|
Note de l'auteur : C'est une de mes premières nouvelles. Soyez indulgents :-) . Je m'inspire de gens que je connais et leur invente une histoire. Tout (ou presque) est inventé par moi. Euh.. voilà. Bonne lecture. (et excusez-moi pour les éventuelles fautes d'orthographe). (et je ne suis pas camille XD) J’avais 18 ans. La majorité, l’indépendance, la liberté,... les emmerdes ouais ! Super ! J’avais ma carte bleue et un job. Et puis j’avais voté pour les élections municipales de Simon-ville, ma ville, mon village plutôt, avec ses 10 000 habitants et ses 12 km². De toute façon mon maire avait été élu au premier tour : ma voix n’avait rien changé. Je m’appelle Marie. Marie j’aime bien, c’est court, ça sonne bien. Ca va pour tous les âges en plus. Petite Marie, Marie au lycée, maman Marie, mamie Marie. J’aurais préféré que moins de filles portent mon prénom, mais à la rigueur je m’en fou, je sais que je suis unique et originale, pas besoin que mon prénom me différencie. J’étais en terminale scientifique. Ma place était en littéraire. Je le savais. J’aimais écrire, lire, j’aimais le cinéma, photoshop et l’art. Je haïssais la physique, la chimie et les maths. Mais j’étais en S. Pourquoi ? me demanderiez-vous. Ben parce que j’ai l’esprit de contradiction voyons ! J’étais donc en S, pour mon avenir, pour trouver un métier, pour entrer dans une école l’année prochaine. Foutaises ! J’étais en S point. D’ailleurs si j’avais suivi mes pulsions littéraires, je n’aurais jamais rencontré M. Martin, mon prof de SVT et je n’aurais pas pu vous raconter cette histoire. Mon histoire est celle d’une fille amoureuse de son prof. Fréquent ? Basique ? Classique ? Je ne suis pas si originale que ça on dirait. Et alors ? Vous l’êtes vous peut-être ? A prendre le bus chaque matin et rentrer chaque soir en pensant que vous venez de passer une journée de merde et que demain ce sera pire. Vous êtes pathétiques. Ouais, 18 ans et plus aucune attente de la vie. Le prenez pas comme une annonce de suicide, non non j’y tenais à ma vie de merde et puis j’avais des amis. Et ça, c’est important les amis dans la vie. Les livres aussi, mais c’est pas pareil. Donc moi Marie, 18 ans, terminale S et toi Tarzan, Jane ou Robinson Crusoë, je m’en fou. Les seules personnes qui m’intéressaient étaient mes amis et accessoirement M. Martin, les autres je m’en balançais, ils étaient là pour le décor. Même si en général, ils n’étaient pas forcément beaux. Je dis « en général » car il y a des exceptions, comme partout. Le gars du bus par exemple. Mais je m’égare là. Parlons de M. Martin, puisqu’il est le sujet principal de cet écrit. Monsieur Martin. Prof de SVT au lycée. 45 ans. A dû être beau gosse étant jeune. Marié. Un fils. Vit avec sa femme. A une mémoire inimaginable. Repère quand un élève joue avec son téléphone portable en cours. Est super attirant... Au début je n’imaginais pas, j’ai mis du temps à comprendre, puis maintenant je sais. Tout d’abord il y a eu ce rêve... Un rêve tout à fait anodin, un rêve quoi. Oui, mais si on écoute Freud, nos rêves sont l’expression de nos pulsions sexuelles refoulées. Des pulsions refoulées ? Mais qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Ce n’est pas parce que Freud était un grand malade, pervers refoulé, que chaque être humain est un névrosé avec des pulsions sexuelles qu’il n’ose pas s’avouer et qu’il refoule pour avoir une hygiène de vie correcte. Mon expérience m’a montré que si (merci Freud). En tout cas moi si, je suis une perverse pleine de désirs inconscients, plus ou moins enfouis d’ailleurs. Tout a donc commencé avec ce rêve : « Je marchais dans la cour de mon lycée, j’étais super bien fringuée, il faisait beau. J’avais mes lunettes de soleil avec lesquelles je vois la vie en rose (les verres sont teintés en orange). Je me dirigeais vers un bâtiment. « Dans le couloir, j’enlevais mes lunettes et les accrochais à mon T-shirt. Je rentrais dans une salle de chimie/SVT dans laquelle se trouvait uniquement M. Martin, en train de repasser sa blouse. Il me dit qu’il avait chaud. Moi, super sexy (ben ouais c’était un rêve !), je m’approchai de lui et lui pris le fer des mains. Je commençai à repasser la blouse. Mais il n’était pas d’accord. Il choppa mon bras et me fit poser brutalement le fer sur la table. Il me tint fermement les mains derrière le dos. Puis il m’embrassa. « D’un geste de la main, je jetai les affaires du bureau par terre et l’attirai contre moi. Ensuite, on coucha ensemble. Et je me réveillai en sursaut et en sueur. » Ok, « anodin » n’était peut-être pas le bon mot, je l’avoue. Mais en bonne névrosée que j’étais, je l’avais raconté à Louise, puis je l’avais gentiment refoulé, au fin fond, là où il fait tout noir. Louise c’était ma pote. Elle était tarée, je l’aimais bien. Ca faisait trois ans qu’elle était dans ma classe. Elle avait des lunettes, des cheveux châtains qu’elle s’amusait à teindre en rose et une personnalité étonnante. Elle était mignonne et avait tout ce qu’elle voulait. C’était une garce. Elle me voyait comme une idole. Je n’ai jamais compris pourquoi. Toujours est-il que elle et moi on faisait la paire : Marie et Louise. Quatre mois après avoir oublié mon rêve, mes pulsions étaient revenues, suite à un rêve de Louise. Les rêves, mes pires ennemis. Louise, elle était un peu superstitieuse, un peu folle aussi, sa mère était psy, normal, et elle pensait qu’on a tous un inconscient commun et que du coup on peut voir dans nos rêves les fantasmes des autres. Moi je n’y croyais pas. Je pensais surtout que Louise était super lucide, et qu’elle avait bien senti que je voulais me faire le prof. C’était le début de la fin. Ou la fin du début, comme vous préférez. En cours de biologie, impossible de me concentrer. En plus, on était passé au chapitre de la procréation, le mieux pour réveiller mes pulsions ! Je restais, pendant les deux heures que duraient les cours, à mater mon prof, en entendant sans écouter sa belle voix de dragueur. Partant dans mes pensées, je nous imaginais tous les deux, dans cette salle, contre le tableau, sur le bureau... « MARIE ! Tu rêves là ! Tu ne m’écoutes pas. - Non, désolée, je rêvais. » Louise affichait un large sourire, avait-elle compris à quoi je rêvais ? Ou s’était-elle raconté une blague qu’elle ne connaissait pas ? Je n’en su rien. Pourtant en y réfléchissant à deux fois, il n’était pas si sexy que ça mon prof. Il n’était pas très grand, les cheveux bruns gris, des lunettes, toujours sa blouse entrouverte laissant voir selon le cas, son pull, sa chemise ou son T-shirt et sa chaîne autour du cou. Mais c’était un bon prof, pas de doute là-dessus, enfin pas de quoi tomber amoureuse. Et pourtant. C’était un mardi, à la fin d’un cours de TP (travaux pratiques), m’adressant à Louise et Amélie, je déclarai : « Vous auriez pas à manger ? ». M. Martin étant derrière a du le prendre pour lui, puisqu’il me répondit : « Ah oui, je dois avoir du chocolat, si tu veux. » Il nous emmena toutes les trois dans la salle des profs de sciences. Cette dernière était vide. Il nous sortit son chocolat. Un peu moisi, faut avouer quand même. En me donnant le chocolat, il me toucha la main, me la caressa plutôt, un geste futile, que ni Louise, ni Amélie ne remarqua, mais pourtant je savais que c’était délibéré. Merde, il avait remarqué que je le matais, il faut dire que je n’étais pas discrète aussi. De toute façon, ce ne serait pas la première fois qu’il draguerait et coucherait avec une élève. En effet, il y avait une pote d’une pote qui avait fait l’amour avec lui, il parait. Je l’avais dit à Louise, elle n’y croyait pas. Mais moi je savais que c’était vrai. Je ne raconterais à personne le passage de la main et du chocolat, même pas à Louise qui était présente. Ce sera mon secret et celui du prof. Plus les jours passaient, et moins je dormais. J’avais peur de rêver de M. Martin. Du coup j’avais des mégas cernes. Et je m’endormais en cours. Mauvais calcul. Je passais mes cours de SVT à rêver, contre mon gré, de positions plus ou moins probables dans toutes les pièces du lycée, avec mon prof et moi, bercée par l’agréable son de sa voix, parlant des spermatozoïdes ou du SIDA... Je détestais les cours de SVT... plus que trois mois et c’était fini... Oui mais trois mois ! Une fois, à la fin d’un cours où il ne restait plus que lui et moi dans la salle, parce que j’avais tardé à ranger mes affaires, M. Martin ferma la porte avant que je n’aie eu le temps de sortir. Mon pire cauchemar en train de se matérialiser devant moi. Il me fit un large sourire et me fit signe de m’asseoir. Je m’exécutai. Il s’assit en face de moi, à califourchon sur une chaise. On était en tête à tête. Je le dévorais des yeux, tout en essayant de ne pas rougir. Je rosissais et j’avais peur. Je le désirais et me taisais. « Marie ? - Oui ? - Tu m’as écouté ? - Non. » Je lus dans ses yeux le désir de me toucher. J’allais lui prendre la main quand entra Madame l’autre prof de biologie, celle que j’avais eu l’année d’avant, et qui m’avait fait détester cette matière. Je me levai, pris mon sac et dis un « au revoir » froid et solennel. Je courus dans le froid pour essayer d’effacer cette scène horrible. En vain. Elle restait là, ancrée dans ma mémoire. Les images défilaient devant mes yeux. J’atteignis l’autre bâtiment, montai les marches et arrivai en cours d’anglais, en retard, essoufflée, rouge écarlate et en sueur. La prof ne m’accepta pas, forcément, elle me détestait. FUCK ! J’étais donc revenue sur mes pas, plus lentement cette fois. J’allais aller faire un bulletin de retard. Motif : « retenue par son prof de SVT qui voulait la sauter ». Ca serait passé vous pensez ? Bon, je me dis que j’improviserai là-bas. En traversant la cour qui séparait les bâtiments, je croisai M. Martin. Je lui souris. Il me fit un clin d’œil. « Mais t’as pas cours ? - Si, mais la prof d’anglais ne m’a pas acceptée. - Attends, j’vais lui parler ! » Il me prit la main et m’entraîna jusqu’à la salle d’anglais. Encore plus rouge que tout à l’heure, et plus suffocante aussi, je rejoignis ma place, à côté d’Amélie, qui explosa de rire. « T’as couché avec lui ou quoi ? - Mais non, t’es con. » M. Martin était sur moi. Je portais un soutif blanc avec des pois noirs. J’étais allongée sur le grand bureau blanc du prof. Il était torse nu, sa chaîne autour de son cou, frôlant mon corps presque nu. Son jean entrouvert, ses jambes entre les miennes. Sa bouche embrassant mon cou. Mes mains parcourant ses cheveux. Son torse musclé luisant sous l’effet de la chaleur émanant de nos corps... Je me réveillai en sursaut... dégoulinante de sueur. Je me levai et allai me rafraîchir avec de l’eau froide. J’allais devenir folle... Le lendemain, je passai le cours de biologie à écrire, les yeux rivés sur ma feuille, pour éviter de le regarder dans les yeux. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais plus. La solution : il fallait que je me trouve un copain, au plus vite. Seulement, personne ne m’intéressait. Un mois plus tard, il n’y avait pas eu de nouvelle tentative de M. Martin pour coucher avec moi. Mais je ne pouvais toujours pas le regarder dans les yeux. J’étais la dernière à rentrer dans la salle de SVT et la première à en sortir. Il a du croire que je le fuyais. C’était le cas. Je ne voulais pas coucher avec mon prof. Je vous rappelle qu’il était marié. Je refoulais alors toutes mes pulsions, tous mes désirs, toutes mes envies (danke schön Freud) à tel point qu’en peu de temps, j’avais même oublié que j’avais failli coucher avec lui. Je me ressaisissais. Le bac approchait. Les jolis jours arrivaient aussi. Et je passais mes journées à gambader avec mes amis. Au lycée, tout le monde avait des couleurs. L’éternel gris hivernal avait complètement disparu (sparu) pour laisser la place à la joie et à la bonne humeur des jours heureux. Personne ne se suiciderait en mai, la vie était trop belle. Le soleil brillait avant que je ne me lève et illuminait mes journées. « Marie ! Le cours sa passe à l’intérieur de la salle, pas dehors ! - Mais il fait si beau. - T’iras te promener après le cours, pour l’instant réponds à la question ! » Je ne savais pas quelle était la question. Louise me souffla quelque chose que je répétai. Ca devait être juste puisque M. Martin n’insista pas. « Merde, j’ai oublié mon livre dans la salle de bio. Bon, j’vous rejoins, à toute ! - OK, à toute Marie. » « Excusez-moi, j’ai oublié mon livre... -Oui, j’ai vu... j’ai d’ailleurs pensé que tu l’avais fait exprès. » M. Martin me fit un grand sourire. Mon sac glissa de mon épaule et percuta le sol dans un bruit fracassant. Il ferma la porte à clef. Il s’approcha de moi et m’enlaça. Nous n’échangeâmes aucune parole. Il m’enleva ma veste. Je lui défis sa blouse. Je l’embrassai dans le cou. Il m’attrapa par les hanches, me souleva et m’assit sur un bureau. Je lui défis son jean, il m’ôta mon pantalon. Il s’allongea sur moi et me pénétra. Sans capote. Pour un prof de bio qui vient juste de finir le chapitre sur les MST (maladies sexuellement transmissibles), ce n’était pas très professionnel. J’étouffai un gémissement. Même dans le pire de mes rêves, cet instant n’était pas aussi magique. Le bureau grinçait. Je pensais qu’il allait lâcher et que nous allions nous retrouver par terre. Mais non, il tint. Notre rapport sexuel me parut durer une éternité ; j’aurais voulu qu’il ne s’arrête jamais. Mais, en entendant la sonnerie, nous nous rhabillâmes, transpirant. Il rouvrit la porte et m’annonça que demain il y avait un DS, que je devrais être à la hauteur. Je ne cherchai pas trop à savoir si c’était une métaphore ou pas. Je me sentais mal, malgré ce moment féerique. Je partis aux toilettes et vomis. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai réagi ainsi ; ce que je sais c’est que je suis restée une demi heure penchée sur la cuvette à régurgiter et à pleurer. En sortant, je me suis dit que c’était la dernière fois, que jamais plus je ne coucherais avec mon prof. Aujourd’hui, ça fait trois ans que je suis sa maîtresse. Je vais chez lui tous les samedis entre 9h et 12h, quand sa femme est au marché. Il me fait jouir. Puis je repars. Chaque samedi matin je me dis que je n’irais pas. Et chaque samedi matin je me retrouve sur la table de son salon, les jambes écartées, à gémir de plaisir... FIN By Lunaree |