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Chapitre 5 Cela faisait deux jours que Harry subissait les entrées de Draco dans son esprit tout au long de la journée et il remerciait Merlin que le blond ne soit pas encore tombé sur des images de ses rêves où ce dernier se trouvait puisque depuis le début de la semaine, il se sentait en pleine forme et s’en donnait à cœur joie au plus grand désarrois de son garde du corps qui n’avait pas encore réussi à repousser les assauts une seule fois. Et là, ça recommençait. Il était de nouveau plongé dans ses souvenirs, seulement, une chose n’allait pas : Il n’était pas seul à revivre ces moments. Le regard argent traînait toujours sur les scènes et à son grand étonnement, son propriétair0e ne faisait pas de remarques cinglantes. Il se contentait de regarder, d’examiner, sans faire de commentaires. Quelques années auparavant, il aurait eut droit aux sarcasmes et aux sourires narquois. Soudain, tout devint noir et il se sentit projeté en arrière. Bientôt, il se retrouva debout dans son salon, dos à Malefoy qui soupira. « Putain Potter, comment peux-tu être auror alors que l’on peut pénétrer si facilement dans ton esprit ? En deux jours, tu n’as pas réussis à repousser mes attaques une seule fois ! -Parce que tu crois que ça me fait plaisir ? Tu crois vraiment que j’ai envie que tu vois mes souvenirs, mes rêves et mes pensées ? répliqua-t-il en se retournant brusquement. -Alors bat toi ! Ne me laisse pas voir ce que tu n’as pas envie que je vois. Tu dois repousser mon esprit, être sans cesse sur tes gardes et ne pas te laisser surprendre. À force d’efforts, ça deviendra naturel. Tu n’arriveras pas à lutter contre mon père si tu n’arrives pas à lutter contre moi. » Harry soupira face à cette dure réalité. Il se laissa tomber sur le canapé et prit sa tête entre ses mains. Draco vint s’asseoir sur la table basse, en face de lui. Il le regarda un moment avant de briser le silence : « Concentre toi Potter, je vais entrer dans ton esprit. Peut-être que si je te préviens tu y arriveras. Attention, j’y vais. » Harry se concentra pour vider son esprit, mais aussitôt, il sentit celui de Draco s’infiltrer dans sa tête. Des images se formèrent alors et il fut horrifié lorsqu’il reconnu la scène. Il ferma les yeux plus fort, s’efforçant de penser à un autre souvenir. Depuis que le blond entrait dans son esprit, il avait prié pour que ce moment n’arrive jamais et là, il le vivait. Il voyait des brides de rêves et il ne faisait aucuns doutes que l’ancien Serpentard les voyait aussi. Il s’imagina alors son esprit comme une bulle protectrice qui s’agrandissait peu à peu. Il vit alors ce qu’il imaginait et sentit l’intrus repoussé hors de sa tête. Tout devint noir avant qu’il ne rouvre les yeux et regarde devant lui. Draco était debout, il le regardait, les sourcils froncés, son regard le questionnant. Harry passa une main dans ses cheveux, se laissant aller contre le dossier du canapé. « Qu’est-ce que c’était que ça Potter ? -Quoi ça ? demanda calmement l’interpellé. -C’était quoi ce que j’ai vu ? -Qu’est-ce que t’as vu ? Moi j’ai juste vu que j’ai réussis à te faire sortir de ma tête. Tu devrais être content, je progresse. -Je parle pas de ça, Potter. Je parle de ce que j’ai vu avant que tu ne me fasses sortir de ton esprit. -Tu n’as rien vu Malefoy. Rien ne c’est passé lorsque tu es entré. » Harry avait dit ces deux phrases sur un ton monocorde et très calme. Draco comprit donc que la conversation était finie. Il alla se laisser tomber dans un des fauteuils pendant que le brun se relevait et partait dans la salle de bains. Lorsqu’il y entra, il ferma la porte à clefs et s’adossa contre, avant de fermer les yeux. Il revit alors le souvenir, ou plutôt le rêve dont Draco avait été témoin quelques minutes auparavant. Ce n’était pas grand-chose, mais juste assez pour comprendre si on n’est pas trop débile, et, justement, le blond ne l’était pas du tout. Le brun gémit de désespoir tout en se laissant glisser contre le maigre panneau de bois qui le séparait du salon. Lorsqu’il toucha le sol, il ramena ses genoux vers sa poitrine et les entoura de ses bras tandis que son menton venait trôner à leur sommet. Pendant ce temps, dans le salon, Draco réfléchissait. Il revoyait donc la scène dont il avait été le spectateur et se dit que ça ne pouvait pas être un souvenir puisqu’il n’avait jamais embrassé Potter. A cette pensée, il fit une grimace puis fronça les sourcils : Pourquoi grimaçait-il ? Le blond fut bien sûre horrifié par cette question qu’il s’était posé. Il se leva brusquement et alla dans la chambre que Harry lui avait gentiment laissée. Il ferma la porte et s’assit sur le lit. Si ce qu’il avait vu n’était pas un souvenir, ça ne pouvait être qu’un rêve ou une pensée, mais en général, les pensées correspondaient un temps soit peu à un souvenir ou à un rêve et il n’y avait que peu de facteurs qui changeaient à ce qu’il avait pu vivre en présence de Potter puisqu’il n’avait jamais été plaqué avec douceur contre un mur de l’appartement où il se trouvait. Tous les éléments dont il avait été témoin ne pouvaient être que significatifs d’un rêve. Il soupira en se demandant pourquoi son hôte aurait fait un rêve comme ça. Il secoua la tête pour chasser toutes ces pensées puis enleva son pantalon et sa chemise afin de regagner le lit en boxer. Il ferma les yeux afin de trouver le sommeil qui vint le chercher pour l’emmener dans un monde de rêves turbulent. Ayant entendu le blond entrer dans la chambre, Harry se risqua à sortir de son isolement et regagna le salon. Le soleil s’était couché depuis peu mais un lourd sommeil lui tirait les paupières. Il soupçonna alors les interventions répétés de Malefoy dans son esprit et en ne pensant à plus rien d’autre, il se coucha sur le canapé, se couvrit d’une couverture jusqu’à la taille et posa son bras droit au dessus de sa tête tandis que sa main gauche reposait doucement sur la frontière entre la couverture et son T-Shirt. Son regard s’attarda sur le plafond blanc tandis que les images du rêve que Draco avait vu défilaient sur cet écran sans couleur. Comment l’avait-il prit ? Qu’avait-il compris ? Comment le savoir ? Et en plus de cela, le lendemain, il devait se rendre au bureau accompagné de son « protégé » pour voir le chef et lui expliquer le situation en détail. Cependant, Harry pensa qu’il laisserait certains détails sous silence et que le patron lui demanderait de revenir travailler, mais au poste et non sur le terrain. Au moins, il ne serait plus seulement avec le blond et verrait du monde. Peut-être même que Draco stopperait ses intrusions. Peut-être qu’il aurait enfin du repos. Peut-être qu’il pourrait garder ses pensées pour lui. Ce soir là, Harry mit pas mal de temps à s’endormir. Il sentait ses entrailles en feu. Ses yeux flamboyaient. Et ces yeux trop verts, ces cheveux trop noirs et trop en bataille, cette peau trop halée. Ca n’arrangeait pas les choses. Il sentait la colère bouillir en lui. Ses mains plaquaient ces épaules trop musclées contre la pierre froide du mur et voulaient enserrer ce cou trop tentant. Il encra son regard aux deux émeraudes puis réalisa que ça n’aidait pas : sa colère amplifiait. Il ne savait pas pourquoi. Puis il se dit que ça lui était égal. Il détourna les yeux pour ensuite détourner son corps dans une dernière pression sur ces épaules. Il se trouvait maintenant dos au Vainqueur et le feu qui dévorait son estomac fut balayé par quelque chose de glacée accompagné par un poids qui se faisait lourd. Il ferma alors brièvement les yeux puis, tout en les rouvrant, fit volte face. Il plaquât à nouveau le Sauveur sur le mur et sans plus réfléchir, lia leurs lèvres dans un baiser. Aussi surprenant soit-il, il s’agissait d’un baiser doux et tendre et non pas violent comme on pourrait s’y attendre. Ce simple geste provoqua une réaction étrange. La glace fondit pour laisser place à une multitude de papillons, voletant dans son ventre. Le cœur affolé, le corps couvert de sueur qui collait au drap, la respiration haletante, Draco se réveilla en sursaut. Il mit quelques minutes à retrouver ses esprits, à se rappeler où il était et enfin, à se rappeler le rêve qu’il venait de faire. Il plongea son visage dans ses mains et soupira profondément. Que lui arrivait-il ? Pourquoi avait-il fait un rêve comme ça ? Un pourquoi il était dedans ? Il passa alors ses mains dans ses cheveux pour les agripper fermement. Il inspira puis expira fortement avant d’entendre du bruit dans une pièce voisine. Il se souvint alors qu’il n’était pas seul et soupira, encore une fois. En effet, dans la cuisine, Harry bataillait avec la boîte à café qui ne voulait pas s’ouvrir. Il tira, tira, tira, jusqu’à… SHKLING Le couvercle sauta, accompagné par le café qui se répandit dans toute la pièce. « Putain de merde ! -Tu devrais réviser ton vocabulaire, Potter. Tu pourrais choquer les petits. » Harry se retourna brusquement vers la porte, étalant un peu plus de café par terre. Voyant la tête du « Sauveur », Draco eut un sourire, mais bientôt, il ne put plus se retenir. Il éclata de rire, ce qui fit faire la moue à l’autre qui posa la boîte de café puis se passa une main dans les cheveux. Lorsqu’il la ressortit de sa tignasse et la regarda, il grimaça. Il sortit donc de la cuisine et se dirigea vers la salle de bains tout en lançant : « T’as intérêt à être prêt quand je sort de la salle de bains Malefoy, parce que j’ai pas envie d’être en retard au bureau. -Quoi ? Tu vas monopoliser la salle de bains ? Et moi alors ? -Ben tu te démerdes. T’avait cas pas te foutre de ma gueule. » Sur ce, la porte claqua et peu après, on entendit l’eau couler. Une demi-heure plus tard, les deux jeunes hommes se trouvaient au ministère de la magie, dans le bureau des aurors. Il s’agissait d’une vaste pièce dont le milieu était occupé par une grande table ronde. Des photos et des articles de journaux s’y étalaient tandis que Harry s’exprimait vite et d’une voix forte. Les autres aurors se taisaient, l’écoutant. Draco, lui, était assit sur une chaise dans un coin et n’écoutait strictement rien, s’ennuyant ferme et n’oubliant pas de se tourner les pouces. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit et tous les regards se tournèrent vers un homme à la haute stature. Tous le saluèrent en l’appelant capitaine et Draco comprit alors son statut. Le supérieur s’avança alors dans la pièce et regarda ce qui jonchait la table. « Vous avez intérêt à me coincer ces putains de mangemorts Potter. Assez de vies ont été prises pendant la guerre. Il n’est pas concevable que cela continue. -Vous pouvez compter sur moi capitaine. Je mettrais tous les moyens en œuvre pour les arrêter au plus tôt. -Je suis content de vous l’entendre dire, mais vu votre position, je vous interdis formellement de mettre un pied en dehors de ce bureau pendant vos heures de travail. » Le capitaine se tourna vers Draco puis continua toujours pour le brun. « Vous ne devez pas lâcher Mr Malefoy. Il est un témoin très précieux qui ne doit pas retomber dans les mains de ces fous furieux. -Je suis d’accord avec vous capitaine. Et vous pouvez me faire confiance, je ne lâcherais pas Mr Malefoy. -Très bien. Avez-vous du nouveau ? -Un autre sorcier a été retrouvé agressé dans une ruelle du côté du Londres moldu. Mais je soutiens toujours qu’il faudrait mener une expédition au manoir Malefoy monsieur. C’est là-bas que tout a commencé il y a une semaine. -Très bien, envoyez une équipe, mais vous, vous restez ici et vous enquêtez avec ce que vous avez. » Le capitaine ressortit de la pièce. Harry se retourna vers son meilleur ami. « Ron, tu vas devoir te débrouiller cette fois. Prends cinq aurors et allez faire un tour là-bas. J’attends ton rapport demain sur cette table. -Très bien Harry. Scottland, Havens, Charlkings, Winston et Stevenson vous venez avec moi. » Les cinq aurors sortirent de la pièce à la suite du rouquin tandis que Harry renvoyait les autres. Il se retrouva donc seul dans la pièce avec Malefoy mais resta cependant concentré sur la table où il s’était appuyé. C’est alors qu’il sentit l’étrange sensation de tomber, et que tout ce fit noir. Il se revit alors dans une ruelle sombre, encadré par des banderoles caractéristiques d’une scène de crime. Devant lui, le corps à moitié nu, une femme était étendu sur le sol froid du macadam, le regard vide, portant pourtant une expression de terreur sur le visage. De larges hématomes couraient sur sa peau cadavérique. On constatait non sans avoir besoin de réfléchir qu’elle avait été battue, puis violée avant d’être abattue, sans nul doute par le sortilège de la mort comme en témoignaient l’expression de ses yeux. Sentant une colère le prendre aux tripes, Harry réussit à repousser avec force l’esprit qui avait fait intrusion dans ses pensées. Il fit brusquement volte face et lança un regard haineux au blond qui baissa les yeux au sol, visiblement choqué de ce dont il venait d’être le spectateur. « Je t’interdis, Malefoy, lâcha le brun d’une voix froide et détachée. J’ai bien dis je t’interdit d’essayer d’entrer dans mon esprit lorsque je suis ici. A moins bien sûre que tu ne tiennes pas à la vie. -Il faut bien que tu sois capable de fermer ton esprit dans toutes situations, répliqua l’autre en se levant et en le regardant cette fois argent à émeraude. -Il faudrait déjà que je sois capable de ne laisser voir aucune parcelle de mon esprit dans une situation où je m’y attends et où je suis concentré avant de pouvoir le faire dans n’importe quelle autre. -Alors comment ce fait-il que tu ais réussis à me repousser à l’instant ? -Parce que je me suis laissé submergé par mes sentiments. Revoir cette scène m’a enragé et sachant que c’était de te faute encore plus. Je ne sais pas comment j’ai fais, tout ce que je sais c’est que ça a marché avant que tu ne me fasse revivre des scène encore pire. Et puis pour ton information je ne dois pas être déranger par tes intrusions pour pouvoir travailler et avoir une chance de pouvoir coincer ton putain de père et ces connards de mangemorts. Alors tu auras l’obligeance à partir de maintenant de bien vouloir ne plus recommencer. » Sur ces paroles, il se retourna, plantant ses mains sur le plan de bois, portant son regard foudroyant sur les photos d’horribles meurtres et sur les articles de journaux sorciers et moldus retranscrivant à leur façon ce qu’il se passait. Draco, pendant quelques secondes, laissa son regard voguer sur le dos du brun avant de soupirer et de se diriger vers la porte qu’il passa en la refermant, au plus grand étonnement de celui qui restait dans la pièce, sans la claquer. Il marcha un moment dans le couloir avant de enfin s’asseoir sur un banc non loin du bureau de son « garde du corps ». A suivre... |