjà largement dépassé les limites en cognant Draco, tu attends quoi ? Qu'il le tue ?

- Neville est loin d'être un monstre sanguinaire, Théo.

- Tu gardes à l'esprit le Neville de Poudlard mais il a salement changé, reconnais le.

- Il a changé, oui, et nous aussi."

Théo haussa les épaules et Harry jugea bon d'écourter la conversation. Il finit par rentrer chez lui en espérant que Draco ne soit pas d'humeur à chercher le conflit. Il fut exaucé, la maison semblait déserte. Il fit le tour des pièces et il trouva Draco endormi dans sa chambre. Il referma la porte avec douceur et il descendit dans la cuisine où il finit la tarte en se demandant quand il l'avait achetée.

Le lendemain, il buvait son café lorsque Draco apparut dans l'entrebâillement de la porte. Harry suspendit la tasse à mi chemin de sa bouche en voyant la fine coupure sur le front du blond.

"Que s'est-il passé ? Interrogea-t-il en se levant pour inspecter la blessure.

- J'ai perdu l'équilibre et je suis tombé, mentit Draco en évitant son regard. Je vais bouquiner, si tu as besoin de mes services, tu sais où me trouver."

L'allusion à l'insulte lancée la veille par Harry était trop évidente et le Survivant soupira en le regardant s'éloigner. Si Draco n'était pas disposé à communiquer, Harry n'allait pas le forcer. Le mieux restait encore de l'ignorer jusqu'à ce qu'il décide d'accepter ses excuses.

Stratégie imparable.

Ils passèrent la semaine à s'ignorer.

Harry restait le plus longtemps possible au Ministère pour traiter ses affaires en cours et lorsqu'il rentrait, il trouvait Draco dans sa chambre, affalé sur son lit, ou dans le bureau à dévorer les livres de la bibliothèque. Ron lui avait dit que le blond se défendait bien en cuisine aussi fit-il les courses afin qu'il puisse se préparer les plats qui lui plaisaient. Immanquablement, Draco mangeait avant le retour de Harry en lui laissant de quoi se sustenter sur la table et immanquablement, Harry réchauffait une pizza. Ils ne faisaient que se croiser sans se parler et en quelques jours, cette situation eut raison des nerfs de Harry. Il ne souhaitait pas forcément discuter avec Draco, mais il n'appréciait pas l'ambiance glaciale qui régnait chez lui.

Un soir, alors qu'il buvait une vodka en regardant la télévision, il réalisa qu'il se renfermait encore plus depuis qu'il avait un "invité" chez lui aussi choisit-il de conjurer le sort comme il lui arrivait parfois de le faire quand sa solitude se faisait étouffante. Il se rendit dans un bar où il consomma de l'alcool sans modération, en charmante compagnie…

Cette même nuit, Draco ne parvenait pas à trouver le sommeil, comme toutes les nuits. Cela faisait presque une semaine qu'il n'avait pas communiqué avec autrui, il ignorait où en était son affaire et cela le stressait. Ses amis lui manquaient cruellement. Il en était arrivé à un stade où il aurait été presque heureux d'avoir la compagnie de Ronald Weasley. Il passait ses journées à déprimer, couché sur son lit ou à se perdre dans la lecture pour s'évader un peu. Il n'arrivait pas à parler à Harry, et sa crainte de voir Neville Londubat revenir virait à l'obsession.

Il se leva pour aller chercher à boire dans la cuisine et pour grignoter un morceau de pizza laissée par Harry. Une fois rassasié, il reprit le chemin de la chambre. La lumière dans le salon attira son regard et il se dit qu'après tout, si Harry souffrait lui aussi d'insomnie, ils pourraient chasser l'ennui ensemble. S'il avait pu entendre les halètements provenant de la pièce, il n'y serait jamais entré. Mais Draco était sourd aussi pénétra-t-il dans la pièce, son verre d'eau à la main.

Son souffle se bloqua dans sa poitrine et sa main se contracta sur le verre lorsqu'il vit Harry, face à lui, nu, à genoux sur le canapé, faisant l'amour à un homme. Une forte odeur de Whisky planait dans l'air et Draco plissa le nez, écoeuré par les relents d'alcool. Son regard croisa celui de Harry. Il était vide, dénué de la moindre émotion et Draco se demanda quel genre d’homme pouvait accepter de coucher avec quelqu’un d’aussi alcoolisé que pouvait l’être Harry ce soir.

"Je...Pardon," bredouilla Draco en intimant à ses jambes l'ordre de bouger pour le porter le plus loin possible de cette scène pathétique.

Un sourire se dessina sur les lèvres de l'homme et il articula lentement, pour bien être compris du blond :

"C'est elle la pute qui vit chez toi ?"

Harry en resta pétrifié, le visage soudain livide. Le sang de Draco ne fit qu'un tour et son corps décida enfin de se mouvoir. Au lieu de sortir, il se rapprocha du couple en le toisant avec dédain. Il se pencha sur l'homme pour parler près de son oreille, tout en étant entendu de Harry.

"A ta place, susurra-t-il, je ne me montrerais pas aussi prompt à me foutre de la gueule des gens, parce que dans cette pièce, je ne vois qu’une pute, et elle est à quatre pattes comme une chienne, je la regarde dans les yeux en ce moment même. Quant à toi Potter, tu m’as dit que tu avais une prostituée à domicile, mais n’oublie pas que j’ai toujours choisi mes clients, et tu es bien en dessous de mes critères de sélection…Toi, je ne te donnerais même pas une poignée de main, espèce de minable."

Il se redressa, jeta le contenu de son verre au visage de l'homme puis il tourna les talons afin de retourner dans sa chambre. En remontant les couvertures sur lui, il s'aperçut que ses mains tremblaient de rage. Il caressa lentement son ventre en tentant de contrôler le tressaillement de ses mains et il ferma les yeux pour faire défiler les images apaisantes de sa mère, lisant au coin du feu alors que dehors, la neige recouvrait les jardins de son blanc manteau. Tout pour ne pas revoir la scène choquante de Harry Potter et de ses ébats amoureux. Il n’avait pas songé une seule seconde que le procureur puisse être homosexuel. Ça ne lui avait vraiment pas effleuré l’esprit mais en même temps, il ne voyait pas ce que cette nouvelle information pouvait apporter de plus ou de moins dans leurs rapports déjà largement tendus. Peut être Potter lui ferait-il payer de l’avoir surpris dans cette situation lamentable, Draco ne savait jamais à quoi s’attendre avec le brun.

S'il l'avait pu, il serait allé se promener à l’extérieur pour se changer les idées mais, étant bloqué chez Potter, il n'avait qu'une alternative, celle de repasser derrière ses paupières closes le film de sa vie passée alors que sa main caressait son ventre. Peu à peu, son corps se détendit et le sommeil remplaça les souvenirs.

Il se réveilla tôt et il se leva sans attendre, en espérant que Harry cuverait son Whisky à une heure aussi matinale. Malheureusement pour lui, il était déjà dans la cuisine en boxer, les cheveux en bataille, une tasse de café fumante dans la main. Draco retint un sourire satisfait en constatant qu'il semblait être en proie à une gueule de bois carabinée. Sans dire un mot, il se servit un café et il fit mine de sortir. Harry bondit pour le retenir en empoignant son bras. Draco prit place sur une chaise comme s'il s'asseyait sur un trône et il toisa Harry avec mépris.

"Excuse-moi pour ce qui s'est passé hier, commença Harry alors que la migraine lui martelait les tempes. Ça n'aurait jamais dû arriver.

- Quoi donc ? Que je te surprenne en pleine séance de fornication ou que tu cries sur tous les toits que tu héberges la pute du coin ?

- Les deux.

- Alors l'abus d'alcool ne t'a pas rendu amnésique ?

- J'aurais préféré. Il y a pas mal de blancs concernant cette soirée, mais l'épisode avec toi, je l'ai bien en mémoire. Je n'arrive pas à me souvenir du moment où j'ai bêtement parlé de tes activités passées à ce mec mais il est au courant et l'information n'a pu venir que de moi. Je suis absolument navré d'avoir été aussi minable.

- Tu peux l'être, en effet. Quand je te vois agir de la sorte, je m’interroge du bien fondé de ta requête me concernant dans le cadre de ton projet Potter.

- Je n’ai pas voulu t’accueillir chez moi pour t’humilier, si c’est ce que tu crois, expliqua Harry en jetant deux aspirines dans un verre d’eau.

- Accueillir, Potter, c’est un bien grand mot. Ce qui s’est passé hier soir…

- Je me suis excusé, coupa Harry. Et je te rappelle que tu m’en as mis plein les dents aussi…Je ne te vois pas faire profil bas ce matin.

- Je n’ai fait que répondre à une attaque, et tu le sais…Par Merlin, Potter, j’espère que tu as de meilleurs arguments pour contrer tes adversaires dans le cadre de ton travail autrement tu es certainement le pire procureur possible. Déjà que ton objectivité est très relative.

- Ne remets pas mes compétences en questions, Malfoy, siffla Harry en serrant les poings. Je me suis peut être mal conduit avec toi mais tu es un cas isolé.

- Oh…ça me rassure, ironisa Draco en esquissant un sourire en coin. Mettons cartes sur table. Apparemment, mes "activités passées" comme tu les nommes avec tant de diplomatie te dérangent énormément, alors vas-y, pose toutes les questions que tu veux histoire que ça te sorte du crâne une bonne fois pour toutes.

- Je...Je n'ai aucune question à ce sujet, bredouilla Harry, totalement pris au dépourvu. C'est ta vie.

- Alors arrête de la raconter à tout le monde, pauvre con ! Rugit Draco. Et puisqu'on en est à discuter comme de vieux copains, tu as un sérieux problème avec l'alcool, Potter.

- Je ne suis pas alcoolique !

- Je n'ai jamais dit que tu l'étais. Je dis que tu bois trop, nuance. Ça ne t'apportera rien de bon alors lève un peu moins le coude quand tu sors.

- ça va, je gère, se défendit Harry en avalant les deux aspirines dissoutes dans l’eau.

- C'est fou comme tu gères bien, oui. Tu gères au point de ramener un homme que tu connais à peine puisque tu l'appelles "ce mec" et de te le faire sans préservatif. Belle gestion, Potter. Très belle gestion."

Harry se figea, livide, alors qu'un rictus déplaisant se dessinait sur la bouche de Draco. Le procureur tenta de se repasser le film des évènements de la nuit, de revoir le moment où il mettait un préservatif mais il n'y parvint pas.

"Comment tu peux dire ça ? Interrogea-t-il alors pour faire bonne figure. Tu as regardé ?

- Non, Einstein, je n'ai pas vu d'emballage de préservatif dans le salon hier soir, c'est tout. Et partis comme vous aviez l'air de l'être, je doute que vous ayez pris la peine de mettre ledit emballage dans la poubelle de la cuisine avant de reprendre vos activités dégueulasses."

Harry courut dans le salon et il chercha avec frénésie une boite de préservatifs qu'il ne trouva pas. Sans plus se soucier de Draco, il se jeta sur la poubelle de la cuisine pour la vider sur la table et fouiller les ordures...Il n'y avait rien. Il poussa un juron en retombant sur sa chaise, assommé par sa propre inconscience. Comment avait-il pu être aussi négligeant ? Il leva les yeux et le regard triomphant de Draco le mit hors de lui.

"Ça te fait jubiler, enfoiré ? Dégage de ma vue avant que je te mette ma main dans la gueule !

- Comme tu voudras, Procureur. Mais va vite faire un test, les infections sexuellement transmissibles ne sont pas un mythe, elles existent tu sais.

- Va te faire foutre, Malfoy !

- Puisqu'on parle de se faire foutre, je voudrais te dire rapidement le fond de ma pensée. J'en ai marre de la féminisation outrancière dont on use pour parler des hommes qu'on juge inférieurs à soi, comme si être une femme, c'était dégradant. Vous êtes de sacrés cons de penser que c'est l'humiliation suprême de me traiter de "pute" comme si ce mot réservé autrefois aux femmes qui se prostituaient allait me scier le pénis. Et puis, Potter, tu peux crier sur tous les toits que je suis une pute, ça ne fait pas de toi un mec bien. Jamais je n'ai laissé une épave comme toi ou ton copain me toucher, encore moins sans préservatif. Alors tu peux porter des costumes de grands couturiers et te donner des airs de justicier solitaire, ça ne masque pas le fait que tu es une épave imbibée d'alcool."

Harry sortit en trombes de la cuisine avant de devenir violent car il sentait la rage monter en lui avec une puissance que seul Draco savait provoquer. Il prit une douche froide pour se remettre les idées en ordre puis il se rendit à Sainte Mangouste en serrant les dents. Les résultats de ses tests étaient négatifs mais le médicomage prit le temps de le mettre en garde contre les IST. Harry l'écouta distraitement, en hochant la tête pour faire bonne mesure mais son esprit en revenait toujours à cet homme qu'il avait ramené chez lui. Il n'arrivait pas à se souvenir de son nom et cela le contrariait.

De plus, les mots de Draco résonnaient en lui et le rongeaient au point de lui faire physiquement mal. Il s'en voulait d'avoir été aussi irresponsable la nuit précédente. Il ne comprenait pas comment il avait pu oublier de se protéger. Il se sentait écoeuré, sa tête tournait, des centaines de questions martelaient son esprit. Il avait eu une peur bleue en attendant le résultat du test magique qu'il venait de faire, mais même s'il n'était pas infecté, quelque chose en lui était contaminé. Sa capacité à raisonner. Peut être à cause de l'alcool. Peut être à cause du profond dégoût qu'il éprouvait envers lui-même. Il ne ressentit aucun soulagement de savoir que son test était négatif, ses mains étaient moites, son pouls s'affolait toujours, il était encore hébété d'avoir été aussi négligeant.

Il lui fallut quelques longues minutes avant de tourner la tête vers le médicomage, de sortir de la pièce sans articuler un mot, et de couper ainsi le monologue interminable du praticien.

De retour au Ministère, il se plongea dans ses dossiers en cours. Il devait plaider l'après midi pour requérir la prison à vie contre une sorcière qui avait assassiné son enfant. Rapidement, cette affaire l'occupa entièrement et il oublia ses frayeurs du matin ainsi que la réaction méprisante de Draco pour ne se concentrer que sur son désir de rendre justice à cet enfant.

Le soir, le jeu de l'ignorance était à nouveau de mise entre le blond et lui. Il fut tenté de trouver refuge dans un verre d'alcool mais sa conversation matinale avec Draco lui revint à l'esprit et il se contenta de fumer une cigarette à la place.

Le lendemain, il se leva plus tôt pour éviter de croiser Draco. En réalité, ce dernier était déjà debout et il lisait dans le bureau. Il n'avait pas fermé l'oeil de la nuit et son moral s'en ressentait. Il avait de plus en plus de mal à supporter de passer ses journées à ne rien faire. Il lui semblait que son affaire était oubliée de tous, en particulier d’Hermione qui ne l'avait pas contacté depuis plus d'une semaine. Il végétait sur le canapé, le regard vague lorsque la porte s'ouvrit. Il se releva à la hâte en manquant de tomber. Heureusement, Ron eut le réflexe de le rattraper et il ne lâcha plus son bras avant de l'avoir assis sur une chaise dans la cuisine, une assiette contenant un gâteau au chocolat posée devant lui. Draco lui jeta un regard intrigué.

"N'aies pas peur, Malfoy. C'est ma mère qui l'a fait. Tu es trop maigre, il faut que tu remplumes.

- Je ne suis pas maigre, je suis incroyablement bien balancé, ironisa Draco.

- En attendant, tu as une mine épouvantable. Depuis quand n'as tu pas dormi ?

- Je suis un peu insomniaque ces temps-ci, mais ça va.

- Je te trouve trop pâle, et trop cerné. Tu es sûr que ça va ? Harry te mène la vie dure ?

- Non, tout est parfait avec lui. C'est quelqu'un de tellement ouvert...

- Oui, c'est certain, acquiesça Ron avec une conviction toute relative. A part ça, j'ai quelques messages à te faire passer. Tout d'abord, Hermione. Elle se remet d'une grippe et elle te fait dire qu'elle travaille quand même sur ton cas. Elle sera de retour dès demain, en forme pour botter le cul de Harry. Ensuite ton père."

Le coeur de Draco fit un bond dans sa poitrine et il inspira profondément. Il avait la gorge tellement serrée qu'il lui semblait que l'air n'arriverait jamais jusqu'à ses poumons.

"Comment va-t-il ?

- Bien. Il te demande d'être fort et de ne pas te laisser abattre. Il voudrait te voir mais ça, je doute que ce soit possible. J'ai recueilli son témoignage, mais je n'ai pas le droit de parler de cela avec toi. Légalement, c'est à Hermione de le faire. Je pense qu'elle ira le voir demain, après-demain au plus tard.

- Qu'est ce que ça change que ce soit toi ou Granger qui m'en parle ?

- Moi je mène l'enquête, je ne suis pas censé en discuter avec les suspects ou les témoins.

- Dans ce cas, je n'insiste pas, murmura Draco avant de difficilement avaler un morceau de gâteau. En tout cas, merci de m'avoir transmis le message.

- Malfoy ? Tu viens de me remercier ? Tu es sûr que ça va ?

- Arrête de plaisanter, ce n'est pas drôle.

- D'accord. Alors dis-moi, que fais tu de tes journées ?

- Rien. C'est le néant total. Vois-tu, lorsque je vivais avec Sean, j'étais tout le temps sollicité quelque part. Je travaillais la nuit dans la discothèque, la journée je m'occupais de mes cours et de mes amis. Ici, je tue le temps, c'est tout.

- Tu veux que je t'inscrive à des cours par correspondance de la Faculté Magique ?

- ça coûte de l'argent ça.

- Je suis le fils du Ministre, Draco. J'ai les moyens...Les moyens de faire payer Harry puisque tu es là à cause de son projet, ajouta Ron avec un sourire éclatant.

- Alors si c'est Potter qui régale, je choisirai l'architecture sorcière, décréta Draco d’un air faussement enjoué.

- Ok, la commande est enregistrée. En attendant, si tu veux des DVD pour t’occuper, j'en ai une collection phénoménale.

- Je ne regarde pratiquement jamais la télévision, cependant mon ami Devon était fan d'une série, "Friends." Je serais curieux de la voir.

- Je t'apporterai ça, tu vas beaucoup rire. Je suis moi même un gros aficionado de cette série. Par contre, n'en parle jamais à mon père. Après avoir visionné des épisodes, il voulu instaurer la collocation obligatoire dans le monde sorcier ! Déjà qu'il a fait des Aurors de simples flics à la place de chasseurs de mages noirs."

Draco s'autorisa un rire cristallin et Ron se sentit soudain très proche du jeune homme. Il avait envie de le prendre dans ses bras pour le protéger et cela le terrifia car il s'agissait de Draco Malfoy. Il décelait une force incroyable chez lui, mais aussi une grande fragilité qu'il masquait sous cette apparence froide ou moqueuse, en fonction des circonstances.

"Pourquoi me regardes-tu comme ça, Weasley ? Demanda Draco en se renfermant.

- J'ai la sensation que toi et moi, nous pourrions devenir amis, admit Ron avec sincérité.

- Amis ou amants ?

- Ne surestime pas ton pouvoir de séduction, Malfoy. Tu m’intrigues, c’est tout. Alors dis- moi, qu'est ce que ça fait d'être sourd ?

- ça fait qu'on n’entend pratiquement rien. Qu'est ce que ça fait d'être entendant ?

- ça fait plaisir. Tu as dit "pratiquement rien." Tu parviens à entendre des sons ?

- Entre nous, je ne sais pas. J'ai parfois l'impression d'en entendre mais j'ignore s'il s'agit de sons réels dus à un reste auditif ou si ce sont de simples réminiscences.

- Tu n'as jamais consulté de spécialistes ? Questionna Ron, étonné.

- Non. Au début, je n'avais pas les moyens de le faire, et puis je me suis habitué à ma surdité. Il est inutile de chercher à entrer à tout prix dans le moule bien formaté des entendants.

- Avoue plutôt que tu as peur de ce que tu pourrais découvrir si tu allais consulter un spécialiste.

- Je l'avoue. Cela va te sembler paradoxal, mais ma surdité m'a permis de m'ouvrir aux autres et de communiquer sans animosité.

- C'est totalement paradoxal, oui.

- A mon tour. Qu'est ce que ça fait d'être le fils du Ministre ?

- C'est plus pesant que je ne l'aurais cru. Et puis mon père est spécial, comme tu as pu le constater. Sa passion pour le monde Moldu l'amène à prendre des décisions complètement inadaptées au monde sorcier. Du coup, je passe pour un mec aussi allumé que son père. Tu connais ça, n'est ce pas ?

- Oui, je suis le fils Mangemort de papa Mangemort.

- Ta brûlure sur le bras résulte d'une tentative pour effacer la Marque des Ténèbres ? Je te pose la question de manière officieuse, d'homme à homme, pas d'Auror à prévenu, précisa Ron.

- J'ai été brûlé dans l'explosion de la Cabane Hurlante, je l'ai déjà dit.

- Seul ton avant bras a reçu ?"

Draco observa longuement le visage ouvert de Ron. Ses yeux redessinèrent la longue cicatrice qui le barrait puis il baissa les paupières en pesant le pour et le contre. Enfin, il se leva et il ôta son pull en se retournant.

"Merde, Draco, je suis désolé." Souffla Ron sans se rendre compte que Draco n'était plus en mesure de lire sur ses lèvres.

Il se rapprocha de lui pour passer son doigt sur la partie grêlée du dos de Draco. Ce dernier réprima un frisson de dégoût à l'idée qu'on puisse toucher sa peau hideuse. Au moment où il allait demander à Ron de retirer sa main, Harry entra et il contempla la scène d'un air glacial.

"Je dérange ?" Interrogea-t-il, faisant ainsi sursauter Ron qui ne put s'empêcher de prendre une mine contrite, comme s'il était en train de coucher avec le petit ami du Procureur.

Draco se retourna et, en voyant Harry, il remit son pull avec des gestes maladroits alors que le rouge lui montait aux joues.

"Potter, lança-t-il d'une voix mal assurée. Nous étions...Heu...

- Il t'en faut plus pour perdre ton vocabulaire habituellement, constata froidement Harry. Continuez je vous en prie, j'étais juste passé chercher mes notes sur une affaire...Ron n'oublie pas que tu témoignes dans deux heures. Amusez vous bien."

Il transplana directement dans son bureau. La colère contaminait à présent chaque parcelle de son être comme un venin mortel. Ron lui avait dit qu'il comptait passer voir Draco mais Harry ne s'était pas attendu à voir les deux hommes aussi proches. Draco lui montrait même ses blessures alors qu'il passait son temps à les cacher ! C'était insupportable pour Harry. Il y avait entre son ami et le blond une intimité qui n'avait pas lieu d'être. Draco et Harry vivaient sous le même toit et ils n'ouvraient la bouche que pour se lancer des horreurs à la figure.

Il se servit un verre de soda et ses doigts pressèrent le récipient avec une telle rage qu'il se brisa, répandant ainsi le liquide sucré sur son costume vert sombre. Harry poussa un juron alors qu'il saisissait sa baguette pour nettoyer le tissu imbibé sans se rendre compte que la paume de sa main était coupée. Il ne comprenait pas ses propres réactions. D'accord, Ron et Draco semblaient s'entendre si bien que Draco lui présentait son dos en toute confiance...Et alors ? Ils n'allaient pas se marier pour autant ? Et quand bien même une relation amoureuse naissait entre eux, qu'est ce que ça pouvait bien faire à Harry ? Le fait que Draco habite chez lui ne signifiait pas qu'il appartenait à Harry, alors pourquoi prendre aussi violemment les choses ?

Lorsqu'une goutte de sang atterrit sur le bureau, Harry baissa les yeux sur sa main et il soupira. Il empoigna une serviette en papier afin de colmater la coupure puis il se prit la tête entre les mains pour essayer de faire le tri dans ses émotions. Il était à bout de nerfs, prêt à jeter Draco à Azkaban pour ne plus l'avoir à proximité, lorsque Ron pénétra en trombes dans son bureau, l'air passablement énervé.

"Qu'est ce que c'était que cette sortie, Harry ? Questionna Ron en mettant les mains à plat sur le bureau. "Amusez vous bien," tu te fous de moi ?! Draco me montre ses brûlures et toi, tu ne trouves rien de mieux à dire que "amusez vous bien" ! Tu es insensible ou quoi ?

- Lâche moi, Ron. Tu fais ce que tu veux avec Draco, mais ne viens pas me demander des comptes sur mon attitude.

- Je cherche à comprendre là. Tu es jaloux ou quoi ?

- Jaloux de Malfoy et toi ? Laisse moi rire ! Et toi, Ron, tu bandes pour lui n'est ce pas ? Après tout, tu as bien essayé de louer ses services il n'y a pas si longtemps.

- Harry, je te considère toujours comme mon meilleur ami, mais je n'hésiterai pas à te coller mon poing dans la gueule si tu continues tes insinuations. Je lui tiens compagnie parce que toi, tu es tellement en colère contre lui, et contre toi-même, que tu es prêt à laisser ton projet Potter prendre l'eau. Draco est peut être sourd, mais toi tu es aveugle. Tu ne vois vraiment pas qu’il est en train de faner ? Il se fait tellement chier qu'il est presque content de me voir...Moi, tu te rends compte !

- S'il s'ennuie, qu'il me le fasse savoir.

- Quand est ce qu'on t'a greffé un glaçon à la place du coeur ? Il ne fait pas que s'ennuyer, il ne dort pratiquement pas, tu as vu ses yeux ou tu étais trop occupé à l'ignorer ? Tu n'entends pas sa voix quand il parle ? Il est tellement fatigué qu'il articule de plus en plus mal. Ecoute, Harry, c'était ton idée de le prendre chez toi pour expérimenter ce projet Potter. Tu dois le mener à bien en traitant Draco comme quelqu'un dont la réhabilitation est possible autrement, tu vas tout faire foirer et tu vas le détruire dans la foulée. C'est ce que tu veux ? Demanda Ron en se redressant pour allumer une cigarette avant d'en proposer une à Harry.

- Evidemment non, ce n'est pas ce que je veux. Mais, Ron, il refuse toute communication avec moi, que veux tu que j'y fasse ? Il ne s'est pas gêné pour me traiter d'épave, je ne vois pas pourquoi je ferais des efforts pour lui. Et depuis quand le sort de Malfoy t'intéresse ? Tu étais pourtant un de ceux qui le recherchaient le plus activement pour le mettre en prison.

- Je ne le nie pas, cependant nous l'avons trouvé et sa version est tout à fait crédible. J'ai été un de ceux qui a le plus merdé avec lui depuis qu'on l'a sous la main, c'est clair, mais je me sens vraiment nul d'avoir agi comme ça. Je sais que les relations entre nous ne sont plus ce qu'elles étaient, Proc', mais professionnellement parlant, tu me fais encore confiance alors crois moi quand je te dis que j'ai le pressentiment que Draco ne nous a pas menti sur ses rapports avec les Mangemorts.

- C'est ton instinct ou ta libido qui parle, Ron ? Interrogea Harry en lançant un regard torve au rouquin.

- Merlin retiens moi, je vais t'en mettre une...Ok, j'ai eu envie de me le faire parce que ça m'excitait de le savoir prostitué, j'ai honte de l'admettre mais c'est arrivé. Cela dit, je ne suis pas borné et je me suis remis en questions toute la nuit après mon foirage de la dernière fois et j'ai découvert quelqu'un de touchant en Draco Malfoy. Mais toi, pourquoi réagis tu de manière aussi épidermique avec lui ? Pourquoi es tu aussi nerveux lorsqu'il s'agit de Draco ? Tu bandes pour lui ou quoi ? Renvoya Ron avant d'inspirer longuement la fumée de sa cigarette, satisfait de voir le visage de son ami se décomposer.

- Il ne manquerait plus que ça !

- Alors pourquoi tu me regardes comme si j'avais couché avec ton mec ?"

Harry écrasa violemment sa cigarette dans le cendrier avant d'en rallumer une autre. Lui qui était un fumeur occasionnel, il avait l'impression de se transformer en cheminée depuis quelques jours. Il était tenté de frapper Ron pour qu'il cesse de poser des questions auxquelles il n'avait pas de réponses. Il voulait mettre un terme à cette conversation stérile mais il ne voyait pas comment s'y prendre sans avoir l'air d'éluder le sujet. Il choisit la défense par l'attaque.

"Ecoute, Ron, je veux bien que ta nouvelle passion pour Malfoy te donne des ailes et te pousse à forcer tout le monde à l'aimer aussi, mais il y a un tas de gens ici qui ne l'ont pas à la bonne. Tes gesticulations et tes discours enflammés n'y changeront rien. Toi qui prétends le connaître si bien, dis moi ce que je dois faire pour briser la glace et l'empêcher de "faner" ?

- Inscris le à la faculté, en architecture sorcière. Intéresse toi à l'homme qu'il est devenu, ne t'arrêtes pas à son attitude de gamin borné et effrayé lorsqu'il ferme les yeux. Fais tomber certaines de tes barrières si tu veux qu'il baisse un peu sa garde.

- Et si je lui offrais des fleurs aussi ?" Ironisa Harry.

Ron fixa intensément Harry avec une déception qui fit chavirer le coeur du Procureur. Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, la déception se transforma peu à peu en dégoût dans le regard de Ron et Harry eut la sensation qu'un poignard s'enfonçait dans sa cage thoracique.

"Je vais aller travailler un peu avant d'aller témoigner, lança sèchement Ron. Mais avant de partir, je voudrais juste te poser deux dernières questions ? C'est Neville qui a déteint sur toi, ou l'inverse ? Où est passé mon ami, celui qui se battait pour les causes qu'il estimait justes ?"

Sans attendre de réponse, il tourna le dos et il sortit en claquant la porte. Harry resta un instant pétrifié, le souffle coupé d'avoir vu autant de dégoût dans les yeux de Ron. Il ne parvenait pas à déterminer si la cause de Malfoy était juste ou non, mais ce qu'il savait avec précision, c'était qu'il avait détesté être comparé à Neville. Il était conscient des dérapages de plus en plus fréquents de Neville, en particulier avec la famille Malfoy, mais il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il devait lui laisser d'autres chances parce qu'au fond, Neville était quelqu'un de gentil. Il comprenait la haine qu'il éprouvait envers cette famille qui lui avait fait énormément de mal, et c'était pour cette raison qu'il lui accordait toujours le bénéfice du doute et qu'il rattrapait ses erreurs, au risque de passer pour un Procureur partial. Pour lui, Neville était une cause juste et il avait besoin d'aide, pas de blâmes.

Malgré cela, il ne supportait pas d'être comparé à Neville. Il estimait qu'il faisait des efforts avec Malfoy et que ce n'était pas de sa faute si ce dernier ne s'en rendait pas compte. Il avait frappé Draco, c'était vrai, mais il ne serait jamais allé jusqu'à lui envoyer un Doloris, il savait où étaient ses limites, contrairement à Neville.

Il secoua la tête pour chasser cette conversation avec Ron de son esprit et il dépensa une énergie considérable pour passer outre et se préparer à plaider devant la Commission. Lorsqu'il rentra chez lui le soir, il était épuisé. Un éclat de rire l'accueillit et il se demanda s'il ne s'était pas trompé de maison. Il suivit ce son très agréable qui le mena dans le salon où Draco était affalé sur le canapé, couché sur le côté, un bras soutenant sa tête, le regard rivé sur la télévision. Sur l'écran, Joey annonçait à ses amis qu'il avait été choisi comme doublure des fesses d'Al Pacino et Draco riait à gorge déployée en lisant les sous titres. Harry observa la scène avec un sourire triste sur le visage en pensant aux propos de Ron. A cet instant, Harry trouvait effectivement Draco touchant.

Il avança dans la pièce pour se trouver dans le champ de vision du blond. Ce dernier bascula rapidement en position assise et il saisit la télécommande. Harry se servit un verre de Gin, puis il s'installa sur le fauteuil en détachant sa cravate et il attendit que Draco le regarde pour déclarer :

"J'ignorais que tu aimais Friends.

- Je ne connaissais pas," répondit Draco et Harry s'aperçut qu'il articulait moins bien, exactement comme Ron le lui avait spécifié. "C'est Ron qui m'a amené les DVD.

- Draco je...Excuse moi. Pour tout.

- La journée a été dure ? Se contenta de demander Draco.

- Ron a été dur...Tu permets que je regarde quelques épisodes avec toi, j'ai besoin de décompresser."

Draco hocha la tête et il remit l'épisode en route. Harry constata avec un pincement au coeur que le blond se retenait de rire en sa présence, comme s’il refusait de partager le moindre moment agréable avec le procureur. A moins qu’il ne soit intimidé.

Au bout d'une heure, Harry se rendit compte qu'il avait l'estomac dans les talons et il quitta son fauteuil pour se rendre dans la cuisine. Il ouvrait le congélateur à la recherche de sa sempiternelle pizza quand la voix de Draco brisa le silence.

"Il y a du poulet au citron et au gingembre avec du riz basmati dans la cocotte minute, si tu en veux."

Harry n'avait jamais osé se servir lorsque Draco se préparait à manger, mais il devait admettre qu'il en avait toujours eu très envie. Il avait senti une délicieuse odeur en rentrant et cela lui avait mis l'eau à la bouche. Puisque Draco le proposait, c'était différent. Harry remplit son assiette en demandant à Draco s'il voulait l'accompagner. Réalisant que le jeune sourd ne pouvait pas l'entendre, il se retourna et il lui montra la cocotte minute.

"Merci, non, j'ai déjà mangé," répliqua Draco en versant du café dans une tasse.

Ils s'installèrent à table, Harry savourant chaque bouchée, Draco caressant son ventre et son torse d'une main tout en tenant sa tasse dans l'autre. Son pull laissait entrevoir une parcelle de sa peau claire ainsi que son nombril et Harry eut toutes les peines du monde à lever les yeux.

"Délicieux, commenta-t-il en se demandant s'il parlait de la cuisine de Draco ou de son ventre.

- Forcément, quand on se gave de pizza tous les jours, on finit par trouver tout le reste délicieux, remarqua Draco avec un sourire moqueur.

- Figure toi que je cuisine très bien. C'est juste que je ne prends pas le temps de le faire. Ce week-end, je te préparerai une moussaka dont tu me diras des nouvelles.

- Attention, Potter. Je suis friand de moussaka alors si tu la rates, je te la ferai avaler par les trous de nez.

- Wow, tu es violent Malfoy. Avant que j'oublie, j'ai appelé la faculté magique et ils te feront parvenir les cours d'architecture sorcière d'ici trois jours."

Un sourire illumina le visage de Draco au point de le faire ressembler à un enfant à qui on vient d'annoncer que le père Noël est passé. Harry remarqua une fois de plus qu'il ne faisait vraiment pas son âge.

"Merci, souffla Draco.

- Remercie Ron, il a menacé de me frapper si je continuais à te couper du monde. Je voudrais que les choses se passent mieux entre nous et, comme tu me l'as justement fait remarquer la dernière fois, j'ai des tonnes de questions à te poser.

- Concernant mon affaire ?

- Non, ces questions là, je les poserai dans un cadre légal, au Ministère. Je souhaiterais que tu me parles de toi."

A suivre...

 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>