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au 07 Jan 09 :
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contenant 3718 chapitres
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Les jolies choses
Par LumiNuitey
Harry Potter  -  Romance/Général
22 chapitres - Rating : K+ (10ans et plus)
    Chapitre 15     Les chapitres     50 Reviews     Illustration    
9 ¾, Quai des chimères

9 ¾, Quai des chimères

 

Gare de King Cross.

Lily Potter Bis frétille comme un jeune saumon.

La fois prochaine, ce sera son Année, sa Grande Evasion. Moïse a traversé la Mer Rouge et Lily Potter seconde tenante du Titre prendra enfin le Train Ecarlate.

Harry se rappelle… Il se rappelle avec moult pincements de nostalgie intra poitrail : lorsqu’elle avait quatre ans et que pour aller dormir chez ses grands-parents, elle avait voulu emmener son hippogriffe à bascule, son train en bois, sa mini ferme à animaux Fisher Price et son costume de Mélusine la Fée. Il l’avait trouvé assise sur un énorme sac de toile dont les coutures craquaient. Il n’avait rien dit alors, parce que son amour est inconditionnel.

Mais à cet instant, alors qu’il profite de l’état encore désert du train pour faire visiter les compartiments aux yeux dilatés d’envie de sa Petite Dernière, il songe qu’il ne manquera pas de surveiller la façon dont elle préparera ses bagages l’an prochain. Qui sait, franchement, elle pourrait bien être tentée de fourrer toute sa chambre dans une valise…

Lorsqu’ils redescendent sur le quai, Ginny sourit d’un air entendu en voyant Harry hors d’haleine (Lily l’a quasiment obligé à lui courir après pour la faire sortir). Il lui fait une grimace de bête harassée et elle rit doucement, avec un petit air de collégienne qu’elle n’avait pas à seize ans, un air qui l’intrigue beaucoup car il n’est pas sûr de le trouver charmant. Il passe son bras autour de ses épaules. L’année prochaine, ils seront tout seuls à la maison. Deux croûtons.

Croyant devoir la consoler, Ginny bassine sa Cadette Adorée avec l’excellente année qui lui reste à passer avec Papa et Maman, et Lily dit oui-oui avec son air de gosse qui n’en a rien à faire. La petite fille jette des regards distraits derrière elle, dardant un œil caressant sur la locomotive immobile comme si elle lui soufflait mentalement : la prochaine fois, rien que toi et moi…

Harry regarde les cheveux de sa femme qui s’étalent sur lui. Ca lui recouvre complètement la main en une soie toute rouillée. Il fait pointer le bout de ses doigts hors de la vague flamboyante, tels des ilots rebelles.

Il remarque que James leur lance à tous deux un regard de martyre. L’adolescent considère toujours comme une source d'embarras suprême que ses parents manifestent une quelconque affection en public. Harry le fixe avec un petit sourire :

- Mais comment crois-tu que tu as été conçu mon gaillard ? murmure-t-il.

James se détourne en grimaçant, horrifié.

Harry regarde Al. Le garçon est assis sur sa valise, d’une immobilité parfaite, les coudes sur les genoux et le menton entre les mains tel un jeune Penseur de Rodin. Depuis qu’ils sont arrivé, ses yeux valsent d’un rythme effréné le long du quai. Harry doit l’appeler plusieurs fois avant qu’il ne l’entende.

- Je ne vois pas Scorpius, annonce-t-il alors d’une voix un peu éraillée.

L’estomac de Harry chute péniblement de quelques nœuds et il se le rattrape comme il peut, d’une main cafouillante. Les Malfoy voulaient bien, c’est lui qui a posé son véto. Et c’est la première fois qu’il se dit qu’il a peut-être fait du mal à son fils.

Cela fait deux mois que Scorpius et Al se sont souhaité de bonnes vacances sur ce même quai, avec le regard douloureusement résolu de deux personnes conscientes qu’elles vont devoir se passer l’une de l’autre pendant un certain temps. Ils se regardaient partir avec des drôles d’élans dans le corps, on aurait dit un regret de danseurs Tchaïkovskiens, que l’on oblige à faire un merdique stage de salsa alors qu’ils auraient voulu pratiquer ensemble leur lac des Cygnes.

- Nous sommes arrivés en avance, remarque James, maussade. Mes amis non plus ne sont pas encore là.

Al sourit d'un air oblique, ses yeux toujours en plein ballet.

- Tes amis ne savent pas lire l'heure...

James le fixe, visiblement sur le point de gueuler quelque chose d’épicé.

- Jamie, lâche gravement Ginny.

Vaincu par le ton lourd d’avertissement de sa génitrice, James préfère souffler à voix basse, avec l’expression exagérément crispée de quelqu’un qui contiendrait dans ses traits toute la colère et la rancœur de cette pauvre planète terre :

- Dis-moi, ton petit pote, est-ce qu’il sait que tu suces encore ton pouce ?

Al, très cool, se contente de froncer les sourcils en plantant enfin son regard tourbillonnant dans celui de son frère. Avec le temps, Harry sait ce que veut dire cette expression. Les sourcils en attaque de faucon et le regard ancré comme un crochet : c’est Al Potter qui se prépare à la bagarre.

- Les garçons, réitère Ginny avec emphase, genre mère louve de la Rome Antique qui, dans une ambiance chargée d’éclairs, tente d’avaler la querelle de son Jamesus et de son Albus.

Mais l’embryon conflictuel, lave de Vésuve fraternel, est noyé dans un gigantesque panache de vapeur. La locomotive du Poudlard Express commence à vomir une fumée d’enfer, aspergeant une foule de plus en plus compacte d’un grand dais de ciel en fumerolles à peine fracassé par les silhouettes alentour.

Un nuage d’eau condensée s’ouvre soudain, comme éventré par un souffle impromptu. Pendant un court, un très court instant, Harry suffoque. Ça lui enveloppe la poitrine comme un gaz de souffre trop inhalé, cette furtive impression de ne pas avoir bougé depuis un an. D’avoir lié sa peau pourtant écartelée avec de l’adhésif.

Il vient de reconnaitre les ombres familières et en retrait de Draco Malfoy et de la délicate Astoria. Son bras quitte machinalement les épaules de Ginny.

Un cri traverse les brumes :

- Al !

- Ton pote est là, remarque James d’un ton grincheux.

Scorpius Malfoy, douze ans, s'avance vers les Potter en gratifiant Harry et Ginny d’un sourire poli et vertueux. Son expression est digne d’une gravure, celle de l’angélique petit compagnon de jeu à qui la maman du fidèle copain est heureuse d’offrir des cookies et du lait chaud en le regardant construire une maison en lego avec sa progéniture, un sourire confiant aux lèvres.

Le regard du garçon dérive sur Harry avec une lourdeur électrique et celui-ci suppute qu’il y a un message subliminal à tirer de cette grande mimique de bon garçon.

« L’année prochaine, vieux débris, je suis assez bien pour passer les vacances d’été avec ton fils »

Harry courbe imperceptiblement la nuque, comme craquelé par une étincelle. A quelque mètres de là, Draco Malfoy fait un effort démesuré pour ravaler un rictus satisfait.

D’un saut de chat, Al a bondi de sa valise et Harry ne peut détacher les yeux du visage de son fils. Il se visionne gamin, il se demande si au même âge il aurait eut cette expression en voyant Ron apparaître dans son champs de vision.

Peut-être, essaye-t-il de se convaincre.

Nous sommes à la veille de la deuxième rentrée scolaire de Al et Scorpius. Et ce sont comme de petites secousses sismiques qui viennent de picoter la région centre de la famille Potter.

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A suivre…

 
 
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