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au 07 Jan 09 :
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Les jolies choses
Par LumiNuitey
Harry Potter  -  Romance/Général
22 chapitres - Rating : K+ (10ans et plus)
    Chapitre 18     Les chapitres     50 Reviews     Illustration    
Au délice de macchabé

Au délice de macchabé

 

Il était une fois, une religieuse de couvent qui, à sa grande honte, avait un goût très prononcé pour les choses pas vraiment catholiques.

En effet, elle aimait par-dessus tout : se goinfrer de gruau bouilli et s’occuper avec tendresse de son élevage de bébés dodos.

Un jour, alors qu’elle : naviguait sur le Loch Ness, scrutant avec fascination les remous verdâtres et fangeux des vagues,

elle tomba sur : un irrésistible jeune homme dont l’épée sertie de diamants n’annonçait que trop bien son noble statut de chevalier.

Il lui dit, de l’adoration plein les yeux : je veux retourner à l’île Maurice ! Je veux repeupler la terre de Dodo !

Il semblait très ému alors : elle se pencha lentement d’un air coquin et souleva sa robe de nonne.

Souriant avec gourmandise, elle lui exposa ainsi longuement et sans pudeur sa : recette du canard laqué à l'orange.

Lorsqu’elle eut finit : le chevalier la contempla longuement, charmé de la découvrir si brillante. Son regard d’améthyste dériva sur ses douces lèvres purpurines.

Il avait envie de goûter délicatement leur : dernière saveur de chips au saucisson.

Car il n'y avait rien de meilleur que : ce fulgurant plaisir ! Cette odeur vicieuse de la cire mêlée à celle de la femme !

Comblée, elle soupira que : c’était toujours un plaisir de se laisser dériver sur ses eaux vertes en compagnie d'un grand et chaleureux serpent de mer.

- Tout juste, murmure Scorpius en levant sa plume.

Il a été obligé de conclure en tout petit pour ne pas dépasser sur la table.

- Allez, déplie-le maintenant ! le presse Endy Kingcup, un garçon de leur dortoir.

Scorpius lisse le parchemin et le met bien à plat sur son bureau. Quatre écritures se croisent entre les nombreux plis qui zèbrent le support. Rose, Al et Endy se penchent en même temps pour s’enquérir de la teneur de l’histoire qu’ils viennent d’écrire à vingt doigts.

Quelque part dans le lointain, des élèves consciencieux prennent de vrais notes de cour dans des grattements de plume passionnés.

- Weasley, dit Scorpius lorsqu'il a achevé sa lecture, cette histoire de chevalier et de « douces lèvres purpurines »… C’est ta niaiserie toute crachée.

Rose se redresse d'un air très digne.

- Dis ce que tu veux Malfoy, mais moi, j’ai une sensibilité littéraire. Pas comme toi et Albus. J’essaye d’amener un peu de poésie courtoise et vous, vous rabâchez des histoires de bestioles et de bouffe…

- Non, la coupe-t-il fort peu galantement, moi je voulais amener une créature fantastique dans le récit, un souffle d’aventure. Mais faute à ta brillante sensibilité littéraire, on se retrouve à la place avec un dandy décérébré faisant risette à madame la Nonne qui aime…

- « Se goinfrer de gruau bouilli ?! » s’étrangle Endy en reparcourant des yeux les lignes écrites par Al.

- Et bien ? rétorque le brun qui a l'air de s'étonner que son condisciple discrimine ainsi la gruau. Je ne pouvais pas deviner que ta réplique requérait une allusion grivoise. Ça va te sembler incroyable, mais tout les garçons de douze ans de cette école ne planquent pas les romans roses de leur petite maman sous leurs oreillers.

Endy semble soudain un peu pâle.

- Ce n’était quand même pas difficile de rentrer dans le jeu. Même un ignorant asexué comme toi aurait pu le faire.

- La prochaine fois, promis, je te laisserais le soin de détailler par le menu comment la Sainte Nitouche aimait qu'on lui manie le chapelet.

- C’est dégoûtant, commente Rose en se tournant vers le tableau d'un air définitif.

- Non, je demanderais plutôt à Scorpius, fait Endy. Il a l’air de s’y connaitre en « grand serpent de mer aussi chaleureux ».

- Endy, il n’y a que toi pour voir une métaphore graveleuse là où il n’y a qu’une innocente appellation, déclare le blond d'un air ennuyé. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on lit avec ferveur « La honte secrète de Sœur Pascaline » ?

Al éclate d'un grand rire bruyant et s'attire ainsi les regards hautains des bons élèves du premier rang. Irrité de la connivence des deux garçons, Endy grimace et lâche d’un ton aigre :

- Au moins, moi, je sais comment on fait les bébés. Vous n’avez qu’à jouer à deux, à vos délices de macchabé.

Burf. Touchés.

- C’est ça oui, lâche Scorpius d'un ton railleur. On laisse les lectures cochonnes aux grands garçons, pas vrai ? Les débiles asexués vont rester sur leur domaine bestiaire et culinaire.

- Ce sera du grand délice de macchabé, renchérit Al avec un petit sourire. Innocent, bonne enfant, des tartes à la fraise, des animaux à câliner et sans religieuse exhibitionniste…

- On dit « cadavre exquis », ne peut s’empêcher de corriger Rose du bout des lèvres, le regard toujours fixé droit devant elle.

Haussant les épaules, Al se penche à l'oreille de Scorpius et chuchote :

- Dis, mon père m'a expliqué pour les bébés. Tu veux que je te rencarde sur la chose ?

- Ce n'est plus la peine. Le mien l'a fait aussi. D'ailleurs, on n'était pas si à l'ouest que ça, c'était à peu près ce qu'on supposait pour la fécondation.

- Sauf que la gestation est en fait uniquement réservé aux dames...

- Yep.

Al croise les bras sur sa table et pose son menton par dessus. Dans la rangée devant eux, le dos ostensiblement tourné, Rose et Endy boudent.

- C'est l'aura de notre génie qui les accablent, souffle Scorpius.

Al attrape le poignet de son camarade et le tourne délicatement vers lui pour consulter sa montre.

- Encore une heure d'histoire de la magie. En fait, j'en ai assez des morts succulents. Endy m'a tout refroidi avec sa nonne.

- Pendu ? Morpion ? Dessinez c'est gagné ?

- Tu gagnes toujours à dessinez c'est gagné.

- C'est parce que tu fais ça bien. Même quand tu te forces à gribouiller c'est encore trop net.

- En parlant de gribouille. Si on torturait nos champions du grattage historique en les inondant de boulettes ensorcelées ?

- Si c'est ce que tu veux, adjugé mon petit Dodo.

Les doigts de Al glisse du poignet à la paume du blond et il lui fait un baise-main cérémonieux.

- Mon canard laqué, tu es si attentif à mon bonheur !

Scorpius prend un air de damoiselle qui se pâme.

- Mais toi, tes lèvres sont d'une telle douceur purpurine !

 

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A suivre...

Nda : J'ignore si tout le monde connaît le principe du cadavre exquis. C'est un petit jeu qui se pratique à deux minimum (de préférence en cour, lorsqu'on le discours professoral est moyennement passionnant :P) sur une feuille de papier. Il s'agit d'écrire à tour de rôle quelques lignes, en pliant soigneusement le support à chaque ajouts, de sorte que la personne qui va écrire après vous ne sache vaguement ce qui y est développé que par la petite phrase liante que vous lui concédez. Bien sûr, les façons de jouer sont variables, celle-ci n'est qu'un exemple. Il y avait même une publicité pour des stylos plumes à un moment où les gamins faisait un cadavre exquis. Ça donnait : « le serpent tatoué danse le rock en string » (moi, des références culturelles ?).

A bientôt, mes agneaux !

 
 
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