manyfics
     
 
Introduction Les news
Les règles Flux RSS
La Faq Questions
Concours Résultats
ManyChat ManyBash
Plume&Crayon ManyBlog
Goodies Nous aider
  Les crédits
 
     

     
 
Par date
 
Par auteurs
 
Par catégories
Animés/Manga Comics
Dessins-Animés Films
Jeux Livres
Musiques Originales
Pèle-Mèle Séries
~ Concours ~ ~Défis~
  ~Manyfics~
 
Par genres
Action/Aventure Angoisse
Conte Drame
Erotique Fantaisie
Fantastique Général
Horreur Humour
Mystère Parodie
Poésie Romance
S-F Surnaturel
Suspence Tragédie
 
     

     
 
au 07 Jan 09 :
1117 comptes dont 390 auteurs
pour 1451 fics écrites
contenant 3718 chapitres
qui ont générés 7530 reviews
 
     

     
 
Les jolies choses
Par LumiNuitey
Harry Potter  -  Romance/Général
22 chapitres - Rating : K+ (10ans et plus)
    Chapitre 12     Les chapitres     50 Reviews     Illustration    
Le petit Prince
Le Petit Prince

 

Il avait vécu seul, blotti dans les recoins de son esprit.

C’était un cocon de souffles et de tiédeur, son esprit. Des formes ondoyantes, articulées, colorées, tentacules de rêve jaillissant d’une terre embrumée, comme toute ensablée par les lugubres merveilles qu’il y avait planté.

- C’est drôle, parfois c’est ce que j’ai l’impression d’être : un cultivateur passionné, comme ces hommes qui traînent dans les vignes toute la journée, leurs nuques brûlent mais ils ne le sentent pas. Je crée pas les jolies choses : je récolte leur petites graines toutes bêtes, je vais les cueillir là où personne ne regarde et je les plante dans ma tête, sous mon soleil, un espèce d’astre à facette, noir ou blanc ou grisâtre.

Il avait été là, sa tête ébouriffée au niveau des épaules de son frère, assis avec eux, tubes digestifs penseurs, papa, maman, et tout le monde, chacun bien cachés dans la carapace de sa tête. Un vacarme de Weasley, un tohu-bohu d’amour sanguin, festin familial…

- C’est pas ce qu’on imagine, c’est pas forcément doré et clinquant. C’est comme du pollen, tu vois, ça se dépose sur nous comme une fine pellicule toute blanche et douceâtre. La plupart du temps, les gens ne s’en rendent pas compte tellement c’est léger.

Al avait eu l’air de vivre avec eux, là, des vivants qui mangeaient et qui riaient, sons de gorges et de mastications, qui font du bien, qui font des couleurs dans la bouche et dans le ventre.

- Je fais rien de mal, je ramasse les poussières de pollen qu’ils laissent derrière eux, oui, comme de la poussière encombrante, et je les fais pousser… Quand c’est devenu vraiment grand, et vraiment beau, je les étale sur une feuille avec des crayons.

Il était là et pourtant, ses pieds nageaient dans le sable, sa bouche s’asséchait de volupté. Le pollen lui rentrait par le nez comme une amère symphonie. La peau près des autres et la tête arrachée de son cou, dans un endroit qu’on ne voyait pas.

- Ils s’étonnent ensuite, ils sont émerveillés, et je les trouve bien culottés… C’était sous leur nez, c’était sur eux, et souvent, ils n’ont rien compris. Je les hais un tout petit peu pour ça…

Quelque fois, la nuit tombait dans son esprit, elle tombait avec un bruit de verre cassé, chape de ténèbres devant ses yeux. Le sable devenait glacé, tombeau de grains doux, et il ne pouvait plus marcher, ni ici, ni là, et sa gorge était brûlante comme une vitre griffée. Le vent hurlait fort, au-delà de ses oreilles. Sa tête n’était plus qu’une bourrasque écœurée, une grande fleur maladive qui referme ses mâchoires de pétales pourrissantes sur une silhouette révulsée et chétive.

Il avait été seul, si seul…

- Je sais, ça semble étrange raconté comme ça. J’ai l’air dérangé. Mais au fond, je dois l’être. Personne ne résonne jamais comme moi. Appart toi… parfois.

Un jour que Al rêvait d’embruns et d’algues, d’appels d’air salés, déposant des fraîcheurs amères sur le désert de ses pensées, il y a avait eu une grande secousse, comme si quelqu’un s’était aplati face contre terre. Etonné, il avait levé la tête.

Un petit garçon se tenait devant lui, les cheveux comme une pâle couronne argentée. Il était presque blanc comme la neige sur un fond bleu. Al avait aussitôt baissé les yeux, incertain.

Mais le garçon était bien là, c’était la première fois que quelqu’un traversait comme ça l’écran des dunes et venait marcher à côté de lui. Il souriait et lui laisser faire des tâches de couleur sur ses mains, sans même essayer de les essuyer après. Il avait des yeux d’après-orage, lorsque le ciel vient de crever à grand fracas. Nul doute qu’il venait du ciel : le désert de Al était à des milliers de kilomètres des foyers humains.

Le train survolait des plaines verdoyantes et le garçon à la couronne capillaire, sur la banquette du Poudlard Express, dans le sable de l’esprit de Al, avait demandé d’une voix douce :

- Tu pourrais me dessiner un hippogriffe ? S’il te plaît…

Quelques mois plus tard, Al sort avec hésitation un dessin de son carton et le tend à Scorpius.

- Je savais pas encore à quoi ressemblait un hippogriffe quand tu m’a demandé… Hagrid a bien voulu me montrer le sien. Je l’ai fini hier.

Silencieux, Scorpius regarde. Sur la large feuille, un garçon avec une couronne sur la tête promène un hippogriffe dans un désert piqueté de plantations étranges. Un large frisson lui retourne la peau par plaques entières. Il ne dit rien. Ca fait un peu peur. Cette histoire de pollen.

- Ca n’a pas finit de pousser, hein, chuchote-t-il, c’est encore tout petit, le pollen que je t’ai planté dans la tête et tout le reste… tout le reste…

Al ne répond pas, ne le regarde pas. Le vent a rabattu une mèche noir devant ses yeux.

--------------------------------------------

A suivre...

 
 
Chapitre précédent
 
 
Chapitre suivant
 
 
 
     
     
 
Pseudo :
Mot de Passe :
Se souvenir de moi?
Se connecter >>
S'enregistrer >>