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Chapitre 4 : Soins et craintes Le ciel était bleu, le soleil apportait une douce caresse en cet hiver rude. Dans le parc, les enfants jouaient sous l’œil attentif et protecteur de leurs parents. Sur un banc isolé, au bord d’un chemin de terre, scrutant avec bienveillance l’agitation des marmos, se tenait un jeune homme aux yeux d’émeraude, à la tignasse corbeau en désordre, avec une fine cicatrice ornant son front. Harry laissa son regard s’aventurer sur les arbres dénudés de feuillage. Ses yeux furent attirés par un mouvement à sa droite. Il les tourna pour rencontrer deux perles grises comme la lune. Un sourire naquit sur ses lèvres tandis que le jeune homme aux cheveux blond s’assaillait à ses côtés. Une main vint se poser sur sa cuisse alors que Draco souriait aussi. Un court baiser fut échangé, juste le temps que les paupières du brun ne se ferment quelques secondes. Il sentit alors un courant froid passer sur ses lèvres, lui faisant parcourir un frisson le long de l’échine. Il rouvrit les yeux. Le silence régnait, ainsi que les ténèbres et le froid. Mais où était passée la douce atmosphère qui planait quelques minutes auparavant ? Un rire démoniaque s’éleva alors dans les airs, se répercutant en échos et glaçant le sang du propriétaire des émeraudes. Lentement, une forme floue se dessina dans une brume naissante, prenant peu à peu la forme d’un serpent. Lorsque celle-ci se dissipa, ce fut pour laisser apparaître le regard bleu glace de Lucius Malefoy. Ses yeux reflétaient la dureté et la froideur. A ses pieds, Harry put voir une touffe blonde surmontant une paire d’yeux gris bien connus, transpirant de douleur et de peur. La voix glaciale du père s’éleva alors dans les airs : « Quoi que tu fasses, Potter, je réussirais à venger mon Maître et à te tuer. Et si ce fils indigne ne veut collaborer, je l’utiliserais volontiers contre son gré avant de lui faire connaître le même sort qu’à toi. » Harry sentit tout son corps s’électriser lorsque l’ordure qui lui parlait accentua sa prise sur les cheveux de Draco, lui arrachant un gémissement de douleur avant qu’un hurlement ne s’échappe d’entre ses lèvres : « HARRY ! » Le front en sueur, le cœur battant la chamade, le brun se réveilla en sursauts. Son regard se tourna vers la fenêtre du salon qui donnait sur la ville. Le soleil apparaissait, il s’était encore levé aux aurores. Un gémissement de douleur semblant composer son prénom le sortit de ses réflexions et ses yeux se tournèrent vers la porte entre ouverte de sa chambre. Il se leva alors précipitamment et ouvrit la porte en grand. Sur le lit, le corps frêle de son tout nouveau protégé se tordait de douleur. Dans un réflexe naturel, il courra dans la salle de bains, prit sa boîte à pharmacie maison, s’empara de sa baguette sur la table basse du salon puis vint se laisser tomber à genoux à côté du lit. Il posa une main sur le front du souffrant, constatant qu’il était brûlant. Il fouilla un instant dans sa boîte et en ressortit un petit flacon contenant un liquide turquoise. Il prit ensuite sa baguette, murmura un sort qui sembla calmer Draco et en profita pour faire couler la potion dans sa bouche. Il se redressa, lança un « accio » sur une des chaises du salon qui fit son chemin jusqu’à lui avant qu’il ne la métamorphose en un fauteuil confortable et s’y assit. Il n’y avait plus qu’à attendre. Les yeux fixés sur la fine silhouette, les minutes passèrent. La douleur n’avait apparemment pas refait surface, mais les traits du visage pâle ne s’étaient pas vraiment détendus. Le veillant ainsi, Harry restait inquiet, le front plissé. Alors que le soleil était haut dans le ciel et que le brun n’avait pas bougé du fauteuil, le regard à présent dehors, il entendit un froissement de draps. Son attention fut alors reportée sur le lit où Draco avait ouvert les yeux, ne le quittant pas de ceux-ci. Son hôte fit un pauvre sourire avant de se lever et de s’approcher. Il lui demanda comment il se sentait, mais le blond ne réagit pas tout de suite, ses perles d’orage perdues dans de belles émeraudes. Il voulu alors se redresser pour répondre mais fut arrêté par une violente douleur qui lui traversa le corps. Il resta donc couché pour dire : « J’ai soif… -Je vais te chercher un verre d’eau », répondit aussitôt l’interpellé en sortant de la pièce. Il revint une poigné de secondes plus tard, un verre d’un liquide translucide dans la main. Il le donna à Draco qui eut le plaisir de se désaltérer et de remarquer le petit goût sucré de l’eau. « Tu ne vas pas pouvoir bouger pendant le reste de la journée, Draco. Ce matin, tu étais dans un bien piètre état. -J’avais remarqué, oui, répondit le blond tout de même surprit par l’emploi de son prénom. -Je te donnerais une potion ce soir, mais ne t’attends pas à une douce après-midi. Les effets de la potion que je t’ai donnée ce matin devraient se dissiper et il est préférable de ne pas t’en redonner une tout de suite si tu ne veux pas d’effets secondaires. -Je m’en passerais. Mais dis moi Potter, comment se fait-il que tu ais fais de la médicomagie alors que tu es auror ? Et puis il me semblait bien que les potions te révulsaient. -Figures toi que pour devenir auror, il faut un brevet de médicomagie, attestant que tu as les capacités de pouvoir faire les gestes de premiers soins. Donc j’ai forcement du passer mon brevet et je me suis rendu compte que ce n’était pas si mal que ça, alors j’ai pris des cours par correspondance en même temps que ceux de l’académie d’auror et j’ai beaucoup appris dans les livres. Je me suis aussi rendu compte que depuis Poudlard, j’arrivais à réussir mes potions, comme quoi les miracles existes, et j’ai trouvé ça plutôt pas mal, alors je me suis lancé dans des réalisations de plus en plus compliquées. -Comment as-tu pu récolter des larmes de phénix ? -J’ai un très bon ami qui me sert de source. -Un ami ? -Depuis que Dumbledore est mort, je reçois régulièrement la visite de Fumsec, son phénix. C’est lui qui m’a permit de récolter ses larmes. Bon, c’est pas tout mais on a rien mangé depuis hier soir. » Harry se leva et se dirigea vers la sortie. Draco aurait voulu dire quelque chose, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Les minutes passèrent et bientôt, une délicieuse odeur vint titiller les narines du souffrant. Il voulu bouger, s’asseoir et peut-être même se mettre debout, mais il n’avait pas encore posé un pied parterre qu’une voix lui ordonna clairement : « Ne te lèves pas ! Tu n’es pas en état ! -Oui maman », répondit narquoisement le blond en se recouchant. Le brun s’avança alors dans la pièce, deux assiettes à la main. Il métamorphosa alors une chaise qui se trouvait dans un coin de la pièce en une table d’hôpital pour les patients, la plaça au dessus de Draco et y posa l’assiette fumante d’un mets à première vue appétissant. Il alla ensuite reprendre possession de son fauteuil et commença à manger. Draco fit de même, appréciant autant au goût qu’à la vue ce qu’il portait à sa bouche. Lorsque le brun eut fini, il posa son assiette sur ses genoux et leva les yeux sur le visage pâle du malade puis dit enfin : « Lorsque je suis rentré hier et que je t’ai trouvé en mauvais état, j’ai cherché un potion pour soulager tes douleurs mais comme je ne la trouvais pas, j’ai appelé Ron, il m’a dit qu’il avait raconté au patron qu’on t’avais retrouvé et m’a nommé garde rapproché. Donc si j’étais toi, je me ferais tout de suite à l’idée de m’avoir collé à tes basques jusqu’à ce qu’on ait retrouvé les mangemorts. » Draco avait arrêté de se restaurer et fixait maintenant Harry. Il ne dit rien pendant un certain temps avant d’ouvrir enfin la bouche : « Je t’ai déjà dis, Potter, que tu avais changé. Ce sera une occasion de nous connaître mieux et peut-être même d’enterrer la hache de guerre, même si certaines choses ne peuvent être pardonnées. » Harry en resta bouche bée. Il n’en croyait pas ses oreilles. Malfoy avait fait allusion à une possible paix. C’était une première. Il reprit tout de même ses esprits et fit un sourire franc au beau jeune homme blond en face de lui qui, à sa grande surprise, lui répondit. Il se leva, débarrassa les assiettes, re-métamorphosa la table en chaise qu’il remit dans le coin de la chambre, puis disparu en direction de la cuisine. Repu par ce repas copieux, Draco s’enfonça dans ses oreillers et ne tarda pas à être accueillit au pays des songes. Lorsque Harry revint, il eut un petit sourire devant le spectacle qui s’offrait à lui. Les traits du visage de l’endormi étaient détendus et paisibles, sans marque d’arrogance ni d’air supérieur. Il laissa la porte grande ouverte puis alla se poster sur le rebord de sa fenêtre, le regard courant sur la ville avant de se poser sur l’horizon. La limite entre les feuillages verts des arbres de la plaine bordant la capitale et le ciel bleu était difficile à cerner avec une grande précision. Lorsque Draco se réveilla, il faisait déjà noir. Son regard se posa alors inévitablement dans le salon et plus précisément sur la fenêtre. Dehors, l’astre d’argent faisait courir lentement ses rayons paresseux sur les toits de la banlieue. Dedans, juste derrière la paroi vitrée, une silhouette assise se dessinait. Les jambes repliées de façon à se que ses pieds puissent se poser sur le rebord et la tête légèrement tourné vers le l’extérieur, son abdomen se soulevait au rythme de sa respiration lente d’endormi. Des cheveux brun en bataille, cela ne pouvait bien sûre qu’être le propriétaire du lieu. La lumière de la lune venait donner un aspect de douceur que seuls les anges pouvaient posséder à la peau halée. Draco se surprit alors à penser que seules les deux belles émeraudes manquaient à ce tableau magnifique et fut encore plus étonner de trouvent le Sauveur d’une beauté immaculée. Seulement, bientôt, la première raison de son réveil se rappela à son bon souvenir. Ses blessures le brûlaient mais il ne pu se résoudre à réveiller son « garde du corps » et de briser ainsi un si beau spectacle. Cependant, la douleur allait crescendo et bientôt, ses sourcils se froncèrent et il se mordit la lèvre inférieure pour ne laisser échapper aucun son. Malgré tous ses efforts, il dû bientôt se résigner. Il appela Potter plusieurs fois avant que ce dernier ne se réveille et n’arrive dans la chambre d’un pas précipité et ne se mette à genoux à côté du blond. « Qu’est-ce qui a ? demanda-t-il. -Mes blessures me brûlent », réussit à articuler Draco entre ses dents serrées. Harry plongea la main dans la boîte qui avait élu domicile à côté du lit et en sortit deux flacons, un dont le verre ne laissait voir son contenu et un dont le liquide était transparent. Il prit un autre flacon semblable au premier, y vida une certaine quantité de solution translucide puis, avec une grande précaution quelques gouttes de la première. Il tendit alors le résultat à Draco et lui demanda de boire, ce que fit ce dernier avant de faire une grimace indiquant que ce qu’il venait d’ingurgiter n’était pas la meilleur chose qu’il eut avalé. Les douleurs s’atténuèrent alors pour ne devenir que des picotements. « Ca va mieux ? demanda le brun. -Ouai… Mais j’ai toujours des picotements. -Ca, je peux rien y faire. Autant t’en accoutumer maintenant, parce que je pense que le reste de ton rétablissement ne va pas se faire sans douleurs. » Les deux hommes se regardèrent ensuite longuement. Harry réfléchit pendant deux secondes avant de se lancer : « La nuit dernière, j’ai fais un rêve étrange. Tout était noir et ton père est apparu. Il te tenait par les cheveux et il m’a dit qu’il ferait tout pour venger Voldemort… -Pourquoi tu prononces son nom ? -Parce qu’il ne me fait pas peur et qu’il est mort. -Et qu’est-ce que mon père t’as dit d’autre ? -Il m’a dit qu’il allait t’utiliser, que tu sois d’accord ou non, et il a dit qu’il me tuerait avant d’en faire autant avec toi. -Tsss… Mon père est une pourriture et il n’obtiendra rien de moi. -Il peut agir contre ton gré. Après tout c’est un mangemort et on ne sait pas de quoi ils sont capables. Il pourrait te mettre sous Imperium et je ne suis pas certain que tu puisses lutter. -Tu me prends pour qui Potter ? Pour un faible ? Et bien désolé de te décevoir, mais je ne suis pas une mauviette. -Je n’ai jamais dis ça… J’ai simplement dis que ton père pourrait usé de tous les moyens pour arriver à ses fins. -J’en suis plus conscient que toi et crois moi, tu ne t’imagines même pas ce qu’il peut faire. L’utilisation du sortilège impardonnable n’est rien à côté de ses idées de tortures. Et si en plus il peut pénétrer dans ton esprit comme le faisait le Lord, il aura toutes les cartes en mains. Il peut-être plus pervers (nda : pas d’idées mal placées s’il vous plait) que le Seigneur des ténèbres ne l’était. Tu dois être prêt à contrer ses intrusions parce que s’il t’a parlé directement, c’est qu’il est conscient de ce qu’il peut faire. J’espère pour toi que tu es un bon occlument… -Ben… En fait… -Ne me dis pas que tu n’arrives pas à contrer la légilimencie. -Et ben désolé de te décevoir, mais je n’y suis jamais arrivé. -Super… Et quand est-ce que je pourrais enfin me relever et user de toutes mes capacités ? -A la fin de la semaine, tes blessures auront guéris et ce sera comme si tu ne t’étais jamais fais attaqué. -Très bien. Alors prépare toi. A partir de ce week-end, j’entrerais dans ton esprit quand ça me chantera et tu devras m’en refuser l’accès. -Quoi ? Mais t’es malade ? -En ce moment, oui, mais la semaine prochaine, je pèterais la forme. Dommage pour toi. » A suivreuh! |